Hello !

Guest : Promis, c'était pas une hallu ! ahaha

Lau : J'ai mieux qu'une salle de bain, promis ahah on est d'accord, on a toute envie de jouer l'infirmière pour Edward ! XD Quant à Mike... hiiiiii *-*

Momo6 : Voilà la rencontre avec Rosalie ! :D Han, comment ça Edward ne mérite pas toutes ces misères, bien sûr que si ahahah m'en fiche c'est moi la chef de ses malheurs ahahahah Promis, à un moment donné, je commençerai à être gentille avec lui XD

Bonne lecture à toutes et éventuellement : un très bon bal des pompiers *-* (c'est qui qui va aller draguer les pompiers, hein, hein ? c'est mouaaaaa ! Autant vous dire que la prochaine fic n'avance pas du tout ahahahah )

Dedicace à Momo6, ça va te plaire ;)

Chapitre 24

Isabella continuait de courir avec Ryan, refusant de se contraindre au tapis de course. J'ignorais si c'était pour m'ennuyer ou si c'était parce qu'elle avait besoin de prendre l'air à tout prix et je ne voulais pas la réponse à mon interrogation, probablement parce que je connaissais déjà la réponse et que cela me contrariait.

L'ambiance entre nous ne s'était pas vraiment réchauffée, Isabella m'en voulait toujours, mais je savais ne pas avoir imaginé sa réaction lorsque j'étais sorti de la salle de bain quelques jours plus tôt. Je n'avais pas non plus imaginé ses regards lorsque nous nous étions croisés suite à ça, ni sa lèvre inférieure qu'elle mordait inconsciemment quand nous nous trouvions dans la même pièce.

Je n'étais pas tout à fait guéri : je n'avais plus de symptôme mais restais affaibli, à user les coussins du canapé.

Ce fut le bruit de la porte d'entrée qui se ferma brusquement qui me réveilla en sursaut d'une sieste. Isabella venait de pénétrer dans le salon avec la capuche de son sweat sur la tête et ses lunettes de soleil sur le nez. Le retour de la pétasse - racaille… Le terme de pétasse lui sied à merveille mais en la voyant ainsi j'optai plutôt pour un « bourgeoise – racaille », tout ce que je n'aimais pas.

- Ryan ne vous a pas accompagnée jusqu'ici ? Faut que je vois ça avec lui, on sait jamais si l'ascenseur tombe en panne…

- Ryan ? Pourquoi vous parlez de lui ? Questionna-t-elle alors qu'elle retirait sa capuche, libérant ses lourdes boucles sur ses épaules.

- Il était pas avec vous en bas ?

- Ah ? Non.

- Newton ? Emmett ?

- Non.

Elle hissa ses lunettes sur sa tête et partit vers la cuisine prendre une pomme avant de venir s'asseoir sur le second canapé et s'emparer de son ordinateur posé sur la table basse, inconsciente de la colère qui grondait en moi.

- D'accord, alors qui était avec vous ?

- Les amis dans ma tête ! Fit-elle innocemment avant de me faire un sourire hypocrite.

- Ne me dites pas que vous étiez dehors sans personne pour vous protéger !

- Si vous voulez pas que je vous le dise, alors je ne dirais rien, promis.

Rageur, je claquai bruyamment l'écran de son portable sur le clavier, manquant de peu de blesser ses doigts.

- Si vous voulez pas que je m'énerve contre vous, arrêtez d'agir n'importe comment !

- J'ai aucun compte à vous rendre, à ce que je sache, claqua-t-elle froidement en repoussant ma main de son ordinateur. J'y peux rien moi si j'avais un truc à poster et que vous étiez trop mal pour m'accompagner dehors.

- Mais vous vous rendez compte que ça pourrait être dangereux de sortir seule ?

- Et vous, vous vous rendez compte que de nous deux, l'employé c'est vous et que, de fait, vous n'avez pas d'ordre à me donner ?

