Bonjouuuur !
Comment ca vaaaaa ?
Chech : hihihi *-* j'avoue, j'aime bien ! ^^
Guest : je ne sais pas à quoi tu penses, mais oui il va lui falloir du courage !
Piran : C'es rigolo d'écrire ses propres reviews XD Hey ils vivent non stop ensemble depuis des mois, son boulot c'est de la protéger, de ne pas la lâcher d'une semelle et là, bim, elle part XD je compatis avec lui ^^
Oui, ils sont en bonne voie ! mais c'est trop facile 0:-)
Jenn J.80 : Bonjour à toi ! Je suis très contente que cette fic de plaise ! Crois moi, c'est compliqué pour moi également de devoir attendre une semaine pour avoir votre avis hihi J'espere que la suite de cette fic de plaira ;)
Aude : Coucou ! oooh merci ! *-* Je suis contente d'être celle qui t'ait le plus faite pleurer ahah (oui c'est mon côté sadique ça ^^) Tu n'as pas trouvé Brindille ? c'est bizarre, je viens de le voir en faisant une recherche rapide. Cherche via Milk40 peut-être ;) Si tu apprécies cette fic parce qu'il n'y a pas le POV de Bella, alors on va avoir un soucis XDXD J'espere que tu continueras à apprécier cette fiction ;) Bises !
Catbl 2014 : Coucou ! On est d'accord, le happy end (s'il y a !) n'est pas pour tout de suite ;) Je te souhaite une bonne lecture ;) Bises
Momo 6 : ah non hein, après le calme il me faut une tempête moi XD Bella... elle voulait juste réaliser son rêve hihi heuuuu pour Edward... tu sais que je ne peux rien te dire, hein, sinon c'est pas drole... maiiiis tu finiras par être satisfaite hihihi
Lau : J'aime être vilaine avec notre Eddy ! hihi ça te rassure si je te dis que moi non plus je n'arrive pas à prendre partie ? hihi tantot je defends Bella, tantot c'est Edward XD
Rhoooo si tu devines tout à l'avance, c'est pas drôle ! :( XD
Hey, jme suis bien marrée cette semaine, certaines d'entre vous défendent Bella, d'autres Edward... Vous êtes trop marrantes ! Je sais même plus de quel côté j'étais en écrivant cette fic XDXD
Bon... J'ai promis une surprise, la voilà !
Bonne lecture *-*
Chapitre 38
Point de vue d'Isabella. [tam tadam!]
- T'hésite pas, Swan, si tu veux un ptit rail avant que toute cette merde ne commence.
Je posais mes yeux sur lui, tentant tant bien que mal de ne pas émettre de jugement à son égard. Félix Volterra, nominé dans la catégorie Album favori, était de ceux qui ne supportaient pas cette partie de notre travail, et ça je ne pouvais pas le lui reprocher.
Peu d'entre nous appréciaient à la fois le côté enregistrement et le côté promotion alors que l'un n'allait pas sans l'autre. Certains préféraient rester enfermés à composer ou trier les morceaux qui leur étaient proposés, jouant et, éventuellement, écrivant ce qui serait diffusé plus tard et s'épanouissaient dans cette phase alors que d'autres ne vivaient que pour l'autre côté du miroir : les concerts, les shootings, les interviews… les remises de prix, la notoriété en somme.
Félix et moi étions dans la première catégorie.
Mon regard circula sur l'intégralité du salon trop richement décoré dans lequel nous nous trouvions en attendant notre tour pour passer sur la scène du Microsoft Theater et je me rendis compte que nous étions nombreux à privilégier la première partie de notre emploi.
Il était très fort probable qu'aucun de nous ne se soit réveillé le matin même en se disant « chouette, ce soir c'est les AMAs ! ». L'alcool coulait depuis déjà quelques heures, modérément mais sûrement, certaines drogues plus ou moins douces étaient sorties du fond de quelques poches, histoire de distribuer un peu de courage, mais personne n'était extatique à l'idée de monter sur scène présenter quelques morceaux ou recevoir un prix, ou au contraire : voir la récompense aller à quelqu'un d'autre. Dans tous les cas, on préférerait être bien installés derrière nos instruments, tranquilles dans nos studios.
Sentiments ambiguës… ne pas vouloir endurer tout cela mais vouloir gagner pour autant.
