NVJM, rédigé et publié 21/9/2018.
Harry Potter et l'Histoire inachevée
Chapitre 88 : L'Ennemi
Un hurlement d'horreur naquit bien vite de la bouche grande ouverte de Luna, surprenant la foule et forçant chacun à se boucher les oreilles en grimaçant de douleur ! Quelle voix !
Et elle agît. Se releva tel l'éclair. Se jeta sur un garde.
Dégaina sa dague.
Et se trancha les veines.
« - Elle a comprit, » commenta simplement Dumbledore.
…
Dans l'assistance éberluée, les gardes-du-vagin furent les premières à réagir. Se jetant aux côtés de leur maîtresse consciencieusement occupée à se charcuter les poignets, un flot de sang s'échappant toujours plus vite, elles joignirent leurs cris de surprise à son horreur panique en un concert atterré. « Laissez-moi crever ! » hurla Luna lorsqu'elles voulurent l'arrêter, ayant perdu tout contrôle de soi ! Ses servantes reculèrent aussitôt, intérieurement déchirées entre l'envie de l'empêcher de mourir, et l'obéissance aux ordres relevant d'un absolu !
Juste à côté, Harry regarda le spectacle sans parvenir à y croire. Mais qu'est-ce qui lui prenait encore, à cette folle ?! C'est éberlué qu'il assistait à un rêve nourri depuis bien des années maintenant…
Mais il se reprit bien vite en comprenant qu'une superbe faille s'offrait à lui ! La détermination de sa rivale ébréchée, l'occasion était trop belle de pouvoir reprendre l'ascendant !
Tout autour d'eux, les soldats réguliers, libérés de l'influence des flots d'hormones dont Luna les submergeait, commençaient à voir faiblir leur possession. Tous se mirent à tituber, se tenant la tête comme pour un réveil difficile suite à une nuit de somnambulisme. « Au rapport, officiers ! » cria Harry, dans l'espoir d'accélérer le processus. Se relevant tant bien que mal, maintenant qu'il n'était plus maintenu au sol par la poigne de ses tortionnaires, il approcha du plus proche gradé de bas niveau qu'il remarqua, et fit de son mieux pour le secouer comme un prunier.
Derrière eux, les sorciers n'esquissaient pas un geste, ne semblant pas le moins du monde vouloir profiter de l'incroyable occasion s'offrant à eux. Ils auraient pourtant sans peine pu inverser le résultat de la bataille ! Mais pas un n'esquissait un mouvement. Tous parfaitement statiques. Tous mystérieusement statiques.
Courant partout malgré ses liens, faisant de son mieux pour réveiller ses soldats, Harry lançait sans cesse des ordres pour tenter de reprendre en main l'armée. « Trouvez-moi les clés de ces maudits liens ! » Ce fut vite fait, un trousseau de baguettes magiques de scellé pendant sur le côté de la capitaine des gardes-du-vagin. Elle se le laissa arracher sans même y faire attention, trop occupée à tout tenter pour sa maîtresse.
« - Graaah, mais laissez-la donc crever ! » râla-t-il en voyant les putains faire tout leur possible pour sauver leur maîtresse. Cet ordre les troubla un instant, et suffit à briser le peu de maîtrise qu'elles étaient parvenues à retrouver par delà leur esprit détruit, les laissant immobiles aux côtés de Luna agonisante.
En se retournant pour s'occuper des prisonniers sorciers -car bien qu'opposé à la grognasse, il n'en était pas moins forcé de prendre un chemin semblable-, la première personne qu'il vit fut le vieux Dumbledore, toujours à genoux face à lui. Et ça lui remémora aussitôt ce qu'avait dit Luna… « J'hésite à te tuer, Potter. Parce que cette histoire n'est pas encore finie, et je crains fort que tu n'ais un rôle important à y jouer. Si je t'élimine, il est bien possible que je me condamne moi aussi… » C'était encore une référence à ce soi-disant mystère qu'elle aurait comprit…
« - Dumbledore ! » éructa-t-il à sa némésis. « Quel est ce mystère que toi et la putain avez comprit ? »
Le vieillard le regarda sans rien dire pendant un moment, l'air énigmatique. Fallait-il lui dire …? Ouvrant la bouche pour parler, il sembla se décider, mais se figea soudain, comme stoppé dans son élan, incapable d'ajouter un mot. Comme s'il subissait un sort de mutisme. Ce simple fait lui écarquilla les yeux. « Je ne sais rien, » s'empressa-t-il de mentir éhonteusement.
Il n'en fallu pas plus pour faire voir rouge à Harry, qui se jeta sur l'importun et le saisit au col, le soulevant pour l'amener devant lui. « RÉPONDS ! MAUDIT SALOPARD ! » Mais il n'obtint qu'une négation silencieuse. « GRAAAAH ! Foutez-moi cette ordure au cachot ! Et aidez-le à parler ! » éructa-t-il, hors de lui, s'éloignant aussi vite que possible pour ne pas commettre l'irréparable.
