NVJM, rédigé 24 et 25/4/2018, publié 11/5/2018.
Harry Potter et l'histoire inachevée
Chapitre 69 : Crise d'amour
Confortablement assis à la table du petit-déjeuner, je morfalais tranquillement tout en lisant la gazette du sorcier. Comme d'habitude, tout y était absolument pitoyable, et ça me faisait mentalement souffrir le martyr, j'avais l'impression de perdre des neurones à chaque mot. Tout était rempli de "Dizénine Dizane a perdu son balai en plein match ! Vous ne devinerez jamais ce qu'il lui est arrivé ensuite !", et d'autres "Cette sorcière est incroyable ! Regardez-la réciter une publicité pour Astiqbalai® pour en savoir plus !". Mais que voulez-vous, il fallait bien s'informer sur ses ennemis pour essayer de traquer le moindre plus petit défaut… ou plutôt devrais-je dire savoir les trier, tant il y en avait…
Passant à la rubrique des faits divers, je vis encore une fois qu'il y avait mention de plusieures familles moldues qui avaient dû être exécutées pour que ne soit pas révélé le secret magique. Ce genre d'annonce était fourré dans un coin quelconque, comme si c'était sans importance… quelque chose de très révélateur était que "les braves sorciers éminemment courageux" qui avaient fait face "à ces moldus barbares et répugnants" étaient tous sans exception des sang-purs particulièrement Purs. Ça alors, quelle incroyable surprise. Pfff, voilà encore quelque chose qu'il faudra que je règle dans l'avenir…
« - Bonjour Harry ! » me dit une voix joyeuse. Me tournant, je vis que ma lieutenante Susan s'était assise à mes côtés pour prendre son repas.
« - Bonjour Susan, comment vas-tu aujourd'hui ? »
« - Très bien ! Que dirais-tu qu'on aille à la kermesse ensemble ? »
Ah oui ! J'avais oublié de vous dire ! Le tournoi des trois sorciers ne se limitait pas qu'aux seules épreuves, c'était aussi l'occasion pour Poudlard comme pour le gouvernement de mettre en avant toutes sortes de divertissements et d'évènements. Et après le bal de Noël, voilà maintenant une kermesse pendant les vacances de Pâques, où les trois écoles avaient été invitées à proposer des ateliers pour mettre en avant leurs talents respectifs, les ministères exposant les cultures propres de leur pays, et divers amusements égayant le tout. Ça promettait d'être un très beau week-end, surtout qu'il y avait un magnifique feu d'artifice prévu pour ce soir.
« - Désolé Susan, j'accompagne déjà quelqu'un d'autre », lui dis-je l'air contrit. Mais pas tant que ça, car vous avez bien entendu deviné qui allait venir à mes côtés.
Sortant de table, je retournai me laver et me faire beau, et remis le même costume que lors du bal. Fleur m'avait avoué en rougissant qu'elle me trouvait magnifique dedans… il ne m'en fallu pas plus pour le porter presque tous les jours.
Revenant dans le grand hall, je la vis de loin, adossée dans un coin de mur, solitaire et timide, les yeux baissés vers le sol telle une fleur fanée. Et lorsqu'elle leva la tête en entendant ma démarche typique, elle s'illumina soudain, devenant une étoile magnifique. Mon cœur se serrait chaque fois que je la voyais, et me semblait exploser à chaque bonjour que nous échangions, bien sûr meublé d'un petit bisou sur la joue. « On commence par quoi ? » me demanda-t-elle joyeusement en me prenant la main.
« - Dans l'ordre ? » proposai-je. « Il est tôt, on devrait avoir le temps de tout faire. »
Et ainsi fîmes-nous. Nous parcourûmes tout d'abord une zone où l'artisanat magique était mit en valeur, et il fallait avouer qu'il avait beaucoup de petits objets intéressants, souvent insolites, mais parfois aussi très pratiques, comme par exemple de la poudre de cheminette de beauté, qui vous recoiffait et vous remaquillait automatiquement au sortir de la cheminée… bon ok, ce n'était pas encore au point vu que ça se contentait d'étaler la suie, mais il y avait de l'idée !
