Est-ce qu'on ne srait pas vendredi par hasard ? Mais si, mais si !

Bonjouuuuur ! :D Comment ça va ?

Momo 6 : On est d'accord, elle aurait mieux fait de le réveiller ^^ mais est-ce qu'elle est pas trop mignonne à l'embrasser sans le réveiller ? hihi Et pis... si elle l'avait réveillé, çaaurait été trop facile XD

Lau : Ouii ça y est, la boucle est bouclée. Petit séjour à Porto Rico et on saura enfin ce qu'Eddyroudoudou a trafiqué XD J'aime beaucoup ta théorie des chihuahuas ^^ La nouvelle ère est top secrete mais j'aime beaucoup ton hypothèse :P

Allez, petit séjour à Porto Rico histoire de se réchauffer un peu XD

Bonne lecture, bonne fin de semaine et bon week-end :)

Chapitre 41

Devant moi s'étendait une imposante et luxueuse villa tellement blanche que le soleil qui se reflétait sur la façade m'aveuglait. Le contraste avec le ciel incroyablement bleu était saisissant.

Je positionnais mes lunettes sur l'arrête de mon nez et sortis de la voiture une fois que Garrett m'eut ouvert la portière.

La demeure était un amoncellement de cubes, majoritairement horizontal et quelques-uns semblaient superposés. De larges baies vitrées laissées ouvertes à tous vents, surplombant de nombreuses terrasses aux tailles disparates, semblaient perforer la bâtisse, accentuant l'impression de maison de vacances qu'elle donnait.

J'avais soudainement l'air ridicule avec mon appartement en centre-ville et considérai l'espace de quelques instants la possibilité d'emménager dans ce genre d'habitation.

L'air chaud et humide contrastait peu avec celui de Los Angeles et je remerciais la providence pour ne pas être venue directement de Seattle, sinon j'aurais eu du mal à m'adapter !

Un majordome, sans doute intrigué par le bruit du moteur de la voiture de location, sortit de la villa, descendit les quelques marches du perron puis le chemin agencé et sinueux qui menait jusqu'au parking sur lequel nous nous trouvions.

-Mademoiselle Swan, avez-vous fait bon voyage ?

Comme c'était bon de savoir que j'étais attendue chez Daddy Yankee !

-Très bien, merci. Je vous présente Garrett, mon garde du corps. Il me suivra partout. -Parce que je savais que si ce n'était pas le cas, Edward m'en voudrait à vie, déjà qu'il allait m'en vouloir d'être partie sans lui…

-Et bien enchanté Garrett. Je suis Pedro. Si vous avez besoin de quoi ce soit, voyez avec moi, je suis là pour ça.

Sa voix était trainante et profondément empreinte d'un accent chantant qui l'obligeait à rouler les « r ».

Les présentations se terminèrent rapidement et Pedro se saisit de nos bagages dans le coffre avant de nous précéder jusqu'à la villa. Autant il était taillé finement, pour un quarantenaire, autant il ne semblait éprouver aucune difficulté à porter nos affaires. Et pourtant Dieu sait que j'en avais des choses dans mon sac, y compris le trophée du meilleur artiste de l'année !

Toujours chaussée de mes hauts talons à lanières, j'eus du mal à progresser sur le chemin qui menait jusqu'au perron, jusqu'à ce que ne Garrett s'en rende compte et me propose son bras pour aider mon ascension.

Pedro nous fit entrer dans la villa et mon souffle se coupa. L'intérieur était épuré mais tellement, tellement luxueux. Je me fis la promesse de ne jamais faire venir Daddy Yankee dans mon appartement, de sorte à ne pas mourir de honte.

Est-ce qu'Edward avait ressenti la même chose la première fois qu'il avait mis les pieds chez moi ?

L'entrée donnait sur un vaste salon aussi blanc et illuminé que la façade extérieure, une impressionnante cuisine ouverte se tenait au fond de la pièce, sur ma droite, les rangements étaient gris anthracite et contrastaient astucieusement avec le reste de la demeure.

Les imposantes baies vitrées faces à moi donnaient sur une terrasse puis une large piscine à débordement. La vue stupéfiante s'étendait jusqu'à l'Océan Atlantique dont on pouvait entendre le ressac.

-Bella ! Tu as fait vite !

