Bonjour bonjour
Guest : Couper un chapitre, c'est tout un art ! XD
Momo 6 : Je souhaite à Jasper beaucoup beaucoup de courage ! ahah Merci beaucoup pour ta review ! J'ai comme l'impression que tu as envie de secouer Bella comme un prunier ahah ! Malheureusement, ce chapitre ne va pas te satisfaire :-/ maiiiiiis il a le mérite de m'avoir beaucoup faire rire XD
Lau : OOh oui, il est fort probable que la question de Jasper soit de la plus haute importance ! Je vais même pas tenter de faire du suspens dessus, je ne serais pas crédible ^^
Bonne lecture à vous :)
/!\Certaines scènes de ce chapitre peuvent heurter la sensibilité des plus fragiles/!\
Chapitre 46
49ième étage d'une tour.
Comme je m'y étais attendue, la réaction de mes fans avait été particulièrement mitigée lors de la sortie de l'album. Le fait que je ne prête absolument pas ma voix aux morceaux, supprimant tout ce que j'avais préalablement enregistré, au profit d'Angela, avait choqué beaucoup de monde, mais après tout, j'avais prévenu mes fans lors de mon discours aux Awards. Je leur avais dit qu'il allait y avoir des changements, alors était-ce réellement de ma faute s'ils ne m'avaient pas vraiment écoutée ?
Mon trophée, qui avait survécu à mon voyage à Porto Rico, avait trouvé sa place dans mon dressing, sur l'une de mes étagères. Je n'avais pas vraiment envie de l'exposer dans le salon et n'avais pas de place où le poser dans le studio d'enregistrement. Il avait donc rejoint mes trophées précédents. Naturellement.
L'album étant disponible sur la toile et générait déjà des bénéfices, j'avais une source de stress en moins à gérer et avais donc du temps à consacrer à la bande originale demandée par Danny Elfman, le directeur artistique du prochain film à succès.
C'est pourquoi j'avais pris la place sur le banc du Steinway d'Edward. J'avais contacté Monsieur Elfman qui m'avait expliqué que ses délais étant très courts et n'ayant pas eu de réponse de ma part avait dû ouvrir un appel à composition. Chaque personne intéressée par la proposition devait écrire un morceau et le lui envoyer.
Il ne me restait alors que deux jours pour finir ma composition avant qu'il ne doive arrêter son choix.
La seule consigne qu'il avait partagée était que le morceau devait être incroyablement lascif, c'est pourquoi j'avais arrêté mon choix sur le piano. J'allais devoir inclure du violon mais pourrais faire cela via informatique, ainsi que quelques percussions à contre temps des accords plaqués sur le clavier, de sorte à rythmer un peu le morceau.
Ma partition se noircissait rapidement alors que mes doigts couraient sur le clavier, succession d'accords et de notes distillées sur un tempo lent, une nuance mezzo piano, avant que je ne commence à joindre ma voix à l'instrument dans un murmure presque sensuel, d'une voix sotto voce.
Elfman avait demandé quelque chose de lascif et il allait l'avoir !
Les paroles me vinrent aussi rapidement que la partie instrumentale : je m'étais renseignée sur le livre adapté sur grand écran sans vraiment prendre le temps de le lire et réussis à écrire quelque chose d'à peu près en lien avec le scénario.
Mon crayon de papier courait sur la partition, notant arpège, accords et paroles, quand Tyler arriva dans le salon, sans aucune discrétion :
-Pasito a pasito, suave suavecito, nos vamos pegando poquito a poquito.
Depuis la sortie de mon duo avec Ramón, Tyler avait écouté Despacito en boucle et ne cessait de chantonner certains passages à chaque fois qu'il me croisait dans l'appartement, ce qui arrivait bien trop souvent.
J'aimais ce duo et le travail conjoint réalisé avec Ramón mais entendre Tyler écorcher les paroles et chanter faux à longueur de temps arrivait presque à me dégoûter de ce que nous avions fait.
-Ça vous dérange pas que je sois en train de travailler ? Grognais-je sans même quitter la mine de mon crayon sur le papier des yeux.
-Hey moi aussi je travaille ! Répliqua-t-il avant de tenter de réfréner un rire.
