NVJM, rédigé 6/2017 publié 23/6/2017
Harry Potter et l'histoire inachevée
Chapitre 37 : Enquête et farfouille
Hum…
Allez, encore quelques mètres et j'y suis… courage, moi !
C'est finalement soufflant comme un hippogriffe en chaleur que j'arrive enfin au bout de la branche la plus haute de l'arbre le plus proche du dôme de magie que j'ai pu trouver. J'ai grimpé là-haut pour mener une petite enquête. Car depuis que je suis arrivé ici, il y a un détail qui me titille. Pourquoi cette formidable barrière de magie m'a-t-elle laissé passé alors qu'elle bloque le chemin à des centaines de milliers de tonnes de terre et d'arbres depuis maintenant plus de huit siècles ? Cette construction est vraiment parfaite, même collé à elle je ne ressens pas la moindre faille !
Mon souffle repris, je tends la main pour toucher du doigt l'incroyable structure magique. Mais je m'arrête juste avant, soudain prit d'un étrange sentiment. Et si je le faisais s'effondrer totalement ? Et si cette puissance se déchargeait sur moi et me foudroyait sur place ? Glups. Je n'ai pas envie d'être transformé en ryry grillé moi ! Je prends ma folie à deux mains et tend de nouveau la main, essayant de m'empêcher de trembler alors que s'approche peut-être mon destin.
Ma main traverse soudain le dôme, comme s'il n'y avait rien, et vient toucher la terre au dessus. J'en saisis une poignée par réflexe, et me retire aussitôt. Ma main revient sans encombre, avec son chargement. C'est incroyable, je n'ai rien senti ! C'est comme si le machin savait que j'étais là, et qu'il m'avait laissé passer… on dirait un fidélitas…
Intrigué, laissant mes pensées vagabonder, je redescends machinalement de mon arbre, puis regagne le cœur de la cité pour revenir dans ma petite chambre. En y passant, un rapide coup d'œil me permet de voir que Luna est allongée sur son lit, en train de lire. Encore. Depuis près d'un mois que nous sommes là, elle ne fait presque que ça. Bon, en même temps il n'y a pas grand-chose d'autre pour s'occuper, à part si on a envie de jouer au fossoyeur.
Une fois chez moi, je me prépare pour une petite excursion. Maintenant que nous sommes bien installés et que les restes de la bibliothèque ont été bien fouillés, c'est-à-dire que les livres les plus précieux ont été mis hors de portée de Luna –au cas où-, j'ai différents projets d'importance à accomplir.
A peine ais-je quitté la biblio que je monte les étages de la tour-palais et me retrouve les pieds pris dans un océan de squelettes. Beurk, c'est toujours aussi flippant !
Mon premier grand projet ici, c'est de retrouver et visiter les restes de quelques lieux particulièrement intéressants, comme… le bureau de Merlin. Ou celui du Père Créateur… qui sait quels secrets peuvent s'y cacher ? Peut-être même que je pourrais y découvrir les secrets du dôme qui recouvre la cité ! Vous imaginez, pouvoir à mon tour dresser une aussi formidable merveille d'architecture magique ? Ma quête de domination du monde en serait soudain considérablement simplifiée…
Les premiers étages de la tour enfin passés, le champ de squelettes prend soudainement fin pour laisser place à un vide parfait. Mis à part la poussière et l'absence de lumière, on croirait que tout est neuf tant rien n'a changé. Pour un peu, je ne serais pas étonné de voir quelqu'un apparaître au détour d'un couloir, vaquant tranquillement à ses occupations.
Même si tout ici semble aller plutôt bien, je reste méfiant, n'avançant qu'à petits pas. On ne sait jamais, peut-être y a-t-il des pièges un peu partout. ça pourrait expliquer pourquoi la masse de cadavres s'est soudain interrompue.
