NVJM, rédigé 5/10/2018, publié 5/10/2018.
Harry Potter et l'Histoire inachevée
Chapitre 90 : Gloire à l'Union !
Et il s'élança à la tête de la cavalerie centaure, chevauchant l'épaule d'un géant, aux côtés de tous les autres tanks humains !
« - SONNEZ LA CHARGE ! EN AVANT ! »
…
« - CHARGEEEEZ ! » hurlèrent en chœur les milliers de Fidèles qui s'élancèrent à sa suite !
Les gobelins chargèrent droit vers le commandement ennemi, prenant leurs assaillants par totale surprise ! Des milliers furent abattus avant qu'ils ne commencent à se reprendre et ne repoussent les Fidèles. Le second niveau des défenses avait pu être libéré ! Des milliers de civils se précipitèrent aussitôt pour le nettoyer et le rendre de nouveau défendable.
En même temps, Harry prit la tête des centaures, perché sur l'épaule d'un des géants, et fonça sur l'arrière du front, vers le sud-Est, là où l'ennemi était le plus faible ! Encore une fois pris par totale surprise, nombre de sorciers furent piétinés et déchiquetés par la marée humaine qui déferla sur eux.
Alors que les géants ouvraient la voie de leurs larges épées, courant à toute allure en tranchant tout de leurs lames acérées, les centaures cavalaient toujours plus vite en veillant à la salubrité de tout ce qui restait sur leur passage. Chez la populace sorcière, ils n'étaient pas réputés pour leur hygiène. Bah ! Ils leur en remontreraient ! Derrière eux ne restait plus qu'un tapi d'organes lessivés de toute vie.
Pour les sorciers, la surprise fut totale. Pas le moins du monde habitués à combattre en une masse unie, ils n'eurent pas le réflexe de dresser leurs baguettes en un unique ensemble, et innombrables furent ceux qui préférèrent tourner le dos à leurs assaillants pour tenter de regagner la masse rassurante de leurs camarades. Grave erreur ! Aucun des imbéciles ayant eu cette idée stupide ne parvint à son but, et les quelques courageux qui restèrent à se battre seraient par la suite décrits comme des suicidaires plutôt que comme des héros. La charge semblait inarrêtable !
Vite, vite ! Plus vite ! Cavalant à toute allure, tranchant tout de leurs lames, abattant à distance le moindre ennemi tentant de fuir, les centaures enfoncèrent les rangs sorciers en quelques minutes, en massacrant des milliers !
Sur le flanc nord, les gobelins, prenant leurs adversaires par totale surprise, parvinrent à libérer la première ligne de défense, aussitôt rétablie par les civils qui affluèrent des sous-sols pour combler les brèches. L'ennemi laissait derrière lui plus de dix-mille cadavres, au bas mot ! Des flots de sang s'écoulaient sur le sol, et furent aussitôt transformés en un épais mortier.
La panique gagna bientôt la totalité des troupes sorcières lorsqu'elles virent ce flot inarrêtable. Pourtant souriantes encore quelques secondes auparavant, elles commencèrent à se débander. Seules contre un ennemi dirigé d'une main de fer, elles ne pourraient rien faire d'autre que mourir ! Alors autant fuir ! Les plus courageux tinrent bon au début, mais voyant tous leurs camarades reculer, l'appel de la masse fut plus fort qu'eux...
Mais les sorciers n'étaient pas seuls. Car Harry n'était pas l'unique commandant de talent sur le champ de bataille. Il y avait aussi…
« - REFORMEZ LES RANGS ! » hurla la voix amplifiée de Voldemort. Lui ! Il se montrait enfin !
Donnant l'exemple à ses troupes, il gagna l'avant de la bataille et fit jaillir un flot de lumière de sa baguette. Ralliement !
Retrouvant soudain tout leur courage, la marée des sorciers se retourna tel un seul Homme ! Tous posèrent le genou au sol, tenant adroitement leur baguette, prêts à tirer dès que l'ennemi serait à portée !
