NVJM, rédigé 9/2017 publié 15/9/2017

Harry Potter et l'histoire inachevée

Chapitre 42 : Recrutement

« - Six heures ! SIX HEURES ! Et moi qui espérait pouvoir faire la grasse matinée tard aujourd'hui, au moins jusqu'à six heures trente ! Tu es un bourreau d'enfant Harry ! »

« - Fier de l'être. »

« - Et tu te fous de moi en plus ! »

« - Bien sûr ! » rit-je un instant avant de me taire, mal à l'aise, en croisant le regard infernal de la démone qui me servait d'amie. « Calme-toi Ryry, n'oublie pas qu'elle peut te castrer à tout instant… »

« - Tu peux au moins me dire pourquoi est-ce qu'on a dû se lever si tôt ? Le train ne part qu'à onze heures je te rappelle ! »

« - Il faut bien qu'on prépare notre voyage, non ? Entre les adieux, les amis, les marchands de bonbons… quelques heures ne seront pas de trop, crois-moi ! »

« - A quoi bon ? Nous n'avons personne sur le quai à qui nous pourrions dire au revoir, je te rappelle ! » Un rapide regard faussement angélique me fit trembler des pieds à la tête. Ce sourire éblouissant, cet air guilleret de la plus sincère hypocrisie… elle semblait prête à me dépecer sur place. Pourquoi mon humour ne marchait jamais ? Ahlàlà…

« - Bon, ok ! Maintenant que commence l'école, nous allons enfin pouvoir commencer à recruter du… du personnel. Surtout que Tonks a terminé ses études et n'a pas redoublé, on ne peut donc plus compter sur elle au château. Le Poudlard Express est idéal pour tester nos camarades. Pour ça, j'ai étudié un charme qui devrait normalement permettre d'attirer dans notre compartiment tous ceux qui passeront devant notre porte. »

« - Un charme d'attirance modifié ? »

« - Yep, c'est ça. Le seul problème, c'est qu'il faudra être plutôt rapide à les tester, si on ne veut pas prendre le risque de se retrouver avec un attroupement. » Et, ajoutant mentalement, « Reste le problème de parvenir à me détacher de mes souvenirs… »

Trouver un compartiment bien placé fut facile, de même que mettre en place le charme, mais l'esprit n'y était pas. Pendant toute la préparation, je fus perdu dans mes pensées. « Je vais revoir Hermione, après toutes ces années… et tous les autres traîtres… mais surtout Hermione. Qu'est-ce que je dois penser à son sujet ? Elle ne m'a jamais trahi, mais ne m'a pas cru non plus… »

« - Ça va Harry ? » demanda Luna. « Ne me dis pas que tu as le trac ? »

« - Hein ? Non, pas du tout ! Pourquoi ça ? »

« - On dirait que tu as vu un fantôme. Tu es tout pâle. »

« - Oh, eh bien il doit y avoir un peu d'appréhension, c'est sûr… » Tu m'étonnes que j'ai vu un fantôme ! La plupart de ceux qui nous rendront bientôt visite sont censés avoir fini en peinture murale ou en gueuleton pour basilic… ça va me faire tout drôle !

« - Tu te souviens comment mettre en place ton déguisement, Luna ? »

« - Oui oui, une teinte rousse vive, plein de taches de rousseur, Merlin merci ce sont des fausses ! Et enfin, pas la moindre trace de bouchons et autres bijoux de grand luxe. Et des lunettes discrètes. »

« - Et moi, une coupe très courte, des lentilles de couleur noire, et une coloration de la peau pour me faire paraître bronzé. Et pour la durée du voyage, tu me surnommeras, hum… Henry. C'est assez proche pour que je ne me trompe pas, tout en n'étant pas assez étrange aux yeux de potentiels espions. »

« - Ah, ça y'est ! J'entends les premiers attardés commencer à arriver ! »

Quelques minutes plus tard, les premières voix d'élèves que nous entendîmes approcher furent celle de… « Oh non, pas eux ! » suppliai-je en pensée en levant les yeux au ciel, déjà exaspéré, lorsqu'ils ouvrirent la porte du compartiment.

