NVJM, rédigé 16, 17, 21 et 22/4/2018, publié 27/4/2018.

Ce chapitre, le plus mignon que j'ai jamais écrit jusqu'à présent, a été inspiré par une amie qui se reconnaîtra…

Harry Potter et l'histoire inachevée

Chapitre 67 : Fleur d'édelweiss

Dès le lendemain de ma victoire à la première épreuve, c'est avec des papillons dans le ventre que je me dirigeai vers le carrosse de Beauxbâtons pour aller rendre visite à Fleur. Enfin ! Je n'avais quasiment pas dormi de la nuit, ne faisant que penser à ce moment, et n'avais pas non plus pu me concentrer de toute la journée…

Pour l'occasion, j'avais demandé à mes couturières de me confectionner un costume seyant tout de velours noir, avec multitude d'arabesques de fils d'argent pour la richesse, et bien serré près du corps pour souligner cette musculature qui plaisait tant aux filles. J'avais toutefois renoncé à apporter un bouquet de fleurs. Le message aurait pu être mal compris, et puis j'aurais trop eu l'impression d'être ridicule.

Toctoctoc ! Arrivé à destination, je frappai à la porte, et attendis le cœur fébrile… « Qui est là ? » demanda la voix autoritaire de madame Maxime.

« - Monsieur Harry James Potter, le délégué des élèves de Poudlard », dis-je en évitant au maximum de prendre un ton trop autoritaire. La porte s'ouvrit aussitôt.

« - Bonsoir monsieur Potter », dit-elle en me souriant poliment, mais sans me laisser entrer pour autant. « Que me vaut le plaisir de vous voir ici ? »

« - Bonsoir madame. Je souhaiterai pouvoir m'entretenir avec quelqu'un en particulier, si cela est possible. »

« - Mes élèves sont désormais libres pour la soirée, cela ne posera pas de problème, du moins jusqu'au couvre-feu. Qui souhaitez-vous rencontrer ? »

« - Demoiselle Fleur Delacour… » je la vis aussitôt froncer les sourcils. Bien entendu, elle connaissait la nature de vélane de sa protégée, et craignait ce qu'il pourrait arriver si un mâle tentait de lui en faire. La voyant quelque peu indécise, j'ajoutai tranquillement, « ne craignez rien madame, je maîtrise l'occlumancie à un niveau amplement suffisant pour résister aux pouvoirs de miss Lovegood, la vélane de Poudlard. Ceux de demoiselle Fleur ne devraient pas me poser de problème. » Ça ne suffit pourtant pas à empêcher qu'elle ne me zyeute étrangement…

…mais je vis rapidement changer son expression, et il ne me fut pas difficile de deviner ses pensées. Car si mon amie avait toujours la même mentalité que lorsque nous étions petits, nul doute qu'elle serait parfaitement capable de se défendre contre une agression.

« - Soit, entrez monsieur Potter. Je vais vous introduire dans un salon de discussion, et prévenir mademoiselle Delacour de votre visite. » Gagné ! Hourra !

C'est en sentant remonter en moi tout un flot d'appréhension que j'entrai enfin dans le carrosse. Et quel bel endroit ! Considérablement agrandi en son intérieur, c'était une vraie merveille d'architecture magique. Je n'osai imaginer le coût considérable d'une telle création ! Il y avait quarante-deux personnes qui étaient venues à Poudlard, vingt élèves de chaque sexe, ainsi que madame Maxime et un surveillant, mais nul doute qu'il aurait pu y en avoir le double ! Et ce luxe, c'en était impressionnant ! Il y avait des tapis incroyables à chaque recoin du sol, des vitres merveilleusement colorées aux fenêtres, des lumières magiques baignant toute l'atmosphère d'un halo bienfaisant…

…je fus interrompu dans mon admiration par une porte se claquant, et revins à la réalité. Je me trouvai maintenant dans un petit salon, valant probablement plus cher à lui seul que plusieures grandes-salles de Poudlard. Madame Maxime était partie chercher Fleur, me laissant seul pendant un temps.

Repérant les lieux, j'y vis une table entourée de plusieurs fauteuils, un coin cheminée de même aménagé, et un mini salon avec un bar et quelques bouteilles d'alcool à disposition. Hum, aucun risque que je touche à cette cochonnerie. Et de toute façon, la beauté de Fleur m'enivrera bien assez…

Je résolu de lui proposer de nous asseoir auprès du feu. Il commençait à faire froid, et c'était l'endroit le plus convivial. Je ne venais pas pour conclure une froide affaire, ni pour picoler avec un péquenaud, mais renouer une agréable amitié avec une amie. Ce serait ça le mieux. Surtout qu'il y avait aussi un large canapé où nous pourrions être côte à côte…

J'entendis une porte s'ouvrir, et me tourna aussitôt vers la nouvelle venue. « Bonjour, demoiselle Fleur », lui dis-je en français en sentant mes entrailles se soulever de toutes parts à cette vue magnifique. Quelle beauté ! Elle n'était plus vêtue de sa robe d'écolière lourde de dix épaisseurs, mais d'un simple pull en épaisse laine blanche et d'une longue jupe ample d'un blond accordé à ses cheveux, le tout certes là encore dissimulant une large part de sa magnificence, mais lui allant à la perfection. C'en était à croire que tout ce qu'elle portait acquérait sa beauté comme une extension de son corps.