Ma soirée allait être chargée, raison de plus pour préférer être restée à Seattle, non seulement je devais interpréter Side to Side, titre phare de mon dernier album dans les bacs, mais je vais également remettre le prix de l'album favori, en duo avec une collègue -et non des moindres !- et Félix plaçait tous ses espoirs en moi, souhaitant ardemment que je clame son nom dans le micro à l'ouverture de l'enveloppe (parce que rien n'est aussi bon pour les ventes que le prix du meilleur album de l'année, surtout quand l'industrie du disque se porte aussi mal que ces dernières années, merci les plates formes illégales de téléchargement !), mais j'étais également nominée dans deux catégories dont une des deux plus importantes de la soirée : meilleure artiste de l'année.
La pression était donc à son comble, d'autant que cela impliquerait de nombreux changements s'il advenait que je gagnais ce prix. Pour autant, la tension était la bienvenue, elle me permettait d'avoir l'esprit occupé afin de ne pas avoir à penser à mon problème actuel numéro deux : Edward Cullen et ses projets mariage, bébés, maison et barbec…
Oh oui, j'étais contente d'être en proie au stress pour ne pas avoir à me poser et réaliser -enfin- que non il n'était pas attiré par Mike mais par moi, et ce, depuis des mois, depuis que je lui avais gracieusement offert son week-end en famille. Certes, ça avait été aussi l'occasion pour moi d'importer les raies et les derniers poissons-chirurgiens mais cela restait avant toute chose un geste anodin. Il n'avait, alors, pas conscience de l'importance et la rareté que représentait une famille unie comme la sienne… Peut-être même que je l'avais envoyé chez ses parents en me disant que sauver une famille -à défaut de sauver la mienne- était déjà un grand pas en avant.
Et lui était tombé amoureux de moi… Il avait des projets pour nous.
Finalement, la cérémonie ne me stressait pas suffisamment : mon esprit divaguait trop.
- Hey, Swan ? M'interpella Maluma, auteur, compositeur et interprète colombien au combien sexy qui m'avait contactée à plusieurs reprises dans l'espoir de pouvoir mettre en place un duo, le pauvre ignorait combien j'étais déjà chargée de travail.
Cela étant, négligemment étendue sur un des sofas, ne faisant pas réellement attention ni à la robe d'Alice, ni à la coiffure qu'elle s'était escrimée à créer, je ne devais pas vraiment avoir l'air débordée.
- Hey, salut toi, qu'est-ce que tu deviens ? Je savais pertinemment qu'il venait de viser juste en enregistrant un duo qui cartonnait on ne peut mieux, mais ça flatte toujours l'ego de pouvoir se vanter d'un coup pareil.
Il se baissa pour me faire la bise avant que je n'eus le temps de me redresser pour le saluer. Vraiment, je dus passer pour une fainéante. Cependant il ne semblait même pas s'en soucier puisqu'il se laissa tomber sur le sol et s'assit en tailleur à hauteur de ma tête. Je me rendis alors compte qu'il était bien pâle pour un colombien…
- Tu connais pas la nouvelle ? -Visiblement, il n'allait pas se vanter de son coup marketing.
- Non….
- Shakira n'est pas là !
Je me redressais comme un ressort sur le canapé.
Mon estomac se contracta alors que la pièce commençait à tourner autour de moi.
- Comment ça « Shakira n'est pas là » ?
Je savais pertinemment qu'il devait présenter son fameux duo avec elle (l'organisation de cette soirée n'avait aucun secret pour moi : j'avais horreur des surprises !) mais la seule chose qui me préoccupait était que c'était avec elle que je devais remettre le prix de l'album de l'année ! Déjà qu'improviser n'était pas ma tasse de thé, mais si en plus je devais faire ça seule….
- Figure toi qu'elle vient de contacter la Dick Clarck Production pour signaler qu'elle ne viendrait pas.
- Non mais attends, elle a appelé quand pour dire ça ?
- Y'a dix minutes, après le temps que la prod' me trouve… Bref, je viens de l'apprendre.
- Oh elle m'agace ! J'espère qu'elle est en train de mourir du tétanos au fond de son lit parce que c'est la seule excuse qui serait valable à mes yeux !
- Même pas, ça va mal avec Piqué du coup elle a pas le moral.
- Et nous, on l'a le moral à devoir faire n'importe quoi sur scène parce qu'on n'a pas d'issue de secours ?