Séché, je ne trouvai rien à répondre à cela et allumai la télé avant de monter le son suffisamment pour être certain de la déranger. Je croisai mes bras sur mon torse et me mis à bouder puérilement.

- Je devrais peut-être démissionner. -C'était sorti sans que je ne prenne le temps de réfléchir à ce que j'allais dire et le regrettai aussitôt.

- Peut-être, oui.

Ma respiration se bloqua instantanément dans l'attente d'un rire ou d'une autre fin de phrase, mais rien ne vint. Elle voulait réellement que je démissionne… Je pris sur moi pour rester impassible et ne pas lui montrer à quel point elle venait de me faire mal. Je la fixai, cherchant quelque chose qui démontrerait qu'elle ne pensait pas ce qu'elle venait de dire, mais elle me regardait tout aussi froidement. Rien de ce qui émanait d'elle ne contredisait ce qu'elle venait de dire.

- On devrait peut-être parler, non ?

- Pour dire quoi ? Personnellement, Cullen, je trouve que vous parlez déjà suffisamment. A chaque fois c'est pour dire une énormité.

- On peut reparler de la patinoire alors.

- J'ai rien à dire sur la patinoire. Vous êtes un abruti fini, mais vous le savez déjà ça. Vous savez déjà à quel point vous m'avez blessée, alors pourquoi en reparler ?

- Parce que la tension est invivable ? Vous voulez vraiment que je parte ?

Elle ouvrit la bouche pour me répondre et nous fûmes coupés par la sonnerie de l'ascenseur. L'écran de la télé se brouilla quelques secondes avant d'afficher la femme que je reconnus comme étant Rosalie, la femme d'Emmett.

Isabella se leva sans un mot pour se diriger vers la cuisine où elle s'affaira pendant que j'autorisais la montée de l'ascenseur avant de patienter derrière la porte. Je l'ouvris au moment où l'élévateur arriva pour découvrir une Rosalie qui semblait avoir gobé tous les ballons gonflés à l'hélium du personnage de Là-haut. Elle ne pouvait même pas boutonner son manteau. Quant au fait que les femmes enceintes sont rayonnantes, et bien elle était la preuve que non. La jeune femme manquait visiblement de sommeil et d'énergie.

- Bonjour Rosalie.

- Salut Eddy. Elle est là, Bella ? -Depuis quand est-ce qu'elle m'appelait Eddy ? On ne s'était même jamais vu.

- Oui, oui, dans la cuisine.

Elle s'avança jusqu'à la cuisine avec une démarche de pingouin, basculant inconsciemment son corps de gauche à droite.

- Salut Bells. Fit-elle dans un souffle.

- Hey beauté, qu'est-ce qui t'arrive ?

Sans que l'on s'y attende, Rosalie fondit en larmes, secouée de sanglots. Isabella la prit aussitôt maladroitement entre ses bras, l'immense ventre n'aidant pas. Les mains de ma coloc frottaient son dos, cherchant à l'apaiser.

- Viens on va s'asseoir. Elle attrapa la tasse fumante qu'elle avait préparée pendant la montée de l'ascenseur.

Elles prirent place sur un canapé et, en comprenant que la tasse était pour Rosalie, je préparai deux cafés pour en déposer un sur la table basse devant Isabella en lui faisant un sourire sincère. Bon sang, je voulais pas démissionner…

Je pris ma place habituelle, et compris qu'Isabella avait fait un chocolat chaud à sa belle sœur. Je ne pus m'empêcher de sourire en repensant à ce qu'Emmett nous avait dit : elle demandait un thé et râlait parce que c'était pas un chocolat chaud. Elle semblait bien moins tyrannique avec ses joues striées de larmes.

- Alors ma belle, qu'est-ce qui t'arrive ?