Furieuse et prête à l'incendier, je me retournais prestement vers lui mais fus interrompue par la sonnerie de l'ascenseur. Sans accorder un regard à l'écran de la télé, je fusillais du regard l'imbécile qu'Edward et mon frère m'avaient imposé et reportais mon attention sur mon travail.
-Heu Mademoiselle Swan… ?
Je ne répondis rien, préférant l'ignorer puérilement, comme si le fait de ne pas lui répondre le ferait taire et ferait repartir la personne dans l'ascenseur. C'était stupide, mais tout était devenu préférable au fait de devoir lui accorder de l'importance.
Pourtant il poursuivit :
-Je sais que je ne peux pas faire monter monsieur McCarty mais il est accompagné de votre belle-sœur. Que dois-je faire ?
J'enchainais les accords en lui répondant :
-Ça dépend, est-ce que les filles sont avec eux ?
-Oui mademoiselle.
-Bien, faites-les venir, abdiquais-je en laissant s'échapper un profond soupir.
Je n'avais pas revu mon frère depuis qu'il s'était littéralement incrusté lors du repas avec mes parents et ne souhaitais pas le croiser depuis que j'avais lu la lettre d'Edward. Emmett m'avait trahie, agissant dans mon dos, sabotant mon autorité, aidant Edward à partir et ça, je ne le lui pardonnerai jamais.
J'avais eu des nouvelles des filles grâce à Rosalie et avais suivi de près l'état de santé de Jade qui avait été intubée alors que l'on était sur le point de partir pour les Awards. Elle s'était rapidement remise de sa détresse respiratoire grâce aux corticoïdes et Ambre, qui pourtant se portait comme un charme, était restée en néonat pour tenir compagnie à sa sœur. Même si ça avait chamboulé Rosalie et mon frère, c'était la meilleure chose à faire pour les petites et Rosalie avait été autorisée à rentrer chez elle bien avant les filles.
Les princesses avaient quitté l'hôpital une semaine plutôt, presque deux mois après leur naissance, et ma belle-sœur m'inondait de photos depuis.
Je quittai le banc du Steinway, mes partitions en cours de notation à la main pour aller les ranger dans le studio d'enregistrement avant de me poster derrière la porte d'entrée, supplantant Tyler dans son travail, prête à ouvrir dès l'ouverture des portes de l'ascenseur.
Le ding significatif se fit entendre et j'ouvris à mes visiteurs. Mon regard se posa sur eux et je tentai de réprimer ma surprise.
Rosalie, qui avait toujours été soignée, bien apprêtée, et faisait plus attention à elle que moi un jour de tapis rouge, semblait sortir d'une dizaine d'années de captivité au fin fond de la jungle amazonienne. Ses cheveux autrefois soyeux et brillants étaient devenus secs, rêches, ternes. De profondes poches violacées avaient été creusées sous ses yeux, donnant à son visage un air de panda, le côté mignon en moins. Ses lèvres jadis pulpeuses que j'avais jalousées jusque-là étaient en train de desquamer, se fissurant, créant de fins sillons à vif.
Elle portait à la main un des cosys dans lequel reposait une des deux princesses et il me sembla que le moindre coup de vent, la moindre secousse, la ferait choir.
Elle s'avança dans l'appartement et passa son bras libre autour de mes épaules en une étreinte maladroite. Alors que mon nez s'enfonça dans la botte de paille qui lui servait alors de cheveux, je fus prise d'un haut le cœur que je tentai de réfréner par politesse : elle sentait effroyablement le lait caillé et autre chose que je préférai ne pas identifier.
Je me détachais rapidement en plaquant un sourire forcé sur mes lèvres : j'étais contente de la voir, aucun doute là-dessus, mais j'aurais préféré que ça se passe après une séance dans un institut de beauté. Elle faisait peur à voir, à s'en dégoûter d'avoir un enfant.
Je m'effaçais légèrement pour l'inviter tacitement à entrer et elle se dirigea directement vers le salon où elle posa le couffin sur la table basse.
Je reportais mon attention sur Emmett et dus constater qu'il n'était pas dans un meilleur état. Sa barbe n'avait pas été entretenue depuis bien longtemps alors que ses cheveux commençaient à partir dans tous les sens. Ses yeux, cernés, semblaient plus étroits et plus enfoncés dans leur orbite qu'en temps normal. Ses vêtements étaient froissés, négligés, tachés et une fois de plus je préférais ne pas en connaître l'origine.
