NVJM, rédigé 15 et 16/2/2018, publié 16/2/2018

Harry Potter et l'histoire inachevée

Chapitre 57 : Le second

Rien n'est mieux caché que ce qui est sous nos yeux.

...

GAZETTE DU SORCIER

édition du 1er novembre 1992

L'HÉROÏNE LUNA LOVEGOOD

C'est une incroyable épopée héroïque qui a eu lieu hier à Poudlard ! Une jeune élève, Luna Lovegood, n'écoutant que son courage, est parvenue à riposter à une agression du monstre de la chambre des secrets, et à partir à la poursuite du criminel manipulant l'horrible créature ! S'infiltrant dans le repaire des ténèbres, elle est parvenue à vaincre le monstre en duel singulier, puis à neutraliser l'horrible criminel à l'origine de l'Holomagus !

Apprenant la nouvelle au cours de la nuit, le ministre de la magie Cornélius Fudge a aussitôt réuni une conférence de presse pour annoncer que miss Lovegood recevra l'Ordre de Merlin, première classe, pour service héroïque et exceptionnel rendu à la nation sorcière.

Elève surdouée, génie en devenir selon ses professeurs unanimes, nul doute qu'elle est une femme promise à un grand avenir d'épouse soumise comme il se doit Purement. Selon les rumeurs, nombre de mâles de nobles familles lui ont déjà fait des offres de mariages traditionnellement exemplaires, lui proposant de se soumettre à leur volonté patriarcale comme il se doit Purement. Elle n'a encore donné suite à aucune de ces demandes. Nul doute qu'elle choisira le plus beau et pur parti possible pour devenir une exemplaire sorcière soumise comme il se doit Purement. Aux dires de ses camarades de Poudlard, nos glorieux Père et Mères l'ont déjà douée d'une Pure beauté.

Miss Lovegood a accepté de donner une interview à notre journal, que nous publierons dès demain.

Grinçant des dents en achevant ma lecture, hésitant à vomir le pitoyable conservatisme de la journapute ayant écrit cette Pure merde, je leva les yeux pour regarder Luna, installée au loin à la table des professeurs. Cette salope ! Cette pouffiasse ! Si un jour je l'attrape, je la torture au point que personne ne sera capable de comprendre que ce qu'il reste d'elle n'est qu'un tas de bouillie !

Oui, j'ai bien dit à la table des profs. Elle est tant et tant harcelée de remerciements par les autres élèves qu'il a été décidé qu'elle mangerait « à l'abri », là où les élèves trop timides n'oseraient pas la déranger. Bon en fait, ça n'a rien changé, il y a juste une longue file d'attente de bouseux qui viennent lui lécher le cul. Cette salope !

Je détourne le regard dans le fond de mon verre pour ne pas la voir se pavaner. Sinon, je sens que je vais commettre un lunacide. Maudite soit-elle ! Oser me trahir comme elle l'a fait !

Quittant le petit-déjeuner en avance, juste pour ne plus subir les blablas insupportables glorifiant la traîtresse, je peux voir à ma montre que j'ai encore plus d'une demi-heure avant que ne commencent les cours… j'en profiterai bien pour aller voir Hermione à l'infirmerie. La pauvre, elle semble avoir été agressée pendant que Luna et moi étions enfermés dans la chambre… Si je tenais l'enfoiré qui a osé faire ça ! Je le torturerais aussi fort que Luna ! CETTE GROGNASSE !

Calme-toi moi, calme-toi, ce n'est pas bon pour ton cœur…

…GRAAAAAAH ! Je vais finir par me jeter un sort d'oubliettes juste pour ne plus penser à elle, si ça continue !

Arrivant à l'infirmerie, j'entre discrètement en toquant faiblement. Il n'en faut pas plus pour faire surgir les crocs de la créature hantant les lieux. Quand on dit que le monstre de la chambre était dangereux, ce n'est rien comparé à celui qui me demande soudain, chuchotant tout doucement pour ne pas réveiller son garde-manger, « C'EST POUR QUOI À CETTE HEUuUuUuRE ?! »

« - Chuuuuuuut ! » lui dis-je en grimaçant et en tendant mes mains devant-moi en signe d'apaisement. « Vous allez les… ! » ...mais trop tard, à peine ais-je dis ça que tout le monde se réveille petit à petit en grognant. Tout le monde, sauf…

« - Que venez-vous faire ici, monsieur Potter ? A cette heure ! Vous auriez pu attendre ce midi, ou ce soir ! » me gronde Pomfresh à peine moins fort.