Faisant appel à toute mon occlumancie pour me retenir de poser les yeux sur ses formes merveilleuses, je me dirigeai vers elle tout sourire alors qu'elle refermait la porte… et lorsqu'elle se retourna, je pus la voir rouge comme une fleur de sang -une plante magique à la floraison magnifique utilisée dans les potions de régénération sanguine-. « Bonjour monsieur Potter », me dit-elle en semblant soudain vouloir disparaître dans son épais col de laine. « Que me vaut l'honneur de votre visite ? »

Je ne répondis pas de suite, et lui saisit la main pour l'amener à mes lèvres, déposant dessus un léger baiser. Il me fallu un grand effort de concentration pour ne pas être emporté au paradis par son parfum enchanteur. Il lui allait à la perfection ! Une senteur de rose pour une fleur…

« - Je souhaiterai pouvoir faire plus ample connaissance avec vous, mademoiselle, » lui dis-je en l'invitant à venir s'asseoir au coin du feu, faisant de mon mieux pour afficher un franc sourire et des yeux joyeux, ce qui était très difficile tant l'éclat de sa beauté envahissait tous mes sens. Elle avait beau avoir le contrôle de ses pouvoirs, je pouvais les sentir comme palpiter au rythme de son cœur. Elle était soudain terriblement stressée… sentirait-elle un danger, ou bien avait-elle le trac ? Je ne saurais le dire…

Nous nous installâmes chacun dans un fauteuil en face à face -c'est qu'il ne fallait pas que je me montre trop vite familier-, puis, ne disant rien, je la regarda en souriant, alors qu'un service à thé apparaissait devant nous. « Je suis désolé de ne pas être venu te voir plus tôt Fleur, » lui dis-je en passant au tutoiement. « Je n'ai pas vraiment d'excuse, pardonne m'en. Invoquer un emploi du temps chargé serait une insulte à notre ancienne amitié, que j'aimerai beaucoup pouvoir renouer. »

Je la vis le regard perdu, faire une petite moue hésitante. Elle ne se souvenait pas. Ne prêtant pas attention à mon cœur qui se serrait soudain douloureusement, je fis de mon mieux pour ne pas perdre mon sourire, généreusement aidé par la magnificence de sa gêne. Qu'elle pouvait être mignonne ! « Je suis désolée monsieur Potter, mais… je… » Elle semblait terriblement honteuse, au bord des larmes.

« - Ce n'est rien Fleur, ne pleure pas ! » dis-je en m'agenouillant face à elle pour lui tendre un mouchoir de soie, et lui permettre de sécher ses pleurs naissants. Elle en sembla encore plus troublée, mais à ma grande surprise, parvint à se reprendre. Nul doute qu'elle devait elle aussi pratiquer l'occlumancie à un haut niveau pour parvenir ainsi à maîtriser ses émotions.

La voyant toutefois encore très hésitante, je restai à genoux face à elle et continuai à lui parler tout doucement, décidant de reprendre dès le début. « Bonjour Fleur. Je suis très heureux de te revoir. Je m'appelle Harry, j'ai six ans et demi, je suis né le trente-et-un juillet mille neuf-cent quatre-vingt. »

Elle ouvrit soudain grands les yeux en me reconnaissant ! Et mon cœur fit aussitôt un bond de joie ! « Harry ?! » répéta-t-elle, semblant stupéfaite.

« - Eh oui… content de te revoir », continuai-je en me relevant pour m'asseoir à ses côtés, à distance d'amitié, mais toutefois assez proche pour que…

…elle se jeta dans mes bras sans que je ne m'y attende ! Et se serra si fort contre moi que je me sentis comme mourir de bonheur ! La pression de ses formes contre mon torse étant bien sûr un bienheureux supplément…

« - Si je m'attendais à ça ! » dit-elle en reprenant sa place, un sourire fabuleux l'illuminant telle une étoile. Et elle s'éteignit aussitôt en prenant un air contrit, devenant toute rouge de honte. « Je suis désolée, je ne t'avais pas reconnu… » je me dépêchai de me dresser en barrage face au flot de larmes qui menaçait de déborder.

« - Ce n'est rien ! » la rassurai-je en lui relevant la tête, quelques doigts sous le menton. Et je ne pus me retenir de lui faire un petit bisou sur la joue, la faisant aussitôt devenir écarlate.

« - Enchantée Harry », dit-elle en se reprenant à nouveau, la voix chevrotante d'émotion, « je m'appelle Fleur, j'ai six ans et demi aussi, je suis née le premier août mille neuf-cent quatre-vingt… »

« - Enchanté de vous revoir, mademoiselle, » répondis-je en lui faisant mon plus beau sourire. Pas difficile d'ailleurs, face à une beauté pareille !

Et nous parlâmes inlassablement des heures durant. En tête à tête, tout entiers dans notre discussion, nous ne remarquâmes même pas madame Maxime ouvrir discrètement la porte pour vérifier si tout allait bien pour sa protégée. Nul doute que la voir sourire plus que jamais dû la convaincre qu'elle n'était pas tombée sur un des habituels violeurs que les vélanes avaient à redouter à chaque instant de leur vie.

Se confiant sans plus la moindre hésitation, elle me raconta ce qu'elle était devenue après notre séparation, suite à notre courte amitié de l'école primaire. Rentrée en France parmi sa famille, elle avait continué à étudier comme une démente, puis à dix ans avait accompagné sa mère à Beauxbâtons, afin de rencontrer la directrice. C'est dans l'optique de ce rendez-vous qu'elle avait passé toute une enfance d'études, afin de convaincre la demi-géante de la prendre sous son aile et lui permettre d'avoir une vraie scolarité, plutôt que d'être condamnée à l'ignorance que la société française réservait à ses vélanes.

