NVJM, rédigé 23, 26 28 et 29/6/2018, publié 29/6/2018.
Harry Potter et l'Histoire inachevée
Chapitre 76 : Réunion de famille
La gazette du sorcier
N° du 10 juillet 1995
Les ministères se réfugient dans les écoles de magie !
Suite au massacre perpétré par le démoniaque seigneur des ténèbres Harry Potter, les différents ministères de la magie européens, désormais dépourvus de bases sécurisées, ont décidé de se réunir dans les différentes écoles de magie de Beauxbâtons, Durmstrang et Poudlard. Il s'agit en effet des derniers bastions de la pureté capables d'accueillir nos glorieuses et pures administrations. Les parcs sont désormais couverts d'un flot de réfugiés sans cesse croissant, nos courageux aurors, toujours plus nombreux à être formés, patrouillent inlassablement et s'entrainent courageusement en l'attente de la pure purification purement pure qui frappera bientôt les impurs !
Courage, pures et purs ! L'heure de la revanche sonnera bientôt !
GLOIRE AUX PARENTAUX !
Avec un reniflement de dédain, je jetai ce torchon à la cheminée. Peuh ! Cette cochonnerie était de pire en pire, pour peu que ce soit possible ! Moi qui croyais que l'absence de Skeeter lui ferait du bien… faut croire que les nouvelles journvagin passaient plus de temps à pisser leur merde qu'à lécher des culs !
Ahlàlà, la destruction des ministères… nul doute que ça devait les avoir sacrément surpris ! Ils n'avaient même pas eu le temps de mettre en place leurs dômes de défense que déjà ils se faisaient attaquer ! Fort heureusement, une fois quelques milliers de fioles de potion explosive jetées contre l'ennemi, il avait suffit de quelques portoloins habilement placés pour que moi, Fleur, Susan et tous mes servants disparaissions de nos cachettes, les artilleries elles-mêmes étant transportées en sécurité. Héhéhé ! Que c'est bon d'avoir une longueur d'avance…
Maintenant, il est temps de faire preuve de diplomatie…
…
Quelques jours passèrent dans une effervescence sans cesse croissante. Pôdlad fourmillait de milliers de personnes passant leur temps à travailler. La tombe du créateur, monument de merveille couvert de plus d'or et de marbre blanc qu'il n'est possible d'en contenir, était constamment entouré de flots de vélanes et de gobelins honorant leur dieu, remerciant avec une ferveur impressionnante. Je n'aurai pas cru qu'après tant de siècles, il soit encore honoré avec une telle force ! Le souvenir qu'il avait laissé était d'une démesure inimaginable…
Et moi ? Je me trouvais à l'entrée de la cité, là où, pour les besoins de la guerre, avait été aménagé un immense champ d'apparition de portoloins. Tenant ma Fleur par la main, avec sa mère, Peter et des représentants gobelins à nos côtés, nous attendions l'arrivée imminente des délégations des différents peuples magiques ayant déclaré la guerre aux sorciers. Tous vêtus de nos plus luxueux atours, tout était fait pour impressionner. Dans un souci sans cesse croissant de paraître pour le chef, j'avais fait appel à mes souvenirs de l'Âge d'or, et désormais, l'avenue principale de la cité, avec ses bâtiments entièrement reconstruits, se parait d'une multitude de banderoles et autres drapeaux. Chaque fenêtre arborait des couleurs chatoyantes… et le moindre recoin possédait son « Potter » discrètement brodé, ou un portrait de ma petite personne. Que voulez-vous, la propagande…
Une multitude de « pop ! » retentirent soudain, signe que des gens arrivaient ! Mes gardes se mirent aussitôt en joue, mitrailleuses enchantées prêtes au cas où il s'agisse de sorciers ayant réussi à s'introduire jusqu'ici. On n'est jamais trop prudents. Paranoïa mon amour.
Je frissonnai imperceptiblement en voyant apparaître une trentaine de vampires. Réflexe stupide, car ils n'avaient vraiment, mais alors vraiment rien à voir avec le portrait insipide qu'en dressaient les légendes. En fait, ils ressemblaient globalement à des humains normaux, avec juste pour particularités une peau très pâle, une taille plus grande sans être exceptionnelle, et une minceur caractéristique, sans oublier les évidentes canines allongées lorsqu'ils ouvraient la bouche.
