NVJM, rédigé 23, 27 et 28/9/2018, publié 28/9/2018.

Joyeux anniversaire, Karote ! Voici quelques cadavres agonisants sur le champ de bataille en guise de bougies sur ton gâteau…

Harry Potter et l'Histoire inachevée

Chapitre 89 : La pseudo bataille de Poudlard

« - QUI ES-TU, BORDEL ?! » hurla de plus belle Harry, complètement hors de lui et exultant en même temps d'enfin tenir ce maudit chien entre ses mains !

Souriant sadiquement, l'Ennemi attendit quelques secondes avant de répondre, se plaisant à ainsi emmerder son adversaire.

« - Je suis le véritable Harry Potter. »

« - Tu oses te prendre pour moi ?! » hurla encore Harry, enragé ! « Je suis le seul et unique Harry Potter ! » Et il leva le bras en l'air pour donner le signal de l'exécution générale. Tous ses esclaves se mirent aussitôt en garde.

L'Ennemi eut un sourire sadique, alors que dans le lointain, un concert de clameurs martiales retentissait plus fort que jamais. Juste à temps ! Les regards se détournèrent de leur cible, intrigués. Il en profita et transplana l'air de rien, passant sans peine toutes les défenses.

« - MEEEERDE ! » hurla Harry, hors de lui, prêt à commettre un nouveau massacre ! « Mais qu'est-ce qu'il se passe encore, bordel de merde ?! AU RAPPORT, ÉCLAIREURS ! » Un de ses rares esclaves restés dans la tour-palais se hâta de venir à lui, complètement épuisé comme s'il avait couru un marathon.

« - Maitre ! L'ennemi attaque ! »

« - QUOI ?! »

« - Une armée ennemie est soudain apparue sur les écrans de surveillance du territoire ! Ils encerclent totalement le château ! »

« - Vous pouviez pas le dire plus tôt, non ?! Bande d'abrutis ! » hurla encore plus Harry et se précipitant vers les troupes pour réagir. « QUE TOUT LE MONDE SE PRÉPARE AU COMBAT ! TOUS EN POSITION DE DÉFENSE ! »

« - Ils sont tous apparus en un claquement de doigt ! Il n'y a eu absolument aucun signe avant-coureur ! »

« - Je me contrefous de vos excuses ! » le chassa Harry, soudain angoissé plus que de raison. Il était déjà arrivé la même chose lorsque Poudlard avait été pris d'assaut ! Les systèmes de surveillance n'avaient absolument rien repéré avant qu'il ne soit trop tard… mais comment cela se faisait-il ?! L'ennemi avait-il découvert une faille dans les réseaux de garde ? Bénéficié des renseignements d'espions ? Non, ce n'était pas possible ! Tout le monde était soumit à des serments magiques si radicaux que le simple fait de penser le mot "trahison" faisait hurler à la mort toutes les alarmes… alors comment, comment ?!

« - Quel est le bilan des troupes ? » demanda Harry sitôt qu'il fut parvenu au centre de l'armée. Les éclaireurs envoyés un peu plus tôt affichaient tous des têtes d'enterrement. Ce n'était pas bon signe.

« - Général, il nous reste vingt géants, à peine plus de douze-mille gobelins, cinq-cent vampires, deux-cent… » Harry n'écouta plus guère, le sang glacé dès les premiers chiffres. Tant de pertes que ça ?! L'armée avait fondu de plus de moitié ! Dire que les géants avaient été près d'une cinquantaine de tanks humains il n'y a que quelques jours encore !

« - Et les civils ? Une estimation ? »

« - Les comptes magiques automatiques indiquent vingt-mille morts dans l'effondrement du dôme de la cité… » Harry grogna en entendant ce bilan effroyable. Maudite soit cette putain de Luna ! Son absence de considération pour d'autres qu'elle-même les avait tous mis dans une situation complètement catastrophique !

« - Et les troupes ennemies ? »

« - Estimées à déjà plus de quarante-mille. Et il en transplane sans cesse plus, des centaines par minute… » Quarante-mille ! Par sa folie, mais comment de telles forces avaient-elles pu passer outre le réseau de surveillance ?! Il devait y avoir tous les aurors d'Europe continentale !