- Oh j'en peux plus. Je dors plus : les ptites ne font que bouger la nuit et se servent de ma vessie comme d'un ballon de foot. Em' ne comprend pas par où j'en passe et je le supporte quasiment plus. et… -Sa voix était hachée par les sanglots. Elle renifla bruyamment sans aucune classe- même les petites je ne les supporte plus. Jveux pas qu'elles naissent. Elles vont être horribles et moi encore plus. Je serais la pire des mères !

- Oh, Rose ! C'est normal de stresser vis-à-vis de l'arrivée des filles, ça chamboule tout, mais tu ne seras pas seule tu sais. Emmett est ce qu'il est mais tu sais qu'il fera un bon père. Et puis si jamais vous avez besoin de souffler, tu sais que tu peux me déposer les ptites, Edward et moi on s'en occuperait dans la nuit et vous, vous pourrez tenter de vous reposer. Et puis tu ne seras jamais pire que ma propre mère, tu sais.

La dernière phrase eut au moins le mérite de faire rire Rosalie. Moi, tout ce que je retenais, c'est qu'Isabella comptait toujours sur ma présence d'ici la naissance des filles, quasiment deux mois plus tard.

- Mais tu as ta carrière à gérer, tu as autre chose à faire que t'occuper d'enfants…

- Tu sais très bien que ma famille passe avant ma carrière.

- Alors appelle tes parents ! Répliqua-t-elle avec un léger sourire par-dessus son chocolat.

- Traîtresse !

C'eut le mérite de faire rire Rosalie aux éclats et stopper ses larmes.

-Tu sais ce qu'on va faire ? -La blonde hocha négativement la tête- Je te traîne au spa ! A nous le jacuzzi et les massages !

- Hum ! Et le hammam !

- Heu, enceinte c'est pas possible…

De nouvelles larmes naissaient dans les yeux de Rosalie, ce qui paniqua Isabella.

- Hey ! Mais le jacuzzi et les massages c'est déjà bien, non ?

Sans prononcer un mot, sa belle sœur hocha la tête.

- Bien ! Cullen, comment on fait, vous vous joignez à nous ou j'appelle Ryan ?

- C'est qui Ryan ? Fit Rosalie dont le regard passait d'Isabella à moi de manière suspicieuse.

- Un collègue d'Edward.

- Non, non, je me joins à vous.

C'est fou la capacité qu'elle avait à me faire sortir de mes gongs avec une seule phrase… comme si j'allais la laisser sortir sans moi alors que c'était ce que je venais de lui reprocher…

- Bien, alors allons préparer nos maillots de bain !

Voilà une bonne façon d'être à nouveau torse nu face à elle...

Ce que je n'avais pas pris en compte était le fait qu'elle soit aussi désirable dans un maillot de bain…

D'un simple appel, elle avait réussi à faire privatiser un spa pour nous trois, preuve -s'il m'en fallait encore !- que son nom pouvait ouvrir toutes les portes. Quant à moi, j'avais fait signer des contrats de confidentialité à tous les employés. Il faut bien avouer que la menace d'un procès en cas d'informations transmises aux médias était dissuasive.

J'étais sorti des vestiaires avant les filles, elles devaient avoir bien des potins à partager entre elles, d'autant plus si Isabella racontait à quel point je pouvais être un employé minable. Au final, elles sortirent en gloussant et, une fois de plus, mon cœur se gonfla en la voyant si joyeuse.

Les deux jeunes femmes portaient un bikini, Rosalie ne devait sûrement plus rentrer dans un maillot une pièce. Elle avait dû être magnifique avant d'être déformée par ses fœtus. Elle avait réussi jusque là à éviter les vergetures sur son ventre mais la fatigue marquait tellement son visage que sa beauté avait fané depuis plusieurs mois. Elle était loin de la ravissante femme dont la photo se trouvait dans le trombinoscope qu'Emmett m'avait fourni lors de mon embauche.

Elles avaient toutes les deux relevé leurs cheveux dans un chignon lâche.

