NVJM, rédigé 21, 22 et 23/2/2018, publié 23/2/2018
Harry Potter et l'histoire inachevée
Chapitre 58 : Peter
C'est alors que je m'apprêtais à ordonner un mignon petit « saisissez-le » à mes impériumés que j'entendis le Second souffler un « Harry ?! » ahuri, et un bruit de tissus froissés m'indiqua qu'il avait vivement abaissé sa capuche. Me retournant curieusement, je devins à mon tour un poisson en le reconnaissant.
« - Peter ?! »
« - Mais qu'est-ce que tu fais là Harry ?! » me demanda-t-il en approchant, ahuri. Il s'arrêta soudain, retenu par les mains prudentes de mes esclaves. Prudence et paranoïa ! Est-ce bien Peter ? Ou un espion ? Un fidèle ou un traître ? Pour le savoir, il n'y a qu'une seule et unique chose à faire…
« - Jure-moi que tu es bien Peter Pettigrow avec un serment magique, et… en me révélant ce qu'il s'est passé le jour de ma naissance. » Bien qu'étonné par cette demande, il obtempéra aussitôt.
« - Moi, Peter Tyler Pettigrow, je jure sur ma vie, ma magie et tout ce qu'il est possible, que je suis, ait été et serait toujours fidèle à Lily Potter et tous ceux qui partagent sa cause ! Ainsi soit-il ! » Son corps tout entier s'illumina quelques instants, signe que sa magie répondait et validait le serment. « Moi, Peter Tyler Pettigrow, je jure sur ma vie, ma magie et tout ce qu'il est possible, que je suis bel et bien le Peter Tyler Pettigrow qui, le trente-et-un juillet 1981, suis revenu d'une réunion de mangemorts où Lily Potter m'avait envoyé en tant qu'espion révéler une fausse prophétie au seigneur des ténèbres Lord Voldemort. J'ajoute que je suis bien celui qui, le même soir, revenant faire mon rapport dans la maison du petit village de Godric's Hollow où vivait celle que j'aimais, l'ait aidée à vivre son soudain accouchement en mettant au monde son fils Harry, qui se tient ce soir devant moi… ainsi soit-il ! » La lueur s'évanouit après un ultime flash, preuve que le serment était valable.
Je me détendis aussitôt, rassuré, mais ne fit pas pour autant signe à mes sbires de le lâcher. « Pourquoi as-tu dit « celle que tu aimais » ? »
« - Elle est morte… » dit-il l'air si misérable que j'eu presque envie de le prendre entre mes bras. Je me retins juste à temps en me souvenant que c'était un interrogatoire que je menais, et pas une discussion entre de vieux amis.
Il versa une larme et faillit commencer à pleurer, quand je lui lança, « elle est vivante. » Il se redressa soudain, stupéfait.
« - Vivante ?! Comment ça ?! Comment est-ce possible ?! Tous les journaux ont dit qu'elle était morte pendant l'assaut ! »
« - Elle a survécu… même s'il aurait mieux valu pour elle de mourir, vu son état. Elle est internée à vie à Sainte-Mangouste. Dans la section des affections magiques incurables. Un sort noir de Voldemort. » Peter se décomposa au fur et à mesure que je parlai, à tel point qu'à la fin, je cru qu'il s'était transformé en rat tant il avait l'air misérable.
Son regard se réillumina soudain, et je revis apparaître le Second, le mafieux redoutable. A des yeux humides près.
« - Mais… Harry, comment est-il possible que tu te souviennes de moi ? Tu étais encore tout petit quand je suis venu à Godric's Hollow pour la dernière fois. Bien trop petit pour avoir souvenir de moi. » Mince ! C'est qu'il est pas con ! Une excuse, vite !
« - Hem… Hagrid m'a donné un album de photos où tu figures aux côtés de mes parents. Il m'a raconté plein de choses à ton sujet. Et grâce à l'occlumancie, j'ai des souvenirs qui sont remontés, avec quelques images de toi… » excuse valable. Heureusement qu'Hagrid m'a vraiment donné un album !