Je monte encore et encore, parcourant plusieures dizaines d'étages et montant à plus de deux-cent mètres au dessus de la grand-place. Par une fenêtre, elle me parait minuscule. Prenant un instant pour admirer la vue, j'aperçois au loin Luna, encore une fois agenouillée devant le squelette du Père Créateur. Hum, elle ne me dérangera pas comme ça…
…
Un petit regard au loin. Le Potter passe une porte et s'en va quelque part, croyant bêtement que je ne le vois pas. Quel idiot !
Je me lève de mon lit et repose le livre sans intérêt que je feuilletais pour le tromper sur mes activités. Cet imbécile croit vraiment que je vais rester là comme une gentille petite fille studieuse ? Alors que lui passe son temps à projeter des plans d'avenir ?
Alors que je sors de ma chambre pour gagner la sienne, je souris discrètement en pensant à quel point je me joue bien de lui… oh, bien sûr il a remarqué que je ne suis pas aussi insouciante qu'une fillette normale de mon âge. Mais il ne me prend que pour une petite génie à peine précoce. Rien de bien incroyable. Mais en pensant ça, il croit que tous les enfants du monde sont comparables à ceux des moldus qu'il a connus dans son enfance ! Il n'imagine pas un instant que chez les magiques, et surtout chez les descendants de l'époque de l'Union comme moi, la vie est considérablement plus exigeante, et ce bien plus tôt. Et qu'en conséquence, l'éducation est faite pour nous rendre responsables beaucoup plus vite. Il n'y a rien, mais vraiment rien d'étonnant à ma maturité.
Sortant de mes pensées, je sors la baguette qu'il m'a donnée pour vérifier s'il n'y a pas de sorts de surveillance sur la porte menant à sa chambre. Le sortilège de détection magique est facile à apprendre, pour qui y a accès… Encore une fois, un petit détail au sujet du Potter est un élément très troublant. S'il avait été un enfant normal, il n'aurait pas eu de problème à l'idée de dormir dans la même chambre qu'une fille. Aucun de nous deux n'est encore soumis à la dure loi de ses hormones d'adolescent, il n'y aurait donc eu aucun souci… peu probable aussi qu'il tienne cette volonté de son éducation, sa famille moldue était parfaitement déplorable. D'ailleurs, il m'a bien semblé qu'il était du genre à s'être éduqué lui-même. En fait, nul doute qu'il a voulu faire chambre à part car il a des choses à cacher. Et je compte bien les trouver !
Il y a un petit sort de fermeture sur la porte. Bah, rien de gênant. Un petit alohomora d'ouverture, et hop ! le problème est réglé. Surtout que cet idiot n'a pas pensé à dresser un sort multiple, avec plusieures alertes imbriquées les unes dans les autres. Quel… quel idiot ! J'ai parfois du mal à croire que j'ai affaire à un type qui veut s'imposer. Il agit des fois comme un vrai gamin ! Bon d'accord, c'est ce qu'on est… mais tout de même ! C'est pas une raison !
A peine suis-je entrée dans la pièce que je dresse un sort de silence aussi gros que j'en suis capable. Pas dur, maman me l'a appris quand j'avais quatre ans. Elle m'a appris beaucoup de choses, ma chère petite maman…
…je refoule mon début de larmes en me frottant les yeux d'un air rageur. Ce qui est fait est fait, inutile de revenir dessus !
Faisant attention à la moindre plus petite effluve de magie pouvant me signaler quoi que ce soit sur un éventuel sortilège de surveillance, je me dirige vers les bagage du Potter. Il doit y avoir tant de trésors là dedans !
Evidemment, à peine suis-je arrivé à un pas des sacs que ma baguette m'indique plusieures dizaines de sorts ! C'était trop beau. Nul doute que cet imbécile pas si idiot que ça s'est contenté d'une simple fermeture de porte afin de me mettre en confiance si je venais à vouloir fouiner. Hum, cette découverte n'est pas dure à interpréter en des termes paranoïaques. Il se méfie de moi. Et il a bien raison ! Car tant que je n'en sais pas plus sur lui, il est un ennemi ! Et pour après, on verra.