Voldemort s'avança seul face aux Fidèles, marée humaine toute prête à le submerger. Vu des rangs sorciers, le spectacle avait de quoi impressionner. Un seul homme, à l'apparence éminemment charismatique, au visage doux, reluisant d'une puissance magique démesurée, faisant courageusement face à l'adversaire…
Sentant le piège, Harry ordonna « HALTE ! » en levant la main bien haut, criant de sa voix aussitôt amplifiée et reprise par tous les géants. Il n'en fallu pas plus pour que son ordre soit aussitôt exécuté.
Le calme revint sans prévenir. Soudain. Brusque. Froid comme la mort, chaleureux comme les bras enlaçant l'agonisant en lui promettant le repos.
Les deux armées se firent face pendant un temps, chacune en usant pour se réorganiser tant bien que mal. Les fuyards sorciers se rallièrent de nouveau à la bannière de Voldemort, tandis que les gobelins et toutes les autres troupes de pied prenaient place sur le côté des centaures.
Voldemort s'avança de nouveau, tranquillement, comme ne semblant pas craindre la possibilité que les Fidèles le prennent tous pour cible en un seul ensemble. Cette idée traversa un instant l'esprit d'Harry, mais un rapide regard sur ses soldats lui montra qu'ils étaient tous à bout de souffle malgré leurs potions énergisantes. Profiter de ces quelques secondes pour se reposer ne leur ferait pas de mal. Tandis qu'en arrière, les civils acheminaient autant que possible munitions et potions, les blessés étant pris en charge à toute allure, et les ultimes sorciers agonisants se faisant abattre sans pitié ni aucune distinction. Oui, il valait mieux leur laisser un répit, aussi court soit-il.
Alors Harry s'avança face à Voldemort.
Chacun habillé de ses plus beaux atours, en des uniformes taillés sur mesure dans des tissus précieux, bardés de toutes parts de boutons, gallons, dentelles d'or et autre colifichets inutiles, reluisants de sorts, l'on aurait pu croire qu'ils s'apprêtaient à parader. Et pourtant, les traces de la bataille ne les avaient pas épargnés. Non pas qu'ils fussent blessés, mais sur chacun d'eux, nombre de poches étaient garnis d'armes en tous genres. Bombes de poche, poignards et autres dagues, baguettes de rechange… chacun était un véritable arsenal vivant.
« - Enchanté de te revoir, Harry, » commença Voldemort lorsqu'ils parvinrent chacun à dix pas l'un de l'autre.
« - Ce n'est pas réciproque, Voldy, » se moqua Harry dans l'espoir d'énerver son adversaire et de le rendre imprudent. Ne serait-ce qu'un peu. « Tu viens m'annoncer votre reddition ? » demanda-t-il. Un rire léger lui répondit aussitôt. Presque guilleret.
« - Tu plaisantes ! Regarde donc la situation dans laquelle tu te trouves ! Jamais je n'aurai de plus belle occasion de me débarrasser de toi ! » Malgré cette promesse de mort, il ne fit pas le moindre geste menaçant, indiquant de ce fait qu'il souhaitait continuer à discuter. Harry n'allait pas priver ses soldats de ce répit.
« - Que fais-tu là, alors ? Et où est l'autre abruti qui se prend pour moi ? »
« - Ce que je fais ? Mais je suis là aux ordres de mon maître, bien évidemment ! » Harry ne pu retenir une grimace en entendant ça.
« - Ton maître ? Alors tu renonces à te prendre pour le seigneur des ténèbres pour ramper aux pieds de cet abruti ? Mais qu'a-t-il donc de si précieux pour avoir réussi à t'asservir, toi ? Toi ! Le graaaand Lord Voldemort, ramper telle une limace face à quelqu'un d'autre ! Et plus encore un type qui se prend pour moi, ton pire ennemi ! Mais qu'est-il donc arrivé à ta fierté, dis-moi ? L'aurais-tu enterrée en même temps que ta liberté ? » En insultant ainsi son rival, Harry espérait le mettre hors-de-lui. Quelle ne fut pas sa déception en le voyant rire de plus belle !
