A été porté à mon attention le fait que l'utilisation de l'homosexualité de Mike comme outil narratif ait pu blesser. Bien evidemment, ce n'était pas mon but et je m'excuse si cette fic et en particulier la scène dans la batterie ait pu heurter certaines sensibilités.

Cette fiction n'a aucun autre rôle que faire cesser cette histoire de tourner encore et encore dans mon esprit. Rien de plus. Coup de bol, ca plaît à la plupart d'entre vous ! XD

Guest : tkt ! il y a des choses que l'on ne peut pas ignorer longtemps ahahah

Piran : Contente que voir que Mike remonte dans ton estime ! Ramer ? Peut-être lol il faut dire que c'est pas de chance, sa déclaration est tombée en même temps que la grande cérémonie des awards. De fait, Bella va avoir d'autres choses en tête :-P

Momo 6 : aaaaaaah ! Victoire ! Danse de la victoire ! *-* ahahah tkt je prends soin du petit coeur d'Edward ;)

Lau : ahah j'avoue que Mike est un petit malin ! *-* l'auteur de cette fic aussi ahahaha Je te confirme que bella a une grosse migraine ! Ca n'aide pas ! Bon et il y a le stress de la cérémonie aussi ! ;) L.A. ? Baaah je dis rien ! Sauf que j'ai fait une demie douzaine de chapitres sur leur séjour à Los Angeles ahahahah

A venir, un grand nombre de paroles. Aucune n'est de moi, -sinon je serais riche !- même si, afin de servir l'histoire, certaines paroles subiront quelques changements.

Ps personnel : je suis à la recherche d'une beta avec beaucoup beaucoup de patience et de temps libre, suffisamment motivée pour retravailler 45 vieux chapitres dont il faudra retravailler l'orthographe, la mise en page et supprimer d'éventuels liens URL. Ainsi que me mettre des coups de pieds quand ce sera nécessaire, les détails arriveront ultérieurement ^^

Voici mon premier chapitre maudit... il faut savoir que ce chapitre s'est effacé trois fois sur mon ordi, j'ai cru réduire en miette mon notebook ! ahah merci à lolo-la-furie d'avoir alors été mon soutien ! *-*

Chapitre 34

- Et ça, c'est un stomp.

- Est-ce que tu es sérieuse, poser son pied par terre, ça porte un nom ?

- C'est pas poser son pied par terre, elle leva les yeux au ciel, c'est un stomp un point c'est tout.

- Mouais, si tu le dis.

- Oh, regarde ça, ça c'est un destroza !

Les danseurs répartis en un V au centre de la scène balançaient leurs bras, de leur hanche vers le côté droit, à plusieurs reprises avant de faire de même vers leur côté gauche, en rythme, et il me fallut quelques secondes pour me rendre compte que le talon qui correspondait au côté concerné se décollait du sol à chaque reprise.

J'ignorais totalement pourquoi est-ce qu'ils devaient répéter tellement ils étaient synchrones les uns par rapport aux autres.

- Couramment, on appelle ça le pas de la serviette.

- Le pas de la serviette ?

- Si tu regardes bien, tu verras qu'on dirait qu'ils se frottent le dos avec une serviette invisible !

J'observais attentivement la chorégraphie avant qu'ils ne changent de pas et n'eus d'autre choix que de confirmer ce qu'elle disait : on aurait dit qu'ils sortaient tous d'une douche, avec un peu plus de grâce que lors d'un séchage classique, bien évidemment.

- Et tu vas me dire qu'il y a d'autres pas comme ça : celui du « lacet défait », ou encore celui de « je repasse mes chemises » ?

- Han mais tu es un cas désespéré !

Angela, assise à ma droite dans les gradins du Microsoft Theater eut à coeur de me nommer tous les pas de danse latine alors que les danseurs les effectuaient : du pas rebond avec twist des hanches au machete, en passant par la salsa-avant-arrière avec "bras africains", tout y passait, du Merengue à la Cumbia, en passant par la salsa et -bien évidemment- le Reggaeton, j'eus droit à tout mais n'écoutais rien : toute mon attention était focalisée sur la magnifique brune qui se tenait au fond de la scène, vêtue d'un pantalon de yoga et d'un caraco blanc, ses petits pieds nus et parfaits à même les planches.