« - Tiens tiens, tu as vu ça mon cher Gred ? »

« - Très bien vu, mon cher Feorges. On dirait une espèce de… »

« - De fdgshfhsfssf. »

« - Mais comment t'as réussi à prononcer ça ? »

« - Aucune idée, Feorges. »

« - Eh bien bravo Gred. »

« - Alors comme ça, vous vous appelez Fred et Georges ? » intervint Luna souriante pour mettre fin à cette bêtise, pendant que je faisais une tentative de dépression en cachant mon visage entre mes mains. Et évidemment, elle semblait s'amuser ! Aussi folle l'une que les autres !

« - Et à qui avons-nous l'honneur de présenter nos illustres noms ? » quémanda machin numéro un en faisant une révérence complètement exagérée qui envoya une de ses mains heurter le nez de bestiole numéro deux.

« - Louane, future maîtresse du monde et de tous les univers, mouahaha ! » Elle accompagna cette phrase d'un rire sadique aussi cliché que possible, accompagné d'un air parfaitement fou. Je rata un battement de cœur pendant un instant, craignant qu'elle ne révèle nos plans, mais je me rassura en comprenant que personne ne serait assez bête pour la croire.

« - Houlà, alors il va falloir que nous alertions les aurors en ce cas, » dit créature numéro une en fronçant les sourcils.

« - Nous voulions piéger ce compartiment avec une charge explosive de poil à grattchoum… »

« - …comme nous l'avons fait pour les autres… »

« - …mais il va falloir redevenir sérieux un instant…

« - …ce qui se passe ici est grave ! »

« - En effet, il va falloir que nous recourions à notre arme secrète de justiciers ! Mon cher aiooieyeusoai, es-tu prêt ? »

« - Je suis prêt, mais je préfère les consonnes ! »

« - Alors A L'ATTA … ! »

« - Expelliarmus ! » criai-je deux fois en visant chacune des deux sales bêtes, qui s'effondrèrent au sol comme le tas de gibier qu'ils étaient. « Dàdlapì ! » Et aussitôt, avant de pouvoir réagir, ils se retrouvèrent tous les deux affublés d'énormes oreilles de lapins et de dents proéminentes. Sitôt remis de leur petit accident, ils éclatèrent de rire en se regardant l'un l'autre, et piaillèrent en s'éloignant comme si le diable était à leurs trousses lorsqu'une série de petites pichenettes de magie leur heurta les fesses. De vrais civets en devenir !

« - Pourquoi tu as fait ça Harry ? On n'a même pas eu le temps de faire connaissance pour savoir ce qu'ils valent ! »

« - Facile. Farceurs invétérés, amateurs de mauvaises blagues, bon bricoleurs magique, bons potionnistes, inventeurs doués. »

« - Tu as déduit tout ça dans le peu de temps qu'ils ont passé ici ? »

« - Euh… oui ? Ça te paraît si dur que ça ? » Elle ne répondit pas, et m'adressa un regard que je traduisis en devinant ses pensées… nul doute qu'elle va faire attention à mesurer ses mots en ma présence, désormais ! Mince !

Reprenant la conversation, j'ajouta, « Je pense qu'ils pourraient être utiles, toutefois il faudrait pour ça qu'ils se disciplinent. On pourrait les traumatiser en tuant certains membres de leur famille… » une proposition pacifique comme une autre.

« - Ah, les suivants approchent ! » En effet, pas difficile d'identifier qu'il s'agit de deux filles vu le timbre de la voix. Et vu la façon dont elles parlent, en piaillant des suites de mots sans queue ni tête, je peux sans peine imaginer qu'elles sont des pipelettes…

Attirées par mon sort, elles entrèrent inconsciemment sans s'arrêter de blablater, et s'assirent nonchalamment en continuant à débiter leurs âneries. « Et alors, il a dit que… » « Tu as vu ses beaux yeux ? Qu'il est mignon ! » « blablabla blablabla » et AU SECOURS QUELQU'UN ! SAUVEZ MON ÂME DE CES CRÉATURES DÉMONIAQUES OU JE COMMETS UN GÉNOCIDE AVANT L'HEURE ! » Oui je sais, deux personnes ce ne serait pas un génocide, mais elles parlent tant et tant que j'ai l'impression d'être au beau milieu d'une foule de milliers d'imbéciles !

« - Dites, vous pourriez baisser d'un ton ? » demanda fortement Luna, l'air mécontente, en exhibant un livre qu'elle faisait mine de lire, comme pour se donner une couverture inutile, pour bien leur faire comprendre qu'elles étaient dérangeantes. L'une d'elles, une asiatique, la regarda de haut en fronçant les sourcils.