« - Je viens visiter Hermione… » voyant mon air d'Harry battu et mes grands yeux verts larmoyants, sa rage protectrice semble fondre comme sorcier devant un dragon. C'est le cas de le dire. Soupirant, elle m'autorise finalement,

« - Allez-y. Mais dix minutes, pas plus ! De toute façon, elle n'est pas encore réveillée… » et voyant son air, je comprends sans peine que ce n'est pas prêt d'arriver.

M'approchant du lit de mon amie, je vois le cœur serré qu'elle n'est effectivement pas éveillée… pas étonnant, vu le nombre de bandages qui l'entourent. Car en plus de l'amocher salement, le salaud qui l'a agressée a aussi utilisé des sorts de magie noire empêchant toute cicatrisation par des moyens magiques. Il n'y a donc pas d'autre choix que d'attendre que tout se fasse à la moldue… et vu son état, ça va prendre du temps. M'asseyant à ses côtés, je lui attrape doucement la main. Qu'elle est froide ! Pauvre Mione…

…je sorti soudain de mes pensées, ne m'étant pas rendu compte que je m'y étais perdu, en entendant la porte de l'infirmerie être de nouveau enfoncée. Du coin de l'œil, je vis Pomfresh se précipiter, prête à cracher son feu… quand elle s'arrêta, toute pâle. Aussitôt retentit un effroyable hurlement, « OÙ EST MA FILLE ?! » Maman Granger !

Et effectivement, elle se précipita droit à travers les draps tendus séparant les différents patients, les faisant tous s'embraser d'inquiétude maternelle, et se précipita au chevet de sa fille, suivie par un père non moins inquiet et à peine plus maîtrisé. A peine se fut-elle assuré qu'Hermione était bien prise en charge que, « QU'EST-CE QU'IL S'EST PASSÉ ?! » Elle se précipita sur l'infirmière pour la saisir au col et la secouer comme un prunier ! Ma parole, mais c'est qu'elle ne tient pas à la vie !

…mais il faut croire qu'un dragon n'est que bien peu fasse à une mère inquiète. Voyant maman Granger prête à tuer Pomfresh me rappela Lily, ma chère maman ! tuer ce salaud de James pour l'empêcher de me faire du mal. Un souvenir que je n'oublierai jamais.

« - Qui êtes-vous, jeune homme ? » me demanda une voix, me sortant encore de mes pensées. Décidément ! Levant les yeux, je vis papa Granger me regarder étrangement. Je baissa aussitôt les yeux pour me voir encore tenir la main d'Hermione. Oh. Je la lâcha aussitôt en comprenant quel genre de pensée lui avait traversé l'esprit, rougissant comme une victime de dragon enragé.

« - Oh, euh ! Juste un ami ! J'étais venu chez vous lui rendre visite, l'été dernier… » son regard s'illumine un instant, signe qu'il s'en souvient, mais ça ne semble pas le convaincre, car il me jette un regard torve de prédateur surprotecteur. Gloups ! Je préfère battre en retraite plutôt que d'être pris dans le champ de mine qui s'annonce.

Enjambant Pomfresh en train de se débattre contre maman Granger, « RÉPONDEeEeEZ ! KÈSKISÉPASÉ ?! », je sors de l'infirmerie. Je sens qu'il ne vaut mieux pas que je retourne voir Hermione aujourd'hui, ni même dans les prochains jours… bah, pas grave. J'attendrais qu'elle se réveille et revienne en cours.

Au repas de midi, apprendre par les rumeurs que ses parents l'avaient définitivement retirée de Poudlard et rapatriée chez les moldus me ficha un gros coup au moral. Ma dernière amie…

Je suis de nouveau seul maintenant. Encore.

Le lendemain, au petit-déjeuner, c'est fébrile que j'attends l'arrivée des journaux pour lire le résultat de l'interview que Luna a donnée à la Gazette du Sorcier… nul doute que c'est là une marque de mon masochisme, car il est certain que j'y lirai nombre d'informations décevantes. M'enfin, il faut bien souffrir dans la vie ! Surtout moi…

…encore et toujours moi…

GAZETTE DU SORCIER

édition du 2 novembre 1992

INTERVIEW DE L'HÉROÏNE

- Miss Lovegood, bonjour !

