Bonjour les filles !

Merci beaucoup pour vos réactions au prologue de ma fic! *-* Vous êtes merveilleuses !

10 reviews, 10 favoris et 27 followers... pour un prologue XD ça me touche vous n'avez pas idée !

Une réponse pour Momo6 : Hey, j'allais pas vous abandonner hein hihi je suis contente que ce premier chapitre te plaise !

Bon... on a eu le POV d'Emmett, maintenant, je vous présente mon tout nouvel Eddy *-*

Chapitre 1

EPOV

Je tournais en rond dans mon salon. Le Major Volturis m'avait fait part de son besoin de me voir, j'avais donc pris à cœur de nettoyer mon studio. Je n'étais pas particulièrement désordonné ni quoi que ce soit mais tout devait être parfait pour le Major. L'odeur de javel imprégnait les murs et brûlait mes narines.

Cependant, aucun produit ménager ne venait à bout des tâches d'humidité qui avaient pris place au plafond ni de la moisissure qui proliférait à la jonction entre les plaintes et le mur. Mon appartement n'était pas la définition même de la salubrité : je n'avais pas tout à fait eu le loisir de choisir un logement plus grand ou en meilleur état.

J'avais quitté l'Irak neuf mois plus tôt et l'hôpital de Landsthul, en Allemagne depuis six mois. J'avais fui ma famille installée à Chicago et avais préféré me poser le plus loin possible, à Seattle. Je refusais qu'ils ne me voient pendant ma convalescence : je souhaitais qu'ils gardent de moi l'image du soldat fort et intrépide que j'étais, avant ma dernière mission.

Une fois à Seattle, j'avais accepté le premier emploi et le premier logement que j'avais trouvé et qui correspondait à mon faible revenu.

Quitter la Navy avait été brutal : non seulement j'avais perdu le seul but de ma vie mais j'avais également dû renoncer à beaucoup de privilèges dont l'appartement et le salaire qui allaient avec mon grade et les risques encourus.

Voilà comment je m'étais retrouvé dans un deux pièces particulièrement miteux, travaillant à la surveillance d'un parking de nuit.

L'entraînement des Navy Seals nous préparait à endurer les pires tortures : privations sensorielles et de sommeil, parcours physiques par températures négatives, survie en milieux hostiles... mais rien ne nous préparait au retour à la vie civile ! Heureusement, j'étais physiquement et mentalement prêt à affronter les pires situations, parce que sinon j'aurais sombré dans la dépression depuis longtemps.

Passer de la protection de ma patrie à celle de voitures bas de gamme était dégradant et affligeant, mais seul le patron de l'entreprise de sécurité avait accepté de m'embaucher. La majorité des États-Unis voue un culte aux soldats, mais de là à accepter la candidature d'un blessé, il y avait un fossé ! Les gens ont tellement peur du syndrome de stress post traumatique, des blessures et de la dépression qu'ils préfèrent nous soutenir de loin ! Alors quand j'ai trouvé ce job, je n'ai pas hésité longtemps.

Depuis six mois dans le parking, mon boss n'avait pas eu la moindre occasion de se plaindre de moi, de la dépression ni du SSPT, j'étais juste heureux d'être encore en vie et de ne pas avoir de séquelles.

Mon hospitalisation et ma guérison à Landsthul avaient été longues et frustrantes mais les médecins avaient fait un super boulot. J'avais perdu de la masse musculaire, bien sûr, et n'étais plus aussi performant ou endurant qu'avant, mais je tenais la route, c'était la seule chose qui comptait à mes yeux, parce que j'aurais bien pu rentrer d'Irak dans un cercueil...

La sonnette retentit et je sentis mon cœur battre un peu plus fort. C'était la première fois que je revoyais mon Major depuis ma dernière opération sur le terrain. J'essayai de me focaliser sur autre chose que la vétusté de mon logement, aussi froid et inhospitalier qu'un dortoir sur un sous-marin. Aucune déco n'avait pris place chez moi, les quelques meubles étaient de la récup et mon canapé, qui avait connu des jours meilleurs, était élimé et laissait déjà apercevoir des ressorts. Encore une fois, j'étais en vie, et c'était tout ce qui comptait. Nombre de nos camarades n'avaient pas eu ma chance !

J'ouvris ma porte pour découvrir mon Major, pour la première fois, sans treillis. Je retiens un rire et fis le salut militaire. Ses sourcils se haussèrent et je me rendis compte que c'était hors propos, étant réformé : je n'avais plus à agir de la sorte. Sans attendre son ordre, je repris une posture adéquate et me focalisai sur la chance que j'avais d'être en vie et qu'il ne devait y avoir aucune honte à être revenu dans le civil, d'autant plus si c'était pour avoir sauvé une vie.

