NVJM, rédigé 17, 19, 20, 22, 27, 31/5/2018 et 1/6/2018, publié 1/6/2018.

Harry Potter et l'Histoire inachevée

Chapitre 72 : Espionnage

La guerre. Enfin. Voici venir cette tant attendue guerre de la magie. Et je ne suis pas prêt ! Des années maintenant que je fantasmais en secret sur la succession de batailles que je comptais provoquer, sur tous les chiens Purs ou corrompus que je rêvais de condamner à mort… et voilà que tout devait commencer bien plus tôt que je ne le souhaitais !

« - Harry ! Tout va bien ? » Me cria Peter en se précipitant vers moi, toujours encapuchonné et escorté par plusieurs de nos gardes d'élite. Nombre de regards se tournèrent aussitôt vers nous, et je lâchai la main de Fleur pour soudain me métamorphoser. D'élève effrayé, je passai sans prévenir au stade de chef de guerre. Les bras croisés derrière le dos, glorieusement dressé, le visage fermé, il ne me manquait plus qu'un peu d'artifices et tout serait parfait !

« - Peter, où en sont nos troupes ? » je demandai ça sur un ton calme, mais, vif d'esprit, je me lançai discrètement un léger sort d'amplification sonore pour que tout le monde nous entende et comprenne. Il le remarqua aussitôt, et comprit qu'il ne fallait pas parler de choses sensibles.

« - Les mitrailleuses font leur boulot » comme le confirmaient le vacarme et les hurlements venant de non loin, « l'ennemi a déjà reculé, laissant plusieures centaines de cadavres à l'orée de la forêt. Nous sommes en train de reboucher l'entrée aménagée à l'improviste, et la totalité du dôme est mise sous surveillance. La moindre faille sera repérée avant même sa survenue ! Et j'ai d'ores et déjà appliqué le plan d'urgence, nous sommes sur le pied de guerre ! »

« - Très bien ! Maintenant, dès que les infirmiers auront fini de s'occuper des blessés, fait venir des tentes, et monte un camp pour loger tous les survivants. Il faudra qu'il soit gardé h24, avec un couvre-feu strict ! Quiconque sortira sans autorisation sera exécuté sans sommation ! Suis-je clair ? »

« - À tes ordres ! »

« - Va ! Et laisse les gardes avec moi, j'ai à faire… » il s'exécuta aussitôt, me faisant un rapide salut au garde à vous, puis courut accomplir sa mission.

Je me retournai vers mes camarades pour les voir l'air ahuris. À l'exception de Luna qui s'en doutait bien, aucun ne s'attendait à ça ! D'ailleurs, il était probable que peu parvenaient à comprendre… j'allais les réveiller, parole d'Harry ! Puisque s'en était fini de ma vie d'élève de Poudlard et que je devais devenir dictateur plus tôt que prévu, alors soit ! Que ma folie s'éveille !

« - Votre attention ! » dis-je bien fort et inutilement. Tout le monde me regardait déjà en attendant la suite, quelques coups d'œil stressés zyeutant les fusils et kalachnikov de mes gardes. Même les quelques sang-pur racistes sauvés dans le tas paraissaient effrayés. Avoir vu la science des moldus à l'œuvre semblait leur avoir fait comprendre qu'ils ne plaisantaient pas…

» Votre attention ! Maintenant que nous sommes aux abris, nous allons devoir nous organiser pour passer la nuit en attendant de pouvoir en apprendre plus sur les évènements en cours ! Que tous se regroupent par affiliation de sang, les Purs à ma droite, les autres à ma gauche ! » Il n'y eut aucun mouvement, nombre me regardant avec méfiance lorsqu'ils ne jouaient pas au poisson. Bien évidemment, avec tous les faux moi qui avaient massacré gaiement dans le parc, il fallait s'y attendre… et tous les regards lubriques qui regardaient Fleur sans s'en cacher ! La pauvre, elle se tenait toute seule à l'écart, tremblotante, craignant la foule et n'osant pas s'approcher de moi car surprise par la tournure que prenaient les évènements…

Lassé d'attendre, je fis un signe de main à mes soldats, et ils s'empressèrent de braquer leurs armes sur les autres bouseux. « Exécution ! » criai-je de nouveau. Il y eut un mouvement de recul général.

