Salut les fiiiilles !

Comment ca va ?

Momo 6 : Tant mieux si Bella marque des points ! XD Ce chapitre t'est expressément dédié *-*

Lau : ahahah la réconciliation sur l'oreiller ! j'adoooore ! je l'avais pas vu comme ça XD Que Mike s'en foute ? Mais bien sûr que non ! lol sinon Bella n'aurait pas payé Edward pour qu'il garde le silence après le -petit- rapprochement après l'anniversaire de Daddy Yankee :-P

Chapitre 26

Je frottai mes yeux, sans conviction, pour tenter de m'éclaircir les idées. La matinée avait été particulièrement compliquée, le réveil surtout.

Trouver Isabella dans mon lit, sa peau contre ma joue, son visage serein et endormi alors qu'elle était tout contre moi, avait été troublant. Nous étions, alors, dans la même position que celle dans laquelle nous nous étions endormis, mon nez contre son cou.

J'avais cru avoir rêvé son arrivée dans ma chambre, mais non, elle était venue et m'avait réconforté quand j'en avais eu besoin. Ces gestes et paroles qu'elle avait eu pour moi avaient été réels et c'était d'autant plus perturbant au réveil que pendant la nuit.

Mon réveil n'avait alors pas encore sonné et j'en avais profité pour m'enivrer de son parfum, mes lèvres trop conscientes de n'être qu'à quelques millimètres de sa peau.

Isabella avait fini par se réveiller avant l'heure et j'étais resté immobile, peu certain de la marche à suivre. Elle était restée quelques temps tout aussi statufiée que moi avant de retirer sa main posée sur mon épaule puis, avec une douceur infinie, elle avait fait glisser son bras qui était sous ma nuque jusqu'à le libérer.

Elle s'était libérée et avait quitté la chambre sur la pointe des pieds. Je ne savais pas vraiment à quoi je m'étais attendu mais ça aurait pu être pire. Ou mieux.

Nous nous étions salués dans la cuisine où nous nous étions retrouvés pour un café et aucune allusion n'avait été faite sur ce qu'il s'était passé dans la nuit. Pour autant, aucun de nous n'était tendu ni gêné.

Nous avions couru et j'avais été meilleur qu'elle. J'avais fait beaucoup de progrès point en vue endurance et course à pieds, Isabella avait toujours été là pour me soutenir et m'encourager alors que d'autres personnalités en auraient profité pour me faire sentir inférieur à eux mais Isabella ne l'avait jamais fait : elle avait bien trop de respect vis-à-vis de mes blessures et leurs causes.

C'est peu en temps après notre running que j'étais sorti prendre un café au Starbucks, à quelques rues de chez nous. C'était la première fois depuis le début de mon contrat que je sortais ainsi dans Seattle sans elle et ça me perturbait, mais c'était nécessaire. Isabella m'avait donné son accord et m'avait promis de ne pas quitter l'appartement, me certifiant qu'elle avait trop de travail pour cela, mais je n'étais pas tout à fait serein pour autant.

Je ne lui avais pas expliqué la raison de mon absence, mais elle n'était pas stupide, elle devait bien se douter de quelque chose.

J'attendais aussi patiemment que possible mais mon rendez-vous avait déjà une demie heure de retard. C'était pas sérieux… comment peut-on se permettre de faire attendre lors d'un entretien comme celui-là ?

J'avais hésité entre Ryan et Tyler pour finalement arrêter mon choix sur Tyler : je n'avais pas vraiment apprécié le fait que Ryan ait laissé Isabella remonter à l'appartement sans lui, la fois où ils avaient couru ensemble parce que j'avais été malade, et s'il ne pouvait pas gérer une montée d'ascenseur, je n'osais imaginer tous les points sur lesquels il pourrait foirer…

Mon café était devenu froid et je quittai ma table pour retourner au comptoir afin d'en commander un second. Mon portable placé dans ma poche me démangeait : j'avais envie d'appeler Tyler et lui hurler dessus. Comment peut-on avoir autant de retard à un rendez-vous aussi important ?

J'avais conscience que s'il n'était pas encore présent, malgré les nombreux avantages que je lui proposais, ce devait être pour une excellente raison, peut-être était-il sur une mission de grande envergure, mais le résultat était le même : je patientais comme un lion en cage et Isabella était seule à l'appartement !

