AAAAH!

Est-ce que vous avez appris que Twilight ressort au cinéma à l'occasion de ses 10 ans ? Bon... seulement aux States pour l'instant mais je ne perds pas espoir qu'ils fassent de même en France...

J'ai bien envie d'un marathon au Grand Rex, à Paris, où on pourrait se rencontrer XD non ? Siiiiii *-*

Bon, sinon, je voulais qu'on dépasse les 400ième reviews et... vous avez été formidables ! J'en reviens pas de voir à quel point vous battez tous mes records *-*

Laau : Hello ! AAAh j'aime vous mettre dans cet état de manque hihi

Disons qu'Edward ne s'attend pas vraiment à trouver dans la pièce secrète ce qu'il va voir ;)

Hey, je suis entièrement d'accord avec toi (et les trois quarts des lectrices ! XD) ça serait cool que les parents McCarty restent quelques temps ! Il nous reste 20 chapitres, alors oui, j'avoue, les grandes déclarations avec violons et chandelles, c'est pas pour tout de suite ahaha

Mike ? Promis juré, je vais te le faire aimer !

Tu as bien raison de ne lire que toutes les deux semaines, parce que la semaine prochaine ce sera... PWAAAAAA *-* ahahah

Aude: *-* *-* *-*

Merci ! (je fais ma grande timide là ! ahah) Ta review (toute première sur le site ? si c'est le cas, c'est un honneur incroyable ! ) m'a vraiment touchée ! Je suis contente que mes fics te plaisent ! Je comprends que ce soit difficile d'attendre entre deux chapitres, même moi je n'aime pas attendre lorsque je lis une fiction ahahah

Catbl2014 : Merci pour ta review ! Vous avez été nombreuses à avoir cru qu'il allait y avoir fightenning entre Bella et ses parents ... maiiiis c'est pas prévu.

Faire un POV Bella ? rhooo ça serait pas drôle, j'aime trop vous voir râler sur Bella hihi

Et Miky... le pauvre, il prend cher quand même ahahah

Lau : Tout à fait d'accord, les McCarty sont irrécupérables. Tellement qu'en fait ils vont pas tarder à partir ahahah Mais voilà, au moins ils permettent à nos héros préférés de passer des moments sympas hihi

On est d'accord, on voudrait toutes avoir Edward dans notre lit :) même si ça serait un peu bizarre XD

La pièce secrète ? Tu verras que j'ai un tout petit peu triché ahah

Momo6 : Coucouuu ! Rhooo personne n'aime les parents de Bella :-/ ahahah Promis, les choses finiront par bien se passer pour Edward ! ahah simplement il va falloir qu'il soit patient ! :D

Une fois de plus, je tiens à remercier toutes celles parmi vous que m'ajoutez chaque semaine dans vos favoris/followers. Vous êtes des amours et je vous kiffe !

Sur ce... bonne lecture :-P

- Allez, on va courir !

Chapitre 30

Broad Street, Alaskan Way avec vue sur l'océan, S Jackson Street puis la Douzième Avenue. Nous fîmes un petit détour par le parc Cal Anderson, histoire de voir un peu de verdure parmi tout ce ciment puis nous remontâmes la 12ième jusqu'au Volunteer Park où Isabella décida de faire une petite pause le temps de nous étirer. Je supposais qu'elle cherchait surtout à repousser le moment où nous devrions retourner à l'appartement et croiser probablement ses parents.

Notre rythme cardiaque s'abaissa quelque peu alors que nous étirions nos quadriceps et relâchions la tension dans nos épaules.

Autant j'étais fier des efforts que j'avais fait depuis que j'avais commencé à courir avec elle, autant elle aussi avait progressé. J'ignorais si elle s'en rendait compte mais elle était à nouveau capable de tenir une conversation alors que notre cadence était plus soutenue et la durée de nos footings bien plus longue. J'avais même dû trouver et valider de nouveaux itinéraires plus longs.

Après un moment à profiter du parc quasiment désert et du temps clément, nous nous remîmes à courir.

E Prospect Street, Boylston Avenue puis Roy Street jusqu'à croiser la Quatrième Avenue. Nous arrivâmes essoufflés mais détendus au pied de l'immeuble, prêts à affronter les parents McCarty. Quant à moi, j'avais une idée en tête et, une fois dans l'ascenseur, je sortis mon téléphone de ma veste de running et commençais à pianoter dessus.