Isabella, quant à elle, était une véritable beauté. Sa peau pâle contrastait merveilleusement bien avec son maillot de bain bleu marine, révélant un épiderme diaphane. La fine cicatrice, vestige de son agression et cause probable de son repli au sein de l'appartement, barrait son ventre d'une ligne nette et rosée. Son hématome s'était entièrement résorbé. Elle semblait si douce que je fus forcé de serrer mes poings pour m'empêcher de la caresser. Ses heures de sport avaient admirablement bien sculpté son corps, offrant à mes yeux de jolies courbes fermes et superbement proportionnées.

Nos regards se croisèrent rapidement et je n'eus pas d'autres choix que détourner mon regard tellement j'étais troublé. Moi qui voulais profiter de la situation pour faire naître à nouveau le sentiment de gêne que j'avais observé chez elle quand elle m'avait vu quasiment nu, je me retrouvais en bien plus mauvaise posture, d'autant que mon short de bain pourrait très vite se montrer un peu trop révélateur en cas de soucis.

Je portai alors mon attention sur l'intérieur du spa. J'avais l'impression de m'être téléporté au Maroc : les murs, le sol et le plafond étaient recouverts de mosaïques aux couleurs chaudes (ocre, jaune et quelques touches de rouge), sans fenêtres sur l'extérieur, l'ambiance était rendue intimiste par des petites lumières tamisées placées le long des murs. Un bassin à l'eau bleu turquoise était placé au centre de la pièce et les buses qui se trouvaient de chaque côté signifiait clairement qu'il s'agissait du fameux jacuzzi. Deux portes étaient situées sur le côté droit de la pièce, les mots sauna et hammam étaient inscrits dessus, une troisième était sur notre gauche et je supposai que c'était là que se déroulaient les massages. Je fis rapidement le tour des autres pièces, m'assurant que personne extérieur au staff n'y soit présent.

Un délicat parfum de fleur d'oranger régnait à l'intérieur. Léger et subtil, il n'agressait pas les narines mais participait grandement à cette impression d'être à l'autre bout du monde.

Les filles, visiblement habituées des lieux, se dirigèrent directement vers le bassin creusé au centre et je les devançai rapidement pour entrer dans l'eau en descendant les quelques marches pour les aider à ne pas glisser. Rosalie me tendit sa main d'un geste altier, pareil à celui d'une princesse, et m'adressa un immense sourire en remerciement. Je la guidai galamment dans le jacuzzi jusqu'à ce qu'elle s'asseye confortablement. Aussitôt qu'elle fut installée, l'eau se mit à tourbillonner, sortant puissamment des buses.

Une fois Rosalie en place, je me retournai pour porter mon attention sur Isabella qui patientait en haut des quelques marches. Ses joues avaient pris une légère teinte rose et sa lèvre inférieure se faisait maltraiter par ses dents. Voilà la réaction que j'attendais, la même qu'à la sortie de mon bain.

Je lui tendis la main, comme je l'avais fait à l'instant avec sa belle sœur, et lui adressai mon plus beau sourire. Elle se saisit de l'aide que je lui offrais et je ne pus réprimer le frisson qui me parcourut au moment où nos peaux entrèrent en contact. Isabella était aussi douce que ce que j'avais imaginé. Elle me fit un sourire franc et sincère, le premier depuis trop longtemps.

Elle descendit lentement les marches, s'assurant malgré tout de ne pas glisser. Elle était aussi élégante que sur un tapis rouge et la proximité de nos deux corps me perturba grandement.

- Merci.

J'aurais pu lui répondre que tout le plaisir était pour moi, mais j'avais bien conscience que c'était déplacé. Peut-être que finalement j'avais un filtre et ne verbalisais pas toutes les âneries que j'avais en tête.

Je l'accompagnai jusqu'à ce qu'elle prenne place sur le banc immergé dans un soupir de bien-être. Aussitôt installée, elle fit rouler sa tête sur ses épaules et grogna :

- Nom de dieu qu'est-ce que ça fait du bien !