Cet argument semble le convaincre suffisamment, car il passe à la suite sans montrer signe de méfiance. « Mais… comment sais-tu que Lily est à l'hôpital ? Et comment as-tu fait pour devenir ainsi le chef d'une mafia ? C'est ta famille d'adoption ? S'ils t'ont fait du mal, ils vont entendre parler de moi ! »
J'aurai fondu d'affection pour ce père de substitution si je n'avais pas soudain senti mes tripes se tordre dans tous les sens. Je du me retenir de toutes mes forces pour empêcher ma vessie de tomber par terre de terreur. Maman ! Comment ais-je pu penser à m'enfuir sans songer à elle ?! Honte à moi !
Qui dit maman à l'hôpital dit maman à portée de tous mes ennemis ! Et Luna, cette maudite traîtresse, sait que ma petite maman-chérie est à portée de ses plans diaboliques ! Vous imaginez si elle venait à tenter de l'utiliser contre moi ?! Comment pourrais-je faire pour ne pas me soumettre à la volonté de cette folle ?! Ce serait impossible que je ne vole pas au secours de maman-chérie ! Mais je ne pourrais rien faire…
« - Changement général de plan ! Second Peter Pettigrow ! » Il se redressa aussitôt en entendant la voix de celui qui l'avait tant fait trembler, à moitié tremblotant et à moitié ahuri que ce puisse être son quasi-neveu qui en soit la source.
« - Chef, oui chef ! »
« - Vous êtes promu au rang de lieutenant en chef ! Réunissez tous nos membres médecins, infirmiers, et tous les corps de métier travaillant dans ces domaines ! Vous allez me dénicher l'endroit le plus sûr et discret qui soit, une maison à la campagne dans l'endroit le plus paumé possible et imaginable ! Vous ferez aménager cette bâtisse en forteresse imprenable, et y aménagerez une unité médicale aussi complète que possible pour que nous puissions y loger Dame Lily Potter et prendre aussi bon soin d'elle qu'il est nécessaire ! EXÉCUTION ! »
« - Chef, oui chef ! »
Et ainsi fut fait. Ma mafia comptant nombre de corps de métier et ma fortune très honnêtement acquise aidant, mes notaires me trouvèrent et m'achetèrent une ruine qui fut rénovée en trois jours top chrono par mes maçons, plombiers, couvreurs, électriciens et j'en passe. L'acquisition nocturne de matériaux de construction aidant.
Un commando avec Peter à sa tête fut entraîné, alors que les plans de Sainte-Mangouste étaient discrètement volés chez un employé quelconque du ministère. Une entrée fut trouvée, la chambre de maman repérée par de nombreuses visites incognito de plusieurs de mes pions allant voir des parents imaginaires, et enfin, une nuit…
Une fenêtre fut ouverte par une infirmière infiltrée, en fait la première abrutie venue que j'avais mise sous impérium, et Peter entra avec ses complices. Le cœur fébrile, il débrancha les divers appareils magiques prenant soin de maman et la souleva tendrement dans ses bras alors que les autres emportaient tout le matériel médical possible. Moins d'une minute plus tard, ils étaient repartis comme ils étaient venus, et pour un visiteur lambda, rie n'aurait pu indiquer que Lily Potter avait un jour séjourné dans cette chambre d'hôpital.
Arrivée à destination après les quelques minutes qui prirent les transplanages et portoloins successifs utilisés pour égarer de potentiels emmerdeurs, maman fut aussitôt rebranchée, confortablement installée sur le lit le plus douillet que j'avais pu vol… acheter, prise en charge par une équipe complète de plus de cinquante médecins, infirmières, médicomages, spécialistes et j'en passe, moldus et sorciers mêlés, soit des dizaines d'abrutis que j'avais été visiter discrètement pour les impériumer, leur détruire l'esprit de toutes mes forces et en faire des esclaves dévoués à tout jamais à prendre soin de maman.
Dès que le sauvetage fut accompli et toutes les traces possibles et imaginables effacées, j'envoya un courrier à Sainte-Mangouste leur annonçant que « Lily Potter avait été retirée de leurs soins irresponsables par son fils aimant, et placée sous la surveillance intensive de soignants plus expérimentés et capables. » Et ce n'était pas faux, car j'avais séquest… recruté les meilleurs médecins de tout le Royaume-Uni, moldus comme magiques.
