— C'est canon, c'est vraiment arrivé dans l'issue 40 de Spiderman vs Deadpool par Thompson et Horak. Dans le futur lointain, on se retrouve dans la même maison de retraite et on s'enfuit pour partir à l'aventure… bla bla bla ... Je t'ai sauvé la vie en te transfusant mon sang, puis les 4 fantastiques sont arrivés et m'ont renvoyé dans le passé pour que je tue le premier faux moi-même... Blabla. Mon vieux moi a rencontré ton jeune toi pendant que mon jeune moi rencontrait ton vieux toi. On a compris que c'était la fin du monde dans cette ligne temporelle parce que... Bablabla... et donc le jeune moi a rencontré le vieux moi tandis que le vieux toi rencontrait le jeune toi dans l'autre ligne temporelle pas encore détruite… Comme d'habitude, tu as refusé de tuer le robot Matrix, qui était alors juste un enfant robot, qui est responsable de la fin du monde plus tard, et, du coup, on l'a adopté ! Toi et moi ! On est devenu des super-papas et notre fils était robot meurtrier avec des sentiments ! Ha. Mockingbird t'a largué aussi. Et la vache vampire m'a trahi... Blablabla... Si je me souviens bien, les trois guerriers d'Asgard, sont aussi intervenus mais sont repartis pour une soirée karaoké… Et puis master Matrix, notre fils, a mal tourné parce que toi et moi, on n'arrêtait pas de se disputer à propos de ce qu'il était important, ou non, de lui apprendre. Nous n'avons définitivement pas les mêmes valeurs. Blablabla... et tu as dis que tant que je faisais de mon mieux pour m'améliorer, tu m'acceptais. C'est à ce moment que c'est arrivé… je t'ai dis que j'étais désolé. Pour tout. Pour t'avoir plusieurs fois laissé tombé, pour être moi et pour tout ce que je fais que tu désapprouves… Et tu n'as rien dit, tu as simplement écarté les bras pour me faire un câlin ! Après ça, notre fils nous a dit que l'amitié était forgée sur deux choses : L'honnêteté, et les road trips. L'épisode s'est terminé alors qu'il nous offrait une superbe jeep pour un tour du monde en amo- entre amis.

Peter, concentré sur sa toile qu'il tissait avec dextérité, entendait les paroles de Wade comme un bourdonnement sonore en fond. Il se rendit compte que le mercenaire n'avait pas arrêté de lui parler que lorsque le silence les enveloppa et, surpris, il leva le regard vers lui.
Incertain, ignorant jusqu'au sujet palabré par le mercenaire, il se racla la gorge et changea rapidement de conversation :

— C'est prêt.

Wade haussa un sourcil et regarda autour de lui d'un œil impressionné. Ils étaient dans les égouts, et l'intégralité de la galerie était recouverte de toile, autant sur les parois, les toits, que les ouvertures, sauf deux, qui étaient barrées. Cela faisait froid dans le dos, vraiment. Un arachnophobe ne tiendrait pas plus de quelques secondes ici sans s'évanouir d'horreur. Heureusement pour lui, Wade était plus arachnophile que « phobe » et, à l'aise, il accompagna Spider-man en résumant :

— C'est un gang qui terrorise le quartier depuis plusieurs mois… Ils sont armés et n'hésitent pas à tuer, la police est dépassée et nul ne sait exactement combien ils sont et où se trouve leur planque, mais ils ont la sale manie de disparaître dans cette partie des égouts… Le but est de les coincer pour retrouver les biens des citadins volés et les restituer, puis donner nos méchants à la police.
— Exact.
— Dis-moi… C'est un peu plus gros que ce que tu affrontes d'habitude…
— J'ai déjà vu pire…
— Certes, mais peut-être qu'un avenger suppléant, genre antman où le mec avec des ailes, pourrait-
— De une, ce sont des vrais avengers, pas des suppléants. De deux, je n'ai pas besoin d'eux pour prendre ces caïds. Je peux m'en occuper seul, d'autant plus si tu me couvres…

DeadPool ne releva pas. Ce qui, en soit, inquiétait plus Peter qu'autre chose. Il s'était très rapidement habitué à ce que DeadPool relève toutes les tournures à double sens, même les plus innocentes. Mais, depuis quelques temps, le mercenaire ne faisait plus le moindre sous-entendu. Spidey ne savait pas trop si c'était parce qu'il avait cessé d'être sérieux où, au contraire, s'il avait commencé à l'être. Lui même ne savait pas s'il en était soulagé ou non.
Toutefois, il se mit vite à penser à autre chose lorsqu'il sentit une infime vibration sur sa toile et il se mit sur ses gardes.

