NVJM, rédigé 14, 15 et 16/11/2018, publié 16/11/2018.
À la fin du chapitre 92, on ne sait pas si Harry est mort ou a survécu. Et vous ne le saurez pas. À la place, je vais me contenter de faire deux bonus, l'un où il a survécu, l'autre où il est mort. Choisissez la fin que vous préférez.
Harry Potter et l'Histoire inachevée
Chapitre bonus : Et si l'histoire continuait avec Harry ? (fin heureuse)
Fleur se réveilla sur le tas de cadavres où elle avait été projetée par le Seigneur des ténèbres, sans plus avoir le moindre souvenir de ce qu'il s'était passé après qu'Harry soit parvenu à tuer l'Ennemi, cet affreux inconnu qui avait tenté de prendre le pouvoir dans le monde magique. À peine eut-elle pensé à son homme qu'un terrible frisson la parcourut, et la fit se relever et hurler un grand « HARRY ! » désespéré, son cœur craignant le pire pour l'autre moitié d'elle-même.
Elle le trouva aussitôt, effondré au milieu de ce qui fut autrefois les marches d'entrée du château de Poudlard, mêlé à la masse de décombres résultante de l'effondrement de la vieille bâtisse. Leurs petites étaient à quelques mètres de là, paisiblement endormies dans leurs langes. Ni Fleur ni Harry ne sauraient jamais qu'avant de partir, Il avait prit grand soin d'elles, veillant à garnir leurs couvertures de mille et un petits sorts pour qu'elles aillent parfaitement bien en attendant le réveil de leurs parents.
Prenant la situation en main, n'hésitant pas un instant en voyant en danger ce qu'il restait de sa famille, Fleur prit ses petites entre ses bras, et, la baguette dans la main, fit léviter son mâle charmant devant elle pour courir vers les quelques tentes qu'elle voyait non loin, le drapeau de l'Union flottant au dessus. Les secours arrivaient après le désastre.
...
« - Il vivra, » lui annonça le médecin qui les avait aussitôt pris en charge dès son arrivée. Priorité aux officiers. « Il ne devrait pas y avoir de séquelles plus graves que quelques douleurs le temps de la cicatrisation, les plaies ne sont pas très profondes et les organes internes n'ont pas été touchés. Mais même si son coma est léger, je suis dans l'incapacité de dire quand il se réveillera. Peut-être dans un instant, peut-être jamais. » Sur ces mots, il quitta Fleur pour aller s'occuper des autres blessés, ne lui prêtant plus aucune attention dans la digne fibre de la discipline gobeline. Le devoir avant les sentiments.
Ne sachant que faire, et n'ayant rien à perdre, elle se résolu à rester auprès de son homme, lui tenant inlassablement la main en ne prêtant pas attention à ce qui les entourait, lorsque lui vint l'idée de partager sa magie avec lui. Leur lien était si fort que ça ne pourrait que lui faire du bien, se dit-elle. C'est ainsi qu'elle se dénuda pour entrer dans le lit et enlacer son mâle charmant, se collant à lui et enserrant son corps de la poigne de ses cheveux, laissant leur lien s'épanouir...
Harry se réveilla quelques heures après.
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La convalescence ne fut guère longue, et Harry put se lever le premier novembre, seulement trois jours après la fin de la bataille. Bien qu'encore faible et facilement fatigué, il insista aussitôt pour être tenu au fait de la situation politique. « Comment ça se passe ? » demanda-t-il à sa belle dès leur retour dans une tente commune.
« - La victoire est un désastre glorieux. La situation est catastrophique pour nous, pire encore pour les sorciers. »
« - Si grave ? Que se passe-t-il donc sur le continent ? »
« - Il y a peu de nouvelles, et rien de certain, mais il semblerait qu'après la mobilisation forcée ordonnée par Voldemort et son complice, et l'acceptation tacite des ministères dirigés par les sang-purs, une énorme contestation soit en cours. Le peuple étant constitué très majoritairement de sang-mêlés et de né-moldus inspirés par eux et habitués à leurs mœurs, ils voient ce qu'il s'est passé comme quelque chose d'inacceptable. » Sitôt eut-elle achevé ses explications qu'Harry se redressa tant bien que mal sur le lit de camp où il reposait.
« - Quelle occasion magnifique ! » s'exclama-t-il, l'air enjoué ! « Il faut immédiatement en profiter ! Une si belle opportunité ne se représentera pas de sitôt ! »
« - Mais ! Ne bouge pas voyons, tu es blessé ! »
« - Pacotilles ! Quelques sorts et potions, et tout ira bien ! » Toute l'argumentation dont fit preuve Fleur ne parvint pas à convaincre son homme. Ce fut même l'inverse : sans s'en rendre compte, elle finit par accepter ses vues et les soutenir plus vivement que lui. À condition qu'il subisse sans broncher la marée de sorts et de potions qu'elle le força à ingurgiter. Pomfresh morte, Poudlard n'était pas pour autant privé de dragon.