Madame Maxime, impressionnée par l'intelligence de cette petite fille, accepta de la protéger, et lui enseigna l'occlumancie pour l'aider à maîtriser ses pouvoirs, qui allaient bientôt se déclarer. Là encore, Fleur excella, acquérant très vite un niveau suffisant pour pouvoir suivre une scolarité normale…

…ou presque. Car la bêtise étant tout aussi forte sur le continent que partout ailleurs, elle ne parvint pas à se faire le moindre ami. Ses pouvoirs très tôt éveillés, et bien plus fortement que la normale, d'innombrables garçons se mirent à la harceler, les filles devinrent très vite jalouses de sa beauté et de ses formes croissant à toute allure. Bien vite, elle devint l'ange solitaire de l'école, enviée et admirée par tout le monde, mais pas pour de nobles raisons.

Autrement dit : en dehors de ses camarades vélanes, cette semaine de notre enfance avait été la seule amitié de toute sa vie. Elle était toujours restée seule, de toute sa scolarité.

Penser ça me serra le cœur de douleur, comme si je souffrais avec elle.

Elle me raconta ensuite ses années à Beauxbâtons, où elle passa tout son temps réfugiée à la bibliothèque ou dans sa chambre personnelle -un privilège dû à ses pouvoirs, car ses camarades féminines avaient catégoriquement refusé d'accueillir une "trainée" parmi elles. En me disant cela, elle ne pu se retenir et sanglota tristement, versant une larme. Je la serrai aussitôt dans mes bras par réflexe, ne supportant pas de la voir ainsi. J'avais l'impression de souffrir autant que lorsque maman-chérie pleurait après avoir été frappée par James.

Elle se reprit en souriant, semblant heureuse d'avoir un ami à qui se confier, et me raconta les trop rares anecdotes heureuses qu'elle avait. Il y eut par exemple la cérémonie de fin de première année, où on lui remit son diplôme avec la mention « record », pour signifier que jamais auparavant dans l'Histoire de l'école quelqu'un n'avait accompli son premier cycle avec un score aussi haut. Même les regards hostiles de ses camarades et la totale absence d'applaudissements ne parvinrent pas à lui faire oublier la joie de ce moment, le regard fier de madame Maxime, et la fête que sa mère et sa sœur organisèrent lorsqu'elle rentra à la maison. Elle pleura de nouveau en me racontant le partage de la miche de pain saupoudrée de sucre, luxe rare…

…pendant un instant, je sentis mon sang se glacer en comprenant que les vélanes n'étaient qu'à peine mieux traitées aujourd'hui que… avant.

Après que je l'eus consolée, elle continua en me confiant la fois où ce fut le tour de sa petite sœur de réussir à entrer à l'école. Intérieurement, je n'eus aucune peine à deviner la joie de la petite Gabrielle, et bénis mentalement leur mère pour son incroyable générosité envers ses enfants. Elle avait tout sacrifié pour leur offrir autant de livres que possible, leur permettant d'avoir une scolarité plutôt qu'être promises à une carrière de prostituées soumises par leurs pouvoirs à un proxénète ordurier.

Au fil de notre discussion, nous en vînmes à discuter du tournoi dans lequel nous étions tous deux embarqués, et sans aucune méfiance échangeâmes nos indices respectifs et les mystères récoltés durant la première épreuve. Ainsi aidés, il ne fut pas difficile de comprendre que nous aurions bientôt à affronter une sorte de parcours semé de multiples pièges, que nous pourrions soit confronter, soit passer en payant un péage avec la résolution d'une de nos énigmes. Le premier arrivé serait vainqueur.

Tout en grignotant quelques biscuits, nous parlâmes de tout et de rien, se racontant quelques blagues et riant de bon cœur. Tout du long, j'eus le cœur transporté dans un bonheur que je n'avais jamais connu auparavant…

« - Hum-hum ! » retentit une voix. Nous nous retournâmes en sursaut pour voir madame Maxime dans l'encadrure de la porte. « Monsieur Potter, mademoiselle Delacour, il est plus de minuit, le couvre-feu est passé depuis plus de deux heures… » Nous rougîmes tous deux en comprenant le sens caché de ces mots. Nous n'avions pas vu le temps passer !

« - Veuillez m'excuser madame, » dis-je en me levant. Et, me tournant vers mon amie, je lui fis un petit bisou sur la joue, et lui dit, « Au revoir Fleur. Passe une bonne nuit. Je serai ravi de discuter à nouveau quand tu le voudras. » Elle ne parvint pas à me répondre, souriante comme jamais, mais son regard en disait long sur son émotion.

Je revêtis mon manteau alors qu'elle se relevait. M'apprêtant à gagner la porte pour que madame Maxime me raccompagne hors du carrosse, je m'arrêtai, une pensée me traversant l'esprit en un flash. Et je me retournai pour revenir au côté de Fleur en quelques pas, la surprenant, puis m'agenouillai face à elle en lui prenant la main.

« - Fleur, Poudlard va organiser un bal pour Noël. Me ferais-tu l'honneur de bien vouloir être ma cavalière ? » Je sentis la réponse autour de mon cou et sur mes joues plus que je n'entendis son grand « ouiiiii ! ».