« - Soyez les bienvenus à Pôdlad ! » dis-je en m'avançant. Fleur et sa mère s'inclinèrent profondément, témoignant du séculaire respect que les vélanes avaient envers leurs protecteurs vampires.
« - Soyez bénis, glorieux bienfaiteurs, » dirent-elles d'un ton emplit d'émotion. Et il y avait de quoi, car voici de cela plusieurs siècles, les vampires avaient déclenché une terrible guerre contre les sorciers afin de libérer leurs sœurs vélanes de la terrible situation dans laquelle elles se trouvaient. Mises en élevage pour fournir les ingrédients de potion requis par les sorciers, elles avaient été réduites à pondre une multitude d'enfants, aussitôt décapités pour fournir du sang de jeune vierge, un puissant composant. Tant et tant de petites vélanes avaient été assassinées et épongées qu'encore aujourd'hui, presque quatre siècles après leur calvaire, il en restait encore tant de réserves sous sorts de stase que ça ne valait toujours rien.
« - Nous vous remercions, seigneur Potter, » hésita celui qui semblait diriger leur petite troupe. « C'est un honneur de faire la rencontre du héros ayant sauvé nos sœurs des dangers les guettant. »
« - L'honneur est partagé, » terminai-je poliment. Je les entrainai alors à travers la cité, et n'eut pas grand-chose d'autre à faire pour les impressionner. Il fallait dire que j'avais mis les moyens pour restaurer l'avenue centrale ! Tout reluisait à la perfection, et une multitude de vélanes heureuses regardaient leurs bienfaiteurs par les fenêtres des appartements mis à leur disposition. Toutes étaient vêtues à la mode de l'union… rien de tel pour charmer son public, surtout lorsque celui-ci est composé d'hommes en large majorité.
Les vampires furent conduits jusqu'à la grand-place, où ils se précipitèrent jusqu'à la tombe du Créateur, rampant au sol d'adoration, toute tentative de dignité oubliée. Quelques minutes plus tard, ils furent suivis par les délégations des géants, des centaures, des fées, et d'autres encore…
…
« - Mesdames et messieurs, commençons ! » dis-je bien fort. Une cloche retentit dans le lointain, signalant le début des négociations.
Je me trouvai assis à la place d'honneur, au bout d'une immense table dressée dans ma plus rutilante salle de réunion. Tout autour se trouvaient les représentants des différents peuples magiques, gobelins, vampires, fées, géants, centaures, strangulots, sirènes, et encore bien d'autres… Apolline Delacour, la mère de Fleur, se trouvait à ma gauche pour représenter les vélanes. Sa fille s'était portée malade après la cérémonie des accueils. Et à ma droite, fidèle parmi les fidèles, Peter se chargeait de représenter les quelques sorciers restés attachés à la cause de la justice. Moi, j'étais là en tant que seigneur de Pôdlad autoproclamé.
« - Nous sommes ce jour rassemblés au sein de la glorieuse cité de Pôdlad afin de convenir des modalités de la réunification magique tout d'abord, de secondairement unifier nos armées afin de combattre nos ennemis communs, et tertiairement de décider de ce qu'il adviendra par la suite, lorsque la victoire nous sera acquise. Car nul doute qu'elle sera nôtre ! »
Je me tu pour observer autour de moi. Tout le monde semblait fébrile et prêt à tout pour réussir. Car ce que nous voulions aujourd'hui, c'était du jamais vu depuis tant de siècles que, sans nul doute, personne n'oserait faire capoter la réunion s'il n'obtenait pas ce qu'il voulait.
« - Je demande la parole ! » s'exclama quelqu'un, me surprenant alors que j'allais donner le ton.
« - Seigneur Anaxagore des centaures, que voulez-vous ? » dis-je en l'invitant à se lever. En ma qualité d'hôte, j'étais aussi le principal locuteur de cette réunion.