« - Le seigneur des ténèbres, dis-tu… je le regrette encore, mais effectivement, j'y ait renoncé. Car je suis désormais à Ses ordres à Lui. Lui, le véritable seigneur des ténèbres ! » Il fit un grand geste des bras, comme pour englober le monde.
Au même moment, les rangs sorciers s'ouvrirent pour laisser apparaître l'Ennemi, ce type ayant prit possession du corps d'autrui, et qui prétendait être le véritable Harry Potter. S'arrêtant aux côtés de ses hommes, il sembla ne s'être montré que pour mieux narguer Harry, croisant fièrement les bras et affichant un air narquois, moqueur au possible. Harry lui répondit d'une grimace aussi hostile qu'il le pouvait.
« - C'est donc ça, ton nouveau maître ? Ça, le seigneur des ténèbres ? Ah ! Quelle blague ! Allons Voldemort, redevient sérieux, veux-tu ! Dépose ta baguette au sol maintenant, et laisse-moi donc te jeter un doux sort qui te fera dormir quelques temps… »
Cette fois-ci, plus aucun sourire. Mais pas d'hostilité non plus. Car Voldemort semblait… soucieux ? Les sourcils froncés, le front ridé de concentration, il semblait réfléchir. Et finalement, « Tu n'es qu'un imbécile Harry. Tu viens de signer ta condamnation à mort. »
Et il transplana sans prévenir, disparaissant sans laisser de trace.
Harry réagit aussitôt ! « EN FORMATION ! » hurla-t-il en revenant en courant vers ses soldats ! Et, remontant aussitôt sur l'épaule d'un des géants, il ordonna… « CHARGEEEEZ ! » La baguette levée bien haut, il fit jaillir une ample lueur rouge. Sang ! Massacre ! Horreurs ! Exactions !
Que commence le point final de cette bataille !
Boum ! BOUM ! Les artilleries se remirent aussitôt en œuvre, crachant flammes et horreurs alors que leurs génocides en boite jaillissaient dans les cieux pour s'abattre sur les sorciers ! Ceux-ci s'avancèrent en hurlant vers les Fidèles, qui les imitèrent aussitôt !
Les sorciers étaient tous regroupés en une masse compacte, erreur ô combien stupide qu'Harry s'empressa d'exploiter ! La discipline dans ses rangs était probablement l'une des plus belles bénédictions de toute sa vie ! Il ordonna sans attendre aux centaures de se déporter sur le côté droit pour enfoncer le flanc des sorciers et sécuriser leurs arrières, tandis que lui-même et ses géants allaient sur la gauche faire de même ! Le centre était laissé aux gobelins et autres troupes de pied, qui ne constituaient certainement pas le point le plus faible de l'armée… les Fidèles avaient beau être en large sous-nombre, à près de dix-mille contre plus de cinquante-mille, il n'en restait pas moins que leur sens de la tactique et leur entraînement de fer leur offrait un avantage considérable ! (I)
Le plan d'Harry était d'aller à la rencontre de l'Ennemi en tranchant dans le vif les quelques troupes chargées de les protéger, lui et Voldemort… et enfin obtenir des réponses, avant de se débarrasser d'eux une bonne fois pour toute !
Une lueur jaillit soudain sans prévenir ! Tous ceux qui tournèrent leur attention vers elle virent, ébahis, un immense bouclier sphérique englober parfaitement le vieux Dumbledore, blessé en maints endroits, saignant à flots, qui faisait jaillir sa magie sans plus aucune retenue ! Se sachant condamné, autant par ses blessures que par les serments qu'il avait été forcé de prêter à Harry, ce brave vieillard, à la fin d'une vie emplie de péripéties, semblait déterminé à tout terminer en une gloire maximale !