Toutes les stars susceptibles d'interpréter leur titre le lendemain soir devaient répéter leur chanson de sorte à ce que les ingénieurs son et lumière puissent effectuer les réglages au mieux : c'était long et fastidieux, mon corps commençait à s'ankyloser à force de rester assis et quasiment immobile, mais pouvoir observer Isabella en valait la peine. Elle semblait à son aise, riant avec des vieilles connaissances, faisant abstraction de la cérémonie à venir. Ses cheveux ornaient ses épaules de manière floue et désordonnée, la rendant excessivement attirante à mes yeux.

La voir aussi naturelle était plaisant, d'autant plus que je savais que dès le lendemain matin elle s'affairerait sur ses cheveux, son maquillage, le choix de sa tenue, j'appréciais d'autant plus qu'elle soit ainsi. C'était un peu le calme avant la tempête pour elle.

Ca aurait pu être le cas pour moi également, mais je bouillais intérieurement depuis le matin même. Non pas à cause de Mike, qui m'avait piégé, mais à cause de Garrett, le gars qui était venu nous chercher, au pied de notre immeuble. Le problème avec Garrett était le fait qu'il ne nous avait pas quitté depuis ! Il nous avait conduit jusqu'à l'aéroport du Sea-Tac où Angela nous attendait pour monter dans le jet privé d'Isabella -j'avais été surpris d'apprendre que ma coloc avait son propre avion, mais après tout, j'aurais dû m'y attendre !- et il était monté à bord, comme si c'était la chose la plus naturelle au monde !

Une fois le jet sur le tarmac du LAX, à Los Angeles, il avait pris le volant d'une limousine stationnée prêt de la piste d'atterrissage et nous avait déposés au Microsoft Theater où aurait lieu les American Music Awards. A aucun moment Isabella ne m'avait parlé de ce type. Elle m'avait consciencieusement fourni les CV de tous les gardes du corps et vigiles qui seraient présents lors de la soirée mais jamais un mot sur Garrett.

Il était même à l'intérieur du théâtre, à la lisière entre la scène et les coulisses, dans l'ombre du long rideau rouge qui bordait les planches.

Je ne pouvais m'empêcher de m'interroger sur sa présence. Etait-ce une manière pour Isabella de me présenter mon successeur, me laissant le temps de voir qu'il était efficace -ou pas !- m'offrant ainsi une échappatoire ? J'avais bien conscience que c'était mon rôle de trouver le garde du corps qui prendrait ma place si je venais à démissionner, était-ce ce qu'elle cherchait à faire avec ce type ?

Je laissais mon regard dévier autour de moi, cherchant à détourner mon attention de lui et fixai le manque cuisant de décoration qui régnait dans le théâtre. Je m'étais sincèrement attendu à quelque chose de plus luxueux vu l'importance de l'événement à venir, mais non. Seul le velours rouge qui tapissait les sièges donnait de la couleur à la salle, le reste était sobre et -trop- épuré, décevant.

Dans les gradins, nous étions une toute petite poignée de personnes seulement, une dizaine tout au plus et c'était intriguant de se dire que, le lendemain, les gradins seraient pleins à craquer mais la scène seulement occupée par un -ou deux- chanteur et les danseurs alors qu'à ce moment toutes les stars en compétition étaient présentes dans une ambiance bonne enfant. Certains riaient, d'autres chantaient, quelques-uns ne faisaient que discuter et c'était étrange de les voir aussi détendus alors qu'ils souhaitaient tous gagner un prix le jour suivant.

- Lui c'est Maluma.

- Hein ?

- Le mec avait si elle parle c'est Maluma. Il n'est pas nominé à la cérémonie de demain mais il me semble bien qu'il présentera un duo. Il donne dans le reggaeton aussi.

- Hum.

Angela prenait soin de me nommer tous les hommes avec qui Isabella discutait, j'ignorais si ma coloc lui avait parlé de la conversation qu'elle avait surprise le matin même mais je voyais bien que la jeune femme assise à mes côtés essayait de calmer ma jalousie naissante. Bien que ça ne marchait pas.

- Elle t'a dit quelque chose ?

- A quel propos ?

Que pouvais-je répondre sans dévoiler ce qu'il s'était passé à l'appartement ? Sans aborder ma conversation avec Mike ?

- Elle ne t'a rien dit qui sorte de l'ordinaire ?

- Pas vraiment, non. Pourquoi ? De quoi est-ce qu'elle aurait dû me parler ?

- Rien, laisse tomber ! Je m'enfonçais dans mon fauteuil en croisant mes bras et mes jambes.

