NVJM, rédigé 8/2017 publié 4/8/2017
Harry Potter et l'histoire inachevée
Chapitre 40 : Poudlard !
Déjà ! Déjà un an que Luna et moi sommes arrivés à Pôdlad ! C'est impressionnant de voir à quel point le temps passe vite ! Surtout qu'il est bientôt l'heure d'infiltrer Poudlard pour préparer notre scolarité !
« - Tout est prêt de ton côté, Luna ? » lui demande-je à travers sa porte, toquant légèrement.
« - Oui oui, j'arrive ! Je mets mes bouchons et je suis là ! » Quoi ? Comment ça, ses bouchons ? Qu'est-ce qu'elle a voulu dire ?
A peine sort-elle, quelques instants plus tard, que j'ai ma réponse. Une étrange créature se tient devant moi. Mais qui c'est ? Ou plutôt, qu'est-ce que c'est ? Des bouchons de bierraubeurre accrochés aux oreilles, d'énormes lunettes absolument hideuses sur le nez qui font un effet de loupe et grossissent ses yeux, les cheveux dans un méli-mélo tel qu'en comparaison même moi et ma tignasse sommes disciplinés, et une plume à écrire sûrement plus vieille que le rôti qui l'a donnée… je veux pas savoir à quoi elle a déjà bien pu servir !
« - Mais qu'est-ce que c'est que ce bordel ? » lui demande-je en la regardant avec de grands yeux. C'est vraiment Luna, ça ?! Cette… cette bestiole, à défaut de mieux, qui semble être allée s'acheter ses vêtements dans je ne sais quelle déchetterie ! On dirait une vieille diseuse de bonne aventure ! Plus cliché, tu meurs !
« - C'est mon nouveau déguisement, il te plaît ? » me demande-t-elle en tournant sur elle-même, faisant voler ses dix-huit robes autour d'elle. Et encore, je suis gentil, je n'ai pas compté la trentaine de culottes ! Pire que Dobby !
« - Euh ben euh c'est que euh… euh… c'est original… très particulier. » Mieux vaut ne pas la vexer. Elle entre dans l'adolescence, et a en plus un caractère qui se résume à "la castration résous tous les problèmes". « Mais pourquoi cet accoutrement ? » demande-je, sincèrement curieux.
« - Par nécessité, » explique-t-elle. « Comme tu l'as justement fait remarquer récemment, mes pouvoirs de Vélane commencent à apparaître. Plutôt précocement d'ailleurs. Pour les contrer, j'ai deux solutions : utiliser un inhibiteur magique… » Elle sortit un petit objet de ses poches en disant ça, « ce machin va affaiblir ma magie, et donc mes pouvoirs. Juste de quoi les dissimuler, n'espère pas en profiter. Et pour cacher mon physique naissant, le cacher derrière toute cette masse de vêtements hideux empêchera que des mâles en rut ne se jettent sur moi. Même si je ne suis qu'une enfant pour l'instant, du point de vue d'ados en chaleur, je suis tout à fait désirable. » Des explications qui tiennent tout à fait bien la route.
« - Mais… ça ne fait pas un peu de trop, tous ces vêtements ? » Et à peine ais-je dis ça qu'elle s'avance maladroitement de quelques pas… et s'étale de tout son long ! Ses robes sont si amples qu'elle n'a pas vu une pierre qui trainait au sol, et s'est empêtré les pieds dessus ! Ben voyons, tu m'étonnes !
« - Mouaif, t'as pas tort, » me dit-elle. « Je vais aller en retirer quelques-uns. »
Et quand elle revient, une demi-heure après –OUI, une demi-heure !-, elle a perdu une bonne dizaine… non, plutôt vingtaine… quoique, disons une bonne trentaine de kilos. Régime express ! « Ben voilà, c'est déjà mieux comme ça ! Au moins maintenant tu ressembles à une humaine plutôt qu'à un yéti ! » lui lance-je pour cacher mon trouble. Parce que oui, cette nouvelle apparence me dérange elle aussi ! Elle est maintenant le parfait sosie de la Luna de ma première vie ! Nul doute que celle-ci s'attifait bizarrement juste pour cacher sa véritable identité…
« - Bon allez, on y va ! » lance-je en me détournant vivement pour cacher mon trouble.
