Bonsoir bonsoir cher tout le monde !
Le retour du harem, totalement au chnaps ! XD Cette fois, nous avons un personnage spoil qui apparaît, ceux qui ne lisent pas les scans faites attention ! C'est un gros monsieur tout mignon, grand ami de Kiri, que j'aime beaucoup pour ma part. On est sur du friendship, pouvant être interpréter comme de la romance, honnêtement, moi même je ne me décide pas, faite vous votre idée ^^
J'en profite pour faire un gros poutou à AhriallSan, qui m'a gentiment donné un avis dessus, et surtout le discord e MHA qui parle de bouffe sans cesse, vous êtes la meilleure source d'inspiration de l'univers XD
Sur ce, bonne lecture et n'oubliez pas que les reviews nourrissent les auteurs !
Englouti
La cuisine est un art subtil, qui échappe de plus en plus à la jeune génération. L'attrait de l'instantané a tendance à éclipser celui d'un repas traditionnelle. Mais, un petit groupe de héros résistait encore et toujours à l'envahisseur des pastabox et des plats préparés. Outre le stricte apprentissage de la cuisine que suivait les élèves de Yuei, dans le but de nourrir de futur victimes de catastrophes naturelles, certains cherchaient à peaufiner l'art de la gastronomie. Aoyama ne cessait de créer des recettes à base de fromages, toujours plus variés la raclette aux huit saveurs, la patate au coulis de reblochon, la brochette quatre fromages grillés,...Tant d'inventions qui réjouissaient les papilles de toute la classe. Sato était également à l'honneur, avec ses merveilleux gâteaux, ses cookies et ses desserts en tous genres. Sero s'était, avec horreur, découvert une carie monstrueuse après plusieurs goûter successifs chez le consommateur de sucre. Heureusement, il y avait toujours les petits cup-cakes de Momo, beaucoup moins sucré et tout aussi bon. Même si elle ne les cuisinait pas elle même, ils étaient toujours appréciés par l'opinion populaire.
Mais celui qui avait le plus de succès, étonnement, était Kirishima. On pouvait dire ce qu'on voulait de son attitude de bourrin, il était d'une incroyable dextérité dès qu'il se mettait aux fourneaux. Il maniait fouet et spatule comme un dieu, au point de rendre Bakugo lui-même muet lorsque qu'il enfilait un tablier. Ça et le fait que le tablier en question portait l'inscription « Mangez moi ». Avec un smiley clin d'œil.
Bien évidemment, cela ne changeait en rien les qualités de sa cuisine. Il était spécialiste de la tarte au citron meringuée, du tiramisu, de l'escalope milanaise, du hachis parmentier, de la côte de bœuf aux échalotes, et de d'une multitude de plats tout aussi appétissants. Il avait avoué sous la pluie de questions de ses camarades qu'il tenait sa science de Fatgum, experts en préparations succulentes et nourrissants. Mirio qui passait par là avait alors sauté sur Tamaki, demandant à ce que lui aussi montre ses talents en matière de cuisine, la classe A à ses trousses, espérant un deuxième génie gastronomique. La déception fut à son comble quand l'homme poulpe leur annonça que Fatgum ne donnait cours qu'à Kirichima, exclusivement. La déception était éveillé mais aussi la curiosité de Mina : c'était donc exceptionnelle que le héros engloutisseur face dons de ses trucs...Il y avait anguille sous roche, elle en aurait mis sa main à couper ! Dans le but de découvrir ce que cachait ses cours de cuisines, la rose demoiselle s'était donc lancé dans une enquête approfondie sur son meilleur ami. Mine de rien, elle en avait appris de trucs d'espionnage auprès de Toru ! C'était drôlement pratique en filature, en plus d'être amusant.
Elle avait ainsi passé une semaine à répertorier les allées et venues du punk, ses habitudes alimentaires, sa tenue et son attitude. Elle avait même noter ses pauses pipis et le nombre d'heures (phénoménales) qu'il passait en salle de sport. C'était super précis comme planning du coup, mais en attendant, elle ne voyait rien de suspect au niveau cuisine. Il participait avec assiduité aux repas collectif, toujours aussi brillant, mais elle ne le voyait jamais appeler son sensei à l'aide. Frustrant, très frustrant. Au point qu'elle avait été grillé par Tsuyu, qui lui avait glissé un ou deux sourires de conspiratrices entre deux exposés de M. Aizawa. Heureusement, le huitième jour de surveillance fut celui qui récompensa la patience de l'espionne en herbe.