- Un message ?

- Oui, c'est ma sœur ! Mentis-je.

- Oh ! Comment va-t-elle ?

- Disons que depuis le réveillon du Nouvel An et avec la pub extraordinaire que tu lui as faite, elle est débordée mais heureuse. Merci encore pour ce que tu as fait !

- Oh, c'est normal !

J'appréciais incroyablement de pouvoir la tutoyer, ce n'était pas professionnel et ça m'empêchait de garder la distance nécessaire vis-à-vis d'elle, mais avec ses parents à l'appartement et le "service" qu'elle m'avait demandé à leur égard, c'était difficile de garder les idées claires. Je savais que dès qu'ils partiraient, les choses reviendraient à la normale alors j'avais envie d'en profiter tant que c'était possible !

L'appartement était silencieux et nous nous demandâmes silencieusement s'ils étaient déjà partis ou toujours endormis. Nous eûmes la réponse en ouvrant le placard de l'entrée pour y poser nos baskets et nos vestes pour découvrir que leurs chaussures et manteaux étaient toujours en place : ils dormaient encore ! Tant mieux pour moi !

Isabella fila dans sa chambre pour se doucher tandis que j'allumais la cafetière. Du bruit se fit entendre à l'étage, en provenance de ma chambre : nous avions probablement réveillé les parents McCarty. Le timing fut impeccable puisqu'à ce moment-là la télévision sonna, annonçant l'arrivée du livreur que j'avais missionné depuis l'ascenseur. Je réceptionnais le petit déjeuner et terminai d'installer tout ça au moment où Renée et Charlie descendaient dans le salon, la marque de l'oreiller toujours sur la joue.

J'étais content de savoir qu'ils étaient encore là, gagnant encore quelques dizaines de minutes à jouer l'amoureux transit ! Heureusement qu'une fois de plus Isabella était à l'étage et n'avait pas la possibilité de stopper mon plan, ni de s'en prendre verbalement à moi devant ses parents (je ne savais jamais à l'avance à quoi m'attendre avec elle !).

Mes faux-beaux-parents s'installèrent autour de la table à manger alors que Renée m'adressait un large sourire.

- Je ne m'attendais pas à trouver le petit déjeuner prêt ce matin, fit-elle en s'emparant d'une des tasses à café que je venais de déposer sur la table.

- Oui, au final on vient de rentrer de running, donc on a un peu de temps devant nous avant que l'on se mette au travail.

- Super, Charlie et moi sommes contents de pouvoir passer un peu de temps avec vous !

- Ah oui ? Je coulais un regard vers le père d'Isabella qui ne semblait pas particulièrement "content" d'être là. Il marmonna quelque chose d'inintelligible.

- Charlie, s'il te plaît, tu peux faire preuve d'un peu de sociabilisation ?

- Moui, la vue sur Seattle est très belle !

Super la première phrase de "beau-papa"!

- Oui, c'est parce qu'Isabella a pu se payer un super appartement, vous trouvez pas qu'il est génial ? -Comme la veille, je tentais d'axer la conversation sur la réussite de leur fille.

- Oui, enfin il est très impersonnel tout de même, hein ! Fit Renée et elle m'exaspéra : la seule chose qu'elle trouvait à dire était négatif... peut-être que finalement, pouvoir embrasser Isabella ne compensait pas la difficulté d'avoir ces gens à table, ne serait-ce que pour un petit déjeuner !

Cependant, Charlie me surprit :

- Moi, j'aime bien les méduses ! C'est sympa !

Hallelujah !

Un bruit nous interpella au sommet des escaliers et mon regard rencontra celui, défaitiste, d'une Isabella habillée bien plus naturellement que la veille : elle avait troqué son tailleur strict pour un jean et un t-shirt estampillé "Make Art, Not War" écrit blanc sur noir. Ses cheveux humides et pas démêlés étaient lâchés sur ses épaules. Elle était sensuelle et ravissante.

Finalement, je pourrais endurer des centaines de repas avec ses parents pour l'avoir à mes côtés, même pour faire seulement semblant.

Elle descendit les marches lentement, comme pour retarder la confrontation.