N'ayant pas le temps de s'interroger sur ce mystère, il laissa passer pour se concentrer sur plus urgent. « Que toutes les troupes se réunissent à l'intérieur et autour des ruines du château de Poudlard ! Les civils dans les sous-sols ! Occupez-vous des défenses avant les blessés ! Toute personne capable de se battre sur le front ! État de siège ! »

État de siège ! Alors que les armées étaient parties en conquérantes quelques jours plus tôt, voilà qu'elles étaient acculées à la défensive !

Obéissant aussitôt au dernier général, tout le monde se jeta sur l'ultime ligne de défense possible ! La cité étant hors de question, du fait de la disparition de son dôme, le château restait la seule possibilité ! Exercés de longue date à obéir sans discuter, les civils se jetèrent en ordre dans les sous-sols, déblayant efficacement les accès. Les soldats prirent aussitôt possession des gravats pour les empiler solidement en un cercle tout autour des ruines de Poudlard, érigeant un rempart immédiatement renforcé de multiples sorts par les célèbres maçons gobelins.

Une multitude de pièges fut dressée au pas de course. Des sorts de poids impitoyablement placés au sol, afin que tout attaquant arrivant par voie de terre soit comprimé jusqu'à l'état de crêpe. Des pierres taillées en pointes acérées et dispersées partout autour du château après avoir été rendues invisibles, tandis que pour abriter tout le monde. De larges tranchées excavées, la terre ainsi obtenue compactée et cuite par des sorts d'incendio afin de former des murs efficaces, aussitôt défendus de profonds fossés voués à devenir des cimetières.

Les cieux ne furent pas en reste, et des feux furent allumés et alimentés par les arbres condamnés de l'ex forêt interdite. D'immenses colonnes de fumées jaillirent bientôt vers les cieux, et furent enchantées pour constituer des pièges à l'intention des potentiels attaquants par balais volants. Alors que la pression de l'air était artificiellement modifiée pour que toute la fumée s'accumule au-dessus des fidèles, tel un nuage protecteur, les enchanteurs de tous les peuples s'unirent de concert pour solidifier cette défense et en faire un mur infranchissable. Quelques colonnes de flammes montèrent bien au-dessus, torrents de sorts de feudeymon parfaitement maîtrisés et près à être envoyés sur l'ennemi pour le griller et le descendre de son perchoir, accompagnés d'une multitude d'autres joyeusetés ô combien réjouissantes.

Harry, craignant que le siège ne soit posé et ne dure trop longtemps, estima prudent de préparer aussi cette éventualité. Sous la surveillance de cohortes de soldats, des civils furent envoyés ratisser la cité pour récupérer tout vivre ou objet nécessaire pouvant être retrouvé. En un temps record, la tour-palais fut vidée de nombre d'équipements importants, ses réserves pillées. Peter, libéré de l'influence des phéromones de Luna auxquelles il avait failli succomber, fut sortit de prison et retrouva sa place aux côtés de son filleul. « Content de te revoir, » dit celui-ci en le saluant d'un bref signe de tête, avant de lui donner ses propres ordres. Pas de temps pour les sentiments ! Fleur elle-même fut rappelée en urgence avec les petites Lily et Elfyld, toutes deux confiées à toute une troupe des esclaves de leur mâle charmant et père, et envoyées de force dans les sous-sols du château. Harry fut absolument intraitable. Il était prêt à exploser tant la pression pesant sur ses épaules étaient fortes, au point que même Fleur et son caractère complémentariste n'osèrent pas le contredire. Sitôt arrivée dans les cachots, elle prit la tête d'une unité de soins après avoir préparées ses petites à un sommeil forcé.

Les sorts de recensement de zone, jetés par les rares éclaireurs Fidèles disposant encore d'un balai, estimèrent l'armée ennemie à plus de quatre-vingt-mille soldats. Et il en arrivait encore sans cesse plus.