On était samedi, très tôt le matin, quand l'alarme de Mina la tira du sommeil brutalement. Un coup d'œil à son téléphone lui apprit que Kirishima venait de sortir de sa chambre. Chic idée d'installer un détecteurs de mouvements sur le seuil de la porte, le matériel de Mineta était vraiment de qualité supérieure. Ni une, ni deux, l'alien aux yeux brillants sauta dans un pantalon, enfila une chemise et direction l'arrêt de bus ! Il y avait aussi un petit mouchard dans le sac de Eiji elle avait hésité à le placer celui-là, consciente que c'était une intrusion assez énorme dans la vie privé du fan de virilité. Elle culpabilisait à mort d'avoir cédé à la curiosité, mais promis, elle allait tout effacer dès que le mystère serait résolus. Après tout, peut-être que l'apprentissage de techniques de cuisines de secrètes nécessitait un paiement déshonorant, comme manger des œufs pourries, ou mêmes de cafards ! Pour la sécurité de son meilleur pote, Pinky se devait de vérifier.
Les yeux encore rouges et le nez contre la vitre, l'apprenti héroïne regardait la vision de la ville s'animant, auréolé de la lumière du matin. Elle se levait tôt très souvent à cause de l'entraînement que leur imposait EraserHead, mais elle avait rarement l'occasion de se rendre en ville à l'aube. Ce ballet de voitures incessant, ces troupeaux de moutons qui se croisaient dans les rues, monochromes dans l'ombre des gratte-ciel. C'était presque, apaisant, les prémices de l'agitation de la journée. La jeune fille secoua la tête, et sauta de sa place pour atterrir en dehors du bus : il ne fallait pas qu'elle se laisse distraire non plus ! De là où elle était, elle voyait la bouche de métro d'où venait de ressortir le signal de son émetteur, et aussi un type aux cheveux rouges flamboyant qu'elle supposait être sa cible. Planqué derrière son écharpe et l'arrêt de bus, elle attendit qu'il se tourne de profil pour bien confirmer qu'elle ne se trompait pas de personne. Le demi-sourire de Eiji révéla ses dents, et son identité. Toujours dans son rôle de ninja rose, Mina se mit à suivre avec prudence son meilleur ami aux travers de la cité, veillant à rester dans son dos. Il avait l'air, détendu, consultant de temps en temps l'heure à son téléphone, mais ne cherchant jamais son chemin. L'espionne amateur put confirmer son impression quand il se stoppa devant un restaurant du quartier, encore en train d'ouvrir : il était déjà venue ici, et plusieurs fois. Adossé à un lampadaire, elle put l'entendre dire bonjour aux serveurs installant la terrasse, joyeux. C'était donc ici qu'il se planquait quand il partait en « entraînement » le dimanche. Restait juste à savoir ce quelles étaient ses activités, et quel rapport cela avait-il avec Fatgum. D'un mouvement fluide, la demoiselle sortie des lunettes de soleil de son sac, et remonta encore son écharpe sur le bas de son visage : l'opération infiltration pouvait commencer.
« Bonjour madame, que puis-je vous servir ? S'enquit aimablement un serveur, se penchant vers la table de Mina.
Je voudrais un milk-shake à la framboise, avec des framboises fraîches et une paille. Ah un verre d'eau glacé, énuméra d'une voix de diva la demoiselle.
Je vous apporte ça tout de suite !
Mina observa le charmant serveur à la peau écailleuse s'évaporer derrière le comptoir du restaurant pour aller préparer sa commande. Elle avait déjà repéré les sorties, l'entré de la cuisine et les toilettes. Fort heureusement, Kirishima n'était pas en vu : elle n'était pas très sur que son déguisement tienne la route avec lui, il avait un sacré nez le bougre. Il allait cependant falloir qu'elle lui mette la main dessus, si elle voulait résoudre le mystère de la bouffe. Sirotant sa boisson, après avoir remercié le serveur avec le dédain nécessaire à son rôle, Alien Queen se permit une observation un peu plus minutieuse de l'établissement. Les murs étaient tapissés d'affiches de cafés des années trente, de tous les horizons : Paris, Honk-Kong, Berlin, le Caire, Moscou...Toutes les langues se mélangeaient pour former une salade au goût de voyage, qui invitait le client à se perdre en rêve d'autres contrés, d'autres cultures. Le parquet était manifestement ciré de fraie, tout comme le comptoir que tenait un petit homme à la barbe aussi fournie que son crâne était chauve. Les tables propres, avec une nappe blanche associés à des chaises confortables... Ce n'était pas un établissement de prestige, mais il était sans doute infiniment plus agréable d'y prendre un thé que dans les meilleurs restaurant du coin. Mina laissa échapper un sourire, en aspirant les dernières gouttes de son milk-sake. Évidement, Eiji ne choisirait pas un endroit trop fréquenté pour apprendre ses techniques secrètes. Quelles qu'elles soient. D'ailleurs, un des protagonistes de cette sombre histoire venait d'entrer par les portes battantes, crème glacé à la main, tour de taille dans la moyenne pour un homme aussi grand.