Une rapide analyse me révèle que je ne pourrai rien tirer des sacs. Il y a trop de sorts, et surtout ils sont trop puissants pour moi. Même si je pouvais m'en débarasser, ça me prendrait trop de temps. Ce sera pour une autre fois.
Détournant le regard de mon but échoué, je regarde autour de moi s'il n'y a pas autre chose d'intéressant. Qui sait, le Potter a peut-être oublié de dissimuler certains de ses secrets !
Tiens ? D'étranges miroirs sont posés sur l'espèce de table de chevet qu'il s'est bricolée avec des morceaux de machins branlants. Je dis étranges, car ma baguette s'excite quand je la pointe sur eux. Ils sont bourrés de magie, mais ce n'est pas un sort de surveillance ou je ne sais quoi de ce genre. On dirait… des miroirs à double sens ? Hum, intéressant…
Un bipbip ! retentit soudain, me faisant sursauter ! L'ennemi est là ! Il attaque ! Je me précipite à genoux derrière le lit, dans l'espoir de m'en servir de ligne de défense, avant de me rappeler que j'avais réglé ma montre moldue pour ne pas rester trop longtemps ici. Je ne sais pas combien de temps le Potter va s'absenter, alors mieux vaut faire vite. Je me saisis des miroirs et file de la chambre, ne prenant que le temps de remettre en place le sort de fermeture avant d'aller rejouer la comédie auprès du squelette du Créateur. Ou de qui que ce soit en vérité, peu importe pour ça. Un mort reste un mort, quelle qu'ait été sa grandeur durant sa vie.
Arrivée face au tas d'ossements, je sors de nouveau ma baguette, m'agenouille et la pose devant moi avant de la prendre entre deux doigts de mains différentes, un à chaque bout. Et je me mets à murmurer des sorts d'annulation, encore une fois. Car si je veux que cette baguette me soit vraiment utile, il faut que je parvienne à rompre le bridage qui la maintient à faible puissance.
Je murmure. Encore et encore. De loin, on croirait que je remercie…
…
Je cesse mon admiration de la cité pour retourner à mes recherches. En bas, Luna est toujours en train de se recueillir. Quelle idiote ! Perdre du temps ainsi !
Je continue encore à monter les escaliers. Heureusement, la tour est une merveille de construction, et tout est parfaitement organisé pour faciliter l'ascension. Je n'ai pas risqué de prendre les ascenseurs, car vu leur âge ils ne doivent plus très bien fonctionner, mais les escaliers sont tout aussi bien. A l'époque de l'Union, il y avait même un sort de légèreté incorporé, pour grimper sans se fatiguer ! Vu que je suis rapidement soufflant et suant, je me doute que le sort ne marche plus depuis longtemps… bref.
A plusieures reprises, je franchi ce que j'identifie comme des portes de sécurité. Vous savez, ces sortes de poste de garde où un sortilège de poids vous réduisait en purée en un instant si vous n'aviez pas l'autorisation de passer. Heureusement, ils sont devenus inopérants avec le temps. C'est presque en riant que je passe à travers comme si de rien n'était !
C'est après plus d'une heure de montée et d'exploration que je parviens enfin à mon but. Le bureau de Merlin ! J'en reconnais la porte !
Vous devez vous dire, après tant de siècles, il ne doit plus rester grand-chose de la masse de documents qui l'emplissait de toutes parts. C'est vrai. Mais même malgré ça, les lieux doivent être sacrément intéressants ! Des petits objets, par exemple… comme un cure-dent rangé dans une cage à oiseaux… héhéhé…
Je pousse la porte tant bien que mal, grimaçant quand son grincement me déchire les oreilles ! Graaaah, saleté ! Faudra que je pense à te faire abattre quand j'aurais prit le contrôle du monde, ça t'apprendra…
L'obscurité règne dans l'antique pièce, mais ce n'est pas gênant. Lancer un lumos ici n'est pas un problème.