« Gloire ! GLOIRE ! GLOIRE À L'AVENIR ! » Hurlait-il de sa voix magistralement amplifiée ! Profitant de l'effet de surprise offert par son irruption, il heurta les troupes sorcières sur le flanc gauche, juste là où Harry s'apprêtait à foncer ! Et au cours de flots de sorts tous plus dévastateurs les uns que les autres, il enfonça les rangs en série, faisant un massacre ! Fonçant droit vers le commandement ennemi !
« - FONCEZ ! » ordonna Harry à ses géants ! « Profitez de l'occasion pour aller jusqu'à leurs chefs ! »
Poussant aussitôt un immense hurlement en réponse, les braves levèrent leurs immenses épées d'un commun ensemble, et… ! Les têtes des sorciers volèrent aussitôt vers les cieux, amoureusement prélevées de leurs corps, piétinés avec tout le respect dû à un ennemi courageux.
Ce fut immédiatement la débandade générale chez les sorciers. Pris d'assaut de tous côtés, leurs rangs défoncés par Dumbledore sur la gauche, puis déchiquetés par les géants d'Harry, tout autant massacrés sur la droite par une charge générale des centaures qui se hâtèrent de refermer leur cavalcade sur leurs arrières, et enfin heurtés par le marteau qu'était le puissant corps des gobelins chargeant à grand renfort de hurlement martiaux ! Ils n'avaient aucune chance !
La bataille prit fin sans prévenir, alors que le massacre commençait. Il ne restait plus aucune cohésion chez les sorciers. « BATTEZ-VOUS ! MAUDITS IMBÉCILES ! LÂCHES ! » hurlait Voldemort au milieu de ses troupes, complètement enragé ! Il n'hésita pas un instant pour donner l'exemple aux quelques fuyards qui lui tombèrent sous la main, et les mit à mort sans attendre pour immédiatement les relever en tant qu'inféris, les renvoyant au combat bien plus redoutables qu'auparavant, car désormais insensibles à la douleur et à la mort. Il n'eut toutefois pas le temps d'en créer plus de quelques-uns, car un sort surpuissant faillit le heurter de plein fouet !
Fidèle à sa réputation d'excellent duelliste, il se retourna sans attendre vers son adversaire… pour voir sa némésis ! « Dumbledore ! » éructa-t-il sur un ton de haine absolue. « Cette fois tu vas crever, vieille barbe ! »
Harry les vit se jeter l'un sur l'autre, ravi que ce chien de Dumbledore se rende aussi utile, mais reporta aussitôt son attention sur sa recherche de l'Ennemi, déterminé à s'en débarrasser le plus vite possible, ne se laissant pas déconcentrer plus d'un instant…
…un instant de trop.
Il s'envola soudain dans les airs, propulsé par l'explosion brutale du géant sur lequel il était juché. Et un à un, tous ses braves gardes-du-corps furent mis à mort, sans pouvoir rien faire ! Ces amas de puissance, de gloire et de muscles furent exterminés en quelques instants !
« - Ce spectacle te rappelle-t-il quelque chose, imposteur ? » lui lança une voix ô combien honnie. Il se tourna aussitôt vers elle, pour voir… lui ! L'Ennemi ! Il passait à l'attaque en personne, enfin ! Finies, les années à se dérober ! Que vienne enfin l'ultime provocation, celle qui déciderait de tout !
« - Toi ! Te voilà enfin ! EN GARDE ! » lui hurla Harry, sans prêter aucune attention au message prophétique qu'étaient les cadavres de géants l'entourant, et les mares de sang et d'organes desquelles il parvint tant bien que mal à s'extraire. (III)
« - Moi aussi, content de te voir, Imposteur, » ricana l'Ennemi, en lui laissant un court répit. Il semblait vouloir parler, l'affubler de ce surnom pitoyable, comme pour le narguer jusqu'à la toute fin. Il n'en fallu pas plus pour faire voir rouge à Harry.
« - Assez avec ça ! Pourquoi me nommes-tu ainsi ?! » Ce fut au tour de l'Autre d'éclater de colère.