— Ils arrivent. Range tes katanas, je refuse que tu tues qui que ce soit.

Wade poussa un soupir audible, pour la forme, et, sous un signe de Spidey, se mit en position. Il faisait très noir dans la galerie, la toile de Peter scintillait sans pour autant attirer l'œil de la dizaine de malfrat qui avançait en parlant fort. Jusqu'à ce que l'un d'eux ne pose la main sur le mur, sans parvenir à la retirer. Un instant de flottement parcourut le groupe, puis DeadPool entra dans le jeu, immédiatement suivit par Peter. La suite fut extrêmement chaotique. Le plan était simple : profiter de l'effet de surprise pour pousser les malfrat dans la toile de l'homme-araignée, puis appeler la police.
Cela n'était pas supposé leur prendre beaucoup de temps et, sans en avoir parlé, un véritable travail d'équipe se mit en place : DeadPool poussait les malfaiteurs contre les parois, Spidey les embobinaient dans sa toile. Le tout en échangeant des blagues et réparties qu'ils étaient les seuls à comprendre. Toutefois, quand Deadpool repoussa à main nue pour la troisième fois ce type avec une seule oreille, il comprit que quelque chose n'allait pas et, soudain, il s'exclama pour le plus jeune :

— Web ! Ce sont des mutants !

Celui à une seule oreille lui envoya un sourire victorieux et une longue langue fourchue jaillie à ce moment de sa bouche pour s'enrouler autour de la gorge du mercenaire.

— Intéressant comme… Holy shit, c'est corrosif ce truc !

Attaqué par la salive brulante, Wade tenta de le repousser tandis que, de son côté, Peter évitait les assauts d'un mutant qui lançait épine vénéneuse sur épine vénéneuse et un autre pétri d'une monstrueuse force brute qui, d'un coup de poing, était capable de faire jaillir des ondes de chocs déstabilisantes. Spidey traversa la galerie lorsque l'un des poings le toucha et il s'écrasa dans sa propre toile en pestant. Wade jugea que c'était le bon moment pour sortir un flingue et un katana mais, se dépêtrant, spidey lui hurla que c'était hors de question.
Il poussa alors un soupir, rengaina ses armes et se fit craquer la nuque d'un mouvement de tête.

— Très bien, dans ce cas… Maximum effort !

Peter évita de justesse un jet d'aiguilles empoisonnées et, d'un bond, rejoignit Wade au cœur de la mêlée. Une onde de choc, envoyée par le plus grand, les fit tous les deux voler à travers le couloir et ils furent réceptionnés par une substance gluante et adhésive qui n'avait rien à voir avec la toile de Peter.

— Je crois que c'est vraiment le moment d'abandonner tes valeurs pour adhérer à mes méthodes.
— Hors de question.
— Ce serait pourtant plus facile et plus intéressant pour la postérité de les dévivanter avant que ça ne tourne au vinaigre pour nous.
— On ne les tue pas.

Fermement, Spidey avait parlé en se dégageant de la matière nauséabonde et, d'une dérobade agile, il évita de peu une petite dizaine d'aiguilles qui lui était destinées. Elles se fichèrent avec un bruit mat dans le torse de DeadPool qui les regarda d'un air ahuri et Peter embraya en attaquant férocement. Tissant sa toile tout en bastonnant ses adversaires, il parvint à en mettre la moitié hors service et, bientôt, Wade le rejoignit en retroussant ses manches. Il fut coupé dans son élan quelques instant plus tard par Spider-man qui se plaça devant lui :

— Je m'occupe du grand bodybuildé.
— Si ça te fait plaisir…

Wade avait lui même bientôt terminé d'assommer ses propres assaillants avec application et laissa à Spidey l'honneur d'attaquer le plus gros. Il faisait vraiment insecte, face à lui, mais sa force surhumaine valait bien celle du méchant qui, très vite, se mit à mordre la poussière. Sans perdre de temps, ils entravèrent le groupe et Spider-man sortit son téléphone pour appeler la police et leur donner les coordonnées de leurs position.

Le temps que les forces de l'ordre arrivent, ils patientèrent pour s'assurer que personne ne parvenait à s'enfuir puis, quand se fit entendre le bruit des sirènes, ils prirent la fuite sans demander leur reste.

Ils arrêtèrent de courir pour simplement marcher une fois qu'ils eurent rejoint l'air libre et longèrent un canal en profitant de la fraicheur de l'air du soir.

— Au fait, as-tu terminé le devoir sur l'électrolyse ?