Les artilleries et une grande partie de leurs munitions eurent le temps d'être rapatriées, par un miracle qui fit pousser un soupir de soulagement à tous dès que la nouvelle fut connue. Bien que toujours bas, le moral remonta aussitôt. Ces armes étaient probablement la seule chance restante à l'Union, déjà au bord du gouffre alors même qu'elle ne faisait que commencer.

Voyant cela, et comprenant que tout le monde risquait de se débander au premier coup dur, Harry comprit qu'il fallait agir pour redresser la situation à l'intérieur bien plus qu'à l'extérieur. Les défenses en grande parties bâties après une heure de travail acharné, des flots de potions préparés par les civils dans les sous-sols, seuls quelques ultimes maçons et enchanteurs avaient encore du travail à faire avant l'attente de l'assaut ennemi.

Il fut donc décidé de rappeler aux peuples le courage sans faille de leurs ancêtres. De ces héros qui étaient morts par générations successives pour fonder la première union magique, malgré un sous-nombre de départ d'une démesure sans pareille, à plusieurs milliers contre un.

« - Je vais vous conter l'histoire du dictateur Malagia, » récita Harry, assit au milieu d'un cercle de ses troupes, plusieurs milliers de soldats et de civils écoutant sa voix amplifiée magiquement. Et peu importait si ce qu'il leur disait était un peu embelli. Le choix de ce récit en particulier n'était pas anodin.

Prince du peuple Gobelin voici de cela de nombreux siècles, Malagia avait été élu dictateur de sa cité afin de pouvoir permettre à celle-ci de survivre aux assauts des Purs lors de la première guerre contre eux. Retranché dans quelques pâtés de maison des mois durant, son peuple organisa une défense totale contre d'innombrables assauts des armées Pures, vainquant des dizaines de milliers d'ennemis malgré leur sous-nombre, à près de cent contre un, et inversant le cours de la guerre en allégeant la pression pesant sur les autres fronts, permettant la venue de renforts. Ils furent sauvés après plusieurs mois par l'arrivée des armées de l'Union menées par le Père Créateur. Il mourut finalement d'épuisement et de blessures quelques heures après sa libération, avec la majorité de ses rares concitoyens survivants. Les peuples de l'Union le déifièrent aux côtés de Merlin et du Père Créateur.

« - Gloire à l'Union ! » hurla Harry à la fin de son récit, d'une voix se voulant aussi assurée que possible. Même si le cœur n'y était guère, il espérait que son talent de comédien aiderait.

« - GLOIRE À L'UNION ! » reprirent de plus belle des milliers de voix, faisant naître une clameur qui, sans nul doute, se fit entendre jusqu'au cœur des armées sorcières. Ceux-ci comprendraient facilement que les assiégés n'avaient pas l'intention de se rendre sans combattre.

Des trompettes sonnèrent soudain ! L'ennemi attaque !

Tout le monde se précipita sur les lignes de défense, la baguette à la main, prêt à vendre chèrement sa peau ! En arrière, les géants, armurés des pieds à la tête, étaient transformés en tanks humains près à charger sur les troupes adverses si elles parvenaient à réaliser une percée. Et si une faille était trouvée dans le dispositif adverse, le prédateur pourrait bien devenir proie…

La pression retomba soudain. Un éclaireur sorcier s'avançait, brandissant un drapeau blanc. S'arrêtant juste avant de poser le pied dans les premières défenses Fidèles, il déclama haut et fort d'une voix amplifiée : « Message des Seigneurs Voldemort et Harry-Potter-le-légitime à l'imposteur Harry-Potter-l'illégitime ! »

Harry sentit son sang se glacer à ces mots. Ce maudit Ennemi osait encore se prendre pour lui ?! Il n'en fallu pas plus pour lu faire voir rouge. « Abattez-le ! » ordonna-t-il en désignant le sorcier. Un flash vit aussitôt naître nombre de sorts de mort, qui se joignirent pour heurter l'impudent de plein fouet, avant même qu'il ne puisse ressentir la moindre peur.