« Cullen, c'est un plaisir de vous voir en forme ! » Fit-il en pinçant ses lèvres. Visiblement je ne devais pas avoir l'air si en forme que cela ! Son regard scruta mon appartement et je tentai d'attirer son attention sur autre chose :

- Une bière ?

- Volontiers.

Nous nous installâmes sur mon canapé avant que mes yeux ne tombent sur un cafard et que je ne l'écrase.

- Qu'est-ce qui vous amène dans mon palace, Major ? Pas que je n'apprécie pas un peu de visite, mais c'est loin de l'Irak, ici.

- Edward, j'ai une proposition d'emploi pour toi.

- Je bosse déjà, vous savez ?

- Je sais, et je suis content de voir que tu as pu te réintégrer, autant que possible, j'entends, mais là j'ai un job en or pour toi. Nourri, logé, et si tu te débrouilles bien, blanchi ! »

Ma curiosité était piquée au vif alors qu'un sourire se dessinait sur ses lèvres. Il posa un dossier sur ma table basse, sans un mot de plus. Je l'ouvris en retenant ma respiration.

- Edward, je te suis redevable, on le sait tous les deux, alors quand on m'a parlé de cette offre d'emploi et tous les points positifs qui vont avec, j'ai pensé de suite à toi.

Les informations sur le dossier étaient peu nombreuses, il s'agissait probablement d'un sujet délicat mais l'essentiel y était : il s'agissait de la garde rapprochée d'une star. J'avais sous les yeux son emploi du temps (pas très chargé), un contrat de confidentialité à signer de suite, ce que je fis après lecture, ainsi qu'un exemplaire factice de mon contrat de travail. Ce dernier stipulait qu'il s'agissait d'une protection vingt-quatre heures sur vingt-quatre, sept jours sur sept, avec obligation d'emménager chez l'employeur, accompagnement sur divers événements, et tout ce que la vie d'une star pouvait impliquer, y compris la conduire en voiture où elle voulait.

Il stipulait également une paie largement supérieure à celle que j'avais pu toucher pendant mes années parmi les Seals : 7500 dollars par mois ! Il était annoté que le montant était dû à un dédommagement rapport au déménagement et au taux horaire, mais je ne pris même pas la peine d'y réfléchir : un toit au dessus de la tête et le plus haut salaire de ma carrière, ça ne demandait même pas de réflexion !

Je cherchais un stylo quand le Major m'arrêta :

- En fait, elle est sûrement en train d'étudier ton dossier en même temps – Il s'agissait donc d'une femme ! – Il faut que j'appelle mon contact pour voir si on a son accord.

- Oh !

Voilà pourquoi mon contrat était factice : je n'avais pas encore l'emploi !

J'essayais de refouler la déception qui apparut en moi, je savais déjà qu'elle allait refuser : qui voudrait d'un homme blessé au combat comme garde du corps ? Une blessure restait une marque de faiblesse, la preuve qu'à un moment donné, j'ai échoué.

Je tentais de ne pas m'emballer en voyant mon Major composer un numéro et mettre le haut parleur avant de poser son téléphone sur ma table. Au bout de deux sonneries, l'interlocuteur décrocha. Je m'attendais à ce que ce soit mon potentiel employeur qui décroche, et donc une femme, mais ce fut la voix grave d'un homme qui prit la parole :

- Ouais Alec, alors ça donne quoi de ton côté ?

- Salut McCarty ! Cullen est ok, et pour heu… de ton côté ? »

Vu l'hésitation du Major, il me sembla évident que lui, il connaissait l'identité de la personne !

- Ça fait une demi-heure qu'elle a le nez plongé dans le dossier, j'arrête pas de lui dire de se dépécher de se décider, mais encore une fois, elle en fait qu'à sa tête !

- Hey oh ! Répondit une voix féminine à travers le téléphone. Elle poursuivit : Dis-lui que je l'embauche s'il te bat sur un ring !

- Hein ? Tu veux vraiment que je me batte contre un Navy Seals ? Tu veux ma mort ou quoi ? Il va me broyer les os !

- Tu l'auras mérité ! Et puis quitte à changer de garde du corps, autant m'assurer qu'il soit meilleur que toi !

- Sympa… Bon vous avez entendu ? Faut qu'on organise un rendez-vous.

- Vous avez une date ? »

Un bruissement de feuilles se fit entendre et nous dûmes patienter quelques instants avant d'avoir une réponse.

- Demain matin, à 8h, vous serez dispo ?

Mon Major et moi échangions un regard et je lui confirmai d'un hochement de tête que c'était bon pour moi : je terminais ma surveillance de parking vide à 6h.

- C'est bon pour nous.

- OK alors on trouve une salle et je t'envoie l'adresse par SMS.

- Ça marche, à demain alors.