Après cela, nous arrivâmes dans la partie consacrée au monde magique en général et à sa diversité. Nous y entrâmes tous joyeux, et…
« - Venez découvrir ces appeaux à bétail, idéaux pour tuer des impurs ! Appeaux à vampires, appeaux à loups-garous ! »
« - Peaux de géants, venez découvrir notre nouvelle collection de peaux de géants ! Toute fraiche prélevée de ce matin ! Résistance garantie ! »
« - Vêtements en cheveux de vélane, venez découvrir notre nouvelle collection en poils de bétail ! Prix réduit, la récolte a été bonne cette année ! »
…Fleur se crispa et se mit à trembler incontrôlablement. Je l'attirai contre moi et nous fîmes aussitôt demi-tour. Mais ça n'empêcha pas toutes ces horreurs de continuer à nous suivre de loin.
« - Vagins de nymphes, fraichement prélevés ! Jeunes adolescents, venez acheter ces vagins de nymphes tous frais ! Parfaits pour vos envies nocturnes ! Seulement trois mornilles le vagin de nymphe ! Tous les âges sont disponibles d'un à cinquante ans, virginité garantie ! »
« - Ailes de fées, venez arracher des ailes de fées ! Concours d'arrachage d'ailes de fées pour les plus petits ! Venez amuser vos enfants en arrachant leurs ailes à des fées ! »
« - Pour les plus virils, tir au strangulot ! Messieurs, venez tester votre adresse au tir au strangulot ! Un gallion à ceux qui parviennent à leur faire exploser la tête ! »
« - Mesdames, venez admirer l'efficacité de nos cosmétiques ! Sang de vélane adulte pour vos masques de beauté, cyprine pour faire briller votre peau ! Tous nos produits sont fraichement prélevés quelques secondes avant la vente ! »
…J'en eu la nausée, et nous nous dépêchâmes de nous éloigner autant que possible. Fleur avait les larmes aux yeux. Nul doute qu'elle faisait de son mieux pour maîtriser ses pouvoirs et son horreur avec son occlumancie. « C'est fini, on n'y retournera plus », la consolai-je dans un recoin en la serrant dans mes bras et en lui embrassant les cheveux. Et je lui faisais des ronds dans le dos pour l'aider à se reprendre.
Elle se ressaisit tant bien que mal après quelques minutes, et me fit signe que nous pouvions continuer. Mais… quelque chose dans son regard avait changé. Il s'était illuminé ce matin en me voyant, et le voilà éteint… savoir qu'une de vos sœurs vélanes était en train de se faire décapiter vivante à quelques mètres de vous pouvait faire cet effet là.
Faisant le tour de tout le parc pour esquiver l'horreur, nous nous dirigeâmes de l'autre côté de la kermesse. Là, diverses tentes avaient été dressées, et des conférences de toutes sortes avaient lieu. L'une d'elles en particulier était presque pleine à craquer. Nous y entrâmes par curiosité.
…et à peine fûmes-nous dedans que le conférencier s'arrêta de parler pour nous regarder, comme stupéfait de nous voir. Interloqués, tous les badauds l'écoutant se tournèrent vers nous. Beaucoup nous pointèrent du doigt. Mais que se passait-il ?
« - …peu importe, reprenons, » dit le péquenaud sur l'estrade. « Nous en étions au moment où les vélanes ont été punies de leurs méfaits par une correction exemplaire ! Emprisonnées comme il se doit dans d'agréables prisons, ces criminelles furent condamnées à approvisionner nos potionnistes… »
…Fleur lâcha ma main et sortit en courant, complètement effondrée.
« - Fleur ! » l'interpellai-je, et après avoir lancé un regard assassin sur les autres attardés, je me dépêchai de courir dehors pour la rattraper. La voyant de loin quitter la zone de la kermesse, je la suivis aussi vite que possible, et parvins à la rattraper alors qu'elle allait revenir dans le carrosse de Beauxbâtons, sûrement pour s'effondrer en pleurs sur son lit. « Fleur ! » lui dis-je en lui prenant la main juste à temps, et en l'attirant contre moi. Elle se serra dans mes bras comme si sa vie en dépendait, complètement abattue, inondant mes vêtements de larmes.