En voyant ça, nul doute que l'Ennemi allait attaquer incessamment.

De son poste d'observation, Harry ne put s'empêcher de grogner de dépit. Nul doute que ces ordures avaient fait exprès de répandre le mensonge de l'Ennemi pour déstabiliser ses propres troupes ! Ses efforts pour leur remonter le moral avaient été minés en un instant…

Mais il avait plus important à s'occuper, car l'annonce de la présence de Voldemort posait problème. Outre le fait qu'il était un très puissant combattant, valant nombre de soldats à lui seul, il était maintenant facile de comprendre pourquoi il s'était fait si discret. Pendant que son maudit allié menait l'assaut contre Poudlard, lui avait le temps de réunir d'immenses troupes en Europe, en profitant de la crédulité de cet abruti de Dumbledore et de la pseudo-menace que faisait peser une habile propagande effrayant la populace sorcière.

Les éclaireurs comptabilisaient maintenant plus de cent-mille adversaires. Tous les aurors d'Europe continentale, et probablement d'innombrables civils prêts à combattre, tant la peur de voir souffrir leur famille était grande. La propagande contant les horreurs perpétrées par tant et tant de "créatures" devait être efficace. Et il en arrivait encore, des centaines à chaque minute.

Repensant à Dumbledore, qui lui était revenu à l'esprit quelques instants auparavant, Harry se demanda s'il y aurait moyen d'en tirer quelque chose. Menacer de l'exécuter ? Non, Voldemort en serait ravi. Lui proposer de combattre aux côtés de l'Union ? Mouais.

Harry ne put s'empêcher de grogner en ne parvenant pas à trouver le moindre argument un tant soit peu valable pour rejeter cette idée folle.

« - Peter ? » dit-il à son lieutenant occupé à gérer les messagers arrivant de partout, afin de laisser un peu d'air à son filleul et maître.

« - À tes ordres ! » s'écria celui-ci, aussitôt au garde-à-vous !

« - Va faire chercher Dumbledore. » Le fidèle parmi les Fidèles ne chercha même pas à discuter, et disparut aussitôt de la tente de commandement pour s'exécuter.

Le vieillard fut amené sans ménagement en une minute, tiré du cachot où il avait été enfermé. Courbé par le poids des liens d'ablation magique dont il était encore enserré, il n'avait plus rien à voir avec le vénérable directeur d'école se donnant un air bon enfant. Avec sa barbe portant des traces de brulure et estropiée d'une bonne partie de sa longueur, sa robe sale et déchirée de toutes parts, ses longs cheveux en complet désordre, il semblait n'être rien de plus qu'un clochard particulièrement peu soigneux. Seul son regard calculateur révélait sa personnalité réelle.

« - Dumbledore, » dit aussitôt Harry, ne perdant pas un instant. « J'ai un marché à te proposer. Accepte, et je ferais en sorte que ta sentence lors de ton procès soit allégée. » Rien de mieux qu'un peu de chantage et de fausses promesses pour faire miroiter un petit quelque chose pouvant améliorer le sort d'un condamné. Même si bien entendu, il n'avait pas le moins du monde l'intention de tenir sa parole. Le vioque crèverait dans d'atroces souffrances d'un accident accidentellement accidentel, avant même d'avoir la moindre chance de faire entendre sa voix face à la justice. « Dumbledore ! Acceptes-tu de te battre aux côtés des troupes de l'Union magique, seule organisation politique légitime du monde magique ? »

La bombe était lancée. Probablement complètement pris de court, Peter et le vieux sursautèrent, ne s'y attendant visiblement pas du tout.

« - Est-ce ce que tu veux ? » demanda Dumbledore après s'être reprit.

« - Je le souhaite, en effet. »

« - Alors soit. Je me battrais pour la cause Unie, et deviendrait désormais ennemi des sorciers. » Ce fut au tour d'Harry de sursauter, complètement surprit. Comment ?! Comme ça, si facilement ?!

Se reprenant aussitôt pour ne pas laisser paraître son trouble, il n'en fut pas moins agité de mille et unes pensées nerveuses. Que le vieux accepte, c'était une possibilité, mais… si vite ? Où était donc le piège ?