Fatgum était dans la place.
En tant qu'apprenti, il était important que tout le matériel soit prêt avant l'arrivé du Maître. Bon, Fatgum n'était pas l'homme le plus regardant du monde sur l'agencement du plan de travail, mais par principe, Kirishima devait présenter rouleau et fouet récurés. Son fidèle tablier noué, en plus de son bandeau spéciale cuisine, il était fin prêt.
L'évier, deux plans et le matériel, le monde du punk se résumerait à ça pour les prochaines heures. Derrière lui, les commis discutaient joyeusement tout en préparant les pâtes de gâteau, les sauces et les vinaigrettes pour le déjeuner. Les deux chefs n'étaient pas encore arrivés, mais les lieux grouillaient déjà d'activités, de rires et d'exclamations. Il avait fallu que Fatgum mange trois fois la carte en une journée pour que les cuisines lui soit ouvertes pour expérimentation privée. Un soupir échappa à Eiji : oui, il avait dit une fois qu'il était un peu embêté de l'attention des médias sur l'agence de son mentor. Deux jours plus tard, les cours étaient immédiatement déplacés au Père Tranquille, où le gérant à barbe l'avait poussé sans ménagement dans les cuisines en pleine course du soir. Après avoir éviter tous les plats volants et les langues de feux courant entre plafond et sol, la silhouette massive de Fatgum l'avait tiré dans un coin. Une grande claque dans le dos et son fameux tablier plaqué au torse, il s'était retrouvé embarqué dans la préparation en accéléré d'un baba au rhum. Il avait d'ailleurs un peu forcé sur la dose d'alcool, ce qui avait passablement éméché les cuisiniers testeurs, et bien fait rigoler son Maître. Ils avaient du raccompagner les pauvres commis, puis le Totoro tout jaune avait ramené Kirishima à l'internat. Ils avaient passés tellement de temps à parler entraînement, bouffe et blagues nulles, que le trajet de retour n'avait duré qu'un battement de cil. Bavard Fatgum, avec son sourire immense...
Le jeune homme sursauta quand les portes de la cuisine s'ouvrirent toutes grandes sur l'imposant héro défensif. Il s'était dépensé un peu avant d'arriver, vu son tour de taille. Sans doute pour goûter les plats du jour... La détermination chassa les dernières brides de rêveries dans l'esprit de Kirishima : le moindre gramme de nourriture que mangerait Fatgum serait succulent, préparé dans les règles de l'art de la virilité culinaire.
« Alors, on prépare quoi aujourd'hui Maître ? S'exclama le punk, frappant ses poings l'un contre l'autre.
- Bonjour à toi aussi Eiji, pouffa le gros bonhomme, se frayant un chemin parmi les cuisiniers. Aujourd'hui, c'est flan au coulis de banane !
- Du flan ? C'est super ! S'extasia l'indestructible. Il nous faut du sucre, du lait, de la vanille...
- Et beaucoup, beaucoup de bananes ! Rajouta le glouton, faisant apparaître comme par magie un énorme panier remplie de fruits bien mures. Découpes les en tranche, tu as trois minutes !
- J'm'y met tout de suite ! S'écria aussitôt l'apprenti, piquant le panier pour aller accomplir son œuvre.
- Je m'occupe de battre les œufs et le lait, hop hop hop on y va ! Encouragea encore le mangeur hors pair, remontant ses manches.