Cette nuit là, une jeune vélane dormit merveilleusement bien, épargnée par ses pouvoirs et bercée par ses rêves emplis d'un mâle charmant au visage parfaitement identifiable…

Cher Peter,

J'ai une nouvelle mission pour toi. Tu vas réunir des fonds et monter une enquête pour faire le point sur la situation du peuple des vélanes de France.

Dans toute la mesure du possible, tu devras faire créer ou acheter une ou plusieures entreprises sous un faux nom -« Potter » ne doit apparaître nulle part-, et tu embaucheras un maximum de vélanes, toutes si possible, avec un salaire très généreux. Les employés chargés de les surveiller devront être des impériumés de catégorie une, ceux qui sont capables de garder une apparence et des relations normales. Évite les hommes autant que possible, privilégie les femmes. Tout homme s'y rendant devra prêter serment absolu de mort de ne pas agresser une vélane ni n'avoir de relation sexuelle avec elles. Il faudrait même envisager de leur faire une ablation du pénis pour ne prendre aucun risque.

Tu devras aussi proposer aux vélanes employées de bénéficier d'un logement de fonction, que tu feras construire neuf par nos maçons, dans des maisons individuelles avec un jardin privé, le tout protégé par des fidélitas qui leur seront offerts par nos meilleurs enchanteurs.

Une vélane nommée Delacour -j'ignore son prénom-, mère de Fleur et Gabrielle Delacour, devra être espionnée pour que l'on puisse connaître quel est le travail de ses rêves, et elle devra se le faire proposer avec un salaire généreux dans toute la mesure du possible. Si son souhait te paraît irréalisable, recontacte-moi par courrier, et je réfléchirai à une solution. Toute personne lui voulant du mal ou la maintenant dans un état indigne sera capturée et amenée dans notre prison, afin que je puisse la torturer personnellement. Si nécessaire, dans une situation extrême, cette femme devra être protégée à Pôdlad, de même la petite Gabrielle. Chacune d'elle devra être personnellement surveillée h24 par des gardes veillant sur leur bonne santé et leur intégrité.

Tout acte malveillant que subiraient les vélanes sera puni avec une éternité de torture, autant pour nos membres qu'envers quiconque. Arrange-toi pour que ces criminels survivent dans un état déplorable à des accidents horriblement douloureux.

Harry.

Je scella ce courrier d'un sort, puis le raccorda à un portoloin pour l'envoyer à Pôdlad. Peter serait sans doute surprit que je ne l'ais pas contacté via nos miroirs à double-sens, mais je n'étais pas vraiment en état de le faire. J'avais trop d'étoiles dans les yeux.

Lorsque Fleur rentrera chez elle l'été prochain, ce sera pour ne pas perdre le sourire. Parole d'Harry !

Le trac. Cet ennemi impitoyable qui pouvait transformer le plus beau des princes charmants en un concentré de bile et de vêtements souillés. Voilà quel était l'adversaire que j'étais en train d'affronter, alors que je gagnais le carrosse de Beauxbâtons pour aller chercher Fleur.

Comment se présenterait-elle à moi ? Magnifique, bien sûr, mais je veux parler de ses habits. Sachant qu'elle ne disposait pas d'une robe de soirée, sa famille étant bien trop pauvre pour cela et son école n'en fournissant pas, j'avais envoyé madame Guipure, la couturière du chemin de traverse, lui rendre une visite discrète avec pour ordre « faites-lui ce qu'elle veut, veillez à ce que ce soit terminé pour le bal, et ne dites pas que c'est moi qui vous envoie ! Peu importe le prix ».

Arrivé au carrosse, j'entrai par la porte ouverte pour me retrouver au milieu des élèves français apprêtés pour la fête. Tous me regardèrent étrangement, certainement surpris de voir leur adversaire venir parmi eux un bouquet d'édelweiss à la main. En discutant avec Fleur, j'avais appris que c'était ses préférées…

Saluant tous ceux que je croisai sans trop leur prêter attention, je me rendis dans le salon de la dernière fois, là où il était conclu que nous devions nous retrouver. Je dû faire un effort terrible pour parvenir à ne pas m'enfuir à toutes jambes. Ce rendez-vous me terrorisait bien plus que dix Voldemort réunis !

Alors que je regardais le feu, perdu dans mes pensées, je sentis quelqu'un se saisir de ma main, et sursauta. Me retournant, prêt à en découdre avec l'ennemi, je me figea de surprise, faillissant perdre le contrôle de mon occlumancie tant le spectacle qui s'offrait à moi était enchanteur !

Fleur s'était faite faire une robe bleue ciel tombant jusqu'aux chevilles, dans une soie d'une finesse à couper le souffle. Ce ciel se mariait à ses longs cheveux d'or à la perfection, faisant ainsi jouer le soleil et son hôte dans un exquis ballet de merveille, des nuages de soie blanche venant soutenir le tout en de délicates bretelles et une magnifique ceinture lui ceignant le ventre, soulignant sa finesse. Les jambes étaient drapées ample, le dos couvert de la soie du tissu comme de celle de ses cheveux, le ventre et les hanches étaient un enchantement moulé tel une seconde peau pour mettre en valeur de près le joyau qu'était sa vélanité. Enfin, chose sublime de rareté chez sa timidité, elle avait osé demander un décolleté plongeant. Bien loin de paraître aussi outrancier que chez Luna, il ne faisait que souligner et accentuer l'incroyable beauté de son absolue féminité, et tout dans son visage indiquait à quel point elle était heureuse de pouvoir se montrer ainsi, dans toute sa gloire, et il y avait de quoi. Si flamboyante, elle paraissait l'oriflamme de la cause vélane, affichant au vent avec fierté leur symbole le plus resplendissant, son corps d'absolu.