Mais aussitôt détourné de l'un de ses cauchemars, un autre se présentait. « Mais emmenez-la donc en soins, par ma folie ! » hurla-t-il aux gardes-du-vagin complètement tétanisées, désemparées autour de leur maîtresse agonisante. « Et vous avez intérêt à la sauver, bande d'abruties ! » Ordonner qu'on prenne soin de cette emmerdeuse lui coûtait très cher en patience et fierté, elles n'avaient pas intérêt à échouer ! Ce mystère qu'il ne parvenait pas à saisir lui faisait quand même peur !
Et c'est en ne pouvant s'empêcher de penser, angoissé, à cette insolubilité agitée face à ses yeux qu'il se retourna vers ses soldats. « Mettez des liens d'ablation magique au vioque ! Et où sont les officiers ?! OFFICIEEEERS ! » Il semblait hors de lui, les nerfs prêts à craquer tant la pression pesant sur ses épaules était forte. La crise de nerfs était proche.
« - Harry ! » cria une voix reconnaissable entre mille. Se retournant tel l'éclair, il vit, ahuri…
« - Fleur ?! Mais que fais-tu là ?! » demanda-t-il en courant vers sa belle, la prenant aussitôt dans ses bras, leurs enfants gazouillant entre eux. Cette douce musique suffit à le calmer en un instant. « Fleur, tu devrais rester à l'abri ! C'est trop dangereux ici ! Pourquoi n'es-tu pas restée dans ton bunker ? » Elle lui répondit sans hésiter, l'air mécontente.
« - Je te l'ai déjà dit, Harry ! Pas question que je reste à l'abri pendant que tu te bats ! Nous sommes liés je te rappelle ! »
« - Je sais bien, mais… »
« - Mais rien ! Nous nous battrons et vaincrons ensemble, compris ?! Sinon, nous mourrons côte à côte ! Il n'y a pas d'alternative possible ! »
Complètement surpris par la venue de sa belle, il resta coi un instant. Son instinct lui hurlait que quelque chose n'allait pas… sans parvenir à mettre le doigt dessus.
Il renonça rapidement. Tant pis. Il y avait plus important à s'occuper.
« - Au rapport ! » ordonna-t-il en se retournant vers ses officiers, qui reprenaient enfin leurs esprits. « Que des éclaireurs se pressent à inspecter toute l'armée, que je connaisse la situation sur le bout de la baguette ! Envoyez les unités médicales dans les ruines de la cité, pour s'occuper des blessés ! »
« - Et les prisonniers, mon général ? » s'enquit un des lieutenants. Suite à l'épuration perpétrée par Luna, c'était maintenant l'un des plus hauts grades après le sien… regardant les sorciers d'un air dédaigneux, il n'eut pas à réfléchir longtemps. C'était l'occasion parfaite de mettre en œuvre ses plans prévus depuis des années.
S'approchant de ses hommes pour éviter d'être entendu des prisonniers, il ordonna « Séparez les en fonction de leur sang. Les Purs dans un cratère à l'écart des troupes. Les autres emprisonnés dans les cachots du château en attendant leur jugement. Mettez à part les non-Purs s'étant rendus coupables de crimes. N'hésitez pas à recourir à des solutions radicales. Impérium, véritaserum si vous en trouvez, torture s'il le faut ! Nous devons nous débarrasser de ce fardeau le plus vite possible ! Aucune distinction d'âge et de sexe. Compris ? Aucune ! »
« - À vos ordres ! » s'exclama l'officier en claquant les talons. Et il alla obéir sans hésiter, ayant déjà compris ce que voulait faire son supérieur. Accomplir un vieux rêve de Fidèle…
« - Et que les soldats reforment leurs rangs, bordel de merde ! »
« - À vos ordres ! »
« - Que veux-tu faire, Harry ? » lui demanda Fleur.
« - Quelque chose de définitif, » se contenta-t-il de répondre. « Va mettre les petites à l'abri. Qu'elles gardent leur innocence. » Un regard appuyé lui fit comprendre qu'il en allait de l'intérêt de leurs enfants. Elle acquiesça sans hésiter, et courut ramener ses chéries à l'abri dans la tour-palais, ultime forteresse leur restant.
Se retournant vers ses hommes, l'air sombre, Harry assista sans dire un mot au spectacle des sorciers alignés de force, passant un à un face à des soldats les forçant à s'entailler la main sur une lame pour subir un test de sang. Sans la moindre douceur, les nés-moldus et sang-mêlés étaient renvoyés dans les ruines de Poudlard pour être enfermés dans les cachots à grands renforts de sorts. Les Purs, quand à eux, étaient regroupés au loin, dans l'un des nombreux cratères résultant de l'éruption magique.