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Sitôt artificiellement rétabli, Harry reprit le commandement et fit faire le bilan de la situation. Sur les quelques quatorze-mille soldats vivant encore avant la bataille finale, il n'en restait guère plus de trois milliers, la plupart dans un état déplorable. Malgré la magie et ses capacités médicales, ils seraient nombreux à rester diversement handicapés. Fort heureusement, les populations civiles s'en étaient bien mieux sorties que l'armée. Près de trente-mille d'entre eux étaient encore capables d'œuvrer, et quelques dix-mille autres finiraient par se rétablir après convalescence.
Harry fut très heureux d'apprendre la mort de Luna, retrouvée décapitée au milieu des autres cadavres. Bien que personne ne se souvenait plus de la venue du Seigneur des ténèbres, sa signature restait tel un avertissement. Bien que personne ne le comprit.
Étant le dernier général de l'armée, et de très loin le plus haut gradé restant, tant civil que militaire -en sa situation de seigneur de Pôdlad-, Harry fut aussitôt choisi pour diriger ce qu'il restait de l'Union, dans l'attente de l'élection de nouveaux représentants. Il ne lui restait plus qu'à faire lentement glisser l'opinion du peuple en son sens. Ce ne serait pas difficile, avec sa mafia, sa réputation, et surtout la gloire de la victoire qui rejaillissait sur lui en tant que dernier général en vie et meneur de l'ultime charge.
...
À la tête des troupes de l'Union, Harry et Fleur se dépêchèrent de gagner le continent, où une propagande démesurée fut aussitôt mise en place. Annonçant à tous les pays sorciers d'Europe la tenue prochaine des élections censées constituer une chambre des représentants des peuples, ils reçurent le soutien d'innombrables civils qui rêvaient depuis longtemps de réformer le monde magique, mais en étaient empêchés par les sang-purs. Ceux-ci furent d'ailleurs déclarés criminels absolus sans aucune distinction d'âge ou de sexe, bien que peu de personnes le comprirent, encore moins y faisant attention.
Souhaitant agir préventivement avant qu'un quelconque Pur n'ait la possibilité de mettre en œuvre de nouveaux horribles élevages, tels ceux ayant réussi à vaincre la première Union, il mit la main sur les arbres généalogiques autrefois brandis avec fierté par l'oligarchie Pure, ceux qui indiquaient l'endroit où se trouvaient leurs membres, et s'en servit sans vergogne pour les pourchasser jusqu'au dernier. Lorsque les journaux sorciers ignorant l'affaire se rendirent compte qu'il s'agissait ni plus ni moins que d'un génocide, il fut trop tard, le dernier nourrisson Pur était déjà assassiné par un gobelin devenu fou de haine suite à la perte de sa famille. Il ne fut pas pourchassé pour sa cruauté, mais bien au contraire élevé comme un héros.
C'en était fini de la longue et glorieuse Histoire du peuple Pur, après des millénaires d'existence et une influence sur le monde magique que même la première Union ne parvint jamais à égaler.
...
Les élections eurent lieu précisément le premier février 1996. Cette date ne pouvait pas mieux tomber, car la veille, Fleur avait accouché d'une fille, aussitôt nommée Victoire. Pour tous les peuples de l'Union, et même pour les sorciers, ce fut un évènement qui donna lieu à de nombreuses effusions de joie. Lorsque la petite fut présentée au peuple depuis le balcon de la maison de Pôdlad où Harry et Fleur avaient élu résidence -car refusant de loger dans la tour-palais-, ce fut un délire de hourras, un véritable tonnerre d'applaudissements. Le peuple des Vélanes revivait.
En ce contexte, l'élection ne fut qu'une formalité. Harry n'eut pas même besoin de tricher pour obtenir ses plus de 99% de voix.
...
« - Il en est HORS DE QUESTION ! » rugit Harry, fou de colère, lorsqu'une indécente proposition lui fut faite par des délégués de tous les peuples mêlés.
« - Mais sire, c'est... »
« - NE M'APPELEZ PAS COMME CA ! Ou je vous fais mettre aux fers ! »
« - Monsieur Potter, nos royautés sont toutes privées de leurs rois ! Leurs héritiers même sont tous morts dans la bataille ! Nous sommes certains que tous ces braves seraient honorés de vous voir prendre leur suite à la tête d'une nouvelle dynastie. Nous ne pouvons tout de même pas laisser disparaître ces nobles institutions ! »
« - Et pourtant si. »
Dès le jour même, l'ensemble des couronnes magiques furent abolies par un décret unilatéral, et Harry fit inscrire dans la toute récente constitution un premier amendement déclarant la monarchie éternellement illégale, aux côtés d'autres régimes honnis tels la démocratie, l'anarchie ou l'oligarchie.
...
Même si Harry avait de quoi paraître libéral, il n'en restait pas moins que selon lui, une dictature éclairée était de loin ce qu'il fallait et y avait de mieux pour l'Union. Il respecterait certes toujours les règles du jeu politique, la république et la constitution, mais n'aurait jamais aucune hésitation à réaliser quelques manipulations.
Notamment aidé par l'influence de son parti unique, qui rassemblait plus de 99% des gens s'intéressant à la politique, il n'eut aucune peine à faire valoir ses vues, même les plus radicales. C'est ainsi que de nombreuses réformes sociales eurent lieu, qui en d'autres lieux et temps auraient été vues comme impossibles et inimaginables.