Je sursautais en l'entendant : je ne l'avais pas vu descendre les escaliers en colimaçon qui se situaient entre la cuisine et moi.

-Quand on reçoit une proposition comme celle-ci, on ne traîne pas trop des pieds !

Il éclata de rire avant de prendre la direction de sa cuisine. Autant je m'étais attendue à le trouver avec une de ses éternelles paires de lunettes et chaînes en or, autant, stupidement, je ne m'étais pas attendue à ce qu'il soit aussi… simple. Jean, t-shirt blanc et pieds nus.

J'aurais pu croire que le voir ainsi aurait détruit le mythe, mais ce fut tout le contraire : je dus me concentrer sur ma respiration pour ne pas me mettre à sautiller partout comme une adolescente hystérique.

-Je vous sers quelque chose ?

J'allais défaillir !

-Va pour un verre d'eau.

Il leva un sourcil à mon intention mais ne fit aucun commentaire.

-Je vous présente Garrett, mon garde du corps.

-Oh bien sûr, où avais-je la tête ? C'est tellement une chance pour moi d'avoir la grande Isabella Swan chez moi que j'en perds toute politesse ! Enchanté mec !

Il lui serra la main comme si c'était la chose la plus naturelle qui soit alors que moi je suffoquais : un honneur pour lui ?

C'est une blague ?

Il dut voir ma mine déconfite puisqu'il expliqua :

-Tu crois vraiment que je reçois tous les jours chez moi la star proclamée favorite de l'année ?

-Heu, non, en fait je sais pas…

-Je t'ai vu hier et je t'ai trouvée époustouflante. C'est pour ça que je voudrais te proposer un enregistrement. Tout est déjà écrit et planifié, il ne me manquait qu'une seconde voix… et te voilà !

J'étais soufflée et sans voix. J'acceptai le verre d'eau qu'il me tendait pendant que Garrett en fit de même. Rapidement et avant même que nous visitions les lieux, notre hôte nous fit comprendre que nous avions du travail et qu'il était déjà temps pour nous de nous mettre en route.

-On recommence !

Dire que Daddy Yankee était perfectionniste serait un euphémisme, avec lui tout le monde en prenait pour son grade : autant les musiciens que moi-même. Il était tout aussi exigeant avec lui et ça c'était appréciable ! Il n'hésitait pas à nous faire travailler encore et encore un couplet ou une mesure et je compris que c'était là la clé de sa réussite : du sérieux et encore du sérieux. Il n'avait rien à voir avec le Daddy Yankee que j'avais rencontré le soir de son anniversaire, joueur et dragueur, non, il était ultra professionnel et c'est pour cela que nous étions faits pour bosser ensemble !

Le seul moment où il avait laissé se fendiller son armure fut quand il me demanda de cesser de l'appeler Daddy Yankee pour le nommer par son prénom, Ramón, mais c'était impossible pour moi. C'était comme apprendre que le père Noël s'appelait Robert et que je ne devais utiliser que ce nom pour parler de lui… Impossible en somme.

Nous passâmes tout l'après-midi et une partie de la nuit à travailler le morceau -qui était excellent, bien sûr !- et je commençais à comparer mes chaussures à un instrument de torture. De plus, je trouvais ma robe un peu trop courte pour travailler dans le studio d'enregistrement de Ramón : les gens avec qui il bossait n'étaient pas aussi professionnels que lui et je sentais régulièrement leurs regards lorgner sur mes jambes.

J'accueillis avec joie le moment de quitter le studio pour rejoindre la villa. Avait-il conscience que ma nuit précédente avait été particulièrement courte ?

Il nous fit rapidement faire le tour de la propriété, succession vertigineuse de pièces blanches, impeccables et immaculées jusqu'à nous proposer deux chambres communicantes. Je m'endormis bien rapidement après avoir pianoté rapidement sur mon téléphone jusqu'à trouver ce que je cherchais : la photo qu'Alice avait prise d'Edward et moi à l'hôtel, juste avant que l'on ne parte pour la cérémonie. Son bras enlaçait étroitement ma hanche et son sourire était éblouissant. Nous formions un joli couple sur l'écran, toute la question était de savoir s'il en serait de même dans la vraie vie.

