Hello à tous, je suis ici avec un nouvel OS, il ne fait pas partie de la liste que je dois écrire mais les mots se sont alignés, mes doigts courant sur le clavier, alors je vous le présente.
Enjoy
Loin de moi...
Pourquoi ? C'est la question qui me torture depuis ces dernières semaines. Six mois sans toi. Autant dire une éternité, une vie entière. Mes doigts glissent sur le verre d'un cadre photo. Ça fait six mois que je le regarde tous les jours, à chaque instant. Tu es là avec moi … souriant … et désormais tu ne souris plus.
Tu m'as quitté. Tu m'as laissé. Et désormais je ne peux que pleurer. Déjà lors de tes funérailles. Tout me semblait si pathétique, toi si plein de vie reposant dans ce cercueil, tes jolis yeux que je ne reverrai jamais et les miens qui ne font que couler.
Là ou te trouves mon amour ? Que fais-tu ? Me regardes tu entrain de pleurer ? De crier ? D'hurler de désespoir, de rage avant de m'écrouler au sol en larmes ?
C'est toutes ces questions qui me hantent la nuit, entre tes sourires et les souvenirs. Pourquoi dois-je te pleurer ? Pourquoi t'aimais-je autant ? Pourquoi dois-je supporter ça ? Pourquoi à chaque fois quelqu'un m'empêche de te rejoindre ? Pourquoi personne ne comprend la douleur que je ressens, la noirceur de mon âme ? Je dois être à tes côtés, pas ici sans toi, sans ma lumière, ma source d'oxygène.
Je me tasse un peu plus dans ce canapé, où nous nous sommes tant aimés autrefois. Ton odeur y est pourtant toujours présente malgré le torrent de larmes que j'ai déversé dessus. Tes vêtements sont toujours pendus dans l'armoire, ton parfum posé sur l'étagère de la salle de bain. Rien n'a changé dans ce cocon où nous avions construit notre vie … rien sauf ton absence.
J'ai tiré les rideaux du loft pour ne plus jamais les rouvrir. Je vis dans le noir, le noir … ta couleur préférée … comme la mienne à condition que ça soit moi qui la porte sur moi. Je me lève, traine des pieds sur le sol pour rentrer dans la chambre … notre chambre. Impossible de dormir dans ce grand lit à baldaquin. Les draps sont défaits, c'est notre antre et je ne l'ai pas touchée. Je n'ai pas su tourner la page. Je jette un œil à la grande horloge et soupire.
6h30 … encore une nuit où je n'ai pas dormi. De toute manière cette nuit est la pire pour moi … aujourd'hui c'est notre anniversaire. Notre anniversaire de rencontre… rien qu'à cette pensée mes yeux se voilent de larmes, avant qu'elles ne glissent sur la peau de mes joues, perlant au bas de ma mâchoire pour gouter sur le sol. J'ai pleuré ces derniers mois plus que dans le reste de toute ma vie.
Tombant à genoux, sous le poids de souvenirs qui m'envahissent, je me laisse aller au sol … je sais très bien que je devrais t'oublier, que je devrais tout quitter pour tout recommencer. Ils me disent de t'oublier … Mais le faire, c'est trahir tous ces bons moments que nous avons eu tous les deux ensembles.
Ma réaction est stupide, c'est ce que tous disent, nos amis, la famille. On ne se laisse pas aller de la sorte chez nous. La mort est omniprésente dans nos vies alors pourquoi s'attarder plus sur celle-ci que sur une autre. Pourtant j'ai besoin de t'aimer, ta mort est injuste, je devais partir le premier, c'était ainsi que tout étais écrit, pas l'inverse. Peut-être devrais-je te haïr … peut-être est-ce la solution. Mais je préfère souffrir plutôt que d'effacer ces années passées à tes côtés.
Si tu savais comme tu me manques … J'ai besoin de toi mon amour.
J'ai de nombreuses fois voulu te rejoindre, retrouver la chaleur de tes bras autour de moi, la sécurité que j'y trouvais, la sérénité que tu m'offrais … toi, tout simplement je veux te retrouver toi malgré cet obstacle impossible à franchir tant que je suis ici et que tu es là-bas.
