Chapitre deux : The little pink hood
En deux temps, trois mouvements et un coup de baguette plus tard, Edelweiss avait revêtu un tailleur pantalon gris perle et par-dessus sa robe de sorcière anthracite. Un moulinet de sa main droite et elle entoura sa queue de cheval de façon à faire un chignon plus ou moins droit et correct. Pour le reste ses chaussures classiques iraient très bien avec le reste de sa tenue. Amour se montra un peu plus coopérant quand fût venue l'heure de rentrer dans son panier de transport, ne lui opposant comme résistance que son regard dédaigneux et irrité.
« Excusez-moi, votre majesté, de vous contraindre à si peu de luxe… » lui dit-elle sur un ton cérémonieux et cynique en plus. Sur ces paroles, elle empoigna la cage et quitta son compartiment pour rejoindre le quai de la gare dès que le train eu stopper ses machines. D'un pas rapide, elle disparut en direction des diligences, monta dans l'une d'elle qui démarra sans attendre l'apparition des premiers élèves. Dire que l'année précédente, c'était en temps qu'élève qu'elle se trouvait là et sans la compagnie du fléreur. Le jeune animal ne s'était d'ailleurs pas fait entendre de tout le chemin qui les séparait de la gare au hall de Poudlard. Elle profita de son arrivé pour lâcher le fauve miniature, non sans lui intimer l'ordre de ne pas aller vagabonder à sa guise. Visiblement intimidé par son nouvel environnement, le félidé ne tarda pas à se comporter en véritable petit chien, manquant d'ailleurs plusieurs fois de faire trébucher la sorcière qui se rendait à la salle des professeurs.
Quelques fois, elle s'y était rendue avec sa camarade de classe Lydia Skiney, à l'époque où celle-ci était préfète de Serdaigle. Elle se sentait revenue à cette époque où elle l'avait suivie à contre cœur, à petit pas, prête à se fondre dans le mur, les yeux rivés vers le sol et le cœur au bord des lèvres. La sensation n'avait pas changé, même si elle allait ce jour franchir la porte en tant que collègue du corps enseignant qui l'avait connue élève. Restait à savoir qui allait reprendre le cours de défense contre les forces du mal. La grande question annuelle depuis l'arrivée de monsieur Potter à Poudlard. Dit comme cela, il pourrait presque passer pour une malédiction. Le tableau qui dissimulait l'entrée de la salle de repos professorale arriva devant elle bien trop vite à son goût. Elle resta, un instant, interdite. Elle avait totalement oublié le mot de passe.
« Le mot de passe ? » Quémanda le locataire de la toile.
« Un petit instant… » Répondit-elle en fouillant fébrilement les poches de sa cape afin de retrouver le morceau de parchemin sur lequel elle l'avait noté.
« Semper fidelias. » Lança une voix sévère, mais haut perché, dans son dos. Edelweiss pivota sur ses talons pour apercevoir le professeur Flitwick qui venait de lui sauver la mise. Mieux valait que ce soit lui qui la découvre dans cet état de fébrilité que…allez au pif… le professeur Rogue ? Rien qu'imaginer la scène, elle avait envie de se décomposer et de fuir. « Bonsoir Miss Devonshire. Vous me semblez… Inquiète ? Perdue ?»
Les joues de la jeune sorcière s'empourprèrent violement et elle se mit inconsciemment et discrètement à danser sur un pied puis sur l'autre. Ce qui eut pour effet de faire sourire le professeur de sortilèges. Son ancien directeur de maison était quelqu'un qu'elle appréciait beaucoup et le voir en dehors de son rôle de professeur, comme collègue même, restait quelque chose d'étrange, mais également d'agréable. « Un peu… » Finit-elle par confesser alors qu'elle suivait le petit sorcier à travers l'ouverture menant à la salle qu'elle n'avait jamais qu'entre aperçu.
« Il ne faut pas voyons. Nous ne vous mangerons pas. Venez, le banquet commencera promptement. » La manger non, elle n'y avait jamais songé, mais se faire ridiculiser ça oui… ou se prendre une remarque bien sentie. Non, elle ne visait personne en particulier… ou pas.