Les quelques deux-mille prisonniers furent ainsi triés en quelques dizaines de minutes seulement, tous fouillés, désarmés et dénudés -au cas où-. Il ne fallait pas courir le risque de laisser le moindre d'entre eux dissimuler une arme. Ce serait bien trop dangereux pour la suite.
Se rendant dans le cratère des Purs après quelques ordres aux troupes, il y retrouva les derniers de ses propres esclaves ayant survécus à l'assaut contre Luna, environ trois centaines, regroupés en un cercle de baguettes autour de la foule des sang-purs, qui devaient probablement être près du double. Il n'était fait aucune distinction entre les pratiquants de l'abominable culte et les repentis. Tous étaient mis dans le même sac, du plus innocent des enfants jusqu'au plus influent des vieillards, de la mignonne fillette à la vieille respectable, du joyeux garçonnet à l'aïeul vénérable.
Et tous avaient comprit ce qu'il allait leur arriver. Déjà, leur masse résonnait du désespoir de la dernière charge.
Tout pour sauver leurs enfants.
« - Bouclier physique autour d'eux ! » se contenta de dire Harry sur un ton nonchalant. Tous ses soldats obéirent aussitôt, œuvrant de concert pour lier leurs sorts et dresser une défense sphérique tout autour de leur cible.
Tout espoir de rébellion disparut des visages pour faire face au plus profond désespoir. En quelques instants, nombre de Purs se précipitèrent au sol pour implorer pitié. Les meneurs furent les premiers à abandonner tout courage, les mères serrant leurs petits entre leurs bras se montrant les plus braves, comme toujours dans de telles situations.
Il n'y avait plus pour eux le moindre espoir. Ce bouclier était fait pour arrêter toute matière faite d'atomes. Impossible de passer pour mener une charge et tenter de fuir.
Voyant ses proies prêtes, le prédateur qu'était devenu Harry s'avança d'un pas, sourd aux suppliques de ses victimes. Repensant à ce qu'il avait jadis vu, lors de son voyage dans le temps à l'époque de l'Union, lors de la chute de la cité puis de l'âge des Lumières sorcier. L'horreur séculaire de la Pureté lui fit perdre tout doute.
Il n'hésita plus.
« - Bombardum, » murmura-t-il simplement. Un sort noir d'encre jaillit de sa baguette, fila dans les airs, traversa le bouclier, perméable à la magie… et frappa une victime au hasard.
Et la fit exploser dans une gerbe de sang et d'organes.
Le silence le plus complet tomba sur la scène. Peloton d'exécution et victimes restèrent statiques, les uns impériumés et privés de leur esprit, les autres horrifiés et privés de toute volonté. « Pitié ! » hurla une frêle voix, emplie d'horreur, vite suivie par toutes les autres soudain réveillées.
« - Au secours ! »
« - Arrêtez ! »
« - Ayez pitié ! Pitié ! »
« - Pas mes enfants ! Non ! »
« - SORTS À VOLONTÉ ! » ordonna Harry !
Le ciel s'illumina en réponse. Tous ses esclaves levèrent leur baguette pour hurler d'ensemble une succession ininterrompue de « bombardum ! »
Les hurlements prirent fin comme ils avaient commencés, débutants dans les gorges pour s'éteindre dans les trachées jaillissantes, naissants dans les voix pour s'achever dans les poumons éclatants.
Tout ne dura que quelques secondes.
Lorsque la poussière soulevée par l'attaque se déposa enfin, le bouclier ne contenait plus qu'une soupe humaine.
Attendez… Quoi ?
Il restait quelqu'un !
« - QUI ES-TU ?! » hurla Harry, tous ses sens en alerte, en brandissant aussitôt sa baguette vers l'inconnu !
Vers l'Ennemi !
« - Tu ne me reconnais toujours pas, imposteur ? » rit celui-ci, l'air de rien, comme ne semblant pas remarquer qu'il flottait dans une mer d'organes encore chauds. Il ne paraissait pas le moins du monde choqué par l'innommable exaction que les siens venaient de subir, mais prit en revanche bien soin d'appuyer sur le mot "imposteur", le répétant sans cesse en chantonnant nonchalamment.
« - QUI ES-TU, BORDEL ?! » hurla de plus belle Harry, complètement hors de lui et exultant en même temps d'enfin tenir ce maudit chien entre ses mains !
Souriant sadiquement, l'Ennemi attendit quelques secondes avant de répondre, se plaisant à ainsi emmerder son adversaire.
« - Je suis le véritable Harry Potter. »
…
À suivre…
Pas taper. Explications au chap 90. Relisez les chapitres 4, 9 et 17, ça vous aidera à comprendre.