« - Parce que c'est ce que tu es ! C'est moi, et moi seul, le véritable Harry Potter ! »
« - Et comment c'est possible, bordel de merde ?! C'est MOI ! Et MOI seul, Harry Potter ! »
L'ignorance de l'un sembla calmer l'autre un instant. Il se détendit, n'en restant toutefois pas moins en position de défense, prêt à tout. Il se contenta de dire, tout doucement :
« - Tu te souviens, de quand tu es arrivé à cette époque ? »
Dans l'esprit d'Harry, ce fut un véritable séisme. Quoi ! Comment ?! Mais ! Comment pouvait-il savoir ça ?! Il n'en avait jamais parlé à qui que ce soit ! Même sa chère et tendre Fleur n'en savait absolument rien ! Alors comment ?!
« - Mais qu'est-ce que tu racontes ?! » grogna Harry, ne sachant que dire d'autre, dans l'espoir de se redonner une contenance. En son cœur, il se sentait pourtant prêt à vomir de panique. Que savait d'autre cette ordure ?!
« - Comme je te l'ai dit, je suis le véritable Harry Potter. Celui qui aurait dû naitre ce jour là. Avant que tu n'arrives. Avant que tu ne prennes ma place dans le petit corps alors encore dans le ventre de sa mère… » (II)
Le sang d'Harry se glaça un peu plus, alors qu'il comprenait ce que l'Autre voulait dire. Mais comment ?! Ce n'était pas possible ! À moins que…
…plus il y pensait, plus il comprenait qu'en fait si, c'était possible. L'Autre disait très probablement la vérité. Car il se rappelait la façon dont il était revenu à son époque… son âme transportée par delà les époques pour s'incarner dans son petit corps de nouveau-né. Mais rien ne garantissait qu'il n'y avait pas déjà un autre Harry dans ce fœtus… un tout aussi véritable Harry que lui.
Relevant les yeux vers l'Ennemi, il le défia du regard, comme pour lui rendre son air moqueur. « Et quand bien même aurais-tu raison, que veux-tu que ça me fasse ? Je ne suis pas responsable de ce qui t'es arrivé ! J'ignore ce que tu sais, mais moi aussi je suis une victime ! Probablement même bien plus que toi, toi qui est coupable de crimes innombrables ! »
« - Je me fous que tu sois coupable ou victime ! Je ne veux que te voir crever pour reprendre ma place ! Ce jour là, tu m'as tout volé ! Oui, TU M'AS TOUT VOLÉ, ORDURE ! Tout ! Et je vais le reprendre ! En garde ! » Il se mit en position de duel, s'englobant aussitôt d'un énorme bouclier sphérique, et fut immédiatement imité par Harry !
« - Peu m'importe que tu dises vrai ou non ! Que tu sois moi ou non ! Dans un instant, il n'en restera qu'un ! EN GARDE ! » Et ils se jetèrent l'un sur l'autre sans attendre !
Les sorts fusèrent aussitôt ! Aucun n'hésita un seul instant, sachant qu'il n'y aurait aucune pitié à attendre de l'adversaire. Les classiques avadas furent relégués aux oubliettes, plutôt remplacés par toutes sortes de magies bien plus noires… décapitation, épluche-patates, désorganisation (IV), et une multitude d'autres joyeusetés !
Chacun esquiva sans peine, n'ayant pas encore achevé leur mouvement que la seconde salve fut envoyée, encore plus redoutable ! Du côté de l'Ennemi, un sorcier imprudent s'approcha d'un peu trop près, et fut dépecé par probable inadvertance… son cadavre aussitôt relevé d'un charme de nécromancie qui lui procura une gueule de crocs acérés ! Il se jeta sur Harry, et lui aurait déchiré la gorge s'il n'avait pas été attentif. Dans une bataille, toujours faire attention autour de soi !
Les premiers échanges de sorts prirent fin en un instant, tout n'avait duré que quelques secondes ! Chaque adversaire jaugé, les choses sérieuses pouvaient commencer !