« - Tu es magnifique Fleur », lui dis-je en venant prendre sa main sans l'abandonner des yeux, puis en lui offrant un baisemain avant de faire se croiser nos regards, et ne plus parvenir à m'en séparer. Ce bleu si profond…

« - Merci Harry, » répondit-elle en me faisant un bisou sur la joue, m'emportant au paradis. « Et merci pour la robe… » je rougis aussitôt, démasqué ! « C'est un cadeau magnifique », ajouta-t-elle pour faire passer ma gêne. Autrement dit, l'un des plus beaux qu'elle ait jamais reçu.

« - Euh, je… » Je ne savais pas où me mettre !

« - Chut, ne dis rien », murmura-t-elle en posant un doigt sur mes lèvres, et m'offrit un autre bisou sur la joue, me faisant à nouveau monter parmi les étoiles.

Le temps nous pressant, nous interrompîmes ces retrouvailles et quittâmes le salon pour revenir dans le hall du carrosse, et voir avec gêne que les beauxbâtonniens et bellesbatôniennes étaient restés uniquement pour la curiosité de voir qui j'avais invité. Ils en furent cois, sans nul doute éblouis par la merveille qui tenait mon bras. Il faudra que je la raccompagne avec la baguette prête à toute éventualité, et pas avant que madame Maxime ne soit rentrée elle aussi, sinon je risquerais d'apprendre une terrible nouvelle, demain…

Sur le chemin du château, marchant en tête de la procession française, elle m'expliqua pourquoi elle avait choisi une telle robe. L'absence de traîne était une sinistre tradition chez les vélanes, afin d'empêcher que quelqu'un ne l'arrache en marchant dessus pas du tout involontairement. C'était souvent arrivé, et pas pour le meilleur… elle n'en dit rien, mais à voir son visage fermé une courte seconde, je devinai que sa mère avait dû se faire violer à de nombreuses reprises.

Et probablement Fleur elle-même était le fruit d'un viol…

…penser ça ne fit qu'encore plus m'emplir de respect et d'affection pour sa mère. Quelle femme courageuse ! Chérir ainsi le fruit de son cauchemar, quelle force d'âme !

Nous dévorant chacun du regard, nous arrivâmes dans le hall du château dans un parfait silence, seuls les bruits de nos pas résonnant sur le sol. Oh, non pas qu'il n'y ait personne, loin de là, car toute l'école ou presque patientait que la grande-salle soit ouverte. C'était juste que nul ne s'attendait à ce que deux des champions sortent ensemble, ni même à pouvoir admirer une telle vue…

…par réflexe, Fleur serra ma main un peu plus fort, et je fis doucement de même pour la rassurer. Tant que je serai là, personne ne lui ferait du mal !

Nous fûmes bien vite approchés par diverses personnes. Au bras de Fred Weasley, ma lieutenante Susan vint nous saluer, nous souhaitant une bonne soirée avec un franc sourire, même si elle semblait un peu triste…

Très vite toutefois, McGonagall appela les champions et leur cavalier ou cavalière à venir la rejoindre dans une salle attenante au hall. Inutile que je vous décrive sa surprise et son air déçu en nous voyant main dans la main, Fleur et moi. La vieille bique n'était pas vraiment connue pour sa francophilie… ni pour son goût des fêtes, car elle paraissait encore plus sévère qu'habituellement. Nul doute qu'elle prévoyait de passer la soirée en compagnie de Rusard, à la poursuite des couples tentant de se dissimuler pour bécoter.

« - Messieurs et mesdemoiselles », commença-t-elle froidement, « en tant que champions du tournoi, vous allez avoir l'honneur de commencer la première danse, avant que ne débute le banquet, que là aussi vous inaugurerez, étant assis à la table d'honneur en compagnie des directeurs d'écoles et du ministre Fudge… » et merde, moi qui espérait pouvoir me trouver une petite table tranquille pour être en tête à tête avec Fleur…

» …c'est seulement après que vous serez libérés. Votre entrée dans la salle devra se faire aussi dignement que possible ! Tenez votre dos bien droit ! Si un seul d'entre vous fait honte à son école, comptez sur moi pour vous faire avoir une retenue dont vous vous souviendrez ! » Ben voyons…

Après ce discours chiantissime, nous pûmes enfin regagner le hall, intégralement vidé de tous ceux qui l'occupaient juste avant, puis nous mîmes en rang. McGonagall plaça en tête le couple que Luna formait avec Carl Anger. À ma grande surprise, elle ne semblait pas avoir eu la rancune tenace… sûrement avait-elle compensé avec des menaces. Le pauvre garçon avait intérêt à gagner le tournoi s'il ne voulait pas passer le restant de sa vie à lécher les pieds de la grognasse.

Venait ensuite le couple du champion de Durmstrang, Marleganicus Hüttle, qui était au bras d'Ekaterina Ridikulobov, une de ses compatriotes. Et quand je dis au bras, je devrais plutôt préférer l'expression "pendouillant à elle"… car elle était nettement plus grande que lui, dans le genre bulldog. Des cheveux bruns coupés très court, à la masculine, une robe noire dissimulant toute sa peau hormis la tête, même le cou étant ainsi emprisonné, des gants sombres semblant faire ressortir des ongles crochus, un surpoids clairement visible, un visage crabbement goylien et un air malfoyement fouineur, elle était certes effroyablement laide, autant de corps que d'esprit, mais avait l'avantage, du moins aux yeux de son compagnon, d'être une Pure. Berk.