Sur une de ses épaules reposait un volumineux sac à langer alors que son bras opposé soutenait le second cosy. Mon frère était alors tellement épuisé qu'il me sembla que les deux poids ainsi répartis étaient sur le point de le fendre en deux.
Je lui adressais un vague mouvement de la tête : je n'étais absolument pas disposée à l'étreindre. J'avais juste envie de lui hurler dessus pour s'être ainsi immiscé dans ma vie. J'avais juste envie de marteler son torse de mes poings, certaine qu'il était alors tellement fragile que mes mains s'enfonceraient alors au travers de sa cage thoracique, et je savais que ça me plairait…
Une fois de plus, je me décalais et il passa devant moi, faisant expressément attention à ne cogner le cosy nulle part. A son tour, il rejoignit le salon alors que je fermais la porte derrière lui.
Un rapide coup d'œil circulaire dans la pièce m'indiqua que Tyler avait pris place sur un des tabourets du bar. Autant Edward savait être discret et avait toujours compris quand rester et quand s'éloigner, autant Tyler ne faisait vraiment pas cas de ce genre de chose.
Je pris sur moi de ne rien dire pour porter mon attention sur les jumelles. Elles avaient été vêtues des robes Disney que je leur avais offertes pour leur naissance et j'appréciais ce geste.
Les filles, à l'allure bien plus humaine que lorsque je les avais vues à la maternité, étaient noyées dans des superpositions de taffetas doré, identique à la robe de la princesse dans la Belle et la Bête. Elles étaient resplendissantes avec leurs toutes minuscules mains fermées en poings serrés à hauteur de leurs épaules, toutes deux plongées dans un lourd sommeil.
Alors qu'Emmett et Rosalie se tenaient debout, côte à côte, en recul par rapport aux bébés, je m'assis face aux cosys, en tailleur et à même le sol, le dos calé contre l'assise du canapé.
-Bells ? Me coupa ma belle-sœur dans ma contemplation.
-Hum ?
-Tu te rappelles le jour où nous sommes allées au spa ?
Si je me rappelais du spa ? Bien sûr que oui ! Même si je n'éprouvais alors aucune once de romantisme ou quoi que ce soit d'autre qui s'en rapproche vis-à-vis d'Edward, le voir dans son short de bain avait été une des visions les plus érotiques de ma vie -à égalité avec la fois où il était sorti de ma salle de bain seulement vêtu d'une serviette !
Les gouttelettes d'eau ruisselantes le long de son dos puissamment musclé jusqu'à imprégner le polyester de son maillot, ses longues et solides jambes travaillées à force de running, ses bras dont les biceps étaient tant apparent, et ce torse... Ses pectoraux dessinés par de probables milliers de pompes et tractions qui me donnaient -déjà- envie d'y poser ma tête jusqu'à m'endormir dessus, ses abdominaux, -réelle invitation au matage- succession de carrés de chocolat que l'on voudrait juste croquer encore et encore menant à un « v » tonique et plat qui affolerait la plus chaste des bonnes sœurs, guidant à un maillot de bain rendu indécemment moulant par l'eau du jacuzzi…
Bien évidemment que je me rappelais de cette séance de spa…
-Vaguement oui, pourquoi ?
-Et bien tu m'avais dit que tu serais prête à t'occuper des filles dès qu'on en aurait besoin, et bien ce jour est arrivé !
Emmett abaissa son épaule, faisant tomber le sac à langer sur le sol.
-On passera reprendre les filles demain vers onze heures. Elles ont pris leur dernier biberon il y a une heure. Bon courage à toi et à demain ! Débita précipitamment ma belle-sœur avant de trottiner en direction de la sortie, Emmett à ses trousses.
-Attendez, vous pouvez pas faire ça !
Mais la porte se refermait déjà derrière eux.
-Oh, je viens de me rappeler que j'ai un truc à faire à l'étage ! Déclara Tyler en se laissant glisser du tabouret avant de monter paresseusement les marches.
-C'est ça ouais ! Grommelais-je.
Quand j'avais dit à Rosalie que je pourrais prendre les filles avec moi, je l'avais fait parce qu'Edward était alors à mes côtés et que tout me semblait surmontable avec lui. Mais entretemps il était parti et Tyler n'avait pas -mais vraiment pas du tout !- le même effet sur moi. La preuve, s'il m'en fallait une : il venait de trouver une excuse bidon pour s'échapper loin des fillettes.
