On est encore vendredi, hein ? Hein ? Oui, c'est bon je ne suis pas en retard ahahah

Bonjouuuur !

J'ai eu le plaisir de comprendre que le chapitre précédent ne vous a pas laissée insensible, ce fut un véritable plaisir ! *-*

Piran : Coucou ! désolée, mais tu vas même devoir attendre un peu plus pour savoir qui fera le premier pas ahahah J'aime finir avec du suspens et j'ai bien travaillé sur ce chapitre :) Bonne lecture à toi

Guest 1 : Oui mais en même temps, Edward n'était qu'un employé puis un ami aux yeux de Bella, est-ce que ce n'est pas normal qu'elle soit un peu perturbée ? (ca se voit, hein, que je suis team Bella ahahahah)

Guest 2 : Oooooh merci merci ! *-* Je suis contente de savoir que cette fic te plait ! malheureusement elle touche à sa fin :(

Aude : C'est là que je suis contente que ce site soit anonyme, je crains rien ahahah On est d'accord, Edward parle de démission depuis des mois, ça aurait été bizarre qu'il patiente gentillement :) ceci étant, il aurait pu juste squatter chez Emmett, qu'elle idée de partir si loin ! ahahahah

Momo 6 : Depuis le temps que j'attendais de te faire lire ce chapitre ! ahahah tu n'arretais pas de me parler de la dem' d'Edward et bien voilà ahahaha Rhalala je suis du coté de Bella dans cette histoire, mouahahah je peux pas te laisser dire des choses pareilles quand même XD C'est une fille paumée qui n'a réussi à régler ses problèmes que par le travail, normal qu'elle ne sache pas s'y prendre ^^ Quant à Emmett, Bella voit son action comme une trahison (c'est aussi mon point de vu hihi)

Lau : Baaaah ça serait trop facile de lui faire prendre l'avion ahahah et elle est sur un groooos projet professionnel :)

Chapitre 43

- On peut peut-être faire une pause, non ?

- Non !

- Ah, ok !

Il le faisait exprès ou quoi ? Jacob savait bien que le morceau n'était pas parfait et qu'il fallait qu'il le soit... Quitte à passer des heures dessus. J'avais bien conscience que la voix d'Angela n'était pas aussi fiable que pouvait l'être la mienne et que si je la faisais trop travailler elle risquait de casser, et ça serait la pire des choses qui puisse arriver -Après le départ subit d'Edward !- !Cependant tout devait être parfait et ce n'était pas encore le cas du morceau que nous étions en train de travailler depuis cinq heures.

- Et sinon, tenta la jeune femme dans l'espoir probable de faire une pause, tu ne nous as pas dit qui est l'homme qui nous a ouvert. Je m'attendais à voir Edward...

Ouais, moi aussi je m'étais attendue à voir Edward au moment où j'étais rentrée...

- C'est Tyler, fut tout ce que je trouvai à répondre. Je n'avais pas envie d'en parler, j'avais trop peur de m'effondrer et préférai me consacrer totalement, à corps perdu, dans le travail pour ne pas y penser.

- Ok, et c'est qui Tyler ? Questionna Jacob en haussant un sourcil.

Mais qu'est-ce qu'ils étaient curieux ces deux-là ! Est-ce que moi je leur demandais s'ils avaient concrétisé ? Non, parce que je ne voulais pas savoir. Je ne voulais pas être jalouse de ceux que je pourrais presque qualifier d'amis...

- C'est mon garde du corps... Soufflais-je.

J'aurais peut-être pas dû les faire venir aussi tôt...

- Et donc... il est où Edward ?

- A Chicago ! Bon est-ce qu'on peut reprendre ce fichu morceau ou est-ce que tu penses ne pas en être capable ?

Je savais que c'était un coup bas, qu'elle n'avait absolument pas confiance en elle -n'en témoigne sa prestation lors des AMA's- mais elle n'avait qu'à pas parler d'Edward ! Elle avait bien vu qu'il n'était pas là alors pourquoi enfoncer le clou ?