« - Monsieur Potter, vous vous êtes présenté à nous en prétendant être l'héritier de la volonté du Créateur, béni soit-il. Mais vous ne nous avez jusqu'ici adressé que des mots ! Quelles preuves pouvez-vous avancer pour démontrer la véracité de vos propos ? » Prudent, le bougre. Moi qui avais espéré qu'ils laisseraient passer ça, au vu de la puissance de mes troupes et du symbole qu'est ma possession de la cité… ayant prévu d'avance en concertation avec Peter, Fleur et Apolline de ce qu'il convenait de faire, je me leva aussitôt pour proclamer avec emphase :
« - Moi, Harry James Potter-Black, je jure sur ma vie, ma magie et mon existence, de me battre et faire tout mon possible en faveur de la recréation de l'Union magique, de l'extermination des Purs et la destruction totale de leur culture ! Je combattrais jusqu'à mon dernier souffle s'il le faut, mais rien ne m'arrêtera ! Ainsi-soit-il ! » Et ma baguette s'illumina, envoyant un signal confirmant à quiconque pouvait le ressentir que je n'avais pas menti ni usé d'artifices. Mais ce n'était pas tout.
« - Chacun a pu voir l'honneur avec lequel j'ai traité la dépouille de notre glorieux bienfaiteur. Chacun de vos peuples a pu s'assurer grâce à la magie qu'il s'agissait bien de la véritable, et pas du premier squelette venu. Un Pur aurait-il été capable d'ainsi honorer le Créateur, même en supposant qu'il joue la comédie ? » Je me tu pour dévisager froidement tout un chacun. « Quelqu'un d'autre souhaite-t-il remettre en cause ma légitimité ? » demandais-je froidement. Personne n'osa protester. « Bien. Nous pouvons donc passer à l'énumération des différentes revendications. L'ambassade des vampires a la parole, » dis-je solennellement.
« - Mes sœurs et frères, » commença en se levant le seigneur Kamal, ambassadeur des vampires. « Voici les demandes de mon peuple afin que sa venue dans l'union se passe sous les meilleurs auspices : aménagement dans tous les lieux publics de sortilèges antisolaires, afin que nous ne soyons pas incinérés sur place par l'astre de la mort, fourniture de sang sous forme d'impôt à raison d'un litre par vampire et par semaine. » Il se rassit.
Les discussions démarrèrent aussitôt, et les questions fusèrent. Comment accéder à cette demande ? Quels moyens seraient mis en place pour ? J'étais personnellement très étonné, car c'était des sollicitations d'une évidence absolue. Bien évidemment que des sorts de protection solaires seraient placés partout -c'était déjà d'ailleurs le cas ici-, tout comme il était compréhensible que si nous ne voulions pas que nos camarades mordent à tout va nous leur fournirions du sang volontairement. Leur population étant faible, guère plus d'un pourcent de la totalité de l'Union de jadis, les approvisionner ne poserait aucun problème. Mais le plus étonnant, ce fut de voir qu'à aucun moment il n'y eut une voix pour s'opposer à ce souhait.
Un vote à main levée eut lieu après la séance des questions, où il fut entre autres conclu que les cadavres issus de la guerre, ennemi comme amis, seraient pompés de leur sang afin de collecter la précieuse ressource en grandes quantités aussi tôt que possible. Le seigneur Kamal sembla ravi. « Mes amis, au nom du peuple des vampires, je déclare que nous nous battrons pour notre Union jusqu'à la lumière s'il le faut ! » C'était une expression typique pour signifier qu'ils n'hésiteraient pas à se suicider en allant au soleil si cela était nécessaire. Un peu radical, mais ça devait vouloir dire beaucoup pour eux.
Le tir-au-sort -littéralement- désigna Apolline pour parler en seconde. La mère de Fleur se leva donc, resplendissante, semblant rayonner de bonheur. Il fallait avouer qu'elle avait de quoi voir l'avenir en rose.
Devant tous les mâles rougissants à la vue de sa tenue traditionnelle -seins à l'air-, elle fit part des demandes des vélanes : « Mes amis, mes sœurs et moi faisons d'ores et déjà partie de l'Union, et nous ne nous en retirerons jamais. Notre destin y est désormais lié, et s'il faut que cette décision soit la dernière de notre Histoire, alors il en sera ainsi. » Rien qu'avec ces mots, elle avait déjà gagné l'adhésion de la totalité des peuples. La moralité des vélanes avait une réputation si démesurément admirée que tout le monde leur vouait une parfaite confiance.