La question était tellement incongrue, au vu de ce qu'ils venaient de vivre, que Peter ne put retenir un éclat de rire, mais il secoua la tête négativement :

— Non… Je vais m'en occuper en rentrant, si je veux pouvoir le rendre demain…
— Moi aussi…
— Tu n'as pas les réponses des années précédentes ?
— On ne l'a pas encore eu, celui-là… Je crois que cette prof m'a percée à jour…

Le ton était dépité et Peter leva les yeux au ciel, se retenant de justesse de dire que c'était bien fait. Il lança un regard en coin au plus âgé, avant de s'immobiliser sans un mot pour se tourner vers lui. Intrigué, DeadPool en fit de même et ne feignit pas la surprise quand l'homme araignée posa simplement une main sur son torse pour lui retirer les aiguilles empoisonnées encore plantées dans sa chaire de l'autre. Il les laissa tomber au sol une part une et, sans s'en rendre compte, Wade compta dix petits tintements. Ils sonnèrent à ses oreilles comme un compte à rebours et, lorsque le silence se fit à nouveau, Spider-man était un peu plus proche de lui que ce que la décence autorisait, ses mains gantées étaient posées à plat sur son torse et il n'aurait suffit que d'une impulsion pour que leurs lèvres se rencontrent. Wade ressentit le désir d'attraper sa taille pour le coller à lui, arracher son masque et l'embrasser jusqu'à en perdre son souffle.
Il ne montra pas la moindre expression lorsque le plus jeune se détourna pour reprendre sa marche en annonçant simplement :

— La note de ce devoir comptera pour l'examen… Nous ne devrions pas le négliger.

Comme si cela coulait de source qu'ils s'en occuperaient ensemble en rentrant à l'université. Deadpool aurait bien eu d'autres projets pour le reste de la nuit, pourtant, il n'hésita pas à raccompagner Spidey, s'installer avec lui dans une salle isolée des dortoirs et sortir ses affaires pour faire ses devoirs.
L'homme araignée sortait vraiment ce qu'il y avait de meilleur en lui. Wade n'avait même pas à faire d'effort, il avait l'impression que le simple fait de côtoyer Spidey faisait de lui quelqu'un de bien et, le pire, ou pas, était qu'il appréciait cette version de lui-même.

oOo

— Pourquoi ce serait vous le président du club de sciences, Strange ?
— Parce que j'ai les compétences requises, Stark.

Face à face, les deux élèves s'affrontaient du regard et, assise à son bureau, le professeur Angorianne demanda d'une voix éteinte :

— Ca fait vingt minutes que ça dure… Si vous n'êtes pas capables de vous décider par un débat civilisé, nous règlerons la question par un vote.
— Facile, quand on sait que la moitié de ce club sont des amis de monsieur Stark.

La voix grave de Stephen avait roulé de manière menaçante tandis que Stark faisait mine de ne pas entendre le reproche.

— De une, il est le seul à croire qu'il a des amis. De deux, être ami avec lui ne veut pas dire que l'on va voter pour lui.
— Merci, Barton.
— A ton service, Stark.

Le milliardaire lança un regard noir à l'archer qui lui répondit d'un sourire niais et, à bout de nerf, Lucie Angorianne se leva pour annoncer d'une voix froide :

— Gamora, je te nomme présidente du club. Shuri, tu seras la secrétaire. Maintenant, nous allons nous concentrer sur les sujets des années précédentes. Vous allez former des binômes et traiter chacun une problématique déjà présentée.

Immédiatement, Stark se tourna vers Steve pour demander d'une voix intransigeante :

— Rogers, prenons le sujet sur-
— Pardon ? Parce que je suis maintenant digne de faire parti de ce club ? Désolé, Stark, mais j'ai déjà un binôme.

Il désigna Barton du menton et l'archer se permis de lui envoyer un insolent baiser de loin. Tony se rendit alors compte, à sa plus grande horreur, que les membres du club s'étaient déjà dispersés par groupe de deux. Même Thor semblait parfaitement s'entendre avec Gamora, qui se permettait, sous prétexte de lui présenter ses idées, de laisser sa main courir sur l'avant-bras du demi-dieu. Celui-ci s'amusait plus du regard noir de mademoiselle Angorianne que des attouchements discrets de Gamora ou de la détresse de Tony qui se retrouvait en tête à tête avec Strange.
Il était difficile de définir lequel des deux était le plus courroucé par la tournure des événements. Lequel des eux aurait le plus de mal à avouer que, effectivement, ils ne semblaient pas compter pour beaucoup de monde dans ce groupe.