Soupirant, je décidai de l'emmener dans un coin tranquille. C'en serait fini de la kermesse, après moins d'une heure… mais en revanche, j'avais bien l'intention de quand même passer la journée avec elle ! Pas question de la laisser toute seule ! Je me sentirais aussi barbare et sans cœur que les autres attardés sinon…
Lui prenant gentiment la main en la rassurant de mots doux, je la guidai jusqu'à l'orée de la forêt interdite, et nous en gagnâmes rapidement une partie assez proche du château pour être sans danger, et assez éloignée pour que nous soyons tranquilles toute la journée. C'est ainsi que nous débouchâmes dans une magnifique petite clairière, déjà verdoyante en ce début de printemps.
Nous asseyant contre un arbre, je continuai durant un long moment à la serrer contre moi, alors que ses pleurs ne cessaient pas. Elle se blottit dans mes bras sans attendre, et je lui caressai les cheveux et la joue inlassablement, faisant de mon mieux pour la consoler. Et, gagnée par l'épuisement, elle s'endormit paisiblement. Soupirant, je l'enserrai encore un peu plus en un signe protecteur, et me mis à penser.
Tout ce que nous avions vu et entendu était vraiment horrible, il n'y avait tout simplement pas de mots pour décrire la décadence du monde sorcier. Oser faire de telles choses, et appeler cela de l'art, de la tradition, de la noblesse ! De la barbarie, oui !
Je songeai un instant qu'il faudrait peut-être que j'accélère mes projets. Attendre ma majorité pour entrer en politique me donnerait bien d'autres tristes occasions de voir pleurer Fleur, et ça, il n'en était pas question ! Ça me fendait le cœur à chaque fois…
Midi sonna au loin, et Fleur dormait toujours dans mes bras. Je la laissai faire avec plaisir. La sentir serrée contre moi était un bonheur indescriptible, surtout avec la douceur de ses cheveux effleurant mon visage, et son parfum de rose enchanteur… pris d'une envie soudaine, je ne pus m'empêcher de couvrir sa soie et son front de multiples baisers.
Il était presque quinze heures lorsqu'elle se réveilla. Au loin, un concert avait commencé, et cette cacophonie hideuse l'avait tirée de ses songes. Probablement s'agissait-il d'une démonstration de nécromancie censée réveiller un mort. Il y avait de quoi.
« - Quelle heure est-il ? » me demanda-t-elle en s'étirant. Mon cœur manqua un battement alors que je la regardai. Si mignonne !
« - Quinze heures » lui dis-je doucement. Se relevant prestement alors que je restai adossé contre l'arbre, elle en rougit aussitôt de gêne.
« - Tu… tu es resté là depuis neuf heures ce matin ?! » elle semblait ne pas y croire. Il faut dire qu'elle n'y avait pas été habituée.
« - Oui… tu étais triste, je n'allais pas te laisser. Et puis je t'avais promis que nous passerions cette journée ensemble. » Il n'en fallut pas plus pour qu'elle rougisse encore, cette fois-ci de plaisir. Elle s'attendait visiblement à être abandonnée, comme bien trop souvent auparavant. Que ce ne soit pas le cas était quelque chose de nouveau qui la touchait au cœur.
« - Merci », me dit-elle d'une toute petite voix. Je lui répondis d'un grand sourire.
« - Que veux-tu faire maintenant ? » lui demandai-je. Elle se mit à danser sur un pied, encore gênée, ne sachant que dire.
« - Euh… je ne sais pas… et toi ? » disant cela, elle me dévorait du regard, et je le lui rendais bien.
« - Oh, du moment que je suis avec toi… » je rougis aussitôt à mon tour ! J'avais dit ça sans pouvoir m'en empêcher. Mon cœur avait parlé au dépend de ma langue.