J'étais certain que le poste lui conviendrait et qu'Isabella accepterait ma démission pour l'employer à ma place, mais, pour cela, il fallait déjà qu'il vienne.

N'en pouvant plus et sentant la colère monter en moi, je m'emparai de mon téléphone, une fois mon nouveau café en main, et cherchai son numéro parmi mes contacts. Il décrocha à la seconde sonnerie, d'une voix ensommeillée.

Je révisai mon opinion sur lui : il n'était pas là parce qu'il était en train de dormir !

Bonjour le professionnalisme !

- Tyler, t'es où bon sang ? Crachai-je rageusement.

- Hum ? Chez moi, pourquoi ? C'est qui ?

- Comment ça « C'est qui ? » ? Cullen ! Ça fait trois quarts d'heure que je t'attends !

- Sérieux mec ?

- T'as pas idée à quel point je suis sérieux ! J'ai juste envie de te dévisser la tête !

- Attends je comprends pas, tu m'attends pour l'entretien d'embauche là ?

- Tu crois quoi ? Que je t'attends pour un dîner aux chandelles ?

Heureusement pour lui qu'il n'était pas présent face à moi sinon sa tête aurait brutalement rencontré la table et ses dents seraient tombées ! J'aurais fait un collier avec !

- Mais mec, le rendez-vous a été annulé !

- Ah oui ? Et tu peux me dire comment j'aurais pu l'annuler sans m'en rappeler ?

- Et bien, heu, j'entendais monter la tension dans sa voix, Isabella l'a fait…

Je recrachai sans aucune élégance mon café :

- Jte demande pardon ! Hurlai-je dans mon portable, attirant sur moi tous les regards.

- Elle m'a appelé hier soir pour annuler l'entretien !

- Et comment est-ce qu'elle a su que nous avions rendez vous ?

- Ca, j'en sais rien.

- Ok. Bon écoute, je vois ce qui se passe et je te recontacte, ça te va ?

- Ouais, ouais, ok.

Je raccrochai avant de jeter mon gobelet à la poubelle : je n'avais pas fini mon café mais ne pouvais plus en prendre une seule gorgée : j'avais des choses à régler ! Elle m'avait quasiment poussé à la porte et maintenant elle m'empêchait de démissionner ? Qu'est-ce qui va pas chez elle ?

Beaucoup trop de choses ! Demande toi plutôt ce qui va chez elle, ça sera plus simple !

Je rejoignis rapidement notre immeuble, remontant les rues sans même les voir et trépignai d'impatience le temps de la montée de l'ascenseur. Mon contrat stipulait que j'étais en droit de démissionner quand je le souhaitais, à la condition de me trouver un remplaçant, Isabella n'avait donc pas le droit de m'empêcher de lancer une campagne de recrutement, au mieux, elle pouvait refuser un candidat, cela je le comprendrais, mais pas saboter mes entretiens ! À quoi jouait-elle alors ? Mettait-elle au point une nouvelle technique de torture ? C'était efficace !

Je déboulai dans l'appartement, sur les nerfs et passablement tendu.

- Isabella ?

Elle ne répondit rien mais une musique, dont le son était poussé au maximum, se faisait entendre depuis la salle de sport, les basses résonnaient dans mon corps en de sourds battements rapides. Je remontai le couloir jusqu'à la pièce où Isabella se crevait probablement les tympans.

Elle se trouvait là, ruisselante de transpiration, s'acharnant sur le vélo elliptique, effectuant les mouvements adéquats en rythme sur la musique qui pulsait avec vigueur. La queue de cheval qu'elle avait placé haut à l'arrière de son crâne battait la mesure et j'avais envie d'y glisser mes doigts pour tirer ses cheveux en arrière, pas forcément avec délicatesse.

Je tentais de faire abstraction du côté érotique de cette vision pour ne pas perdre de vue la colère qui bouillait en moi.

- Je peux savoir pourquoi vous avez fait ça ? Mon ton était peut-être un peu trop ferme, ma voix avait claqué trop sèchement, mais peu importe.

- J'avais de l'énergie à revendre, le footing ne m'a pas assez fatiguée. Elle haussa une épaule, l'air de rien.

Hein ?