Sans que je m'en rende vraiment compte, mon corps s'est relevé pour se diriger vers la douche. Mes vêtements tombent au sol alors que je m'avance dans la cabine sous un jet d'eau brûlante. Je veux continuer de graver cette souffrance dans ma peau.
Je sais qu'aujourd'hui elle viendra me voir, voir comment je me porte en ce jour si important. Vois aussi si je n'ai pas fait une bêtise. Hier c'est mon parabataï qui a passé la soirée à mes côtés. Jace a pris le temps de discuter, de me faire rire, de m'écouter. Il m'a dit que vu ton exubérance, tu n'aurais pas voulu que je me détruise à petit feu comme je le fais. Que tu voudrais me voir sourire, me voir rire, me voir tomber amoureux. Il m'a rappelé que tu connaissais cette douleur de perdre l'être aimé, que tu avais fermé ton cœur du reste mais que malgré cela tu avais réussi à aimer à nouveau. Mais ces paroles me semblent si creuses, si vides de vérité. Tu le sens toi aussi ?
Je savais, que ma vie ne serait plus jamais la même, dès le jour où je suis venu pour te remercier. Coutume pas commune chez les chasseurs d'ombres et pourtant 'est dans les limbes que ta voix m'est parvenue pour me ramener à la vie. Je savais que je n'aimerais que toi à l'avenir dès que nos regards s'étaient croisés sur le pas de la porte et que tu m'as offert mon premier baiser... Et pourtant aujourd'hui nous sommes séparés. Seule la souffrance me prouve que je suis toujours ici, si loin de toi. Je ne suis plus qu'une ombre, une sorte de zombie, malheureusement vivant.
L'eau qui coule sur ma peau, dégouline de mes cheveux se mêlent aux gouttes d'eau salée qui s'échappent de mes yeux. Je ferme le robinet, avant de sortir, me séchant et m'habillant rapidement. Je passe mon écharpe bleue, celle que tu m'avais offert et un manteau noir avant de sortir de l'appartement, faisait luire sous la lumière du couloir, la médaille des enfants de Lilith, alliés de l'enclave, que j'ai reçue le jour de tes funérailles
Il a fallu ça pour qu'ils reconnaissent ta valeur … il a fallu que je te perdre pour qu'ils daignent te décorer. Alors que depuis des lustres tu te battais pour le bien des autres. Peut-être que si nous n'avions pas été ensemble, ton combat n'aurait pas été si engagé mais tu avais protégé beaucoup d'êtres humains, de créatures obscures en détresse et même aidé Jocelyne et Clary. Même si tu ne voulais pas qu'on te le dise, ton cœur était en or, tout comme tes paillettes. Dehors il fait froid, la morsure du froid me gèle un peu les joues et je m'enfonce dans cette écharpe bleue comme mes yeux. Mes pas me mènent comme tous les jours vers ce portail. Cette grille qui me fait horreur. Et comme chaque jour je vais te pleurer, me rappeler notre vie tous les deux, nos moments joyeux avant de retomber encore plus au fond de ma déprime. Tu as choisi un enterrement terrestre et j'ai respecté ton choix. Tu refusais que ton corps, s'il devait tomber un jour vu ton immortalité, soit loin de moi dans le labyrinthe en spirale. J'ai porté du noir et non le blanc traditionnel des néphilims car je savais que tu m'en voudrais de porter le deuil et j'ai prié pendant toute la cérémonie Dieu seul quel miracle pour que tu te réveilles mais rien n'y avait fait.
J'entre dans le cimetière, passe devant un couple qui arrange des fleurs sur une tombe avant de bifurquer dans une allée et de voir celle sur laquelle je suis venu me recueillir. Il est encore tôt, certains magasins sur mon chemin n'étaient pas encore ouverts. Je m'arrête devant une sépulture de marbre noir aux zébrures dorées, regarde ces quelques mots notés gravés en rouge vif qui me poussent à pleurer davantage encore.
