NVJM, rédigé 12 et 13/4/2018, publié 13/4/2018.

Harry Potter et l'histoire inachevée

Chapitre 65 : Le tournoi des sangs

« - Soyez le bienvenu, monsieur Potter ! »

« - Soyez la bienvenue, dame Luna ! »

Entendant ça, je jeta un regard de glace à Luna, tout comme moi en train de monter les marches du château. Face à nous se tenait la quasi-totalité des élèves, masse consciencieusement divisée en deux groupes strictement distincts. On aurait pu croire qu'ils se tenaient séparés pour nous laisser une allée centrale nous permettant de dignement gagner la grande-salle, mais il n'en était rien. Il suffisait de voir les uniformes différents entre les deux, les regards hostiles et les poings fermés pour s'en convaincre.

Pour la première fois de son Histoire, l'institut de Poudlard était divisé par delà les maisons.

« Comme quoi, même des bouseux peuvent acquérir un semblant de conscience politique », pensais-je en souriant mentalement. « Merci pour ce magnifique accueil », dis-je tout sourire aux miens en m'approchant de Susan, ma fidèle lieutenante, pour lui serrer la main. À côté, Luna fit de même pour les siens, Johannah et Carl, saluant l'une dignement d'une courte révérence dévoilant son généreux décolleté, et faisant un bisou sur la joue du second, faisant râler d'excitation et de jalousie nombre des mâles des deux groupes.

D'ailleurs… gagnant finalement la grande-salle pour la cérémonie de répartition, je me pencha à l'oreille de Susan pour lui demander, « C'est une impression ou nous avons perdu des garçons et gagné des filles, dans notre groupe ? » Elle me répondit après avoir jeté un regard farouchement hostile au dos de Luna.

« - Malheureusement, le comportement de gourgandine de l'autre, là, a attiré les plus puceaux d'entre eux… il paraît qu'elle a organisé plusieures sorties de groupe durant l'été. Il faudra qu'on réfléchisse à comment y réagir, quand on pourra discuter tranquillement… et il y a aussi les indécis qui sont de moins en moins nombreux… » brave Susan, toujours là pour être sérieuse !

Alors que Luna prenait tout son temps pour faire un bisou à chacun de ses camarades masculin, semblant s'exhiber un peu plus à chaque instant, et alors que McGonagall la pincée ses lèvres, je m'installa à ma place, précisément au milieu des miens, qui s'empressèrent de monopoliser les deux tables à droite de l'entrée, celles de Serdaigle et Serpentard, sans se préoccuper aucunement de leur maison propre. Je profita de la cohue pour jeter une discrète œillade à Dumbledore. Assis à sa place, il souriait discrètement. Aurait-il trouvé un nouveau moyen de me nuire ? Paranoïa mon amour.

La répartition se déroula tranquillement, sans rien qui ait retenu mon attention, et il en fut de même pour le repas, jusqu'à ce que commence le traditionnel discours du directeur… « Mes chers élèves bien-aimés ! » dit-il, et blablabla, « en ce début de nouvelle année, j'ai deux annonces d'une immense importance à vous faire ! » Oui on sait, le tournoi des trois sorciers et sûrement un truc avec l'élection des délégués. On parie ?

» Cette année, pour la première fois depuis des décennies, Poudlard accueillera un évènement considérable ! Issu d'un projet commun aux ministères Britannique, Français et Russe, nous accueillerons le tournoi des trois sorciers ! » Et ce fut aussitôt une véritable ovation ! Car la plupart des élèves avaient bien évidemment entendu parler de cette compétition magnifique, de son spectaculaire… et moi, je pensa que ce serait l'occasion idéale pour l'Ennemi de frapper un grand coup !

Mémo à moi-même : penser à fonder un groupe d'espionnage dans ma mafia. Je ne l'ai pas encore fait, c'est une erreur qui pourrait me coûter cher ! Paranoïa, ô mon amour de toujours…

» Nous accueillerons en conséquence des délégations d'élèves des écoles de magie de Durmstrang et Beauxbâtons le trente septembre ! Ce sera là l'occasion d'une fête magnifique et d'un banquet splendide ! » Une grande partie des bouseux se leva pour applaudir à en rompre les poutres, extatiques à l'idée de recommencer à s'empiffrer. Même si je doute que certains aient terminé de digérer d'ici là… bref.