Je lui parlais de Tyler et elle me parlait de sport… ? La lumière se fit dans mon esprit au bout de quelques trop longues secondes :

- Je ne vous demande pas pourquoi vous faites encore du sport ! Ma voix tonna tellement qu'elle recouvrit sans mal la musique. Je vous demande pourquoi vous avez annulé mon rendez-vous avec Tyler !

- Oh ça !

- Oui, ca !

Elle stoppa ses mouvements sur la machine et en descendit alors que je tentais de ne pas fixer les gouttelettes de sueur qui s'étaient formées sur ses tempes ainsi que celles qui coulaient déjà sur la peau de sa gorge pour glisser jusqu'à imprégner le tissu de sa brassière.

- Je veux pas de Tyler, c'est tout.

- Et pourquoi pas ? Il est sérieux, responsable, en bonne condition physique… Je comprends pas pourquoi vous ne voulez pas qu'il travaille pour vous.

- Tout simplement parce que je n'aime pas le changement.

- C'est dommage ça, parce que j'ai l'intention de démissionner moi, et mon contrat m'y autorise.

Elle se planta face à moi, le dos droit et un air particulièrement froid était figé sur son visage. Moi qui pensais que nous avions progressé tous les deux, nous voilà revenus en arrière…

- Et pourquoi vouloir démissionner ? Je pensais que l'histoire de la patinoire était derrière nous à présent.

- Rien à voir avec la patinoire.

- Alors quoi ?

Je voyais la colère monter en elle, mais je ne pouvais décemment pas lui dire la vérité. Je ne pouvais pas lui dire que je voulais partir parce que je l'aimais trop pour pouvoir assurer correctement sa sécurité. Non, je lui dirais après être parti, mais c'est tout.

Nous fûmes interrompus par la sonnerie de l'ascenseur, je soupirai sans chercher à cacher mon soulagement. Je quittai la salle de sport sans lui prêter un regard de plus ni lui accorder la réponse à sa question.

Je l'entendis fulminer mais n'y prêtais pas attention, trop heureux que quelqu'un vienne me porter secours. Un coup d'œil sur l'écran m'indiqua que je devais mon salut à Angela que nous n'avions pas revue depuis le réveillon du Nouvel An. J'activai la montée de l'ascenseur et lui ouvris la porte alors qu'Isabella n'était toujours pas sortie de la pièce.

J'offris un café à Angela et nous parlâmes un peu de son album qu'elle avait tué dans l'œuf. Elle m'apprit alors qu'Isabella avait des projets pour elle mais elle ne put m'en parler avec plus de détails. La grande question, que je gardai silencieuse, était de savoir si Angela ne me donnait pas plus d'information parce qu'elle-même n'en avait pas ou si c'était parce qu'Isabella lui avait fait signer un contrat de confidentialité.

Ma coloc finit par nous rejoindre dans le salon et, d'une voix ferme et peu aimable, demanda à Angela de la suivre. Elles s'enfermèrent dans cette pièce qui m'était interdite et y restèrent plusieurs heures d'affilées.

Histoire de marquer des points auprès du tyran, je me lançais dans l'aventure houleuse d'un wok asiatique : réussir à tout cuire de manière homogène, sans rien brûler, allait être épique. J'aurais pu opter pour un plat surgelé ou des pâtes, mais depuis l'épisode de la patinoire et les quatre vérités que j'avais jetées au visage de ma coloc, j'avais bien remarqué qu'elle avait changé son alimentation. Nous n'avions plus recontacté le livreur de pizzas, elle n'avait plus commandé en ligne de féculent ou de glace, que du bio et du extra-light. J'avais soigneusement évité de lui en parler, sachant que c'était un sujet sensible.

Je tuerais pour une glace aux noix de pécan ou un burrito mais, pour une fois, mon filtre verbal était activé et j'avais préféré me taire et suivre tacitement son revirement alimentaire.

Je finis par réussir à peu de chose près la cuisson de mon wok (sauf en ce qui concerne les poivrons, paix à leur âme ! ) et avais tenté de convier les filles au travers de la porte close mais un silence pesant m'avait répondu.

J'aurais dû m'y attendre…

J'avais donc mangé tout seul, perché sur mon tabouret, tentant de ne pas penser à ce qui pourrait arriver après que j'ai démissionné.