« - Pourquoi veux-tu faire ça ?! » demanda tout haut une voix bien connue. Je l'avais oubliée celle-là… se faufilant tant bien que mal, Luna parut au devant de la foule, tous nichons sortis ou presque, tétonnant tout le monde.

« - Miss Lovegood, soyez la bienvenue sur le territoire de l'Union magique légitime ! » dis-je bien haut pour la devancer. « Vous êtes présente ici avec le statut de réfugiée de guerre, et serez protégée pour cette raison, mais veillez à ne pas outrepasser les limites ! La frontière est frêle entre votre cas et celui d'une criminelle… » un soubresaut de fusils venu de mes gardes fit comprendre sans équivoque possible qu'elle avait intérêt à proposer une bonne raison pour que je la tolère, sans quoi elle ne passerait pas l'heure.

« - Monsieur Potter, vous n'êtes qu'un imbécile violent ! Vous… » mais craignant son éloquence et le mal qu'elle pourrait me faire, je l'interrompis sans hésiter, sachant quoi faire pour emporter notre joute verbale car ayant de longue date imaginé toutes les situations possibles.

« - Allions nos forces, Miss Lovegood ! Nous sommes tous deux pour l'instant dans une situation emplie de méconnaissance, ce qui est extrêmement dangereux. Mettons en commun nos capacités afin de combattre le nouvel ennemi qui se présente ! » elle resta coite de surprise quelques instants, ne semblant pas s'y attendre. Nul doute que pour elle, je n'étais rien de plus qu'un "dangereux imbécile", pour reprendre son expression. Elle allait avoir de quoi être surprise !

Réagissant rapidement, elle se reprit et se recomposa un décolleté, éructant violemment « Il est hors de question de nous allier, monsieur Potter ! Vous n'êtes qu'un dangereux imbécile, un meurtrier sans foi ni loi ! » Qu'est-ce que je disais ! C'est son insulte préférée…

« - Est-ce votre dernier mot ? » murmurais-je froidement, la menace clairement entendue et comprise par tout le monde. Les kalachnikovs de mes esclaves se redressèrent, prêtes à tirer. Puisque cette folle ne voulait pas d'alliance, il ne me restait plus qu'à tenter de l'impériumer pour détruire son esprit et utiliser ses talents à mon avantage. Et si je venais à échouer, alors une vélane de plus ou de moins…

« - ARRÊTEZ ! » cria soudain une voix, nous surprenant tous. Nous retournant vivement, nous vîmes Fleur, les bras timidement serrés le long de son corps, toute tremblante et rouge de honte d'être soudain ainsi le centre de l'attention générale. Ce n'était pas dans ses habitudes d'être sous le feu des projecteurs, mais elle se reprit pourtant et continua courageusement sur sa lancée. « Arrêtez de vous chamailler ainsi, tous les deux ! Vous ne vous rendez donc pas compte de la situation ?! Nous sommes tous dans un énorme danger ! Alors mettez vos différents de côtés, et faites une trêve jusqu'à ce que l'on soit tous en sécurité ! » Et à peine eut-elle achevé sa phrase qu'elle se réfugia dans son épais col.

Bien entendu, c'était la voix de la raison qui avait parlé. Je n'avais pas grand-chose à répliquer, aussi me tournai-je vers Luna alors qu'elle faisait de même. « Trêve ? » lui proposai-je.

« - Trêve, » répondit-elle. « Moi, Luna Bianca Lovegood, je jure sur ma vie et ma magie de ne pas m'en prendre à la personne d'Harry James Potter jusqu'à ce que nous décidions d'un commun accord de mettre fin au cessez-le-sort conclu entre nos camps ! Ce serment ne sera valable que s'il en prête un identique ! Ainsi soit-il ! » Elle s'illumina un court instant d'une petite aura de magie, confirmant la validité de ses dires. N'ayant guère le choix, je prêtai le même engagement. À vrai dire, ça m'arrangeait. Ainsi, elle ne serait pas un risque incontrôlable.