...
« - Comment va-t-elle ? » me demanda Peter en s'asseyant à mes côtés. J'étais assis sur une chaise, veillant sur maman avec affection, lui tenant sa maigre main… si froide !
« - Les médecins sont parvenus à la stabiliser. Ils disent que ça pourrait s'améliorer lentement, et ils commencent des recherches pour tenter de la guérir. Selon eux, son état n'a fait que se dégrader ces dernières années, comme si elle avait été négligée… » une soudaine crispation des mains de mon Second me fit comprendre que les soignants responsables de ce problème n'allaient pas vivre très longtemps. « Accordé, » dis-je, « mais garde-moi des photos et des souvenirs, que je puisse savourer leur souffrance. »
« - Pas de problème. Ce sera fait. » Le silence revint quelques instants, alors que des infirmiers allaient et venaient pour préparer tout ce qui pouvait être utile à maman. « Dis-moi Harry… comment as-tu fait… tout ça ? Comment ? » Question légitime.
« - Je suppose que ça ne sert plus à rien de le cacher, désormais. » Levant les yeux vers lui, je prépara vite fait un semi-mensonge. C'est qu'il n'est pas encore question de parler de l'époque de Pôdlad à qui que ce soit ! « Je suis un surdoué. Pendant que maman, l'autre imbécile et moi étions coincés sous le fidélitas de Godric's Hollow, elle a découvert que je parlais et comprenais bien des choses beaucoup plus jeune que la normale. Alors elle m'a appris énormément de choses pour occuper ses tristes journées de femme battue. »
« - Femme battue ?! » s'étrangla Peter.
« - Oui, James était un alcoolique violent. »
« - Si Tu-sais-qui ne l'avait pas tué, je… ! »
« - C'est maman qui l'a tué. »
« - Hein ?! »
« - Le soir d'Halloween, il avait encore une fois trop picolé. Il s'est emporté contre moi et a essayé de me faire du mal. Maman a vu rouge elle aussi. Et quand elle a compris qu'elle ne parviendrait pas à me prendre dans ses bras avant que lui n'arrive à moi, elle lui a jeté un sort. Un avada. Si puissant qu'il lui a transpercé le ventre. »
« - Alors Tu-sais-qui … ? »
« - Il n'est pas responsable de cette mort-là. Pour une fois. »
« - Mais comment Lily pouvait-elle connaître le sort de mort ?! Elle qui était si douce ! »
« - Tu l'ignores visiblement, mais aussi dur à croire ce soit, elle était passionnée de magie noire. »
« - HEIN ?! »
« - Tu m'as bien entendu. Elle la voyait de façon bien plus rationnelle que le premier couillon venu. Elle ne prêtait pas la moindre foi aux clichés et autres légendes urbaines comme quoi c'était ma magie du mal. En fait, elle voulait mener des recherches pour réellement la comprendre et en vaincre les mauvais effets, comme par exemple l'addiction gagnant ses pratiquants. »
» Après cela, j'ai été recueilli à Poudlard, où Pomfresh s'est occupée de moi le temps que Dumbledore décide quoi faire de moi. Finalement, j'ai été envoyé chez Pétunia, la sœur de maman. »
« - Chez cette… cette… merde ?! Il a osé t'envoyer là-bas ?! »
« - En effet. Mais rassure-toi ! » Il se rassit, se rendant soudain compte qu'il s'était un peu trop emporté. « Ils ne m'ont jamais posé le moindre problème. Quand je te disais que maman s'intéressait à la magie noire et voulait en vaincre les plus mauvais côtés, elle avait déjà commencé. En fait, elle a réussi à recréer certains sorts sans leurs problèmes. Un en particulier, dont tu as pu voir les effets de première main. »
« - …quand même pas… l'impérium ? »
« - En effet. Tu as devant toi un gamin qui est probablement le plus grand virtuose de tous les temps en ce sort. Sans vouloir me vanter. »