» La seconde grande nouvelle concerne la prochaine élection de délégué des élèves. » Ah ! Mon attention fut tout de suite sérieusement captée, et je me raidis sur mon siège en attendant la suite, aussitôt imité par nombre de mes partisans.

» Le poste de délégué a été testé ces deux précédentes années, et force est d'avouer que c'est un succès suffisant pour être désormais reconduit à chaque nouvelle rentrée ! » Tiens, ça m'étonne de toi ça… quelle connerie as-tu encore inventée, vieux fou ? « …toutefois, force est d'admettre que c'est aussi un poste à grandes responsabilités, qui nécessite que les élèves candidats disposent d'une maturité certaine. » On est bien d'accord pour une fois. « …de fait, en concertation avec le conseil des professeurs, j'ai décidé que seuls les élèves à partir de la cinquième année pourront désormais candidater à ce poste ! »

De chaque côté de la salle, en un même mouvement commun, les deux groupes de quasi-fanatisés se tournèrent vers leur divinité en devenir, attendant le moindre signe indiquant ce qu'il fallait faire. Et en moins d'un demi-instant, parfaitement synchrones, Luna et moi fîmes un léger mouvement de tête méprisant envers l'hérétique à notre dictature…

Et ce fut aussitôt le bordel.

Une masse considérable de hurlements de colère jaillit de la marée de connerie humaine, accompagnée d'insultes toutes plus roguiennes les unes que les autres. Les « pustule de citron ! » et autres « pédobarbe ! » dominèrent nettement les hideux borborygmes de simplicité d'esprit blablatés par l'amas des couillons.

Les professeurs n'eurent pas le temps de réagir que la révolte prit de l'ampleur avec une, puis deux, trois et quatre bagarres, et encore plus, entre les partisans des deux évidents candidats. Moi et Luna.

N'ayant guère d'autre choix, car ne souhaitant pas voir la situation dégénérer -ce serait contreproductif-, je me leva prestement, et écarta d'un geste de bras un chemin de gloire parmi mes camarades pour gagner le devant de la table des professeurs. Me voyant approcher, Dumbledore compris aussitôt qu'il avait encore perdu la partie, et me jeta un regard désespéré, comme pour me supplier de reprendre ma place pourvu que j'arrête tout ce bordel. Il allait être exaucé !

« - SILENCE ! » hurlai-je après m'être amplifié la voix d'un sort. Je n'eut pas à me répéter, et le calme revint, quelques poings restant toutefois prêts à reprendre leur œuvre au cas où. Du coin de l'œil, je vis que Luna avait elle aussi tenté de gagner l'estrade, mais je l'avais devancée. Elle me darda d'un regard de la mort sans équivoque… et resta debout, à l'affut de la moindre occasion.

» Camarades ! » commençai-je, « en tant que votre ex-délégué… » blablabla, ce serait certainement très bon de ne pas me croire réélu d'office, « …je prends en charge l'organisation des élections ayant pour but de trouver un nouvel occupant au poste de délégué des élèves ! Que tous les candidats s'avancent à mes côtés maintenant, ou renoncent à toute prétention électorale jusqu'à l'année prochaine ! »

« - Je suis candidate ! » dit aussitôt Luna, parfaitement prévisible. Elle s'avança magnifiquement vers moi, incroyablement embellie par sa robe d'écolière toute blanche, ceinturée d'or en harmonie avec ses cheveux, un écusson de Poufsouffle sur le côté d'un sein et un symbole tétonnant sur l'autre, représentant une silhouette féminine de dos dans le plus simple appareil, asexuée pour ne pas être censurée par les profs mais clairement identifiable, un halo de pure magie l'englobant. Chacune de ces coutures était toutefois complètement éclipsée par l'outrancier décolleté, alors que leur poids, très clairement magiquement augmenté, menaçait de découvrir un morceau de téton à chacun des pas de la grognasse. Mais elle avait semble-t-il pris garde à ce que ça n'arrive pas, pour ne pas subir les foudres des profs… grumble, maudite sois-tu, Luna ! À peine a-t-elle repris mon idée des uniformes spécialisés qu'elle a réussi à l'améliorer en y mettant de la magie ! Faudra que je dise à mes couturiers de me préparer un truc comme ça pour dès demain…

Ne prêtant pas attention à tout cela, je repris, « Miss Lovegood est candidate ! Y a-t-il quelqu'un d'autre qui souhaite se présenter ? » Mais comme prévisible, il n'y eut aucune nouvelle proposition. « …alors avec moi-même me présentant à ma succession, et miss Lovegood en concurrente, je déclare closes les candidatures à l'élection du délégué des élèves ! » Bien entendu, chacun de mes mots était soigneusement choisi pour rabaisser la grognasse. Masculin en priorité, Luna personnellement désignée comme forcément moins bien que moi… tout pour dédaigner qu'elle puisse avoir la moindre importance tout en étant assez prudent pour ne pas paraître misogyne.