Notre petite chamaillerie ayant prit fin, nous mîmes en place le camp d'accueil des réfugiés. Mes esclaves furent très efficaces et préparèrent tout ça en un temps record, bénie soit l'organisation de Peter. Et c'est ainsi que moins d'une heure plus tard, moi, Luna et Peter étions réunis dans l'une des salles de surveillance de mon repaire, face à une multitude d'écrans magiques reliés aux caméras truffant Poudlard. Et nous assistâmes atterrés à un spectacle bien peu réjouissant…

À Poudlard, l'armée de faux aurors sous impérium avait achevé de massacrer les fuyards « complices du Potter et de sa putain », et de même pour ledit Potter, qui pendouillait décapité à un gibet invoqué pour l'occasion, alors que les fausses Fleur étaient dans un tel état que les cadavres des pauvres filles grimées en elle seraient à jamais méconnaissables.

« - Mes félicitations jeune homme ! » dit Fudge en se dirigeant vers l'Ennemi sous son identité de Carl Anger, ce politicien de pacotille ayant l'air encore plus stupide qu'habituellement alors qu'il s'essuyait le front d'un mouchoir blanc. Autour de lui venait la totalité du gouvernement magique… difficile de ne pas comprendre ce qui allait leur arriver.

Après un pitoyable échange de coups de langue sur le cul, l'Ennemi invita le ministre à échapper au triste spectacle de tous les cadavres les entourant, et lui fit gagner une des rares tentes encore debout, d'où ils pourraient tranquillement discuter. Tout ça alors que des centaines de badauds sans intérêt achevaient d'agoniser, aucun soin ne leur étant donné.

Et ce qui devait arriver arriva. Mis en joue par une multitude de baguettes, ce gouvernement de merdeux ne put rien faire, et il ne fallut que quelques impériums pour que leurs esprits à tous soient broyés, déchiquetés, anéantis, et qu'ils ne deviennent rien de plus que les marionnettes d'un ennemi que plus rien ne semblait pouvoir arrêter…

Les jours suivants, nous vîmes se mettre en place une intense propagande anti-Harry. Alors que la nouvelle du désastre se répandait de par le monde, j'étais traîné dans la boue de toutes les manières possibles et imaginables, accusé de tous les maux existants et plus encore de ceux à venir.

Mais ce qui nous affecta le plus dans tout cela, ce fut lorsque la réouverture de Poudlard fut annoncée, et que maints élèves stupides rescapés du massacre vinrent terminer leur année… pour se faire soumettre à la volonté de l'Ennemi. Luna et moi vîmes avec dépit nombre des membres de nos groupes d'étude avoir l'esprit exterminé par des impériums.

Un mystère plana toutefois pendant un temps : qu'était-il advenu de Dumbledore ? Il ne figurait nulle part sur la liste des victimes, et personne ne l'avait plus vu depuis le désastre.

Nous entendîmes enfin parler de lui lorsque la gazette du sorcier, de nouveau organe de propagande, annonça la mise en accusation par contumace du vieux schnock. En son absence, il fut condamné à mort, et son Ordre du phénix déclaré organisation terroriste. Nul doute qu'il l'avait rameuté dès qu'il avait compris ce qu'il se passait. Cette vieille barbe était beaucoup de choses, mais certainement pas un imbécile.

Après cinq jours, Luna et moi nous rendîmes dans le camp de réfugiés dressé à l'entrée de Pôdlad. Nous marchions à une aussi grande distance que possible, un fort courant électrique passant entre nous. Dès la conclusion de notre trêve, des éclairs de haine fusèrent de toutes parts, mais ce n'était rien par rapport à ce qu'il y avait désormais… faites-nous avoir une proximité de moins de quelques mètres, et c'était l'ouragan garanti !

Aujourd'hui en particulier, Luna semblait tout particulièrement impatiente, et il n'était pas difficile de comprendre pourquoi. De façon pas du tout sadique, je n'avais mis à sa disposition rien de plus qu'une simple tente de toile… autrement dit, il était impossible pour elle de s'enfermer pour laisser aller libre cours à ses pouvoirs, comme elle en avait l'habitude. Si elle prenait le risque de le faire malgré tout, elle se retrouverait prise d'assaut par maints mâles en rut charmés par ses pouvoirs qui feraient tout leur possible pour se lier à elle. Un risque qu'elle ne pouvait en aucun cas se permettre.