Sans prévenir, l'Ennemi souleva un mur de terre et se dissimula derrière. Suspectant aussitôt une idée tordue, Harry renforça ses boucliers d'autant d'épaisseurs que possible, et se dépêcha de courir sur le côté, en arc de cercle autour du repaire adverse, tant pour le retrouver dans son champ de tir que pour changer de position ! Bien lui en prit, car une seconde ne s'était pas écoulée que le sol qu'il venait de quitter implosa dans un tonnerre qui l'assourdit un court instant ! Un trou béant se forma juste après, emportant les malheureux cadavres tombés là.
Une pensée un peu dingue vint à Harry, probablement soufflée par l'une des nombreuses personnalités toutes plus folles les unes que les autres qui partageaient son esprit. Et si cette ordure d'Ennemi avait eu accès aux visions qu'il avait lui-même pu voir lors de son voyage dans le temps ?! Il ne manquerait plus que ça ! Ça expliquerait comment il avait fait pour massacrer les géants en quelques instants ! C'était la reproduction parfaite d'un sort utilisé par l'innommable Idarc ßonhlein, le démon Pur qui avait causé la chute de la première Union magique de par son fanatisme absolu !
La danse de mort continua de longues minutes durant, pas un ne parvenant à prendre l'avantage. Du moins en apparence… car en réalité, Harry savait qu'il n'avait pas la moindre chance. Pas par la pure magie. L'Autre était incommensurablement plus puissant que lui.
Harry tenta d'user des grenades et autres couteaux qui garnissaient son uniforme, chacune de ses poches étant remplie d'armes à craquer. Mais les bombes lui furent renvoyées d'un nonchalant geste de la baguette, lui faisant bénir ses réflexes de quidditcheur. Il aurait bien aimé pouvoir s'approcher, pour découper son adversaire en de multiples morceaux, mais là encore, rien à faire ! Approcher de plus près qu'une dizaine de mètres serait absolument suicidaire. Impossible de tenter la même stratégie que lors du tournoi de duels qui avait eu lieu dans la grande salle, voici déjà quelques années, lorsque l'Ennemi, sous l'identité d'un énième innocent assassiné, Itaque Celouero, avait tenté de le tuer par accident, avant de tenter de le faire passer pour un assassin.
« - Je vais te tuer avec délectation, Imposteur ! » le railla l'Autre ! « Ton cadavre pendouillera au bout de ma baguette de longues minutes durant, au point que tu finiras par m'implorer de t'achever ! »
« - Dis plutôt que je t'exterminerai moi-même ! »
« - Et après cela, après ta pitoyable Union détruite, j'en refonderai une, éminemment plus glorieuse, avec tous les peuples fidèlement obéissants à ma volonté ! »
« - Personne ne serait assez stupide pour ne pas s'apercevoir de tes véritables pensées ! »
« - Oh que non, en effet ! Tout le monde sera parfaitement à ma botte ! Même ta putain de femelle ! Je me ferais un plaisir d'empailler ton cadavre et de l'agiter face à elle pendant que je la violerais ! »
Harry se stoppa soudain en entendant ça. Qu'avait-il dit ?!
« - Tu ne les toucheras jamais, ordure ! » Oser menacer sa Fleur !
« - Oh que si ! Je me délecterais de son horreur pendant qu'elle portera mes enfants ! J'empalerais les tiens sur des piques que j'afficherais partout ! J'en ferais un étendard à ma gloire ! »
Harry ne trouva rien à répondre, car il n'y avait rien à dire. Pour autant qu'il se souvienne, jamais auparavant il ne s'était retrouvé dans un tel état de rage.
« - AVADA KEDAVRA ! » hurla-t-il en levant sa baguette tel l'éclair, y envoyant toute sa puissance ! Colossale Démesurée !