C'était une situation extrêmement risquée : tout quitter pour elle sans savoir ce qu'elle ressentait pour moi, c'était bien plus stressant que partir en mission pour la Patrie sans avoir une quelconque information sur la cible ni aucun soutien nul part. Isabella voudrait-elle de moi à ses côtés, malgré nos caractères sanguins ? Refuserait-elle mes sentiments, me laissant sans emploi ni logement et avec le cœur en miettes. Mais surtout, et le plus risqué : était-elle prête à rompre avec Mike pour moi ?

Allais-je devoir retourner à surveiller mon parking ? Irais-je vivre à Chicago, chez mes parents ?

Trop de choses se passaient dans ma tête. La seule que je savais était que continuer à travailler pour elle était insupportable dans ces conditions : je n'arrivais même plus à faire abstraction de mes sentiments. C'était devenu bien trop dangereux pour elle ! Même si nous avions tourné la page sur la patinoire, ce qui s'était passé à ce moment-là restait la meilleure preuve de mon incapacité à la protéger.

De refouler ou évincer, j'étais passé à fuis ou… fuis.

Je venais de finir mon assiette, après avoir placé le repas des filles dans le frigo, quand la sonnerie de l'ascenseur se fit à nouveau entendre.

Jacob Black… ça faisait longtemps, tiens….

Je le laissai montrer sans en avoir réellement envie et patientai le temps que l'élévateur arrive pour lui ouvrir la porte. Je n'avais pas eu de consigne comme quoi Black n'avait plus le droit de nous rejoindre, et c'était bien dommage !

Son arrivée fut particulièrement froide. Il n'avait pas revu Isabella depuis qu'elle lui avait cassé le nez et je ne voyais pas ce qu'il pouvait bien faire ici. Je devais faire une tête bizarre parce qu'il expliqua de lui-même :

- C'est Isabella qui m'a demandé de venir.

- Ah ? Fut tout ce que je trouvai à répondre.

Pas très loquace…

Nous étions toujours face à face dans l'entrée de l'appartement, comme pour lui montrer plus ou moins explicitement que je ne voulais pas de lui ici.

- Elle est où ?

Je lui désignais la fameuse pièce du menton en précisant qu'Angela Weber se trouvait avec elle. Jacob eut alors une expression faciale qui devait ressembler en tout point à celle que j'avais dû avoir en voyant sa tête sur l'écran de la télé.

- Ok alors on se revoit plus tard.

À son aise, il alla toquer à la porte en précisant son identité, comme s'il était certain d'avoir accès au mystère de la pièce secrète. Et il eut bel et bien l'autorisation d'entrer. Une fois de plus, je n'eus pas la possibilité de voir ce qu'il se trouvait à l'intérieur. Je rejoignis la cuisine en fulminant.

Pourquoi est-ce que moi je n'avais pas la possibilité de savoir ce que renfermait cette salle ? Pourquoi Jacob, lui, pouvait entrer ? Et surtout : qu'est-ce qu'il fichait là ? Pourquoi Isabella faisait-elle autant de mystère ? Elle n'avait qu'à me faire signer un nouveau contrat de confidentialité si besoin, après tout ! Mais non ! Au lieu de cela, elle avait des secrets et m'empêchait de travailler correctement. Comment pouvais-je la protéger efficacement des hormones de Black si j'avais interdiction d'entrer ?

J'abandonnai le projet de me faire un café et rebroussai chemin jusqu'à frapper violemment à la fameuse fichue porte.

- Quoi ? Claqua quasiment instantanément la voix d'Isabella à travers la porte.

- Je peux entrer ?

- Pour quoi faire ?

J'eus un blanc avant de trouver la réponse adéquate :

- Faire mon travail, répliquai-je innocemment, toujours en m'adressant à la porte.

- Allez surveiller l'ascenseur alors !

Le message était clair : ma présence n'était pas acceptée à l'intérieur ! Frustré, j'actionnai tout de même vigoureusement la poignée de la porte. Je savais que ça serait inutile et puéril, mais je n'étais plus à ça près. J'étais bien loin du valeureux soldat blessé sur le terrain si une simple femme avait la capacité de me faire perdre mon sang froid !