Le lendemain matin, des coups furent frappés bien trop tôt contre la porte de la chambre que j'occupais et Ramón entrebâilla la porte avec de passer sa tête sans même attendre de réponse de ma part. Impossible pour moi de le lui reprocher : il était chez lui ! Et puis surtout c'était Daddy Yankee, il avait tous les droits !

-Hey Bella, ça te dit un petit footing sur la plage ?

Même si je serais volontiers restée sous les draps, j'avais effectivement envie -et besoin !- de courir. Alors que je le rejoignis dans la cuisine pour un rapide café, je réfléchissais pour savoir depuis combien de temps est-ce que je n'avais pas couru : entre mes parents et la cérémonie j'en avais raté des séances de sport !

Je savais que nous allions enchaîner l'enregistrement du single avec le tournage du clip et ne pouvais plus me permettre de rater un running. Hors de question que je tourne aux côtés de Yankee avec un seul gramme de trop !

C'est pourquoi en moins de temps qu'il n'en fallait pour le dire nous nous retrouvâmes Ramón, Garrett et moi en tenue à fouler le sable de manière régulière, alors que le soleil se levait paisiblement.

La plage était déserte, seule la trace de nos pas était visible.

-Tu cours pas avec un garde du corps ? -L'avantage de mes footings réguliers était que je pouvais aisément tenir une conversation sans ressembler à un bœuf en fin de vie.

-Pourquoi faire : il n'y a personne sur la plage.

-Je vois ça mais bon… on ne sait jamais !

-Déjà, cette plage est à moi, elle est entièrement privatisée, ensuite, je suis persuadé que devenir parano ne mènera nulle part. C'est comme ces stars qui font signer des contrats de confidentialité à tour de bras…

Je luttai pour refreiner le hoquet de surprise qui m'assaillit et répondis le plus naturellement possible :

-Ouais, si ça c'est pas une preuve de paranoïa !

Je luttais pour ne pas regarder Garrett et voir la tête qu'il faisait alors. Lui savait qu'en tapant paranoïaque sur Google on pouvait certainement tomber sur une photo de moi !

Nous finîmes nos quinze kilomètres de course et je fus surprise de constater que j'avais été celle qui avait eu le plus de difficultés : les conditions climatiques avaient un véritable impact sur mes courses et mon endurance. J'étais persuadée de pouvoir les battre sur une même distance mais dans les conditions semblables que celles que l'on rencontre à Seattle. A moins que mes runnings ne soient meilleurs chez moi parce qu'il y avait… Edward.

Quand nous avions couru la première fois ensemble, j'avais été profondément fière d'être en mesure de battre un Seal, même si j'avais eu à cœur de le ménager, connaissant son histoire et la raison de sa réformation. Cependant, au fil de nos courses, il avait récupéré son endurance et mon égo en avait souffert, me poussant à intensifier mes propres entraînements.

Ce n'était pas suffisant pour être meilleure que Daddy Yankee !

Une douche et un petit déjeuner healthy dans les règles de l'art plus tard, nous étions en route pour une nouvelle journée dans le studio d'enregistrement.

Ayant troqué ma mini robe de soirée contre un short et un débardeur, j'étais bien plus à l'aise pour travailler. La mélodie était entraînante, lascive et efficace -comme toutes celles composées par Ramón et, comme il en avait l'habitude, les paroles étaient sulfureuses. Je n'émettais aucun doute sur fait que ça serait le tube de l'été à venir.

La bande instrumentale était composée entre autre d'un cuatro -sorte de guitare portoricaine- et mêlait éléments musicaux typiquement reggaetons et populaires qui allaient sans aucun doute faire se déhancher pas mal de monde !

Nous étions assis dans la salle de mixage, entre nous trois -Garrett, qui ne me lâchait pas d'une semelle, y compris- et les ingénieurs son, nous étions une dizaine de personnes entassée dans l'étroite pièce à écouter la première version qui arrivait à plaire à Daddy Yankee. Bien sûr, il allait encore falloir retoucher deux ou trois mesures mais ça semblait lui aller. En même temps cela faisait déjà cinq jours que nous travaillions dessus non-stop…

Les premières notes du morceau résonnaient dans la pièce et tout le monde sourit. Quand on sait que le succès d'une chanson se joue dans les quatre premières secondes de l'écoute on comprend que les intros soient aussi importantes !