Les mariages devinrent extrêmement règlementés, et l'obligation de métissage décrétée. Se marier dans son propre peuple devint strictement interdit. La crainte du gouvernement était que ne naissent un jour des divisions d'ordre racial, du fait des apparences très différentes entre plusieures ethnies, comme les Homo centorus et les Homo gobelinus par exemple. Faire fusionner les peuples en un seul en quelques générations fut présenté comme un projet de première importance. Quiconque tentait de faire valoir une question d'amour était immédiatement privé de ses biens en punition, et les amoureux anti-métissage séparés de force, puis envoyés en camp de travail et de rééducation. Les mariages déjà célébrés avant cette réforme ne furent pas rompus, mais leurs participants forcés d'aller établir dans les lieux les plus ingrats qui soient des colonies de travail et rééducation.
D'innombrables autres réformes furent mises en place, notamment l'adoption forcée d'un alphabet latin augmenté pour tous les peuples -quelques-uns, tels les gobelins, usant traditionnellement de systèmes très anciens et peu adaptés au monde nouveau s'ouvrant devant eux. Une langue unie fut elle aussi mise en place, créée de toutes pièces et immédiatement rendue obligatoire, toute récalcitrance étant punie de mort. Par la grâce des souvenirs d'apprentissage, produits en masse, il ne fallu qu'une semaine pour que tout le monde la parle. Les antiques langages furent déclarés illégaux, leurs locuteurs devant placer leurs souvenirs dans des pensines de suppression. Seuls les linguistes furent autorisés à en garder connaissance, et avec de sévères serments magiques pour assurer qu'ils n'en feraient pas la promotion.
Au niveau religieux, tous les cultes autres que le remerciement aux héros furent frappés d'anathème. Les religions magiques, mais aussi celles issues du monde moldu, sans aucune exception, furent déclarées barbares, et toutes les personnes tentant de prendre leur défense eurent de regrettables accidents accidentellement accidentels. Le Père Créateur, de longue date honoré par les magiques, fut déclaré divinité unique, et de nombreuses fêtes et cérémonies, autrefois discrètes, furent rendues officielles et acquirent une pompe et un prestige considérables. Au beau milieu de la grand-place de Pôdlad, comme jaillissante du lac, une gigantesque statue du nouveau dieu fut dressée, montant à plus de cent mètres de haut. Personne ne manqua l'étonnante ressemblance avec Harry, mais nul ne s'en offusqua... sauf lui.
Hautement dérangé par cette surprise, il chercha activement le moyen de régler ce qu'il considérait comme un grave problème. Envisageant de faire un exemple avec les sculpteurs, il trouva soudain l'idée parfaite en revenant dans ses appartements, accueilli par une Fleur énièmement enceinte et leurs déjà douze enfants. Les petites Lily et Elfyld lui sautèrent dans les bras en riant.
Une nouvelle statue fut donc dressée, à l'image de Fleur, représentant la personnification de toutes les Vélanes. Ainsi, le risque de voir de nouveau apparaître un monothéisme mortifère axé sur un seul mâle fut évité par cette idée brillante. Les deux œuvres se dressèrent bien vite au milieu du lac de la grand-place, se tenant par la main et célébrant l'union entre la femme et l'homme, le regard porté vers l'avant, vers l'avenir. La femme était représentée largement enceinte, son autre main et celle de l'homme reposant sur son ventre en se liant tendrement.
Ce symbole magnifique initia automatiquement les réformes suivantes, notamment sociales. Tout ce qui n'était pas complémentaire, ne serait-ce que soupçonné d'avoir des tendances ou aspects non-complémentaires, fut éminemment rejeté, haï, banni. Des lois radicales furent adoptées. Plus d'un millier de criminels furent mis à mort sur la place publique, car ayant perpétré des actes non-complémentaires, et toute autre personne montrant de tels penchants fut considérée comme malade mentale et aussitôt soignée par modification artificielle de la mentalité, puis envoyée sous différents prétextes en camp de travail et rééducation.
Par sécurité, et bien que ce soit déjà de longue date pratiqué chez tous les peuples hormis les sorciers, Harry prit grand soin de la situation des femmes dans l'Union, et fit en sorte qu'aucun texte de loi, quel qu'il soit, ne puisse jamais être interprété d'une façon permettant la moindre oppression envers les femmes ou les hommes. La complémentarité des sexes -et non l'égalité, déclarée hérétique- fut inscrite dans le tout premier article de la constitution magique, un fort prosélytisme la faisant être rapidement adoptée dans le reste du monde.