L'entraînement commençait toujours ainsi, par la course folle. Parce que Fatgum devait manger rapidement, que les réfugiés d'une catastrophe avaient besoin de nourriture pour être rassurer, il fallait être très rapide. En plus, ça leur permettait de se mettre en jambes très vite, de s'amuser plus vite. Ça donnait parfois des résultats assez douteux, comme la quiche aux abricots, qui avait un goût de rosbif pour une obscure raison mais l'expérimentation nécessite des sacrifices, seuls les génies sont prêts à faire toutes les combinaisons possibles pour découvrir l'ultime recette ! Celle qui rassasiera les foules, les fera pleurer de plaisir en y goûtant, les transformera de l'intérieur ! C'était le but final du restaurant. Le fan de virilité tendait, lui, à préparer la recette la plus agréable pour tous, et à transmettre l'amour de la testostérone par ses petits plats. Son Maître cherchait la préparation la plus consistante, la plus délicieuse, la moins longue à réaliser.
Chacun ici avait un objectif bien défini, que tous s'évertuaient à atteindre, en travaillant d'arrache pieds : pour eux, la course à l'héroïsme de la société n'était qu'un bruit de fond pour leur passion, la gastronomie. Rien n'aurait pu les détourner de leur chemin, ils étaient imperturbables, droit, fiers, et...Il y avait vraiment un grondement bizarre, comme, des cris dans la salle ? Les cuisiniers finirent par tous tourner la tête vers les portes, desquelles s'échappaient des éclats de voix de plus en plus proche. Soudain, apparu Pedro Almodo, chef cuistot, tenant par l'oreille une demoiselle des plus embêté. Les mains de punk se figèrent soudain au-dessus de sa planche à découper, fixant la peau rosâtre de l'intruse.
« Mina...
- C'est une amie à toi ? Lui glissa Fatum à l'oreille, curieux.
- Lâchez moi espèce de vieux pervers, je faisais rien du tout ! S'insurgea Alien Queen, se débattant vaillamment contre la poigne de fer qui la retenait.
- C'est ça, yé vais te croire ! Siffla l'honorable chef, la secouant encore un peu. Tou observait la couisine dépuis tout à l'heure ! Tou es une espionne !
- Nan mais, c'est pas ce que vous croyez ! Tenta vainement la jeune fille. Je voulais juste savoir ce que faisait Eiji en cours de cuisine !
- Eiji ? Kirishima, tou connais cette démoiselle ! S'écria aussitôt le cuisinier, dardant ses sourcils broussailleux sur l'apprenti.
- Oui, il l'a connais très bien ! Renchérit le glouton, sous le regard embarrassé du punk.
- C'est ma meilleure amie, j'sais pas du tout ce qu'elle fait ici..., lança le jeune cuistot, se rapprochant du maître pour fixer Mina avec agacement. Mais elle veut pas vous voulez vos recettes, enfin je pense pas.
- Bien sur que non, je suis pas une voleuse ! Se vexa de plus belle Pinky, croisant les bras tout en restant courbé en deux, la poigne de son « agresseur » toujours autour de son oreille.
- Tou es sour qué nous pouvons lui faire confiance ? Insista avec suspicion le chef.
- Je me porte garant pour elle sensei, et tout outrage qu'elle vous ferait entacherait mon vœu de virilité ! Déclama avec solennité la pierre humaine, se redressant.
- Bien bien, fit le maître, relâchant la demoiselle. Vous autres, au travail bande dé feignants !
- Aaaah, j'ai mal à l'oreille ! Se plaignit Mina, se frottant le lobe avec insistance. Il est bizarre ton prof Eiji !
- Mina, qu'est ce que tu fous là ? Demanda avec fatigue le punk, tout en l'asseyant dans un coin de la cuisine.
- Bah, en fait, je me posais des questions, annonça la demoiselle. Tu disais que les cours de Fatgum était que pour toi, t'en parlais jamais, mais t'es devenu super bon pour faire de la bouffe, alors forcément, je me suis demandé si vous faisiez pas des rituels bizarres ou un truc comme ça !
- Des...rituels ? S'amusa le héro glouton, détaillant le visage jovial de la jeune fille. On peut considérer que faire de la cuisine est un rituel, je suppose...
- Maître, s'il vous plais, vous l'encouragez là ! Se plaignit en rougissant Kirishima. On test juste des recettes, je vois pas pourquoi tu t'inquiètes.