Et enfin, placé tout dernier, venait le couple que je formais avec Fleur, duo magnifiquement complémentaire qui illuminait tout autour de lui. Et rien que penser ça, ce simple mot "couple", me fit avoir des papillons dans le ventre… Nous me paraissions avoir une telle présence que le hall me semblait minuscule par rapport à nous. En nous mettant à cette position, il était très probable que McGonagall ait voulu nous rabaisser, comme pour dire que nous n'étions bons qu'à fermer une marche. Mais en mon for intérieur, je sus inconsciemment que nous n'en serions qu'encore plus admirés par tout le monde. Nous rayonnions tant que rien n'aurait pu éclipser notre exemplarité. Placez-nous en tête, nous serions des rois suivis par leurs serviteurs, mettez-nous au milieu, nous serions des seigneurs entourés de leurs servants, offrez-nous la queue, nous serions des empereurs précédés des badauds déclamant nos honneurs.

Les portes s'ouvrirent finalement, et nous avançâmes dans la large allée laissée à notre intention par les spectateurs. Luna fut généreusement applaudie par tous ses groupies, et il fallait bien avouer qu'il y avait de quoi. Dans une robe magnifique, elle avait conservé ses habituelles couleurs -du blanc avec une ceinture d'or assortie à ses cheveux-, mais avait changé de tissu et de style pour un ensemble qui la grandissait remarquablement. Sa robe, ample de multiples couche dans sa partie basse, était toute fine en hauteur, presque transparente, et laissait voir sa peau de lait. C'était une vision magnifique, et je ne dis pas ça pour son désormais habituel décolleté qui laissait plus de sein en dehors que dedans, son moulage laissant clairement entendre que les tétons n'étaient pas une légende. Nombre de puceaux en eurent les yeux complètement exorbités, aidés par son sourire éclatant. Pour une femme ordinaire, ça aurait effectivement été sublime, mais pour qui connaissait sa véritable personnalité, tout cela paraissait plus glauque qu'autre chose…

Le couple des Purs ne fut quasiment pas applaudi, la plupart des convives n'ayant d'autre réflexe que reculer à la vue de la bête sauvage semblant prête à leur sauter dessus à tout instant. Il n'y eut guère que Malfoy pour les saluer, et encore lui-même s'esquiva-t-il dès que possible, comme effarouché à l'idée de se confronter à pareille preuve de sa pureté.

Et enfin… « On y va ? » murmurai-je à Fleur en lui souriant pour la rassurer. Et je fis le premier pas en lui serrant la main pour l'encourager, la menant à mes côtés.

Nous franchîmes la porte tel un couple divin ! Ce fut du moins l'impression que j'eu lorsque nous fûmes frappés par un tonnerre d'applaudissements. Tous mes petits chiens-chiens m'acclamaient aussi fort que possible pour tenter de contrer la popularité de Luna -et ils y parvinrent remarquablement bien-, et tous les puceaux se rendirent soudain compte que leur maîtresse n'était pas la seule vélane existante. Fleur les illumina de sa présence, et nombre d'entre eux reculèrent, comme frappés par la foudre en pleins yeux, ébahis de la voir si magnifique ! Mais alors qu'une certaine autre aurait pu s'en gargariser, faire gigoter ses seins tels de la gelée, déployer ses pouvoirs pour charmer les bosses de pantalon à portée et s'auto-flatter, ma chère et tendre se serra timidement contre moi, et baissa la tête craintivement, rougissante sans pouvoir s'en empêcher. Je lui serrai un peu plus la main, et la senti d'autant plus se détendre.

Nous gagnâmes l'estrade centrale et la piste de danse. Dans le monde sorcier, il était de tradition de commencer une fête comme ça… fort heureusement, je prenais des cours depuis de nombreuses années ! Et oui, puisque j'avais pour ambition de mener une carrière politique, ce qui induisait de devoir participer à de barbantes réceptions, et éviter les pieds grassouillets d'une multitude de truies… savoir danser était nécessaire si je ne voulais pas finir infirme prématurément !

Les trois hommes se placèrent sur la gauche de la salle, face aux femmes sur la droite. Une douce musique commença à s'élever, et nous nous saluâmes en nous inclinant profondément, avant de nous redresser pour se prendre les mains et commencer à valser. Regardant ma cavalière en plein dans les yeux, je lui souris tendrement, « je te souhaite une bonne fête Fleur » lui dis-je à l'oreille juste avant de la faire tournoyer. Elle me répondit en revenant à mes côtés, me parlant de ses yeux emplis d'étoiles. Aucun mot n'aurait pu en dire plus que ce message unique et inestimable.

Bien trop vite à mon goût, la musique prit fin, et avec elle la danse. Nous nous inclinâmes à nouveau face au public, qui applaudit poliment, tout en ponctuant ses claquements de mains de râles de couilles à vider. Pfff, les puceaux…

Tout le monde gagna une table avec son compagnon du soir, nous champions allant à la grande au centre, où nous retrouvèrent les directeurs d'école et… bwarf, le malheur du hasard fit que je me retrouvai à côté du ministre Fudge. Manquait plus que ça. Fort heureusement, il y avait une compensation, puisque Fleur restait à ma droite, et qu'elle-même côtoyait madame Maxime. Ainsi, elle serait en sécurité pour au moins la durée du repas. Pour ressentir ce bonheur, supporter un politicien à deux sous était un bien petit prix à payer.