Cela fait, me tournant vers elle, je lui demanda, « miss Lovegood, je vous propose de tenir l'élection d'ici une semaine, disons le samedi dix septembre, afin que chacun de nous ait la possibilité de mener campagne pour proposer ses idées. Êtes-vous en accord avec cela ? » Elle me jeta aussitôt un regard hautain, et eu une exclamation méprisante qui fit magnifiquement tressauter ses seins. Je ne pu m'empêcher par réflexe d'y jeter un œil… ce qu'elle remarqua aussitôt, souriant magnifiquement.

« - Monsieur Potter, je pense qu'au vu de votre déplorable bilan, il serait bon que nous procédions de suite à votre succession, afin que la délégation des élèves échoie à une personne responsable… » il y eut quelques rires gras dans la salle, tous venus du groupe de puceaux cunimaniaques menés par le RW.

Suspectant un piège, je mis quelques instants à répondre, essayant de rassembler mes pensées tant bien que mal, déconcentré par la tétonnante paire de… euh, par le physique de ma camarade. Il me fallu un grand effort de volonté pour me ressaisir, et tout en me sentant durcir dans mon pantalon, je fis de mon mieux pour renforcer mes boucliers mentaux, sentant aussitôt comme une pression disparaitre de mon esprit. Mon excitation disparut comme par magie…

…cette maudite grognasse aurait-elle tenté de m'enchanter ?!

Lui jetant un regard noir pour bien lui faire comprendre que j'avais déjoué sa tentative, je me et re -pris, « Cela ne me dérange pas, miss. Nous pouvons donc procéder à l'élection dès la fin de ce banquet, du moins si notre illustre directeur est en accord avec cela… » nous nous tournâmes vers le vioque en un parfait ensemble pour le voir à moitié affalé sur sa chaise, résigné. Il grogna un "aglbzt" inidentifiable, et leva sa baguette pour faire apparaître une urne magique et un tas de bulletins à nos deux noms, puis jura -dans les deux sens du terme- « kqglm dsqjgml qmlc qmd. Aglbzt », c'est-à-dire « je jure sur ma vie et ma magie que cette urne et ces bulletins ont été invoqués par ma main avec une parfaite impartialité. Je dépouillerais les bulletins sous les mêmes conditions, scrogneugneu ! », ce qu'il confirma aussitôt d'un simple lumos pour montrer qu'il était toujours vivant et capable d'user de sa baguette. Quoique…

Et ainsi fut fait, encore plus vite que je l'espérais. Un à une, tout le monde vota, les premières années un peu perdues mais gentiment guidées par leurs camarades fanatisés. Tout est bon pour gagner une voix ! Et finalement, Dumbledore jeta un sort sur l'urne, et le dépouillement se fit automatiquement…

412 votants

4 abstentions

408 votes exprimés

Harry Potter 210 votes, 51.4%

Luna Lovegood 198 votes, 48.6%

Harry Potter est réélu délégué !

Je souffla aussitôt un imperceptible ouf ! de soulagement, alors que la grande-salle explosait autant en applaudissements qu'en râles de mécontentement. Les scores sont nettement plus serrés que l'année dernière, mais que ça ne m'empêche pas de triompher ! Et juste pour le plaisir, je décida d'enfoncer le clou.

…mais je me retins. L'idée de saluer Luna d'une révérence reviendrait littéralement à planter mon nez entre ses glandes mammaires, ce qui ne serait pas très bon pour mon image auprès des autres mâles jaloux. Je me contenta donc d'un simple signe de tête aussi froidement respectueux que possible, qu'elle ne daigna même pas me rendre. Quelle malpolie !

Et alors que les applaudissements de mes petits chiens ne cessaient pas, je me retourna vers eux, leur souriant tout en observant Luna quitter la salle, aussitôt suivie par sa lieutenante Johannah Threeborn, quelques rares filles, et une multitude de bosses de pantalons.

