NVJM, rédigé 31/7, 1 et 3/8/2018, publié 3/8/2018.

Harry Potter et l'Histoire inachevée

Chapitre 81 : L'ennemi est là !

« - GÉNÉRAL POTTER ! » hurla un messager en se précipitant vers son maître. Celui-ci se retourna aussitôt, aux aguets en entendant le ton d'urgence dans la voix du nouveau venu.

« - Que se passe-t-il !? »

« - L'ennemi est là ! À Pôdlad ! »

« - Comment ça ?! »

« - Une armée ennemie a jaillit de nulle-part ! Les premiers comptes des éclaireurs sur place indiquent au bas mot plusieures dizaines de milliers d'aurors, parmi les mieux entraînés des forces européennes ! La cité semble tenir bon, mais le château est tombé ! » Il n'en fallu pas plus pour que le général Potter sente ses entrailles se transformer en champ de bataille. Sa Fleur était justement allée visiter l'école !

Dès que le généralissime Vrakal apprit la nouvelle, en sa qualité de principal officier vampire et choisi par ses pairs en tant que commandant en chef de l'Union, il ordonna une volte-face immédiate de la totalité des armées, seules des patrouilles de surveillance restant sur place au cas où les sorciers tentent eux aussi une traversée de la Manche.

Malheureusement, les portoloins avaient été prévus pour aller dans un sens unique, et pas pour revenir à la base ! Cela força de fait les soldats à n'user que du transplanage pour regagner l'Écosse. Mais un second souci logistique se révéla aussitôt ! Les Moldus ! Une armée de dizaines de milliers de soldats ne pouvait en aucun cas transplaner en une seule fois ! Le boucan qui en résulterait serait si démesuré que ça attirerait irrémédiablement le regard des non-magiques… ce qu'il fallait absolument éviter ! De fait, seuls quelques dizaines de départs purent avoir lieu à chaque instant.

Mais comment les sorciers avaient-ils fait pour ainsi surprendre l'Union ? Le plus probable était qu'ils avaient fait un détour, soit par la Norvège pour traverser la mer du nord, soit en réquisitionnant une foule de navires moldus, l'une ou l'autre de ces possibilités leur permettant de débarquer tout près de Poudlard. Le problème de ces théories étant que les systèmes de surveillance territoriale étaient catégoriques : cette armée ennemie avait jaillit de nulle part d'un seul coup. Rien, absolument rien, n'avait permit de prédire son arrivée. Aucun signe avant-coureur. Autant dire que cela avait plongé les officiers Fidèles dans une forte appréhension. De quelle magie disposaient donc leurs ennemis pour parvenir à se faufiler ainsi entre les mailles de leur pourtant si efficace surveillance des îles Britanniques ? De tels moyens y avaient été mis que ça paraissait improbable !

Les premiers transplaneurs ne parvinrent à destination que près de quarante minutes après leur départ (II), et après une telle épreuve physique, bien peu d'entres eux se trouvaient en mesure de combattre. Aussi fut-il ordonné de nettoyer les alentours des espions et patrouilles ennemis afin de pouvoir monter le camp.

Poudlard et Pré-au-lard, tous deux retombés aux mains sorcières, laissaient monter haut dans le ciel de larges colonnes de fumée. La forêt interdite, totalement investie, fournissait bien des feux. Pour les gradés de l'Union, observant tout cela du haut d'une colline, le spectacle avait de quoi paraître bien glauque. Sans compter que les feux n'étaient pas tout.

« - Mais qu'est-ce que c'est que ça ? » murmura l'un des officiers, aux côtés du général Potter. Celui-ci semblait de plus en plus sombre d'instant en instant. Ils étaient trop loin pour que les sortilèges optiques les aident à voir de quoi il s'agissait, mais nul doute n'était permis… des croix, jaillissantes du sol telles des tombes. La différence étant que leurs morts n'étaient pas sous terre.

Tout avait été fait pour offrir un chaleureux accueil aux troupes de l'Union. La principale route menant jusqu'à Pré-au-lard, puis au château, se trouvait décorée d'une multitude de ces éphémères monuments. Sur chacun pendait une vélane, à l'envers, tête décapitée et enfoncée dans son vagin déchiré par la poigne qui l'y avait mise. Leur large ventre à toutes était criblé de trous de sorts, témoignant de l'éphémère vie de leurs enfants.

Les éclaireurs s'informèrent, puis les officiers apprirent ce qu'il s'était passé. Fleur et sa mère avaient invité les autres vélanes à venir visiter Poudlard avec elles, et toutes se trouvaient en train de marcher dans le parc du château lorsque l'ennemi avait jaillit, surprenant tout le monde totalement à l'improviste.