Il resta coi un long moment, la bouche grande ouverte, semblant avoir bien du mal à y croire. Mais tout ce qu'il avait vu ces dernières années, la façon dont j'avais détruit l'esprit de tous ces gens nous entourant sous les coups de ma volonté supérieure, tout ça ne pouvait que le convaincre que je disais vrai. Et en effet, il ne lui fallu pas très longtemps. « C'est incroyable ! Ce talent, c'est juste… inouï ! Tout ce que tu vas pouvoir faire avec ça ! Si seulement Lily avait eu ce pouvoir à disposition avant ta naissance, le monde serait tellement différent désormais ! »
« - Bonne remarque, tiens ! Qu'est-ce que vous comptiez faire, justement ? Cette histoire de prophétie… »
« - Oh, ça… comme tu le sais, la guerre contre Tu-sais-qui opposait réellement deux camps, Lui face à Dumbledore et l'Ordre du Phénix. Mais du point de vue de Lily, certes l'Ordre valait mieux que les mangemorts, le ministère valait mieux qu'un seigneur des ténèbres, mais ce n'était rien de plus qu'un désastre attendant un coup de chaud pour entrer en ébullition et déborder, faisant jaillir encore et encore un, deux, trois mages noirs, et plus encore, indéfiniment. Elle pensait qu'il fallait une réforme colossale du monde magique, mais a très vite compris que rien ne pourrait être fait en ce sens tant que les pontes de ce système possédaient encore de la crédibilité aux yeux du peuple. Notamment… »
« - Dumbledore. Avec sa lutte bien plus efficace que celle du ministère, il avait et a encore énormément de crédibilité. C'est ça ? »
« - Exactement. Lily a donc monté tout un plan pour le tourner en ridicule et lui faire perdre toute vraisemblance. Elle a créé de toutes pièces une prophétie racontant la venue d'un soi-disant élu qui aurait un pouvoir capable de vaincre Tu-sais-qui. Un ramassis de bêtises ahurissant, et pourtant formulé en mots suffisamment alambiqués pour faire croire à une véritable prophétie. Elle a profité que Poudlard était en recherche d'un professeur de divination pour prendre l'apparence d'une voyante foldingue, Sibylle Trelawney, et se porter candidate.
» Convoquée par Dumbledore dans une vieille taverne miteuse, elle l'a reçu dans la chambre qu'elle a louée pour l'occasion. Là, pour faire croire qu'elle entrait en une transe prophétique, elle a prit une drogue légère, juste de quoi exorbiter ses yeux et dilater ses pupilles, rien de grave… du moins le pensait-on. En fait, force est de croire que ça a provoqué de force l'accouchement. Tu étais censé naître en septembre. Pas le soir même. Ça a un peu fait paniquer Lily, qui ne s'y attendait vraiment pas. C'était comme si sa fausse prophétie était devenue vraie et s'accomplissait soudain. »
« - Mais comment Voldemort a-t-il su ? Je veux dire, pour la prophétie. C'est toi, c'est ça ? »
« - En effet. Le plan de Lily prévoyait qu'en même temps qu'elle la révélait au vieux, je faisais de même. Cela faisait maintenant plusieurs mois qu'elle m'avait demandé de jouer le rôle d'espion. Avec toutes les choses horribles qui allaient avec. Crois-le bien, ça a été dur à faire en sachant que ce faisant, je mettais ta mère en danger. »
« - Mais comment avez-vous fait pour que Voldemort ne parvienne pas à investir tes pensées et repérer que c'était un mensonge ? Il est pourtant l'un des meilleurs occlumanciens de tous les temps ! »
« - Lily a mit au point un système runique qui pouvait s'implanter dans la tête comme on le ferait pour un souvenir (I). En y mettant un maximum de puissance, ça a créé un faux souvenir empli de certitude, de sincérité, etcetera, et il faut croire que ça a fonctionné. » Hum, ça ne semble pas être un mensonge. Je me souviens que juste avant ma naissance, alors que mon fantôme d'âme errait dans Godric's Hollow, quand j'ai surpris la conversation entre maman et Peter, ils avaient parlé de ça, un système de runes, une fausse prophétie…
« - Je te crois, » dis-je en espérant que je ne commettais pas une erreur. Bien que cette fois-ci, les serments prêtés avaient largement de quoi paraître à l'épreuve de toute trahison. Pas comme avec cette MAUDITE SALOPE ! de Luna.