Ah oui tiens ! Je ne vous ai pas encore parlé d'un truc génial ! On peut faire de la magie ici, sans limite ! Parce que la cité est située dans la limite du domaine de Poudlard, le ministère ne peut pas nous repérer !
…ou plutôt, il serait plus juste de dire que c'est Poudlard qui est dans la limite de l'influence de la cité. Parce qu'à votre avis, d'où vient l'impossibilité de tracer les sorts lancés dans l'école ? Un petit livre d'Histoire sorcière acheté sur le chemin de traverse m'a permis d'apprendre un détail très intéressant. C'est parce que les détecteurs du ministère sont surchargés lorsqu'ils pointent vers l'école. Comme si un truc ou un machin d'une phénoménale puissance dominait toutes les autres effluves magiques et les rendait impossibles à repérer !
Bien sûr, vous avez compris. Ce machin, c'est le dôme de magie pure qui protège la cité. Il a beau être merveilleusement conçu, avec très peu de pertes, il en émet tout de même assez pour tout dominer dans les environs. Une explosion atomico-magique serait peut-être même moins puissante, c'est dire ! Et c'est pour ça que je peux enfin me lâcher ici. Mouahaha, je vais bientôt pouvoir passer à un entrainement bien plus poussé que ce n'était le cas jusqu'à présent !
Bref, passons. Mon lumos lancé, je peux voir avec surprise que le bureau du vieux machin qui s'appelait Merlin est encore en parfait état de conservation ! Et pour cause, les étagères luisent toutes d'une pâle lumière rougeâtre… des sorts de stase !
C'est avec un grand sourire que j'enfourne autant de documents que possible dans des sacs sans-fond. J'étudierais tout ça plus tard ! Pour l'instant, il faut tout mettre à l'abri, pour ne pas prendre le risque que Luna ne découvre des documents sensibles. Imaginez s'il reste des traces de mon passage au moyen-âge ? De potentiels ennemis politiques pourraient s'en servir pour me faire beaucoup de mal ! Ce serait désastreux !
Le ménage est rapidement fait, les étagères vidées et le bureau fouillé. Il ne me reste plus qu'un petit détail à vérifier… la cage à oiseaux. Un petit détail insignifiant. L'idéal pour cacher des secrets importants. C'est d'ailleurs là que le vioque rangeait son bourdon lorsqu'il ne l'utilisait pas. Mais si, vous savez, son bâton de magicien. Le truc qui doit sans aucun doute être considérablement plus puissant qu'une baguette. Mouahaha… si je le retrouve, ça va pouvoir m'être sacrément utile !
Mais j'ai beau passer et repasser la main dans une couche de je-ne-veux-pas-savoir-quoi mêlant crottes fossilisées, poussière et un petit squelette de rossignol, rien à faire, je ne retrouve rien. Et une rapide fouille de la pièce ne m'en apprend pas plus. Dommage. Il faudra que je vérifie plus tard s'il n'y a pas des cachettes quelque part. Mais plus tard, car pour l'instant j'ai autre chose de plus urgent à faire.
Je sors rapidement du bureau de Merlin pour gagner celui de son frère, quelques étages plus haut. Presque tout en haut en fait. Ça se voit qu'il devait aimer dominer celui-là.
Le bazar est encore pire ici qu'ailleurs ! A peine ais-je poussé la porte qu'elle se retrouve bloquée par la masse de machins répandus partout par terre ! Et même mon entrainement physique rend difficile la tâche de la pousser assez pour pouvoir entrer, c'est dire ! Et à peine suis passé et ais-je lâché la porte qu'elle se referme toute seule sous la pression, faisant tomber masse de poussière des poutres du plafond.
Le choc de la porte ne fait pas que déranger la saleté séculaire d'ailleurs ! De l'établi de peintre se trouvant dans un coin de la pièce tombe une large feuille où il y avait écrit « purge », pour en laisser voir une autre où est inscrit « héritage ». Kwoa ?