Les réformes allèrent jusqu'au code vestimentaire et à l'apparence physique, en une volonté de rupture radicale à la fois avec le passé magique et le monde moldu. Grâce à l'aide apportée par la magie et les sortilèges de métamorphose, il fut possible d'améliorer massivement l'apparence de toute personne en faisant la demande. Pour éviter les abus et délires, le gouvernement ordonna la mise en place d'apparences formatées, et un choix, riche et limité à la fois, fut créé et proposé. Ainsi, entre autres exemples, les apparences androgynes furent interdites, de même que les hommes blonds, les femmes non-blondes... les cheveux courts devinrent l'apanage -et l'obligation- des hommes, et inversement les très longs pour les femmes. Il y eut encore nombre de transformations plus ou moins imposées, qui paraîtraient dictatoriales et racistes chez les moldus, mais qui furent vues comme une succession d'immenses progrès par les magiques. Par exemple, les différentes couleurs de peau furent mélangées, et tout le monde dû se faire « recolorer » en ce teint unique. Le gouvernement voulait faire en sorte que le racisme n'ait pas droit de cité dans l'avenir, quitte à le paraître lui-même. Le fait que le résultat soit "blanc" était dû à l'absence quasi-totale de colorations plus foncées au sein de l'Union. Cette couleur n'en bénéficia pas moins d'une propagande elle aussi radicale, quiconque refusant de changer étant arrêté au prétexte de rébellion, et exécuté ou envoyé en camp de travail et rééducation.
Au niveau éducatif, des milliers d'écoles de tous niveaux furent ouvertes à travers toute l'Europe, prévues considérablement plus grandes que les besoins réels afin de faire face au futur baby-boom attendu par les prévisions. La population de l'Union, d'environ deux millions de personnes en incluant les sorciers, devait atteindre la dizaine avant la fin de la décennie 2010, et une trentaine avant 2035. Le programme scolaire nouvellement établi fut manipulé de toutes parts afin de magnifier la première Union et faire passer les Purs pour d'horribles démons. L'Histoire fut réécrite massivement afin d'enjoliver certains épisodes du passé, tels la gloire du Créateur, et d'en faire oublier quelques autres, comme sa brutalité dans l'exercice du pouvoir et sa totale absence de pitié envers ses ennemis vaincus. Nul n'avait envie de se souvenir qu'en vérité, il avait causé bien plus de victimes en deux siècles que les Purs durant toute leur Histoire, ni qu'il avait été l'agresseur tout du long et jamais l'agressé.
La réécriture du passé gagna le langage au point de massivement forcer le renommage de nombre de lieux et autres patronymes. Ainsi, « Pré-au-lard » fut renommée « La petite-Pôdlad », bien que dépassant très vite la population de la vallée où se trouvait l'ancienne cité. Les noms de familles furent pour la plupart changés eux aussi. Abandonnant le « Potter » de ses ancêtres, Harry passa un temps important à en chercher un autre, ne parvenant pas à se décider. Il lui fallait quelque chose de parfaitement neutre, avec un sens positif, le mettant en valeur, sans pourtant pouvoir être interprété de quelque façon négative par qui que ce soit. C'est ainsi que, répondant à son attente, l'Assemblée des Peuples -la nouvelle chambre des représentants de l'Union-, choisit pour lui « Ikinciata », contraction des mots « inkinci », signifiant « second », et de « ata », pouvant se traduire par « père-ancêtre », au sens de « comme l'étaient les héros du passé ». Le sous-entendu le comparant avec le Père Créateur n'échappa à personne, et il y eut encore moins d'opposition. Il tenta bien de s'en insurger, mais pour la première et unique fois de ses mandats, les représentants du peuple ne tinrent aucun compte de ses ordres. Comprenant qu'il n'arriverait à rien, il céda finalement, non sans grogner et montrer les crocs pour la forme.
Aidée par cette accumulation de progrès, par ces ruptures radicales avec le passé, par ces adaptations idéales à ses peuples, la situation du monde magique se stabilisa rapidement, notamment par la grâce de la force d'action du gouvernement. Le peuple, traumatisé par la guerre et ayant bien comprit que tout était dû aux anciennes traditions archaïques du monde magique, devint avide de réformes radicales, généreusement aidé par une constante propagande. Harry n'eut aucune difficulté à faire passer tout ce qu'il souhaitait.
...
Après avoir massivement adapté la nouvelle Union aux besoins et particularités du monde magique, Harry se tourna en particulier vers la diplomatie, où un effort considérable fut mit en place. Depuis des années déjà, les peuples des autres continents, admiratifs et envieux de l'accumulation de réformes révolutionnaires mises en place en Europe, se mirent à faire pression sur leurs propres gouvernements pour qu'il en soit de même. Les peuples magiques opprimés par les sorciers trouvèrent en l'Union un soutien sans faille, et parvinrent enfin à s'organiser assez fortement pour résister à la pression de la massive population sorcière, et à sa tendance au traditionalisme. Les nés-de-moldus eux-mêmes se levèrent massivement, enthousiastes à l'idée de voir leurs deux mondes se rapprocher. En moins de dix ans, l'ancien système des ministères fut mit à bas sur toute la planète, la CIMS, confédération internationale des mages et sorciers, étant supprimée par défaut de membres, et le tout remplacé par nombre de républiques-sœurs chapotées par l'Union. Nombre d'organisations planétaires furent créées, massivement influencées par tout ce qui avait déjà été fait. La mondialisation gagnait le monde magique, et submergea tout en moins de vingt ans.