La jeune femme n'eut pas le temps d'admirer la pièce dans laquelle elle côtoierait pour un temps ses anciens professeurs. Elle nota cependant la présence de fauteuils à l'air moelleux et chaleureux, la grande cheminée et une immense table en chêne garnie de chaises assorties. Aucune couleur ne prédominait vraiment. Elle était sobre, sans doute pour rappeler l'impartialité dont un professeur devait faire preuve lors de ses cours. Ce qui avait une petite connotation ironique quand elle repensait à certains de ses cours. Elle dû faire une foulée de course pour rattraper le professeur Flitwick qui se dirigeait vers une porte en bois donnant sans le moindre doute sur la grande salle. Voilà donc où elle menait cette première porte qu'elle avait souvent vue depuis sa place à la table de Serdaigle. En parfait gentleman, Filius Flitwick la laissa passer en premier et referma la porte derrière lui.
Edelweiss demeurait quelque peu mal à l'aise de se retrouver sur l'estrade des professeurs, face aux grandes tables où n'étaient pas encore entasser tous les élèves. Elle adressa un nouveau regard à son sauveur du jour qui tendit une main vers les places libres à gauche du siège central occupé par Dumbledore. La première chaise vide était celle du professeur McGonagall qui ne tarderait pas à faire son entrée avec une flopée d'élève de première année. La seconde devait apparemment lui être attribuée d'après ce qu'elle comprenait du non verbal de son ancien professeur. Cependant, si elle n'avait pas eu assez d'amour propre pour ça, on aurait pu lire l'horreur et la syncope arrivant à grand pas, lorsqu'elle comprit qu'elle allait passer tout le banquet coincé entre Minerva McGonagall d'un côté – ce qui aurait pu être pire-, mais surtout Severus Rogue de l'autre ! « Ô misère… » Marmonna-t-elle pour elle-même avant d'aller prendre place sans un regard assassin pour Dumbledore. Poliment, elle s'adressa alors à son seul voisin proche.
« Bonsoir professeur. » Elle n'avait aucune illusion concernant une éventuelle réponse de la part de la chauve-souris des cachots. Elle prit sa coupe devant elle, actuellement remplie d'eau, et en prit une gorgée.
« Bonsoir Miss Devonshire. » De surprise, elle faillit recracher ce que contenait sa bouche. Elle dut faire un effort surhumain pour réussir à avaler le liquide avant de regarder son voisin - en cachant assez mal sa surprise évidemment - qui, comme si c'était la chose la plus naturelle du monde, continua sur sa lancée. « Vous avez fait bon voyage ? » Le ton n'avait rien de chaleureux, le professeur de potions restait fidèle à lui-même sur ce point, il était cordial, poli, mais sa voix rauque et masculine demeurait aussi froide que sévère. Si, la sorcière n'avait pas déjà été assise, elle en serait tombée sur les fesses et ce devant tout le monde.
« Euh… oui. Très bon même. Merci, monsieur… » Pendant un instant, elle se demanda si elle allait réellement se mettre à échanger des banalités sur son voyage, le temps qu'il faisait ou sur comment s'était passer les vacances avec son ancien maître des potions et détesté professeur. Heureusement pour elle, l'homme en noir ne fit pas mine de vouloir continuer la conversation, à son plus grand soulagement. Bien sûr, elle avait conscience qu'ils étaient désormais collègues et par conséquent ils seraient amenés à se côtoyer plus souvent, mais ça en aurait été trop pour elle en une seule journée, si elle avait dû faire « ami-ami » avec le locataire des cachots. Elle prit une nouvelle gorgée d'eau avant de regarder la salle qui se remplissait petit à petit, jouant nerveusement avec ses doigts en dessous de la table. Sa nervosité devait être aussi visible qu'un géant dans une plaine, car cela ne manqua pas d'attirer l'attention de son proche voisin, mais également du directeur. Trop engluée dans sa bulle, elle ne vit d'ailleurs pas le jeu discret de regard que se lancèrent le directeur et le potioniste.
« Miss… Miss Devonshire…Edelweiss ! » Elle sursauta alors et tourna brusquement sa tête vers le professeur Rogue, encore plus surprise qu'auparavant.
« Ou…oui ? » Il connaissait déjà son prénom ? C'était possible ça ? On parle ici de Severus Rogue quand même, celui qui traite ses élèves comme des cornichons sans cervelles, qui retirent des points sans aucune partialité. Le Severus Rogue qui ne la laissait jamais répondre tant il avait l'air d'être fatiguée qu'elle ait réponse à presque tout. Par le string léopard de Merlin, le bâtard des cachots connaît son prénom !