N'était-ce pas le genre de choses dont les femmes parlent entre elles ? Si mes sentiments étaient réciproques, Isabella aurait dû se faire un plaisir de rapporter les derniers événements à son amie, au lieu de cela elle n'avait rien dit. Elle avait même passé l'ensemble du trajet à faire comme si de rien n'était, comme si elle ne venait pas d'apprendre mes sentiments à son égard. Après tout, depuis que je la connaissais et à chaque fois que nous nous étions rapprochés, elle faisait comme si ça ne s'était jamais produit.

A quoi m'attendais-je ?

- Je ne sais pas de quoi elle était censée me parler, mais tu sais, elle n'a que le travail à la bouche avec moi. Alors si ça ne concerne pas le prochain album, elle n'a pas de raison de me parler de ce qui te chiffonne.

- Vous ne parlez jamais de votre vie privée ?

- Quelle vie privée ? Elle éclata de rire : Ni Bella ni moi n'avons de vie privée : moi je suis trop timide et Bella est une véritable boulimique du travail, elle ne vit que pour ça. Le jour où elle ne me parlera pas que de ça, il pleuvra des escargots !

Je ris en imaginant la scène, leur coquille heurtant le sol, leur bave se répandant dans les rues... les gens glissant dessus... Ma vision de la chose était écœurante et tellement drôle en même temps !

Sur les planches, il y eut soudainement de l'agitation et je haussais les yeux pour voir ce qu'il s'y passait : Isabella se trouvait alors au centre de la scène, un micro en main, prête à faire sa répétition pour que les ingénieurs puissent effectuer leurs réglages.

Elle devait présenter le titre phare de son dernier album dans les bacs, il s'agissait donc de Side to Side. Ceci étant, les premières notes diffusées par les enceintes ne correspondaient pas du tout à ce titre ni à aucun de ceux que je lui connaissais.

Un rapide coup d'œil à Angela m'informa qu'elle aussi était surprise.

La musique était électro, chaude et dynamique mais pas... Isabella. J'en eus confirmation au moment où la jeune femme approcha le micro de ses lèvres et entama une chanson qui n'était pas du tout la sienne.

" Un choque baila conmigo
Un choque rompe hasta el suelo
Un choque dale movimiento
Un choque por ahí viene un choque
"

Je reconnus alors le morceau dont il était question : Vaivén de son cher et tendre Daddy Yankee. Il suffisait de savoir que vaivén signifiait va-et-vient pour comprendre à quel point cette chanson était sulfureuse. Je n'étais pas certain que légalement elle avait le droit de prendre une chanson qui n'était pas la sienne, mais le sourire qui avait pris place sur ses lèvres était tellement lumineux que pour rien au monde je ne voudrais stopper ce moment.

" Un choque ándale ándale
Un choque ándale ándale
Un choque dale movimiento
Un choque por ahí viene un choque
"

Ses pieds avaient pris le rythme qu'elle m'avait appris le soir de l'anniversaire du chanteur originel : droite, gauche et droite-droite. Gauche, droite et gauche-gauche, se déplaçant à chaque fois latéralement. Ses petits pieds nus et parfaits se frôlaient à chaque mouvement, son bras qui ne tenait pas le micro se balançait en cadence. Elle était telle le tableau de la Joconde qui retrouverait enfin sa place sur un des murs du Louvres après des années à parcourir le monde, elle semblait enfin être à sa place et prendre vie pour la première fois. Elle était... sublime !

" Con ese vaivén ven ven
Me va enloquecer yeah yeah
Con ese vaivén ven ven
Hecha pa' acá ven ven

Con ese vaivén ven ven
Me enamora usted bebé
Con ese vaivén ven ven
Suéltate ma' suéltate ma' "

Elle sembla marcher sur place, en cadence et sa main libre balayait l'air en suivant le tempo. Elle dodelinait de la tête, les yeux clos, et je n'avais aucun doute sur le fait qu'à ce moment précis, elle se trouvait bien loin du Microsoft Theater.

" Boom vai vai vaivén ven ven
Boom vai vai vaivén ven ven
Boom vai vai vaivén ven ven
Boom vai vai vaivén ven ven
Boom vai vai vaivén ven ven
Boom vai vai vaivén ven ven "

Ses pieds s'ancrèrent dans le sol mais son corps entier ondula de manière lascive, probablement inconsciemment.