Jetant un regard gêné sur Fleur, je la vis complètement immobile, comme pétrifiée de peur. Elle me regardait fixement, paraissant… morte ? « Fleur ? » l'appelai-je, inquiet. « Ouh-ouh ! Fleur ? Tu vas bien ? » Mais que lui arrivait-il ? Je commençai à me relever pour venir à ses côtés, quand…
…sans prévenir, ses cheveux commencèrent à reluire de magie, d'abord très faiblement, mais ce fut suffisant pour m'hypnotiser. Quelle magnificence ! Tout aussitôt, l'air s'emplit d'une odeur merveilleuse, le parfum de rose d'une fleur en pleine éclosion. Sans pouvoir me retenir, je humai cette perfection à pleins poumons, sentant mon esprit partir au paradis.
« - Qu'est-ce que tu as dis ? » me demanda-t-elle sur un ton étrange, qui résonnait dans mon esprit comme mes propres pensées, envahissant le moindre recoin de mon âme.
Une voix s'éleva et répondit « je veux rester avec toi », et il me fallut un moment qui me parut une éternité pour m'apercevoir que c'était moi qui avait parlé. L'esprit tout engourdi, je vis Fleur s'entourer d'une aura de magie d'une somptuosité que je n'avais jamais vue, même jamais imaginée. Il n'y avait tout simplement pas de mots pour décrire cette beauté.
Mon admiration cessa alors qu'un choc soudain m'entrainait à terre. Je revins un instant à la réalité lorsqu'une ombre me recouvrit, et un clignement d'œil plus tard, je vis le visage de Fleur au-dessus de moi. Elle versait des larmes à n'en plus finir, mais pourtant souriait de sa plus grande joie, les yeux en cœurs, semblant plus heureuse que jamais.
Lentement, comme paralysés par sa magie, l'esprit déconnecté du reste de nos corps, elle me caressa la joue d'une main, puis la fit descendre le long de sa robe. Elle écarta un pan de tissu, et sans prévenir fit jaillir une aréole, puis le sein entier, puis l'autre, et découvrit tout son haut, laissant retomber le tissu sur ses fesses.
Ne sachant plus ce que je faisais, mon instinct parlant sans que j'ai le moindre contrôle, je me redressai un peu pour me saisir de sa gloire, et apporta ses tétons ensemble contre ma bouche, les titillant de ma langue comme si c'était la plus naturelle des choses.
J'ignore combien de temps je restai là à faire ça. J'avais perdu toute notion de durée alors que je sentais sa magie s'écouler en moi comme du petit lait. Sa magie, et aussi sa beauté. Tout mon esprit était désormais comme envahi par l'image de sa magnificence. Je ne parvenais plus à penser à quoi que ce soit d'autre qu'être à elle.
Après quelques bienheureuses minutes à téter sa magie, elle cessa de me serrer la tête entre ses bras et contre ses seins, et se releva, toujours le regard fou, pour faire tomber le reste de sa robe, vite suivit par le moindre vêtement. Il ne me fallu qu'un instant pour sentir mon pantalon comprimer mon entrejambe, et ce fut si intolérable que je ne pus m'empêcher de m'en débarasser, faisant jaillir mon membre glorieusement dressé.
Fleur poussa toute une succession de petits cris d'excitation. La regardant, je la vis le regard perdu dans sa magie, admirant mon sexe comme s'il s'agissait de la plus belle merveille qu'elle avait jamais vue, et moi-même ne pouvait m'empêcher de faire de même pour le sien. Chacun paraissait si beau à l'autre, si… complémentaire…
Alors nous commençâmes à bouger, et sans mot dire elle se lécha les mains, et se saisit de moi pour me lubrifier de sa salive, me faisant ressentir plus de plaisir que jamais auparavant. Bien entendu, comme tous les garçons il m'était déjà arrivé de prendre du plaisir nocturne, mais ce n'était absolument rien en comparaison de ce que je ressentais soudain ! Et je me cabrai sans pouvoir me retenir, penchant la tête en arrière, les yeux exorbités de bonheur, alors qu'elle approchait mon gland de ses lèvres pour l'embrasser et l'engloutir tout entier…
« - …AH ! »
Je criai en entendant soudain une alarme raisonner dans ma tête, et sortis de ma torpeur pour revenir à moi ! Comprenant en un instant ce qui était en train de se passer, je dressai aussi vite que possible la totalité de mes boucliers d'occlumancie, et repoussai Fleur juste à temps, juste avant qu'elle ne se dévierge elle-même ! Elle tomba au sol pour se relever aussitôt, jaillissant sur moi à une vitesse fulgurante, et tenta tout son possible pour à nouveau s'unir à moi ! Mais non, il ne fallait pas !