« Calmez-vous où je vous glisse une potion calmante dans votre verre d'eau… » Siffla-t-il entre ses dents « Vous me donnez le tournis. » Ah ben voilà, elle retrouvait son ancien professeur. L'euphorie de la situation venait de redescendre à pique vers les tréfonds des abysses et elle baissa les yeux, souhaitant plus que tout se glisser dans un trou de souris. Quand on parlait de se prendre une remarque bien sentie ou de se faire ridiculiser, elle était bien partie.
« Pardon, professeur Rogue… » Finit-elle par ajouter comme si elle avait encore été une élève à laquelle il pouvait retirer des points. Dire que même après ses études elle continuait de craindre cet homme.
Les premières années firent leur apparition derrière le professeur McGonagall, qui fidèle à elle-même portait son habituel chapeau pointu et ses robes de sorcières noires et vertes. Ce détail la fit sourire et elle s'attacha alors à observer la tenue des autres professeurs. Tout semblait comme d'ordinaire, que ce soit les tenues excentriques de Dumbledore, les robes bleues de madame Bibine, le costume tiré à quatre épingles de Flitwick, le style ténébreux de Rogue. Elle soupira intérieurement d'aise, trouvant dans cette vision familière la sécurité dont elle avait besoin pour se détendre. Jusqu'à ce qu'une masse rose se distingue de l'autre côté de son voisin masculin. Une véritable agression oculaire devrait-on dire, tant cette couleur lui était insupportable et cela ne devait pas être que son cas lorsqu'elle sonda le visage de ses anciens camarades. Sur le coup, elle ne s'interrogea pas directement sur l'identité de la petite sorcière potelée qui lui faisait vivre cet enfer coloré, mais il lui sembla impossible que ce soit elle qui prenne en charge les cours de DCFM. Se pourrait-il que Dumbledore ait enfin accorder à Rogue le privilège d'enseigner ladite matière ? Dans ce cas, elle craignait déjà pour la santé mentale des élèves. En analysant la situation plus avant, elle en vient à la conclusion qu'une personne aussi propre sur elle ne pouvait pas plus gérer les cours de potions. Alors que venait faire ce gros bonbon à l'odeur sucrée à Poudlard ? Il y en avait des professeurs excentriques dans l'établissement, Dumbledore et Trelawney en première ligne, mais ici l'originalité n'était pas tant dans l'allure des vêtements, mais dans leur sérieuse austérité contrasté par leur horrible couleur.
Elle était ainsi tellement perdue dans les méandres de ses réflexions qu'elle n'avait même pas fait attention à la répartition de cette année, pas plus qu'à l'arrivée à ces côtés du professeur McGonagall et encore moins au fait qu'Albus Dumbledore était à présent debout derrière son pupitre pour son discours annuel de début d'année. Elle ne réagit finalement que lorsque le vieux sorcier mit ensemble dans une phrase : absence d'Hagrid, cours de soins aux créatures magiques et professeur Devonshire. À cet instant, elle devient tout de suite plus attentive aux paroles du directeur, apprenant ainsi que le petit chaperon rose n'était autre que Dolores Ombrage, nouveau professeur de DCFM nommé par le ministère de la magie. Les applaudissements des élèves furent assez mitigés, entre beaucoup de chaleur chez les Serdaigles et les Poufsouffles, plus diffus chez les Gryffondors et quasiment rien de la part des Serpentards. « Vos anciens camarades de maison ont l'air très enthousiaste de votre nomination, Miss Devonshire. » Lui glissa alors le professeur de Métamorphose. « J'espère toutefois que vous saurez vous montrez impartial ou du moins le plus possible. »
