Coucou !

Avant toute chose, j'ai une dédicace toute particulière à faire à Gwen Who, alors je vais compter jusqu'à trois et à trois on chante, ok ? 1, 2, 3... Joyeuuux aaanniiiversaiiiiire ! Joyeuuux anniiiversaiiiire ! Joyeuuuux aaaaaaaaaaaaanniversaire Gwen Who ! Joyeux anniversaire ! XD

En parlant d'elle, est-ce que vous avez lu son dernier OS, S'adapter est la clé ? Une bulle de douceur et de d'humour dans un monde de grèves et d'examens *_*

Bises ma beauté !

Hey, sserieusement, vous m'avez tuée avec vos reviews ! On a très clairement la team Eddy et la Team Bella XD Je m'y attendais pas et je trouve ça hyper drole !

Lau : Merci pour ta review ! J'avoue, la réaction de Bella était un peu bizarre, elle sera expliquée un peu plus tard même si au final c'est très logique :) On est d'accord, Edward est mal barré maintenant ! Et effectivement, la pizza -même au ptit dej !- ça aurait surement mieux marché ! XD

J'ai un message pour toi de la part de Lolo-la-furie. Précédemment tu m'avais dit que Bella était bien proche physiquement d'Edward alors qu'elle était en couple, je t'ai répondu vendredi dernier que j'avais toujours possibilité de la aire plus proche de Mike et Lolo a fait des bonds derrière son écran et m'a laissé en review "Lau[...] ne dit jamais, jamais, jamais que Bella est pas assez proche de Mike, tu vas t'en mordre très très très fort les doigts XD" voilà voilà, tu es prévenue ahahaha

Catbl2014 : aaaah enfin quelqu'un qui soutient Bella ! *-* On est bien d'accord, Edward doit ramer ! Ca me rassure que tu n'aies rien contre le fait qu'ils mettent du temps à se caser (si ça finit par arriver) parce que j'avoue qu'ils sont tellement pas doués que ça peut prendre du temps XD Quant à Mike... la fic serait moins drôle sans lui ! hihihihi

Guest : "Quel caractère", qui ça, Edward ou Bella, parce que les deux on un caractère pourri ! XD

Sinon... faut que je vous raconte ma vie... je devais passer mon week-end chez papa maman, en mode spa, farniente et barbecue. Ca aurait dû etre parfait sauf que... tous les trains ont été supprimés, et mon week-end, de fait, annulé... Bref, mon week-end s'annonce moins bien que prévu... La seule chose qui pourrait le sauver ce serait... de dépasser les 300 reviews... il reste plus grand chose pour passer la barre *-*

Chapitre 21

Je tournai comme un lion en cage. Ses yeux rougis étaient la preuve qu'Isabella avait pleuré, et par ma faute. J'étais censé la protéger et je me retrouvais à être celui qui lui faisait du mal. Sans parler du fait que je l'avais projetée contre le coffre de la voiture… J'étais un abruti fini…

J'avais nettoyé les restes du petit déjeuner qui avait fini par terre et traînais sans but dans le salon. Je voulais être présent au moment où elle sortirait du studio d'enregistrement, pouvoir lui parler, m'excuser des horreurs que je lui avais jetées au visage et n'osais donc pas faire du sport dans la salle ni monter dans ma chambre. Je n'avais même pas envie de m'installer devant la télé, c'était prendre le risque de m'endormir sur le canapé à cause du manque de sommeil des dernières quarante huit heures.

Je commençais même à m'inquiéter du fait qu'Isabella n'avait rien mangé depuis quasiment vingt quatre heures, à moins que sa pièce top secrete ne soit un placard alimentaire…

Au moment où je ne m'y attendais plus, la porte du studio s'ouvrit sur Isabella qui avait toujours autant l'air défaite. Ceci étant, elle arriva dans le salon en affichant un air froid et particulièrement distant.

- Isabella, on peut peut-être parler, non ?

Elle m'ignora incroyablement, passant devant moi comme si je n'existais pas.

- Je suis sincèrement désolé pour hier ! Lâchais-je alors qu'elle s'engageait dans les escaliers. Je ne suis qu'un abruti ! Elle ne me calcula pas et j'entendis la porte de sa chambre s'ouvrir. Mangez au moins un truc ! Criai-je depuis le salon. J'aurais pu la suivre à l'étage, mais une petite voix m'indiquait que je ferais mieux de lui laisser de l'espace.