Ma voix se mêlait merveilleusement bien à celle de Ramón et il me surprit en s'exclamant :

-J'arrive pas à croire que je ne t'ai pas proposé plus tôt une collab' !

-C'est pas faute d'en avoir rêvé ! Fis-je avec un grand sourire.

Oh oui j'en avais rêvé pendant des années, avant même ma signature chez la Meyer Reccords ! C'est pourquoi je m'étais naturellement tournée vers le reggaeton : partager un point commun avec cet homme, avoir quelque chose qui puisse nous rapprocher...

Bien sûr, ça restait purement professionnel : je ne souhaitais absolument rien d'autre. Lui était marié et moi j'avais… Edward.

Nous finîmes par quitter le studio sur la fin d'après-midi.

-Est-ce que tu penses que Garrett pourrait prendre sa soirée ?

-Non pas du tout, pourquoi ?

J'avais répondu du tac-au-tac : Garrett devait être comme mon ombre et puis… je ne le voulais pas, quitte à ce que Ramón comprenne que j'étais de ces paranos qu'il ne supportait pas. Et puis Edward me tuerait s'il apprenait que j'avais congédié mon garde du corps, même pour une soirée !

-Et bien j'avais un projet pour ce soir et ça m'arrangerait qu'il ne vienne pas.

-Garrett est mon ombre et c'est non négociable, expliquais-je. Le message était clair même si je ponctuai ma phrase d'un rire.

-Bon ben je n'ai pas d'autre choix que de faire avec.

Même s'il semblait contrarié, il me sourit en m'ouvrant la portière de son SUV. Garrett monta à l'avant et moi à l'arrière alors que Ramón prit le volant. Il ne nous conduisit pas jusqu'à sa villa mais à un petit embarcadère sur lequel des vaguelettes venaient terminer leur course.

-On va où ?

-Surprise !

Je sentis, sans avoir besoin de les voir, les épaules de Garrett se tendre. Heureusement que c'était lui qui m'accompagnait et pas Edward parce que si Garrett était sur la défensive, qu'est-ce que ça aurait été pour mon coloc ?

Je n'y connaissais pas grand-chose en bateau -me limitant aux ferrys de Seattle- mais il me semblait que le seul bateau rattaché était une vedette : de petite taille avec une cabine afin de se protéger des éclaboussures.

Daddy Yankee sauta du ponton pour atterrir à bord et me tendit la main pour que je fasse de même.

-T'es sûr de toi ?

-C'est obligé si tu veux ta surprise !

-J'ai le droit de dire que j'ai juste envie de rentrer me coucher ?

-Isabella ! Tu es si jeune et pourtant tu vis déjà comme une vieille !

Edward m'avait déjà reproché ma façon de vivre, il n'allait pas s'y mettre lui aussi, si ?

Je me saisis de sa main et sautai à bord, contente d'avoir opté pour une paire de tongs. Garrett m'imita bien que Ramón détourna peu subtilement son regard de sorte à ne pas lui prêter main forte, nous faisant bien comprendre qu'il était contrarié de sa présence à nos côtés.

Daddy Yankee alluma les moteurs de l'engin et nous nous éloignâmes de Porto Rico à mesure que le soleil se couchait, colorant de lumières chaudes le ciel et l'océan. Nous ne croisâmes aucun animal marin mais, pour autant, j'aurais aimé qu'Edward soit là : à coup sûr, il aurait apprécié la vue. Partager cette aventure avec moi également mais je savais avoir fait le bon choix en le laissant avec sa famille.

Après une demie heure que j'occupais à me laisser bercer par le bruit des vagues sur la coque, une île apparue, perdue au milieu de l'océan :

-Et voici l'île Culebra.

-Je savais que c'était pas une bonne idée !

Les années que j'avais passées à chanter avaient au moins servi à enrichir mon vocabulaire espagnol, je savais donc parfaitement que culebra signifiait serpent, couleuvre. Clairement, ce n'était pas de bon augure.

-Fais moi confiance, je ne prendrais pas le risque qu'il t'arrive quoi que ce soit. Et puis je sais que ma surprise va te plaire !

Toujours est-il que mon truc c'était les aquariums, pas les vivariums !