Un effort plus grand encore fut fourni pour adapter la nouvelle société magique au monde moldu. Trouvant particulièrement regrettable que la technologie électrique ne fonctionne pas à proximité de la magie, Harry finança sans limites la recherche pour créer une électronique basée sur la magie. Par la grâce de la méthode scientifique introduite par les réformes éducatives, il ne fallut que quelques semaines pour que les premières adaptations, puis des créations entièrement magiques, surviennent et inondent le monde, amplifiant plus encore le formidable âge d'or en cours.
En accord avec les gouvernements moldus, un grand projet fut mit en place afin de faire progressivement fusionner les deux mondes. En un délai de cinquante années, les barrières devraient toutes être franchies par étapes successives. Dès la première décennie, de façon subtile, les moldus seraient submergés de productions culturelles les faisant rêver de magie : livres, films, jeux, et encore bien d'autres. Dès que possible, les familles des nés-moldus seraient toutes entières dans l'obligation d'émigrer vers le monde magique, afin de s'en imprégner. Aux trente ans de la réforme, une « découverte » serait annoncée dans le domaine de la physique, avec une théorie massivement expliquée au peuple. D'ici ce délai, les gouvernements espéraient que les physiciens théoriciens pourraient bien mieux comprendre la magie que ça n'avait été fait jusqu'à présent. C'était important, car à l'aube de la quarantième année, les tous premiers objets issus du monde magique devaient être progressivement révélés au monde moldu, avant qu'enfin, à la cinquantième année, la barrière puisse tomber définitivement. Même si ce délai pourrait changer, l'on supposait qu'il était raisonnable.
Tout ne fut toutefois pas rose, contrairement à ce que le récit précédent pourrait faire croire. Plus encore que chez les sorciers, l'Union dû faire face au conservatisme radical de nombre de dirigeants moldus, notamment des religieux, qui hurlèrent très vite au satanisme et autres absurdités. En réponse, Harry organisa de toutes pièces des vagues de terrorisme religieux, dans le but d'à la fois faire rejeter ces religions rétrogrades aux peuples, et d'en même temps organiser un génocide des extrémistes religieux. Ainsi, dans une vague d'attentats choquants perpétrés par des armées d'impériumés, le Vatican fut rasé en pleine bénédiction urbi et orbi, le pape assassiné par un sniper alors que des kamikazes se faisaient sauter dans la foule et que d'autres, par dizaines, faisaient de même sur toutes les fondations de la dernière théocratie, faisant s'effondrer avec fracas la basilique Saint-Pierre et la chapelle Sixtine. Nombre des merveilles qu'elles contenaient furent détruites dans la catastrophe -en fait, toutes celles qui avaient une connotation religieuse. Les autres furent discrètement sauvées. Très vite, des organisations djihadistes inventées pour l'occasion revendiquèrent le massacre.
En réponse à cette attaque, l'al-Masjid al-Ḥarâm, à La Mecque, plus grande mosquée du monde et premier lieu saint de l'Islam, fut rasée par une succession de détournements d'avions civils, préalablement chargés de bombonnes de gaz. La Kaaba s'effondra et ses ruines se trouvèrent réduites en cendres dans le désastre, des terroristes chrétiens revendiquant aussitôt l'attaque et le million de morts occasionné par ce qui devint le plus sanglant attentat de toute l'Histoire.
Le monde s'embrasa immédiatement en une nouvelle guerre de religion. Jérusalem fut rasée jusqu'à ses plus antiques fondations par un bombardement continu de toutes les armées "saintes", qui en firent le siège pour tenter de "libérer" "leur" ville. Dans la pauvre cité, il n'y eut ni survivants ni cadavres identifiables, le sol même étant retourné sur des dizaines de mètres de profondeur et stérilisé par tous les métaux qui l'empoisonnèrent. Très vite, une propagande montée de toutes pièces fit courir le bruit que cette terre et tout ce qui en avait été issu n'était que malédictions... quiconque refusant de croire cela étant aussitôt envoyé en camp de travail et de rééducation.
Pourtant, par la grâce des agents de l'Union qui parcoururent le monde et œuvrèrent sans relâche pour sauver les esprits des affres de ces religions, les massacres se limitèrent à "seulement" une centaine de millions de morts au total, dont la totalité des clergés et différentes sortes de responsables religieux, qui s'étaient retrouvés pris d'une "soudaine et inexplicable" crise de rage et de folie, tous les curés et autres rabbins, imams ou prêtres se transformant soudain en monstres enragés torturant, violant et tuant leurs fidèles. Tous furent abattus en quelques instants. La Bible, le Coran, le Talmud, les Analectes, ainsi que tous les autres livres un tant soit peu religieux, furent massivement brulés au cours de fantastiques autodafés avant même que la guerre ne prenne fin, et ce par les mêmes foules précédemment charmées par les agents de l'Union. L'athéisme gagna massivement le monde, et le grand monstre de spaghettis volants connu un succès inattendu dans un mouvement international de rejet des anciennes religions. Grâce à cet accès de raison bienvenu, les polythéismes ne parvinrent pas plus à revenir à la charge que les monothéismes ne survécurent. La sécurité mondiale pâtit malheureusement de la guerre, de très nombreux et comme par hasard inexplicables accidents ayant lieu partout, mais tout s'arrangea très vite, ces attaques ne visant comme par hasard que les gens ayant le potentiel et l'envie de poser des problèmes.