Sortir de la cité est vite fait. Au fil des semaines et des mois, nous avons progressivement prit nos repères dans les ruines, et parfois tracé de petits chemins dans les tas d'ossements. Mais maintenant se pose un problème : comment allons-nous sortir d'ici ? Pour rappel, le dôme de magie qui entoure la cité est surmonté par des centaines de milliers de tonnes de terre et d'arbres ! Pas facile de passer par là. « On pourrait creuser un trou sous le dôme ? » propose Luna, une fois que je lui ai exposé le problème.
« - Possible, mais peu probable que ça fonctionne. Je soupçonne ce dôme d'être en fait une sphère. Pour empêcher que quiconque n'entre par en dessous. » Ce serait idiot que ce ne soit pas le cas.
Alors que nous parvenons en haut de l'antique route qui menait jusqu'à Poudlard, tout en haut d'une falaise dominant la cité, Luna s'arrête un instant pour réfléchir, prenant aussitôt le réflexe de se tortiller le bout du menton avec les doigts de la main droite. Je rate un battement de cœur en voyant ça. Quelle ressemblance avec… !
…ne pensons pas à ça. Les morts le sont à jamais, se souvenir d'eux ne les ramènera pas.
« - Bon ben alors, on fait comment ? »
« - Comme tu l'as dit : on creuse ! » lui réponds-je en passant mes mains à travers la paroi translucide du dôme. Elle semble aussitôt surprise de me voir faire. « Quoi, tu n'avais pas remarqué ? Ce machin agi comme un fidélitas pour les personnes. » Visiblement, quelque chose l'étonne. Est-ce vraiment si incroyable que ça que ce dôme soit un vrai couteau-suisse ? « Allez, sorts les pelles ! » lui dis-je. « On en a pour un bon moment ! »
Un bon moment, c'est le moins qu'on puisse dire ! Même en nous étant rapprochés de la surface autant que possible, ça fait déjà une dizaine d'heures qu'on creuse… j'aurais dû prévoir des sorts d'excavation ! Heureusement que je me doutais que ça nous prendrais du temps, et qu'on est parti vers midi… en espérant que ma montre n'indique pas minuit à mon insu !
L'air libre, enfin ! Dire que ça fait plus d'un an que nous ne sommes pas sortis de ce trou à rat de cité en ruine ! A mes côtés, Luna se précipite en riant, tournant sur elle-même en tendant les bras, comme pour embrasser la nature qui nous entoure. Et quelle nature ! Arbres morts, troncs d'un noir d'encre, fleurs empoisonnées, herbe moribonde, toiles d'araignées… « Sois prudente Luna, n'oublie pas que nous sommes dans la forêt interdite ! C'est dangereux par ici ! »
« - T'inquiètes ! » dit-elle en s'éloignant… et « YIIIIIIRK ! » elle hurle aussitôt passé un coin d'arbre ! Ben tiens, tu m'étonnes ! Je me précipite à son secours, baguette aussitôt sortie !
« - Qu'y a-t-il ?! » Je la vois les mains sur le cœur, les yeux si exorbités qu'ils manquent de faire tomber ses lunettes.
« - Rien ! Un lapin ! J'ai juste eu peur en voyant quelque chose bouger… c'est que j'en ai perdu l'habitude à force d'être dans la cité ! »
Hum, je la comprends. C'est sûr que Pôdlad est un véritable désert maintenant, vu qu'il n'y avait qu'elle et moi. « Essaie de te maîtriser ! » lui dis-je sévèrement. « Une fois dans le château, la moindre erreur risque d'être fatale ! »
« - Je sais, je sais ! Ne me prends pas pour une idiote ! » Elle a dit ça sur un ton si mignon que je me sentirais presque coupable de lui faire des remontrances…
« - Bon et maintenant, on fait comment pour s'introduire dans le château ? » me demande-t-elle.
« - Quelle question ! On passe par la grande porte bien sûr ! » Luna parait tellement décontenancée par cette réponse qu'elle ne trouve rien à répondre, et se contente de me regarder avec de grand yeux. « Je plaisante bien sûr… suis-moi. »
Je l'emmène discrètement vers le château, faisant bien attention à rester caché sous le couvert des arbres. Enfin, arrivés au plus près possible du château, je lui murmure « Maintenant, cours ! » et je m'élance dans la nuit vers le mur voisin, distant d'une dizaine de mètres ! Heureusement, la lune est cachée par de lourds nuages !