La victoire est mienne !

La fin septembre vint enfin, et avec elle l'arrivée des délégations de Beauxbâtons et Durmstrang.

Les cours s'étaient exceptionnellement terminés plus tôt pour que tout le monde puisse avoir le temps de faire ses devoirs avant l'accueil de nos camarades étrangers, afin de bénéficier de tout le temps libre nécessaire pour se préparer pour la cérémonie du soir. Les uniformes d'écoliers, déjà amplement améliorés, avaient tous connu une cure de jouvence, et bien que toujours strictement conformes aux codes du règlement de l'école, ils tenaient maintenant plus de la tenue de soirée qu'autre chose… à sa place, Luna resplendissait, nonchalamment assise sur un luxueux fauteuil amené là par ses groupies, qui se pressaient derrière elle pour obéir à ses moindres caprices.

Il était dix-huit heures, nous étions tous alignés en rangs bien ordonnés sur les marches du château, face au parc. Certains espéraient pouvoir se faire de nouveaux amis, quelques autres parlaient des vélanes qui vivaient en France, espérant qu'il y en ait quelques unes pour se rincer l'œil -les plus puceaux étant aussi les plus bêtes, ils n'avaient pas compris que Luna était l'une d'elles-.

Et moi ? Oh, rien de particulier… je me trouvais devant toute cette foule, aux côtés de Dumbledore et McGonagall, devant même les autres profs. Eh, c'est que ça donne des privilèges d'être le délégué des élèves ! Même s'il faut parfois savoir s'imposer sans aucune gêne… ce qui ne semblait pas plaire à Rogue d'ailleurs. À portée d'oreille, je l'entendais maugréer des « fils de couilles de bouteille » et autres insultes aussi joliment fleuries. Juste pour le plaisir de l'embêter, je me retourna à un moment en prétextant surveiller nos camarades, et en profita pour me passer la main dans les cheveux d'une très Jamesienne façon… voyant ça, il s'absenta quelques instants pour retourner dans ses cachots, et à peine eut-il passé quelques portes que tout le monde pu entendre un hurlement de rage, héhéhé…

Je revins à mon attente, scrutant le parc à la recherche du moindre signe pouvant traduire l'arrivée de nos futurs camarades. Ce maudit Dumbledore avait refusé de nous dire quoi que ce soit sur la façon dont ils viendraient ! Pas même à moi ! Il prétendait que « ce serait un magnifique spectacle », et en retirait un plaisir tout enfantin… grrr, saleté de vieille barbe !

Bien entendu, l'idée de me voir autant en évidence n'était pas pour plaire à certains. Dès que j'avais manifesté mon désir d'obtenir cet avantage, le vioque avait tenté de s'y opposer, vite suivi par Luna -la nouvelle s'était répandue comme une traînée de poudre dans toute l'école-. Il me suffit d'un regard narquois pointé sur lui tout au long d'un repas dans la grande-salle pour bien lui faire comprendre ce qu'il risquait. Le fait que je sois le seul dans l'école à parler couramment à la fois russe et français avait probablement joué en ma faveur… merci Luna et tes fioles de souvenirs linguistiques, tu n'imaginais sûrement pas que ça me serait utile pour l'emporter face à toi… héhéhé… (I)

Et me voilà donc, petit jeune en remontrant aux adultes qui m'entouraient et tentaient de m'écraser par leur grand âge. J'étais grandement aidé là-dedans par mon nouvel uniforme, confectionné par mes couturières et enchanté par mes meilleurs sorciers. Il s'agissait d'un ensemble très militaire, encore une fois -on ne se refait pas-, qui avait pour particularité d'attirer le regard et d'aussitôt mettre en valeur mes attributs. Bien moulé au corps, n'importe qui pouvait voir le résultat de mes années d'entraînement physique, et aussi les quelques décorations que je portais sur le poitrail. Oh, plus du factice qu'autre chose, mais qu'importe. Elles sont juste là pour faire joli, de même pour mes galons ou ma casquette d'officier à la française. Et pour aller avec tout ça, je prêtai aussi une attention toute particulière à mon comportement, m'efforçant de me tenir droit, le visage ferme et calme, le regard bien en avant, portant à l'horizon… on aurait dit un tableau. J'avais d'ailleurs demandé à ma mafia de discrètement en prendre une photo à distance, et d'en exécuter un tableau pour ma propagande.

L'attention générale fut soudain portée sur le lac ! Il était en train de bouillonner !