Reste calme, Edward, ne dit rien et respire un bon coup.

N'empêche que voir Isabella dans un jacuzzi était plutôt plaisant et… excitant. Heureusement pour moi que Rosalie était là pour réfréner d'hypothétiques ardeurs. En même temps, cela aurait pu être sympathique si elle n'avait pas été là. Peut-être devrais-je proposer à Isabella d'investir dans un jacuzzi dans l'appartement… Je tentai aussitôt de stopper là mon imagination avant qu'elle ne parte trop loin, vers Isabella et moi, seuls et immergés dans un bain à remous.

Je pris place à mon tour, impressionné par l'efficacité des jets stratégiquement placés le long de ma colonne vertébrale et mes mollets.

- Alors Eddy, toujours célibataire ? J'haussai un sourcil, surpris que le sujet soit abordé.

-Toujours ! Répondis-je en basculant la tête en arrière pour apprécier le plus possible l'effet relaxant des buses.

- C'est marrant parce que je trouve que vous iriez bien ensemble !

Je relevai aussitôt ma tête, les yeux écarquillés alors qu'Isabella éclata de rire :

- Pas sûre que Mike soit de ton avis.

- Oh mais on s'en fiche de lui ! Qu'est-ce que vous faites encore ensemble d'ailleurs ?

- Je vais même pas prendre la peine de répondre à ça ! S'exclama Isabella en fusillant sa belle sœur du regard.

- Oh allez, vous seriez trop mignons !

- On se supporterait pas plus d'une semaine ! Fis-je en rigolant. J'étais prêt à tout pour éviter d'être comparé à ce nul.

- C'est clair ! L'un de nous terminerait en taule pour crime passionnel !

J'éclatai de rire pour cacher mon trouble. L'entendre parler de passion entre elle et moi était particulièrement déroutant.

- Mais c'est justement la passion qui pimente un couple ! Pas ce truc ennuyeux au possible façon Newton.

- Laisse le en dehors de ça !

- Et toi, Eddy, tu en penses quoi de Mike ?

- Je crois que moi non plus je ne vais pas répondre à ça. Fis-je en riant avant d'incliner à nouveau la tête en arrière, les yeux clos malgré le sourire que je sentais barrer mon visage. J'étais plus que content d'entendre avoir une alliée à mes côtés en la personne de Rosalie.

- Allez Eddy, honnêtement, tu en penses quoi ?

- J'aime pas ce mec. Répliquai-je en grognant.

- Aaah, toi non plus tu supportes pas les sacs de shopping ?

Je me laissai glisser sur le banc jusqu'à immerger mon visage sous l'eau pour toute réponse. Ça pourrait être le moment de dire tout ce que j'avais sur le cœur au sujet de ce type, mais une fois de plus, je préférais me taire et faire, littéralement, l'autruche.

En ressortant ma tête de l'eau, je me rendis compte que Rosalie était hilare alors qu'Isabella avait pincé ses lèvres, l'air vexée ou contrariée.

- On est d'accord, il faut évincer Newton ! Fit la blonde en brandissant un poing victorieux hors de l'eau.

Evincer…

Refouler ou évincer.

- En fait, c'est vous deux qui iriez bien ensemble : vous êtes aussi horripilants l'un que l'autre ! Fit Isabella, furieuse, en se relevant pour quitter le bain à remous.

Je me levai aussitôt pour l'aider à sortir et l'aider à se déplacer sur le carrelage en mosaïque de sorte à éviter qu'elle ne glisse et se fasse mal mais elle me repoussa vivement, me faisant perdre l'équilibre pour retomber sur le banc sur lequel j'étais assis jusque là.

Isabella sortit rageusement du bassin et se dirigea vers la salle de massage. Une des employées du spa courut jusqu'à elle pour lui offrir ses services. De mon côté, je me pus m'empêcher de fixer du regard les gouttelettes qui longeaient ses courbes délicates.