« - Et maintenant, on fait quoi ? » demande Luna, une fois que nous sommes cachés dans l'ombre d'un recoin. Du doigt, je lui montre une fenêtre. S'il avait fait plein jour, je suis certain que je l'aurai vue pâlir ! « Là… là-haut ? » dit-elle d'une voix tremblante.
« - Tu as le vertige ? »
« - Euh, non, euh… » je suis sûr qu'elle doit être soudain toute rouge ! Je souris en m'imaginant la scène, si inhabituelle, si… mignonne.
« - Ne t'inquiètes pas, il faut juste monter trois ou quatre mètres. La première fenêtre donne sur une pièce vide. Des petits sorts d'ouverture, et hop ! Le tour sera joué et on sera entrés. »
« - Mais comment on monte ? Le mur est lisse, on n'a pas d'échelle, et on ne peut pas lancer de sorts, on se ferait repérer aussitôt ! » elle me jette un regard suspicieux. « Tu as des balais, c'est ça ? »
« - Yep ! C'est que je la prépare depuis longtemps cette infiltration ! » Et je sortis de ma poche un de mes nombreux sacs sans-fond, d'où je tira mon Comète et mon Déménageur. « Fais attention, » lui dis-je en lui tendant le second, qui valait moins cher, « c'est que je les ai payés chers ces deux là ! »
Entrer dans la petite pièce est vite fait, sans aucuns heurts malgré la maladresse de Luna. Visiblement, elle ne tentera pas de faire du quidditch plus tard !
« - Et maintenant ? » demande Luna. « C'est sacrément imprudent de se balader dans le château comme ça, sans se faire voir ! »
« - Je sais, mais malheureusement on n'a pas le choix, » lui réponds-je l'air sombre. « Nous n'avons pas de cape d'invisibilité, et je n'ai pas encore réussi à correctement lancer de sorts de désillusion. »
« - Et donc, la suite ? Tu ne comptes tout de même pas recommencer cette escalade tous les jours ! » Je ne réponds pas, et me contente de sourire en montrant mon sac sans fond. « Regarde dedans, et tu verras. » Elle s'éxecute, et sort rapidement… une tapisserie.
« - Et ? A quoi ça va nous servir ? »
« - Déroule, et tu verras ! » J'ai déjà testé cette merveille, la seconde se trouve dans ma chambre… nul doute que ce sera parfait pour infiltrer le château !
« - Elle représente… une porte ? Attends, tu veux dire que tu possèdes des tapisseries de transport ?! »
« - Et oui ! Achetées à grand prix d'ailleurs. Il nous suffit de les cacher ici, derrière tout un bordel de vieux machins… derrière cette armoire par exemple, » dis-je en pointant une espèce de… chose ? sûrement plus vieille que Dumbledore tant elle semble branlante. « Et une fois posée et activée, il suffira d'ouvrir la porte pour avoir un accès facile à la base. Et en cas de problème, on peut facilement la changer d'endroit ! »
…
La méthode d'infiltration maintenant rodée, la tension se relâcha progressivement et les semaines passèrent l'une après l'autre. Piéger les coins et recoins du château est plutôt facile, du moins tant que l'on fait attention à quelques petits désagréments, comme les professeurs, les élèves errants, les préfets, Rusard, Miss Teigne, les fantômes, les tableaux, les armures mouvantes, les… oui bon ok, il faut faire attention à tout. C'est pour cette raison
Poudlard était de plus en plus rempli de toutes sortes de systèmes de surveillance, de même que Pré-au-Lard et le Chemin de Traverse, ces deux derniers grâce à l'aide de la mafia Ryryienne.
« - Espionner les dortoirs, tu es sûr ? » me demanda Luna en me regardant bizarrement.
« - Certain ! Crois-moi, tu n'as pas idée de tout ce qu'il peut s'y passer ! »
« - Mouais… je m'occupe des dortoirs des filles alors ! Pas touche ! » Elle dit ça comme si j'avais des intentions perverses derrière la tête ! Ahlàlà… sacrée Luna !
…
Outre le château qui est piégé en compagnie de Luna, ce que celle-ci ignore c'est qu'en cachette, je mets aussi sous surveillance de nombreux autres endroits. Pré-au-lard, chemin de traverse, allée des embrumes, allée des oubliés… régulièrement, sous divers faux noms, j'achète une maison ou un appartement, et j'y place un des nombreux moldus que j'ai placé sous impérium, et ils restent là, bien dissimulés, à regarder ce qu'il se passer et à noter la moindre chose suspecte. C'est bien ça, les impériumés. Jamais à se plaindre, toujours à obéir… et puis ce ne sont rien de plus que des clodos moldus, personne ne va les rechercher ni s'inquiéter de leur disparition. En un sens, je fais acte de bonté en ruinant leur vie de cette manière.