- Ok, on reprend !

Voir que Jacob avait plus de jugeote qu'Angela me surprit, l'amertume dont j'étais capable également...

Sans un mot de plus, je quittai la pièce pour rejoindre la salle de mixage et lancer l'enregistrement. Etant donné que la bande instrumentale était déjà enregistrée depuis des mois et avait été retouchée récemment par les gars de sorte à coller un peu plus à Angela, Jacob n'avait pas vraiment de rôle à jouer mais souhaitait être là en renfort pour la jeune femme, non pas qu'ils aient peur de moi - ou peut-être que si...- mais parce que ce qui était en train de se jouer était important pour elle. Et comme ils étaient comme siamois depuis plusieurs semaines, c'était important pour lui aussi...

Pourquoi fallait-il qu'ils soient heureux ensemble au moment où Edward s'en allait ?

Le mot Jalousie clignota en couleur écarlate sous mes paupières...

Il fallut encore deux heures de travail pour réussir à avoir quelque chose d'à peu près correct. Ce n'était pas parfait, mais ça pourrait passer. Simplement la voix d'Angela était sur le point de casser et c'était la dernière chose dont j'avais besoin, d'autant qu'il restait beaucoup d'autres morceaux à enregistrer.

Je stoppais l'enregistrement et pus entendre Angela et Jacob parler avant que je ne lance la lecture du morceau :

- Dis, Jacob, tu accepterais de me faire une tisane ? Avec plus de plantes que d'eau.

Elle lui adressa un sourire tendre alors qu'il s'éloignait déjà, aux petits soins. Au lieu de l'attendre sagement sur le canapé, elle se leva dès qu'il eut quitté la pièce et me rejoignit dans la salle de mixage. Elle prit place sur le second fauteuil et écouta silencieusement les variations de sa voix. Une fois la première écoute terminée, je m'apprêtais à lancer une seconde mais elle stoppa mon geste.

- Je sais qu'on parle jamais de trucs persos mais il est peut-être temps, tu crois pas ?

- Et tu veux parler de quoi ?

- Ecoute, je savais que bosser avec toi n'allait pas être de tout repos mais j'aurais jamais pensé que tu puisses être aussi...

Comme elle suspendit sa phrase, je détournais mon regard de la console pour la fixer en haussant un sourcil, attendant de savoir par quel terme est-ce qu'elle allait me qualifier.

- Aussi exigeante.

- C'est vraiment ce que tu allais dire ?

- Non, j'allais dire invivable. Et je sais qu'en temps normal tu n'es pas comme ça, alors dis-moi ce qu'il se passe. C'est Edward, c'est ça ?

Une fois de plus, j'haussai un sourcil en gardant le silence et reportai mon attention sur l'intérieur de la salle d'enregistrement au travers du miroir dans tain.

- Tu sais, lors des répétitions, il m'a demandé si tu m'avais parlé de quelque chose. Je sais pas de quoi est-ce qu'il parlait mais j'ai bien compris qu'il s'est passé un truc.

Je reportais mon attention sur elle toujours sans un mot. Comment lui dire que le problème était qu'il ne s'était rien passé, que mes projets venaient de mourir dans l'œuf...

Jacob entra à ce moment dans la pièce :

- Alors, pourquoi tu boudes, Bells ?

- Oh toi avec ta délicatesse tu peux repasser ! L'incendia la jeune femme en récupérant sa tasse.

Jacob se fit tout penaud mais je tournai mon fauteuil pour leur faire face : il n'était pas normal que je leur fasse payer ce qu'Edward m'avait fait.

- Il est parti.

- Oui ben ça on a compris ! Toute la question c'est de savoir pourquoi et pour combien de temps !

Je commençais à triturer nerveusement mes mains. Combien de temps... ?