- Bonjour…

- Ma première question pour inaugurer cette interview sera, « comment se sent-on lorsque l'on est devenu une héroïne ? »

- Je suis très contente d'être encore en vie, et surtout en bon état. Je remercie mrs Pomfresh, l'infirmière de Poudlard, pour ses bons soins, et…

Blablabla ta gueule. J'ai horreur de toutes ces formules de politesse hypocrites ! Allez, la suite !

- Maintenant, une question qui intéressera nos lecteurs, sans nul doute. Quand avez-vous l'intention de révéler à quel beau mâle vous avez l'intention de vous soumettre ?

- Jamais. A aucun.

- Pardon ? Vous êtes timide mademoiselle ?

En lisant ces mots, j'ai l'impression d'entendre bêtement rire la prostipute qui demande ça. Elle a l'air si conne que j'en viendrai presque à plaindre Luna ! Si je ne la détestais pas autant ! Ces traditions arriérées, voilà quelque chose qu'il serait bien de changer…

- Vous m'avez mal comprise madame, je n'ai pas l'intention d'accepter la moindre proposition de mariage avant de nombreuses années, pas même de fiançailles.

- Mais ! C'est…

- Ce n'est pas indécent, c'est mon choix de personne libre de ne pas prendre part à ces traditions rétrogrades d'exploitation de la femme. Question suivante.

- …

- Question suivante !

J'imagine sans peine la scène, avec une Luna stoïque montrant les crocs, et une péripapétruie pâle comme la mort à l'idée que ses traditions chéries soient ainsi bafouées…

- Et… et que comptez-vous faire pour votre avenir ? A onze ans, je suppose que vous n'y avez encore pas pensé…

- Je compte terminer mes études [à Poudlard, NDLR] avant de prendre une décision définitive.

- N'avez-vous aucune idée, même vague ?

- Quelques envies pour l'instant, mais rien de certain.

- Pourriez-vous nous en faire part ? Nous sommes entre nous…

- …

Bien évidemment, Luna n'est pas assez stupide pour révéler tous ses plans… son discours face aux élèves était déjà un risque considérable, certes payant, mais tout de même démesuré. Recommencer le même plaidoyer dans le journal serait suicidaire, avec tous les politiciens corrompus et les chefs de famille privilégiés qui feraient tout pour protéger leurs pitoyables petits avoirs, y compris faire assassiner une petite fille.

Il n'y avait pas grand-chose de plus qui pouvait avoir le moindre intérêt. En dehors des questions insipides de la journvagin et des réponses prudentes et sans contenu de Luna, qui constituaient 90% du contenu de l'interview, il n'y avait que les quelques à peine intéressantes du début.

Autour de moi, les bouseux sont tous plus ou moins agités par un regain d'admiration pour Luna. Même parmi les années supérieures, presqu'aucun ne parvient à voir à travers les ruses pourtant basiques qu'elle a utilisées pour esquiver les questions, déformer ses réponses, et tout ça. Pitoyables.

Perdu dans mes pensées, je reposa mon journal devant moi pour ne plus prêter attention à rien. Je vis passer devant mes yeux des images de détraqueurs affamés, d'aurors sadiques, de rouquins traîtres…

C'est avec la certitude d'avoir raté ma seconde vie que je m'en vais, l'air las, pour regagner mon dortoir et sécher les cours.

Enfin les vacances de Noël ! C'est pas trop tôt ! J'en pouvais plus de toute cette ambiance lunaphile qui emplit le château depuis des semaines ! C'est déprimant de voir toute cette médiocrité où que l'on soit ! Plein de filles se sont teint les cheveux en blond juste pour lui ressembler, les garçons surnommes leurs copines « lune » pour leur faire plaisir, ce qui fonctionne pour une raison incompréhensible à tout cerveau civilisé… et bien sûr, la principale responsable de tout ce foutoir ne fait rien pour empêcher ça ! C'est même le contraire, elle l'encourage autant que possible ! Nul doute qu'elle est en train de fomenter une nouvelle étape de ses plans de traîtresse…

J'ai envie de tout arrêter, j'en ai marre… marre de me battre pour sauver tous ces imbéciles, marre de souffrir pour une cause que je suis bien le seul à défendre sincèrement… qu'ils crèvent donc tous aux mains de Luna, puisque c'est ce qu'ils veulent !