J'étends mon emprise sur le monde magique… mouahaha, tiens-toi bien, monde sorcier ! Ton maître arrive !
…
« - Mais qu'est-ce qu'on fait ici ?! » chuchote Luna à mon oreille. « Tu veux encore jouer les pervers, c'est ça ? » Pfff, elle ne va jamais me lâcher avec ça !
Bon, d'accord, l'emmener dans les toilettes des filles en disant que « je veux espionner », ça a de quoi paraître étrange. Heureusement que je suis encore un enfant et pas un vieux monsieur, sinon j'aurai des ennuis !
« - Il y a quelque chose d'important ici, je veux enquêter à son sujet. Et tu n'es pas là pour rien ! Va occuper Mimi ! Fais-lui des compliments ! Soudoie-là ! »
« - Quoi ?! » A peine-a-t-elle dit ça que je me désillusionne, et qu'une voix fantomatique lance un inquiétant « quiiii vaaaaa làaaaa ? »
Ouf, j'ai réussi à me débarasser de Luna ! Heureusement, je n'aurais pas aimé qu'elle puisse m'entendre parler fourchelangue, ou qu'elle puisse voir la chambre des secrets ! Parce que oui, j'ai bien l'intention de m'y rendre en avance… disons, pour faire un peu de nettoyage, histoire d'empêcher l'Holomagus de se reproduire, et aussi pour explorer les lieux. Qui sait quelles choses intéressantes je pourrais y découvrir ? Héhéhé !
« - Ócstoa ! (Ouvre-toi) » siffle-je en fourchelangue en m'approchant tout doucement de la gravure en forme de serpent. Il ne me reste plus qu'à attendre quelques instants, et…
…et…
…et quoi ? Tu fais quoi, robinet à la con ? « Ócstoa ! Allez, Ócstoa ! » Eh, oh ! Ecoute donc ton maître ! Sinon j'appelle un plombier ! « Ócstoa ! » Allez, ouvre-toi ! Graaaah, rien à faire ! Cette saleté est bloquée !
Je me calme tant bien que mal en m'efforçant de me maîtriser. Mais pourquoi ça ne marche pas ?! Est-ce dû au fait que Voldy ne soit pas encore repassé par là ? Est-ce qu'il y a un mot de passe qu'il faut donner en plus de l'ordre d'ouverture ? C'est sûrement ça… et ça fait bien chier ! Surtout que j'ai beau essayer plein de combinaisons, mais rien à faire !
Tant pis, ce sera pour plus tard. De toute façon, je n'ai pas encore de quoi massacrer le basilic. Résigné, n'ayant plus rien à faire ici hormis placer mes habituels sorts de surveillance, ce qui est vite fait, je me dirige rapidement vers la sortie, un bref et sec « toctoc-toc ! » codé frappé contre un des panneaux de bois me permettant de faire comprendre à Luna, enfermée dans une cabine à discuter avec Mimi, qu'il est temps d'y aller.
Enfin, la nuit est finie ! Il ne nous reste plus qu'à regagner Pôdlad pour y faire une bonne sieste… la routine, depuis le temps qu'on le fait. On prend ce passage secret, on se retrouve dans une petite pièce discrète, et…
« - Halte-là vous deux ! Arrêtez-vous ! »
Merde !
…
Pfff, que ça peut être chiant de faire sa ronde ! Maudit soit ce poste de préfète-en-chef ! Bien évidemment, elle est toute seule, comme d'habitude, vu que son collègue la juge effrayante. Un peu comme tous les garçons de l'école en fait. Alors que c'est pourtant pas sa faute si elle a été obligée de les castrerà coup de pied, ces maudits voyeurs ! Si ? Hum, bon d'accord, un peu de sa faute quand même. Juste un peu. Un tout petit peu, et…
...mais qu'est-ce que c'est que ça ?
Elle se précipita aussitôt derrière un pan de mur pour ne pas se faire repérer ! Et, se penchant légèrement en espérant ne pas se révéler ce faisant, elle espionna les intrus… « Grumble enfoiré de Dumbledore, grr-grr méchant pas beau, salaud d'hyperglycémique de… » et cetera. Un petit coup d'œil, et son œil attentif n'eut aucun mal à remarquer que ces deux premières années semblaient un peu jeunes… et qu'ils n'avaient pas d'insigne à leurs vêtements ! Et d'ailleurs, qu'ils ne portaient même pas l'uniforme réglementaire ! Voilà qui sentait les points en moins !