- Eddy, Eddy, Eddy... Rosalie secoua sa tête de gauche à droite de dépit. Si elle te plaît, t'arrête pas à Newton et ses sacs vides. Ce mec est un nase qui profite d'elle. En même temps, je dis ça mais il n'y a aucun doute sur le fait qu'elle te plaise, hein. Tu te verras en train de la mater…

- Elle et moi c'est pas possible, alors la question ne se pose même pas. J'essayais de faire en sorte que ma voix ne tremble pas trop, mais j'échouai.

- Pourquoi ? A cause du crime passionnel ? -Elle rit- Tu passeras à la maison le temps d'oublier que tu veux la tuer et tu rentreras te réconcilier sur l'oreiller.

J'haussai un sourcil, trop tenté à l'idée de régler nos tensions sur l'oreiller. Ceci étant, le problème ne résidait pas là.

- C'est pas ça…

- Ok alors explique moi.

- Je bosse pour elle, alors ça peut tout simplement pas arriver.

- Ben démissionne !

Je la regardai, stupéfait. Elle rit et amorça un mouvement pour se lever :

- Je sais pas toi, mais moi j'aimerais bien me faire masser maintenant !

Je me relevai rapidement pour la soutenir afin de l'aider à se lever et passais un bras derrière son dos et laissais l'autre main sur son bras pour la stabiliser. Nous sortîmes du jacuzzi pour rejoindre la salle de massage. Je fus surpris de trouver sous mes pieds un revêtement antidérapant, c'était fort pratique et je déculpabilisai aussitôt de ne pas avoir accompagné Isabella jusqu'à l'autre pièce : elle n'avait rien risqué.

L'ambiance dans la salle de massage était tout aussi intimiste et la lumière aussi tamisée. Le parfum de fleur d'oranger avait succédé à celle de rose grâce à des pétales délicatement répartis sur la table de massage libre ainsi que sur un fauteuil à l'air particulièrement confortable placé derrière les deux matelas installés parallèlement. Un récipient recouvert de la même mosaïque que le reste du lieu, semblable à une vasque, était placé à côté de chaque installation dédiée aux massages et je compris rapidement qu'ils contenaient de l'huile de massage en grande quantité, des pétales de roses flottaient à leur surface.

Isabella était allongée sur la seconde table, sur le ventre, le haut de son bikini avait totalement disparu. L'employée qui avait couru derrière elle était en train de travailler les muscles dorsaux de la star, à grand renfort d'huile végétale. La peau d'Isabella était luisante et d'autant plus attrayante qu'au moment où mes yeux s'étaient posés sur elle lorsqu'elle était sortie des vestiaires.

Je déglutis bruyamment en la voyant ainsi. Elle nous ignorait royalement quand deux nouvelles employées entrèrent dans la pièce pour nous masser. Rosalie s'installa directement sur le fauteuil, à la réflexion, il était évident qu'il avait été installé pour elle parce que vu son ventre, elle n'aurait jamais pu s'allonger sur le ventre… à moins de faire la toupie par la suite.

Je commençai à rire de ma bêtise quand mon attention se porta sur les deux nouvelles arrivées. La première était grande, élancée et avait attaché ses cheveux blonds dans un chignon haut, la seconde, quarantenaire, était l'exact opposé de sa collègue, elle alla s'occuper de Rosalie. La première me fit signe de m'allonger sur le matelas et j'obtempérai rapidement, calant mon visage dans le trou prévu à cet effet alors que la masseuse couvrait mon maillot de bain de ce que je devinais comme était une serviette.