" Lo que esa nena pide es que la guaye para que la castigue
Prende eso allá atrás pa' que se active
No te pare sacude y sigue, y sigue, y sigue
Lo que tu mami te dio ya muévelo
Y si aguanta presión guayalo
No me cuques ten cuidao'
Si te luces te vas por ley

Shorty con tu porte no hay quien te soporte
Conmigo tienes un caso y no estoy hablando de la corte
La musica esta movida, le subí la velocidad
Pa' que rebotes esa chapas como si fuera resorte "

Son débit de paroles était très rapide, à la limite du rap noir américain, mais toujours fluide et pas une fois elle ne fourcha. Cette femme était née pour faire cela !

Avec son look simple, sans recherche, et ses pieds à même le parquet, elle était divine, et si ça n'avait pas été le cas jusque-là, je serais tombé amoureux d'elle rien qu'en la voyant ainsi !

" Con ese vaivén ven ven
Me va enloquecer yeah yeah
Con ese vaivén ven ven
Hecha pa' acá ven ven

Con ese vaivén ven ven
Me enamora usted bebé
Con ese vaivén ven ven
Suéltate ma' suéltate ma' "

Une fois de plus, elle sembla marcher sur place, soulevant légèrement ses pieds sur sol en cadence avant de stopper pour entamer une nouvelle fois le refrain :

" Boom vai vai vaivén ven ven
Boom vai vai vaivén ven ven
Boom vai vai vaivén ven ven
Boom vai vai vaivén ven ven
Boom vai vai vaivén ven ven
Boom vai vai vaivén ven ven
"

Elle poursuivit en reprenant ses mouvements de gauche à droite avec une grâce que je ne pourrais jamais égaler même après plus d'une dizaine d'années de cours de danse :

" Un choque baila conmigo
Un choque rompe hasta el suelo
Un choque dale movimiento
Un choque por ahí viene un choque

Un choque ándale ándale
Un choque ándale ándale
Un choque dale movimiento
Un choque por ahí viene un choque "

J'aurais aimé la voir toujours ainsi, aussi insouciante et libre qu'à ce moment précis.

" Con ese vaivén ven ven
Me va enloquecer yeah yeah
Con ese vaivén ven ven
Hecha pa' acá ven ven

Con ese vaivén ven ven
Me enamora usted bebé
Con ese vaivén ven ven
Suéltate ma' suéltate ma' "

Elle entama son ultime refrain, son sourire toujours fiché sur ses lèvres alors que toutes les stars présentes dansaient sur le parquet, suffisamment loin d'Isabella pour ne pas la déranger. J'étais impressionné de voir que ma colocataire avait réussi à embrigader tout le monde, toutes les personnes en compétition, certains se vouaient des rancœurs depuis des années, d'autres ne s'étaient jamais croisés, certains étaient probablement morts de trac, mais tout le monde se laissait prendre au jeu :

" Boom vai vai vaivén ven ven
Boom vai vai vaivén ven ven
Boom vai vai vaivén ven ven
Boom vai vai vaivén ven ven
Boom vai vai vaivén ven ven
Boom vai vai vaivén ven ven "

Gauche, droite, gauche et gauche. Droite, gauche, droite et droite.

" Boom va que boom vai
Boom vaivén
Boom va que boom vaivén ven ven ven
Boom va que boom vai
Boom vaivén ven
Boom va que boom vaivén ven ven "

Les dernières paroles se turent alors que des acclamations naquirent de la part de chaque personne présente dans le théâtre. Isabella écarquilla les yeux comme si, en l'espace des quelques minutes qu'avait duré la chanson, elle avait oublié où elle se trouvait. Ses joues s'empourprèrent délicatement alors qu'Angela et moi tentions de faire le plus de bruit possible afin qu'elle puisse entendre à quel point nous étions fiers d'elle.

Elle s'éloigna du centre de la scène, comme si elle s'excusait d'être là et recula rapidement jusqu'à prendre place au pied du rideau, aux côtés d'un homme qu'Angela me présenta comme étant Félix Volterra, chanteur RnB, nominé au titre d'album favoris. Les artistes défilaient sur les planches, alors qu'Isabella riait aux éclats avec ceux qui semblaient être ses amis. Je n'aimais pas être dans les gradins alors qu'elle se trouvait là-bas : même si la distance était courte entre nous, je n'appréciais pas de la savoir aussi loin. Je n'étais pas possessif avec elle, elle avait sa propre vie et n'appartenait à personne, j'étais simplement jaloux, affreusement jaloux.