Refusant de croiser leur regard, je fixai mon attention sur mes doigts à la recherche d'une éventuelle saleté coincée sous mes ongles :

- Il est parti parce qu'il pense être amoureux de moi... Avais-je soufflé. Cependant ma voix n'avait pas été suffisamment basse et ils avaient parfaitement entendu. C'est Jacob et toute sa diplomatie qui répondirent :

- Et il est où le rapport ? Quand t'aime quelqu'un, t'es pas censé tout faire pour pouvoir rester avec ? Il passa son bras autour des épaules d'Angela de manière protectrice. J'aurais pu être heureuse pour eux si ça ne m'avait pas causé un pincement au cœur.

- C'est pour ça que je vous ai dit qu'il pense l'être !

- Mais ça s'est fait quand ? Il était frustré que tu sois partie de Los Angeles sans lui mais quand même.

- Et bien quand je suis rentrée ce matin à l'appart, Tyler était là avec une fichue lettre...

- Oh... dur !

- Jte le fais pas dire ! Maugréais-je.

- Et je peux lire la lettre ?

J'eus un vague souvenir de ce que j'avais fait de ladite lettre et grimaçais :

- Heu non, elle a pris l'eau...

- Mais il disait quoi dedans ? Demanda mon guitariste en s'appuyant sur l'accoudoir du fauteuil d'Angela.

Je fixai le plafond en paraphrasant les mots qui avaient tout changé :

- Qu'il m'aime trop pour pouvoir assurer ma sécurité, qu'il part à Chicago et que j'aurais qu'à le recontacter quand... quand j'aurais fait le point sur ce que je veux et que je pourrais lui faire une place dans ma vie.

- Alors qu'est-ce que tu fiches ici ? Pourquoi est-ce que t'es pas dans un avion pour Chicago ? Hurla quasiment Angela. Elle allait ruiner ses cordes vocales à s'enflammer comme ça...

- J'ai d'autres choses à faire que prendre l'avion ! Ma boite mail est saturée de propositions et d'offres.

Je me frottais le front avec lassitude avant de continuer :

- S'il était resté, on aurait pu tenter quelque chose mais je peux pas me lancer dans une histoire avec lui à l'autre bout du pays...

- Et donc tu vas te noyer dans le travail ? Comme tu l'as fait après avoir été poignardée ?

Mes lèvres s'étirèrent en un sourire contrit et je retins une réponse acide... comme si Jacob avait été à mes côtés après mon agression...

- C'est tout à fait ça ! Maintenant ou vous quittez mon appart ou on s'y remet !

- Ouais ben on y va ! S'exclama Angela en sautant sur ses pieds. Elle garda sa tasse à moitié vide dans sa main -je la connaissais suffisamment pour savoir qu'elle allait la laver avant de partir- et se pencha avec moi jusqu'à embrasser ma joue avant de murmurer :

- Laisse lui au moins un message pour lui dire que tu as bien lu sa lettre mais que tu as trop de travail pour le moment.

- Hum, on verra !

Non, j'avais pas envie de lui parler !

Jacob se contenta d'hocher la tête avant de partir, comme si le fait que je lui ai explosé le nez quelques mois plus tôt l'empêchait d'être aussi familier qu'avant...

Je sortis du studio d'un air hagard. Tyler était assis le canapé, à ma place, adossé contre l'accoudoir, ses jambes étalées sur le cuir du canapé, comme s'il était chez lui, bien trop à l'aise à mon goût.

Techniquement, le contrat qui avait été signé derrière mon dos pour son embauche stipulait qu'il vivait désormais ici, mais cela m'agaçait prodigieusement : c'était Edward que je voulais sur le canapé, pas ce type. Au moins Edward n'avait jamais pris ma place sur la sofa !

Je m'installai donc sur le second canapé, celui qui faisait face à la télé sur laquelle une course automobile était retransmise, et laissai mon esprit divaguer jusqu'à ce que mon regard ne se pose sur le Space Needle.