Mais voilà, il n'y avait rien de simple chez Isabella... Et notre relation, aussi professionnelle soit-elle, ne l'était pas non plus : dès que les choses s'apaisaient entre nous, un ridicule grain de sable venait enrayer la machine et tout tournait au vinaigre…

Je savais que les American Music Awards auraient bientôt lieu ( principalement parce que cela tombait le jour de mon anniversaire ) et je pouvais comprendre que c'était le genre de reconnaissance qui stressait Isabella, mais tout de même !

Les terroristes, les stratégies d'attaque et le maniement des armes à feu étaient des choses que je maîtrisais, j'avais même été un modèle pour les plus jeunes ! Mais mettez moi devant une jeune femme, cette jeune femme, et je n'étais plus bon à rien

Il faudrait peut-être que je lui propose de détourner un avion, là aussi moins je saurais quoi faire avec elle !

Sauf que la perspective de devoir la plaquer au sol pour la neutraliser ne me laissait pas indifférent.

Bon sang mais qu'est-ce qui va pas chez moi ?

Je me plaçais face à la baie vitrée, fixant la ville qui s'étendait sous mes pieds, et ruminais, les mains profondément enfoncées dans les poches arrières d'un Jean qu'Isabella avait dû payer une fortune auprès de Clara.

Je fus soudainement coupé dans mes réflexions par la voix tendue d'Angela :

-Bella, est-ce qu'on peut faire quelque chose pour toi ?

Intrigué par le ton de sa question, je me retournai pour faire face à une Isabella incroyablement pâle, dans l'entrée du salon. Elle triturait nerveusement son téléphone portable. Angela et Jacob se trouvaient derrière elle, à cran tous les deux.

-Isabella, qu'est-ce qui se passe ? Me voilà aussi tendu qu'eux, sans même savoir pourquoi.

-Amène moi à l'hôpital.

Instantanément, de tendu je devins paniqué.

- Qu'est-ce qui se passe ? Tu es blessée ? Ça va pas ? Réponds moi !

Elle restait stoïque et ne me décrochait pas un mot, attisant mon angoisse. Je me rapprochai en quelques pas pour la serrer instinctivement dans mes bras. Les barrières que nous nous étions efforcés de mettre en place s'étaient effondrées : le vouvoiement, la distance physique..., l'inquiétude avait tout balayé.

Ma première pensée fut de foudroyer Jacob du regard mais il me présenta aussitôt les paumes de ses mains en signe d'innocence.

La blessure à l'abdomen d'Isabella s'était-elle réouverte ? Était-ce possible, des mois après les faits ? Mes mains tâtonnaient fébrilement son corps à la recherche d'une explication.

- Edward, s'il te plaît…

Sa supplique m'arrêta et je guidai Isabella jusqu'au placard pour l'aider à prendre des chaussures et une veste à capuche pour tenter d'être un maximum incognito. Une fois qu'elle fut prête, je glissai rapidement mes pieds dans mes chaussures, pris un manteau et une pochette de contrats de confidentialité, trop content d'avoir estimé qu'il pourrait être pratique d'en avoir un certain nombre à l'avance.

Nous entrâmes tous les quatre dans l'ascenseur. J'aurais dû mettre Angela et Jacob à la porte pour ne pas les laisser seuls dans l'appartement alors j'étais bien content de constater qu'ils avaient décidé de partir d'eux-mêmes.

La cage de l'ascenseur était effroyablement silencieuse alors que des larmes glissaient sur les joues d'Isabella, fendant mon cœur. Je passai instinctivement mon bras autour de ses épaules et elle se cala contre mon torse, sa tête contre mon épaule.

D'un haussement de sourcil envers Angela, je tentai d'avoir de plus amples informations mais elle mima une clé qui verrouillait ses lèvres : ils étaient donc sous le secret… qu'est-ce qu'Isabella faisait donc pour que même moi je n'ai pas d'information ? Elle devait pourtant savoir que les missions top secrètes étaient quelque chose que je pouvais gérer…

Ceci étant, j'étais trop préoccupé par Isabella qui tremblait entre mes bras pour pouvoir lui en vouloir. Mon regard fut attiré par Angela qui avait placé ses mains sur son ventre et dessinait de légers cercles par-dessus ses vêtements, comme… une femme enceinte. Mon esprit fit aussitôt tilt et je prononçai silencieusement le nom « Rosalie ». Angela hocha positivement la tête alors que des larmes brouillaient sa vue.