L'heure qui suivit fut extrêmement pénible pour les deux génies, qui ne perdirent pas une seule occasion pour insulter l'autre, prouver qu'ils étaient les meilleurs tout en résolvant leur sujet avec une facilité insolente.

Toutefois, même s'ils avancèrent des solutions d'une complexité et d'une maitrise époustouflante qu'un esprit commun ne pourrait à peine appréhender, madame Angorianne parvint à se montrer insatisfaite. Elle leur reprocha des lacunes qu'aucune personne dans la classe ne parvint à saisir, se plaignit de leur lenteur et les accusa de ne pas assez s'impliquer.

Bien entendu, les deux se plaignirent et Iron Man la foudroya du regard :

— Aucun des élèves de l'école de Charles Xavier ne pourra riposter face à ça.
— Notre implication vous offrira la victoire, que vous faut-il de plus ?

Dressés tous les deux face à la belle enseignante, ils faisaient front commun sans parvenir à cacher l'exaspération que cela soulevait en eux. Toutefois, la brune garda son aplomb pour répondre avec virulence :

— Je l'ai déjà dit. La victoire ne suffit pas. Je veux les écraser. Et je ne pourrai les écraser que si vous travailler ensemble. Pour la semaine prochaine, je veux que vous me fournissiez tous une réponse à cette équation.

Se détournant des deux génies, elle alla au tableau pour écrire une longue formule complexe que tous recopièrent attentivement. Puis, un par un, ils récupérèrent leurs affaires pour quitter la salle. Se sentant lasse, elle se laisser choir sur la chaise et ne prit même pas la peine de se montrer agacée lorsqu'une ombre massive la couvrit :

— Est-ce un langage codée d'une écriture savante outre espace ?

Absolument pas gêné d'étaler ainsi son ignorance, Thor montra le tableau d'un signe de tête et elle poussa un simple soupir :

— Non c'est… une simple…

Comme elle le faisait souvent, elle pinça ses lèvres pâles en levant son regard vers le dieu nordique qui, explication ou non, semblait, finalement, trouver plus d'intérêt en elle que en sa formule. La manière dont son regard bleu glissait sur sa silhouette était hautement éloquente à ce sujet. Pour la forme, elle se redressa pour assener d'une voix froide :

— C'est quelque chose qui est à la portée de tous les humains qui ont été scolarisés sur Midgard. J'attend de toi autant de compétences, voir plus, que tes camarades. Tu me donneras la réponse exacte demain à la première heure.

Froidement, elle se leva et allait passer à côté de lui pour sortir mais, avec une douceur qui contrastait avec la puissance qui sommeillait en lui, il lui attrapa gentiment le bras :

— Je n'ai pas été scolarisé sur Midgard. Mais j'apprends vite… Je n'excelle pas autant avec les chiffres et les devinettes que mon frère, toutefois je sais me débrouiller… Il me faut simplement un guide.
— Retire. Ta main.

Glaciale, elle fit un pas en arrière et, sagement, il la lâcha. Toutefois, alors qu'elle fit un deuxième pas en arrière, il en fit un vers elle, couvrant la distance pour parler d'un ton plus bas, en la regardant dans les yeux :

— J'ai un peu du mal à vous cerner, Lucie Angorianne… J'ai l'impression que vous recherchez quelque chose, mais vous-même ignorez quoi…

Elle recula encore, jusqu'à rencontrer le mur et il se déplaça de manière à lui laisser une voie de sortie si elle le voulait, montrant franchement qu'il ne désirait pas la bloquer. Il allait faire un pas de plus, mais elle posa une main ferme sur son torse pour l'immobiliser en lui lançant un regard dur :

— Je pourrais en dire de même pour toi, Thor Odinson.

Il eut un sourire charmant qui, pourtant, n'exprimait aucune joie et il posa sa main sur celle, blanche jusqu'au bout des ongles, de la jeune femme, qu'il pressa galamment :

— La question ne se pose pas pour moi… Je ne cherche plus rien. J'ai tout perdu. Tout. Ma famille, ma maison, mes amis… Même ma vie ne semble plus m'appartenir…

Elle fronça les sourcils et, se redressant, elle serra la main sur la chemise du blond pour demander d'une voix aussi curieuse que peinée :

— Il ne te reste donc plus rien ?

Le sourire du blond, de creux, se fit un peu plus lumineux, jusqu'à se répercuter dans ses yeux et il approcha son visage pour souffler contre les lèvres pâles qui s'entrouvrirent de surprise :

— Ce qu'il me reste, je le protègerai de ma vie et je le chérirai de tout mon cœur.