Du côté de la politique, il y eut bien évidemment nombre de politicards pour s'opposer à ce soudain afflux de vrai progressisme. En réponse, Harry, élu depuis peu à la tête des EUM, les États-Unis Magiques -organisation mondiale transcendant les nations et englobant sous un seul gouvernement la totalité des peuples magiques-, ordonna une purge sans précédent de tout ce qui s'apparentait de près ou de loin à du nazisme, du communisme, du libéralisme, de l'anarchisme, en résumé de quiconque le gênait. Les dirigeants qui soutinrent le passéisme, ne serait-ce qu'un tant soit peu, furent comme par hasard parmi les premières victimes de la guerre de religions. Les autres en conçurent une terreur telle qu'ils plièrent sans attendre, mais se retrouvèrent tout de même placés sous impérium. Juste au cas où.
En résumé, du côté d'Harry, tout allait pour le mieux.
...
Si Harry s'occupait de la politique, heureux comme un poisson dans l'eau à ordonner des assassinats à tout va, Fleur n'en était pas moins active. Dernière Vélane de ce qui fut nommé la seconde génération, elle se consacra à faire vivre la mémoire de son peuple et sa légendaire réputation de morale, étant à l'origine de la plupart des réformes traitant de ce domaine, notamment, par exemple, de celle imposant la complémentarité comme norme obligatoire et absolue. En cela, elle faisait honneur à sa vélanité, bien plus encore que le projetait l'ex-commandante Luna : le complémentarisme fut érigé en dogme, et aucun hérétique ne fut épargné, pas même ceux rejetant leurs penchants ou ayant du talent.
Tout, absolument tout, passa au microscope de son attention. Nombre de choses furent qualifiées d'hérétiques, plus encore se retrouvèrent réformées, et une multitude apparurent de nulle part. Notamment, Harry la chargea de la mise en place de la réforme des apparences, et elle s'y attela sans attendre. Étant depuis toujours unanimement considérée comme un exemple de beauté féminine, elle se prit comme modèle de base pour la plupart des apparences autorisées, certaines caractéristiques étant récurrentes et obligatoires, tels les traits de visage doux, les très longs cheveux, la blondeur, les seins voluptueux, les hanches larges, et encore bien d'autres. Des ensembles d'enchantements furent mis au point pour que la beauté idéalisée de la femme soit conservée même lors de la grossesse.
Les hommes ne furent pas en reste, loin de là, et Harry devint le nouvel Apollon. Les cheveux courts et bruns devinrent obligatoires, de même que la sveltitude, une musculature nette mais légère -le bodybuilding étant vu comme hérétisme-. Les tétons masculins furent désormais mal considérés, et il devint la norme de se les faire retirer comme symbole du passage à l'âge adulte. L'épilation intégrale de tous les poils hors de la tête fut elle aussi légalement encouragée. En fait, les récalcitrants furent convaincus en camps de travail et de rééducation.
Outre cette réforme, Fleur porta une attention toute particulière sur la nouvelle religion, créant de toutes pièces des fêtes et cérémonies pour servir les buts politiques suivis par son homme. L'un des plus remarquables exemples fut l'institution de la nouvelle année, le jour du solstice d'hiver, qui devint une fête populaire alors qu'étaient organisées des fêtes immenses réunissant des centaines de milliers de personnes. L'équinoxe de printemps fut quand à elle réservée pour célébrer les enfants, en particulier les nouveaux-nés. Fin juin fut instituée la « fête des couples », avec une accumulation de cérémonies bénissant l'unité homme-femme et donnant traditionnellement lieu à des purges permettant de nettoyer la société de tous ceux qui n'étaient pas jugés suffisamment exemplaires. C'était aussi l'occasion pour les couples "de neuf mois" de s'atteler à leurs prochains enfants... Enfin, l'équinoxe d'automne, à la fin de l'ancien mois de septembre, devint une fête familiale en remplacement de l'archaïque Noël.
En dehors de ces célébrations saisonnières, diverses journées de mémoire furent mises en place, comme le premier mai, que l'on réserva à la première Union. Nul ne savait plus à quelle date précise la cité était tombée pour la première fois, on se souvenait seulement que ç'avait approximativement été au printemps. Cette date fut donc choisie par défaut. De même, le vingt-neuf octobre fut désormais célébré comme la naissance de la seconde Union, suite à la seconde bataille de Pôdlad-Poudlard ayant eu lieu ce jour là.
Outre tout ce travail politique et moral, Fleur fut démesurément occupée par ses enfants et grossesses successives. Ainsi, dix ans après la fondation de la seconde Union, elle avait déjà mit au monde plus de cent-cinquante enfants, établissant un record historique et ne comptant pas s'arrêter là. Elle adorait chacune de ses petites, et veillait à passer de nombreuses heures avec elles. Harry, bien que moins disponible, faisait de son mieux pour déléguer et faire de même. Leur famille était ce qu'il y avait de plus important à leurs yeux.