« - Pourquoi est-ce que tu es venue dans notre compartiment si on te dérange ? » demanda-t-elle sans aucune gêne.

« - Hé ! C'est vous qui êtes venues dans le nôtre ! »

« - Sans blague ? Arrête de raconter des bêtises, on s'en serait aperçues ! Allez, dégage, et plus vite que ça ! » Il n'en fallu pas plus pour que Luna sorte sa baguette. Ça allait lui faire du bien de se détendre un peu !

« - Tu veux te battre en duel ? » réagit agressivement l'asiate en tirant sa propre baguette, l'air menaçant.

« - Non, je n'ai pas que ça à faire, » et à peine eut-elle fini sa phrase qu'elle lança un flipendo, le sort de coup de poing, qui envoya valdinguer l'intruse jusque dans le couloir. « Tu prends vos affaires et tu sors tranquillement, » siflla Luna à la seconde fille, « ou sinon je me défoule un peu mieux. » Il n'en fallu pas plus pour qu'elle se fasse obéir ! Et heureusement que nous sommes déguisés, sinon ça nous aurait fait deux ennemies potentiellement dangereuses à affronter à Poudlard.

A peine le silence fut-il revenu dans notre compartiment que je demanda, « Alors Luna, qu'est-ce que tu en as pensé de ces deux là ? »

« - Noms et prénoms : Cho Chang et Marietta Edgecombe, c'était écrit sur leurs valises. Entrent en première année. La première est plutôt fiérote, imbue d'elle-même et probablement indigne de confiance, mais pourrait devenir une bonne officière de bas niveau si elle prend en maturité. Au pire, de la chair à baguettes ou une machine à se reproduire. La seconde est plus timide et réservée, elle n'a rien dit et s'est contentée d'observer, elle semble donc plus maligne. Malheureusement, elle parait n'être qu'une suiveuse, vu la façon dont elle se soumet à l'autorité de son amie. »

« - Mêmes conclusions pour moi. »

La prochaine personne fut une très timide petite fillette, qui entra toute rouge de gêne en s'excusant de nous déranger, et se présenta comme Hannah Abbot. Elle offrit un frêle sourire à Luna et sursauta en voyant son regard inquisiteur, prenant la fuite sans demander son reste. Visite expresse !

« - Entrez ! » dis-je lorsque la personne suivante essaya d'enfoncer la porte et d'arracher la poignée, semblant ne pas savoir frapper poliment. Et je regretta aussitôt mon invitation en voyant entrer… oh putain. Ron. Ce fils de… de… de vagin dilaté. Ce connard. Cette ordure. Ce fils d'éjac précoce qui aurait mieux fait de se vider dans un tas de merde ce jour là plutôt que de faire ça, le résultat aurait été bien meilleur. Pourquoi est-ce qu'on ne noie pas les bouseux à la naissance ?

« - Qu'est-ce que tu veux ? » demanda Luna en baissant son livre. Et elle plissa aussitôt le nez en sentant une étrange odeur. Luna, je te présente Ron, un type qui n'a pas l'habitude de prendre des douches. Ron, je te présente Luna, une maniaque qui connait des sorts de récurage très efficaces. Condoléances à toi, bon jeu à elle.

« - Euh, je, euh… euh… » Quelle éloquence ! Il n'a pas changé. Incapable d'être intéressant dès qu'il s'agit de dire autre chose que des bêtises. « J'suis à la r'cherche d'Harry Potter, paraît qu'l'est dans c'train… l'auriez pas vu passer ? »

« - Il est passé tout à l'heure, il allait vers le fond du train, » répondit-je en souriant mentalement. Il est tellement con que sept années à côté de mon déguisement ne lui permettraient pas de me reconnaître, j'en suis sûr ! « Mais tu crois vraiment qu'il va prêter attention à quelqu'un comme toi ? C'est Harry Potter quand même. »

« - Keske t'veux dire ? » postillonna Ron, l'air mécontent alors qu'il comprenait enfin qu'il n'était pas le bienvenu dans ce wagon.