La section pop/rock succéda à la latino et Isabella, suivie par Garrett, vint nous rejoindre dans les gradins, ses petits pieds parfaits toujours dépourvus de chaussure. J'aurais pu m'inquiéter qu'elle se blesse, mais j'étais trop subjugué pour lui demander de les recouvrir.

Je savais qu'être amoureux n'était pas prudent et m'empêcherait de bien faire mon travail !

Elle se laissa choir sur le siège à ma gauche et posa aussitôt ses pieds sur le dossier devant elle, ignorant consciencieusement que le jour suivant, une personnalité haut placée allait s'asseoir sur le même fauteuil.

- Ca va, c'est pas trop long pour vous ?

- Non, ça va, on est bien !

- Hey, Bella, t'as fait un carton avec Vaivén !

- Ouaiiis, t'as vu ça ?

Les deux jeunes femmes assises de chaque côté de moi entamèrent une conversation comme si je n'étais pas là, penchée par-dessus mes accoudoirs. Elles parlèrent Daddy Yankee, programmation de la cérémonie et tenue de soirée. Personnellement je n'y fis pas attention, trop préoccupé par la présence de Garrett assis à côté d'Isabella.

Angela nous quitta avant la fin des répétitions pour partir chercher ses parents à l'aéroport. Isabella avait invité son amie et ses parents à la cérémonie et ils comptaient bien en profiter. J'avais mal au cœur pour ma colocataire à l'idée que ses propres parents n'avaient pas fait le déplacement malgré l'invitation qu'elle leur avait donnée lors de leur déplacement pour la naissance des jumelles, prétextant qu'ils étaient venus pour les petites et ne pouvaient pas prendre plus de jours de repos vis à vis de leur travail, comme si deux jours pouvaient tout changer...

Même Emmett ne faisait pas le déplacement, pour pouvoir rester avec sa petite famille. J'avais beau comprendre parfaitement, d'autant plus que la petite Jade avait dû être placée sous assistance respiratoire dans la nuit, j'étais en colère qu'aucun des proches d'Isabella ne soit là alors qu'elle était nominée pour la première fois dans la catégorie artiste favori. Depuis le début de sa carrière, elle raflait systématiquement le prix de l'artiste latino, mais c'était la première fois qu'elle tentait sa chance dans une catégorie plus large et plus prestigieuse.

J'étais alors le seul proche qui venait la soutenir et je n'étais rien d'autre que son employé et, parfois, son compagnon de beuverie. Rien de plus.

Plus les artistes défilaient sur les planches et plus je me lassais. J'avais vu la performance d'Isabella et, depuis, tout le reste semblait fade et ennuyeux, cependant je tins bon jusqu'à la fin des répétitions. Isabella, Garrett et moi quittâmes les gradins et nous accompagnâmes la jeune femme dans les coulisses pour qu'elle puisse récupérer son sac de sport dans lequel était glissé, entre autres, sa paire de tongs qu'elle chaussa avant que l'on ne se dirige vers la sortie.

Nous arrivâmes sur le parking à l'arrière du théâtre, à l'abri des regards des curieux et des paparazzis et Garrett s'éloigna pour chercher notre limousine et nous conduire jusqu'à l'hôtel.

- Tu peux me dire quand est-ce que tu vas le retirer ?

- Retirer quoi ?

- Le balai sur lequel tu as dû t'asseoir !

- Pardon ? M'exclamais-je en écarquillant les yeux. Isabella et moi étions seuls sur le parking, de nuit, et il semblait que le temps des explications était venu.

- Tu fais la tête depuis ce matin, depuis qu'on est monté dans le taxi, j'en ai marre. On était censé passer un bon week-end, tu devais pouvoir profiter et moi me détendre et au final tu gâches tout. Alors ou tu vides ton sac et on avance ou tu continues de bouder et tu gâches tout.

Je pris quelques secondes pour réfléchir à ce que je pouvais répondre et me lançai :

- C'est Garrett...

- Comment ça Garrett ?

- C'est qui ce mec ? Il fait quoi ici ? Pourquoi il est là ? Je ne sais rien sur lui ! J'ai tous les CV des types présents pour la sécu, demain, mais j'ai rien sur lui !

- C'est pour ça que tu fais la tronche ? Sérieusement !

- Ta sécurité est une raison valable à mes yeux !

- Tu es en train de tout bousiller par jalousie ?

- Non, par professionnalisme !

Garrett choisit ce moment-là précisément pour garer la limousine devant nous et Isabella n'attendit aucune aide de qui que ce soit pour ouvrir sa portière et glisser sur la banquette en baragouinant. Je ne réussis pas à distinguer ce qu'elle disait mais ça me parut un peu trop vulgaire pour que j'ai envie de lui demander de répéter.