Un triste évènement obscurcit toutefois la joie de cette époque. Durant l'hiver 2010, Lily, la mère d'Harry, mourut finalement dans son sommeil des suites de son long coma. Son fils en fut comme terrassé pendant plusieurs jours, et il fallu tous les efforts de sa belle et de leurs enfants pour lui faire remonter la pente. Même s'il avait depuis longtemps perdu espoir de la voir se réveiller, il vécut mal cet évènement, et perdit un peu de la lumière guidant ses pas.
Mais tout n'allait pas mal non plus. Notamment...
...
En ce premier août 2010, les innombrables cloches de la cité de Pôdlad se mirent à carillonner d'un seul chœur. Aussitôt, une immense clameur s'éleva de la foule assemblée sur la grand-place, tout autour de l'allée concentrique faisant le tour des statues monumentales garnissant le lac, puis parcourant toute la cité au milieu de ses plus belles avenues. Des barrières d'or garnies de fleurs magnifiques, surveillées par des soldats en grand uniforme d'apparat, délimitaient le chemin qui serait parcouru par le carrosse des mariés. Et quel carrosse ! C'était une merveille, tant empli d'enchantements en tous genres qu'il paraissait plus constitué de magie que de matière.
À midi précise, les grandes portes de la tour-palais s'ouvrirent pour laisser paraître les heureux élus, dans leur tenue digne d'un conte de fées. D'ailleurs, nombre d'entre elles voletaient tout autour d'eux, projetant partout de petites gerbes d'étincelles colorées, riant aux éclats et enchantant tout le monde. Et enfin, accueillis par les hourras du peuple, ils purent s'avancer...
Vêtu de son uniforme de grand maréchal des armées, couvert de toutes parts de galons, boutons d'or et diverses médailles, Harry resplendissait de charisme viril. Nombre de jeunes filles ne devaient jamais oublier la gloire de sa masculinité.
À ses côtés, tenant sa main, venait Fleur, magnifique dans sa robe "unione". Pour l'occasion de son mariage, elle avait créé une nouvelle mode, consistant à laisser sa gloire de Vélane visible à tous sans aucune restriction. Seins et ventre totalement nus, maquillés et améliorés de sorts de chirurgie magique pour être la perfection absolue, seule une jupe à fine ceinture l'habillait, montant dans son dos et couvrant ses bras, parfaitement adaptée à ses formes de femme enceinte à terme. C'était une volonté commune des mariés d'afficher ainsi leur vie de famille et leur exemplarité à cette étape de la quarantième grossesse de la plus belle.
Derrière eux, portant la traîne de leur mère, venaient leurs cent-quatre-vingt-deux filles et quatre fils, tous vêtus aussi glorieusement que leurs parents. Les jeunes Lily et Elfyld, ravissantes, entraient dans l'adolescence avec tout autant de gloire que leur mère, et la pleine conscience de leur grâce vélane...
Harry et Fleur prirent place dans le carrosse, modèles de grâce et de tenue, pour faire le tour de l'allée d'honneur et se montrer au peuple, faisant régulièrement une halte pour se lever et saluer, sous les acclamations et les cris d'admiration. Plusieures fois, ils allèrent saluer le peuple, Harry serrant les mains des hommes, Fleur se laissant toucher le ventre et les seins par les jeunes filles -ce qui était vu comme une bénédiction de sa part, promesse de glorieuse fécondité pour les futures mères-. Chacun tint dans ses bras nombre d'enfant, prononçant des bénédictions à la grande joie des parents. Il fallu plusieurs longs tours pour satisfaire le peuple, foule souvent hystérique d'admiration pour ses héros. Ce n'est finalement qu'en fin d'après-midi que le carrosse s'arrêta une dernière fois, face aux glorieuses statues du Père Créateur et de la Mère Créatrice. Face à face, mains dans les mains, les amoureux montèrent les marches de l'estrade qui avait été élevée à leurs pieds, et, une fois bien en vue de tous, au milieu d'un silence absolu, en vinrent aux paroles consacrées.
« - Ô divine Fleur, toi la plus ensainte, moi, Harry, grand-maréchal des armées, souhaite t'accueillir au sein de ma lignée en tant qu'épouse. Que réponds-tu ? »
« - Ô noble Harry, puissant fécondateur, moi, Fleur, dernière Vélane de la seconde génération, j'accepte d'entrer en ta lignée en tant que ton épouse. Et toi, acceptes-tu de venir en mon foyer ? »
« - Ô voluptueuse Fleur, héritière des légendaires Vélanes, moi, Harry, président de l'Union, je viendrais en ton foyer t'honorer de ma virilité autant de fois que tu le désireras. »
« - Ô puissant Harry, pourfendeur de mon hymen, moi, Fleur, Ensainte, qui me suis liée à ta magie, je me donnerai à toi chaque jour et heure à ta demande. »
Et, d'une seule voix : « Nos magies vivront désormais et à jamais comme une seule et même entité. Ainsi soit-il ! » Et en une explosion lumineuse, leurs magies jaillirent de leurs corps en d'immenses auras de pouvoir, et s'unirent en une débauche charnelle pour n'en former plus qu'une, alors que les mariés s'enlaçaient...