Très vite, alors que les rumeurs allaient bon train, Dumbledore nous intima au silence, et nous pûmes voir apparaître un pavillon aux couleurs de Durmstrang, noir sur fond noir -oui je sais-, suivit par un mat, et une voile, puis deux, et trois, et enfin paru un pont tout entier, et un magnifique galion se révéla à nous. Mouais. Sympa, mais rien de plus qu'une pièce de musée. J'aurais préféré un truc du style porte-avion nucléaire moldu. Ça, ça en jette ! Mais visiblement, ce fut suffisant pour la foule de sous-êtres derrière moi, qui fit jaillir à n'en plus finir les « ooooh ! » et les « aaaah ! » admirativement ridicules.

Il fallut quelques longues minutes pour qu'une passerelle s'avance du pont jusqu'au rivage, et qu'enfin nous entendions des voix entonner une sorte d'hymne. Il ne fut pas difficile de reconnaitre que c'était celui de Durmstrang, au vu de la sonorité très métallique. Plutôt joli, je dois avouer.

Leur délégation sortit de ses cabines, et gagna le parc en une file parfaitement organisée. Menés par le directeur Karkaroff venaient vingt garçons au bras d'autant de filles, chacun portant un uniforme garni de fourrures à n'en plus finir, de boutons inutiles à chaque recoin pour donner un air sévère… une bien piètre tentative. Nul doute qu'ils allaient pâlir d'envie en me voyant, héhéhé…

« - Soyez le bienvenu, directeur Karkaroff ! » dit Dumbledore en s'avançant tout sourire vers son collègue, aussitôt suivit par McGonagall. Ils se serrèrent la main sans attendre, le russe semblant toutefois y répugner un instant… pas étonnant. Les services de renseignement que j'avais demandé à Peter d'organiser avaient enquêté sur la totalité des enseignants et élèves des autres écoles, au cas où quelqu'un puisse se révéler suspect. Et aussi pour essayer de dénicher quelques petits secrets pouvant être utiles pour un potentiel chantage, héhéhé…

Regardant la file des élèves, rigides comme les traditions sorcières, je me dirigea vers eux sans prêter aucune attention aux grands pontes. « Soyez les bienvenus à Poudlard », leur dis-je en russe, les étonnant sans doute. Ils ne s'y attendaient sûrement pas ! Après tout, les britanniques sont unanimement reconnus pour leur renfermement d'esprit… apprendre une autre langue ? Hérésie !

Souriant à m'en donner des crampes aux joues, je serra la main de tous les garçons et fis une petite révérence devant chaque fille, leur disant un mot poli à chacun en les appelant par leur nom. Eh oui, j'avais bien pris soin de tous les retenir ! Que voulez-vous, on fait bien les choses ou pas… je salua ainsi le célèbre Victor Krum, mais aussi d'autres, tels que le riche fils de famille pure Marleganicus Hüttle, ou encore la charmante Katerina Pounine, et la désirable Susana Letine, deux héritières qu'il serait bon de mettre de mon côté si un jour j'étends mes activités hors de la Grande-Bretagne… « Mais qui êtes-vous ? » s'étonna l'un d'eux.

« - Je suis Harry James Potter, délégué élu des élèves de Poudlard, pour vous servir, chers amis », répondis-je en n'abusant pas du tout de la politesse.

Les salutations terminées, j'échangea quelques mots avec eux, puis revins à ma place, sur le devant des marches, où je me posta aux côtés du directeur Karkaroff. « Enchanté de vous rencontrer, monsieur le directeur, » lui dis-je sans le regarder, restant fixé sur l'horizon.

« - De même, monsieur …? » il tenta de me serrer la main, mais je resta froidement stoïque.

« - Monsieur Harry Potter… » il tressaillit instinctivement en entendant le nom de celui qui avait vaincu son ancien maître. Le surprenant sans doute, j'eu un discret petit rire que lui seul entendit. « Votre nom m'étonne, je l'avoue », lui dis-je.