-Bon ben on va rester toutes les trois, hein. Vos parents vous aiment fort, mais je crois qu'ils sont un peu fatigués. C'est pas qu'ils ne vous aiment pas où quoi que ce soit, mais que voulez vous, ce sont des ptites natures !
Je restais longuement dans la même position, observant mes nièces, leur parlant de tout et de rien. Je me sentais incroyablement stupide de leur parler ainsi alors que je savais qu'elles ne me comprenaient pas, d'autant plus qu'elles étaient en train de dormir, mais ne m'en souciais pas réellement : les filles ne répéteront jamais ce que je déblatérais et aucun témoin n'était présent pour rire de moi.
Une fois que je n'eus plus rien à raconter aux petites, et alors qu'elles dormaient encore, je me levais aussi souplement que possible pour retourner dans mon studio d'enregistrement et récupérer mes partitions. Je me réinstallais tout aussi délicatement face aux jumelles et repris mon travail sur la bande originale du film en post-prod'. J'avais suffisamment d'expérience en musique pour pouvoir composer une partition sans devoir me référer systématiquement à un instrument et en profitais alors pour avancer mon travail.
J'étais à peu près à la moitié du morceau, très satisfaite du rendu, quand un bruit tonitruant se fit entendre, suivi de près par une odeur atroce, mélange de rat mort depuis bien trop longtemps et de truc inidentifiable.
Il n'y eut que quelques secondes de battement avant que le bébé placé sur ma gauche ne se mette à crier, agitant ses petits membres dans des gestes saccadés et désordonnés. Sa voix, bien plus aiguë que ce à quoi j'aurais pu m'attendre, était stridente, faisant vriller mes tympans. Ses pleurs réveillèrent sa sœur qui l'imita aussitôt, poussant le volume de sa voix au maximum.
Les bruits, l'odeur nauséabonde ainsi que les pleurs en stéréo, m'indiquèrent sans qu'aucun doute ne subsiste ce qu'il venait de se produire et mon sang se glaça.
- Oh, nom de Dieu, j'espère que tu portes une couche, hein !
Paniquée par la tâche qui venait de m'incomber, je rejoignis sur les genoux le sac à langer et plongeais nerveusement la tête dedans, cherchant de quoi nettoyer l'enfant. Après avoir tout vidé sur sol, à la recherche -vaine !- d'un quelconque mode d'emploi, je me saisis d'un paquet de lingettes neuf et d'une couche propre avant de reprendre ma place devant les petites qui hurlaient toujours autant.
- Okay les filles, j'ai compris, vous pouvez vous calmer, hein, tata est là !
Mais concrètement, elles n'en n'avaient rien à faire que tata soit là... Mes tympans continuaient de convulser tellement leurs cris étaient perçant et brusquement je revisualisai la tête de Rosalie lorsqu'elle était arrivée chez moi : je la comprenais tout de suite mieux !
Je m'approchais du premier bébé à s'être réveillé et commençais à batailler afin de défaire le harnais quand je pris conscience d'une chose essentielle :
- Han mais je sais même pas comment vous vous appelez !
Oh bien sûr, je savais pertinemment qu'elles s'appelaient Jade et Ambre, mais de là à savoir qui était qui, il y avait tout un fossé, un canyon, une faille géologique !
- Mon Dieu, mais je suis la pire des tatas, c'est pas possible !
Mes yeux s'embuèrent aussitôt. Clairement, je n'avais pas pensé à tout cela lorsque j'avais proposé à Rosalie d'accueillir les petites, des mois plus tôt. J'étais persuadée que si Edward avait été présent, tout aurait été plus fluide et tranquille.
Je réussis à défaire l'attache qui retenait le bébé 1, malgré les larmes qui brouillaient ma vue, et la soulevais du cosy. Je fus soudainement surprise par le fait qu'elle ne maintenait pas du tout sa tête, qui bascula sur son petit torse dont mes mains faisaient quasiment le tour.
- Naaaan mais dans quelle galère est-ce que je me suis lancée ? Hein ?