Je m'approche, intrigué, sans plus faire attention aux documents peut-être inestimables que je foule du pied. Sur la feuille est inscrite une phrase plus petite, « Puisse mon héritier faire bon usage de tout ce que je lui laisse. » Et après ça vient une suite de lettres et de chiffres apparemment sans aucun sens… mince, la chute de poussière que j'ai faite en entrant en a abimé une grande partie, impossible de lire le début ! J'aurais dû faire plus attention !
…23LéoSR24Léyóds25L'… eo…
Mais qu'est-ce que ça peut bien vouloir dire tout ça ? Il y a plein de petites tâches un peu partout avec la poussière, impossible de distinguer les accents des petits tas, et mieux vaut que je ne frotte pas ! ça risquerait d'achever le tout ! Je me contente donc de lancer un sort de stase sur la feuille avant de la mettre bien à l'abri. Mieux vaut faire bien attention. J'ai bien compris la leçon la plus importante de ma visite au temps de l'Union : avec le Créateur, le moindre plus petit détail doit être pris au sérieux ! Même s'il se mettait à chanter la digue du cul complètement bourré, il pourrait y avoir un sens caché là-dedans. Si si, vraiment.
Tout comme pour le bureau de Merlin, je n'ai pas le temps de fouiller comme je le voudrais. Il faut que je continue à surveiller Luna, pour qu'elle ne fasse pas de bêtises. Je me dépêche donc de place sous sort de stase tous les documents qui ne le sont pas, et j'enfourne le tout dans un nouveau sac sans-fond.
Et je me dépêche de redescendre les escaliers…
…
Bon, assez joué la comédie. Si jamais le Potter m'observe, il doit probablement être maintenant certain que je suis en train de remercier. Il faut que je découvre à quoi peuvent bien lui servir les miroirs à double-sens que j'ai piqué sur sa table de chevet. Pour peu qu'ils aient une utilité. Mais ça, je n'en doute pas.
Discrètement, je pose le premier par terre, entre les pieds squelettiques du Créateur, puis j'applique ma baguette dessus pour envoyer une petite impulsion magique.
…rien. Je retente encore. De nouveau rien. Je passe donc au miroir suivant.
…ah ! Là, il y a quelque chose ! L'image d'une pièce sombre s'est affichée, et je peux voir des ombres bouger légèrement, à la lueur tremblotante d'une faible bougie. Et quelqu'un arrive ! Mince, pourquoi est-ce que je n'ai pas pensé à prendre de quoi me dissimuler ?! Qu'est-ce que je peux faire ?!
Ah, je sais ! La cape qui recouvre le Créateur, vite ! En quelques secondes, je la passe autour de ma tête, ne laissant paraître qu'une simple bande pour mes yeux.
« - Que puis-je faire pour vous servir, chef ? » demande un type encagoulé. Impossible de le reconnaître comme ça, à part sa taille il ne laisse pas paraître le moindre trait physique. Bah, qu'importe. Si un jour je veux savoir, je pourrais toujours torturer le Potter pour lui arracher les secrets que je veux avoir.
« - Où en est la situation ? » demande-je. C'est une simple phrase passe-partout, car je ne sais vraiment pas quoi dire. Et s'il me répond, je pourrais en retirer des informations très intéressantes. Et bingo ! A peine ais-je demandé à ça que l'inconnu se saisit d'une feuille sur une table, et commence à lire.
« - Chef, le pactole que vous nous avez confié a fructifié et se monte désormais à… 538244 livres sterling. Nous avons fini les achats que vous nous aviez demandé de réalisé, tout a été livré à l'adresse prévue et confié à vos relais. Nous avons soit acheté, soit intimidé les propriétaires de cinq magasins de l'Allée des Oubliés, et avons désormais un accès illimité à leurs marchandises. Il s'agit des maçons, d'un potionniste, d'un marchand de balais, et de deux libraires. Voilà la situation pour le moment. »
Hum, intéressant. Ainsi, le Potter serait à la tête d'une espèce d'organisation mafieuse ? Trèèèèèès intéressant. Surtout pour faire pression sur lui un jour. Je pourrais le faire chanter en faisant miroiter la possibilité de dévoiler ses activités souterraines au ministère…
« - Chef ? » redemande le type, visiblement en attente d'ordres. Oups, je me suis un peu trop perdue dans mes pensées ! Vite, quelque chose… ah, je sais ! Je m'efforce aussitôt de prendre un air autoritaire et une voix forte. Même si ce n'est pas facile chez une petite fille de huit ans comme moi.