Alors que nous nous assurions que tout se passait bien et que mes esclaves menaçaient les quelques plaignants d'une possible kalchnikovisation, Luna gagna le centre du camp, où un espace un peu plus large que les allées avait été aménagé pour faire un semblant de place. Et elle grimpa sur un tas de vieilles caisses pour s'adresser à tous les badauds nous entourant. Tous nichons sortis, elle dégaina sa langue de vipère pour discourir… « Camâlerades ! » dit-elle sans faire attention à son lapsus révélateur. « Cela fait maintenant cinq jours que nous sommes retenus ici tels des otages ! Cinq longs jours que nous attendons des nouvelles des nôtres, que nous attendons une occasion pour quitter cet endroit et revenir à la paix ! Et ce jour est arrivé ! »

Un peu en retrait, je la regardais froidement, pas particulièrement surpris qu'elle fasse ce coup là. C'est qu'elle commençait à devenir prévisible… Peter et moi avions compris qu'elle finirait par agir ainsi dès notre première discussion privée.

« - Camâlerades, notre bon directeur Dumbledore a lui aussi pris la fuite suite à l'apparition d'un seigneur des ténèbres ! Mais ce brave homme lutte d'ores et déjà avec une remarquable efficacité ! Il a de nouveau réunis sa célèbre résistance de l'Ordre du phénix, cette organisation héroïque qui l'a rendu si admirable lors de la précédente guerre ! Et j'ai l'intention d'aller le rejoindre ! »

Je fus légèrement intrigué en entendant cela. Le rejoindre, vraiment ? Qu'est-ce qu'elle cache encore ? C'est que je l'imagine très mal aller se mettre aux ordres de quelqu'un d'autre… surtout que les profs n'hésiteraient pas à l'empêcher de combattre, vu son âge… revenant à elle, je me reconcentrai sur son discours.

« - Qui veut me suivre, camâlerades ?! Qui veut gagner sa liberté à mes côté, et ne plus subir le joug d'un seigneur des ténèbres en couches-culottes comme le Potter ?! »

« - Et qui veut rester ici ? » dis-je bien fort en amplifiant ma voix. « Qui veut se battre au nom de la liberté, de l'égalité, de l'avenir ?! » Et je grimpai sur le tas de caisses au côté de la grognasse.

« - Qui m'aime me suive ! » dit-elle un peu plus fort, agrémentant ses propos d'un soubresaut de nichons histoire d'attirer plus facilement ses camâlerades

Les divers attardés comprirent bien vite ce qu'il fallait faire, et chacun gagna le côté de celui qu'il voulait suivre… une très nette inégalité se laissant rapidement voir. Largement plus des deux tiers allèrent baver devant Luna, tandis que quelques rares membres de mon ancien groupe d'étude restaient à mes côtés. Ces braves petits toutous avaient visiblement compris que j'étais victime d'un piège très bien ficelé, contrairement aux divers sous-êtres qui ne fonctionnaient qu'à coups de maquillage et de paires de seins.

Lorsque tous se furent répartis dans le camp de leur choix, le nichon humanoïde se tourna vers moi. « Monsieur Potter, nous vous remercions de nous avoir protégés durant ces quelques jours, mais cela prend fin maintenant. Une heure après que nous ayons quitté cet endroit, le serment de trêve que nous avons prêté sera déclaré caduc. »

« - Ainsi soit-il, » répondis-je simplement. « Ne tardez pas, mes hommes pourraient avoir la gâchette facile… »

Comme les réfugiés ne possédaient que peu de biens, il ne leur fallu qu'un court instant pour réunir leurs bagages. Les quelques querelles qui éclatèrent à propos de la propriété d'une chemise ou d'un reste de boîte de conserve furent immédiatement réglées d'un petit déclic de fusil, mes gardes veillant à ce que tout se passe bien. Dans ma grande bonté, je les laissais partir avec les vêtements de rechange que nous leur avions donnés. Je suis trop bon. Et c'est ainsi que finalement, je fus enfin débarrassé de cette encombrante Luna…

…Me retournant aussitôt vers les quelques qui avaient choisi de rester à mes côtés, je fermai mon visage pour me reconstituer un air de dominant. « Votre attention ! » dis-je inutilement, veillant à donner du poumon pour que ma voix prenne un air autoritaire.