J'avais donc un entretien d'embauche sur un ring, le jour suivant. Je savais que j'avais récupéré, point de vue santé et sport, mais de là à gagner dans un corps à corps, je n'en étais pas certain. Je pouvais courir, faire de la muscu, mais j'ignorais si j'étais toujours aussi rapide et surtout si mes réflexes étaient aussi bons qu'avant. Je n'étais pas orgueilleux mais perdre alors qu'un emploi était en jeu, et devant une femme, une star qui plus est, me mettait plus de pression que quand j'avais un terroriste dans ma ligne de mire et que je ne pouvais pas me louper.

Le Major était resté une demi-heure avec moi, le temps de boire une bière puis il était parti profiter de sa perm et de sa famille, après m'avoir transmis l'adresse de la salle de sport où nous avions rendez-vous le jour suivant.

C'était particulièrement déroutant de ne rien savoir de mon potentiel futur employeur. Je savais uniquement que c'était une femme et une star. Mon ancien supérieur était reparti avec le dossier, je n'avais donc pas le loisir de l'étudier. J'aurais pu chercher des renseignements sur les prochains événements auxquels elle était conviée, de sorte à savoir si elle avait percé dans le cinéma, la musique ou encore la littérature, et dans quelle mesure. Des personnes importantes seraient-elles présentes également ou seulement des gens qui tentent encore de se faire un nom ? A quel point était-elle connue ?

Pour être tout à fait honnête, je m'interrogeais également sur son physique. J'avais mémorisé qu'elle faisait un footing chaque matin, elle prenait donc soin d'elle. Était-elle du genre à se nourrir d'algues et de graines ? Pro-bio et sans gluten ? La cohabitation serait-elle facile ? Organisait-elle des fêtes chez elle tous les soirs, à base de drogues et d'alcool ? Aurais-je une période d'essai au terme de laquelle je pourrais partir en courant si, effectivement, elle était du genre sexe, drogues et rock'n'roll ?

Et la question la plus importante : à quel point avait-elle besoin d'un garde du corps ? Avait-elle été menacée ? Était-elle controversée ?

Énormément de questions se posaient dans ma tête alors que ça aurait été si simple que je connaisse son nom pour demander à Google.

Je pris mon poste, dans la cabine de surveillance du parking après en avoir fait le tour. Toutes mes caméras étaient en service et retranscrivaient en direct et en noir et blanc ce qui se passait sur les trois écrans face à moi. Voilà à quoi se résumait mon travail. Regarder la télé sans couleur, pendant huit heures, cinq jours par semaine.

J'avais évoqué avec mon chef la probabilité de quitter mon emploi et il m'avait pleinement soutenu, à ma grande surprise. Je m'étais attendu à devoir poser un préavis ou quoi que ce soit, mais non, il me facilitait les choses, comprenant ma situation.

Bien évidemment, il ne se passa absolument rien d'anormal sur les écrans. Que des véhicules qui attendaient patiemment le lendemain matin. Ma nuit fut occupée par toutes les questions qui me trottaient dans la tête.

S'agissait-il de Scarlett Johansson, Rihanna ou Jennifer Lawrence ? Arriverais-je à bosser de manière professionnelle si j'avais à faire à une de ses femmes ? J'étais entraîné à supporter un bain dans une eau glacée pendant des heures, mais est-ce que les dix huit semaines de conditionnement que j'avais vécues pour entrer parmi l'élite des forces spéciales seraient suffisamment efficaces pour m'aider à rester stoïque face à mon futur employeur ?

Le soleil se leva enfin, éclairant faiblement la cabine et mon collègue de jour arriva. Je récupérai mes affaires et partis rapidement chez moi de sorte à pouvoir me doucher et me changer avant mon entretien d'embauche.

Je n'eus aucune difficulté à trouver la salle de sport grâce aux informations que le Major m'avait transmises. C'est lui qui m'accueillit dès que je passai la porte d'entrée. Il me mena à travers des couloirs déserts jusqu'à une salle au centre de laquelle se trouvait un ring.

Contrairement aux salles que j'avais fréquentées au cours de ma carrière, celle-ci sentait la peinture fraîche et le cuir des poteaux du ring neuf. Les murs étaient immaculés, de couleur blanche, le sol revêtu de ce qui semblait être un lino, gris moucheté. Le mur sur ma droite était composé d'une multitude de fenêtres hautes, suffisamment grandes et nombreuses pour réussir à éclairer parfaitement la salle, malgré le fait que le soleil soit encore bas dans le ciel.

Le mur opposé aux fenêtres n'était autre qu'un immense miroir, comme on en trouve dans les salles de danse. Il contribuait largement à l'illumination de la pièce.

Avec la hauteur impressionnante sous plafond, de nombreux luminaires descendaient bas pour pouvoir éclairer, lors d'entraînements nocturnes.