- Désolé, mais comme t'as tendance à tout garder pour toi, quand tu veux pas parler de quelque chose, ça me stresse, s'excusa avec amour l'alien aux yeux brillants. J'ai pas envie de te retrouver à l'hôpital parce que tu t'es embarqué dans une histoire sordide !
- Oh bah, euh, c'est, gentil ? Fit Eiji, soudain beaucoup moins sur la défensive. Mais tu sais, je garde pas tous pour moi...
- Ouais c'est ça, parce que c'est viril peut-être de se confier pour toi ? Balança aussi sec la petite rose, fixant son meilleur pote de son regard inflexible.
- Bah, euh oui d'abord ! S'exclama aussitôt le punk, croisant les bras sur son tablier. Il faut faire face à ses sentiments pour mieux les accepter !
- Quelle maturité, je suis fier de toi, pouffa de plus bel Fatgum, faisant un clin d'œil à Mina.
- Taishora bordel ! Se vexa vraiment Kirishima, tournant un regard courroucé vers son Maître. J'essaie de faire un truc important là !
- Désolé petit homme, je retourne à mes fourneaux ! Annonça en souriant le géant arrondi, tournant les talons pour reprendre la recette.
- J'te rejoins dans 5 minutes ! Lui lança le jeune punk, avant de soupirer en se retournant vers sa meilleure pote. Bon, Mina, comment t'as fait pour...eh, tu m'écoutes ?
- ...Tu l'appelles par son prénom ? Glissa la rose demoiselle plissant des yeux de suspicion.
- Eeeeeuh, oui, nan, mais eeuh, rougit soudain Eiji, passant un bras derrière sa tête, gêné. Nan mais c'est pas le sujet, tu m'as espionné !
- Oui, d'accord, je t'ai suivie, désolé, blablabla, mais tu l'appelles par son prénom ?! S'exclama avec curiosité la jeune fille, envoyant paître d'un revers de la main les plaintes de son interlocuteur.
- Ça ne te regarde pas, siffla sévèrement Kirishima, définitivement en colère.
- Roooh, aller Eiji, s'il te plaît, avoue que c'est suspect ! Ronronna l'alien, cherchant à lui tirer les vers du nez.
- Tu dégages, coupa aussitôt le punk.
- Hein ? Mais attend, on a pas finis de discuter ! Se plaignit Pinky, tiré vers la sortie par son meilleur ami furax.
- Moi j'ai finis, tant que tu te seras pas excusé ! Lança avec humeur le jeune homme, sortant de la cuisine pour mettre la demoiselle à la porte du restaurant, sous les yeux ronds des trois clients présents.
- Mais attend, je te jure, je voulais pas... ! Tenta l'alien, avant de se faire pousser sur le trottoir, et bloqué à l'extérieur par le regard dure du cuisinier amateur.
Figé, elle finit par partir, traînant les pieds. Un soupir échappa à Kirishima, qui décrispa sa main de la poignée de la porte d'entré. Le front contre la vitre, il se demanda pourquoi il devait avoir une meilleure amie si intrusive, parfois.
Les fourneaux étaient froids, la cuisine désertée. La nuit était noire dehors, mais pas autant que les pensés du jeune cuisinier. Il dévorait avec lassitude un poulet au gingembre, directement dans la casserole. Les épices lui montaient au nez, mais qu'importe, il cherchait réconfort dans la nourriture. Il détestait se disputer avec un ou une amie, ça lui foutait le cafard. Alors il se rabattait sur les petits plats. Éliminés le jours d'après par une heure d'entraînement en plus, évidemment. La lumière se fit brusquement, quand apparu devant lui la version maigrichonne de Fatgum, regard entre inquiétude et bienveillance. Sans un mot, il tira un tabouret, pour s'asseoir en face du glouton d'un soir. Il avait de la sauce verdâtre qui lui dégoulinait du menton, le regard vide, perdu dans le fruit de son travail. Le héro pro piqua une fourchette, pour la planter dans un beau morceau de poulet, et déguster avec son élève. Les minutes passèrent, dans le silence de la mastication.
« Comment elle a fait pour te retrouver, je croyais que tu n'avais rien dit à personne sur le restaurant ? S'enquit tranquillement Fatgum.
- 'Ai trouvé un mouchard dans mon sac, soupira le punk, le regard toujours aussi vide.
- Elle t'a vraiment pisté depuis l'internat ? Elle forte cette petite, fit avec sérieux le héro pro, hochant la tête d'approbation.