Le jour où nous nous sommes connus, je m'en souviens comme si c'était hier. Nous venions chercher des renseignements pour Clary. Je la haïssais et pourtant je ne savais pas qu'elle serait le précurseur de notre relation. Nous savions que tu étais le sorcier qui avait bloqué la mémoire de cette jeune fille et nous nous étions rendu à l'anniversaire de ton chat. Ton excentricité avait encore fait couler de l'encre. Tu avais accepté que nous restions uniquement parce que tu avais trouvé un élément sexy dans notre groupe. Jace avait encore pris la grosse tête et moi j'étais blasé jusqu'à ce que tes yeux se posent sur moi. C'était moi qui avait attiré ton attention alors que je venais de remarquer que tu ne portais pas de pantalon. Pour une première rencontre, c'était mémorable. Mais pour moi notre vraie rencontre c'est quand tu m'as sorti des limbes et ramené à la vie. Tu m'aimais et c'était réciproque.
Un souffle de vent glacial me rappela à la réalité, alors que je sentais mes joues inondées de larmes. Ma main se pose sur les inscriptions alors qu'une larme tombe et glisse sur ta pierre tombale.
Magnus Bane …, tu étais mon futur et je n'ai jamais pu te dire au revoir. Ce matin-là, tu étais parti alors que je dormais encore, tu n'as pas voulu me réveiller. Tu m'avais préparé mon petit déjeuner accompagné d'une rose et d'un petit mot
« A ce soir Alexander, je t'aime mon ange »
Malheureusement tu t'es fait tuer par un des sbires de Jonathan alors que tu te rendais à l'institut. Le fils de valentin te voulait mort et il avait trouvé un poignard capable d'exterminer les sorciers. Dès que Jace s'est rendu compte de ton retard, il a parcouru le pâté de maison mais c'était trop tard. Ton corps gisait dans une mare de sang et tu n'as pu dire que trois petits mots à mon parabataï pour qu'il me les transmette « Aku Cinta Kamu »
J'attends toujours ce soir, où je pourrais enfin te serrer dans mes bras, sentir de nouveau ton cœur battre dans ta poitrine, ta main glisser dans mes cheveux, tes lèvres sur les miennes, la chaleur de ta peau nue contre la mienne, ton odeur de bois de santal … toi. Je veux tout simplement te sentir de nouveau, toi et seulement toi.
Les torrents de larme que mes yeux déversent creusent mes cernes davantage, alors que ma tête se pose sur le marbre froid. Ta dernière demeure, tu dors dessous alors que je te pleure dessus. Je veux tellement te rejoindre. Ton sourire s'est figé, tes yeux se sont fermés, ton cœur a cessé de battre. C'est tellement injuste. Le mortel de notre couple c'est moi pas toi alors pourquoi est-ce à moi de te pleurer. Pourquoi dois-je vivre sans tes sourires et tes paillettes mon amour.
J'ai passé toute ma journée à te pleurer … dire que je te haïs autant que je t'aime serait presque réel. Je te hais de m'avoir laissé derrière toi et je t'aime toujours autant qu'au premier jour malgré le fait que tu ne sois plus à mes côtés. Nous aurions dû fêter nos deux ans. Deux ans ou tu m'as permis d'être moi, le vrai Alexander Lightwood avec ses bons et ses mauvais côtés mais être l'homme que je suis vraiment : un chasseur d'ombre gay amoureux d'une créature obscure.
Des pas s'imposent sur les graviers derrière moi, alors que je continue de caresser la pierre froide sous moi. Une main se pose sur mon épaule, je sais que c'est elle.
« Alec … je savais que je te trouverais ici. »
Je ne réponds rien, me contentant de toucher cette pierre. Si je pouvais l'user à force de la toucher, si je pouvais te revoir.
« Alec, Magnus est mort, on ne peut plus rien faire… »
« Il ne devait pas mourir, » pleurais-je. « Il ne devait pas, il ne devait pas me laisser … Isabelle, il était soi-disant immortel … »
Je me cale dans ses bras, pleurant toutes les larmes que je peux encore sortir, me blottissant contre la poitrine de ma sœur, tentant de trouver de quoi me prouver que je suis en plein cauchemar et non dans la réalité. Ses mains se tentent rassurantes sur moi, l'une me caressant les cheveux, l'autre me tenant le dos.