« - Vous allez faire de nouveaux achats pour moi, » ordonne-je en m'efforçant de ne pas tousser. C'est que je m'arrache la gorge à vouloir parler comme un homme adulte ! « Vous allez vous rendre chez un traducteur magique acheter des souvenirs d'apprentissages pour toutes les langues disponibles. Vous vous rendrez aussi dans un cabinet de médicomagie, acheter un équipement de premiers-secours complet. Il y a aussi un marchand de pièges au fond de l'allée des oubliés. Vous m'achèterez cinquante alarmes enchantables. » Ça pourrait être utile, on ne sait jamais… « Vous vous rendrez enfin chez le marchand d'occlumencie de l'allée des embrumes, et achèterez une pensine et un lot de mille fioles à souvenirs. »
« - Très bien chef. Autre chose ? »
« - Oui. Ces achats doivent rester hautement confidentiels, alors vous allez de suite me prêter un serment inviolable puni de mort de ne pas les révéler à qui que ce soit d'autre que la personne qui vous parle maintenant, sous peine d'une… désagréable et définitive punition. » Nul doute que ça suffira à le convaincre !
Et effectivement, il est bien convaincu ! Je le vois aussitôt esquisser un léger mouvement de recul, et tenter de se maîtriser tant bien mal. Nul doute que le Potter a dû le terroriser plus d'une fois !
Le contact est vite interrompu, et c'est soulagée que je dissimule les miroirs sous mes vêtements avant de remettre en place la cape qui recouvre le squelette du Créateur, et de me relever tranquillement pour regagner ma chambre. Il ne me reste plus qu'à remettre en place les miroirs sur la table de chevet du Potter, et de replacer un sort de fermeture sur sa porte ! Et la journée aura été plutôt fructueuse ! Héhéhé !
Tu te prends pour un dominant, hein Potter ? Eh bien fait attention, car tu as à tes côtés une dominante !
…
Le soir tombe lorsque je reviens finalement vers la tour-palais, et de là dans la bibliothèque où j'ai aménagé ma chambre. Luna doit dormir, vu l'heure. Je dis le soir, mais c'est un peu dur à dire, vu que le dôme émet toujours exactement la même lueur à toute heure de la journée. Heureusement que ma montrer est un système mécanique qui ne grille pas au contact de la magie !
Tapotant machinalement mes poches, je souris en pensant à la petite merveille qui s'y trouve. Car après avoir fouillé les bureaux de Merlin et du Créateur, j'ai été explorer la ville… et outre une profusion colossale de vieilles baguettes en plus ou moins bon état, d'une multitude de petits objets de toutes sortes, armes, bijoux, artefacts magiques, etc, j'ai aussi réalisé l'un des autres projets que je m'étais fixé ici. Je suis content, car je ne pensais pas le faire de sitôt ! Et ce projet, c'est… étudier les restes des artilleries magiques amenées par les Purs, lors de la bataille de la cité. Il y en a plein, partout ! Pour quelqu'un qui n'y connait rien, ça a juste l'air d'être un truc en ruine, mais pour moi qui les ai vues en action… ça va m'être sacrément utile pour la suite !
Je retourne finalement dans les quartiers habités. Un coup d'œil par la porte de Luna m'indique qu'elle dort profondément. Rassuré, je retourne dans ma propre chambre, lève le sort de fermeture et me prépare à passer une bonne nuit.
Et c'est finalement sur une douce pensée que je m'endors… mes projets avancent bien. Encore quelques petits détails à régler, et après… Poudlard !
…
Quelques commentaires svp ? Paraît que ça mouahaha !