« - Pourquoi acceptes-tu si volontiers ? D'habitude, soit tu refuses, soit tu négocies tel un Gobelin ! » Expression faisant référence aux employés rapiats de Gringotts, célèbres pour leur pingrerie légendaire leur faisant tenir leur position contre vents et marées.

« - Je ne fais qu'obéir aux ordres… » Phrase ambigüe. Sitôt fut-elle prononcée que la paranoïa d'Harry se réveilla à son plus haut niveau.

« - Tu vas devoir prêter des serments magiques extrêmement restrictifs, » décréta-t-il.

« - À tes ordres… » le détachement avec lequel ces mots furent prononcés ne fit qu'encore plus accentuer le malaise d'Harry. Décidemment, quelque chose n'allait vraiment pas ! Par sa folie, mais quel pouvait donc être ce mystère que lui et Luna semblaient avoir comprit ?!

Le serment requis fut vite réalisé, et même encore un autre, et encore, et encore ! Chaque instant passant, Harry trouvait un petit détail à ajouter, et Dumbledore s'y pliait sans hésiter. Il lui arriva même à un moment de pointer un défaut mineur d'une des phrases d'Harry, le reprenant et lui donnant conseil ! Improbable, et pourtant vrai. Bien plus impossible encore, il arriva un moment où la paranoïa d'Harry elle-même fut satisfaite.

« - Bon, ça va, ça va… dis-moi maintenant, es-tu capable de lancer des sorts de zone pour massacrer un maximum d'assaillants ? »

« - Je le puis, oui, mais ça prend du temps. En pleine bataille, je me ferai abattre avant même d'avoir fini le premier. »

« - Grumble ! Connais-tu des sorts défensifs rares que nous n'avons pas placés sur nos défenses ? »

« - Rien d'aussi puissant que les vôtres. Ce n'est pas mon domaine, les gobelins restent de loin les meilleurs experts… »

« - Graaah, tant pis ! » Et, le saisissant au col pour l'approcher de son visage crispé en une grimace menaçante, « Rends-toi en première ligne, et restes-y, qu'elle tombe ou pas. Toute tentative pour reculer sera vue comme une trahison. » Il le relâcha en le rejetant en arrière, et sitôt le vieux fut-il parti qu'Harry alla aux côtés d'une des artilleries placées dans le cercle de défense central. « Enchantez des projectiles pour qu'ils pourchassent Dumbledore. Au cas où. Ne les tirez que s'il nous trahit, ou si je vous l'ordonne. »

« - À vos ordres ! »

Repartant vers son poste d'observation, blindés de sorts de protection de toutes sortes et constamment gardé et renforcé par des gardes exclusivement consacrés, Harry alla observer les troupes ennemies en train d'avancer.

Que la bataille commence.

« - MAGIE À VOLONTÉ ! » hurla-t-il aux artilleries ! Aussitôt, leurs détonations retentirent haut dans tout le ciel ! Les sorciers hurlèrent un « mort ! » trois fois pour se donner cœur à l'ouvrage, et se jetèrent en avant !

Aussitôt jaillirent vers les cieux plusieurs milliers de balais, fonçant droit en direction du cœur des défenses ! « Bombes étourdissantes et mitraille ! » ordonna Harry aux artilleurs. Ceux-ci réorientèrent aussitôt leurs bêtes pour viser les masses compactes d'ennemis tous prêts à se faire cueillir. Boum ! Boum ! Dès la première attaque, des centaines tombèrent, déchiquetés de toutes parts, les autres s'éparpillant sous le choc ! Les volants Fidèles décollèrent à leur tour pour les transpercer de plein fouet !

Les troupes à pieds parvinrent aux premières défenses, plongeant droit dans les sorts de poids, et s'aplatirent d'humilité pour ne plus jamais voir se relever leur Pure arrogance. Les quelques qui parvinrent à passer, après un tsunami de sorts d'annulation magique dissipant ce redoutable piège, se tranchèrent net les pieds sur les discrets cailloux affutés comme des rasoirs, qui transpercèrent leurs chausses pour mettre fin à leur avancée en les faisant tomber au sol, aussitôt piétinés par leurs camarades suivants !