L'employée qui m'était attribuée fit rapidement couler de huile chaude sur mon dos, déclenchant des frissons chez moi. Je sentis ses doigts commencer leur travail le long de ma colonne vertébrale et mes yeux se révulsèrent tellement c'était agréable. La masseuse travailla un certain temps le long de mes épines dorsales et au moment où elle posa ses mains sur mes épaules, Isabella laissa s'échapper un profond gémissement. J'aurais aimé relever la tête pour savoir et garder en mémoire -au cas où, on sait jamais ! – ce qui pouvait provoquer une telle réaction mais ma position m'empêchait de faire le moindre mouvement.

Comment une femme aussi menue que celle qui était en train de me masser pouvait avoir des doigts aussi puissants que les siens ? Ils faisaient des merveilles sur ma nuque et mes épaules. Définitivement, c'est pas en surveillant mon parking qu'un truc comme celui-là me serait arrivé.

Ceci étant, la sensation fut bien moins agréable lorsque les doigts de la masseuse retournèrent travailler mon dos, en prenant de la distance avec ma colonne vertébrale et appuyèrent fermement sur la cicatrice à côté de mon rein, déclenchant un sifflement de ma part. Elle passa dessus une fois, deux fois. A la troisième reprise, je me relevai en sursaut :

-C'est bon pour moi, merci ! Mon ton était bien plus ferme que ce à quoi je m'étais attendu et sembla claquer comme un fouet dans le silence de la pièce qui n'était rompu jusque là que par nos gémissements.

J'étais choqué de me rendre compte que je pouvais avoir encore mal à ce point, au bout de… quasiment un an. Une rapide recherche dans mes souvenirs m'indiqua que j'étais bien plus proche des un an de mes blessures que ce que je pensais…

Isabella releva sa tête et ses épaules de sa table de massage, oubliant momentanément qu'elle avait retiré le haut de son maillot, ceci étant elle ne se releva pas assez pour laisser voir quelque chose et, pour ma part, je n'étais pas disposé à chercher à entrapercevoir quoi que ce soit : la masseuse m'avait fait mal, nom d'un chien. Ma vue était brouillée et ma tête tournait.

- Edward, ça va ? Le visage somnolant d'Isabella était marqué par l'inquiétude.

- Ouais, grognais-je, guère plus avenant.

- Elle vous a fait mal ? Ça va ? Vous voulez qu'on fasse un check up à l'hôpital ou je sais pas quoi ?

Elle était vraiment inquiète pour moi. Aussi froide et invivable qu'elle pouvait être, elle s'inquiétait réellement pour moi... Je lui fis un sourire, bien qu'un peu forcé :

- Ca va aller.

Elle chassa du revers de la main sa masseuse avant d'utiliser la serviette qui reposait sur ses hanches pour cacher sa poitrine avant de se relever.

-Rose, on te laisse profiter, on retourne au jacuzzi nous.

Isabella me tourna le dos pour enfiler la seconde pièce de son maillot de bain, me laissant admirer son dos qui luisait d'huile, heureusement que le vestige de la douleur faisait alors palpiter mon sang au niveau de mes tempes sinon j'aurais pu fantasmer sur cette vision : les deux fossettes qui barraient le bas de son dos me faisaient rêver depuis des mois.

Elle me refit face et nous quittâmes la pièce pour retourner dans le bain à remous, laissant Rosalie qui était alors totalement déconnectée du monde extérieur. A peine la porte était-elle fermée dernière nous qu'Isabella posa sa main sur mon bras :

- Vous êtes sûr que ça va ?

Touchante.

- Oui c'est bon, merci. C'est passé.

- Je pensais que vous n'aviez plus mal…

J'haussai un sourcil : la seule fois que nous avions parlé de mes blessures était le soir après l'anniversaire de Daddy Yankee, la fameuse fois où nous avions failli déraper, la situation dont nous ne devions plus parler. Le souvenir de ses doigts délicats sur ma peau m'électrisa.

- Disons que vos doigts sur mes cicatrices étaient bien plus doux que les siens. Expliquais-je avec un sourire en coin en désignant du menton la pièce que nous venions de quitter.