« - Un duel d'avadas, eh ? » rit l'Autre, puis, répondant favorablement à la demande silencieuse, il leva de même sa propre baguette, pour lancer de même le triste sort. Soit, qu'il en soit ainsi ! Tout se réglerait par un duel de puissance ! Chacun relâcherait toute sa force en une unique attaque, et le plus faible crèverait sans possibilité d'esquiver !
Mais l'Autre était incommensurablement plus puissant qu'Harry ! Celui-ci n'avait aucune chance !
Mais comment donc avait-il pu obtenir cette force considérable ? S'il était réellement un second Harry Potter, légitime ou non, alors le premier devrait aussi pouvoir obtenir les mêmes capacités, et ce bien que chacun ait évolué de son côté.
L'on voit souvent, dans d'innombrables livres, séries, films, et autres horreurs de crétineries, que le héros parvient à vaincre son adversaire grâce à la force de l'amour. Et Harry était parfaitement bien placé pour accomplir cette prophétie. Ses pensées auraient pu être emplies de visions de sa Fleur, de leurs enfants…
..Mais en réalité, il ne pensait plus le moins du monde. Cette pitoyable légende d'auteurs tout autant pitoyables ne se réalisait en fait jamais, ceux qui la tentaient étant parmi les premiers à crever, répandant leurs organes dès les premières escarmouches.
Seules comptaient la colère. Et… la haine.
La haine. Il n'y avait rien de tel pour décupler les forces lors d'un ultime effort. Mais qui serait le plus haït ? Le plus haineux ? Chacun était tout autant légitime que l'autre, chacun haïssait l'autre avec une détermination égale. Mais Harry avait quelque chose en plus pour lui. Car là où l'Autre ne faisait que rager, lui pouvait compter sur ce qu'il partageait avec tout ce monde qui l'entourait. Avec celle pour qui il avait lié sa vie.
Toute la magie que Fleur lui avait transmise, lors de leurs ébats, et qui se retrouvait accumulée en lui, fut toute entière relâchée en un instant, amplifiant démesurément son sort alors qu'il s'apprêtait à être touché par la surpuissance adverse, son avada presque entièrement refoulé jusqu'à sa baguette.
Un éclair fulgurant transperça sa vision, et il fut projeté en arrière, valsant dans les airs pour s'écraser au sol… aussitôt dévasté par une intense douleur. Il continuait à ressentir. Cela signifiait qu'il était vivant.
L'amour de la haine avait submergé la haine de l'amour, remportant encore une fois la victoire.
Enfin !
ENFIN !
« - ENFIN ! » hurla Harry en tombant à genoux au sol, se sentant soudain soulagé au-delà de tout ce qu'il avait pu imaginer auparavant ! Et il fondit en larmes de soulagement, tomba au sol et se recroquevilla pour épancher tout son soulagement.
Rouvrant les yeux, la première chose qu'il vit fut le cadavre brisé de l'innocent qui avait autrefois été Carl Anger… pauvre enfant. Assassiné tout jeune, puis possédé par un esprit torturé…
…aux yeux d'Harry, il était tout autant criminel que l'Autre, tant son identité, aussi faussée soit-elle, avait pu l'emmerder des années durant !
Les livres qui seraient par la suite rédigés, contant le courage et l'héroïsme du grand Harry Potter l'Unique, oublieraient probablement ce qui allait suivre. N'écoutant plus que sa rage vengeresse, Harry se releva sans plus faire attention à la douleur qui le parcourait. Il fallait en finir, une bonne fois pour toute…
« - BOMBARDUM ! » hurla-t-il ! Et encore, et encore ! « Bombardum ! BOMBARDUM ! » Le cadavre explosa, se répandant de tous côtés, mêlé à la terre et au sang des innombrables morts qui recouvraient tout. Harry visa chaque morceau avec un plaisir pervers, jouissant de pouvoir détruire bout par bout toute trace de son dernier ennemi.