» Mes sœurs et moi-même, n'ayant jamais reçu la moindre éducation magique à l'exception des mes chères filles, et pour la plupart ayant nos capacités autres que nos pouvoirs innés bloquées par nos traumatismes, nous sommes dans l'incapacité de nous battre en tant que soldates, et de fait quémandons la protection éternelle des autres peuples. Nous demandons aussi que tous les hommes apprennent autant que possible à maîtriser les arts de l'esprit afin que des protections occlumanciennes aident leur raison à résister à nos pouvoirs lorsque ceux-ci nous échappent. Nous demandons que chaque vélane n'étant pas déjà liée et s'aventurant hors des protections de son foyer puisse si elle le souhaite bénéficier de l'escorte de deux garde-du-vagin, afin de s'assurer de son intégrité. Et enfin, afin de s'assurer de la moralité de nos peuples, nous demandons assistance dans notre lutte éternelle envers les hérétiques au complémentarisme exemplaire que nous représentons. »
Elle s'inclina respectueusement, toute tremblante de peur d'être rejetée, et serra les bras contre elle. Sans s'en rendre compte, elle gagna encore plus le respect et l'amour des autres peuples, sa petite voix chevrotante les ayant mis en pitié, et son mouvement anodin pressant ses seins l'un contre l'autre en leur donnant un attrait supplémentaire charmant le moindre mâle en un instant.
Comme l'on pouvait s'y attendre, sitôt demandai-je « Que ceux qui acceptent ces demandes lèvent la main ! », que tout le monde se mit debout et s'inclina vers Apolline pour jurer sur leur magie et au nom de leur peuple qu'ils feraient tout pour les rendre heureuses. Elle en fondit en pleurs de plus belle.
« - Que mademoiselle Xenger se lève ! » dis-je dès que le calme fut revenu. Une nymphe se leva à l'autre bout de la table, et sourit perversement en voyant tous les mâles la fixer. Habillée elle aussi à la mode traditionnelle de son peuple -seins à l'air et lingerie apparente sous ses vêtements plus que suggestifs-, elle n'hésita pas à se saisir de sa poitrine pour la mettre encore plus en valeur et charmer les mâles. Les nymphes étaient connues de par le monde magique pour leur sexualité débridée et leurs très puissants pouvoirs dépendants d'une soif sexuelle infinie -plus encore que leurs cousines vélane, c'est dire.
« - Mes mâles et mes sœurs, moi, Cynthia Xenger, matriarche de la famille Xenger et prostituée de mère en fille depuis la glorieuse Union, vous fais part des demandes de mon peuple ! Nous souhaitons le respect de notre magie et de ses particularités. Notre sexualité ne devra pas être bridée, et nos maisons pourront être visitées sans restriction par tous les mâles le souhaitant. Les prisonniers mâles devront être mis à notre disposition afin que puissions profiter d'eux à notre guise, nous pourrons user de nos pouvoirs à volonté dans l'enceinte de nos foyers, et nous aurons toute liberté pour parcourir les camps de nos soldats et apaiser leurs envies de femmes. » Elle acheva en saisissant de nouveau ses seins pour en approcher les tétons de sa bouche et y donner un coup de langue plus que suggestif, avant de lécher ses lèvres. Nul doute qu'elle aurait une nuit très mouvementée…
Les nymphes, traditionnellement considérées comme d'immondes putains du point de vue des sorciers et autres purs et divers moldus, étaient des cousines des vélanes. Dans l'Antiquité, toutes deux, issues d'un même peuple, avaient été séparées par les affres de la guerre, et étaient restées isolées jusqu'à l'arrivée du Père Créateur et la création de l'Union magique, l'évolution faisant son œuvre au fil du temps. La différence résidait en cela que, là où les vélanes avaient développé une beauté fulgurante et absolue avec des pouvoirs faits pour charmer les mâles, les nymphes s'étaient adaptées à une fécondité en baisse par une libidomanie démesurée qui se traduisait par une sexualité constante et débridée. Leurs très puissants pouvoirs ne disposaient pas du charme de leurs cousines, et ne pouvaient être maîtrisés qu'avec de fréquents échanges de magie lors d'encore plus fréquentes relations sexuelles. Plusieures heures par jour. Tous les jours. Et par "plusieures heures" je pourrais y loger quatre chiffres si les semaines en comptaient autant. À l'époque de l'Union, elles avaient l'habitude d'écarter les jambes même en dormant, leurs autres sœurs s'assurant que seuls des mâles respectueux les approchent. Le moindre recoin de leur culture était empli d'actes sexuels pour le moindre prétexte possible et imaginable. C'est pour cette raison là qu'elles étaient généralement prostituées de mère en filles, et que ce métier n'était pas du tout mal vu chez les magiques. Je ne détaille pas plus, sinon ces mémoires risqueraient d'être considérées comme pornographiques par la censure.