La vouvoyer me sembla tellement étrange après la magnifique journée que nous avions passée la veille (si on occulte la catastrophe de la patinoire !).

Elle redescendit rapidement les escaliers avec son ordinateur portable et un dossier dans une pochette cartonnée jaune sous le bras. Elle passa par la cuisine et se saisit d'une pomme, toujours en m'ignorant.

-Vous n'avez qu'à me dire mes quatre vérités comme ça on sera à égalité ! Sortez moi ce que vous avez sur le cœur et je broncherai même pas. -Elle m'ignorait toujours. J'écartai les bras, même si elle me tournait déjà le dos pour entrer dans le couloir- Allez y, défoulez vous !

Mais rien n'y fit, elle ne me jeta pas un regard, même si je la vis marquer un temps d'arrêt. J'étais persuadé qu'elle en aurait des choses à me dire et que ça ne me ferait pas plaisir.

Je me convainquis de faire quelque chose que je m'étais défendu de faire un peu plus tôt et entrai dans la salle de mixage pour pouvoir observer ce qu'elle était en train de faire sans qu'elle ne le sache. Bénie soit la personne qui avait décidé de mettre un miroir sans tain au lieu d'une simple vitre.

La batterie avait été déplacée contre la porte, de sorte à être sûr que je ne puisse pas entrer. Isabella était assise en tailleur sur le canapé au fond de la pièce, son téléphone à l'oreille et le dossier qu'elle avait descendu entre le genoux. Visiblement sa conversation était houleuse. Je jetai un regard sur la console de mixage cherchant un bouton magique sur lequel serait écrit « micro » ou bien « enregistrement » mais n'en trouvais aucun, bien évidemment. Toutes les manettes étaient obscures et je n'y connaissais rien.

Un mouvement dans la salle face à moi attira mon attention et je relevai la tête pour voir Isabella jeter le dossier sur le canapé et se lever dans un bond avant de commencer à faire les cent pas. Le bras qui ne tenait pas le téléphone s'agitait dans les airs comme si elle expliquait quelque chose qui la mettait en colère et je compris aussitôt qu'elle parlait de moi, ou au moins de notre soirée de la veille. Est-ce que le dossier était le mien ? J'aurais aimé connaître la raison de cet appel. Était-elle en ligne avec Emmett ? Il allait venir me tuer !

Toujours au téléphone, Isabella donna un coup de pied rageur dans un des pieds de micro qui chuta au sol. Elle raccrocha et se laissa tomber sur le canapé avant de jeter au sol le dossier que je supposais être le mien.

Finalement, j'étais plutôt content qu'elle ne se soit pas défoulée sur moi !

Elle resta longtemps immobile à fixer le plafond avant de sursauter et récupérer la pomme qui était par terre. Elle croqua dedans avant de s'installer à nouveau en tailleur en posant son ordinateur portable sur ses genoux. Elle pianota longuement dessus et jeta au sol le trognon une fois qu'il n'y avait plus rien à manger dessus.

Au bout d'un certain temps, Isabella récupéra le téléphone posé sur le canapé et écrivit rapidement quelque chose dessus avant de l'empocher et de se lever pour s'emparer d'une des guitares.

J'ignore combien de temps nous étions restés ainsi, elle à m'éviter, moi à l'espionner mais j'entendis la sonnette de l'ascenseur. Je quittai la salle de mixage pour aller voir qui voulait nous rejoindre, appréhendant l'arrivée d'Emmett.

L'écran de la télé dévoilait une jeune femme inconnue qui affichait un grand sourire en direction de la caméra. Je me saisis du boîtier pour lui demander son identité :

-Je suis le Docteur Cooper, vous avez du entendre parler de moi.

Effectivement, je me rappelais du jour où Angela Weber était venue à l'appartement après l'enregistrement de son premier album, j'avais alors interrompu la conversation d'Isabella avec un certain Docteur Cooper.

-Vous auriez une pièce d'identité ou une carte professionnelle ?