Sur le coup, elle eut très envie de répondre quelque chose de cinglant, comme par exemple qu'elle ne suivrait sans doute pas l'exemple du potioniste assis à sa gauche ! Nonobstant cela, elle n'en eu pas le temps. D'abord parce qu'elle finit par comprendre que sa jeunesse et son manque d'expérience ne jouait pas en faveur d'une telle réponse et ensuite parce que l'affreux bonbon du ministère venait de toussoter, interrompant le directeur afin de réclamer la parole. Son comportement en dérangea plus d'un à la table des professeurs, mais pas seulement et le discours dans lequel elle se lança ensuite avec son ton condescendant, comme si elle s'adressait à une bande de demeuré sans cervelle, n'arrangeait en rien l'antipathie qu'Edelweiss commençait à ressentir pour elle. Elle avait réussi à battre son méprisable ancien professeur de gauche, ce qui n'était pas peu dire ! Pour ce qu'elle comprit du blabla de l'ancienne sous-secrétaire, cela ne fût guère pour lui plaire, mais ce serait mentir que de dire qu'elle ne s'y attendait pas. De ce qu'elle avait lu dans la Gazette du Sorcier tout l'été, elle se doutait que le Ministre Fudge mettrait tout en œuvre pour garder Dumbledore – et Harry Potter par extension- à l'œil et ce de la plus détestable des façons. De nouveau, son cerveau ne fit pas la moindre attention à la suite et fin du discours du directeur, ne prêtant aucune attention au fait le festin avait commencer. Cette fois, ce fût une douleur cuisante dans le mollet qui la ramena à la réalité et à la raison de surcroît lorsqu'elle comprit que ce n'était autre qu'Amour qui avait planter ses griffes pour réclamer son dû de nourriture. Un regard à gauche, un regard à droite… tout le monde semblait concentré sur son repas ou prit dans une discussion passionnante. Elle se saisit du bout de sa fourchette d'une tranche de bacon, qu'elle prit délicatement entre son pouce et son index. De nouveau, elle s'assura que personne ne se préoccupait de son cas et la tira rapidement vers le bord de la table avant de la laisser glisser au sol. Le fléreur bondit dessus comme si elle avait été vivante et l'attaqua ensuite à belles dents. « Morfale ! » Pensa-t-elle avant de s'occuper de se sustenter elle-même.
La grande salle était désormais presque vide, les derniers élèves se pressaient les uns derrière les autres pour rejoindre leurs dortoirs après l'ordre donné par Albus Dumbledore. La jeune rousse suivit le mouvement que ce dernier avait lancé en quittant son siège, ramassant au passage son animal de compagnie qui s'était endormi comme un bien heureux après avoir englouti moins de dix tranches de bacon ! Le serrant contre sa poitrine elle ronchonna entre ses dents : « Espèce d'estomac sur pattes… ». Elle suivit de même le reste de la file professorale à l'intérieur de la salle de repos, en espérant pouvoir demander au directeur où elle devait loger. Elle n'allait tout de même pas élire domicile chez Hagrid ? Ce serait fort inconvenant et impoli. La sorcière n'osait même pas s'approcher de lui pour le déranger, car il continuait de bavasser avec Mme Pomfresh en marchant. Bref, ils étaient tous désormais dans le couloir, certains les avaient même distancés pour rejoindre leur appartement et elle était toujours dans la compote quand Dumbledore finit –semble-t-il- par remarquer qu'elle attendait désespérément qu'il lui permette de lui parler. Ce ne fût pourtant pas ce qu'elle attendait qui sortit des lèvres du sorcier : « Ah oui, Miss… Severus, vous accompagnez notre jeune demoiselle à ses appartements ? Merci, on se voit demain Miss Devonshire. » Et il s'en fui sans un mot de plus.
« Enfer et damnation… » Soupira sa pauvre conscience avant qu'elle ne pivote sur ses talons et suivent les capes noires qui partaient à grandes enjambées. Sur le trajet, elle s'imagina déjà vivre dans les cachots pour le reste de l'année, ce qui n'avait actuellement qu'une saveur humide et moisie désagréable. Elle rattrapa le professeur en trois foulée de course, histoire de ne pas passer pour une petite fille apeurée, même si elle n'en avait jamais été aussi proche en cet instant.
Le silence était réellement insoutenable et dérangeant. Mais de quoi pourrait-elle bien parler avec lui ? Elle savait d'expérience que l'homme en noir n'aimait guère le bruit, surtout dans sa salle de classe. N'y tenant plus, elle décréta qu'elle allait commencer par le remercier de jouer les bagagistes d'hôtel avec elle. « Au fait… merci de bien vouloir… m'escorter, professeur Rogue… je me doute que… »
« Severus… » Assena-t-il sans prévenir, laissant la jeune femme à nouveau confuse.