Là encore, ces demandes spécifiques faisaient preuve d'une retenue étonnante, et tout le monde les accepta sans discuter, les sourires fusants de toutes parts. Le travail avançait bien, et tous en étaient satisfaits. Avec un peu de chance, l'Union pourrait renaître d'ici ce soir !
Le prochain ambassadeur à parler fut un impressionnant géant, de près de cinq mètres de haut. En fait, si nous étions assis dans ma plus grande salle de réunion, ce n'était pas uniquement parce que c'était la plus belle… c'était aussi la seule capable de l'accueillir.
« - Moi, Vladimir Staline (I), parle au nom des géants de Russie ! Voici nos demandes ! » Il aurait mieux fait de dire qu'il tonnait pour les siens. J'avais déjà l'impression de devenir sourd, alors même qu'il semblait faire de son mieux pour ne pas parler trop fort !
» Nous souhaitons que tous les lieux publics soient construits en adéquation avec notre taille ! Nous ne serons pas uniquement cantonnés à des travaux physiques dégradants, ceux d'entre nous le souhaitant devront pouvoir posséder un accès libre à des études aussi hautes que pour n'importe qui d'autre ! Notre droit à l'éducation sera éternel et inaliénable, et aucune condition n'y sera posée ! »
Cette demande, là encore, était en adéquation avec l'Histoire de ce peuple. Durant bien des siècles avant et après l'Union du Créateur, ces pauvres géants avaient été vus comme des barbares immondes par les sorciers, des sortes de créatures de cauchemars ne sachant rien faire d'autre que grogner, hurler et frapper, tout ça à cause de leur voix portante et de leur force innée amplifiée par leur magie naturelle. N'importe quel enfant géant était plus fort que tout autre magique s'entraînant toute sa vie, et ils n'avaient même pas besoin de faire d'effort pour cela. Pour toutes ces raisons, à la chute de l'Union, ils s'étaient rapidement vus chassés par les sorciers dans des territoires de plus en plus reculés, privés de toute possibilité d'éducation. La Sibérie était devenue leur foyer, et avec le peu de nourriture en présence, leurs besoins importants de plus de quarante kilos de nourriture par jour ne pouvant être assurés, leur population avait été dévastée par une effroyable famine, les réduisant de quelques milliers d'individus lors de la fin de l'Âge d'or à moins de trois dizaines au plus mal de leur cauchemar.
« - Que tous ceux qui acceptent ces demandes lèvent la main ! » Encore une fois, il y eut unanimité. Bien, très bien !
La personne suivante à prendre la parole fut la toute petite et mignonne demoiselle Pan, ambassadrice des fées. Elle voletait tranquillement au dessus de sa minuscule chaise posée à même la table. Elle était toute nue, mais ça ne posait pas de problème à quiconque, car leur corps était très asexué -leurs parties étaient minuscules, glabres, et n'apparaissaient que lorsqu'il y avait stimulation-. Seuls quelques signes culturels, tels que la taille des cheveux ou les différentes plantes leur servant de bijoux -fleurs éternelles pour les femmes et feuilles pour les hommes- permettait à de non-initiés de les différencier. Les femmes n'avaient que de minuscules seins indiscernables, hormis en période de grossesse, et pouvaient à volonté passer pour des hommes.
« - Je parle au nom de mon peuple », dit-elle d'une toute petite voix fluette, à tel point que je dû lui demander de se jeter un sort d'amplification sonore, nos pauvres oreilles étant à moitié assourdies par notre ami géant de tout à l'heure. Elle ne m'entendît pas, elle aussi sourde pour quelques temps, et je dû le lui écrire.