Les célébrations qui s'ensuivirent durèrent des semaines, encore accentuées par le quarantième accouchement de Fleur, quelques jours après le mariage. Douze nouvelles petites vélanes vinrent ravir leurs parents et le monde entier en une seule fois, leur mère établissant à cette occasion un nouveau record historique.
...
Harry vécut jusqu'à l'âge de cent ans, mourant finalement d'épuisement le jour même de son anniversaire, à la fin d'une vie de labeur. Fleur, ravagée de chagrin, privée de la magie du mâle complémentaire, le suivit quelques heures plus tard, tard le soir, après avoir prit le temps de dire adieu à sa multitude d'enfants. S'allongeant aux côtés du corps de son aimé, ne pleurant pas, l'air parfaitement paisible, sachant que l'éternité ne serait pas solitaire, elle lui prit la main et se blottit contre lui, logeant la tête contre son cou... et partit dès ses yeux fermés.
Ce jour là, le monde s'arrêta. Les funérailles furent grandioses. Sur la grand-place de Pôdlad, sur tous les toits et dans toutes les rues bordant le chemin de la procession, par nuages entiers dans le ciel, obscurcissant la cité de l'ombre du deuil, ce furent près de quarante millions de personnes qui se pressèrent pour pleurer en un concert de cris déchirants, plus encore d'éprouvés devant se contenter de suivre les cérémonies sur des enchantements géants retransmettant les adieux en direct.
La procession, formée de la totalité de la descendance de Papa et Maman -comme ils étaient tous deux affectueusement surnommés depuis déjà de nombreuses décennies-, parcouru tout le chemin menant jusqu'à la nécropole de Poudlard, érigée à la place de l'ancien château en mémoire de tous les braves tombés pour la gloire des deux Unions. Leurs plus de mille enfants, trente-mille petits enfants et centaines de milliers d'arrières et arrières-arrières petits enfants défilèrent ainsi, tête basse, durant les jours entiers que dura la cérémonie. Sur un lit fait d'or et de soie de vélane, issue des cheveux même de Fleur, leurs corps furent exposés pendant un mois, figés par des sorts de stase, afin que le peuple puisse défiler à satiété et pleurer devant ses héros. Les femmes pleuraient en s'arrachant les cheveux, les hommes faisant de même avec leur barbe. Lorsqu'enfin les cérémonies de deuil prirent fin, plusieures dizaines de milliers de personnes, principalement les anciens ayant connu la naissance de la seconde Union, s'étaient suicidées ou laissées mourir pour rejoindre leurs héros tant admirés.
Au centre de la nécropole fut dressé un panthéon tout de marbres, d'or, de pierreries, et d'une multitude démesurée de richesses et d'enchantements d'une perfection inimaginable. La place d'honneur revint au Père Créateur et au cadavre anonyme d'une femme quelconque, ramassée sur le champ de bataille et surnommée par la propagande « Mère Créatrice ». C'était une femme aux hanches bien trop larges pour être une sorcière. Ainsi Luna gagna-t-elle la place de pouvoir si ardemment désirée, même si ce n'était pas de son vivant.
Harry et Fleur furent placés dans une crypte juste derrière les statues du Créateur et de la Créatrice, dans la position où ils s'étaient endormis pour toujours, en un immense cercueil de cristal translucide qui devint bien vite un véritable lieu de culte. Les architectes, s'attendant à un constant afflux de visiteurs endeuillés, avaient prévu des gradins pour cent-mille personnes tout autour de la tombe. Dès les premiers jours, tous furent continuellement pleins, et le restèrent des décennies durant, jusqu'à ce que les autorités décident de réguler les visites pour protéger les lieux de l'usure du temps. Les trente-et-un juillet et premier août furent de facto décrétés comme jours de deuil, et devinrent des jours saints de pèlerinage jusqu'à la tombe de Papa et Maman.
Dans leur cercueil, Harry et Fleur, unis pour toujours, retrouvèrent la fraicheur de leur jeunesse, la mort faisant rajeunir leur apparence jusqu'à leur redonner leurs quinze ans, époque d'une si fortuite rencontre.
C'était une histoire d'amour qui s'achevait.
…
Rappel : ce bonus est une fin alternative, il n'a aucune importance dans l'histoire, ni même dans l'Histoire.
Prochains chapitres : chronologie, annexes et archives, autocritique, scénario.
La suite, « Une histoire de temps », sera publiée à partir du 21 décembre 2018.
- « Ensainte » : contraction de « enceinte » et « sainte ». C'est un titre de gloire des Vélanes, glorifiant leur fécondité et moralité.
- Les réformes menées ici par Harry et Fleur sont largement inspirées des réelles « réformes kémalistes », menées en Turquie par le grand Mustafa Kemal Atatürk. Bien entendu, je les ai adaptées au monde magique et volontairement portées à un niveau d'ampleur plus démesuré.
- Le nouveau nom d'Harry, « Ikinciata » est bien évidemment inspiré d'Atatürk. « Ikinci » et « Ata » sont des mots de turc signifiant respectivement « second » et « père » dans le sens d'ancêtre, le tout devant être comprit comme si Harry était le second Père après le Créateur.