- Bonjour ! Fit-elle d'une voix faussement enjouée.

Elle s'approcha de la table et je fis glisser une tasse encore fumante jusqu'à la place vacante à ma gauche, face à sa mère. Avant même de tirer sa chaise, elle passa une main dans mes cheveux en un geste affectueux mais, une fois ses doigts à l'arrière de mon crâne, à l'abri du regard de ses parents, ils se refermèrent soudainement pour tirer sèchement une poignée de mes cheveux afin de me faire passer un message : elle m'en voulait ! Cependant, sa paume vint se caler sur ma nuque, ses doigts épousèrent mon cou et elle m'attira à elle alors qu'elle se baissait jusqu'à moi pour que ses lèvres fondent sur les miennes.

Elle pouvait m'en vouloir autant qu'elle voulait si c'était pour m'embrasser ainsi ! Sa bouche était ferme sur la mienne, nos lèvres bougèrent de manière simultanée, complémentaires et aussi avides l'une que l'autre. Ma langue vint rapidement caresser sa lèvre inférieure mais au lieu de m'autoriser l'accès, Isabella referma ses mâchoires de chaque côté de ma lèvre, me mordant suffisamment fort pour me faire mal mais pas assez pour me faire saigner.

Elle se redressa comme si de rien était et s'assit à mes côtés, plaçant sa main sur ma cuisse, la pressant fermement pour me prouver à quel point elle m'en voulait ou pour garder son calme face à ses parents, je l'ignorais.

- Bébé, tu me passes les croissants, s'il te plaît ? Demanda-t-elle d'une manière totalement naturelle.

- Bien sûr mon ange !

J'en rajoutais un peu, mais c'était mes derniers moments en tant que couple et voulais les savourer pleinement.

- Ton père disait qu'il appréciait tes méduses, chérie !

- Oh ? Merci Charlie ! C'était ça ou un tableau, alors comme l'aquarium ça fait éclairage en plus, j'ai opté pour la colonne !

- C'est un bon choix ! J'aime bien.

- Hum ? Merci.

Isabella, comme moi, avait du mal à encaisser le fait que son père soit en train de dire quelque chose de positif... Comme quoi tout arrivait.

La main d'Isabella ne quitta pas ma cuisse une seule fois de tout le repas, lui rendant la tâche parfois compliquée, mais elle se débrouilla quand même pour faire en sorte de ne pas avoir à la déplacer.

- Je suis pressée d'être sur le bateau ! Fit Renée alors qu'elle sautillait presque sur sa chaise.

- Moui, moi aussi je suis pressée que vous y soyez... -Isabella se rendit compte que sa phrase n'était pas vraiment aimable et se reprit : Vous verrez, vous en prendrez plein les yeux ! Eddy et moi, on a vraiment passé un bon moment lors de la croisière !

Elle avait terminé sa phrase en plongeant ses yeux dans les miens et je ne pus m'empêcher de poser mes lèvres sur les siennes, en un baiser doux, effleurant à peine sa bouche. Je pourrais passer des heures, des jours, ma vie entière à l'embrasser tellement c'était agréable. Mon cœur s'affolait à chaque fois, ma respiration se hachait et j'aimais ça ! Ça avait beau être faux, c'était grisant !

Les parents McCarty nous quittèrent bien trop tôt à mon goût pour aller visiter la ville et tout revint temporairement à la normale avant qu'ils ne reviennent pour la soirée : Isabella quitta la table après avoir contacté le service de nettoyage puis rejoignit le canapé pour travailler sur son ordinateur portable.

Je m'installais sur le second canapé, toujours face au premier et allumais la télé que je ne regardais pas : mes yeux ne quittaient pas Isabella qui, de toute façon, était trop captivée par son ordinateur pour me voir l'admirer. J'avais toujours le goût de ses lèvres sur les miennes, la douceur de sa peau sur mes mains et son parfum dans mes narines.

J'étais totalement accro de cette femme !

Evincer ou refouler...

Pourquoi fallait-il que Newton soit dans l'équation ? Est-ce que ce n'était déjà pas assez compliqué que je travaille pour elle ? Il fallait en plus que ce nul soit prêt à se marier...