Tellement de choses s'étaient produites dans ma vie en si peu de temps. J'avais démontré à mes parents que je n'avais plus rien à leur prouver : j'avais été désignée parmi mes pairs comme étant la meilleure artiste, je ne pourrai jamais faire mieux que cela et ça me suffisait. Ils trouveraient toujours à y redire mais pour moi c'était suffisant. Il était enfin temps pour moi de tourner la page et de cesser de constamment chercher à les rendre fiers. Edward me l'avait dit, il était temps que je vive pour moi.

Les choses s'étaient tellement précipitées que mon duo avec Daddy Yankee avait succédé à ma consécration sans que je ne réalise la véritable portée de ce single : autant je n'avais plus rien à prouver à mes parents, autant je n'avais plus rien à me prouver en tant qu'artiste. Il m'avait voulu moi, parmi tant d'autres, me plaçant alors aux côtés des plus grands reggeatoneros.

Je pouvais désormais faire n'importe quoi, cela n'équivaudrait jamais à ce que je venais de vivre : je ne ferai jamais mieux. Il était donc temps que je fasse les choses pour moi et par plaisir. Cela remettait beaucoup de choses en question...

Mon regard se porta sur le Steinway et Sons qu'Edward n'avait probablement même pas touché. Je savais qu'il datait de sa vie avant l'armée et j'avais du mal à imaginer mon ancien colocataire à cette époque. A quel point ses cheveux étaient-ils longs ? A quel point sa peau était-elle pâle ? Etait-il plus loquace, plus aimable ? Etait-il du genre à fuir devant le moindre obstacle ?

Parce qu'il fallait l'avouer, de la part d'un Seal, c'était assez mal venu d'abandonner à la première difficulté. C'est pourtant ce qu'il avait fait : préférer partir plutôt que gérer ses émotions, et c'est peut-être pour cela que je lui en voulais réellement.

Je me saisis de la télécommande qui reposait sur la table basse et éteignis brusquement la télévision sans préavis. Tyler allait commencer à râler mais se reprit au dernier moment, se rappelant où il était et qui j'étais.

C'est déjà ça...

Je me levai du canapé pour m'approcher du piano et m'assis sur le banc. Mes doigts parcoururent le clavier sans émettre le moindre son. Je n'en avais pas fait depuis mon départ de la Meyer Reccords et mes doigts tremblèrent légèrement avant d'appuyer fermement sur les touches.

Les notes me revinrent en mémoire bien plus facilement que ce que je croyais. La main gauche volait d'accords en accords alors que la droite enchaînait les notes de sa propre initiative, sans que je n'ai besoin de puiser dans mes souvenirs.

J'étais impressionnée de constater à quel point le piano était toujours parfaitement accordé alors que personne n'en avait réellement joué depuis le départ d'Edward pour l'armée, des années plus tôt. Esmée, sa mère, avait dû prendre soin de le faire accorder de manière régulière, au cas où son fils rentrerait.

L'air de Mad World de Gary Jules envahit le salon, rapidement accompagné par ma voix.

" And I find it kinda funny, I find it kinda sad

The dreams in which I'm dying are the best I've ever had

I find it hard to tell you, I find it hard to take

When peopple run in circles it's a very very

Mad world, mad world. "

Je sautai sur mes pieds en bousculant le banc et me précipitai vers le canapé où j'avais laissé mon téléphone avant de retourner m'asseoir devant le clavier. Je calais mon portable sur le bord du clavier de sorte à ce que l'on puisse voir le clavier, la vue sur Seattle et moi-même et démarrai une vidéo directement diffusée sur les réseaux sociaux.

Je repris la mélodie depuis le début.

Il était hors de question que je dise à Edward à quel point sa décision m'avait fait mal, mais je pouvais lui faire comprendre à quel point tout partait de travers depuis que j'avais lu sa lettre. Des milliers d'autres personnes allaient voir cette vidéo, ils se diraient juste que j'avais fait une petite reprise l'air de rien, histoire de tuer le temps.