« - Et de ton côté Harry, que comptes-tu faire désormais ? D'ailleurs, pourquoi nous as-tu tous convoqués ? » Je rougis de honte en entendant ça. J'avais complètement oublié ! D'autant plus que maintenant… est-ce que je peux vraiment toujours me permettre de tous les tuer, Peter inclut, juste pour m'enfuir comme un lâche, ou bien rester ici à prendre soin de maman ? C'est que je leur suis sacrément redevable à tous ces esclaves, avec ce qu'ils ont fait ces derniers jours…
« - Je ne sais pas vraiment quoi faire… » et je lui raconta la façon dont les évènements s'étaient déroulés ces dernières années, avec mes échecs et erreurs constants, mon manque de chance, la confiance portée en Luna et l'ignoble façon dont elle m'avait trahi…
« - Il ne faut pas abandonner Harry ! Ressaisis-toi, non d'un rat ! Crois-tu que Lily aurait abandonné pour si peu ? Elle a été confrontée à bien pire ! Tu t'imagines être enfermé des mois durant avec un mari violent, comme ça a dû être dur pour elle ? » Le pire, c'est qu'il a raison le bougre.
« - Mais qu'est-ce que je peux faire à ton avis ? Tout ce que j'ai établi jusqu'à présent, elle va pouvoir en profiter pour elle seule ! Hormis la mafia, sur qui elle n'a pas le moindre pouvoir, mais qu'elle connaît toutefois, et qu'elle va sûrement chercher à détruire ou à contrôler par quelque moyen que ce soit ! »
« - Ce n'est pas une raison pour abandonner ! Il faut tout réorganiser, mobiliser tous les hommes, en impériumer d'autres, recruter des spécialistes, leur faire suivre tout un entraînement, établir des plans meilleurs que ceux que tu as fait jusqu'à présent ! Harry, est-ce que tu me fais confiance ? »
« - Hum… vu les serments que tu as passé, je suppose que oui… »
« - Alors donne-moi carte blanche ! Depuis le temps, je connais les réseaux du crime ! Avec des moyens financiers suffisants et des sbires bien entraînés, je t'offre le contrôle entier de tout ce qui est illégal en Grande-Bretagne avant un délai de deux mois ! Je noue des alliances en ton nom, réel ou faux, nous faisons assa… avoir des accidents à tous nos opposants, et l'air de rien tu auras un contrôle total sur une force impossible à négliger ! »
« - Eh bien, si tu penses pouvoir faire quelque chose, alors va ! Mais je n'hésiterais pas à poser mon véto à tout instant si ça s'avère nécessaire. Et je n'aurai aucun problème à te forcer à accomplir des choses que tu réprouveras peut-être si je les pense nécessaires. Te voilà prévenu. »
« - Chef, OUI CHEF ! À vos ordres ! » Et il s'en alla en souriant.
Restant sur ma chaise, je souris discrètement. L'Holomagus n'est pas terminé. En fait… il ne fait que commencer.
…
Une semaine passa, et la une de la Gazette parla à peine de la dizaine d'assassinats… d'accidents accidentellement accidentels qui provoquèrent le décès de maintes personnes pourtant bien en vue. Les aléas de la vie, sans nul doute.
« - Harry, si tu veux te révéler un peu dans la vie politique… »
« - Ça ne me plaît pas, mais il n'y a plus vraiment le choix maintenant, j'y suis forcé. Donc, tu disais ? »
« - Si tu veux te révéler dans la vie politique, il est capital que tu sois émancipé. Car il y a quelque chose qui m'inquiète… après l'attaque de Tu-sais-qui sur Godric's Hollow, la mort de James, l'hospitalisation de Lily et l'emprisonnement de Sirius, c'est Dumbledore qui a eu tous pouvoirs sur toi. Pour autant que je sache, le ministère n'a rien fait te concernant. Qu'il ait eu un temps de retard, j'aurai pu le comprendre, mais qu'il n'ait absolument rien fait, ça m'étonne. Je me questionne donc sur la possibilité que le vioque soit actuellement ton tuteur légal, sans que tu ne le saches. » Réfléchissant à ces remarques, force est de remarquer qu'il a raison. C'est une possibilité envisageable qu'il faut absolument prendre en compte.