Très vite, les premiers sorciers parvinrent à s'approcher suffisamment pour que leurs sorts puissent avoir assez de puissance pour être utiles au moment de toucher les défenseurs. Les sorts de mort jaillirent à flots, amoureusement accompagnés d'explosions et d'acides divers et variés, en un charmant ballet d'organes jaillissants. Le feu concentré de quelques groupes parvint très vite à ouvrir une première brèche, faisant gicler les Fidèles de tous côtés.

Un géant courageux se suicida en fonçant droit sur les assaillants en approche, et, fidèle à la réputation de tanks humains des siens, enfonça les lignes sorcières en faisant tournoyer son immense lame, tranchant net des dizaines d'adversaires, aussitôt prit pour cible par encore bien plus de sorts diversement joyeux. Il tomba après avoir réussi un carnage et laissé à ses camarades assez de temps pour reboucher la brèche d'une masse de cadavres ennemis.

De nouvelles détonations retentirent dans le lointain, et des explosions énormes dévastèrent les premiers rangs Fidèles, en d'immenses déflagrations qui emportèrent nombre de victimes. L'ennemi avait mit la main sur les rares artilleries n'ayant pas pu être emportées au cœur des défenses !

Un duel à distance s'engagea aussitôt entre les uns et les autres, emportant nombre de victimes collatérales, chaque artilleur faisant de son mieux pour ne pas être celui qui serait touché. Des dizaines d'artilleries explosèrent dans chaque camp, emportant encore dix fois plus d'alliés, causant des trous vite comblés dans les rangs de chaque camp.

En première ligne, Dumbledore faisait des miracles. Les sorciers, visiblement abasourdis de voir se retourner contre eux celui qui était leur chef encore quelques heures auparavant, ne se méfiaient pas du tout de lui et s'engouffraient parfois par centaines à ses côtés, lui laissant toute latitude pour les exterminer consciencieusement. Totalement englobé de son plus puissant bouclier, il était pour l'instant intouchable, aidé par les potions énergisantes qui lui avaient été injectées de force. Mais tout le monde savait bien que ça ne durerait pas. Tel Merlin jadis, dont beaucoup crurent sans doute qu'il était la réincarnation, il finirait par fatiguer malgré sa puissance monstrueuse, et alors…

La première ligne de défense, subissant une pression colossale depuis la terre et les cieux et à travers les airs, commença à montrer ses premiers signes de sérieuse faiblesse. Une nouvelle brèche s'ouvrit, suivie d'encore une autre, et encore, et encore ! « RETRAITE ! » ordonna Harry de sa voix amplifiée pour dominer le brouhaha de la bataille. « FAITES RETRAITE JUSQU'AU SECOND CERCLE ! »

La grande chance des Fidèles était que les sorciers n'avaient apparemment pas préparé d'armes de siège autres que les quelques artilleries récupérées directement sur le champ de bataille. Mais pour profiter de cet avantage, encore fallait-il que les ennemis soient à portée de tir ! Si ce n'était pas encore un problème pour les troupes n'étant pas encore pleinement entrées dans la bataille, qui subissaient régulièrement une active diminution de leurs rangs, en revanche, les aurors ayant prit pied à travers la première ligne étaient impossibles à viser !

« - LOUPS ! REPOUSSEZ-LES ! » ordonna Harry, lançant les cohortes de loups-garous dans la bataille !

Peu doués au combat par baguette, ceux-ci excellaient en revanche pour les duels à mains nues. Poussant leurs hurlements pour se donner du baume au cœur, ils se précipitèrent en avant sous leur forme canine pleinement maîtrisée mais non moins efficace qu'en liberté, terrorisant les sorciers de longue date acquis à l'idée que ce n'était là que bêtes sauvages avides de sang. Ce ne serait pas ce jour que leur cliché serait démentit.