» Voici les demandes du peuples des fées ! Nous ne sommes pas des combattantes, nos pouvoirs ne permettent pas la moindre action belliqueuse hormis quelques rares sabotages de peu d'intérêt. Nous ne devrons donc pas servir dans les armées, hormis les services de soin. Nous demandons secours aux autres peuples afin de sauver nos pauvres sœurs servant de distraction aux ignobles Purs. Plus jamais l'arrachage d'ailes de fée ne devra être considéré comme autre chose qu'un crime puni de mort ! Nos cadavres ne seront plus jamais bafoués, réduits à servir de godes humains à des sorciers libidineux ! Nous ne serons plus jamais considérés comme des animaux de compagnie ! Nous serons mises sur un pied d'égalité avec les autres peuples ! »
Là encore, comme pour ne pas rompre avec la tradition qui semblait s'installer, la majorité des demandes résidait dans l'arrêt des horreurs que les Purs et les sorciers leur faisaient subir. Et c'était parfaitement compréhensible, surtout pour le coup de l'arrachage des ailes de fées. Ma Fleur m'avait dit que, peu après la kermesse dans le parc de Poudlard, le jour où je lui avais déclaré mon amour, une madame Maxime enragée d'horreur avait failli arracher sa barbe à Dumbledore, répugnée qu'elle était d'avoir découvert que des centaines de fées avaient été amputées par les enfants sorciers venus s'amuser.
Encore une fois, toutes ces demandes furent accordées sans hésitation.
La personne suivante à parler fut un loup-garou sous sa forme canine. Issu d'une famille de l'Allée des Oubliés, il avait été l'un des rares de son peuple à pouvoir bénéficier de la possibilité d'apprendre à maîtriser ses pouvoirs. « Je parle au nom des miens ! Voici les demandes des loups-garous ! »
» Nous ne seront plus jamais considérés comme des bêtes sauvages ! Tous nos enfants bénéficierons d'une éducation solide afin d'apprendre à maîtriser leurs pouvoirs ! Nos foyers seront gratuitement équipés d'une cage confortable afin que les pleines lunes se passent bien ! Tous les lieux publics possèderont des cages individuelles faciles d'accès, sécurisées et confortables afin de palier à tout risque de perte de contrôle inopinée ! Les patrouilles de soldats de la paix seront formées pour apprendre à nous aider à maîtriser nos pouvoirs en toutes circonstances ! Nos peaux ne devront plus être considérées comme une marchandise ! »
Et il y eut encore bien des demandes de toutes sortes, mais je vous en épargnerai la retranscription précise. Les strangulots demandèrent la construction de fontaines à chaque coin de rue, afin qu'ils puissent réhydrater leur peau à volonté en faisant une trempette régulière, les sirènes obtinrent la construction de voies d'eau proprement entretenues et attentivement surveillées pour ne pas être confondues avec des égouts, etcetera, etcetera. Ces demandes d'architectures particulières me remémorèrent Pôdlad telle qu'elle était à l'époque de la première Union. C'était une merveille d'urbanisme. Même en sachant qu'il y avait de la magie derrière tout ça, cette cité méritait largement le titre de plus grande merveille de tout l'Histoire de l'Humanité.
Après les différentes doléances, l'unification des armées fut elle aussi très vite traitée. En effet, chacun des peuples ayant la possibilité d'en entretenir une avait eu la bonne idée de toujours rester en contact avec les autres, certes pour conserver de bonnes relations diplomatiques et éviter de se battre entre eux, mais aussi en mémoire de jadis. Cela avait eu pour effet que chacune des troupes était conçue pour être facilement imbriquée dans l'autre, comme en prévision de la résurgence de l'Union. Pendant longtemps ça n'avait été qu'un rêve… mais un rêve motivant remarquablement bien les soldats.
À présent, il était temps de s'attaquer à la partie épineuse.
« - Il est maintenant temps de parler du sort qui sera réservé aux traîtres sorciers, » dis-je. Ça jeta aussitôt un froid.