Tu aimais tellement mes cheveux … je pleure encore davantage en sentant sa main s'y perdre alors que sa prise se raffermit sur moi. Tu aimais cette couleur noire tranchant avec le bleu de mes yeux.
« Alec, nous savons que les sorciers sont des êtres éternels et pas immortels. Cela pouvait arriver un jour, il a fallu que cela se fasse avant toi malheureusement. Magnus ne voudrait pas te voir te détruire ainsi. Il voudrait te voir vivre, vivre pour lui. Sourire pour lui, rire pour lui comme il aimait le faire quand tu te tenais à ses côtés … Alexander … il faut l'accepter.
Cela fait si bizarre d'entendre mon prénom en entier dans la bouche de ma sœur, elle sait que je déteste qu'on m'appelle comme cela sauf quand c'était Magnus car une nuit de plaisir allait s'offrir à nous. J'entends ses paroles mais je me demande comment mettre ses conseils en application.
Rire comme lorsqu'il était à mes côtés … sauf qu'il ne l'est plus et il ne le sera plus jamais hormis dans la mort.
« Alec tu ferais bien de rentrer. Tu te détruits et il ne le souhaitait pas, comme moi je ne veux pas perdre mon frère ainé. Allez viens je te ramène chez toi … De plus tu dois revenir, l'enclave demande que tu nomine le nouveau représentant des enfants de Lilith, ils ont confiance en toi, tu as ouvert des portes encore inconnues pour eux et tu dois les gérer pour rendre hommage à ton grand amour.
Elle me redresse, me force à le regarder. Son regard est triste, compatissant mais le mien est douloureux, vide … mort. Je suis mort en même temps que lui, mort en recevant ce coup de téléphone, mort en voyant Jace devant la porte de l'infirmerie, ta veste en brocart sur les bras et les yeux rougis de larmes. Je suis mort une seconde fois, en te voyant si pâle sur ce lit, seul ton maquillage donnait encore une certaine illusion. Et une troisième fois, à ton enterrement … c'était la dernière fois, depuis mon cœur est mort lui aussi. Il ne s'est jamais réveillé.
Le noir, je ne me rappelle que de ta tombe et du noir. Je n'avais rien mangé depuis deux jours avant qu'Izzy me retrouve au cimetière, peut-être suis-je tombé dans les pommes. Quelque chose chauffe ma joue, me poussant à ouvrir un œil. Notre chambre, je suis allongé dans notre lit, de ton côté, la tête sur ton oreiller et ce qui me chauffait la joue n'est rien d'autre qu'un rayon de soleil, qui se faufile entre les rideaux.
J'aurais pourtant juré sentir la chaleur de ta main sur ma peau. Je souris faiblement, peut-être était-ce le signe que j'attendais … Magnus, c'était toi ? dis-moi seulement que c'était toi et je te promets que je vivrais pour toi, pour nous … pour notre amour.
Un nouveau rayon de soleil se faufile jusqu'à ma peau et me réchauffe à nouveau, mes yeux se baignent à nouveau de larmes alors que je sors du lit et ouvre les rideaux en grand, observant ce soleil devant moi. Il est chaleureux, souriant, doux et attirant … comme toi. Je vois dans le ciel des rayons de soleil qui brillent aussi fort que tes paillettes
« Aku Cinta Kamu Magnus Bane », murmurais-je avant de partir en direction de la cuisine.
Désormais je rirai pour toi, je vivrai pour toi … et je te donnerai tout mon amour quand je te rejoindrai, mais ne t'attends pas à ce que je ne pleure plus pour toi. J'en serais incapable, tout autant que de cesser de t'aimer. Tu as débloqué en moi quelque chose de fort. Tu m'as permis de devenir le néphilim que je suis alors pour toi, je serai Alexander Gideon Lightwood, le chasseur d'ombre qui unira à jamais les anges avec les créatures obscures.
Fin
Une petite review pour me dire vos impressions
Bizzz et à très vite
Ariane