Je fis de mon mieux pour la réveiller, l'appelant sans cesse de « Fleur ! Fleur ! » suppliants, mais rien n'y fit ! Elle tenait mon membre d'une poigne de fer et faisait tout son possible pour l'approcher d'elle, pour s'empaler sur lui ! J'étais bien plus fort qu'elle, mon entrainement physique soit béni, et pourtant je ne pus rien faire, c'était comme si sa magie démultipliait sa force ! Elle me projeta de nouveau au sol et me maintint à moitié immobile, reprenant aussitôt sa place sur moi. Elle avait perdu tout contrôle, s'était complètement abandonnée à ses pouvoirs ! Par ma folie, que faire ?! Mais que faire ?!
« - LÉGILIMENS ! » hurlai-je, pris d'une soudaine inspiration. Et alors qu'elle se laissait retomber sur moi, mon gland effleurant son hymen, elle se figea soudain sous le choc de mon attaque ! J'y avais mis toute ma puissance, et en profitai aussitôt pour dresser dans son esprit le plus puissant bouclier d'occlumancie que je pouvais invoquer ! J'enveloppai sa conscience d'une sphère de mes pensées, luttant un instant contre la force de ses pouvoirs qui jaillissaient tel un torrent du moindre recoin de son cerveau !
Elle tomba soudain à la renverse, me lâchant juste à temps, et s'effondra au sol. Je ne me déconcentrai pas pour autant, et pris tout le temps nécessaire pour fortifier au maximum ces nouvelles défenses.
Lorsque je sortis de son esprit, je sentis comme une chape de plomb s'abattre sur moi, et m'effondrai de nouveau au sol. Par ma folie, je ne me souviens pas avoir déjà été autant épuisé ! Haletant quelques instants, je me repris et me dépêcha de me redresser sur les coudes, quand…
…mon regard tomba sur Fleur. Elle s'était relevée, et plus aucune magie n'exsudait de son corps. Elle avait reprit le contrôle de ses pouvoirs, la crise était passée. Mais… la regardant droit dans les yeux, j'y vis plus encore d'horreur que quelques heures auparavant. Les bras croisés sur ses seins nus, les ongles lui déchirant le visage, la bouche tordue de douleur, les yeux terrifiés, elle poussa soudain un strident cri de détresse, paniquée, et se détourna pour fuir.
« - Fleur ! Fleur, attends ! » lui criai-je ! Et sans faire attention à ma propre nudité, je me relevai sans attendre pour courir à sa poursuite !
Il ne me fallu pas longtemps pour la rattraper, juste à temps avant qu'elle ne quitte la forêt. « Fleur ! Attends ! » la suppliai-je encore en lui attrapant la main, l'arrêtant nette. Sa crise terminée, elle n'avait plus aucune force, n'était plus une incontrôlable furie de la reproduction, mais juste une jeune vélane en pleurs.
Je l'attirai tout contre moi, voulant la serrer dans mes bras. Comme terrifiée, pleurant sans pouvoir s'arrêter, elle fit tout son possible pour fuir, mais je l'entourai de mes bras fermement, la forçant à rester en place. « Lâche-moi ! » pleurnichait-elle. « Je suis un monstre, lâche-moiaaaaah ! »
« - Et pour quoi faire ? » dis-je en lui mettant la tête dans mon cou et en la soulevant pour la ramener plus près du cœur de la forêt. Machinalement, elle serra ses jambes autour de moi, prête à l'acte. Son corps disait totalement l'inverse de son esprit. Elle se troubla encore un instant en sentant nos deux sexes se frôler de nouveau au hasard de nos mouvements, mais le bouclier que j'avais dressé tint heureusement bon.