Et effectivement, ils confirmèrent mériter leur réputation de carnassiers. N'usant de leurs baguettes que pour se jeter des boucliers, ils couraient à toutes jambes vers leurs victimes pour mordre à pleines dents les gorges que leurs poignes puissantes mettaient en évidence. Des flots de sang jaillirent dans les cieux, terrorisant les sorciers voyant ce triste spectacle et leur imprimant un mouvement de recul !

« - FONCEZ ! » ordonna Harry en voyant l'occasion, « NE FAIBLISSEZ PAS ! » Et, se tournant vers les artilleries les plus proches, « Couvrez leurs flancs ! Qu'ils ne soient pas débordés sur leurs côtés ! » Car en effet, le surnombre des sorciers était immense ! Ils étaient au bas mot cinq fois plus nombreux que tous les Fidèles réunis, et même si ce n'était pas là quelque chose de primordial, dans la situation de faiblesse de l'Union, ça pouvait être le petit peu de trop faisant tout basculer.

Les craintes d'Harry se confirmèrent. Les Loups-garous s'enfoncèrent bien trop vite dans les rangs ennemis, emportés par leur élan carnivore. Les aurors, voyant ça, refermèrent leur étau sur l'arrière des carnassiers malgré la couverture des artilleries, qui décimaient des centaines d'ennemis à chaque instant. Ce fut à tel point que bientôt, l'on n'entendit plus les hurlements à la gloire de la lune…

Grognant de mécontentement, comprenant aussitôt que s'il avait préparé plus de troupes, il aurait pu percer une brèche probablement décisive, Harry se tourna vers les officiers réunis autour de lui, attendant les ordres. « Que les centaures se préparent à charger à tout instant ! Attendez mon ordre ! Lieutenant Karal ! Emmenez vos gobelins renforcer le flanc sud ! Caporal Troker ! Que vos trolls restants se hâtent de repousser l'assaut du flanc sud-est ! Allez ! » Il y avait quelque chose à exploiter dans cette direction. Les sorciers s'y faisaient moins pressants… si l'on parvenait à tarir leur assaut à cet endroit là, peut-être pourrait-on y infiltrer les centaures secondés des géants, et ainsi percer le flanc ouvert des aurors ! Si l'on faisait assez de bruit et allait assez vite, ça pourrait être décisif ! Car les sorciers étaient totalement dépourvus de toute cavalerie… un point faible à exploiter avec appétit, pour un stratège avide de victoire !

Se tournant vers le flanc nord, il vit qu'il commençait à faiblir lui aussi. Manquerait plus qu'il tombe à son tour ! Si la seconde ligne de défense était percée, il n'en resterait plus que deux autres avant que les sorciers ne parviennent aux ruines de Poudlard ! Et de fait mettent la main sur plusieures dizaines d'artilleries ! Voir pire, ne puissent s'y infiltrer et mettre en danger Fleur et leurs enfants… manquerait plus que ça !

« - Eclaireur ! Au rapport ! Estimation du nombre d'ennemi ! »

« - Général ! Il n'en arrive plus ! Les sorts de recensement varient aux alentours de soixante-dix mille ennemis ! » Ah, enfin ! On pouvait espérer en voir le bout ! « Et pour nous ? » Tout de suite, sa joie de l'instant le quitta pour laisser place à une sourde angoisse.

« - Pas de nouvelles des Loups-garous, ils se sont fait submerger. Les géants ne sont plus que douze, à se battre en groupes de quatre… »

« - Qu'ils se rabattent vers la troisième ligne ! Ordonnez la retraite tant que les soldats peuvent revenir en ordre ! » Et, se tournant vers les artilleries, « TIR DE BARRAGE ! Protégez la retraite ! »

« - À vos ordres ! »

Le héraut géant restant toujours à ses côtés fit entendre sa voix de baryton en hurlant l'ordre de se retirer jusqu'à la troisième ligne. Surmontant le chaos de la bataille, il se fit clairement entendre de tous, si bien que les pertes purent rester limitées. Heureusement qu'Harry avait ordonné la retraite avant que trop de brèches ne permettent aux sorciers de se déverser sans limite !