Alors qu'elle allait intervenir, un bruit retentit dans le couloir derrière elle, suivi d'un miaulement douloureux et d'un juron. Rusard et Miss Teigne ! Ils ne peuvent pas être plus discrets ces deux là ?! Devant elle, les deux intrus juvéniles se figèrent, et elle eut à peine le temps d'entendre un « retour à la base ! » qu'ils s'élancèrent tous deux vers les escaliers. Merde !
Elle se lance un sort de silence pour recouvrir ses chaussures, et partit elle aussi à la poursuite des deux imbéciles ! Ils allaient entendre parler d'elle, tiens !
Mais elle eut bien vite autre chose à penser que le nombre de points qu'elle allait leur retirer… voilà que ces abrutis empruntent l'un des passages secrets menant dans le parc ! Et elle n'allait pas pouvoir les y suivre, sous peine de se faire repérer à coup sûr… vigilance constante, comme dirait l'autre ! Elle ne se révèlerait que lorsqu'elle serait certaine de les tenir. En attendant, elle n'eut à faire qu'un rapide détour d'une dizaine de mètres pour trouver une fenêtre fermant mal… l'ouvrir, sauter sur le toit, se laisser glisser sur le toit couvert de mousse, se rattraper à la gargouille à moitié cassée qui traîne là… comment ça, passer par les escaliers aurait été plus rapide ? Oui, certes, mais aussi bien moins amusant !
Elle atterrit finalement au sommet d'une tour, et s'engouffra dans l'une des énormes gouttières drainant l'eau des toits –heureusement qu'il fait sec en ce moment !-, et se réceptionna droit dans les anciennes douves. Un petit passage secret qu'elle avait découvert par hasard ! Aidée par son entrainement physique, il ne lui fallut qu'un instant se hisser jusque sur la pelouse du parc.
Merde ! Les gosses l'ont devancée ! Et les voilà qui courent à toutes jambes ! C'est qu'ils sont rapides les bougres ! Ils se précipitent vers…
…son cœur rata un battement en voyant ça ! Ils vont dans la forêt interdite ! Les fous ! « Arrêtez ! » leur hurla-t-elle en les prenant en chasse, mais entre la distance et le bruit de la forêt, ils ne l'entendirent pas et s'enfoncèrent sous les arbres sans hésiter. Rien que ça suffit à lui faire voir rouge ! Ce qu'il ne fallait pas faire pour discipliner ses abrutis de condisciples ! Pour ça, ce ne sont pas de simples points en moins qu'ils allaient avoir, c'est un renvoi pur et simple !
Elle entra dans la forêt sur leurs pas, se transformant en jument pour pouvoir plus facilement les prendre en chasse. Heureusement que les branches sont hautes par ici ! Il ne lui fallut que quelques minutes à suivre leurs traces pour les retrouver dans son champ de vision, et pour aussitôt ressentir une authentique terreur ! Une acromentula géante, là, devant eux ! Et ces imbéciles ne l'ont pas vue, ils continuent à courir comme si de rien n'était ! Merde, accélère !
…l'ordre n'eut pas le temps d'arriver à son cerveau qu'elle stoppa sa course en voyant l'impossible. Là, sous ses yeux, d'un simple geste du poignet, le garçonnet venait de réduire en poudre l'araignée, sans même prendre la peine de se tourner vers elle, comme si cette prédatrice redoutable était indigne de lui !
Impossible. Même elle en était incapable après des années d'entraînement quasi-militaire. Même un professeur ne pourrait pas ! Alors un enfant ? Elle se remit bien vite de sa stupeur, mais trop tard. Les deux intrus avaient eu le temps de disparaître. Merde !