Le décompte fut vite fait. Assis sur une caisse de matériel, les coudes contre les genoux et la tête dans les mains, s'attendant au pire, malade d'inquiétude, le général Potter attendait le verdict, les entrailles déchiquetées d'angoisse. Il avait déjà emplit plusieurs seaux d'une bile puant son mal-être.

Il y avait précisément quatre-cent-quatre-vingt-dix-neuf croix. Toutes garnies d'une vélane. Et Fleur n'était nulle part.

Les cadavres d'Apolline et Gabrielle Delacour lui furent présentés, religieusement amenés sur un brancard couvert d'un drap blanc. Rien que la forme épousée par le tissu en disait long sur ce qu'elles avaient subi. Elles seraient enterrées avec les honneurs dès que possible.

Alors que les soldats de l'Union préparaient le siège du château, tout en restant à bonne distance des fortifications hâtives des sorciers, le moral dans le camp naissant était au plus bas. Le malheur qui venait de frapper, bien loin de l'euphorie du matin, rappelait à quel point la guerre serait terrible. Et radicale.

Le peuple des vélanes avait survécu à d'innombrables malheurs et horreurs au long de sa glorieuse histoire. Tout ça pour rien.

Elles n'étaient plus.

Sauf peut-être pour une et ses deux petites.

Mais il n'y avait pas d'espoir.

Il fallu rien de moins que la journée toute entière pour que les troupes de l'Union achèvent leur volte-face et se rassemblent autour de Poudlard, en un large cercle prêt à se refermer au moindre signal, tel un piège à loup. Métaphore allant bien aux prédateurs enfermés à l'intérieur.

La tactique prévue à l'origine pour Beauxbâtons fut revisitée et adaptée en conséquence. La première chose à faire était de reprendre possession de la forêt interdite pour pouvoir accéder à la cité de Pôdlad plus efficacement qu'avec quelques portoloins de ci, de là. Le commandant de garnison Pettigrow maintenait l'ordre et la discipline après avoir réussi à empêcher les sorciers de pénétrer dans la cité, mais son origine personnelle risquait de bientôt lui attirer de fortes inimitiés de la part des civils enfermés.

Dès que possible, le général Potter le contacta pour obtenir des nouvelles de sa chère épouse, mais le néant fut total. Personne dans la cité ne l'avait plus vue depuis qu'elle était sortie avec les siennes. Son homme en fut de plus belle malade d'inquiétude.

À l'horizon, le château grouillait d'activité. Dans les airs, des centaines de sorciers patrouillaient constamment, prêts à riposter au moindre signe d'activité de la part des Fidèles, qui eux-mêmes gardaient fermement les mains sur leurs mitrailleuses. Juste au cas où.

Chaque camp s'entourait de fortifications hâtives, fossés, pièges, montées de terre… des sortilèges de renforcement étaient mis en place autant que possible, mais en faire d'efficaces prenait énormément de temps. Or, chacun savait que la bataille aurait lieu avant le moindre achèvement. Alors tout le monde se concentrait sur le meurtre en boîte. Pour chaque soldat adverse parvenant à franchir les lignes, des milliers de ses camarades reposeraient à jamais sous les organes bouillonnants des autres.

Mais rien de tout ça ne pourrait arrêter la froide rage du général Potter.

Il n'était pas le commandant en chef des armées Fidèles -des généraux, il y en avait plus de soixante autres, ce qui était dire le peu d'importance de ce grade-, pourtant, il faisait montre d'un tel charisme, d'une telle rage de vaincre, que personne n'osait le rabrouer et lui rappeler son rang. Aussi, dès possible, il ordonna :

« - Toutes les artilleries, MAGIE ! » (I)

À suivre… plus que treize chapitres avant la fin !

Commentaires ? Y'en a quasiment pas en ce moment… imaginer l'auteur avec un regard de chaton battu…

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I. Le « magie ! » doit bien évidemment être comprit comme le « feu ! » pour les armes à feu.

II. À propos du transplanage, non ce n'est pas instantané. Ce délai d'une quarantaine de minutes pour aller des côtes de la Manche jusqu'en Écosse est tout à fait normal : ce mode de déplacement utilise le son, et ne peut de ce fait aller plus vite que lui (environ trois-cent mètres par seconde). De ce fait, il y a un délai de plus en plus important lorsque les cibles à atteindre le sont elles aussi. Et non, je n'invente pas ça, c'est canon : dans le septième tome, lorsque Voldemort veut rejoindre Poudlard pour la bataille finale, il lui faut un délai important, car il est loin de là à ce moment.