Des milliers de cadavres fidèles couvraient déjà le champ de bataille, et bien plus encore de sorciers agonisaient en tentant de récupérer leurs organes. La première ligne de défense était déjà rasée, l'ultime poche de résistants enfermés dans un cratère d'artillerie fut submergée sous les yeux d'Harry, qui remercia le Destin de leur offrir une mort paisible.

Mais il n'y avait pas le temps de se préoccuper des morts, pas tant qu'il restait des vivants ! « Éclaireurs ! Combien de Gobelins nous reste-t-il ? »

« - Moins de dix-mille, général ! Les pertes sont lourdes ! »

Le gros des troupes Fidèles était constitué des célèbres armées gobelines. Bien loin de l'image des banquiers handicapés de malformations hideuses, ce peuple arborait des corps d'une beauté certaine, puissants, taillés pour la guerre. Leurs trois lignées, les Petits n'atteignant que le mètre, les équilibrés de taille humaine, et enfin les Hauts semblant s'élancer vers le ciel, tous avaient tous un rôle à jouer dans la bataille. Artilleurs, soldats de pied, cavaliers, ils faisaient rayonner la gloire militaire magique depuis de nombreux siècles. Déjà à l'époque de la première Union, ils n'avaient pas leur pareille !

Mais face à un ennemi très largement supérieur en nombre, même la meilleure des disciplines pouvait parfois faillir. De nombreuses cohortes s'étaient déjà débandées lors de la retraite vers la troisième ligne, ce qui précipita des Fidèles dans les pièges qu'ils avaient eux-mêmes dressés.

Se tournant frénétiquement de tous côtés de son poste d'observation, Harry observa le flanc sud-est, là où il lui avait paru y avoir une faiblesse sorcière. Il fallait dire que ce n'était pas très étonnant, car ce point était à l'opposée parfaite des champs de transplanage ennemi, là où ils étaient apparus par milliers. Et il commençait à y avoir assez de place pour une charge !

Harry ne put soudain s'empêcher de frémir d'impatience en voyant ce dont il avait tant rêvé ces dernières heures.

Une faille dans le dispositif ennemi. Une brèche.

Une occasion.

Son esprit de longue date affuté à la stratégie voyait le chemin à parcourir pour percer les troupes sorcières, pour les transpercer nettes comme il le ferait de leurs maudits meneurs ! Pour éventrer leur cœur, pour les amputer de leur cerveau ! Droit sur le commandement adverse !

Et il s'élança à la tête de la cavalerie centaure, chevauchant l'épaule d'un géant, aux côtés de tous les autres tanks humains !

« - SONNEZ LA CHARGE ! EN AVANT ! »

À suivre…

Prochain chapitre : « Duels »

Total des troupes Unies avant le siège de Poudlard :

Centaures = non-précisé. Peut-être un millier grand-max.

Géants = 50

Gobelins = ~26000

Vampires = non-précisé

Fées = non-précisé, peu nombreuses

Vélanes = Précisément 500 à l'origine.

Nymphes = très peu nombreuses, une cinquantaine grand max

Strangulots, siréniens, sirènes = environ un millier au total

Loups-garous = environ un millier grand max

Civils de toutes origines = environ 80000, principalement gobelins.

Total approximatif : environ 30000 soldats.

Total des troupes Unies avant la bataille finale :

Centaures = environ 800.

Géants = une vingtaine.

Gobelins = 12000.

Vampires = environ 500.

Fées = environ 200.

Vélanes = exterminées, ne reste que Fleur et Luna. Seule Fleur en état de combattre.

Nymphes = une dizaine max.

Strangulots, siréniens, sirènes = une centaine de sirènes (femelles) à Pôdlad, pas de nouvelles des troupes d'infiltration.

Loups-garous = environ 500 max.

Civils de toutes origines = environ 60000, principalement gobelins.

Total approximatif : environ 14000 soldats expérimentés, soit 53.33… % de pertes avant la bataille finale. C'est colossal.