« - Lâche-moi ! » répéta-t-elle en se débattant pour me faire perdre prise, mais rien n'y faisait. « Je suis un monstre ! Lâche-moi, laisse-moi aller me faire découper là-bas comme ma sœur ! Je ne mérite que çaaaaah ! Aaaaaah ! » Elle était en train de devenir complètement hystérique.
« - Pas question Fleur, » lui dis-je tendrement. « Tu vas rester à côté de moi. » Je me rassis au sol contre l'arbre de tout à l'heure, et pour contrer tout risque, je mis nos vêtements par-dessus mon sexe, pour éviter que nous entrions en contact par là.
« - Non, NON ! Je suis un monstre ! Je t'ai fait du mal, je t'ai violé ! Je mérite de mourir ! » Elle hurlait ça en faisant tout son possible pour se débattre et s'enfuir, mais je ne la lâchai pas, la maintenant contre moi en faisant appel à toute ma force. J'y étais résolu, pas question de la perdre ! Et rien ne pourrait me faire lâcher prise désormais, ni ses pouvoirs, ni ses ongles me griffant la peau, ni ses pleurs, ni ses seins se baladant contre mon torse, rien !
Mais que faire pour la calmer ? Déjà dix minutes après la fin de la crise, elle continuait encore à se débattre. J'avais la peau du dos en sang, je lui racontai des mots doux autant que possible, mais rien n'y faisait. Elle était si horrifiée d'elle-même que si je la relâchais, nul doute qu'elle tenterait de se suicider tant elle paraissait se dégoûter.
« - Je t'aime », lui dis-je soudain à l'oreille, laissant parler mon âme. Elle se figea aussitôt, et le silence revint dans la clairière.
« - Que… qu'est-ce que tu as dit ? » murmura-t-elle entre deux larmes.
Je la regardai dans les yeux avec un doux sourire, et approcha nos deux fronts pour lui dire à nouveau « je t'aime ». Et je ne la lâchai pas, la tenant avec douceur, et lui fit un petit bisou sur la joue. Le baiser n'avait pas cours dans le monde magique, alors entre chaque « je t'aime » tendrement répété, je lui embrassais une larme, puis l'autre, les bénissant toutes au fur et à mesure qu'elles s'écoulaient de ses yeux.
« - Mais… mais… » elle semblait ahurie, ne croyant ce que je lui disais. « Avec ce que je t'ais fait ? » Je hochai la tête pour lui faire comprendre que ce n'était rien, que je ne lui en voulais pas du tout.
« - Je t'aime », me contentai-je de répéter, encore et encore.
« - Mais ! Je ! J'ai faillis te briser l'esprit avec mes pouvoirs ! » Une chose était sûre, elle était en train de se briser le cœur.
Elle faillit recommencer son hystérie, que j'interrompis juste à temps en lui soufflant « mon esprit t'appartiens déjà ». Et alors que je battais en brèche le moindre de ses doutes, elle ne trouva bientôt plus rien à objecter, et resta là à me fixer, parfaitement immobile…
…et fondit à nouveau en pleurs. De soulagement. Et se serra contre moi comme si sa vie en dépendait.
Effleurant son esprit par sécurité, je me rassurai en voyant que tout allait bien, mon bouclier tenait bon et ses pouvoirs s'étaient calmés. Alors je répondis à son étreinte, réalisant vraiment la signification de ce que je venais de dire… et en ressentis une pleine satisfaction.
Sortant de mes pensées, je remarquai que le soleil commençait à se coucher. Fleur ne faisait plus un geste, et en penchant la tête pour la regarder, je la vis endormie. Elle était si épuisée qu'elle avait finalement cédé… et entre les bras de celui qu'elle appelait certainement son mâle charmant, elle sommeillait telle une ange.