» Vous avez choisi de rester à mes côtés pour mener la lutte contre le seigneur des ténèbres, et je vous en remercie ! Comme vous l'avez compris suite aux récents évènements, nous sommes en guerre ! Et qui dit guerre dit aussi mesures de guerre ! Aucun risque ne peut être pris, et celui d'une trahison est le pire de tous ! De fait, tous ceux souhaitant rester ici devront prêter à ma personne différents serments magiques me permettant de m'assurer de leur allégeance et de leur fidélité ! » Il y eut un mouvement mécontent dans la foule, plusieurs se mettant à maugréer entre eux.

» Vous êtes en droit de refuser ma demande ! » Criai-je bien fort pour faire taire toute opposition. « Mais sachez en ce cas que vous serez considérés comme de potentiels ennemis, et maintenus en prison jusqu'à la fin de la guerre, quelle qu'en soit l'issue et la durée, une semaine ou dix ans peu importe ! » Cette menace sembla achever de convaincre les dernières hésitations. « Mettez-vous en file, et avancez vers moi un par une ! Vous recevrez une feuille avec les phrases à prononcer ! Toute tentative d'agression sur ma personne, tout geste suspect, vous vaudra d'être exécuté sans sommation ! » Un énième déclic de fusil confirma mes paroles. Nombre reculèrent de peur. Grumble, bande de mauviettes…

» NOUS SOMMES EN GUERRE ! Vous n'êtes désormais plus des étudiants, mais des civils mis à contribution ! Aucun manque de discipline ne sera toléré, tout manquement aux lois vous vaudra la cour martiale, avec des peines potentiellement définitives ! Vous ne recevrez plus de pitoyables retenues ou retraits de points, mais des travaux forcés, de la prison, un peloton d'exécution ! Je compte donc sur vous pour faite acte de maturité ! Vous n'aurez droit ni à l'erreur, ni au pardon ! Me suis-je bien fait comprendre ?! »

« - OUI, CHEF ! » hurlèrent plusieurs de mes futurs esclaves, les plus fanatisés, vite suivis timidement par les autres. Ma lieutenante Susan s'illustra tout particulièrement bien, ses yeux semblant briller d'admiration. Pour une passionnée d'Histoire comme elle, vivre une époque glorieuse devait être excitant…

Et ainsi fut fait. Un à une, tous défilèrent face à moi, récitant « Moi, machin bidule truc, je jure sur ma vie et ma magie de servir Lord Harry James Potter-Black ici présent (I), de toujours lui être fidèle, de toujours être obéissant, de ne jamais le trahir de quelque manière que ce soit ! Toute contrevenance à ce serment entraînera ma mort immédiate ! Je serais libéré de ce serment au bon vouloir de Lord Harry James Potter-Black lorsqu'il sera assuré de la fin de la guerre ! Ainsi soit-il ! »

Et ainsi fut-il pour nombre d'entre eux. Plusieurs, me faisant une confiance aveugle, s'empressèrent de prêter leur serment, tandis que d'autres semblaient nettement plus réservés, en particulier les plus jeunes élèves. Il y avait quelques premières ou seconde années ayant suivis leurs grands-frères ou grandes-sœurs, et les pauvres petits semblaient particulièrement effrayés. Bah, au pire s'ils se montraient sans valeur ils serviraient de chair à baguette... mais la menace d'être fusillés les convainquit de faire quelques efforts, aussi ne posèrent-ils pas de problèmes.

Alors qu'il ne me restait plus à recueillir les serments d'une poignée d'abrutis, je fus un instant désarçonné par la personne qui se présenta face à moi. De longs cheveux blonds, sa tenue d'épreuve moulante pour tout vêtement… Fleur. Levant les yeux, je rougis aussitôt de honte en la voyant. Je l'avais complètement négligée ces derniers jours ! La pauvre devait me haïr désormais !