« - Vraiment ? Comment cela ? » Il était soudain agressif…

« - J'ai entendu parler d'un serviteur de l'éploré Voldemort qui s'appelait comme vous. Un russe qui a eu la bonne idée de trahir son maître, paraît-il… se faisant ainsi un bon nombre d'ennemis parmi les Purs. Mais personnellement, je ne crois pas du tout que cet homme se soit repentit de quoi que ce soit. Si je venais à le rencontrer, nul doute qu'il adorerait me faire part de tous ses petits secrets, ne serait-ce que pour rencontrer quelqu'un de gentil, plutôt que celui qui a vaincu son ancien maître alors même qu'il n'était qu'un bébé… » Chacun de mes mots était tourné pour être aussi poli que possible, mais même un imbécile n'aurait aucune difficulté à y reconnaître une menace de mort s'il n'était pas coopératif…

« - Je ne… »

« - Mais je digresse, veuillez m'en excuser monsieur le directeur. Ah ! Tiens, je crois bien que voilà nos amis de Beauxbâtons ! » Et en effet, à l'horizon était apparu un point sombre qui grossissait sans cesse plus…

Dans le public, plusieurs attardés s'écrièrent que ça devait très certainement être un dragon. Peuh, quels imbéciles… ça se voit qu'ils n'ont pas dû se renseigner bien loin… s'ils avaient mis en place une troupe d'espions comme moi, ils auraient su qu'il s'agissait de chevaux magiques géants. Parmi les derniers d'ailleurs. Dans l'indifférence générale, cette espère était vouée à l'extinction… bref.

Très vite, nous pûmes voir qu'il s'agissait d'un aussi immense que magnifique carrosse, peint d'un superbe bleu ciel, empli de dorures et d'un faste typiquement baroque. Une vraie merveille, mais un peu trop tape à l'œil à mon goût. Là encore, je préférais largement les véhicules moldus tels qu'un bon char d'assaut, ou une de ces vieilles traction-avant du début XXème… passons.

Le carrosse se posa dans un grand bruit, semblant prêt à se rompre sous le choc, mais tint bon le coup et finalement roula tranquillement jusqu'aux marches, s'arrêtant à une dizaine de mètres de nous.

Les portes s'ouvrirent, et la première personne à en sortir fut une demi-géante, madame Maxime, la directrice de Beauxbâtons. Et alors que Dumbledore et McGonagall s'avançaient pour la saluer, mon regard se porta sur les élèves, qui descendaient tous en couple… tous, sauf une jeune fille, toute seule, la tête timidement baissée, qui se dépêcha de gagner le côté de sa cheffe pour ne plus avoir à affronter les regards hostiles de ses camarades. Ses longs cheveux d'or me révélèrent bien vite pourquoi elle semblait mal-aimée. Car ils paraissaient animés d'une vie propre…

...une vélane…

« - Sois la bienvenue », lui dis-je en un français parfait en m'approchant d'elle tout sourire. Et elle releva la tête pour me regar…

…Fleur ?!

…je resta coi un instant en reconnaissant mon amie de l'école primaire. Mais si, souvenez-vous, la petite française de six ans qui avait participé à un échange scolaire moldu… celle qui m'avait ravi par son que j'avais un temps cru être une enfant vélane ! À aucun moment je n'imaginais être dans le vrai… (II)

Qu'elle pouvait être belle, maintenant adolescente ! Vêtue de l'uniforme de son école, elle était absolument parfaite, incarnation de toute la noblesse des vélanes. Loin de s'exhiber autant que Luna, elle n'en était pas moins bien plus désirable encore, tant son visage pouvait être mignon, la fusion de la beauté de toutes les plus magnifiques femmes que j'avais vues au cours de ma vie…

…et un souvenir me revint en mémoire… elle était le sosie parfait de la tapisserie qui m'avait tant émerveillé, lors de ma découverte de l'Allée des oubliés… (III)

« - Bonjourr », me répondit-elle, faisant aussitôt fondre mon cœur à cette musique de tous les dieux ! « Enchantée de vous rencontrer, monsieur… » mon cœur se brisa un instant en comprenant qu'elle ne me reconnaissait pas.

Bah, qu'importe. Je trouverais bien un moment pour aller la saluer et discuter gentiment avec elle, histoire de renouer notre courte amitié. J'en serais très heureux.

…elle est magnifique…

Quelques jours passèrent lentement, oh ! si lentement ! Car pas un instant ne passait sans que je ne pense à la vision de perfection qui avait enchanté mes yeux, en ce jour dont je me souviendrais longtemps.