Autant tout était réglé à la minute près, autant ce genre d'incident n'était jamais anticipé. Qu'est-ce que j'en avais à faire moi que son couple soit en train de voler en éclats ? Irrémédiablement, mon esprit partit, de manière tout à fait indépendante de ma volonté, vers lui et ses confidences à Mike. Lui et ses lèvres... Le moins que je puisse dire était que ça ne pouvait pas plus mal tomber. Je regrettais même d'avoir évoqué l'homosexualité de mon meilleur ami et mon projet de les voir finir ensemble. Si j'avais fermé ma bouche, il croirait encore que Mike et moi étions ensembles et n'aurait rien dit de ses sentiments à mon ami.
Mais la présence de mes parents et la consommation d'alcool qui en avait découlé avaient eu raison de mon silence.
- Et bien, j'ai peut-être une issue, moi !
Il me fallut quelques secondes de trop pour comprendre qu'il ne parlait pas de mon problème avec Edward.
- Ah oui ?
- Tu les connais les paroles, toi !
- Et ?
- Chante avec moi sur scène !
- A la place de Shakira ? Même pas en rêve !
- Oh allez, Swan ! Tu vas pas me laisser faire ça tout seul ! Tu sais que c'est pas mon octave !
- Arrête ça, tu passes dans un quart d'heure en plus, j'ai pas le temps de me chauffer les cordes vocales ni rien !
- Justement parce que c'est dans quinze minutes, tu es la seule qui puisse le faire ! Je t'en prie me lâche pas, Swan !
- Elle me saoule Shakira ! Fis-je en abdiquant, jetant mes jambes hors du sofa, sans vraiment savoir dans quoi je me lançais.
Bien sûr, je connaissais les paroles par cœur pour les avoir chantées à tue-tête à de nombreuses reprises dans la cuisine ou dans ma chambre, mais de là à les interpréter sur scène, à la place de la chanteuse originale, il y avait tout un monde !
Mon rythme cardiaque s'accéléra alors que ma tête commençait à tourner. J'appréhendais déjà suffisamment à l'idée de chanter ma chanson, il fallait en plus que j'interprète celle des autres… Cela étant, je ne savais pas dire non et Maluma semblait compter dessus.
C'est ainsi que je me retrouvai face à un des immenses miroirs disposés à égale distance les uns des autres. Autant la salle de spectacle était incroyablement sobre, uniquement mise en valeur par le velours qui recouvrait les fauteuils, autant le salon VIP était digne d'un château français. La moquette rouge au sol rappelait le tissu des sièges des gradins alors que les murs blancs immaculés étaient cernés de moulures et de corniches richement dorées. Chaque miroir était surplombé par une imposante gravure florale réalisée à même la pierre.
L'opposé total de la pièce principale.
J'observais la robe qu'Alice m'avait fournie pour la montée des marches et la remise de prix : je ne pouvais pas chanter sur scène avec ça, c'était trop guindée, trop officielle comme tenue. Absolument pas ce qu'il me fallait pour me déhancher avec Maluma….
Je fis signe à une des nombreuses assistantes disséminées partout dans la pièce, aussi discrètes que nos gardes du corps.
Une petite blonde s'occupa de ma requête, les larmes aux yeux d'avoir adressé la parole à Isabella Swan. Il ne lui fallut que quelques petites minutes pour traverser les sous-sols du théâtre jusqu'à la pièce où étaient entreposées nos tenues. En principe, elles nous étaient apportées en temps normal mais rien n'était normal ce soir-là.
Je déhoussais et étalais les tenues qu'Alice m'avait fournies sur le dossier du canapé que j'avais squatté jusque-là, sous les yeux de Maluma qui jubilait d'avoir trouvé quelqu'un pour son duo, alors que je me fis la réflexion qu'Alice faisait vraiment un excellent travail et je pris le temps de réfléchir quelques instants à ce qui serait le plus approprié. Bien évidemment, la sœur d'Edward avait pensé à me fournir plus de tenues que ce qui était nécessaire et c'est à cela que l'on reconnaît les professionnels.
J'avais sous les yeux la mini robe rouge bustier qui était prévue pour l'interprétation de Side to Side, et qu'Alice avait dû retoucher grâce à l'avis d'Edward, et ça, ça ne changerait pas. J'avais également une splendide robe noire et longue à une seule bretelle asymétrique qui n'était pas adaptée au spectacle mais plus à la partie « remise de prix » : Alice prévoyait que je donne le prix dans la robe avec laquelle j'avais monté les marches mais en ayant sa création sous les yeux, je ne pus me résoudre à la laisser dans sa housse sans que personne ne puisse l'admirer. Ça serait un excellent coup de pub pour la jeune femme.