« - Tu pues, tu es moche et tu nous emmerdes. Compris ? Ou tu veux que je répète plus simplement ? » dis-je en sortant ma baguette. « Non ? Alors dégage maintenant. »

Bien évidemment, cet attardé était du genre à toujours vouloir entretenir sa réputation d'incapable. Il essaya aussitôt de se jeter sur moi pour me ruer de coups de poings. Mais il n'avait pas passé des années à s'entrainer, lui… je lui fis un fauchage en un instant, le faisant pitoyablement tomber face contre terre. Aussitôt, je me pencha sur lui et m'approcha de son oreille pour lui murmurer, « Alors, qu'est-ce qu'on va faire maintenant ? Te couper le nez ? Ou peut-être te castrer, mon amie est très douée pour ça… »

« - AAAAAAH ! Au secours maman ! » hurla-t-il en prenant la fuite, pâle comme la mort. Bien fait pour sa gueule !

« - Pourquoi as-tu été aussi méchant Harry ? » me demanda Luna alors que je regagnai ma place en soufflant profondément pour me calmer. « On n'a même pas eu le temps de le tester. »

« - C'est un incapable. Point. Pas de discussion. »

« - Il en a l'air, mais… »

« - J'AI DIT PAS DE DISCUSSION ! »

Elle n'ajouta rien, mais sembla ne pas apprécier de se faire ainsi rabrouer.

« - Qu'est-ce qu'il se passe ici ? » demanda pompeusement une voix de fouine que je reconnu sans peine. Onze années c'étaient peut-être écoulées, mais jamais je n'oublierais l'emmerdeur en chef !

Draco Malfoy entra majestueusement dans le wagon, écartant la porte avec grâce, mille trompettes de gloire accompagnant son entrée tandis que des fées des bois répandaient des pétales de roses à ses pieds. Du moins ça, c'était dans son esprit insuffisant. Dans le mien, chacun de ses pas faisait résonner un pet aussi puissant que tout l'air qui le remplissait, et il était bien joliment déguisé avec une perruque toute rouge et un nez de clown. Ça lui va à merveille les nez de clown. Je sens que je vais bien m'amuser avec lui, pendant les prochaines années… nyark-nyark-nyark ! Derrière lui se tenaient bien évidemment les deux tas de consanguinité qui lui servaient de toutou… comment ils s'appellent ceux là déjà… bah, peu importe ! Et tout derrière, il y avait un noir, que je reconnu comme Blaise Zabini en fouillant un peu ma mémoire.

« - T'es qui toi ? » demandai-je, affalé sur mon banc sans lui prêter plus d'attention qu'à une poussière voletant devant moi. Il n'en fallu pas plus pour lui faire voir rouge.

« - Nous sommes Draco Malfoy ! Sang-pur du premier clan, descendant en pure lignée de notre glorieux Père Fondateur, et… »

« - Ouais ouais, c'est ça ! » Je me releva d'un bond pour me planter devant lui, plus grand d'une dizaine de centimètres et le fixant droit dans les yeux d'un air de dominateur. Il n'en fallu pas plus pour le faire pâlir. « Il va falloir que tu apprennes très vite à parler avec plus de respect aux gens qui te sont supérieurs, compris la petite merde ? Tut-tut, pas de discussion ! Sors d'ici en t'excusant platement et je consentirai à t'épargner, sinon je serais dans l'obligation de t'inculquer quelques leçons de politesse moldue… » Il n'en fallu pas plus pour l'emplir d'indignation !

« - CRABBE ! GOYLE ! A l'ATATTaAaAaAaAQUE ! » hurla-t-il en fuyant derrière les corps massivement gras et lents de ses sous-humains en chef. Si lents. Teeeeeeeellement lents. Oh et puis merde.

Ils eurent à peine le temps de faire un pas que je m'avança vers eux et envoya un solide coup de pied dans les parties du premier, le faisant s'effondrer droit sur son camarade, qui tomba lui aussi, déséquilibré par le soudain afflux de graisse. Peuh. Encore pire que dans mes souvenirs. « Allez, ça suffit. Dégagez les inférieurs, » et je leur envoya une succession de sorts en pleine tête. Ils se retrouvèrent aussitôt avec des cheveux rose-bonbon ! Il ne leur fallu qu'un instant pour prendre la fuite en piaillant leur incompétence. Hahaha, bonne chance pour l'enlever celui-là ! Il va tenir longtemps ce sort !

Je retourna à ma place en respirant lourdement, bien malgré moi énervé par ces désagréables retrouvailles. Vivement que j'ai une occasion de les tuer, tiens…

« - Tu en penses quoi de ceux là, Harry ? » me demanda Luna sans prendre la peine de lever les yeux de son livre.