Elle fouilla ses poches avant de se mettre sur la pointe des pieds pour montrer son permis de conduire à quelques centimètres devant la caméra. Son identité ainsi confirmée, j'acceptais la montée de l'ascenseur mais ne prévins pas Isabella qui avait sans doute demandé sa venue. Peut-être même que c'était avec sa psy qu'elle s'était fâchée, mais dans ce cas, pourquoi avait-elle eut besoin de mon dossier ?

L'élévateur arriva à notre étage et j'ouvris la porte avant même que le docteur ne toque à la porte. En la voyant, je regrettai de ne pas avoir pris plus de temps pour l'observer, ça m'aurait évité de resté bouche bée en la voyant.

J'aurais pu imaginer la psy d'Isabella avec un tailleur, un chignon et une paire de lunettes mais pas avec un look… punk ? Baskets usées et flashies aux pieds, elle portait un jean trop large avec de grands trous sur chacun de ses genoux de sorte à ce que le tissu baille. Elle avait opté pour un pull déformé gris à larges mailles dont le col pendait sur un de ses bras dévoilant le haut d'un débardeur noir. Ses cheveux bruns étaient ébouriffés et probablement pas démêlés depuis des jours. Malgré son look, elle me sembla bienveillante.

-Vous devez être monsieur Cullen. Fit-elle en me tendant sa main pour me saluer.

-C'est ça. Je serrais sa main avant de m'effacer pour la laisser entrer. Comment avez-vous su que nous étions en période de crise ?

-Parce que Bella m'a demandé de venir ! Répondit-elle en riant.

Elle se dirigea vers le salon comme si elle était chez elle.

-Est-ce que je vous sers quelque chose ou est-ce que vous voulez la voir directement ?

-Vous avez encore de la bière au frigo ?

Elle était définitivement déjà venue ici ! Je sortis une bière et, en me retournant pour la rejoindre, je la vis déjà perchée sur un des tabourets. Je posai sa boisson sur le comptoir et me servis un verre d'eau, pas très à l'aise face à elle. La dernière fois que j'avais eu à faire à un psy, c'était lors de mon hospitalisation. Les chirurgien avaient alors réussi à sauver in extremis mon rein mais la rééducation de mon deltoïde droit et la surveillance post opératoire avaient été longues, d'autant que le site chirurgicale s'était infecté et que j'avais frôlé la septicémie. Ma convalescence avait alors été mise à profit pour entamer une thérapie.

Les mêmes paroles répétées encore et encore. Comme quoi je n'avais pas à culpabiliser de laisser mes frères sur place, que je partais en héros, que j'avais servi ma Patrie et que je pouvais être fier de moi…

Bref, je n'étais pas particulièrement emballé à l'idée de me retrouver face au Docteur Cooper.

-Alors, fit elle, comme ce fait-il que vous soyez en période de crise ?

Et voilà, la psychanalyse commençait… Je bus une gorgée d'eau avant de reposer mon verre sur le plan de travail et de croiser mes bras sur mon torse.

-Que vous a dit Isabella ?

-Pas grand-chose, juste qu'il fallait que je vienne dès que possible et comme elle me demande rarement de venir, je suppose qu'il s'est passé quelque chose de grave.

Pouvait-elle qualifier les derniers événements de graves ? Oui sans aucun doute ! Je revisualisais son petit corps heurtant le coffre de la Porsche, son expression lorsque j'avais lâché tout ce que j'avais à dire sur elle, y compris la possibilité qu'elle ne soit pas seule dans sa tête… Oui c'était grave !

- Peut-être que vous feriez mieux de demander à Isabella…

- D'accord. Et vous…

- Quoi moi ?

- Il y a quelque chose dont vous voulez parler ?

Je suis amoureux de ma patronne….

- Non.

- Vous voulez que l'on parle de l'Irak ?

- J'ai rien à dire sur l'Irak.

Elle me fit un large sourire avant de boire une gorgée de bière.

- Vous n'êtes pas très bavard, Monsieur Cullen, n'est-ce pas ?

- En même temps ce n'est pas moi qui vous ai appelé pour avoir de l'aide, c'est Isabella.

- J'irais la voir, vous inquiétez pas. Vous êtes content de travailler ici ?

- Oui. -Elle ne pouvait pas juste me laisser tranquille et aller voir Isabella ?

- Qu'est-ce qui fait que vous êtes content d'être là ?