La dernière housse renfermait une robe dorée qui faisait miroiter la lumière des spots incrustés parmi les moulures du plafond. Ultra moulante et indécemment courte, elle était surmontée de deux fines lanières tressées : elle serait parfaite pour chanter aux côtés de Maluma.
Je défis rapidement le chignon qu'Alice avait passé des heures à structurer et lançai :
- Si je fais ça pour toi, j'espère bien que tu feras la remise de prix avec moi !
- Dans tes rêves Swan ! Moins je suis sur scène et mieux je me porte !
- Moi aussi et pourtant je fais ça pour toi !
- Et bien arrête de traiter les autres comme tu voudrais qu'ils te traitent, ça n'amène jamais rien de bon !
Il éclata de rire alors que je tentais vainement de le frapper malgré le canapé qui nous séparait. Je savais qu'il avait parfaitement raison : on ne peut rien attendre de qui que ce soit sauf soi-même et, en ce qui me concernait, j'aurais fait exactement la même chose, pourtant je ne pus m'empêcher d'être vexée : pour rien au monde je n'avais envie de remettre ce prix toute seule, même un duo avec Daddy Yankee ne valait pas la peine !
Je défis avec grand soin la robe qu'Alice m'avait fait porter pour entrer dans le théâtre avant de la poser dans la housse qui avait abrité la tenue que je m'apprêtais à mettre. Je me retrouvais en sous-vêtements devant tous mes collègues mais n'y prêtais guère attention : j'avais rapidement perdu toute pudeur avec ce travail, entre les clips et les shootings de Tanya, j'avais déjà fait pire que me balader en lingerie !
J'enfilais la robe constituée de paillettes dorées et observais le résultat dans le miroir après avoir ébouriffé mes cheveux. Ma toute nouvelle styliste n'approuverait probablement pas, mais le résultat me plaisait bien. Le tissu me collait tellement qu'il semblait former une seconde peau. Malgré la pléthore de paillettes, il n'en restait pas moins agréable à porter. Bien sûr, la tenue était incroyablement courte et je me félicitais de ne pas avoir écouté Alice lorsqu'elle m'avait déconseillé le port d'une culotte.
Mes cheveux tombaient en un fouillis magistral sur mes épaules : les torsades du chignon les avaient travaillés de sorte à leur donner une certaine souplesse. C'était flou mais ça donnait à ma chevelure un petit côté sauvage que j'appréciais. Ce n'était pas conventionnel donc j'aimais bien ! Et puis je savais que ça plairait à Edward...
J'optais pour ma paire vertigineuse de Louboutin apportée avec moi pour l'occasion : je savais bien que j'allais pouvoir les sortir de leur boîte ! D'autant que des hauts talons étaient bien plus pratiques pour danser. J'aurais pu choisir les chaussures à lanières qu'Edward affectionnait tant mais elles n'allaient pas avec la tenue. Bref, point de vue stylistique j'étais prête, pour ce qui était de la nervosité, c'était tout autre chose…
Un rapide coup d'œil sur l'immense écran qui trônait sur un des murs du salon et qui diffusait la soirée en direct m'apprit que ça allait très bientôt être notre tour. Maluma saisit ma main en un geste apaisant, sans aucune ambiguïté : nous étions aussi tendus l'un l'autre.
Nous quittâmes le salon et traversâmes les dédales de couloirs, Garrett me suivant comme mon ombre. Nous croisions ici et là des assistants ou organisateurs frôlant le burn out, courant partout comme si leur carrière était en jeu et, vu les enjeux, c'était peut-être le cas.
Nous atteignîmes les coulisses, au bord de la scène et les ingé son nous donnèrent aussitôt un micro et une oreillette pour l'accompagnement et le retour voix. Les lumières étaient éteintes de l'autre côté du rideau et les sept mille spectateurs créaient un brouhaha assourdissant.
- J'espère que tu sais que je te déteste de me faire un coup pareil !
- Oh oui, j'en ai bien conscience, mais je ne t'ai jamais caché que je voulais faire un duo avec toi !
- Avoue, en fait tu as demandé exprès à Shakira de ne pas venir !
Je ris de ma propre tentative d'humour : je savais bien qu'il était autant -si ce n'est plus- embêté par l'absence de la blonde.
Maluma inspira un grand coup et se dirigea jusqu'au centre de la scène plongée dans la pénombre et n'eut à patienter que quelques secondes avant que l'introduction ne commence. Le public reconnut instantanément les premières notes et se mit à hurler, totalement hystérique.