La gifle partie au moment où les lèvres du blond s'emparèrent de celles de Lucie. Trop tard, toutefois, le baiser fut pour elle une décharge électrique qu'elle se prit de plein fouet. Cela ne dura que le temps d'une caresse, mais ce fut comme si la foudre lui traversa le corps entier, courant sous son épiderme et grillant ses circuits nerveux. Sans qu'elle n'ait le sentiment, toutefois, de ressentir la moindre douleur. Même son cerveau sembla se mettre en surchauffe à ce simple contact. Si elle n'avait pas eu le réflexe d'abattre la main au moment où Thor avait commencé à se pencher sur elle, aucun doute qu'elle aurait été prise au piège de son propre corps et serait, à l'instant, totalement à la merci de ce plaisir foudroyant que seul le dieu du Tonnerre était capable d'offrir et qu'aucun mortel n'était capable de supporter. Lorsque sa main frappa la joue du plus grand, la connexion fut rompue brutalement et, sans prendre le temps de se justifier, elle fila en vitesse.

Thor la regarda partir et n'essaya pas de la retenir. Une drôle d'émotion lui comprima les entrailles lorsque la porte claqua. Ce n'était ni de la frustration, ni de la déception. Au contraire, c'était bien plus doux, bien plus chaud aussi. Plus ardent, même. Un plaisir qu'il n'avait pas connu, celui de la chasse. Pas la lutte primaire de deux désirs qui s'attisent, mais la danse subtile de deux âmes qui se cherchent.

A l'instant, même si ça n'avait duré que moins d'une seconde, il se sentait comblé. Car, très brièvement, elle avait répondu à son baiser. Un simple souffle surpris, certes, mais ça restait une réponse qui l'avait conforté.
Dans un sourire, il lâcha enfin sa respiration et, de ses lèvres maintenant gercées par le froid, une petite buée glacée s'échappa.

Satisfait, il récupéra son sac, sortit son SmarthPhone pour prendre le tableau en photo, puis rejoignit son groupe d'étude qui s'était retrouvé dans la salle annexe à la bibliothèque.

oOo

— Et tes camarades ?
— Ho… Ils… Ils sont chouettes.
— Chouettes, chouettes ? Ou chouettes comme-
— Personne ne me taquine.

Faisant tourner son stylo au bout d'un doigt agile, Peter répondit à sa tante sans la regarder. Tony Stark avait bien voulu signer une décharge comme quoi le jeune homme était bien en stage à son entreprise, ce qui expliquait ses absences et la raison pour laquelle il ne dormait plus que quatre nuits par semaine chez May. Il n'avait qu'une dizaine d'heure de cours à l'université associative, sous l'identité de Spider-man. Surtout le soir, pour la plupart des classes. Ce qui lui permettait de suivre une grande partie du programme du lycée en tant que Peter Parker sans que personne ne pose de question. Encore une fois, les papiers fournis par Stark avaient convaincu le proviseur de laisser Peter organiser son emploi du temps comme il le désirait, tant que la moyenne suivait. Et elle suivait. Donc personne ne l'embêtait. A part tante May qui, elle, ne pouvait s'empêcher de l'inonder de questions à chaque fois qu'il rentrait, tous les trois jours.

Ses sens se mirent à tinter et, prestement, il ferma l'onglet de l'article qu'il était en train d'écrire au moment où l'ombre de sa tante le couvrit.

— Wow… Je ne me rappelle pas avoir étudier ça quand j'avais dix-sept ans… Ni après…
— Ce sont… Les options…

Il fit rapidement défilé son cours numérique de l'université pour faire disparaître l'intitulé et le logo de l'école. Tante May eut une moue impressionnée et elle baissa les yeux sur ses feuilles, qu'il couvrait maladroitement de son avant-bras.

— D.P. ? Ca a l'air sérieux… C'est ta petite-amie ?

Occupé à cacher toute information à propos d'une enquête qu'il menait en secret à propos d'une organisation louche qui faisait disparaître des mutants en toute discrétion, il n'avait pas vu qu'il révélait ses feuilles de bio honteusement taguées par DeadPool. Il piqua un fard et posa un livre sur ses feuilles avant que May ne puisse lire les insanités entourées de cœurs en se raclant la gorge :

— Non ! C'est… juste… Daphnee Pa… Palatre. Ma voisine… Elle est cool mais…
— Tu peux me le dire, tu sais…

Souriante, May s'adossa à la table et il retint un lourd soupir. La soirée allait être très longue.


oOo

Merci d'avoir lu !

Bonne soirée à tous et merci aux reviewers !