Je n'avais pas encore trouvé ni le temps ni l'occasion d'aller parler à Fleur, à mon grand regret, mais j'étais toutefois content de voir qu'elle faisait de son mieux pour s'intégrer parmi les britanniques à défaut d'être bien accueillie par ses camarades français. Mais… ça semblait surtout être en comparaison avec Luna. Et pour mater son corps plutôt que faire connaissance avec elle. Ainsi, toutes les futures putes qui souhaitaient ressembler à la grognasse venaient harceler Fleur pour lui demander des conseils maquillage, et tous les pervers tentaient de lui toucher des parties intimes pour « savoir comment c'était », car au vu du volume en place, Luna n'était pas la mieux fournie niveau mammaire. Elle passait son temps à les éviter, dissimulée sous une masse de vêtements considérables, mais… rien ne parvenait à dissimuler sa beauté fulgurante. Et moi seul semblait la voir, signe qu'elle faisait de son mieux pour maîtriser ses pouvoirs de vélane.

Tout le monde bien installé dans la grande-salle, les élèves de Durmstrang parmi les deux tables de mon groupe, et ceux de Beauxbâtons parmi les groupies de Luna, je ne parvenais pas à me concentrer un seul instant. Sans que je ne puisse me retenir, pas même avec mes plus puissants boucliers d'occlumancie, l'image de Fleur me venait sans cesse à l'esprit. Toutes les fois où je l'avais vue me revenaient en mémoire, m'enchantant chaque instant un peu plus… impossible de faire le vide dans ma tête, aussitôt envahie d'un flot de cheveux d'or… soyeux… doux à en mourir…

…je fus sortit de mes pensées par le « votre attention je vous prie ! » que prononça Dumbledore à la fin du repas. Ah oui, c'est vrai ! C'est aujourd'hui qu'ont lieu les sélections pour savoir qui seront les participants au tournoi des trois sorciers !

Personnellement, j'ai longtemps hésité à me présenter, pesant le pour et le contre avec les conseils de Peter. Poser ma candidature serait bon pour mon image, c'est certain, surtout qu'il serait facile de… très honnêtement emporter les épreuves avec un peu de… préparation honnêtement honnête et légalement légale. Selon ma loi, bien entendu, mais chut !

Mais finalement, il fut décidé que je ne candidaterai pas. Pourquoi ? Tout simplement car ce tournoi était l'occasion idéale pour l'Ennemi de me tendre un piège. Oui oui, l'Ennemi ! Vous l'aviez oublié ? Moi pas. Depuis l'affaire de la chambre des secrets, ma mafia traque le moindre signe pouvant permettre de l'identifier, mais rien ! Rien ! Ce salaud se cache si bien que j'en viendrais à douter de son existence si je n'avais pas été aux premières loges pour la constater ! Et il en est de même avec Voldemort, aucune trace de lui non plus…

Nul doute que chacun d'entre eux veut me nuire autant que possible. Et je me répète, quoi de mieux qu'un tournoi de magie potentiellement mortel ? Si je me porte volontairement candidat, et que les sélections ont été truquées pour me faire participer d'office, alors je ne pourrais pas en savoir quoi que ce soit. Mais si je ne candidate pas ? Et que je suis choisi ? Ce sera alors une preuve certaine qu'il y a un complot visant à me nuire. Et je pourrai alors prendre des mesures radicales pour me mettre en sécurité. Paranoïa mon amour, je ne compte pas le nombre de fois où je vais t'invoquer cette année.

« - Et le candidat de Durmstrang est… monsieur Marleganicus Hüttle ! »

De son côté, Luna n'a pas hésité un instant. J'ignore ce qu'elle compte faire, mais j'imagine qu'elle aussi a l'intention de profiter de la médiatisation de toute cette affaire pour se mettre encore plus en avant. Et pour assurer ses chances au maximum, elle a même interdit à ses groupies de se présenter. Et a fait jouer ses nichons et ses relations d'élèves pour convaincre les miens de faire de même, par la menace ou l'envie. Et moi-même n'ayant donné aucune instruction, tout le monde à compris qu'il valait mieux qu'ils ne candidatent pas. Ce qui fait que Luna est la seule candidate de Poudlard.

« - Et la candidate de Poudlard est… »

…le vioque ne termina pas sa phrase, la bouche grande ouverte de surprise. Quoi, vas-y ! On la connaît la suite, vu qu'il n'y a qu'une seule candidate ! À moins qu'il n'y ait réellement un complot contre moi ?

« - …et le candidat de Poudlard est monsieur Carl Anger ! »

QUOI ?! La totalité des regards se tournèrent au côté de Luna pour transpercer son second lieutenant ! Mais comment ?! Il ne s'est même pas présenté !