Bien sûr Cooper, ma psy, allait voir ça, puisqu'elle tenait à me suivre sur les réseaux sociaux -il semblerait que ce soit un bon indicateur de mon moral...- et allait me contacter dans la foulée, mais je gèrerais cela en temps voulu...

" All around me are familiar faces

Worn out places, worn out faces

Bright and early for their daily races

Going nowhere, going nowhere

Their tears are filling up their glasses

No expression, no expression.

Hide my head, I wand to drown my sorrow

No tomorrow, no tomorrow. "

J'enregistrai la totalité du morceau en piano voix. C'était une chanson qui me touchait tellement que les larmes brûlaient mes yeux alors même qu'elles ne réussissaient pas à couler sur mes joues. Je contrôlais suffisamment ma voix pour que l'émotion ne la déforme pas mais, à la fin de la chanson, mes doigts tremblaient sur les touches.

Je stoppais la diffusion dans un soupir et tentais de ravaler les larmes qui cherchaient à s'échapper.

J'envoyai un message à Mike lui demandant de passer me voir le jour suivant et il me promit de venir sur sa pause déjeuner. J'espérais sincèrement qu'il n'avait rien à voir avec la démission d'Edward !

Avant d'aller me coucher, il me parut essentiel de mettre quelque chose au clair avec Tyler :

- Je pense que les garçons vous ont parlé du running matinal.

- Oui Mademoiselle. A six heures tapantes.

- Bien. Oubliez les runnings : c'est terminé ça. Si vous voulez faire de l'exercice il y a une salle spéciale pour ça !

...

J'étais plongée dans les enchaînements de rythme quand la sonnerie de l'ascenseur se fit entendre. Je n'entendis pas Tyler interagir avec notre visiteur et déduisis que c'était quelqu'un qui avait l'autorisation de nous rejoindre. Un rapide coup d'œil à ma montre m'informa qu'il était déjà treize heures et compris qu'il s'agissait probablement de Miky.

C'était tant mieux parce que j'avais vraiment, vraiment besoin de parler avec quelqu'un qui me comprendrait.

Les portes de l'élévateur s'ouvrirent et j'entendis Tyler déverrouiller la porte d'entrée. Le niveau sonore de la musique sur laquelle je travaillais indiqua à mon visiteur où je me trouvais et je vis la tête de Mike passer la porte entrouverte.

- Hey beauté, je peux entrer ?

- Ouais, viens.

Je coupai la musique et tournai mon fauteuil vers lui. J'haussai un sourcil en voyant le volumineux bouquet de lys blanches et rouges qu'il avait du mal à tenir entre ses mains.

- Avant que je n'oublie et qu'un autre sujet ne franchisse mes lèvres avec précipitation : toutes mes félicitations, chérie ! Tu as été formidable !

- Oh ! Merci !

Bien sûr, les AMA's... j'étais tellement obnubilée par le départ d'Edward que j'en avais oublié que je n'avais pas encore revu Mike depuis la cérémonie. J'avais passé ma nuit à cogiter sur la situation. Dormir en sachant qu'Edward n'était pas là avait été... horrible. Et savoir que Tyler le remplaçait était... horripilant.

- Alors qu'est-ce que tu as fait de ton prix ? Tu l'as mis au fond de ton aquarium à méduses ?

- Même pas ! Il est avec les autres dans mon dressing.

- Rho, aucun respect !

Je le libérai du bouquet de fleurs avant d'en humer le parfum.

- Maintenant que je t'ai félicitée, et Dieu sait que j'avais peur d'oublier, on peut parler du clown qui m'a ouvert la porte ? C'est qui ce gars ? Il est où Eddychouchounet ?

Même si le nouveau surnom me fit sourire, je sentis mon cœur se contracter : une fois de plus il allait falloir que je raconte la même chose.

- Il est parti.

