Les jours passèrent et Aurore grandit, ainsi que sa beauté. Le roi et la reine n'arrêtaient pas de se faire du souci pour elle. Ils passaient des jours entiers en salle de crise pour tenter de trouver une solution avant le funeste jour de ses 16 ans. C'est alors que la reine eut une idée lumineuse :
« Si nous tuons la sorcière avant les 16 ans d'Aurore, la malédiction pourrait ne jamais voir le jour ! »
« Aphira… », soupira le roi, « que comptes-tu faire contre elle ? Elle est cent fois plus puissante que toute l'armée que possède ton père, ainsi que la mienne ! »
« Richard ! », asséna la reine, « Rappelle-toi que je suis une combattante hors pair, la meilleure de tout le royaume. De plus je n'ai encore jamais commandé d'armée. Si tu me laissais à la tête du bataillon, nous pourrons la vaincre ! »
« Non ! C'est trop dangereux ! », lança Richard, « Je ne peux te perdre, tu comptes beaucoup trop pour moi. »
« Richard… Je ne veux pas la perdre, elle est tout pour moi. Je préférerais me sacrifier si cela signifie une vie meilleure pour Aurore. »
« Je refuse catégoriquement ! De plus Aurore survivra, puisqu'elle sera réveillée par un baiser d'amour véritable. »
« Richard, c'est une légende. Personne n'a vu ça depuis des milliers d'années. On ne sait même pas si ça existe ! Je sais bien que deux personnes peuvent s'aimer de tout leur cœur. Mais l'amour véritable est une magie plus puissante que Maléfique elle-même. Ce n'est qu'une histoire que l'on raconte aux enfants. »
« Mais les fées… ? »
« Elle t'ont dit ça pour que tu gardes espoir, mais au fond elles le savent que notre petite fille est condamnée. Je t'en prie laisse-moi y aller. »
Le roi soupira.
« Très bien… Fais attention à toi. Reviens saine et sauve. »
« Je ferais de mon mieux. Pour le royaume, pour le roi… et pour Aurore. »
Aphira tourna le dos à son mari et sorti de la salle, elle ne vit pas les larmes couler sur les joues de Richard. Elle sorti du palais et aperçu sa fille jouant avec les fées. Elle s'approcha d'Aurore. Cette dernière s'adressa alors à sa mère :
« Mère ! Regardez je vous ai fait un bouquet de fleurs ! »
« Il est magnifique, mon ange », répondit la reine puis elle poursuivit, « ma chérie tu vas bientôt avoir quinze ans. Il est temps que tu saches. »
« Qu'y a-t-il mère ? Je vous sens préoccupée. », s'inquiéta Aurore.
« Aurore, mon enfant, je t'aime plus que tout au monde, c'est pourquoi je dois le faire. »
« Faire quoi, mère ? »
« Je vais m'occuper de cette sorcière, afin d'être sûre de ton avenir mais surtout pour m'assurer qu'elle ne pourra plus nuire. »
Ce fut Amaryllis qui s'interposa.
« Ne faites pas cela, je vous en conjure, vous ne savez pas de quoi elle est capable. »
« Je le dois, pour le royaume entier et pour ma petite fille. »
« Majesté », commença Angélique, « vous ne savez pas de quoi elle est capable. Nous sommes ses sœurs et nous l'avons vu à l'œuvre dans ses mauvais jours, qui sait ce que vous allez affronter… »
« Il suffit. », l'interrompit Aphira, « cette décision est indiscutable. »
Elle embrassa Aurore sur le front et parti en direction de l'armurerie.
Elle y retrouva son armure qu'elle avait enfilée lors de la dernière grande guerre, celle contre son époux. Elle caressa le buste argenté poussiéreux et admira les éclats d'émeraudes qui parcheminaient les côtés. Elle enfila l'armure. Son corps frémit d'excitation lorsqu'elle sentit la cuirasse sur son corps. Elle adorait combattre à l'épée depuis toute petite, et rien que le fait de mettre son armure lui faisait un bien fou. Elle sorti sa rapière de son fourreau. Elle adorait sa lame argentée ainsi que son pommeau d'émeraude. Elle prit son arc favori, qui était en bois très rare, le plus résistant de la contrée.
Lorsqu'elle eut fini de s'équiper, elle se dirigea vers l'écurie pour y retrouver sa monture favorite, une jument du nom d'Artémis. Cela faisait si longtemps qu'elles se connaissaient. Artémis l'accueilli avec un hennissement de joie. Elle grignota quelques friandises qu'Aphira lui a apportée. Elle martela ses sabots au sol lorsqu'elle vit la reine prendre la selle de combat. Elle était heureuse de partager une nouvelle fois le champ de bataille avec sa meilleure amie.
La reine sortit de l'écurie, avec Artémis à son bras, et se dirigea vers l'armée royale. Elle s'adressa au général :
« C'est décidé nous partons en guerre contre la sorcière. »
« Bien madame. Dirigerez-vous les troupes ? »
« Bien entendu, je prendrais le commandement de l'armée. »
« Qu'en penses le roi ? »
« Le roi importe. J'ai tout autant le droit de mener cette charge. »
« Je n'ai jamais remis en question vos droits. Dans combien de temps souhaiteriez-vous partir ? »
« Le plus tôt possible général, nous devons en finir. »
« Bien madame, je vais convoquer mes hommes sur le champ. »
Quelques instants plus tard, l'entièreté de la garde royale se mit en route vers le château de Maléfique, avec à sa tête Artémis, chevauchée par la reine.
C'est alors que commença la guerre la plus meurtrière jamais vue, c'est aussi à ce moment-là que je suis confrontée, pour la toute première fois à cette histoire. Je m'appelle Iris et je suis la fille de Maléfique.