« - Des incapables. Des attardés imbus d'eux-mêmes et sans plus de capacités magiques qu'un cracmol dopé à la poudre de cul de fée. »

« - Tu es sévère. Le blond pompeux n'avait pas l'air si faible que ça. Et le noir semblait plus intéressant. Il faudra qu'on prête plus d'attention à celui-là. »

« - Si tu veux sacrifier tes capacités de patience, libre à toi, Lu' ».

Quelques minutes plus tard entrèrent deux autres gamins, et… encore une fois, mon pauvre cœur de pierre rata un battement. Neville. Le pot de peinture humain. Et surtout… Hermione. Oh bordel de merde, Hermione. Identique à mon souvenir, avec sa touffe de cheveux et ses dents de devant trop grandes. Tout un flot de souvenirs plus ou moins heureux me revinrent soudain en mémoire, et il me fallu lutter contre tant bien que mal pour parvenir à cacher mon trouble.

« - Bonjour, » dit-elle, « est-ce que… »

« - Non, nous n'avons pas vu de crapaud, » répondis-je en l'interrompant.

« - Ah ? Comment sais-tu que j'allais te demander ça ? »

« - Les abrutis du compartiment précédent parlent si fort qu'on les a entendus se moquer de vous à l'autre bout du train. Pas difficile. »

En réponse, elle se tourna vers son camarade. « Désolée Neville, on a fait tout le tour de ce wagon. C'est improbable que Trevor soit passé dans un autre. » Elle se retint clairement de dire quelque chose du genre « il a dû tomber par-dessus-bord et crever comme la merde qu'il était. » Hein, ça ne ressemble pas à Hermione de dire ça ? Oui, bon, d'accord, j'ai un peu amélioré la fin… il sembla toutefois ne pas vouloir se résigner, et partit de nouveau à la recherche de sa cuisse de grenouille.

« - Je peut rester ici ? » demanda-t-elle en se retournant vers nous, tout sourire. « J'ai été chassée de mon wagon par un idiot blond et ses deux gorilles…

« - Tu peux, » dis-je avant que Luna ne les chasse. « Mais évite de la déranger pendant sa lecture, elle est du genre à… »

« - Tu lis quoi ? » se précipita Hermione avant que je ne puisse finir ma phrase. Pas de doute, c'est bien elle ! Elle n'a pas changé !

« - Comment massacrer les emmerdeurs, » répondit Luna sans prendre la peine de la regarder. Bien sûr, Hermione n'étant pas Ron, elle comprit aussitôt le message, et c'est en serrant les dents de s'être faite si froidement renvoyer qu'elle se retourna vers moi pour discuter avec quelqu'un d'un peu plus sociable. Du moins l'espérait-t-elle.

« - Comment t'appelles-tu ? Moi, c'est Hermione Granger. »

« - Je suis Henry pour la durée de ce voyage en train. Mais je vais faire une exception pour toi, et tu pourras m'appeler Harry Potter si tu veux. » Luna porta aussitôt son attention sur nous en fronçant les sourcils, étonnée que je me révèle ainsi à l'encontre du plan. « Dis-moi Hermione, tu me parais du genre à beaucoup aimer lire, je me trompe ? » j'avais dit ça en profitant qu'elle soit encore ébahie de la découverte de mon identité, et avant qu'elle ne se lance dans tout un listage de la totalité des livres où elle avait entendu parler de moi.

« - Euh, oui ! J'adore ça ! Découvrir tous ces mondes merveilleux, découvrir plein de nouvelles choses… c'est super ! D'ailleurs, j'ai lu sur toi que… »

« - STOP ! Arrête ! » Elle se tut en un instant. « Un conseil d'ami. Cesse dès à présent de montrer tes connaissances aux gens qui t'entourent. Sinon crois-moi, tu t'attireras de nombreuses inimitiés, surtout dans le monde sorcier où l'éducation est d'une bien moins bonne qualité que chez les moldus. Tu comprends ? »

« - Euh, je… oui… » dit-elle d'une toute petite voix, légèrement tremblante.