Je pris quelques instants pour trouver une réponse : je n'allais pas lui répondre que c'était le fait d'avoir Isabella quotidiennement à mes côtés.

- Le logement.

- Le logement ?

- Oui, mon précédent appartement était un peu différent.

- Le retour à la vie civile, c'était comment ?

- Brutal, mais je m'y suis fait.

- Ca fait quoi de travailler pour une des femmes les plus influentes de la planète ?

Comme j'haussais un sourcil, elle expliqua :

- Forbes a classé Isabella comme étant la quinzième personne la plus influente, alors ça fait quoi ?

- Honnêtement je l'ignorais.

- D'accord, alors je reformule ma question : ça fait quoi de bosser pour Isabella Swan la star internationale ?

Mon cœur palpite plus fort à chaque fois que mes yeux se posent sur elle. Je suis dévasté depuis son extraction de la patinoire…

- Et bien on vit quasiment en vase clos dans cet appartement alors j'ai tendance à oublier.

- Et ça fait quoi de vivre en vase clos avec elle ?

- Ca dépend des jours.

- Vous voulez m'en dire plus ?

Est-ce que je le voulais ?

- On peut passer des moments sympas, normaux. Et d'autres fois… c'est un peu plus compliqué.

- Qu'est-ce qui complique les choses ?

- Je sais pas, nos caractères difficiles ?

Elle rit avant de reprendre une gorgée.

- Je suppose que vous avez rencontré Mike.

Je ris de bon cœur et me détendis pour la première fois depuis l'arrivée de la psy.

- Newton est un nase.

Le Docteur Cooper rit une fois de plus :

- C'est quoi le problème avec lui ?

- Ce mec n'en à rien à secouer d'Isabella. Il se pointe ici avec des sacs des plus grands magasins de la ville, sauf qu'ils sont vides. Il fait ça juste au cas où il y ait des paparazzis en bas.

- Et Bella en pense quoi ?

- On n'a jamais parlé des sacs à proprement parlé mais on a déjà parlé de lui. Elle m'a répondu que chacun trouvait ce qu'il cherchait dans leur couple. Si vous voulez mon avis, ça respire pas le bonheur leur truc.

Je venais peut-être d'en dire trop …

- C'est quoi pour vous une relation épanouie ?

- J'en sais rien moi, je n'ai jamais eu le temps de construire une vraie relation, mais c'est clairement pas ce qu'ils sont en train de vivre.

- Il vous arrive d'être jaloux de ce qu'ils vivent ?

Jaloux de Newton, oui, mais pas de leur couple !

- Non, mon travail passe avant tout. Ça a toujours été comme ça, et ça sera toujours comme ça.

- Vous n'avez pas envie d'avoir une femme à vos côtés qui vous prépare des petits plats, avec qui vous pouvez échanger, partager des activités…

- J'ai Isabella pour ça.

Ma réponse était sortie toute seule sans que je n'ai le temps de la censurer.

- Avec cette impression de vase clos c'est un peu comme si Isabella et vous formiez un couple, non ?

Outch

- Une chose est sûre, si nous formions un couple, moi je ne lui offrirai pas des sacs de shopping vides.

- Ah non ? Et vous lui offririez quoi ?

Ma réponse tomba du tac au tac :

- Des baleines !

- Il faudrait un aquarium plus grand ! Fit-elle en riant alors qu'elle me désigna l'aquarium des méduses.

Elle but à nouveau sa bière avant de se laisser glisser du tabouret :

- Bon, elle est où la star ?

- Studio d'enregistrement !

- Oh chouette !

Elle partit dans le couloir et je la suivis dans l'espoir d'apercevoir Isabella dans l'entrebâillement de la porte. La psy ne s'arrêta pas devant la porte du studio mais se déplaça jusqu'à la salle de mixage. Trop curieux pour rester planté où j'étais, je la suivis pour la trouver face au miroir sans tain en train de fixer Isabella. Elle était avachie sur la canapé, sa tête levée vers le plafond malgré ses yeux clos, elle grattait les cordes de la guitare qu'elle avait posée sur ses genoux.

Il me sembla voir une larme couler du coin de son œil mais je n'en étais pas persuadé. Nous restâmes quelques instants à la fixer avant que le Docteur Cooper ne reprenne vie.

- Interdiction de brancher les micros !