J'aidais Isabella à descendre les marches du jacuzzi et une fois qu'elle fut installée, elle continua :

- Je suis désolée, elles sont censées être compétentes pourtant. Je vais leur pourrir la vie !

- Vous allez faire quoi, mettre leur paracétamol dans le siphon de leur évier ?

Je pris place sur le banc immergé, non loin d'elle.

Isabella fut prise d'un fou rire jusqu'à en avoir les larmes aux yeux. Elle n'avait jamais été aussi belle qu'à cet instant. Elle eut du mal à reprendre son souffle pour m'expliquer :

- J'ai jamais jeté les comprimés dans l'évier, je voulais juste vous embêter et visiblement ça a marché ! Son rire redoubla alors qu'elle laissa sa tête tomber en arrière.

Vexé de m'être fait avoir, je l'éclaboussai, déclenchant une bataille d'eau.

Rapidement à bout de souffle, Isabella stoppa sa revanche, nous avions inondé le pourtour du bassin.

- J'ai pas changé d'avis sur vous, Cullen, vous êtes toujours un abruti. -Cela étant, elle affichait un grand sourire.

- Je sais. Je lui retournai son sourire.

Nous avions déposé Rosalie chez elle. Elle était prête à affronter Emmett et mettre les choses au clair entre eux. La route avait été tranquille et la circulation fluide. Je garais la voiture dans le parking sous terrain et en rejoignant l'ascenseur, mon regard fut attiré par la Chevrolet à plateau d'un autre âge.

- Ca fait des mois que ça m'intrigue…

- De quoi ?

- L'antiquité là-bas, fis-je en pointant l'épave du menton.

- Hey ! Critiquez pas mon bébé !

- Ça, votre bébé ! Ben dites donc, je voudrais pas voir la tête du père, hein !

Isabella frappa mon bras du revers de sa main.

- Sérieusement, c'est quoi son histoire ? Demandais-je alors que nous nous engouffrions dans la cage d'ascenseur. Isabella passa son badge sur le boîtier de commande et l'élévateur se mit en branle.

- Son histoire c'est la mienne. Elle avait pointé son regard sur ses chaussures, un voile de tristesse passa sur son visage. Il fallait que je creuse pour comprendre. La comprendre.

- C'est-à-dire ?

- C'est ma première voiture. -Elle me regarda avec un faible sourire.- Celle que j'avais quand j'étais encore chez mes parents. Avant que je ne me lance dans la musique pour de vrai.

Je savais que la situation était tendue avec ses parents, alors je ne comprenais pas vraiment pourquoi est-ce qu'elle était aussi nostalgique, à moins que…

- Vous regrettez ? -Elle plongea ses yeux dans les miens et la fatigue que j'y vis me surprit.- Votre carrière ne vous plaît pas ?

- J'ai pas de regret, enfin je crois pas, mais oui j'aimerais bien changer deux trois choses dans ma vie.

- Comme quoi ?

- Bof, je sais pas encore, j'y réfléchis encore.

L'ascenseur arriva au quarante neuvième étage et la conversation était close.

Merci à Gwen Who pour le "Bourgeoise Racaille" ahah je sais pas si tu t'en souviens, mais c'était ton idée ;)

Alors... un avis sur ce chapitre ? Il y a eu quelques infos, non ? ^^

Dans mon immense gentillesse, j'ai un petit extrait du prochain chapitre ^^

"- Cullen, vous avez mon feu vert : ouvrez le feu.

J'inspire profondément avant de bloquer ma respiration et tire une première fois. Le canon de mon fusil étouffe le bruit de la détonation. Le second homme à découvert n'a pas le temps de comprendre ce qui se passe que lui aussi prend une balle en pleine tête.

Tirer dans la tête est bien plus efficace que viser le cœur. Et c'est plus joli à regarder.

Le top départ est lancé, on s'extirpe tous de notre filet de camouflage et on court tous comme un seul homme jusqu'à la maison... "

XOXO