Alors que Daddy Yankee manœuvrait pour accoster auprès d'un ponton, je m'interrogeais sur mes poissons. En rejoignant Porto Rico, j'avais contacté William Grant, le directeur de l'aquarium municipal pour qu'il puisse venir prendre soin de mes bébés durant mon absence. C'était lui, la plupart du temps, qui venait s'en occuper lors de mes déplacements, pendant mes tournées principalement. Je lui avais même déjà confié quelques bébés piranhas contre bons soins. Je savais qu'il saurait s'occuper de mes amis mais il ne prenait jamais la peine de me donner de leur nouvelles, sauf en cas de problème.

C'est pourquoi, lorsqu'il m'avait contactée lors de ma dernière tournée européenne, j'avais paniqué en voyant son nom s'afficher sur mon téléphone. J'avais eu raison d'avoir peur : une coupure de courant avait eu lieu, déréglant les températures, l'éclairage et surtout l'oxygénation, créant une hécatombe.

Depuis, j'avais un générateur de secours !

J'aurais peut-être du prévenir Edward de la visite de William…

Daddy Yankee m'aida à descendre du bateau avant de nous conduire jusqu'à la plage. Le soleil était quasiment couché et c'était bien dommage : la plage semblait être magnifique. Je pouvais encore discerner le sable fin, extrêmement blanc et quasiment lisse ainsi que l'eau transparente qui devait être incroyable teintée à la lueur du jour.

Entourée de torches enflammées fichées dans le sol, une table basse était dressée sur la plage et ne semblait attendre que nous. Deux coussins de sol était disposés de part et d'autre et la présence de Garrett ne semblait pas du tout avoir été anticipée. Voilà pourquoi Ramón avait été aussi déçu : cela gâchait son projet de dîner aux chandelles.

Attends

Il se passe quoi, la ?

Même s'il s'agissait de Daddy Yankee, l'homme avec qui j'avais désiré travailler depuis si longtemps, il était hors de question qu'il se passe quelque chose qui n'ait pas de rapport avec notre single commun. Aussi, je fis attention à garder les idées claires et à ne rien dire qui puisse être entendu avec ambiguïté.

Nous nous étions installés l'un en face de l'autre et j'avais pris soin de toujours recadrer la conversation sur notre travail, tout en partageant un délicieux repas local et épicé. Nous parlâmes de sa carrière puis de la mienne, de ses projets puis des miens et ainsi de suite. Garrett s'était installé à l'écart, à même le sable et fixait, sans le voir, l'océan.

-Et donc, tu vas épouser Mike Newton ?

-Hein ? Je sursautai, ayant manifestement oublié où j'étais. Oui, les fiançailles sont pour bientôt ! Miky a déjà ma bague.

A force de repousser l'annonce officielle, les gens allaient finir par se poser des questions et il commençait à être urgent que Mike et moi en fassions autant : jusqu'où étions nous prêts à aller avec cette mascarade ?

Bien sûr, il avait déjà la bague de fiançailles et s'était fait un plaisir de la photographier au centre de sa poubelle, après la catastrophique publication de ce fichu baiser par Jacob… mais ce que Mike n'avait dit à personne à ce moment-là c'est que la bague était un héritage de sa grand-mère…

Autant la publication de Jacob, ce jour-là, m'avait mise hors de moi, quasiment autant que le fait qu'il pose ses lèvres écœurantes sur les miennes, autant la réaction de Miky m'avait fait mourir de rire ! Comme si il pouvait être jaloux de Jacob ? Mais il avait dû réagir d'une façon ou d'une autre, sinon nos fans n'auraient pas compris et les interrogations et hypothèses auraient commencé.

-C'est bien dommage en tout cas. Préviens moi le jour où tu te rendras compte qu'il n'est pas fait pour toi.

-Et tu ferais quoi ?

Il ne répondit rien et dévia la conversation sur le tournage du clip qui commencerait le jour suivant. J'avais envie de lui rappeler qu'il était marié mais n'en fis rien, ça aurait été rentrer dans son jeu et ce n'était pas ce que je cherchais.

Le repas prit fin et j'étais contente : j'avais réussi à imposer ma responsable image et l'avais contactée dans la foulée, elle allait arriver dès le lendemain matin.

Le tournage avait lieu dans le quartier le plus défavorisé de Porto Rico, apportant un peu de distraction aux habitants. Il y avait foule dans les rues pavées, rendant le tout encore plus festif que ça ne l'était déjà.