Le stress en moi augmenta d'un cran, ne sachant pas réellement comment allait être perçue ma participation sur ce morceau. Les spectateurs n'avaient pas été avertis de l'absence de la colombienne et ça allait être un choc pour eux de me voir moi aux côtés de Maluma.
Les projecteurs s'allumèrent brutalement sur mon collègue qui tenta autant que possible de ne pas paraître aveuglé. Il avait une parfaite maîtrise de lui-même et semblait bien plus à l'aise qu'il ne l'était vraiment. Il entama son premier couplet alors que j'étais toujours cachée par les épais rideaux, Garrett alors dans mon dos allait rester à la même place durant toute la chanson.
« Cuando estás bien te alejas de mí
Te sientes sola y siempre estoy ahí
Es una guerra de toma y dame
Pues dame de eso que tienes ahí. »
Il semblait tellement à l'aise que personne dans la salle ne pourrait soupçonner à quel point il avait été nerveux en apprenant l'absence de son binôme.
« Oye baby no seas mala
No me dejes con las ganas
Se escucha en la calle
Que ya no me quieres
Ven y dímelo en la cara. »
J'étais quasiment jalouse de le voir animé ainsi par les basses et les paroles. Vint mon tour d'entrer sous les projecteurs, je n'étais absolument pas prête et n'avais pas eu le temps d'échauffer ma voix, mais me lançais. J'entamai ma première phrase dans l'ombre du rideau et m'avançais lentement jusqu'au traître qui pouvait me servir d'ami, le rythme de mes pas calé sur celui de la bande son.
« Pregúntale a quien tú quieras
Vida, te juro que eso no es así »
J'arrivai aux côtés de Maluma, en ayant pris soin de ne pas gêner les merveilleux danseurs que je ne pouvais m'empêcher de jalouser tellement leurs mouvements étaient aisés et fluides. Ça avait beau être leur métier et leur seul centre intérêt, ils n'en étaient pas moins formidables. Sélectionnés parmi les meilleurs Zumba Jammers des États-Unis, ils étaient choisis et formés par Beto Perez lui-même, le créateur de Zumba, formatés suffisamment jusqu'à être capables de créer leurs propres chorégraphies qui seraient dansées dans le monde entier. Les meilleurs des Jammers avaient été embauchés pour la soirée afin d'habiller la scène.
J'atteignis la lumière des projecteurs et le public se rendit compte du changement de dernière minute qui s'était opéré dans les coulisses : les spectateurs étaient euphoriques et le retour dans mon oreille me brisa quasiment un tympan.
« Yo nunca tuve una mala intención
Yo nunca quise burlarme de ti »
Je me plaçai face au public, savourant leur cri. Malgré la pénombre dans les gradins, je pus apercevoir que la plupart des spectateurs s'était levée lors de mon apparition. Je n'étais pas particulièrement orgueilleuse ni prétentieuse, mais c'était bon de savoir que ma simple participation sur un morceau pouvait créer ce genre de réaction.
« Conmigo ves, nunca se sabe
Un día digo que no y otro que sí. »
Oh oui, la réaction du public était de bonne augure pour moi ! Mon regard scanna la foule la plus proche de la scène, là où je savais qu'étaient installés mes proches. Malgré l'adrénaline et le stress, j'eus assez de bon sens pour ne pas poser mes yeux sur Edward et préférai fixer Angela avec un immense sourire.
Le refrain approchait, annoncé par la phrase de Maluma : « Yo soy masoquista » puis la mienne : « Con mi cuerpo, un egoísta. ». Le refrain commença, décuplant -si c'était possible !- les cris du public. Nous chantâmes d'une même voix alors que je tentais de me visualiser en train d'interpréter ce titre dans ma cuisine, en pyjama, histoire d'oublier l'énormité de ce qui se passait sur les planches du théâtre.
Maluma et moi nous fîmes face, occultant tout ce qui se passait autour de nous pour entamer :
« Tú eres puro, puro chantaje
Puro, puro chantaje »
Maluma entonna sa phrase :
« Siempre es a tu manera »
Puis me laissa chanter la mienne :
« Yo te quiero aunque no quieras »
Puis à nouveau ensemble avant de chanter séparément :
« Tú eres puro, puro chantaje
Puro, puro chantaje
Vas libre como el aire
No soy de ti ni de nadie »
La tension était enfin en train de disparaître et lui comme moi commencions réellement à nous amuser, pour ma première fois de la journée. En ce qui me concernait, c'était la première fois depuis bien plus longtemps : exit Edward et sa déclaration, exit mes parents qui ne seraient jamais satisfaits quoi que je fasse, exit la pression de l'artiste favori…
Maluma poursuivit alors que mon corps dansait comme s'il était encore dans ma salle de bain, ma brosse à cheveux en guise de micro.