Pour rappel, les sorciers, qui représentaient à eux seuls plus de la moitié de la population de l'Union de jadis, avaient massivement déserté face au risque de génocide, et une majeure partie des fuyards était allée se réfugier aux pieds des Purs, préférant servir d'esclaves qu'être exterminés. Les quelques braves restés des Fidèles, malgré la présence en leur sein de héros tels que Godric Gryffondor, n'avaient pas permis de faire pencher la balance en faveur d'une estime positive. Nombre de peuples considéraient, probablement à juste titre, que c'était la désertion de tant et tant de soldats en mesure de se battre qui avait permis la défaite finale de l'Union. Et au fil des siècles, le traumatisme s'atténua proportionnellement à la montée des ragots et autres légendes noires, les sorciers acquérant un statut de peuple-traître. Ce, alors même que le retrait de l'Union avait toujours été autorisé par les lois de jadis. Mais se retirer par simple peur alors que tout le monde combattait courageusement, ç'avait été mal pris.
« - J'invite chacun à faire part de ses propositions. Nous écouterons tout le monde, et prendrons une décision finale une fois cela fait. » Encore une fois, ça paru juste. Je repris donc : « Voici mes propositions. La loi doit être la même pour tous, sans exception. Personne n'est responsable des crimes de ses ancêtres. Chacun de nos prisonniers devra être jugé individuellement, et puni ou gracié en conséquence. Toute collaboration avec les Purs sera punie de mort, sans exception. Avoir des Purs dans son ascendance ne sera pas d'office considéré comme un acte de trahison. » De ma part, ces mots pouvaient paraître plutôt doux, mais… n'oublions pas que moi aussi, j'ai des Purs pour ancêtres. Je n'ai pas envie d'être condamné à mort pour ça, et ne peux pas décemment prétendre que ce n'est un crime que chez autrui.
Cette fois-ci, il y eut un débat. Grumble, j'aurais préféré qu'ils se plient à ma volonté plutôt que de tergiverser… comment donc aurait agi le Créateur, à ma place ? Hum, avec ce que je sais de lui, probablement en faisant avoir un accident accidentellement accidentel à chacun des emmerdeurs. Faudra voir ce que je peux faire en ce sens. Sans me faire avoir, bien entendu. Une petite balle perdue sur le champ de bataille, ou un sorcier infiltré…
Après plus d'une heure de discussions, les différentes propositions furent votées une à une. Toutes celles concernant le sort à réserver aux Purs et aux sorciers collaborateurs fut unanime : la mort par extinction, le pire sort possible et imaginable. Il s'agissait de faire subir à la victime l'extincto, un sort surpuissant qui, en plus de tuer la cible, avait aussi pour effets de totalement désintégrer son corps, de le réduire à l'état d'atomes solitaires, et de s'infiltrer dans sa mémoire pour identifier les gens le connaissant et effacer de leurs souvenirs toute image de cette personne. Le tout était aussi traditionnellement lié à un oubli administratif et historique total. L'air de rien, c'était effroyable : toute votre existence était résumée au crime pour lequel vous aviez été puni. Même si le restant de votre vie avait été exemplaire de moralité, il était totalement passé sous silence. Votre famille même, dévorée par la honte, décidait souvent de mettre fin à son nom, au minimum. Il était même arrivé que des groupes entiers se suicident tant l'appartenance au clan d'un criminel ainsi puni était vue comme une opprobre éternelle.
Concernant les sorciers n'ayant pas collaboré avec les Purs, les voix discordèrent nettement plus. Certains promurent le pardon pour les innocents, d'autres les mêlèrent tous dans le même panier et demandèrent l'exécution classique, hommes, femmes et enfants sans distinction. Lors du vote, ce fut une peine d'assermentation magique qui fut décrétée : ceux qui accepteraient de prêter un serment absolu entraînant leur mort immédiate en cas de récidive seraient pardonnés, les autres condamnés aux travaux forcés à perpétuité et enchaînés de systèmes d'ablation magique.
« - Passons maintenant au dernier point à traiter lors de cette réunion : la définition de notre stratégie ! » Mieux valait que je laisse tomber la question sorcière pour l'instant. On s'y repenchera plus tard.
À peine avais-je achevé ma phrase que tous les regards se tournèrent vers moi. En un sens, j'étais celui qui avait déclenché cette guerre, du moins parmi les membres de l'Union. Nul doute que tout le monde attendait que je fasse part de ma stratégie. Soit.