- Comment ça ? Il est parti faire les courses ? Chercher un café ? Oh il est allé t'acheter un bouquet de fleurs et maintenant j'ai l'air d'un naze ?

- Non, Mike, il est parti à Chicago. Ma gorge se serra comme si verbaliser rendait les choses encore plus concrètes.

- Hein ?

Mike se laissa tomber sur le second fauteuil et je lui expliquai tout : mon départ pour Porto Rico et mon choix de laisser Edward avec sa famille, mon enregistrement avec Ramón puis mon retour et la lettre.

Mike garda longuement le silence en me regardant fixement. J'attendais nerveusement qu'il réagisse.

- J'arrive pas à croire que les petites fesses d'Eddy sont parties !

- Pareil...

- Du coup tu vas faire quoi ?

- Et bien pour l'instant je finis l'album sur lequel je travaille... -Je commençais puérilement à faire tourner le fauteuil sur lui-même.

- Et après ?

- Après ça dépendra de si j'ai un nouveau projet, du temps que j'aurais de disponible. Bref, je sais pas trop. Je sais même pas combien de temps cet album va me prendre. Visiblement des lustres...

- Tu l'as appelé ou quoi que ce soit ?

- Heuuu j'ai filmé un morceau...

- Mad World, j'ai vu ça oui. Tu crois qu'il a compris que c'était pour lui ?

- Je sais pas mais en tout cas sa sœur a liké. En même temps, elle like tout !

Je ris toute seule. Depuis des années, Alice me suivait sur tous les réseaux seulement il avait fallu que j'apprenne qu'il s'agissait de la sœur d'Edward pour que j'y prête attention : des milliers de personnes me suivaient alors différencier une seule et même personne parmi cette foule était... infaisable.

- Et si les rôles étaient inversés, tu voudras pas avoir de ses nouvelles ?

- Si les rôles étaient inversés, je ne me serais pas enfuie !

- Ah oui ? Parce que tu aurais assumé tes sentiments ? Dis-moi Bells, tu as fait quoi quand tu l'as entendu dire à quel point il t'aimait ?

Devant mon mutisme obstiné, il poursuivit :

- Tu l'as entendu et tu es monté faire tes bagages ! Pendant votre séjour à L.A. vous en avez parlé ?

- Depuis quand est-ce que tu te prends pour Cooper ?

- Change de sujet oui ! Vous en avez parlé ou tu as évité par-dessus tout de te retrouver dans la même pièce ?

Je tournais de plus en plus vite sur mon fauteuil en fixant le plafond, mon bouquet posé sur ma console après avoir fait attention à ce que l'eau qui gouttait des tiges n'abîme pas mon matériel.

- Oui, on en a parlé. Je lui ai dit que tout allait trop vite pour moi et qu'il me fallait du temps pour tout mettre en place dans ma tête mais pour autant... - Je stoppai mon siège et eus la nausée : on s'est embrassé, je l'ai embrassé.

- Oh c'est super ça !

- Ouais, c'est tellement super qu'il a préféré fuir à l'autre bout du pays ! Nom de Dieu, je savais pas que j'embrassais aussi mal !

Miky éclata de rire avant de glisser ses mains derrière sa tête et de croiser ses chevilles.

- Moi je trouve ça tellement romantique !

- Tu peux me dire ce qu'il a de romantique là-dedans ?

- Il t'aime tellement qu'il ne peut plus le gérer. Moi je trouve ça tellement chouki !

- Non c'est pas chouki ! C'est stupide !

Rares étaient les fois où je criais sur Mike mais ce jour-là en faisait partie.

- Est-ce que tu comptes te noyer dans le travail pour lui faire payer ?

- Dans le travail et le chocolat ! Je compte manger jusqu'à devenir obèse !

- Je t'épouse pas si tu deviens obèse, j'ai une réputation à tenir, moi !

Je le fusillais du regard avant de rebondir sur ce qu'il venait de dire :

- A propos de ça, il faut qu'on parle.

Bisous les filles ! Bon week end :)