Mais je ne peux pas disparaître comme ça, ce serait trop simple. Il faut que j'efface mes traces, surtout auprès de Luna qui en connaît beaucoup trop. Même les ruines de Pôdlad ne sont plus un endroit sûr, c'est pour dire ! Imaginez, maintenant qu'elle n'est plus à ma botte elle pourrait décider de révéler l'existence de la cité à n'importe qui ! Même si je trouve que ça serait stupide de sa part, la cité et le dôme de magie faisant une cachette merveilleuse, il ne faut pas négliger la moindre possibilité. Qui sait ce qui pourrait passer dans son esprit complètement fou !

Le pire dans tout ça, c'est que je comprends pourquoi Luna m'a trahi. Ces derniers temps, je sentais qu'elle n'était pas contente de moi, sans oser le dire. Il semblerait qu'elle ait perdu confiance en mes capacités, à force de me voir rater, être dupé, rater, être pris pour un con, rater… donner des idées foireuses… rater…

J'ai envie de tout arrêter, et simplement me ménager une petite vie tranquille sur une île perdue au milieu de rien…

Hum… effacer mes traces, ça me fait penser que je pourrais utiliser ma mafia pour organiser mon départ, puis tous leur ordonner de se suicider. À part le Second, tous sont totalement soumis à ma volonté, ils seraient honorés que je les génocide après les avoir forcés à violer, torturer et bouffer leurs enfants, c'est dire.

Mouais, c'est plutôt pas trop mauvais comme idée. Je vais faire ça.

Quelques heures après, j'avais pris contact avec mes esclaves pour leur annoncer à l'improviste que « le chef » viendrait les voir en personne. Ils avaient pour mission de me trouver un endroit aussi discret et sûr que possible pour cette rencontre, ce qui fut vite fait avec le nettoyage d'une famille moldue vivant dans un coin paumé, sur une petite île perdue de la côte irlandaise.

Tous les faire crever ne devrait pas être trop dur, en revanche, il faut que je prenne garde à ce qu'il ne reste pas la moindre trace qui pourrait me compromettre de quelque manière que ce soit. La première mesure sera de soumettre le Second à ma volonté en l'impériumant aussi fort que possible pour lui détruire l'esprit et le forcer à me révéler jusqu'au dernier de ses petits secrets.

« - SOLDATS ! Gaaaaaaarde à vous ! » C'est bien, ta gueule lieutenant soumis. Pfff, ces idiots sont de si bons toutous qu'ils ont même organisé une petite fête pour m'accueillir… quel gâchis ! Je veux de l'efficacité moi ! Faudra que je leur dise de s'auto-torturer avant leur suicide collectif accidentel…

Entourés de toutes parts par mes sbires au garde-à-vous, j'entre dans la principale pièce où tout ce petit monde m'attendait fébrilement. Ça fait du bien d'être le maître incontesté de quelque chose. S'ils savaient qu'aucun n'allait survivre à cette journée… face à moi se trouvait le second, qui m'attendait tremblotant. Comme d'habitude.

C'est alors que je m'apprêtais à ordonner un mignon petit « saisissez-le » à mes impériumés que je l'entendis souffler un « Harry ?! » ahuri, et un bruit de tissus froissés m'indiqua qu'il avait vivement abaissé sa capuche. Me retournant curieusement, je devint à mon tour un poisson en le reconnaissant.

« - Peter ?! »

Et oui, depuis le début, « le second » est en fait Peter Pettigrow… héhéhé… personne n'avait deviné ! Comme quoi, j'arrive quand même à cacher des choses ^^ N'oubliez pas que jusqu'à présent, Harry ne s'est montré à lui que soit sous des fausses identités, soit en se cachant… et Peter est toujours resté dissimulé aussi, Harry ne cherchant pas à savoir de qui il s'agissait du moment qu'il se montrait obéissant.

Harry fait une petite dépression, il ne s'attendait pas du tout à la trahison de Luna et ça l'a ébranlé. A votre avis, que va-t-il se passer par la suite ? Va-t-il reprendre confiance ? ^^

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