« - Mais comment penses-tu qu'il soit possible de m'émanciper ? Si j'en fait la demande au ministère, ça prendra des semaines, des mois, peut-être des années ! Sans compter que Dumby l'apprendra sans aucun doute grâce à toutes ses relations, et qu'il s'y opposera. »
« - Je sais, mais je ne vois pas vraiment d'autre possibilité… »
« - Hep ! » m'exclamai-je soudain alors qu'une idée me venait. Le ministère ne voudra pas, certes, mais… qui a dit que je devais me fier à lui ? Avant, il y a eu un pouvoir bien plus grand et intéressant, un pouvoir à vocation universelle, là où le ministère ne prétend étendre son pouvoir que sur les sorciers. A bien des yeux, le pouvoir de l'Union magique vaut bien plus que celui d'un cercle de vieilles familles corrompues. Même si l'Union n'existe plus, se prétendre d'elle et en ramener le souvenir pourrait m'apporter des soutiens non négligeables, surtout envers… héhéhé… « Peter, fait préparer une escorte de deux gardes du corps et tous mes notaires, avocats, juristes et tout ce qui est possible qui soit spécialisé en juridisme magique. »
« - Que veux-tu faire ? »
« - Rendre une petite visite au pouvoir le plus légitime que nous pouvons contacter. Les Gobelins. »
…
Entrant en grande pompe dans Gringotts dès l'ouverture de la banque, je fis claquer les portes et m'avança droit vers le plus lointain guichet ouvert. Et le plus central aussi.
Tous les regards soudain pointants sur moi, je vis avec satisfaction qu'il n'y avait encore aucun client, uniquement les quelques premiers guichetiers qui s'installaient et les équipes chargées du ménages qui œuvraient encore.
« - Bonjour monsieur, » me dit le premier glandu à douze canines venu. « Que puis-je faire pour vous être agréable ? »
« - Salutation, ami Fidèle, » répondis-je sans un sourire, froid comme un glaçon. Il sursauta imperceptiblement. Et voilà, la partie est déjà à moitié gagnée, j'ai toute son attention. « Je souhaite voir le directeur de la banque. Je suis Harry James Potter, et je me réclame de plein droit membre de la glorieuse union magique. En tant que tel viens demander mon émancipation. »
« - Veuillez me suivre ! » s'étrangla le gobelin, puis en interpellant un autre, « allez prévenir le seigneur Ragnok ! »
Il ne fallu pas longtemps pour que nous gagnions une magnifique grande salle, démesurée. Occupée à l'opposée de la porte par un unique bureau de chêne massif, le gobelin occupant le trône situé derrière semblait insignifiant, même malgré son armure dorée semblable en tous points à celles de l'Union. Mais ce qui heurtait le plus le regard, c'était l'immense, le démesuré, le gigantesque portrait derrière lui, qui occupait tout un pan de mur. « Messieurs ! » ordonnai-je à mes esclaves en m'arrêtant pour faire tomber mon petit chapeau melon. « Veuillez vous découvrir pour saluer le glorieux Père Créateur, messieurs ! » Et baissant la tête, je remercia sincèrement la gloire de ce si Grand (II).
« - Salut à vous, seigneur Ragnok ! » dis-je en m'avançant dignement face au gobelin. « Puisse la fidélité être récompensée ! »
« - Salut à vous, monsieur Potter, » répondit-il machinalement, ahuri, la bouche grande ouverte. Il ne s'attendait visiblement pas à un tel spectacle ! Un sorcier qui se souvient du temps passé, c'est déjà incroyable, et qui en plus s'en réclame ! Du jamais vu depuis bien des siècles !