Il se calma finalement lorsqu'il ne parvint plus à différencier sa cible des autres cadavres. Et tomba de nouveau au sol, pour encore pleurer de plus belle
Se relevant tant bien que mal pour regarder autour de lui, seul au milieu de tous, Harry put voir qu'il ne restait plus que d'éparses bandes de sorciers sans plus aucun espoir, poursuivis par les centaures survivants ou les quelques cohortes Fidèles ayant pu maintenir leur cohésion. Dumbledore était mort, son cadavre encore à peine reconnaissable finissant de se consumer dans les ultimes lambeaux de magie qu'il contenait encore. À côté de lui, Voldemort gisait dans un état déplorable, transpercé de toutes parts, le bas du corps totalement déchiqueté par les sorts qui lui avait lancé son adversaire.
Il ne fallu pas longtemps à Harry pour comprendre ce que cela signifiait. Il était le seul et unique Harry Potter. L'Union avait gagné. En une seule bataille, la totalité des troupes sorcières d'Europe avaient été exterminées. Il ne devait pas en rester plus d'un ou deux milliers pouvant prétendre à un entraînement. D'innombrables Purs gisaient morts, l'avenir débarrassé de leur innommable fanatisme.
Se redressant sans prêter d'attention à sa douleur, il ne put s'empêcher de sourire, et leva la baguette bien haut pour hurler un grand…
« - VICTOIRE ! »
Maintenant, il allait pouvoir retrouver Fleur. Les petites Lily et Elfyld. Et sa mère. Et Peter.
Il courut retrouver sa famille.
…
À suivre…
Bravo à ceux qui ont comprit. Autrement dit, personne. Mouahaha ! Je suis bien content d'avoir réussi ce coup là… ^^
Et maintenant, oubliez ce menu problème qu'a été l'Ennemi. Ce type n'a été placé dans le scénario que pour meubler. Il n'a strictement aucune importance. Car le prochain chapitre est pour moi une intense jouissance d'auteur, qui me fait rêver de vos têtes effarées depuis que je l'ai scénarisé. Il y aura le plus gros cliffhanger de la fic, du moins jusqu'à présent… héhéhé… Préparez vos outils de torture, vous allez vouloir me faire du mal. On commence la série des chapitres mouahahaesques de la fin.
…
I. Pour comprendre à quel point tactique, entraînement et équipements sont considérablement plus importants qu'une supériorité numérique, vous pouvez par exemple vous intéresser à la bataille de France de 1940, où l'armée Allemande en large sous-nombre, sous-équipée et au plus équivalemment entraînée, mais possédant une tactique redoutable (le blitzkrieg), a vaincu une armée française tout autant voire mieux entraînée, ultramoderne (pour l'époque), en large surnombre, disposant d'installations considérables, etc, mais avec une tactique complètement obsolète.
Vous pouvez aussi vous intéresser à la « bataille de Cajamarca », le 16 novembre 1532, quand le conquistador Francisco Pizarro, à la tête de seulement 168 soldats espagnols et quelques rares guides indigènes, parvint à bout de l'armée de 80000 soldats de l'empereur Atahualpa. Oui, quatre-vingt mille ! Soit des troupes près de 476 fois plus nombreuses ! (source : « De l'inégalité parmi les sociétés », Jared Diamond. Un livre passionnant). Notez que Wikipédia et ses sources donnent des chiffres moins impressionnants.
II. "L'Ennemi" est apparut au moment où Harry prend possession de son petit corps de bébé, de retour de l'époque de la première Union. Voir le chapitre 17, et aussi, secondairement, les chapitres 4 et 9 pour mieux comprendre… peut-être. Héhéhé !
III. Le message prophétique que sont les cadavres des géants et les mares de sang et d'organes desquelles Harry s'extrait : voir chapitre 13 pour l'autoréférence. Qui sait, ça pourrait vous aider…
IV. - Le sort d'épluche patates : un petit sort que je glisse dans toutes mes fics. Sur un légume, ça épluche. Mais sur un animal ? Mouahaha…
- Le sort de « désorganisation » : il faut comprendre le mot « organes »… miam ! ^^