« - Je te donne ce conseil comme un ami Hermione, parce que je n'aime pas voir des gens se faire rejeter pour leurs qualités. »

« - …merci. C'est gentil à toi. Je ferais attention, c'est promis. Mais, euh… »

« - Quand tu dis que tu es mon ami, tu veux dire … ? »

« - Que je veux bien qu'on fasse plus ample connaissance. J'aime côtoyer des gens intelligents plutôt que des fanatiques des autographes, tu comprends ? »

Elle me rendit aussi un sourire resplendissant, faisant fondre mon âme de dictateur. Onze ans ! Onze ans que je n'avais pas vu ce magnifique sourire ! Et même douze, vu qu'elle a plus pleuré qu'autre chose, pendant l'année de l'Holomagus…

Quelques minutes plus tard, nous nous plongeâmes tous dans une lecture différente, Hermione ouvrant l'Histoire de Poudlard pour probablement la 547343ème fois, et moi lisant une série de biographies prise au hasard, « Les plus grands génocidaires de ce monde. » Passionnant.

Peu de temps après qu'Hermione se soit installée, nous reçûmes la visite d'un duo de crétins que je reconnus sans peine, Dean Thomas et Seamus Finnigan. Deux attardés. J'en garde de bons souvenirs de ceux là. Pendant l'Holomagus, leur activité favorite était la chasse au Harry. En plus de me tabasser, m'insulter, me frapper, se moquer de moi, me boxer, etc. De vrais incapables. Et même si j'essaie de passer outre ces mauvais souvenirs de la seconde année, je ne me rappelle rien de plus que deux incapables qui ne parlaient que sport et nichons. Tu parles d'une conversation intéressante. Je vais les virer vite fait ceux-là…

Plusieures minutes plus tard, vers dix-sept heures, mon sort attira une autre fille. Probablement l'une des dernières, vu l'heure qu'il était. D'ailleurs, va falloir que je désactive mon sort discrètement, sinon on va se retrouver envahis quand il s'agira de se changer en uniformes et que plein de gens se retrouveront dans le couloir.

« - Bonjour ! Enchantée de vous rencontrer ! Dites-moi, est-ce que vous sauriez où se trouve Harry Potter ? Il paraît qu'il est dans ce train. » C'était une blondinette affublée de nattes qui lui donnaient un air parfaitement innocent.

« - Fausse rumeur, » répondis-je aussitôt pour ne pas être devancé par les autres. « Harry Potter n'est pas ici. On l'a cherché nous aussi, mais aucune trace. Il va sûrement gagner Poudlard en balai ou portoloin, je suppose. Je l'imagine mal venir ici sans une escorte. » Et allez, vas-y, interrompt-moi pour nous dire à quel point je suis sûrement merveilleux, tellement fort qu'aucun mage noir ne pourrait me toucher, et…

« - Tu exagères, » dit-elle en s'asseyant à côté d'Hermione. « Il n'a que onze ans, et n'a vaincu Tu-sais-qui qu'à un peu plus d'un an ! Nul doute que la plupart de ses exploits sont totalement exagérés, voire inventés. »

…wow. Je ne m'attendais pas à ça. « Tu le cherchais pour quoi ? » dis-je.

« - Je voulais avoir des informations de sa part. C'est toujours bien de pouvoir puiser à la source la plus primaire qui soit. J'ai toujours été intriguée par le mystère de sa victoire contre Tu-sais-qui. Mais s'il n'est pas là, tant pis. » Elle réprima un petit soupir déçu en me regardant, puis demanda, « à qui ais-je l'honneur de parler ? »

« - Je suis Henry. Henry Smith. Et tu t'appelles ? »

« - Susan Bones, future historienne ! Enchantée de te rencontrer, Harry Potter. »

« - … »

« - Ben quoi, tu croyais que je ne te reconnaîtrais pas ? Allons ! Aucun garçon ni aucune fille de notre âge ne réagirait comme tu l'as fait en apprenant qu'une célébrité est dans le coin ! Et puis franchement, « henry », tu aurais pu trouver mieux comme pseudo, vu la ressemblance avec ton prénom ! C'est un peu comme si tu essayais de déformer le nom d'une des maisons de Poudlard… ou si tu étais pro-végétarien en que tu déformais un nom de légume… ou que tu te contentais d'aligner tes initiales, ou je ne sais encore quelle idée aussi nulle ! Faut faire preuve d'imagination voyons ! »

…wow. Intéressante celle-là. Je sens que je vais la garder auprès de moi.