Sans plus de détails, je resserrai mes bras autour des épaules d'Isabella, redoutant le pire. L'ascenseur s'immobilisa au rez-de-chaussée en un ding qui nous fit sursauter tous les quatre.

- Tu nous tiens au courant ? Fit Angela en posant maladroitement sa main sur l'épaule de son amie qui hocha la tête contre mon épaule. Je n'étais pas sûr qu'Angela l'ait vu mais elle semblait s'en accommoder. Elle sortit avec Jacob et, alors qu'ils traversaient le hall, je le vis passer son bras autour de la hanche de la jeune femme.

De toute évidence, j'avais loupé un truc entre ces deux-là, mais je préférais largement le voir tourner autour d'Angela plutôt que d'Isabella !

Les portes de l'élévateur se refermèrent pour nous permettre de rejoindre le parking souterrain.

- Vous voulez m'en parler ?

- Césarienne en urgence. J'en sais pas plus.

J'aurais voulu lui dire que tout allait bien se passer, qu'elle n'avait pas de soucis à se faire, mais je ne pouvais pas promettre ce genre de chose. Sa voix blanche et tremblotante me fit du mal et une fois de plus, je me sentis inutile. Arrivés au garage, nous montâmes dans l'Audi et je nous conduisis, rapidement mais prudemment, jusqu'à l'Hôpital pour Enfants, sur Sand Point Way.

Je tentai rapidement un calcul et estimai que les jumelles arrivaient avec deux mois d'avance. Emmett et Rosalie nous avaient dit que les filles allaient naître en avance, mais personne n'avait pensé que cela puisse se produire aussitôt… Je n'y connaissais rien en bébé, mais pas besoin d'être un expert pour savoir que ce n'était pas bon signe.

Je garai la voiture face à un immense bâtiment gris et terne. De nombreuses fenêtres ponctuaient la façade mais pas suffisamment pour pouvoir donner bonne impression. Autant je n'avais rien ressenti devant l'hôpital Virginia Mason, lors de notre réveillon de Noël, (peut-être parce que nous avions agit de nuit et que la magie des fêtes opérait déjà), autant là, sur le parking, je ne me sentais pas bien. Des réminiscences de ma propre convalescence me hantaient, me rappelant à quel point j'avais frôlé la mort. Cependant, je ne pris pas le temps de m'apitoyer sur moi-même : j'étais là pour Isabella et sa famille.

Isabella mit sa capuche sur sa tête et nous quittâmes la voiture.

Nos mains se trouvèrent, nos doigts s'enlacèrent, naturellement, sans qu'aucun de nous ne l'ait prémédité ou cherché, c'était juste la seule chose à faire, comme si cela pouvait atténuer la violence de la réalité.

Nous passâmes les portes automatiques pour arriver dans un immense hall haut de plafond et très lumineux malgré le ciel obscurci par d'épais nuages menaçant. Pour autant, il n'y avait rien de chaleur ici. J'aurais pensé que la moindre des choses, dans un hôpital pour enfants, serait des murs colorés et accueillants, mais non.

Isabella nous mena directement vers les ascenseurs, comme si elle était déjà venue en repérage. Elle fixait le sol, évitant de croiser les regards de gens éventuellement trop curieux. Je ralentis légèrement, me demandant si je devais faire signer des papiers à toutes les personnes présentes. Ma coloc se rendit compte que je marchais moins vite qu'elle -parce sa main était toujours dans la mienne- et se retourna en haussant un sourcil :

- Je devrais peut-être faire signer les papiers…

- On s'en fiche des papiers, me laisse pas seule.

Je n'aurais jamais cru que cela aurait été possible un jour : Isabella qui se moque de savoir qu'une information puisse filtrer sur elle (ou sa famille !). Nous nous engouffrâmes dans l'ascenseur pour atteindre le quatrième étage : la maternité.

Nous débouchâmes sur un large couloir aux murs d'une couleur orange vieillie. Il y avait peu de monde, c'était plutôt calme, mais ça n'aida pas à apaiser notre angoisse. Isabella fixait la pointe de ses chaussures, cherchant à éviter que l'attention ne se porte sur elle. J'hésitais à sortir mes contrats mais me rendis compte en voyant l'attitude d'Isabella que pour elle également c'était difficile de se trouver ici : non seulement elle risquait de perdre une partie de sa famille, mais elle devait être également aux prises avec ses propres souvenirs.