« Pardon ? »
« Appelez-moi, Severus, nous sommes collègue semblerait-il, autant commencer à s'appeler par nos prénoms tout de suite, vous ne croyez pas. »
« Oui, mais c'est uniquement pour cette année…je…je ne crois pas que je continuerais comme… » Balbutia-t-elle encore sous le choc de la familiarité que lui proposait d'adopter le maître des cachots.
« Pourquoi donc ? Ce n'est pas ce que vous vouliez faire ? » Il tourna ses yeux d'onyx sur elle et comme toujours, cela lui donna l'irrépressible envie de disparaître. Hélas, elle n'était ni une souris, ni une animagus. Il s'arrêta, sans qu'elle comprenne pourquoi.
« Je…enfin… je ne sais pas ce que je veux faire. » Confessa-t-elle en concentrant son attention sur ses chaussures.
« Enfin, miss, vous devez bien avoir une idée ! » Le ton était anormalement autoritaire, presque déçu à vrai dire. L'ancien Mangemort était estomaquer à dire vrai qu'une si brillante élève ne sache pas quoi faire de sa vie. Edelweiss Devonshire, il le savait, avait été l'une des meilleurs élèves de sa promotion, si ce n'est la meilleure. Ce qui à ses yeux la rendait aussi insupportable que la miss-je-sais-tout des Gryffondors, mais avec une personnalité qui restait un mystère pour tout le monde. L'allée retour de gauche à droite et de droite à gauche de la jeune femme confirma les craintes du professeur, avant qu'elle ne hausse les épaules.
« J'ai pensé aux soins aux créatures magiques, évidemment, mais… il n'y a pas énormément de déboucher hormis l'enseignement, la recherche ou l'élevage, mais… Puis, j'ai pensé à la médicomagie aussi, j'aime beaucoup soigner également ou encore… » Elle se stoppa nette dans ses confessions se rendant compte de ce qu'elle allait lâcher comme bombe si elle continuait.
« Quoi, Edelweiss ? » Une sueur froide lui parcouru l'échine lorsqu'elle se souvient qu'il connaissait son prénom et pire encore qu'il l'avait déjà utilisé lors du banquet un peu plus tôt. Sortant de la bouche du potioniste ça lui donnait l'impression de prendre une douche froide. Elle se secoua mentalement avant de lancer le pire de ses mensonges.
« La botanique. » Elle ne devait vraiment pas être convaincante sur ce coup-là. Il n'y avait qu'à voir l'expression de surprise dans les yeux noirs qui étaient toujours braqués sur elle.
« La botanique ?! » Relança-t-il en marquant bien le fait qu'il ne la croyait pas. Les résultats de la jeune sorcière à ses ASPICS, il les connaissait. Des Optimaux partout sauf divination et en botanique où elle n'avait eu que des acceptables. Elle se moquait de qui au juste ?
Le malaise d'Edelweiss ne fit que croître à mesure qu'elle se sentait s'empêtrer dans son mensonge par les yeux inquisiteurs du professeur Rogue. Par Merlin, ce qu'elle pouvait encore plus le détesté en ce moment. Elle jeta un coup d'œil à sa gauche, comme pour chercher une échappatoire et saisi sa chance au vol en découvrant le tableau d'une jeune femme accompagnée d'une licorne qui semblait attendre qu'on se préoccupe d'elles. « Oh ! Nous sommes arrivés ? »
« Ne changez pas de sujet, miss… » Commença-t-il avant de comprendre qu'en réalité, c'était peine perdue, d'autant plus que Rusard venait de commencer son tour. « Soit, nous reprendrons cette conversation… Bonne nuit. »
« Bonne nuit, pro…Severus. » Lança-t-elle sur un ton plus joyeux qu'elle ne l'aurait voulu avant de soupirer de soulagement une fois la longue cape noire disparu de son champ de vision. La sorcière aux cheveux auburn s'occupa alors de son tableau, réfléchissant au mot de passe. Un sourire se dessina sur ses lèvres avant qu'elle n'enregistre le mot secret. Elle disparut dans un mouvement souple à travers l'ouverture, juste au moment où le concierge apparaissait à l'angle du couloir.