- Bien évidemment ! De toute façon je ne sais même pas comment ça marche !

Nous rîmes et elle sortit de la salle de mixage pour toquer à la porte adjacente.

- Bella, c'est Jenna, tu peux m'ouvrir ?

Je vis Isabella sursauter avant de bondir sur ses pieds et d'entreprendre de déplacer la batterie qu'elle traîna sur une petite distance. Elle ouvrit ensuite la porte et laissa passer la psy. Je quittai la salle de mixage, leur laissant toute l'intimité dont elles avaient besoin.

Dans le salon, une fois de plus, je ne savais pas quoi faire et me lançais dans la préparation d'une salade césar. Je venais de placer les dés de poulet au frigo après cuisson quand mon téléphone m'annonça un message. Alice.

« Hey ! T'as vu, Isabella Swan a posté une vidéo d'elle lors d'une croisière au large de Seattle ! !

La prochaine fois que je viendrai, je voudrais faire la même ! Marcher sur les traces de la grande Swan ! »

Bien évidemment, elle ponctua son message de nombreux petits cœurs.

La croisière… voir Bella toute joyeuse en apercevant les mammifères, c'est impressionnant de voir comme les choses s'étaient dégradées. Peu de temps avant la scène que je lui avait faite, elle était dans mes bras, tellement naturellement qu'on aurait dit que c'était sa place. Et voilà qu'elle faisait tout pour m'éviter et avait besoin de faire venir sa psy…

Joyeux Noël…

« Non j'ai pas eu le temps de l'espionner sur les réseaux. ^^ Je t'arrangerai une croisière, pas de soucis ! Vous êtes bien rentrés ? »

« Yep, nickel ! Tout le monde t'embrasse ici. Question : la prochaine fois que je viendrai, moi aussi je pourraisme la péter dans une Aston Martin ? »

Je ris et répondis :

« Oui si tu te la paies ah ah ah »

« Sympa »

Je rempochai mon téléphone et terminai la salade après avoir pioché quelques morceaux de tomates.

- Monsieur Cullen, vous voulez bien vous joindre à nous ?

Oh oh !

Le Docteur Cooper venait d'ouvrir la porte du studio d'enregistrement. Je rejoignis alors les filles, aussi peu rassuré qu'un lycéen convoqué au bureau du proviseur. Isabella, tendue, était adossée au miroir en fixant ses pieds, la psy, quant à elle, était confortablement assise sur le canapé comme si elle était chez elle.

- Isabella est d'accord pour que l'on ait une conversation tous les trois, c'est vous va ?

- Heu et bien oui.

Pas très sûr de moi, je m'adossai au mur à côté de la porte, les mains croisées derrière moi. J'observais avec attention mes chaussettes.

- Bien, Monsieur Cullen, savez-vous que Bella a essayé de vous licencier ?

L'air s'échappa de mes poumons alors que je relevai brusquement ma tête pour fixer Isabella qui garda les yeux fixés au sol. La psy continua :

- Après relecture de votre contrat de travail avec son avocat, il semblerait que cela soit impossible. Alors à moins que vous ne souhaitiez démissionner selon les clauses du dit contrat, vous allez devoir apprendre à vous parler.

J'haussai piteusement la tête.

- Bien, alors qu'il veut commencer ? -Voyant qu'Isabella n'esquivait pas un mouvement, je me lançai.

- Je tiens sincèrement à m'excuser pour hier. J'ai eu peur pour vous. J'ai pas gérer et je me sens plus nul que jamais. Isabella, j'ai dit des choses que je ne pensais pas, je suis vraiment désolé.

Elle hocha brièvement la tête mais ne dit rien. Elle n'osait même pas me regarder.

-Très bien, c'est un bon début. Bella, quelque chose à dire ? -Elle hocha la tête négativement.- D'accord. Monsieur Cullen t' a fait pas mal de reproches hier, tu en aurais à lui faire ? Peut-être vider ton sac à ton tour.

Je me tendis, quasiment prêt à entendre les pires insultes. Isabella leva la tête pour fixer le plafond et soupira avant de répondre d'une voix cassée :

-Non j'ai rien à dire.

-Allons Bella, tu vas pas me dire qu'il est parfait quand même ! -Même la psy était surprise de sa réponse.