La journée se passa ainsi, sereinement, jusqu'à ce qu'il soit temps pour Isabella de s'occuper du repas. Elle confectionna quelque chose de tout aussi élaboré, l'apéritif en moins et, cette fois, accepta mon aide. J'avais pour mission de gérer une salade de fruits, épluchage, découpe et compagnie pendant qu'elle s'occupait d'un immense saumon qu'elle fit en croûte de sel.

Nous passâmes un excellent moment dans la cuisine, jusqu'à ce qu'elle aborde un sujet sensible :

- Vous ne m'avez toujours pas répondu, vous savez !

- A quelle question ?

- Vous prenez combien pour faire semblant de sortir avec moi ?

- Ah ? Ça !

A aucun moment je ne m'étais fait de film, je savais que ses lèvres sur les miennes n'étaient que faux semblants pour qu'Isabella ait les faveurs de sa mère, mais je n'aimais pas vraiment qu'elle me le rappelle de cette manière.

- Laissez tomber, c'était trop marrant, c'est gratuit ! Et puis si vous me payiez pour ça, j'aurais l'impression d'être... je sais pas... prostitué !

Elle éclata de rire, à ma grande surprise :

- T'es nul nom de Dieu ! Elle me jeta une poignée de gros sel et je fermais précipitamment mes yeux pour les protéger : me jeter du sel n'était peut-être pas la chose la plus intelligente qu'elle ait faite jusque-là !

Par esprit de vengeance, je pris quelques morceaux d'ananas et les lui jetai dessus.

Gâcher de la nourriture était quelque chose que j'avais toujours détesté, encore plus depuis mes années dans le désert à manger des plats réhydratés en rêvant d'un bon burger, mais elle l'avait cherché ! Son rire redoubla alors qu'elle tentait vainement d'esquiver les bouts de fruits. Elle récupéra l'ananas et l'engouffra dans sa bouche, faisant couler du jus de fruit sur son menton.

Je tentais de réfréner un grognement et, si elle l'entendit, elle ne dit rien.

- Ben en attendant, j'espère qu'ils sont au fond de l'océan ! -Ce fut à mon tour de rire. C'était impressionnant la différence entre sa famille et la mienne.- Bon, du coup, je ne vous paie pas pour ça ?

- Non ! Ça m'amuse trop !

J'avais juste envie de poser à nouveau mes lèvres sur les siennes, mais sans la présence de ses parents, ça n'aurait pas de sens, ou du mois un tout autre sens bien trop délicat. A la place, je la poussai puérilement avec mon épaule.

Isabella plaça son saumon dans le four et s'occupa du vin : mettant certaines bouteilles au frigo, en ouvrant d'autres pour une sombre histoire de tanin.

Elle s'occupa ensuite de cuir des pommes de terre grenaille qu'elle mit à rissoler dans une poêle. Nous ne savions pas vraiment à quelle heure ses parents allaient arriver mais le soleil commençait déjà à décliner, alors nous avancions aussi vite que possible dans les préparatifs.

Quand les parents McCarty sonnèrent depuis l'ascenseur, Isabella et moi venions de peaufiner les derniers détails : le timing était parfait ! J'acceptais la montée de l'ascenseur et entendis Isabella souffler bruyamment. C'était la dernière ligne droite avec ses parents : ils s'apprêtaient à prendre leur avion et nous n'allions pas les revoir avant un long moment, c'était une bonne nouvelle pour Isabella qui ne supportait pas d'être en leur présence et en même temps, c'était bien triste pour moi !

Il faut que je trouve une nouvelle personne à qui on devrait faire croire que l'on sort ensemble !

Il fallait surtout que je me fasse une raison !

Isabella avait troqué son jean et son t-shirt "Make Art..." contre une robe stricte et élégante, un peu trop working girl pour lui correspondre réellement mais qui lui seyait plutôt bien. Quant à moi, sur ses recommandations, j'avais opté pour une chemise bordeau et un jean clair, il semblerait que ça m'allait "plutôt bien".

J'ouvris la porte dès qu'ils eurent sonné et ils entrèrent comme s'ils étaient chez eux, un peu trop à l'aise.

- Bonsoir ! Fut Isabella faussement enjouée.

- Bonsoir Isabella, bonsoir Edward !

- Alors, cette croisière ? Demandais-je poliment alors que je me saisissais déjà de verres pour boire l'apéritif.