« - Harry… » Murmura-t-elle assez bas pour que je sois le seul à l'entendre. « J'ai peur. Que se passe-t-il vraiment ? Pourquoi tu m'as caché tout ça ? »

« - Plus tard, » répondis-je en m'efforçant de retrouver mon visage ferme. À mon grand soulagement, elle comprit le message et prêta elle aussi son serment. Brave petite.

Tous les serments furent finalement prêtés, non sans peine quand je repense aux multiples hésitations et autres bégaiements, mais nous y arrivâmes enfin. « Maintenant que je suis assuré de votre fidélité à mon égard, vous allez avoir le droit de choisir entre rejoindre mes troupes en tant que soldats, ou rester civils et servir dans nos différents ateliers ! »

« - On ne va pas terminer nos études ? » m'interrompit un imbécile.

« - SILEeEeEeNCE ! » hurlai-je pour toute réponse. « PERSONNE N'INTERROMP SON SUPÉRIEUR ! Gardes, saisissez l'impudent ! Il fera une journée de trou ! Et que cela serve d'exemple aux autres ! » Il n'en fallu pas plus pour que tout manque de discipline soit définitivement abandonné. Ceux qui, pendant un instant, avaient cru que je n'étais pas sérieux tremblèrent de peur en voyant leur camarade être emmené vers un grand bâtiment avec des barreaux aux fenêtres. « En espérant que cela lui serve de leçon ! Reprenons ! »

» Que les candidats à une formation militaire s'avancent ! Ils recevront un entraînement qui fera d'eux des soldats efficaces ! Soyez d'ores et déjà prévenus que vous serez dans l'obligation de prêter des serments magiques supplémentaires et amplement plus contraignants ! Votre vie deviendra spartiate ! Toute indiscipline vous vaudra des punitions que vous ne voudrez plus jamais subir ! Mais vous aurez la joie et l'honneur de vous battre pour la liberté ! Pour l'avenir ! Pour l'Union ! GLOIRE À L'UNION ! »

» L'Union, oui ! Je vous parle de la méconnue Union magique qui a existé voici de cela de nombreux siècles ! De cette époque de gloire absolue pour le monde magique ! De cette époque merveilleuse, où tous les peuples vivaient en harmonie ! C'est pour cela que nous combattons ! Pour cela que nombre d'entre nous perdrons leur vie au combat ! Pour faire revenir une époque de paix et de prospérité ! Récitez après-moi : GLOIRE À L'UNION ! »

« - aglbzt ! » Murmurèrent quelques-uns, tous étant visiblement trop effrayés… ou trop admiratif, peut-être. Fleur et Susan avaient les yeux en cœur et semblaient ahuries.

« - GLOIRE A L'UNION J'AI DIS ! » hurlais-je en faisant un signe de main pas discret du tout à mes gardes. Et cette fois-ci, tous me répondirent sans hésiter ! Très bien, ça commence à rentrer !

Le soir vint enfin, et tous mes nouveaux esclaves furent conduis par mes gardes jusqu'à leurs nouveaux quartiers. Les quelques ayant émis le souhait de devenir soldats furent emmenés en caserne, dans une salle qui serait désormais consacrée aux non-impériumés. Vous me direz, pourquoi ne pas les soumettre ainsi eux aussi ? Ce serait plus simple, certes, mais je ne pourrais jamais l'emporter si je ne prenais à mes côtés que des gens à l'esprit détruit par ma volonté. Ils sont très efficaces une fois qu'on leur a donné une tâche précise, mais manquent cruellement d'autonomie, et sur un champ de bataille, ça pourrait me jouer de vilains tours… sans compte aussi que si je continuais ainsi à impériumer à tout va, il arriverait sûrement un jour où je me retrouverai à la limite des capacités de mes pouvoirs, incapable de faire quoi que ce soit d'autre. C'est un risque que je ne puis pas prendre.