À de nombreuses reprises, nous fûmes obligés de participer à toutes sortes de conversations orientées, du moins… devrais-je dire que Fleur fut totalement ignorée hormis par moi et sa tutrice, et que Luna fit de son mieux pour ne cesser de dire du mal de nous, et de ma chère en particulier. Mais je n'avais pas la langue dans ma poche moi non plus, et à chaque insulte plus ou moins franche, je répondis en faisant de mon mieux pour ridiculiser l'agresseuse.

La tempête passée, Fudge tenta de me parler politique, mais c'était malheureusement avec la vision étriquée qu'il en avait, c'est-à-dire rien de très intéressant… plutôt que supporter ses idées pitoyables, je fis de mon mieux pour lui exposer mes projets d'avenir -bien entendu pas les véritables, je ne suis pas suicidaire, mais des suffisamment clairs pour bien lui faire comprendre que je ne l'appréciais pas du tout, et que je comptais bien remuer le maggenmagot dès que j'en aurais l'âge.

« - Voyez-vous monsieur Potter, les difficultés de notre monde sont toutes dues à la plaie qui nous affecte depuis notre origine. Toutes ces créatures différentes qui nous minent de leur variété, c'est… »

« Comment ! » m'exclamai-je, outré, me sentant soudain pousser d'inexplicables ailes d'éloquence. Je n'avais jamais clairement fait part de mes idées politiques à quiconque hormis Luna, et entendre un tel étalage de médiocrité alors que ma main tenait la cible de ces propos m'indigna et me révolta.

» Comment ! Vous osez parler d'une politique de répression des libertés bienfaitrices ?! Alors même qu'il se trouve à cette table deux exemples de la magnificence de la diversité dont nous manquons terriblement ? N'avez-vous aucune honte, monsieur Fudge ? Qui plus est avec pour seul prétexte la satisfaction cupide de vos pitoyables ambitions personnelles ! »

» Non, ne m'interrompez pas ! Ne vous offusquez pas ! C'est inutile. Je ne vous ferai aucun mal, car tout mal est déjà fait. Tout le monde ici sait que vous n'envisagez le pouvoir dont vous disposez que comme un moyen de faire choir votre stupidité de sa source intarissable qu'est votre esprit pour la faire emplir le puits sans fond qu'est votre bourse ! »

» Vous prétendez que la diversité nous tue ! Vraiment ? Êtes-vous donc à ce point borné pour ne pas voir les ravages causés par la consanguinité ? Alors même que vos financiers -je n'ose dire vos électeurs, ce serait insultant pour ceux qui ont eu foi en vous- n'en sont que le plus pur produit ?! Ah, ça ! Pour oser insulter ainsi la beauté de notre monde, je n'oser imaginer quel esprit étriqué il faut avoir ! »

» Non, monsieur Fudge, ce qui nous ruine c'est notre renfermement sur nous même, notre refus de voir les solutions qui emplissent notre monde par la faute de notre seule médiocrité d'esprit ! La diversité des magies est la seule façon possible de sauver notre monde des dangers qui le guettent ! Il ne nous faut pas une destruction comme nous le faisons actuellement, il nous faut une union ! »

» Une union, oui ! Une union de tous les peuples magiques, afin de construire une société équilibrée, fondée sur le principe du complémentarisme des pouvoirs ! Une union qui ne laisse aucune place ni à l'intolérance haineuse, ni à la surtolérance stupide ! Une union où la pureté du sang serait enfin déclarée l'ennemi public ! Une union où cette pureté monstrueuse serait vue comme ce quelle est, le pire vice de toute l'Histoire de l'humanité ! »

Je me tu en me rendant compte que, sans m'en apercevoir, je m'étais levé et mis à discourir plus qu'à parler, et que toute la grande-salle s'était progressivement tue pour m'écouter. Inutile que je vous décrive les regards haineux. Par réflexe, je regardai le plafond magique, au-delà duquel se trouvaient dissimulés quelques-uns de mes mafieux, prêts à intervenir à tout moment, et me bénis pour cette précaution on ne peut trop paranoïaque.

« Merci », dis-je simplement en m'inclinant vers le public stoïque, et je repris ma place en faisant un petit clin d'œil à Fleur. Elle avait un sourire éblouissant qui en disait long… elle m'admirait soudain, et ça me rendit plus heureux que jamais auparavant.

Fudge n'osa plus m'adresser la parole après ça, évitant mon regard et me jetant de noires œillades. Stupide certes, mais pas au point de ne pas comprendre qu'il venait de se faire un ennemi ambitieux. Vexé, vaincu sans même avoir pu combattre, il s'en alla par la petite porte sans finir le repas, et on ne le revit plus. Dumbledore, joyeux avant mon effusion, était maintenant songeur, et ne prêtait même plus attention à sa soupe de citrons.