« - Rassure-toi, je ne vais pas aller courir dans tout le train en hurlant que tu es là. Je comprends parfaitement ton désir d'être discret, ma propre tante occupe un poste haut placé au ministère, et je suis souvent visitée par diverses personnes qui veulent l'influencer à travers moi. Alors bref, tout ça pour dire que je te comprends. »

En résumé : cette fille est intéressante. Je crois bien que je vais plus prêter attention à elle que je ne l'ai fait durant ma première scolarité…

Deux des dernières personnes à nous rendre visite furent des garçons, l'un visiblement fan de quidditch qui prit la mouche en un instant lorsque je dis que je préférais les machins de jesépakoa à son équipe favorite. Il s'en alla sans demander son reste. Bah, rien de plus qu'un fanatique arriéré. Terry Boot je crois.

Le second garçon entra discrètement, poussant la porte si silencieusement que personne ne le remarqua jusqu'à ce que Neville sursaute et pousse un pitoyable petit cri de peur. L'inconnu nous regarda tous à la suite, sans dire un mot, puis s'en alla sans rien ajouter, furtif comme une ombre. Visite éclair, encore une fois.

Les prochaines personnes à entrer me firent aussitôt passer dans un état de profonde dépression. « Allons bon, un trio de pipelettes maintenant… ô saint génocide, sauve-moi de ce fléau ! »

« - Bonjour, » dit Luna sans se laisser démonter, bien que sa légère raideur indiquait sans peine qu'elle en avait un peu marre elle aussi. Et d'autant plus qu'un rapide coup d'œil suffisait à se faire une idée de leur personnalité. Deux hindoues, l'une silencieuse tenant un gros bouquin compliqué, l'autre affichant un sourire si démesuré qu'elle devait avoir une crampe à la mâchoire, et enfin une blonde aux yeux bleus qui commençait déjà à avoir des formes et qui en avait conscience, vu les vêtements adultes très osés qu'elle portait. Bah, rien de plus qu'une machine à enfanter celle-là, j'en suis sûr !

« - Bonjour, » répondirent toutes les trois. « On peut s'installer ici ? On s'appelle Parvati et Padma Patil, et voici Lavande Brown… »

« - Vous pouvez si vous la fermez, » dit-je fermement en me levant, les fixant froidement de mes yeux noirs. « Pas un mot. Pas un geste. Pas de protestation. Le silence le plus complet. C'est compris ? » La dénommée Padma sembla presque soulagée d'entendre ça, et s'assit silencieusement pour lire sitôt qu'elle eu hissé sa valise. Bien, au moins une qui a compris qui commandait ! Nul doute qu'elle survivra un peu plus longtemps que les autres.

« - Hey, mais tu te prends pour qui ? On a le droit de parler si on veut ! »

« - Alors pas ici, compris ? » Et je les renvoya d'une rapide succession de pichenettes magiques ! Mouahaha ! Et je me retourna vers la troisième, Padma, pour lui signifier, « silence et pas de bruit, compris ? » Elle répondit d'un rapide hochement de tête, et retourna à sa lecture. Un bouquin de quatrième année. Intéressant.

Les deux emmerdeuses parties et leur amie sous surveillance, je me retourna vers la fenêtre du compartiment pour regarder le paysage. La nuit était tombée depuis un moment, on n'allait pas tarder à arriver. Ce serait bientôt le moment de se changer. Une légère pensée me traversa l'esprit en songeant à Luna en train de passer son uniforme, doux songe aussitôt suivi d'un cauchemar en imaginant ce qu'elle serait capable de me faire si elle me surprenait à espionner. Brrrr !

Machinalement, je leva un doigt juste avant de me détourner, et écrasa un scarabée importun. Ainsi mourut une emmerdeuse.

À suivre…

Prochain chapitre : la répartition ! À votre avis, dans quelle maison vont aller Ryry et Luna ? À vos claviers !

Pour vous aider et vous mettre le doute tout à la fois, je vous mets ici la façon dont fonctionne la répartition dans mes fics : en gros, on est réparti dans une maison en fonction des qualités qui nous manquent, pas des qualités dont on dispose déjà. Si on a besoin de devenir courageux ou de maîtriser son intrépidité, on ira à Gryffondor. Par exemple. Et si on a besoin de deux qualités dans des maisons différentes, on ira à celle qui nous fait le plus défaut…

Pour rappel : Gryffondor = courage et héroïsme, Poufsouffle = amitié et loyauté, Serdaigle = travail et érudition, Serpentard = ruse et ambition.