Tout en gardant bébé 1 le plus éloignée de moi possible, écœurée par l'odeur qu'elle dégageait, je l'allongeais sur le sol, tout en faisant attention -cette fois !- au port de sa tête. J'inspirais un grand coup avant de bloquer ma respiration et soulevais sa robe de princesse, histoire d'évaluer les dégâts.
- Oh bon sang ! Rosalie, revient ! Sanglotais-je en constatant les dégâts.
Bébé 1 portait bel et bien une couche mais vu la catastrophe qui régnait sous les épaisseurs de taffetas, c'était à se demander à quoi cela servait...
Une épaisseur immonde et visqueuse, étrangement à la fois marron, jaune et verdâtre, maculait ses petites jambes toutes fines alors qu'une odeur d'outre-tombe s'engouffra dans mes narines.
- Nom d'un chien, mais t'as plus rien à voir avec une princesse, toi !
Mon regard désespéré se porta sur le paquet de lingettes et je sus aussitôt que ce ne serait jamais -jamais, jamais, jamais !- suffisant pour tout nettoyer.
- Okay, changement de plan mes beautés !
Alors que les filles hurlaient toujours à s'en décrocher un poumon, je réinstallais bébé 1 dans son cosy et réattachais le harnais en priant pour réussir à le défaire du premier coup la fois suivante.
- Les filles, on va à l'étage !
Je me relevais et soulevais les deux couffins en me faisant la réflexion que c'était suffisamment lourd pour m'en servir en remplacement d'haltères, si jamais à un moment donné elles comptaient arrêter de pleurer.
Je montais péniblement l'escalier, souvent déséquilibrée par les mouvements saccadés des filles. Je pénétrais dans ma chambre puis ma salle de bain et posais les petites au sol avant de mettre l'eau à couler dans ma baignoire.
Comme plutôt, alors qu'elles dormaient encore, je me mis à leur parler, sans vraiment porter attention à ce qui sortait d'entre mes lèvres, tout en lançant une playlist au hasard sur mon IPod. Traidora de Gente de Zona envahit aussitôt la pièce et me permit d'arrêter de me focaliser sur les vocalises des petites. Pour autant, je ne permis pas à mon esprit de repartir des années en arrière, au moment où j'avais enregistré un titre avec ces gars merveilleusement adorables, trop focalisée sur la substance atroce qui maculait les jambes de ma nièce.
Je vérifiais la température de l'eau du bain -j'avais beau ne pas savoir grand-chose d'un bébé, cela m'avait semblé être une bonne idée !- et défis le harnais de bébé 1 avec plus de facilité que la première fois.
- Hey tata s'améliore !
Tout en évitant de réfléchir à ce que j'étais en train de faire, je posais ma nièce sur la sol et défis avec une rapidité qui m'impressionna ses vêtements et sa couche dans un haut le cœur avant d'immerger la petite dans l'eau. Lui proposer un bain ne fut pas la meilleure option.
Premièrement parce que ma nièce me sembla dangereusement petite et glissante dans une si grande baignoire et secondement parce que je n'eus pas le temps de la nettoyer que ce qui avait maculé ses petites jambes était déjà en train de flotter dans l'eau.
Je retirais aussitôt la bonde de l'évacuation et décidai de transformer cela en une douche, ce qui serait bien plus sécurisant pour tout le monde !
Au moins, ce passage dans la salle de bain eut le mérite de détendre les filles. Bébé 1 s'était apaisée aussitôt qu'elle était entrée en contact avec l'eau alors que bébé 2 s'était tu dès que sa sœur avait cessé ses hurlements. C'est dans une ambiance bien plus calme que la douche prit fin, Gente de Zona avait laissé la place à Francesca Maria puis Deorro. Ce n'était probablement pas une playlist adaptée à des bébés aussi jeunes, mais ça avait eu le mérite de me détendre moi. Enfin... jusqu'à ce que je me rende compte que le sac à langer était resté dans le salon... avec couches et tenue de rechange... Parce que bien évidemment, les vêtements de bébé 1 n'était plus mettables.
J'enveloppais le bébé qui sentait alors bon le jasmin dans trois serviettes de toilette, pas tant par peur qu'elle ait froid que par peur qu'un quelconque fluide de s'échappe de son petit corps pourri de l'intérieur.
Je la serrai contre moi et me saisis du second cosy de sorte à redescendre au salon pour habiller la petite.