« Como tú me tientas cuando tú te mueves
Ese movimiento sexy siempre me entretiene
Sabes manipularme bien con tus caderas
No sé porqué me tienes en lista de espera »
Exit ce taré qui m'avait poignardée pour une photo, exit Cooper et sa thérapie.
Une fois de plus, je pris la place de Shakira sur un couplet, les cris du public se ravivaient à chaque fois que j'approchais le micro de mes lèvres.
« Te dicen por ahí que voy haciendo y deshaciendo
Que salgo cada noche, que te tengo ahí sufriendo
Que en esta relación soy yo la que mando
No pares bola a toda esa mala propaganda »
Exit Jacob, exit Angela.
« Pa-pa'qué te digo na', te comen el oído
No vaya a enderezar lo que no se ha torcido. »
Le débit de paroles était ultra rapide et je prêtais attention à ne pas bafouiller. Heureusement pour mon ego, mon tour céda même si c'était pour quelques trop courtes phrases :
« Y como un loco sigo trás de tí
Muriendo por ti
Dime que hay pa'mi, bebé »
Je lui répondis « Qué ? » en haussant négligemment une épaule, -voilà que je rentrais dans mon personnage !- et entamai un nouveau couplet :
« Pregúntale a quien tú quieras
Vida, te juro que eso no es así.
Yo nunca tuve una mala intención
Yo nunca quise burlarme de ti.
Conmigo ves, nunca se sabe
Un día digo que no y otro que sí. »
Je commençais à perdre mon souffle, définitivement je n'arrivais pas à la cheville de la chanteuse originale ! Maluma annonça l'arrivée du prochain refrain avec : « Yo soy masoquista » auquel je répondis : « Con mi cuerpo un egoísta » et le refrain recommença et s'organisait de la même manière : d'abord à deux voix, puis lui et ensuite moi.
« Tú eres puro, puro chantaje
Puro, puro chantaje
Siempre es a tu manera
Yo te quiero aunque no quieras
Tú eres puro, puro chantaje
Puro, puro chantaje
Vas libre como el aire
No soy de ti ni de nadie »
J'enchaînai directement en dodelinant de la tête, secouant au passage mes cheveux à cause desquels Alice allait probablement vouloir me tuer :
« Eh eh eh eh eh Nadie
Eh eh eh eh eh Nadie
Eh eh eh eh eh Nadie, nadie, nadie.
Con mi cuerpo un egoísta »
Maluma passa son bras sur mes épaules alors que je passai le mien dans son dos et nous fit faire face aux spectateurs qui hurlèrent de manière hystérique en nous voyant aussi proches. Ils étaient toujours à la recherche du dernier potin et j'étais certaine que quelques minutes plus tard des rumeurs circuleraient déjà sur une hypothétique liaison entre nous, mais je ne m'en préoccupais pas (j'avais déjà Miky et Edward à gérer et c'était suffisant !). Le morceau touchait à sa fin et la pression retombait, nous n'avions plus qu'à savourer le dernier refrain.
« Tú eres puro, puro chantaje
Puro, puro chantaje.
Siempre es a tu manera.
Yo te quiero aunque no quieras.
Tú eres puro, puro chantaje
Puro, puro chantaje.
Vas libre como el aire.
No soy de ti ni de nadie. »
Maluma embrassa le sommet de mon crâne alors que je terminais la chanson en reprenant des « Eh eh eh eh eh Nadie » et j'étais certaine que, depuis sa place dans les gradins, Edward était en train de bouillir de jalousie, parce que oui, c'était bien son genre !
Je poussais un profond soupir au moment où les spots s'éteignirent sur nous et Maluma resserra son bras autour de mes épaules :
- Jte dois beaucoup, tu le sais ça, Swan ?
- Alors annonce l'album favori avec moi !
- Dans tes rêves !
Il éclata de rire et, heureusement pour sa crédibilité, nos micros étaient éteints dès nos prestations terminées.
- Jte déteste !
- C'est faux !
Bien sûr que c'était faux, il venait de me prouver que je pouvais faire n'importe quoi, mon public serait toujours derrière moi et ça n'avait pas de prix !
Et dire que j'ai louppé Maluma en concert ya deux semaines... f***
Alors, sinon, un avis sur Bella ? *-*