Le lendemain, toujours pendant sa ronde, elle se montra tout particulièrement attentive, espérant pouvoir retomber sur ces mystérieux enfants. Et ça ne manqua pas ! Sitôt arrivée à peu près au même endroit que la veille, elle entendit des voix murmurer des insultes envers le directeur. Cette fois-ci, recommençant à jouer l'espionne, elle se montra plus prudente et s'assura de jeter un sort de discrétion sur le couloir derrière elle. Ces enfants l'avaient intriguée. Serait-ce des adultes sous polynectar ? Vu leur puissance, voilà qui est probable…
Elle passa la soirée à suivre les intrus, jouant de prudence et rusant autant que possible pour ne pas se faire remarquer malgré sa maladresse légendaire. Elle n'apprit pas grand-chose, si ce n'est sa première déduction, à savoir qu'ils ne semblaient pas aimer Dumbledore. Mais pourquoi ? Et pourquoi semblaient-ils truffer le château de sorts ? Une petite étude auprès d'une statue lui indique qu'elle avait été enchantée d'un sort de « regard », et que la fille avait tracé des trucs à l'arrière de la pierre, côté mur, là où personne ne les remarquerait. Des runes ? Non, ces étranges petits symboles ne ressemblaient à rien de ce qu'elle connaissait ! Et pourtant, ils semblaient bien que c'était ça. Très intrigant, vraiment.
Les jours suivant, sans cesse plus curieuse de savoir ce qu'il se passait, elle se surprit à avoir envie de résoudre cette affaire toute seule, excitée à l'idée de pouvoir résoudre seule toute une enquête ! Elle commença ses observations en remarquant un schéma dans la façon de se faufiler dans le château qu'avaient ces intrus juvéniles. En général, tous deux passaient dans les passages secrets les moins connus, prenaient les chemins les moins probables, et parvenaient à s'échapper en un rien de temps, ce qui traduisait une connaissance parfaite des couloirs, des salles et des passages.
Mais tous les aurors s'accordent pour le dire : un bandit qui n'a qu'un chemin de fuite est un bandit emprisonné ! Sous-entendu que s'il prend ses habitudes, c'est soit qu'il est en prison, soit qu'il ne va pas tarder à y être. Cet imbécile. « Et c'est exactement ce qui est en train de se produire ! » se dit-elle en souriant, satisfaite d'elle-même.
A chacune de leurs fuites, ces enfants passaient toujours dans une petite pièce abandonnée qui donnait sur une fenêtre du rez-de-chaussée. De là, ils n'avaient aucun mal à se laisser tomber sur l'herbe pour regagner la forêt interdite et y faire leur affaire, quoi que ça puisse être. C'est cette habitude là qui les perdrait !
Un après-midi, profitant d'une heure libre au milieu de ses cours, elle se rendit dans le local, et aménagea une cache discrète entre plusieures vieilles tables de cours qui avaient été entreposées là, puis truffa la salle de sorts en tous genre : de silence pour ne pas se faire repérer, d'espionnage pour compléter les souvenirs qu'elle aurait de sa prise et servir d'éléments de preuve au cas où elle se retrouve accusée d'agression, des menottes renforcées pour immobiliser les intrus, et cetera. Elle parvint même à dénicher un très vieux sort de fermeture de porte dans un livre poussiéreux de la bibliothèque ! Cette fois, ça y était ! Son plan était complet, il ne lui restait plus qu'à attendre !
Le soir venu, elle se faufila dans sa cachette quelques dizaines de minutes avant l'heure normale d'arrivée des intrus, soit vers quatre heures du matin. Juste avant de venir, elle avait discrètement placé un sort d'alerte sur l'entrée du passage secret qui menait ici ! Ainsi, dès qu'il serait utilisé, un petit signal mental lui indiquerait de se tenir prête, et elle n'aurait qu'à cueillir ses proies de ces sorts habilement placés que tout le monde redoutait, au club de duel.
Et ça ne rata pas ! Ses victimes étaient toujours à l'heure ! Et alors qu'elles se précipitaient vers la porte, elle leur cria : « Halte-là vous deux ! Arrêtez-vous ! » Et elle lança un puissant sort de fermeture sur la porte, les piégeant ainsi ! Enfin !
N'essayant même pas de résister, sans aucun doute sachant que ce serait vain, les deux enfants s'arrêtèrent et se tournèrent vers elle tranquillement…
« - Tel est piégé qui croyait piéger », dit le garçon, levant sa baguette si vite qu'elle n'eut pas le temps de réagir. Et il l'assomma sans pitié.
…
À suivre…
C'est la pause ! Le prochain chapitre arrivera donc dans quatre semaines, le vendredi premier septembre. Condoléances.
A votre avis, qui est-ce qui a surpris Harry et Luna ? Et quelles en seront les conséquences ? N'hésitez pas à donner vos idées en commentaires !
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