Depuis la veille au soir, Ramón avait été exemplaire et n'avait pas retenté d'approche, le message avait dû être clair. Bien évidemment, j'étais flattée d'avoir été courtisée par le meilleur des reggeatoneros mais cela resterait du domaine de l'impossible pour de multiples raisons.

Sa maquilleuse était en train de lui appliquer les dernières retouches dont il avait besoin avant que l'on ne commence à tourner. Lui avait opté pour une casquette et une collection de chaînes en or, le tout était très bling bling, contrastant avec le Ramón décontracté qui traînait pieds nus dans son salon.

Filmer le clip allait être bien plus rapide qu'enregistrer le single : il s'agissait de faire du playback sur une plage et danser dans un bar : rien de bien compliqué. Bien évidemment, nous n'allions pas avoir de bande son pour danser mais ce n'était un soucis pour personne, le rythme du reggaeton était toujours et immanquablement le même : la première des quatre notes de chaque mesure est plus accentuée que les autres et c'est sur cette note-ci que nous mouvements sont placés : danser sur du reggaeton est très simple à partir du moment où l'on connait le tempo.

-Tu t'en sors ? M'inquiétais-je auprès de ma responsable image qui s'affairait à choisir quels colliers j'allais porter lors du tournage.

-Oui, oui. Dis-moi, pourquoi est-ce que Edward ne t'accompagne pas ? Je pensais vraiment le voir et au lieu de ça, j'ai rencontré Garrett !

Elle avait craché le nom de mon garde du corps temporaire comme s'il s'agissait d'une insulte. Physiquement il n'avait rien à voir avec Edward et cela me facilitait grandement les choses mais pour autant rien chez lui ne pouvait susciter un tel mépris : sa carrure était impressionnante et sécurisante, moins que celle d'Emmett mais toujours plus que celle d'Edward qui, avouons-le n'imposait pas le respect au premier regard, ses yeux et ses cheveux noirs lui conféraient un côté ténébreux qui, j'en étais sûre, devait plaire à beaucoup de femmes. Garrett avait tout pour lui mais ce n'est pas pour autant qu'il avait les faveurs de ma responsable image.

-Edward a dû rester aux États-Unis mais tu le sais déjà puisque c'est la troisième fois que tu me poses la même question, Tanya !

-Oui je sais… mais disons qu'il m'avait fait bonne impression quand je l'ai rencontré sur le dernier photoshoot.

-Ca j'avais remarqué, oui….

Elle ne dit rien de plus et arrêta son choix sur quelques breloques -un peu trop à mon gout- ainsi qu'une grande croix dorée qui pendrait entre mes seins au moment où elle serait en place. C'était totalement déplacé par rapport aux paroles et à la petite chorégraphie que nous allions exécuter sur la vidéo et c'est ce qui me plaisait. Même si elle était insupportable, Tanya avait un goût sûr.

-N'empêche, t'as pris des couleurs ici. Heureusement parce que sinon tu n'aurais jamais pu porter cette brassière. C'est affligeant d'être aussi pâle que toi, tu connais pas les UV ?

J'avais effectivement bronzé pendant nos runnings sur la plage et c'était tant mieux parce que ce n'était pas enfermée dans le studio d'enregistrement que j'aurais pu profiter du soleil. Tanya avait profité de ma nouvelle carnation pour opter pour une très légère brassière rose vintage qui contrastait joliment avec ma peau. Elle avait également choisi un short en jean qui était un peu court à mes yeux mais pas aux siens et j'avais fini par m'en remettre à son jugement, d'autant qu'elle était particulièrement grincheuse ce jour-là.

Je savais que ça ne pouvait pas être l'absence d'Edward qui la mettait dans cet état : je la connaissais suffisamment pour savoir qu'elle ne prêtait attention qu'à elle-même et que jamais aucun homme n'aurait un tel ascendant dans sa vie.

J'eus l'explication à son comportement quand elle se décida d'aborder le sujet :

-Tu sais, Swan, j'ai été surprise que tu me contactes, d'autant plus pour quelque chose d'aussi important…

-Ah oui ? Pourquoi tu dis ça ? On n'est pas toujours d'accord sur les tenues que tu veux me faire porter mais j'ai toujours eu confiance en toi.