Une fois fait, bébé 1 dans une couche sèche -probablement à l'envers ou au moins de travers- et emmitouflée dans un pyjama rose bonbon, j'eus un moment de panique en me rendant compte que son cosy était resté à l'étage. Il était hors de question que je les laisse sans surveillance le temps de faire l'aller-retour -on ne sait jamais de quoi sont capables de tels petits démons !- et optais pour une nouvelle solution.
Je me réinstallais en tailleur et l'installais dans le creux que formait ainsi l'un de mes genoux. Pour ne pas créer de jalousie ou quoi que ce soit du genre, je fis de même avec bébé 2. Le calme était revenu dans mon salon et rien au monde n'était plus agréable que cela !
J'envoyais un message au service d'entretien de sorte à demander à ce que quelqu'un vienne remettre en ordre le bazar phénoménal qui régnait dans ma salle de bain, en m'excusant par avance de ce qu'ils allaient trouver.
Les membres de l'équipe de ménage étaient logés à moindre prix quelques étages en-dessous du mien de sorte à ce qu'ils puissent arriver rapidement en cas d'urgence, comme c'était le cas ce soir-là.
Les toutes petites paupières des filles papillonnaient et je me mis à fredonner certains de mes morceaux jusqu'à ce qu'elles s'endorment profondément. Elles étaient tellement mignonnes quand elles étaient aussi calmes !
J'avais beau les observer longuement et minutieusement, mis à part les vêtements ( bébé 1 étant prisonnière d'une grenouillère alors que bébé 2 était toujours aussi magnifique dans sa robe de princesse ), rien, absolument rien, ne les différenciait. Nez identiques, joues toutes aussi craquantes chez l'une comme chez l'autre, cheveux tout aussi fournis... J'avais sous les yeux deux photocopies !
Je balançais mon corps de gauche à droite en nous berçant toutes les trois quand j'entendis les portes de l'ascenseur s'ouvrir ainsi que ma porte d'entrée : bien évidemment, le personnel d'entretien avait mes clés de sorte à pouvoir intervenir de nuit sans déranger personne.
Le plus doucement possible, je haussais la main afin de signaler ma présence à mon employé. Ils étaient plusieurs à travailler pour moi, de sorte à ce que je ne sache pas qui venait d'arriver.
Madame Sanchez arriva dans mon champ de vision, dans un pyjama rayé bleu et blanc protégé par un tablier rose passé, un seau rempli de divers produits d'entretien. Cette femme était formidable : douce, aimable, et du haut de ses cinquante-deux ans, elle était la plus âgée de mon équipe.
- Encore une fois, je m'excuse d'avance pour le bazar immonde que je vous ai laissé à l'étage ! Fis-je dans une grimace.
- Pas de soucis, Mademoiselle Swan ! Je suis là pour ça vous savez !
- Oh vous ne direz pas ça quand vous redescendrez !
Elle s'esclaffa, tout en contrôlant le volume sonore de son rire pour ne pas risquer de réveiller les petites avant de s'éloigner vers l'escalier et monter à l'étage.
Le calme revint mais ne fut que de courte durée : bébé 2 cligna des paupières, s'étira paresseusement avant de pousser un long et stressant cri.
- Oh bébé ! Chuuut, tu vas réveiller ta sœur !
Je fis tressauter mon genou, cherchant vainement à la faire taire avant qu'elle ne réveille bébé 1 mais c'était peine perdue, la seconde jumelle émergea dans un cri strident.
Leurs pleurs en stéréo vrillèrent mes tympans et je me retrouvais bien rapidement démunie. Les bercer ne changeait rien, je tentais de fredonner quelque chose, tout aussi vainement. Je vérifiais à contre cœur leur couche, changeait même celle de Numéro 2 au cas où, mais les filles continuaient à mettre au supplice mes oreilles.
- Oh les filles, pitié, calmez-vous ou faites-vous comprendre mais aidez-moi !
Le stress montait en moi à mesure que leur visage viraient au rouge.
- Vous n'êtes pas sympas ! Vous voulez quoi à la fin ?
Les pleurs et cris eurent le mérite de faire venir madame Sanchez qui s'inquiéta de savoir ce qu'elle pouvait faire pour moi.
- Mais je sais pas moi ! Elles font que pleurer ! Un câlin marche même pas !