- C'était génial ! Vraiment ! Mais on n'a pas vraiment le temps de vous raconter, on récupère juste nos bagages !

- Quoi ? On a passé l'après-midi à cuisiner et vous ne restez même pas ? Vous m'aviez pourtant dit que vous restiez manger !

La colère suintait dans sa voix et je la connaissais suffisamment pour savoir que les larmes devaient ravager l'arrière de ses yeux de manière douloureuse.

- Oui ben au final on s'est perdu dans la ville et on avait faim donc on s'est arrêté pour manger un truc. Et comme tu ne nous avais pas laissé ton numéro de téléphone, on n'a pas pu te prévenir. Enfin bref, on vient récupérer nos bagages pour partir pour l'aéroport.

- Ah ! Super. Ben elles sont dans votre chambre, je vous laisse vous débrouiller hein !

Isabella leur tourna le dos, sans plus de cérémonie et se saisit de l'éponge qui trônait sur le rebord de l'évier avant de se mettre à gratter rageusement une tâche inexistante sur le plan de travail. Ses épaules étaient tendues et je savais qu'elle luttait pour ne rien jeter verbalement (ou pas uniquement !) au visage de ses parents.

Ils montèrent les escaliers alors qu'Isabella s'acharnait sur le plan de travail pourtant immaculé. Quant à moi, je m'interrogeais sur la conduite à tenir : je n'étais pas coutumier des familles dysfonctionnantes et ignorais totalement ce que je devais faire. En temps normal, j'aurais accompagné les parents McCarty à l'étage pour les aider à descendre leurs bagages et les aurais accompagnés jusqu'à leur taxi dans la rue, mais les circonstances étaient particulières.

Je pouvais rester aussi avec Isabella mais je ne voyais ni quoi dire ni quoi faire : je n'allais pas également faire semblant de frotter une tâche inexistante, ça ne mènerait nulle part.

J'étais donc au milieu de la cuisine, les mains dans les poches arrières de mon jean à balancer le poids de mon corps d'avant en arrière, ne sachant quoi faire quand mon regard se posa sur les St Jacques qu'Isabella avait précédemment sorties du frigo pour les snacker afin de réaliser l'entrée. J'entrepris donc de prendre une poêle et d'agir comme si ça ne comptait pas que les parents de ma coloc ne restent pas. Après tout, il était peut-être temps qu'elle arrête d'attendre quelque chose d'eux : elle savait déjà que rien ne changerait leur indifférence.

Isabella me fixa étrangement durant quelques instants jusqu'à ce qu'elle saisisse ce que j'étais en train de faire et la lumière sembla se faire dans son esprit : ce n'était pas parce que ses parents nous faisaient faux bond que ça allait gâcher notre repas, il y aurait juste un peu trop à manger pour deux personnes, c'est tout !

Lorsque ses parents descendirent les escaliers, la valise que Charlie tirait péniblement -en tentant de ne pas tomber- heurtait bruyamment chacune des marches mais ni Isabella ni moi ne leur prêtâmes attention : j'étais passé maître dans l'art de la fausseté ! Isabella, quant à elle, était focalisée sur son saumon, s'obstinant à ne pas relever les yeux de son poisson pour saluer ses parents avant qu'ils ne partent.

Ils marquèrent un temps d'arrêt une fois à notre hauteur, côté salon, séparés par le bar, mais ne prononcèrent pas un mot. A quoi bon de toute façon, tout était déjà dit !

Comme ni Isabella ni moi n'esquissions le moindre mouvement, les parents McCarty s'en allèrent, toujours dans le silence. Au moment où nous entendîmes la porte se refermer derrière eux, Isabella lâcha un soupir bruyant.

- Déçue ou soulagée ?

- Les deux... je crois.

- Maintenant qu'ils sont partis, tu vas être tranquille jusqu'à ce qu'Emmett refasse un enfant.

- Peut-être, et je dis bien "peut-être", qu'ils se déplaceront si c'est Mike et moi qui en faisons un.

Coup de poignard dans le thorax !

- Je te le souhaite ! -Et j'étais sincère : même si la possibilité qu'elle puisse porter l'enfant de Newton me révulsait, je ne pouvais même pas imaginer que ses parents puissent ne pas venir voir son enfant.