-Ah oui ? Elle se posta face à moi, droite, ses bras croisés sur sa poitrine. Je dus me retenir de rire en la voyant ainsi alors qu'elle devait se croire effrayante. Alors parle-moi d'Alice Cullen et tout ce battage médiatique !

-Sérieusement ? Tu boudes à cause d'Alice Cullen ?

-Ben oui ! Depuis que la naine est là, Clara et moi on n'existe plus !

-Comme si le sort de Clara t'intéressait ! -je savais pertinemment que la jeune femme avait suffisamment de clients pour ne pas souffrir du fait que j'aide Alice à se lancer… -joue pas à ça et sors moi ce que tu as à me dire !

-Ok ! Je suis profondément déçue de ne pas avoir été contactée pour les AMA's ! Tu t'en es remise à cette gamine, tu l'as remerciée publiquement et pas un mot pour moi dans ton discours !

-Alors c'est ça ton problème ? Et le fait que je fasse appel à toi pour l'événement le plus important de ma carrière, ça compte pas à tes yeux ?

-Oh !

-Voilà tout est dit, on peut s'y remettre maintenant ?

Bien évidemment je n'allais pas lui dire que j'aurais préféré bosser avec Alice mais la faire venir à Porto Rico alors que je l'avais refusé à Edward serait une déclaration de guerre entre lui et moi. Et puis Alice était encore trop inexpérimentée pour pouvoir gérer tous les aspects du tournage d'un clip. Elle excellait dans la confection de tenues et avec le public mais c'était plus de pression et puis j'allais tourner avec Daddy Yankee et préférais faire appel à quelqu'un de professionnel, quitte à devoir supporter Tanya pendant des heures.

-T'es certaine de toi pour les chaussures par contre ? Fit la blonde en arquant un sourcil.

-On touche pas aux chaussures !

C'était la seule chose que je lui avais imposée et je ne les changerai pour rien au monde.

J'aurais dû changer de chaussures ! J'avais tenu à être filmée avec les talons à lanières qu'Edward avait tant aimés : c'était ma façon à moi de lui demander pardon pour l'avoir laissé à Los Angeles, et la partie où Ramón et moi avions dansé collés-serrés dans le bar s'était déroulée sans aucun soucis mais ça avait été une toute autre histoire de chanter sur les galets de la plage, les vagues dans le dos.

J'étais tombée sur les roches un nombre incalculable de fois, donnant du fil à tordre aux maquilleuses qui devaient cacher mes genoux abîmés après chaque chutes. A chaque fois que je m'étais retrouvée à terre, Ramón avait eu la délicatesse de se cacher sous sa casquette pour rire, sauf la première fois où l'inquiétude avait surpassé le comique de la scène.

Le clip était tourné et satisfaisait tout le monde. Avant que Garrett et moi ne partions pour l'aéroport : lui pour L.A., moi pour rentrer à la maison, nous étions retournés à la villa le temps pour moi de signer un contrat concernant ma rémunération à venir, au prorata du succès que rencontrerait notre single, mais je ne me faisais aucun soucis. Notre morceau, Despacito, allait cartonner !

Je ne POUVAIS pas parler de Daddy Yankee sans évoquer Despacito *-* *-* *-*

Est-ce que ce n'était pas un réel plaisir de recroiser Tanya ? hihi

Je vous aime tellement que je vous tease un peu la suite ^^

"Je ne savais pas si j'allais lui sauter dessus ou si j'allais faire l'adolescente toute timide mais je voulais le voir, il m'avait manqué, c'est tout ce que je savais.

Accomplir mon rêve n'avait pas été aussi gratifiant que ce à quoi je m'étais attendue. Peut-être que ça l'aurait été un peu plus s'il avait été là avec moi pour assister à tout cela.

Mon voyage de Porto Rico à Seattle avait été incroyablement long et plein de questionnements pour en venir à la conclusion qu'une tentative de relation avec Edward prévalait sur ma carrière, maintenant que mon objectif était atteint.

Bien sûr, j'avais de nouveaux projets -Angela en savait quelque chose ! - mais je pouvais bien faire passer Edward avant. C'était une expérience à tenter. Nous avions tous les deux un caractère orageux et de nombreuses disputes étaient à prévoir, mais ça devait sûrement en valoir la peine."

bises à vous et à vendredi prochain pour le retour de Bella à Seattle *-*