- Elles ont mangé depuis longtemps ?
- Manger ? Heu non, ça fait une heure... enfin ça faisait une heure... - Mon regard se porta au travers de la baie vitrée et je pus constater qu'il faisait nuit depuis longtemps.- il y a longtemps...
- Alors ne cherchez pas, elles doivent avoir faim !
- Aaaarg mais pourquoi est-ce que je n'y ai pas pensé plus tôt ? Râlais-je en laissant tomber ma tête en arrière.
- Est-ce que je peux vous aider pour faire les biberons ?
- Non, non. Si vous avez terminé, je vous libère.
- Sûre ?
- Certaine.
Madame Sanchez déposa au pied du canapé le second cosy que j'avais laissé dans la salle de bain et je l'en remerciais avant qu'elle ne quitte mon appartement. Je déposais les petites à tour de rôle dans leur couffin, en m'assurant de les avoir bien attachées. Je les quittais, toujours hurlantes, pour fouiller une fois de plus dans le sac à langer, il me semblait bien y avoir trouvé une grosse boîte de lait en poudre et des biberons...
Une fois le matériel en main, je quittai les filles pour aller dans la cuisine et lire le mode d'emploi -parce qu'il y en avait un sur la boîte, à défaut d'en avoir un scotché sur les bébés !- de sorte à connaître la quantité de lait que je devais reconstituer.
Les biberons prêts et chauffés, je repris ma place en tailleur à même le sol, calée contre le canapé et réinstallais les filles dans le creux que formaient mes jambes. Je les fis manger ainsi, la main droite donnant le biberon à bébé 1 sur ma jambe gauche et inversement avec bébé 2.
Aussitôt que la tétine entra en contact avec leur bouche, elles se turent, ne laissant entendre que le bruit de succion et celui du moteur de la pompe de l'aquarium.
- Vous êtes bien des McCarty vous ! La voix de votre tante et l'appétit de votre père !
C'était la première fois depuis mon départ de chez mes parents que je me considérais comme faisant partie de la famille McCarty et cela me parut étrange.
C'est seulement à ce moment-là que je me rendis compte qu'une énorme migraine siégeait à l'intérieur de mon crâne, palpitant au rythme des battements de mon cœur.
Une fois les biberons vidés, mon instinct me dicta que cette histoire de rot après le repas d'un bébé n'était pas qu'une histoire de grand-mère vue dans une quelconque série à la noix. Je pris donc bébé 1 contre moi, une main à l'arrière de son crâne, une autre sous sa couche propre -sinon je ne l'aurais pas fait !- et à peine son ventre toucha mon épaule qu'une puissante éructation en provenance directe de son estomac se fit entendre.
- Si je devais ne retenir qu'une seule chose de cette soirée, c'est que t'es vraiment pas classe comme enfant, hein ! Le portrait craché de ton père !
Je la reposai dans le creux de mon genou et pris bébé 2 de manière identique pour la mettre dans la même position, seulement rien ne vint.
- Allez ! Si ta sœur l'a fait, c'est que j'avais raison : tu dois sortir quelque chose, non ?
Je la fis longuement tressauter, commençant à perdre patience, quand un rot sonore se fit entendre et qu'une sensation chaude et humide se fit ressentir sur mon épaule.
- Oh mon dieu, je vais tuer vos parents !
Pas besoin d'avoir élevé une famille nombreuse pour comprendre que bébé 2 venait de recracher du lait sur mon épaule. Du lait déjà partiellement digéré compte tenu de l'odeur écœurante...
Les larmes aux yeux de fatigue et de lassitude, je reposais avec autant de douceur que possible les filles par terre avant de monter en trottinant jusque dans ma chambre pour changer rapidement de t-shirt et récupérais ma couette ainsi que mon oreiller avant de redescendre dans le salon pour décaler la table basse et étendre ma couette sur le sol. Je créais des plis dans le tissu de sorte à former des petits cocons avant d'y placer mes princesses.
Je m'allongeais à leurs côtés, de sorte à ce qu'elles reposent contre mon ventre et plaçais mon oreiller sous ma tête alors que mon bras s'enroulait autant que possible autour de mes nièces.
C'est ainsi que je m'endormis, l'odeur de lait caillé flottant toujours.
J'ai pris un très malin plaisir à écrire ce chapitre XD