- Enfin bon, c'est pas pour maintenant, hein ! J'ai même pas la place pour mettre un gosse dans cet appart ! Et je veux pas avoir à choisir entre une chambre d'enfant et ma salle de sport !

C'était un comble ! Elle possédait l'appartement le plus grand que je n'avais jamais vu et ne visualisait même pas où elle pourrait faire une chambre d'enfant... Moi je voyais de nombreuses possibilités pour y installer notre fils...

Leur fils...

- On va pas refaire l'aménagement de mon appart ce soir, mangeons plutôt !

Nous installâmes alors le repas prévu pour quatre sur la table basse et nous nous assîmes tous les deux sur un même canapé, la télé éteinte. Comme Isabella avait ouvert les bouteilles de vin afin de les laisser décanter, nous entamâmes une bouteille, un Chateau Valandraud (Charlie ne savait pas ce qu'il ratait !) et commençâmes la dégustation.

En temps normal, et depuis le début de mon contrat aux côtés d'Isabella, je refusais la consommation d'alcool afin de garder les idées claires, non pas à cause de mes sentiments à son égard que je tentais de garder sous silence mais pour rester vigilent vis-à-vis de sa sécurité. Ceci étant, après avoir survécu à la visite de ses parents, j'avais tendance à me croire invincible et à la croire hors de danger au sommet de sa tour d'ivoire, alors j'acceptais, pour une fois, un puis plusieurs verres.

Au départ, notre conversation était superficielle, je n'arrivais pas à trouver un sujet intéressant et n'étais pas tout à fait à l'aise après le départ de Renée et Charlie mais rapidement, alors que le saumon succéda aux st Jacques et que le Chardonnay remplaça le vin rouge, nos langues se délièrent et Isabella se mit à me raconter de croustillants ragots sur un grand nombre de célébrités. Alice aurait vendu ce qu'elle possédait pour entendre ce qu'Isabella avait à raconter !

Nous terminâmes la bouteille en mangeant la salade de fruits et Isabella se releva en chancelant légèrement pour aller chercher un Sauternes millésimé. Vu l'emballage dans lequel était stocké le vin, ce ne devait pas être le genre de bouteille que j'achetais à l'époque où j'étais en colocation avec les cafards !

La conversation s'orienta sur les American Music Awards et notre départ le jour suivant pour Los Angeles et de fil en aiguille nous évoquâmes mon anniversaire qui aurait lieu le surlendemain. Je lui racontais les pires cadeaux que j'avais reçu comme mes meilleurs souvenirs de fêtes.

Isabella finit par s'allonger sur le canapé, à son aise, sa tête sur l'accoudoir et posa ses pieds sur mes cuisses, comme si de rien n'était, comme si c'était la chose la plus naturelle qui soit. Alors, sans vraiment me poser de question et, probablement aidé par ma consommation d'alcool, je retirai ses chaussettes avant de les laisser tomber par terre et commençai à faire quelque chose dont je rêvais depuis des mois : mes doigts s'enroulèrent autour de ses pieds et mes pouces commencèrent à s'ancrer dans leur plante, dénouant ainsi des tensions.

Nous n'avions jamais été aussi tactiles, à part peut-être le soir de l'anniversaire de Daddy Yankee..., et je voulais en profiter. Mes doigts passaient encore et encore sur sa peau, profitant de sa douceur et sa fraicheur. Comment faisait cette femme pour être toujours impeccable, jusqu'au bout des ongles de ses orteils ornés d'une french manucure ?

- Je t'ai raconté mon histoire avec mes parents, raconte-moi quelque chose d'un peu plus personnel que tes anniversaires.

- Quoi, un secret ?

- Pourquoi pas !

Ses yeux brillaient comme si ma vie avait une réelle importance à ses yeux.

Je suis amoureux de toi ! Non, définitivement je ne pouvais pas lui répondre ça ! Mes pouces s'enfoncèrent à la naissance de ses orteils alors que je cherchais quoi lui raconter.

- J'ai perdu ma virginité sur la banquette arrière de la voiture de mon père à l'âge de quinze ans !

- Sérieux ?

- Ouep ! Je ne pus réprimer le sourire qui naquit sur mes lèvres : cette information faisait toujours son petit effet !