Les civils furent emmenés à leur tour dans un immeuble à chambres individuelles, aux côtés des autres divers qui ne m'avaient prêté que leurs serments. Certains seraient désormais employés à diverses tâches et corvées, mais la plupart rejoindraient les ateliers de munitions, d'armement, etc, afin de faire un apprentissage ayant pour but d'augmenter leur valeur.

Toutefois, ma bonté devant un jour me perdre, je fis preuve de gentillesse, et leur laissa quartier libre pour le reste de la soirée. Nombre d'entre eux crevaient d'envie d'explorer la cité et d'en apprendre plus sur son glorieux passé. Difficile de leur refuser ça, n'est-ce pas ?

…bon ok, en fait c'était une ruse pour ne pas attirer l'attention sur moi et Fleur. Car à peine fus-je partit qu'elle vint me rejoindre dans un recoin de couloir, ayant remarqué mon regard l'y invitant, et nous nous éloignâmes vivement, main dans la main, en direction de mes appartements.

« - J'ai encore bien du mal à assimiler tout ce qu'il se passe ici, Harry, » me dit-elle. « Je n'aurais jamais imaginé que tu me cachais tout cela… Pôdlad ! La cité de nos ancêtres ! C'est incroyable ! » Mon cœur fut aussitôt soulagé en comprenant qu'elle ne m'en voulait pas de l'avoir négligée ces derniers jours. Hourra !

« - Excuse-moi d'avoir été si rude avec toi, » lui dis-je en m'arrêtant face à elle, lui saisissant doucement les deux mains et la regardant droit dans les yeux. « J'ai été tellement occupé que je n'ai pas eu un instant à te consacrer… »

« - Ce n'est rien, je comprends tout à fait, vu ta situation, » murmura-t-elle en se serrant contre moi. Je plongeai aussitôt mon nez dans ses cheveux, m'enivrant de son parfum enchanteur. Et pris d'un incontrôlable réflexe, je me mis à genoux face à elle, pour réciter, tout rouge de gêne :

« - Fleur, moi, Harry James Potter-Black, je jure sur ma vie et ma magie de toujours t'aimer et te chérir sans jamais te faire le moindre mal. Je t'offrirais le plus complet respect, autant pour ta personne que ta magie, et jamais ne tenterais de profiter des faiblesses de tes pouvoirs dans un vil intérêt. Ainsi soit-il ! » Et je me relevai aussitôt pour prendre ses mains entre les miennes. C'était à son tour d'être pivoine.

« - Mais… mais… Harry, mais… » bégaya-t-elle, « pourquoi… pourquoi as-tu… ? »

« - Ça me semblait juste, après t'avoir moi-même demandé un serment tout à l'heure, » répondis-je en lui souriant tendrement. « Et aussi… »

« - Oui ? »

« - Lorsque nous serons plus grands, je te demanderais en mariage. »

Elle recula aussitôt, frappée de stupeur ! Les mains sur les joues, l'air ahurie, elle semblait ne pas croire en ce qu'elle avait entendu ! Alors je m'approchai d'elle et la saisit tout doucement entre mes bras, comme pour lui confirmer sans un mot que ce n'était pas un rêve. Il ne lui en fallut pas plus pour fondre en pleurs et m'enserrer à son tour comme si sa vie en dépendait.

« - Harry ? » me demanda-t-elle en me regardant de ses yeux magnifiques une fois ses larmes taries.

« - Oui ? » J'avais le cœur fébrile, et ne me sentais pas capable de répondre autre chose.

« - Je t'aime ! » Et elle ne me laissa pas le temps de répondre que déjà, ses pouvoirs brisaient les défenses que j'avais dressées dans son esprit et se déchaînaient autour de nous…

Mais alors que tous deux nous préparions à une partie de jambes en l'air, faisant voler toute idée de vêtements, nous ne vîmes pas une ombre disparaître furtivement dans les couloirs, maugréant des malédictions. « Sois maudit, Harry Potter ! Viendras le jour où je me vengerais ! »

Parfois, des serments ne suffisent pas pour contrer l'espionnage.

À suivre…

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I. Lord Harry James Potter-Black : oui, Harry a déjà hérité de Sirius. Rappelez-vous, il l'a fait assassiner dans sa cellule au chapitre cinquante-huit.