Nous nous dirigeâmes vers la borne d'accueil où se trouvait une infirmière qui travaillait sur un dossier et je pris la parole, laissant ma coloc admirer ses Vans :

-Bonjour Mademoiselle, fis-je avec mon plus beau sourire afin d'attirer son attention sur moi et non sur Isabella, nous sommes à la recherche d'Emmett McCarty, sa femme, Rosalie, est en train d'accoucher.

L'infirmière battit des paupières comme un animal surprit par les phares d'une voiture en pleine nuit.

-Heuuu, oui oui, vous trouverez Monsieur McCarty dans la salle d'attente : longez le couloir et elle sera sur votre gauche.

-Merci beaucoup ! Je lui souris une fois de plus et il me sembla que la diversion avait bien marché.

Dommage que je n'ai pas la même capacité vis-à-vis d'Isabella.

Nous suivîmes les instructions de la jeune femme jusqu'à trouver un cube vitré où Emmett, seul, faisait nerveusement les cent pas. Isabella entra précipitamment pour retrouver son frère et l'enlacer fermement. Elle sembla alors miniscule entre les bras du géant. Je les rejoignis en restant le plus discret possible, n'étant pas tout à fait certain d'avoir ma place parmi eux.

Isabella guida son frère jusqu'aux chaises, placées le long du mur du fond, et le fit s'asseoir.

- Alors, qu'est-ce qu'il s'est passé ?

- Je sais pas, j'ai pas tout compris. Ils ont parlé de pré-éclampsie et de césarienne en urgence. J'ai pas le courage de chercher sur Google ce que ça signifie, j'ai tellement peur. -Des larmes s'échappèrent brusquement de ses yeux, ravageant son visage. C'était perturbant de le voir ainsi, aussi perdu et désemparé.

- Je sais mon ours, je sais.

Elle passa sa main sur le dos de son frère pour tenter -probablement vainement- de le réconforter. Leur monde était en train de s'effondrer et je ne trouvais rien à faire pour les aider. Je ressortis du cube en verre qui ressemblait fort à un des aquariums d'Isabella et me mis à la recherche d'un distributeur de café. Quelques petites minutes plus tard, j'étais de retour avec trois gobelets, dont le mien maladroitement calé entre mes dents.

Je distribuai leur boisson et Emmett en profita pour se remettre debout et recommencer à arpenter la pièce de manière tendue. Je pris place aux côtés d'Isabella et commençai à siroter ma boisson tout en fixant le géant.

- C'était peut-être pas une bonne idée de donner de la caféine à mon frère...

- Oh, t'inquiète pas, c'est un déca ! Fis-je en riant.

Elle fixa son propre gobelet, l'air songeuse en haussant un sourcil.

- Oui, le tien aussi c'est du déca. Je me suis dis que vous étiez déjà suffisamment nerveux comme ça.

- Merci Edward ! Merci pour tout.

Elle posa sa tête sur mon épaule et j'osai profiter de la situation pour prendre la température de manière subtile :

- C'est normal, c'est mon travail.

- Non, ton travail c'est de me protéger, pas d'être gentil, alors encore une fois : merci d'être là pour moi.

Je passais mon bras autour de ses épaules et nous patientâmes aussi calmement que possible. Nous nous tendions à chaque fois qu'un médecin était dans notre champ de vision, mais aucun d'eux ne vint nous voir. C'était très, très long et nous n'avions aucune information. Je ne voulais même pas être à la place d'Emmett... ne pas savoir comment allait ma femme ou mes enfants...

Mon bras se resserra autour des épaules d'Isabella au moment où je me rendis compte que la seule femme que je voulais en tant que mère de mes enfants était elle.

Le temps sembla suspendu, comme s'il ne s'écoulait plus, ou à rebours, mais arriva le moment où un médecin vint enfin nous voir :

-Monsieur McCarty ? Vous voulez bien venir avec moi ?

Est-ce que cette fin de chapitre n'est pas juste trop, trop géniale ? ahahahahah

Teaser du prochain chapitre ? Il tiendra en deux phrases XD XD

"Je les reconnus immédiatement comme étant les parents d'Emmett et Isabella...

Les choses se compliquent..."