- Ah oui quand même !

Elle rit avant de boire une nouvelle gorgée.

- Et toi ?

- Moi ? C'est moins atypique : j'avais dix-sept ans et j'ai fait ça dans mon lit. Pas de quoi s'extasier, et puis c'était pas génial !

- Oh, j'ai pas dit que j'avais été doué !

Cette fois, c'est moi qui ai bu après avoir lâché d'une main son pied : non, ma première fois n'avait pas été une réussite !

- A ton tour de me dire quelque chose sur toi.

- Hey ! Je viens de te parler de la perte de ma virginité, c'est déjà pas mal ! Sa voix était rendue pâteuse par l'absorption d'alcool et je savais que je ne devais pas être dans un meilleur état...

- Arrête, elle était nulle ton anecdote ! Raconte-moi autre chose !

- Tu veux quelque chose de top secret que quasi personne ne sait ?

- C'est ce que je demande !

Elle éloigna ses pieds de mes cuisses et tenta de se lever du canapé mais perdit l'équilibre et tomba lourdement en arrière sur le sofa dans un éclat de rire que je partageai alors qu'elle s'aspergea de vin : elle avait bien forcé sur l'alcool !

Elle se mit debout, moins vite et en s'accrochant à l'accoudoir. Une fois son équilibre stabilisé, elle lança :

- Allez Cullen, bouge moi tes fesses, ya un truc qu'il faut que je te montre !

Elle tenait debout par hasard et c'était particulièrement comique de la voir ainsi ! Elle chancela légèrement en me tendant sa main :

- Allez, viens si tu veux du scoop !

Je saisis sa main et la tirai brusquement pour la faire chavirer, elle s'effondra sans aucune grâce à mes côtés, déclenchant mon hilarité.

- Bon, tu veux le connaître mon secret ou pas du tout ?

- Si ! Allez, je suis trop curieux !

Je me levais du canapé et une fois debout, je me rendis compte que je n'étais pas plus frais qu'elle. Je n'aurais jamais dû boire autant et ne m'en étais pas rendu compte avant d'être sur mes pieds ! Ma tête tournait, les murs bougeaient bien trop vite autour de moi. J'eus bien du mal à rester debout et à ne pas vomir, cependant Isabella avait réussi à se redresser et se tenait à mes côtés. Elle plaça mon verre dans ma main droite avant de s'éloigner, son propre verre dans une main et la bouteille de Sauternes dans l'autre.

Le message était clair : nous n'avions pas fini de boire ! Et ce même si ce n'était pas responsable !

Elle commença à se déplacer dans le salon et mon cerveau tourna à cent à l'heure pour chercher ce qu'elle pouvait bien avoir à me révéler qui mérite que l'on se déplace. A vrai dire, mon cerveau tournait au ralenti dans une immense flaque l'alcool et ne servait alors plus à grand-chose.

Je la suivais de près alors qu'elle se dirigeait vers le couloir de l'entrée. Sa main qui tenait la bouteille saisit maladroitement son verre à pied de sorte à ce que sa main libre puisse se poser sur sa gorge et c'est alors qu'elle continuait de marcher après avoir dépassé la salle de mixage que je compris ce qu'elle voulait me montrer : la salle secrète !

Elle fit glisser par-dessus sa tête une longue chaîne argentée et elle glissa la clé qui y était accrochée dans la serrure de la porte qui m'était toujours restée close.

Aurait-elle accepté de me dévoiler ce secret si elle avait été sobre ? Je n'en étais pas certain et décidais de profiter de l'occasion qui s'offrait à moi.

Elle tourna la clé et déverrouilla la porte. Isabella appuya sur la poignée en se retournant vers moi, un sourire mystérieux plaqué sur les lèvres alors que ses yeux brillaient

A cet instant, son secret l'amusait beaucoup alors que les hypothèses se succédaient dans mon esprit.

Pour quelles raisons me cachait-elle ce qui se trouvait à l'intérieur ? Etait-ce par honte ? Par professionnalisme ? Les questions se bousculaient et j'eus enfin la réponse à mes interrogations quand elle ouvrit enfin la porte avant de s'effacer, me laissant passer devant elle.

Ma mâchoire sembla se décrocher.

Finir un chapitre, c'est tout un art ! *-*