« - Veuillez vous avancer, monsieur Anger », ordonna Dumbledore, alors que le pauvre garçon timide était complètement ébahi, tremblant de toutes parts. Tu m'étonnes ! Il est un rat de bibliothèque, pas un combattant… il n'a aucune chance ! J'en viendrai presque à le plaindre sincèrement s'il n'était pas aux pieds de Luna.

D'ailleurs, vu la façon dont elle le fusille du regard, elle-même ne semblait pas du tout s'y attendre, et n'apprécie clairement pas. Nul doute qu'il sera privé pendant longtemps de bisous tétonnants ! Voire même pourrait-il perdre sa place de lieutenant… c'est qu'elle a la rancune tenace la grognasse !

Et alors que Carl allait se placer aux côtés du Pur de Durmstrang, la coupe de feu cracha un nouveau nom… ne perdant pas de temps, Dumbledore saisit le petit bulletin, et…

« - La candidate de Beauxbâtons est mademoiselle Fleur Delacour ! »

Re-QUOI ?! Je tourna la tête vers Fleur à la vitesse du torticolis, pour la voir ébahie elle aussi, la main devant la bouche et les yeux écarquillés. Certes, elle avait candidaté, mais à voir sa réaction, nul doute qu'elle n'avait absolument pas envisagé avoir la moindre chance !

…que sa surprise peut être belle… et quelle démarche gracieuse…

…oups ! Réveille-toi Harry ! Je me ressaisis tant bien que mal en la voyant gagner l'estrade aux côtés des autres candidats, reine de gloire et de beauté côtoyant deux espèce de clodos…

Je reviens à ma réflexion, surpris. Ainsi donc, l'Ennemi n'avait pas profité de l'occasion du tournoi pour me tendre un piège mortel ? Du moins pas en apparence. Quel avantage pourrait-il avoir à utiliser des innocents ? Anger est doué, certes, mais il est trop maladivement timide pour être mieux qu'un bureaucrate. Au mieux pourrait-il devenir chef d'un département du ministère, ou équivalent. Et encore, pas un truc important. À ses côtés, Marleganicus Hüttle est un Pur tout ce qu'il y a de plus purement malfoyien. Riche à millions, pompeux à s'en dégonfler, il n'y a rien de propre à tirer de lui, je suppose. Il est quasiment cracmol à force d'être consanguin. Nul doute que sa participation sera un vrai spectacle comique.

…à moins bien sûr que ce ne soit une ruse… paranoïa mon amour, il faut toujours se méfier des Purs.

Et puis il y a Fleur. En quelle manière l'Ennemi pourrait-il l'utiliser pour me piéger ? Je n'ai aucune relation avec elle… même si j'aimerais bien…

« - Harry Potter ?! »

Oui, c'est moi… ahlàlà, qu'elle peut être belle ! pensai-j'en la regardant rêveusement.

« - HARRY POTTER ! » Hein, quoi ?! Je sortis de mes pensées pour remarquer que tout le monde me regardait étrangement. Et Dumbledore repris, montrant clairement un quatrième bout de papier…

« - Harry Potter ! Candidat de l'orphelinat ! »

Et merde.

La gazette du sorcier

LE TOURNOI DES RACES !

Marleganicus Hüttle ! Sang-pur ! Durmstrang !

Harry Potter ! Sang-mêlé ! Sans affiliation !

Carl-Anger ! Né-moldu ! Poudlard !

Fleur Delacour ! Bétail ! Beauxbâtons !

À la surprise générale, voici les quatre candidats choisis par la magie de la coupe de feu !

Que le tournoi des races commence !

À suivre…

Je gère une conversation sur Discord, où j'ai réuni plusieurs lecteurs et auteurs de talent. Vous êtes intéressé(e)s ? On y discute fanfics, on se lance des défis, on parle en vocal, et surtout on raconte une incommensurable masse de blagues de merde… n'hésitez pas à entrer en contact avec moi ! Pour me trouver sur Discord, cherchez NVJM#3762.

I. Les fioles de souvenirs linguistiques que Luna a achetées : voir aux chapitres 37 pour la commande et 39 pour l'appropriation par Harry.

II. Chapitre 26 pour la première rencontre entre Harry et Fleur.

III. Chapitre 30 pour le passage de la tapisserie.