'- Avais rien vu, j'laurais arrêté, balbutia le fan de virilité, mâchonnant son bout de poulet avec lenteur. Elle avait pas le droit de me suivre comme ça.
- Eiji, regarde moi deux minutes.
Lentement, le regard fatigué de Kirishima remonta de la casserole aux iris de son maître, débordantes de sollicitude.
- Je pense pas qu'elle pensait à mal tu sais, insinua gentiment le glouton, piquant la casserole à son élève.
- Peut-être, mais c'était quand même vachement irrespectueux, trancha le cuisinier en herbe. Si elle veut me demander un truc, elle le fait, point.
- Elle était inquiète, tu crois pas ? Après ta petite mésaventure dans le repère des yakusas, elle a des raisons de te suivre partout, souligna avec justesse le mangeur compulsif.
- C'est vrai, admit en grimaçant l'apprenti-héro, sortant petit à petit de sa torpeur. C'est quand même pas très viril comme manière de faire.
- Eiji, ta meilleure amie est toujours une fille à ce que je sache, elle n'a pas à être viril ! Éclata de rire le gros mangeur, finissant le reste de sauce à la cuillère.
- ...C'est pas une manière de faire, un point c'est tout ! Râla de plus bel Kirishima, tentant de repiquer la casserole. Donne moi ça !
- Ah non, c'est pas bon pour ce que t'as petit homme ! Sourit avec sadisme le glouton, tendant le récipient loin au-dessus de sa tête.
- C'est pas moi qui grossit comme un ballon de baudruche à chaque calories que je bouffe ! Rétorqua aussitôt le fan de virilité, se levant pour essayer d'atteindre son précieux Graal.
- C'est pour le travail ! S'exclama joyeusement le cuisinier, se levant à son tour pour éviter la main agile de son apprenti.
- C'est ça, t'es juste un glouton qui adore les petits plats ! Pouffa à son tour Eiji, les yeux braqués sur l'objet de ses convoitises.
Les deux cuisiniers se jaugeaient, Kirishima à la recherche d'une faille dans la défense imprenable de son Maître, ce dernier prêt à esquiver. C'était la bataille de la casserole.
Brusquement, l'indestructible sauta à l'assaut de Fatgum, approche frontal, comme d'habitude. Mouvement fluide du héro engloutisseur, qui esquiva avec grâce l'attaque, mais ne put échapper au coup de coude durcit qui lui perça à demi les côtes. Relâchement de sa poigne autour du manche de la casserole, et deuxième bond du jeune homme aux cheveux rouges en direction du récipient. Mais on n'a pas aussi facilement un professionnel du puits sans fond, le bras libre de Fatgum aspira la main volante du jeune cuisinier, le bloquant définitivement suspendu. Le sourire du héro glouton s'élargit devant l'air dépité de Eiji, se débattait avec force pour se soustraire à l'alter de son Maître.
« Tu peux toujours essayer, mais une fois pris, tu ressort plus sans mon accord ! Lança avec triomphe Taishora.
- Peut-être, mais en attendant je peux faire ça ! Répondit le fan de virilité, un éclat malicieux dans le regard.
Pesant de tout son poids, Kirishima se pendit au bras du héro pro, et l'entraîna avec lui vers le sol, dans un fracas retentissant. Passé la surprise d'avoir soudain le dos par terre, les deux compères se regardèrent, hilares : ils étaient couverts des restes de poulet.
C'était un des nombreux talents de Fatgum, outre ses compétentes culinaires : il était très doué pour redonner la pêche, avec un type aussi positif que Eiji, c'était d'une facilité déconcertante. Il était beaucoup moins déprimé qu'en début de soirée, au vu de ses éclats de rires. Le sourire du héro pro s'adoucit, contemplant son élève : il l'aimait bien ce gamin.