« - Les derniers rapports de nos espions et éclaireurs sont formels : suite à la destruction des différents ministères et face à l'insécurité régnant dans les campagnes, les sorciers se rassemblent massivement vers les derniers lieux de symbole qui leur restent, à savoir les principales écoles de magie que sont Poudlard, Beauxbâtons et Durmstrang. Il est donc temps de profiter de leur désorganisation et de la présence de nombre de civils dans leurs rangs. Gênés, ils se défendront d'autant moins bien ! »
« - Et quel endroit souhaitez-vous attaquer en premier ? » demanda une voix. Rien qu'au ton sincèrement interrogatif, son propriétaire ne devait pas être très malin. C'était pourtant simple.
« - Savez-vous où nous sommes ? » La réponse était si évidente que personne ne la donna. « Nous sommes dans la plus belle cité de toute l'Histoire. Là où un château entier a été érigé pour construire un orphelinat. Un lieu de bonheur qui est aujourd'hui occupé par des traîtres et des criminels ! »
Tout le monde compris où je voulais en venir.
« - Notre cible sera donc Poudlard ! »
…
Sortant au dehors, suivi par tous les différents ambassadeurs, je gagnai le balcon principal de la tour-palais, celui réservé aux discours. J'avais le cœur battant à s'en rompre.
Nous fûmes accueillis par un silence oppressant, avec une appréhension à couper au couteau. Face à nous se trouvaient réunis des dizaines de milliers de gens, tous mes esclaves au garde à vous, les cinq-cent vélanes, mais aussi plus de mille vampires, près de dix-mille gobelins -presque la moitié de la population de Gringotts !-, une centaine de géants, presque mille centaures, autant de loups-garous, etcetera… impressionnant.
« - Au nom des peuples magiques ! » m'exclamai-je en présentant face à moi un long parchemin.
Au nom des peuples magiques ! En mémoire du glorieux et éternellement honoré Père Créateur ! Pour un avenir prospère et glorieux !
Moi, Harry James Potter-Black, héritier de la volonté du très grand et éternellement loué Père Créateur, je proclame la renaissance de l'Union magique ! Tous les peuples de jadis ont juré sur leur honneur de tout faire pour protéger cet avenir glorieux qui s'offre à nous ! Et avec la protection du très divin et éternellement aimé Père Créateur, nous réussirons !
L'Union revit ! Et ne s'éteindra plus jamais ! GLOIRE !
GLOIRE !
Et tout le monde hurla un grand « GLOIRE ! »
…
Fleur vint à mon encontre dès que les cérémonies prirent fin. Alors que maints feux d'artifice tonnaient dans le ciel sous le dôme et que la foule hurlait de joie, elle se serra tout sourire dans mes bras, et m'entraîna dans la plus proche pièce vide. Nul doute qu'elle se sentait en manque de moi, et autant de ma part. Une petite union discrète nous ferait un bien fou. J'étais encore empli de toutes parts de ses phéromones de vélane, et pourtant j'en ressentais quand même le manque dès que je ne la voyais pas. « Tu vas bien ? » lui demandai-je, inquiet. Elle n'avait pas pu participer à la réunion, car ne se sentant pas bien.
Me souriant sans parvenir à faire autre chose, me regardant droit dans les yeux, visiblement émue, elle semblait vouloir me dire quelque chose, mais en avait le plus grand mal. « Harry » parvint-elle finalement à articuler, avant de s'arrêter, un sanglot de joie la prenant. Pas étonnant, l'heure était au bonheur. L'Histoire se souviendrait longtemps de cette journée.
J'encourageai aussitôt ma fleur en faisant une succession de petits bisous sur les pétales de ses joues. Elle me sourit de plus belle, et parvint finalement à se lancer.
« - Harry, je… je suis enceinte ! »
Les feux d'artifices ne furent pas les seuls à illuminer les cieux. C'était le plus beau jour de notre vie.
…
À suivre…
Commentaire svp ? Ils sont rares en ce moment… imaginez un regard de taré battu…
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I. Vladimir Staline : juste au cas où, non il n'y a aucun message politique dans ce nom. J'avais juste besoin d'un prénom russe. Et « staline » signifie en russe « homme de fer », soit quelque chose de très adapté pour un géant. C'est tout.