La suite des évènements ne fut rien de plus qu'une formalité qu'il est inutile de vous relater. Je pourrais bien sûr m'étendre sur toute la durée de cette petite réunion, mais il n'y a rien eu de particulier. Ponctuant sans cesse mes phrases de mots de fidélité à l'Union, faisant d'innombrables références à cette époque, parlant comme si de rien n'était de choses et d'autres qu'aucun sorcier n'est censé connaître, le seigneur Ragnok n'eut aucune hésitation à accéder à ma demande d'émancipation, et une copie conforme de la paperasse de l'époque apparu bientôt devant moi, dûment remplie et signée. Après tout, les gobelins sont les héritiers du Conseil de la Magie de l'Union, et leur roi en est le chef…
Harry Potter est maintenant émancipé ! Et désormais, peu importe que le ministère ne le reconnaisse pas, son autorité ne vaut rien à mes yeux.
Je pensais repartir tranquillement, le saluant poliment, quand… « au revoir Seigneur Ragnok, soyez remercié pour votre générosité. Puisse votre or prospérer éternellement. »
« - Encore une chose monsieur Potter… »
« - Oui ? »
« - A propos du testament de Lord Sirius Black… »
…
« - Harry, » me dit Peter, « il faut qu'on prévoie dès maintenant ce que nous devons faire à propos de Sirius. Le testament révélé par les gobelins te déclare son héritier en cas de décès ou d'incapacité de James et Lily, mais… »
« - Fait-le éliminer. »
« - …tu en es sur ? C'était un bon ami tu sais, il pourrait… »
« - Ce n'était qu'un alcoolique, un imbécile, un déchet ! C'est le genre de type à allaiter un bébé à coup de bière ! Même s'il n'avait pas été emprisonné, je m'en serais débarrassé. Il tenait déjà plus de la loque que d'autre chose avant, alors après tout le temps qu'il a passé à Azkaban ! Il ne vaut plus rien. Introduis là-bas un de nos pions sacrifiable de n'importe quelle façon, et fait-le exécuter l'autre imbécile. Exécution ! »
Deux jours plus tard, la rubrique nécrologique de la Gazette du Sorcier annonça dans l'indifférence générale la mort de Lord Sirius Black, tué lors d'une bagarre avec un prisonnier qui avait malencontreusement été enfermé dans la même cellule que lui.
La fusion des nobles et anciennes familles Potter et Black sous l'égide de leur héritier commun, Lord Harry Potter-Black, ne fut qu'une anecdote de plus.
…
« - Maintenant que ça c'est fait, nous devons nous occuper de ton apparence. »
« - Comment ça ? »
« - Voyons Harry, est-ce que tu t'es regardé ? Tu n'as aucun charisme ! On dirait une serpillère ! »
« - Merci, c'est gentil… »
« - De rien. Plus sérieusement, ne te méprends pas sur mes propos. Je ne veux pas dire que tu es une loque, je n'oserais pas. Je veux dire que la façon dont tu t'habilles et te mets en valeur est vraiment désastreuse ! Si tu veux attirer les regards pour être suivi par une masse soutenant tes idées, il faut avoir du charisme ! Et ça passe par une attention toute particulière portée à tes vêtements. Plus question désormais que tu retournes à Poudlard avec leur vieil uniforme tout pourri ! »
« - Mais le règlement oblige à le porter, je n'y peux rien ! »
« - Allons Harry, depuis quand te plies-tu aux règlements ? Peux-tu justement me rappeler la partie à propos de l'uniforme ? »
« - Euh… je crois que… ça dit que l'uniforme doit respecter les caractéristiques établies par le règlement, qui sont la propreté, la décence, la pudeur, le blason de Poudlard, l'écusson et les couleurs de la maison… »
« - En effet ! Sauf qu'à aucun moment il n'est dit qu'il faut porter un uniforme. Du moment que tu respectes les caractéristiques, tu pourrais même venir habillé en tutu rose ! » Je failli aussitôt m'étouffer dans ma salive.
« - Hey ! Ça va pas non ?! Jamais je ne ferai une telle chose ! Même chez les filles c'est d'une laideur atroce, alors chez un garçon ! Je n'ose même pas imaginer ! » Brrr !