Mina avait des cernes d'une qualité insoupçonnée, pour quelqu'un qui a la peau rose. Ça donnait un effet violacé, avec des taches jaunes éparpillés autour de ses pupilles. Pour tout dire, Denki avait eu une peur bleue en la voyant ce matin : pas réveillé, il l'avait pris pour un zombie rose, ou une alien venue le dévorer. Le cri qu'il avait poussé avait rameuté Ida et Ochaco, tout deux prêt à en découdre. Heureusement, Kaminari pu les retenir avant qu'ils n'abattent la pauvre demoiselle épuisée. Elle avait peu dormi. A chaque fois qu'elle fermait les yeux, elle sentait le monstre de la culpabilité venir lui broyer les cotes, lui arracher le cœur, lui percer les poumons de mille flèches. Le visage fermé de Kirishima se présentait devant elle, reproches muets. Elle entendait ses paroles, colériques. Il avait eu raison de la foutre dehors. Elle n'avait rien à faire là, elle avait complètement dépassé les bornes. Mais elle était tellement inquiète aussi ! Quand il ne parlait pas de quelque chose, ça pouvait très bien dire qu'il avait de gros ennuis ! Quoi qu'il puisse en dire, Eiji restait un type très renfermé par certain côté, c'était tellement angoissant de ne pas savoir où il allait, ce qu'il faisait ! Pour autant, elle devait respecter son intimité : rah, dilemme !
C'était dimanche, et rien n'y faisait, la jeune femme était incapable de se réveiller pour réviser son contrôle de maths du lendemain. La tête sur son bureau, une tasse de chocolat chaud fumant à côté de sa pile de feuille de révisions. Les équations dansaient devant ses yeux : elle avait pensé à aller voir Momo pour demander des cours particuliers, mais l'idée de se lever était définitivement trop fatigante. Toru avait eu la gentillesse de lui préparer une boisson chaude, en lui conseillant de dormir un peu parce qu'elle ressemblait « carrément à une rose fanée ». Elle aurait bien voulu...
Quelqu'un toqua soudain à sa porte, faisant sursauter la demoiselle, qui releva la tête pour lancer un vague « entré ! » à son visiteur. La tête rougeoyante de Kirishima passa la porte, un demi-sourire aux lèvres.
« Salut Mina, bien dormi ? S'enquit le fan de virilité.
- Grmlmlml, grommela la jeune fille, détournant le regard de son meilleur ami.
- J'en déduit que non, affirma alors l'indestructible, entrant dans la chambre, pour s'asseoir sur le lit.
- Eiji, écoute, euh, pour hier, chuis désolé, murmura l'alien, tournant ses yeux larmoyants vers le punk. Jt'e jure, je voulais pas être intrusive, mais j'aime pas quand tu disparais comme ça, ça me stresse !
- Nan mais Mina, attend je suis venue m'excuser aussi ! Interrompit le jeune homme, passant un bras derrière la tête, gêné. Tu me l'as dis hier, et je t'ai pas écouté !
- Mais c'est moi qui fait n'importe quoi ! Rétorqua Pinky, sautant de sa chaise pour faire les cent pas. Je t'ai espionné, j'aurais pas du, je suis désolé !
- Mais parce que t'as eu peur nan ?! S'exclama Red Riot. J'comprend, je te jure !
- ...C'est, c'est vrai ? Demanda d'une petite voix la rose demoiselle, se tordant les mains.
- Bah, je me suis dis après que la dernière fois que j'ai plus trop donné de nouvelles, je me suis retrouvé à l'hôpital déguisé en momie, donc après c'est logique que tu t'inquiètes, continua le punk, rattrapant Mina par le poignet pour l'asseoir sur le lit.
- Tu m'en veux pas trop ? Renifla l'apprenti héroïne, les larmes aux yeux.
- Bon hier, beaucoup plus, mais maintenant, plus du tout, assura le fan de virilité, souriant pour chasser la culpabilité de sa meilleure amie.
- Chuis désolééééé ! Éclata en sanglots la pauvre Mina, faisant un câlin surprise à Eiji, qui resta tétanisé.
Au bout de plusieurs minutes d'épanchements sur le tee-shirt de l'indestructible, la jeune femme sembla enfin se remettre de sa petite crise. Pour être tout à fait précis, elle s'était endormie vautré sur Kirishima, qui hésitait encore une fois entre la gêne et l'attendrissement. Il l'a replaça quand même dans son lit, parce que laisser baver une demoiselle sur son tee-shirt, ça lui donnait un aspect peu ragoutant, et donc pas hyper viril pour le coup.
Tout doucement, il referma la porte de la chambre, soulagé de voir qu'il n'avait pas réveillé la petit rose en la déplaçant. En souriant, il sortie son téléphone et envoya un message à Fatgum.
« On s'est réconciliés, t'avais raison elle était juste méga inquiète ! Merci ^^
« Pas de quoi petit homme. Tu passes goûter chez moi tout à l'heure ? )
« Carrément ! 3