-Il n'est pas parfait, mais j'ai pas de reproches à lui faire. Il est consciencieux et voilà tout.

Le Docteur Cooper s'agita sur le canapé, consciente du fait qu'Isabella ne semblait pas vouloir coopérer.

-Si tu n'as rien à dire, tu as peut-être quelque chose à montrer. Lâcha la psy. Isabella sursauta comme si elle venait de recevoir une décharge électrique et fixa notre invitée comme si une seconde tête venait de lui pousser entre les omoplates. J'ignorais totalement ce qu'Isabella devait montrer mais visiblement, elles, elles savaient. Cooper haussa un sourcil avant qu'Isabella ne ferme les yeux dans un soupir.

Elle pivotant légèrement vers moi en attrapant le bas de son t-shirt pour le remonter jusqu'à la lisière de son soutien gorge. J'émis un glapissement très peu viril en voyant que ses côtes étaient barrées d'une longue ecchymose bleue, quasiment noire. Je la revis heurter la voiture, aucun doute que c'était moi qui lui avait fait ça.

Mes yeux me brûlèrent instantanément et je sentis aussitôt quelque chose chatouiller ma joue. Mais qu'avais-je fait ?

- Je suis tellement désolé… si vous voulez que je démissionne, je le comprendrais. Je peux d'ores et déjà lancer un recrutement pour trouver mon successeur.

Isabella ne dit rien mais lâcha son t-shirt.

- Bell's, est-ce que tu veux qu'il démissionne ?

Elle s'obstina à fixer le sol et je croyais qu'elle n'allait rien dire mais un petit « non » franchit ses lèvres.

- Bien, tu acceptes ses excuses ?

- Ouais. -la pointe de ses pieds dessinait de petites formes abstraites sur le béton ciré.

- Bien. Tu es sûre que tu n'as rien à lui dire de plus ? C'est le moment pourtant.

Cette fois, Isabella plongea ses yeux dans les miens. Ils étaient indéchiffrables mais les voir autant rougis à cause de moi m'était insupportable. J'avais juste envie de me taper la tête contre le mur derrière moi.

- Nan c'est bon. Sa voix n'était qu'un chuchotis tremblotant.

- Ok, ben je sers plus à rien alors mais, s'il vous plaît, parlez vous !

Le Docteur Cooper se leva du canapé et commençait à traverser la pièce quand elle s'arrêta pour fixer Isabella :

- Si je te dis « baleine », ça te fait penser à quoi ?

Un sourire naquit sur les lèvres de ma coloc, redonnant quasiment vie à son visage.

- À la croisière qu'on a faite hier.

- Et c'était bien ?

- C'était formidable ! Pourquoi ça ?

- Comme ça.

La psy se retourna vers la porte à côté de laquelle j'étais appuyé, tournant quasiment son dos à Isabella, et elle me fit un sourire entendu avant de quitter la pièce. La porte d'entrée se refermait déjà que nous n'avions pas encore bougé, Isabella fixant ses pieds et moi… la fixant elle.

Nous étions tous les deux mal à l'aise, ne sachant quoi dire. J'avais vraiment cru que le dialogue allait s'ouvrir avec la psy, mais non, Isabella avait préféré lui parler à elle et pas à moi. J'étais prêt à entendre tout ce qu'elle avait à me reprocher, j'étais prêt à tout pour me faire pardonner et tenter d'oublier cet énorme bleu sur ses côtes, mais je ne savais absolument pas quoi faire. J'avais été formé à éliminer froidement l'ennemi, pas à savoir quoi faire quand on blesse une femme.

Un bruit sourd nous fit soudainement sursauter. Son ventre venait de gargouiller bruyamment.

-J'ai… j'ai fait une salade. Fut tout ce que je trouvais à dire. Je me sentais tellement nul et impuissant…

Elle hocha silencieusement la tête et sortit de la pièce en passant devant moi. La seule idée que j'avais était de la stopper pour la serrer entre mes bras mais j'étais persuadé que ce n'était pas une bonne idée.

Je la suivis jusque dans la cuisine et la regardai diviser la salade dans deux assiettes. Elle posa la mienne sur le comptoir avec les couverts qui vont avec puis, assiette et fourchette en main, elle monta les escaliers pour aller manger dans sa chambre.

C'était pas gagné.

Alors ce Docteur Cooper ?