Soupirant de tendresse, je la déposai au sol tout doucement, à contrecœur, et me rhabillai sans attendre. Rougissant, je fis de même pour elle, lui remettant tant bien que mal ses vêtements, puis la repris dans mes bras en la soulevant telle une princesse, ce qu'elle avait peut-être l'impression d'être en se serrant machinalement contre moi.
Contournant la kermesse pour m'assurer de ne pas être dérangé par les badauds, j'arrivai finalement au carrosse de Beauxbâtons, et ouvris tant bien que mal la porte opposée au château, afin que personne ne nous aperçoive entrer. Je soupirai de soulagement en voyant que le hall était parfaitement vide, et gagnai rapidement la chambre de Fleur, l'ouvrit du pied, puis déposai mon aimée sur son lit, la recouvrant tendrement de ses couvertures. Et je me laissai tomber sur une chaise, épuisé moi aussi.
Maintenant, quelles allaient être les conséquences de tout ceci ? Je ne pensai pas qu'il y aurait quoi que ce soit de grave, pour moi comme pour elle, car j'avais réussi à tout arrêter avant qu'il n'y ait de relation sexuelle. Mais concernant ses pouvoirs ? Les livres que j'avais lu au sujet des vélanes étaient tous affirmatifs, pour que leurs pouvoirs soient liés à leur mâle, outre le jaillissement des auras, l'hypnotisation commune et tout ça, cela nécessitait dans l'ordre pénétration, jouissance commune, éjaculation interne, et de fait fécondation. Et c'est à ce moment là, dans la plus parfaite union des corps et des magies, que les pouvoirs de la vélane se liaient irrémédiablement à ceux de l'homme.
Mais, et si ce n'était pas le cas ? Si un simple effleurement des sexes suffisait, comme ce qui nous était arrivé ? Mon cœur se serra lorsque je m'imaginai qu'elle était peut-être désormais prisonnière de mon amour… certes, je ferai de mon mieux pour l'aimer et la rendre heureuse, mais ce serait une prison tout de même. Qu'elle soit dorée n'y changerait rien.
Que faire ?
Pensant cela, je compris que je ne parviendrais pas à résoudre mes doutes par moi-même, il me fallait des conseils. Mais qui ? Peter ne pouvait en aucun cas venir, ce serait trop risqué, et de toute façon il ne connaissait rien aux vélanes. Et le temps qu'il fasse des recherches, les problèmes seraient déjà là.
La réponse me vint comme une révélation. Madame Maxime ! Nul doute qu'avec sa proximité avec Fleur, elle devait avoir de solides connaissances sur les vélanes, ne serait-ce qu'au cas où ! De toute façon, je n'avais guère le choix.
Prenant ma baguette, je fis apparaître un patronus corporel, et eu un instant de surprise en voyant que mon lys habituel, symbole de maman-chérie, avait été remplacé par tout un bouquet, fait de roses et d'édelweiss mêlées… et il était absolument magnifique. Loin des nuages d'argent habituels où on ne voyait aucun détail, celui-ci en était si empli qu'hormis la couleur, on croirait avoir de vraies fleurs sous les yeux. Cela démontrait la force de ce qu'il représentait… Me reprenant en sursautant, je lui dis « va chercher madame Maxime, et dit-lui à l'oreille de venir d'urgence, car il y a un très grave problème avec Fleur ». Et dans un bruissement de pétales traduisant un « bien reçu ! », il partit sans attendre.
Me retournant vers Fleur, je me perdis dans sa contemplation, et me saisis d'une de ses mains, l'enserrant dans la mienne pour la caresser tendrement, admirant ma belle endormie avec un sourire.
Je sortis de mes pensées en entendant des pas précipités arriver dans le couloir ! « Que se passe-t-il ?! » cria madame Maxime en entrant toute paniquée dans la chambre.
« - Chuuuuuuut ! » lui soufflai-je, un doigt devant la bouche, en lui indiquant Fleur. Elle se tut aussitôt, et m'attrapa par le col pour m'emmener dehors, sa poigne de demi-géante me soulevant du sol sans aucun problème. Et alors que je relevai la tête pour la regarder, je sentis mes tripes se tordre de peur. Elle avait les yeux enflammés de colère !