Le ring, stratégiquement placé au centre de la pièce, était bien plus récent que tout ceux que j'avais pu voir jusque-là. Le revêtement du tatami était bleu électrique, sans aucun accroc ni tâche. Les cordes de ring, partiellement recouvertes de cuir, au nombre de quatre, étaient bleues, blanches et rouges, marquant, grâce aux couleurs, les emplacements où les combattants doivent prendre position entre les rounds.

Deux coins de ring blancs se faisaient face et deux autres, un bleu et l'autre rouge, se trouvaient dans les derniers angles, soulignant un peu plus les endroits où les adversaires devaient se placer.

Deux tables identiques, au style industriel, se trouvaient au fond de la pièce, contre un mur et c'étaient les seuls meubles qui se trouvaient là. Une des tables se trouvait positionnée sur l'autre, à l'envers, exposant les pieds métalliques.

Un homme massif y était appuyé. Grand et taillé en V, sa carrure pouvait impressionner, ou rendre jaloux, la plupart des Seals. L'espace d'un instant, je priai pour qu'il ne soit que le gérant de la salle. A aucun moment je ne m'étais interrogé sur l'adversaire que j'allais devoir affronter : je m'étais posé des questions sur mon éventuel employeur, sur mes nouvelles capacités lors d'un corps à corps, mais jamais au sujet de la personne que j'aurais face à moi…

Mon Major nous fit approcher et me présenta à la montagne face à nous. Il arborait des cheveux courts, moins qu'à l'armée mais tout de même, bruns, quasiment noirs, bouclés, lui conférant un air juvénile contrastant avec les muscles que son t-shirt laissait percevoir. Ses traits étaient fins mais froids.

Un sourire illumina son visage en nous voyant et il sembla aussitôt moins terrifiant, ses yeux bruns pétillèrent alors que ses lèvres s'étiraient.

- Alors c'est toi notre candidat ?

-Edward Cullen. Répondis-je en hochant la tête avant de tendre ma main, il la serra en agrandissant son sourire.

- Emmett McCarty, son frère.

Il venait de confirmer mes craintes, c'était bien lui que j'allais devoir affronter. Même si j'avais repris la musculation, j'étais loin, très loin, d'avoir la même carrure que lui et l'issue du combat était de plus en plus incertaine. Cependant, une question me taraudait :

- Et heu… votre sœur n'est pas là ?

Je n'avais même pas imaginé qu'elle puisse ne pas être là. Après tout, c'était elle qui avait évoqué la possibilité d'une confrontation, c'était de son prochain garde du corps dont il était question, et elle ne prenait même pas la peine de se déplacer ? J'avais imaginé mon éventuel patron sexy et fêtarde mais pas aussi hautaine !

- Et bien, elle ne devrait pas tarder…. Fit-il en levant les yeux au ciel. J'ignorais si c'était pour confirmer le côté arrogant ou s'il était contrarié par un quelconque manque de ponctualité mais ce n'était pas de bon augure pour moi. C'était le moment pour moi de creuser, de sorte à trouver des renseignements :

- Qui était son garde du corps jusque-là ? Pourquoi y a-t-il un changement ?

- Ahah toi jt'aime bien ! Fit Emmett en claquant mon épaule de sa grosse main trapue. Tu vas direct à l'essentiel hein ?

- Si c'était le cas, Monsieur, je vous aurais déjà demandé de qui il s'agit.

Il laissa éclater un rire à en faire trembler les murs.

- On est bien d'accord que tout ce qui se passera ici devra rester confidentiel ?

- J'ai signé pour ça, Monsieur.

- Ok mais va falloir arrêter les Monsieur et le vouvoiement, hein ! C'était moi son garde du corps, depuis quatre ans. Mais à présent, elle veut quelqu'un à temps complet, et moi je viens d'apprendre que ma femme et moi attendons des jumeaux, alors je peux pas rester avec ma soeur. Et puis je pense qu'on finirait par s'entre-tuer. Alors on recrute. »

Je pris note qu'il ne m'avait toujours pas révélé l'identité de sa sœur.

- Et d'après vous, y a-t-il une menace avérée, comme des lettres ou des coups de fils anonymes, ou quoi que ce soit d'autre ?

- Et bien...oui et non. Probablement pas de quoi embaucher quelqu'un à temps plein, mais c'est son argent, alors elle en fait ce qu'elle veut.

Je ne savais pas tout à fait quoi faire de cette information.

Alors que j'allais une fois de plus chercher à connaître l'identité de sa sœur, la porte de la salle s'ouvrit sur elle.

Ses mains étant trop occupées à pianoter sur son téléphone, elle avait donc ouvert la porte en appuyant son coude sur la poignée et l'avait négligemment poussée avec son dos. Je ne la connaissais pas encore qu'elle me faisait déjà mauvaise impression.