Le silence était pesant à l'arrière du véhicule même si une vitre teintée nous séparait du conducteur. Isabella ne fit que regarder le paysage au travers de sa fenêtre fumée, ne m'accordant aucun regard, et ne décela ses lèvres qu'au moment où nous ralentîmes, toujours sans un coup d'œil pour moi :

- Il est simplement là pour te relayer, pour que tu puisses profiter de ton week-end. Tu crois que je sais pas que c'est ton anniversaire ? Je voulais juste que tu passes un bon séjour, mais comme d'habitude, tu foires tout.

La limousine s'immobilisa et, toujours sans un regard vers moi, Isabella bondit hors du véhicule avec autant de vigueur qu'un ressort compressé trop longtemps, sans se soucier du fait qu'elle soit reconnaissable par tout un chacun et encore moins du fait qu'elle n'était absolument pas accompagnée d'un garde du corps.

Je sautai du véhicule à sa suite et eus à peine le temps de constater que nous n'étions absolument pas stationnés devant notre hôtel comme il était prévu. Un tapis rouge s'étalait de la porte d'entrée du bâtiment devant lequel nous étions garés jusqu'au bord du trottoir et était encadré par deux hauts palmiers en pot. Des voituriers se tenaient devant l'entrée, prêts à rendre service à chaque client. Isabella s'engouffrait déjà dans la bâtisse quand j'entendis Garrett remettre les clés de notre véhicule à l'un d'eux.

Je me précipitai à la suite de la jeune femme, sans savoir où j'entrais réellement, pour voir Isabella traverser un immense hall au sol marbré et tellement impeccable qu'il reflétait tout ce qu'il pouvait, seule une borne d'accueil épurée se trouvait au bout du hall qui, à lui seul, devait être bien plus grand que l'appartement dans lequel nous vivions. Un impressionnant lustre à pampilles trônait au centre du plafond orné de moulures dorées.

La jeune femme semblait connaître parfaitement les lieux et se dirigeait directement vers la droite de la borne, les semelles de ses tongs claquant sur le marbre. Je la suivais quand un des majordomes, engoncé dans un costume où le logo du restaurant Providence semblait avoir été brodé à la main, stoppa ma poursuite :

- Monsieur Cullen, c'est bien ça ?

- Hum ? Fis-je amèrement sans quitter le dos d'Isabella des yeux.

- Vous voulez bien me suivre ? Demanda-t-il plus par politesse qu'autre chose en me désignant de la main la direction opposée à celle que prenait ma star préférée.

- Et bien non, je dois... Je tentais un geste vague de la main en désignant la direction que prenait Isabella, à savoir ce qui ressemblait au bar du restaurant, délimité du reste du bâtiment par des murs en verre -un aquarium géant- mais Garrett passa à proximité de moi et suivait déjà les traces de la jeune femme, le sac de sport sous le bras et j'en perdis mes mots.

- Avec tout mon respect, Monsieur, je crois qu'elle est déjà entre de bonnes mains.

Grrrr

Je détestai l'admettre, mais il n'avait pas tort et le laissai me conduire là où il le souhaitait.

Il m'accompagna sur la gauche du hall, à l'exact opposé du bar où Isabella venait de prendre place, jusqu'à une alcôve où une table unique siégeait.

Ma mâchoire se décrocha :

- Joyeux anniversaire Eddyroudoudou !

Extrait ? Extrait !

"-Je suis tellement fatiguée. -Sa voix chevrotante fendit mon cœur en deux.- Tout va trop vite, il se passe trop de choses. Tellement de monde compte sur moi, j'en peux plus.[...]-C'est la cérémonie, c'est Angela, mes parents, ta famille, les jumelles et Jade intubée, et toi...

-Moi ?

-Tu crois quoi, que tu peux me sortir que tu m'aimes depuis des mois et que je vais encaisser ça sans broncher ?

Alors voilà, on allait en parler ? Je pris le parti de l'humour pour faire tomber la pression :

-Alors premièrement je ne "t'ai pas sorti" ça, c'est toi qui as écouté aux portes…

-Edward, arrête. Fit elle en se retournant dans mes bras, se retrouvant à l'étroit contre moi, son souffle caressant mon visage."

Comme d'habitude, je posterai la suite vendredi prochain sauf... si d'ici là vous m'aidez à atteindre les 500 reviews :-P