« - Je ne parlais pas de ça, rassure-toi. Mais désormais, tu vas devoir porter des vêtements bien plus seyants ! Nous allons recruter des couturières, et elles te confectionneront un uniforme à mi-chemin de l'écolier et du militaire. Et je compte sur toi pour être digne de le porter ! Tu devras désormais toujours veiller à te tenir droit et digne ! Plus question de t'affaler dans un fauteuil de la salle commune de Gryffondor ! »
« - …je suis à Poufsouffle. »
Le pauvre Peter mit plusieures heures à s'en remettre.
…
Début janvier vint enfin, et avec lui la rentrée prochaine. Comme prévu, mes esclaves-couturières me confectionnèrent en un temps record un superbe costume militaire. Sans chichis, fait d'un tissu plutôt raide, mais rendant remarquablement bien, il rehaussait effectivement ma future prestance naturelle.
BAM ! Arrivant exprès en retard au festin de la rentrée, alors que tout était déjà commencé, je fis claquer les grandes portes, attirant tous les regards sur moi ! Le silence se fit, lourd et pesant. Un pas botté claqua au sol, et j'avança dans la lumière pour révéler mon uniforme nettement plus militaire que tous les débraillés qui m'entouraient. Une chemise d'un blanc immaculé mettant en valeur mes muscles naissants, une veste de velours noire cousue de nombre de boutons et de galons, un pantalon de même tissu et teinte moulant au corps, de larges bottes noire montant presque jusqu'aux genoux… et partout, de fines coutures de fils d'argent dessinant milles et une arabesques, discrètes et pourtant clairement visibles, mettant le tout en généreuse valeur, mon haut col garni à en déborder de ce colifichet pompeux, des feuilles de chêne magnifiquement représentées entourant le tout.
Pendant ce temps, profitant de la diversion, certains de mes sbires faisaient discrètement disparaître un bout de vitrail, et s'introduisirent dans la grande salle pour aussitôt effacer toute trace de leur forfait, et se dépêchèrent d'aller se perdre derrière le plafond magique. Personne ne pourrait les voir ainsi ! Ils attendraient que la nuit tombe et que tout le monde soit couché pour dépoussiérer un peu l'endroit et y établir une petite base avancée. Ainsi, si j'avais besoin à l'improviste d'assassiner quelqu'un, ou bien de m'enfuir sait-on jamais, ils seraient là prêts à se sacrifier pour moi.
Avançant tranquillement dans l'allée centrale, l'air de rien, je regarda en souriant le vieux Dumbledore. C'était bien sûr un rictus sadique plus qu'autre chose, et totalement forcé. En vérité, mes tripes se tordaient dans tous les sens, et je n'avais qu'une envie, c'était de me précipiter aux chiottes pour vomir toute mon angoisse. Fort heureusement, tout avait été prévu et j'étais complètement bourré à la potion anti-gerbe.
Gagnant ma place, je m'y installa dignement et commença à me servir à manger, puis sortit ma baguette et jeta au vu et au su de tous toutes sortes de sorts pour m'assurer que rien n'avait été versé dans la nourriture. Plusieurs des elfes de Poudlard seront bientôt placés sous mes impériums, voire tous si je le peux, je n'aurai donc rien à craindre, mais mieux vaut tout de même faire attention. Et je commença à manger tranquillement, alors que les conversations revenaient sur un tout nouveau sujet…
Du coin de l'œil, je vis Luna froncer les sourcils. Héhéhé, nul doute que cette traîtresse a une alerte qui résonne dans sa tête ! Et elle a bien raison !
Harry Potter est de retour !
…
À suivre…
Quelques commentaires ? Vous êtes plus de cent à avoir cette fic en favoris, mais presque personne ne commente… pauvre petit auteur maltraité… (Imaginez un regard de taré battu…)
I. Pour tous les détails concernant Lily et sa conspiration, voyez au chapitre seize. Eh oui, tout est prévu depuis le début ! ^^
II. Pour rappel, le terme « remercier » est ici utilisé dans le même sens que « prier ». Il s'agit de remercier les grandes figures du passé pour leur gloire et tous les bienfaits apportés. Rappelez-vous aussi que les gobelins honorent le Père Créateur tel un dieu.