« - Que s'est-il passé ?! » hurla-t-elle tout bas en me toisant sévèrement, de sa voix usée d'avoir trop parlé aujourd'hui, le repos de ma belle fort heureusement protégé par les sorts de silence isolant sa chambre.
N'ayant guère le choix et ne souhaitant de toute façon pas y échapper, je lui expliquai alors tout ce qu'il s'était passé dans la journée. Nos heureuses retrouvailles, puis la kermesse et toutes les horreurs qui s'y trouvaient, les pleurs de Fleur… « Oui » me dit-elle, « j'ai vu ces choses moi aussi, et j'en ai touché un mot à Dumbledore et à votre ministre ». Ah, alors ça explique sa soudaine aphonie. Effectivement, elle est connue pour sa protection acharnée des différents peuples magiques. Brave femme.
Me tordant de peur sur un pied, j'en vins à la soudaine crise de Fleur, sa perte de contrôle de ses pouvoirs, puis sa tentative de se lier à moi. Sachant bien que ça pouvait être important dans le diagnostic, je ne cachai même pas l'effleurement de nos sexes et nos corps nus enlacés, m'efforçant de ne pas prendre un air rêveur en disant cela, puis en vins à ma reprise de conscience et mon attaque sur son esprit. Madame Maxime me regarda l'air très sceptique, et sans prévenir me jeta un sort qui me fit être complètement emprisonné dans des liens magiques ! Et alors que je n'avais aucunement l'intention de résister, du moins tant qu'elle ne devenait pas menaçante, je la vis entrer dans la chambre de sa protégée.
Elle en ressortit quelques minutes plus tard, l'air surprise. Après avoir refermé la porte, elle me dit « Je viens de vérifier vos dires monsieur Potter. Votre bouclier d'occlumancie est effectivement là, et je dois dire que c'est de l'excellent travail. Vous avez un talent incontestable dans les arts de l'esprit. » Je hochai la tête pour la remercier. « J'ai aussi vérifié les souvenirs de mademoiselle Delacour, et tous concordent avec vos dires. Je n'ai pas non plus repéré la moindre trace de falsification, et croyez bien que j'ai de l'expérience là-dedans… » Elle se tut en me regardant sévèrement. Elle doutait encore.
Soupirant, je pris ma folie à pleine main, et récitai sans hésiter « Moi, Harry James Potter, je jure sur ma vie et ma magie n'avoir fait aucun mal à Fleur Delacour ici présente, ni n'avoir aucune intention de lui en faire. Je l'aime sincèrement. Ainsi soit-il. » Mon corps entier s'illumina un court instant, garantissant la validité du serment, et je sortis ma baguette pour lancer un petit lumos, preuve indiscutable de la véracité de mes propos.
Madame Maxime s'apaisa aussitôt, poussant un grand soupir de soulagement. « Tout est donc bien qui finit bien… soyez béni monsieur Potter, un jeune homme comme vous est une perle rare ! »
« - Merci madame. »
« - Allons, vous pouvez retourner dans vos quartiers désormais, je me charge de veiller sur mademoiselle Delacour. Et ne parlez à personne de ce qui est arrivé ! Ça la mettrait en danger de mort ! »
« - Je préfèrerai rester à son chevet », dis-je en affichant un air déterminé.
« - Laisser un garçon aux côtés d'une jeune fille sans défense, je ne crois pas que… » elle paraissait choquée d'entendre ça.
« - Nous ne sommes pas liés de corps, mais le sommes déjà d'esprit. Rien ne pourra plus empêcher notre amour désormais. Bonsoir madame. » Je refermai la porte de la chambre derrière moi. Et lorsque retentit le feu d'artifice de la kermesse, je ne parvins pas à savoir si les explosions que j'entendais venaient de la poudre crépitante ou de mon cœur palpitant…
Cette nuit-là, une jeune vélane dormit parfaitement bien, serrée dans les bras de son mâle charmant veillant sur elle…
…
À suivre…
Mignon ce chapitre, non ? Dites ce que vous en pensez en commentaire ! ^^