Le banquet prit fin -enfin !- et revint le moment d'aller danser. Libérés de nos obligations, j'invitai aussitôt Fleur à échapper à tout le cérémonial pompeux, et la remmena sur la piste, au milieu des dizaines d'autres couples qui allaient et venaient. Nous nous mîmes aussitôt à virevolter, discrètement guidés par un enchantement de danse recouvrant la piste, et qui nous faisait aller instinctivement là où il n'y avait aucun risque de heurter quelqu'un, fluidifiant ainsi nos pas et nous emmenant dans un monde féérique, fait de lumières tourbillonnantes et d'ombres fugaces qui nous isolèrent de tout dérangement. « Passes-tu une bonne soirée, Fleur ? »

« - Merveilleuse », me répondit-elle simplement, la gorge serrée, ses yeux en disant plus long que n'importe quel discours…

« - Que dirais-tu d'une petite ballade dans le parc, après cela ? » lui proposai-je, ce qu'elle s'empressa d'accepter d'un signe de tête ému, semblant ne pas croire en ce qu'elle vivait, elle qui était plutôt habituée à voir les fêtes dans les livres.

Nos pas nous guidèrent petit à petit vers la grande porte, et nous nous arrêtâmes soudain de danser pour nous retrouver tout étourdis par nos incessants tourbillons. Fleur se réceptionna en riant dans mes bras, se serrant contre moi un court instant, me laissant le nez dans ses cheveux… j'en fus comme drogué, et répondis à son étreinte aussitôt, m'enivrant de sa douceur.

Nous séparant à contrecœur, nous sortîmes au dehors en souriant. Le parc tout entier avait été recouvert de sorts de chaleur, si bien que nous n'eûmes pas du tout froid, et chaque recoin était décoré de petites lumières charmantes, nous permettant de marcher joyeusement. Fleur souhaitant probablement ne pas être trop en vue des autres badauds qui commençaient à arriver, je l'emmenai à l'orée de la forêt, dans une minuscule clairière, et nous nous assîmes sur un banc pour tranquillement discuter de tout et de rien. Ce fut un moment si doux que je ne parvins pas à quitter ses yeux du regard…

Plus d'une heure passa, lorsqu'elle me demanda « on retourne danser ? » avec un sourire si resplendissant que je perdis toute conscience, et me leva pour enfermer mes bras autour de sa taille, la faisant aussitôt virevolter dans tous les sens, et lui arrachant le plus beau des rires.

Minuit sonna et s'en fut, et vint le temps d'achever la fête. Nos cœurs ne parvenant pas à se séparer, nos mains et nos regards restèrent liés jusqu'à ce que se présente le carrosse de Beauxbâtons. « Après vous gente demoiselle », lui dis-je en m'inclinant, et nous montâmes les marches côte à côte.

Je raccompagnai Fleur jusqu'à la porte de sa chambre, simple cellule entre quatre murs, isolée des autres par le rejet et l'inaccessibilité de la perfection. Pendant plus de dix minutes, elle se tint dans l'encadrure de sa porte, et j'étais face à elle, et nous étions main dans main, yeux dans les yeux, et nous restâmes là sans parvenir à nous saluer.

« - Hum-hum ! » fit une voix, et nous sursautâmes comme jamais, nous tournant vivement pour voir madame Maxime sourire aux lèvres. Elle regagnait sa propre chambre, juste à côté de celle de Fleur. Je compris le message, et fis un baisemain à ma cavalière, qu'elle me rendit sur la joue. Nous ne nous dîmes pas au revoir, chacun sachant sans le savoir que seuls les corps seraient séparés, et que les esprits ne cesseraient de s'entremêler en pensées. Lorsque nos mains s'effleurèrent et se séparèrent, je laissai mon cœur dans sa paume, lorsque nos regards furent fusillés par un angle de mur, nous échangeâmes… nos âmes.

Je revins au château dans la plus totale obscurité, séparé de ma lumière, les lampes du parc et les torches des couloirs me guidant, et ce fut pour me coucher plus heureux que jamais, pour m'endormir comme éteint à défaut d'être étreint.

Au travers de la porte de la grande-salle, une autre vélane me vit passer, et d'une humeur massacrante ne dit rien, m'observant de sa glauquité, me dardant de ses tétons glorieusement dressés tels des défaites, me zyeutant de ses aréoles assiégeant ses étendards, pensant m'étouffer de ses renforts globuleux et blobants, écrasant sans pitié les pieds de son dernier partenaire assommé par ses pouvoirs. Luna ne pouvait s'empêcher d'éprouver une profonde haine pour Fleur, cette espèce de putain, elle ressentait une jalousie viscérale, une rivalité de femmes mues par leurs instincts, et maudit sa concurrente en pensée, car elle était en train de réussir là où elle-même avait échoué… charmer le Potter.

À suivre…

Je trouve ce chapitre magnifique, j'en suis très fier. Et vous ? Commentaire ?

Pour le nom d'Ekaterina Ridikulobov, il faut comprendre "ridicule" et "beauf"… hahaha, je me suis bien amusé en l'imaginant celle-là ! ^^

Oui je sais, il m'arrive d'inventer des adjectifs de nulle part. J'en suis conscient, je le fais exprès, car ça rend bien mieux je trouve. "Glauquité" signifie évidemment glauque, "blobant" est en référence à l'onomatopée désignant quelque chose agissant comme une surface de gelée.

Je gère une conversation sur Discord, où j'ai réuni plusieurs lecteurs et auteurs de talent. Vous êtes intéressé(e)s ? On y discute fanfics, on se lance des défis, on parle en vocal, et surtout on raconte une incommensurable masse de blagues de merde… n'hésitez pas à entrer en contact avec moi ! Pour me trouver sur Discord, cherchez NVJM#3762.