Chapitre trois : Professeur Devonshire

Edelweiss referma la porte de ses appartements à l'aide de son talon gauche, ses mains étant toujours trop occupées à porter contre elle son précieux fléreur endormi. Son regard actuellement azuré se porta sur un canapé en cuir brun foncé et elle remercia secrètement la personne qui avait aménagé les lieux, car elle put alors poser le félidé sur ce dernier. Amour avait beau être un très jeune animal, à peine six mois, il pesait déjà son poids et il devenait également encombrant. Pour toute réponse à ce changement, le petit félin se retourna sur le dos en s'enroulant sur lui-même. Une position des plus comiques qui lui arracha d'ailleurs un petit rire. Elle prit sa baguette, lançant un sort en direction de la cheminée pour obtenir une belle flambée qui réchaufferait l'atmosphère. Une fenêtre attira son attention et elle s'en approcha pour regarder au dehors. Sous ses yeux ébahit, elle découvrit le spectacle du lac noir au clair de lune, la verte pelouse qui l'entourait se dégradant dans des nuances de gris. Elle n'était pas dans les cachots comme elle le craignait, mais elle n'en était pas très éloignée non plus. Il allait falloir faire avec l'idée que son voisin le plus proche resterait la chauve-souris des cachots. La jeune sorcière se surpris à penser que cela aurait pu être pire, bien obligée de constater qu'il ne s'était pas montrer aussi désagréable qu'ordinaire. Elle découvrait agréablement que son nouveau statut n'avait pas que des mauvais côtés, elle allait pouvoir en savoir plus sur ses anciens professeurs et peut-être pouvoir juger Severus Rogue à sa juste valeur. En effet, lorsqu'elle y réfléchissait –même déjà en tant qu'élève- elle avait beau ne pas porter le maître des potions dans son cœur, très loin de là même-, elle n'avait jamais démenti ses qualités de professeurs et tentait souvent de se convaincre qu'il n'était pas aussi horrible en dehors des cours. Sa façon de donner cours était déplorable, ça tout le monde s'accordait à le dire, mais c'était justement ce comportement qui l'avait poussé à exceller dans cette matière pour éloigner d'elle ses remarques sarcastiques et blessantes. C'était ses foutues manières exécrables qui en dépit de tout avait éveillé en elle sa passion des potions et l'avait mené à imaginer suivre le cursus de maîtrise de cet art après ses études. Voilà ce qu'elle venait de cacher son odieux mensonge botanique, ne se voyant pas admettre à cet être exécrable qu'il l'avait contaminée à sa science ! C'était sans doute pour cela, que même si elle détestait l'homme, elle le considérait comme un excellent professeur et un potioniste au sommet de son art. Pourtant, l'homme derrière le masque de pierre devait être différent, elle en était même persuadée après cette courte entre vue. Probablement que lui, comme elle, était mal à l'aise devant la nouveauté de la situation. Peu d'élèves rêvent de devenir professeur à peine quelques mois après leur sortie de l'école.

Son front parsemé de cheveux auburn reposait désormais sur la vitre froide de la fenêtre, le regard perdu dans l'immensité noire et reposante du lac. Un soupire plus tard, elle s'en détourna pour observer la pièce aux murs nus de toutes traces de couleurs ou de décoration. Elle hésita un moment entre l'idée de s'occuper de mettre un peu de vie dans son nouveau chez elle et celle d'aller se coucher sans tarder. Finalement, l'austérité de la pièce, malgré les ondes chaleureuses dessinées par le feu, eu raison d'elle et elle brandit à nouveau sa baguette. Un instant plus tard, les murs avaient pris une teinte écrue pour deux d'entre eux et les derniers un ton cramoisi. Le tout dégageait maintenant une sensation de chaleur, tel un petit cocon sécuritaire. Le mobilier à l'allure aussi vieille que le château lui-même –ou presque- se mariait assez bien avec les nouvelles couleurs. Tout du moins, il ne tranchait pas totalement et ne choquait pas l'œil ou plutôt le sien, elle se fichait de l'avis de ses improbables visiteurs, persuadée qu'elle n'en aurait jamais. Elle réserva un sort similaire à la salle de bain, jouant dans les ton noirs et blanc. Elle termina par sa chambre pour laquelle elle choisit à nouveau l'écru plus foncé, marié cette fois au bleu royal, rappel de son ancienne maison. Satisfaite, elle défi sa malle amené par les elfes de maison et la vida avec quelques coups de baguette pour en terminer avec son emménagement. Les poings sur les hanches, elle admira la pièce un petit sourire satisfait jouant sur ses lèvres. La suite des événement n'a que peu d'importance, la douche et le lit en furent les seuls acteurs, pour un repos des plus mérités.

Un son familier tira l'endormie de son sommeil sans rêves, celui de son réveil Big Ben et elle maudit une fois encore le nom de son oncle qui le lui avait offert. Son pied rencontra une résistance plutôt molle lorsqu'elle tenta de s'étirer et elle en déduit qu'Amour se trouvait présentement au pied de son lit, ayant probablement migré là après que le feu se soit éteint dans la cheminée au cours de la nuit. Edelweiss se tira paresseusement de son lit pour rejoindre la salle de bain pour un brin de toilette et une séance d'habillage mettant en scène ses vêtements professoraux de la veille. Elle ne devait après tout pas donner de cours ce matin, son emploi du temps ne contenait encore qu'un rendez-vous avec Dumbledore entre le petit déjeuner et le déjeuner, cela lui laisserait tout le temps de changer de tenue avant d'entamer les trois heures de cours de l'après-midi, respectivement avec les troisième, cinquième et septième années. D'ailleurs, lorsqu'elle inspectait son horaire, elle trouvait qu'il était particulièrement peu chargé, mais donnant un cours optionnel cela devenait tout à fait normal. Loin de la déranger outre mesure, elle décida qu'une fois son rendez-vous avec le directeur achevé, elle se ferait son propre planning d'apprentissage afin de pouvoir décider de ce qu'elle ferait de sa vie une fois cette année d'intérim terminée. En outre, elle étudierait ses matières pour le brevet de capacité d'enseignement. Prête des pieds à la tête, elle quitta ses appartements, Amour sur les talons qui toisait tout ceux qu'il croisait de son air supérieur. Elle fit le chemin inverse de la veille au soir, repassant par la salle des professeurs et gagnant alors l'estrade de la grande salle. Il était encore très tôt d'après ce qu'elle pouvait constater, car les élèves étaient assez rares autour des tables et les professeurs également. Ce fût guère une surprise pour elle de retrouver son guide d'hier soir attablé et prêt à attaquer le contenu de son assiette. Dans un mouvement fluide et souple, elle vient s'asseoir à sa place et adressa ses salutations matinales.

« Bonjour pro…Severus. Je ne m'y fais pas… » soupira-t-elle avant de se servir une belle portion d'œufs brouillés, quelques tranches de bacon, une saucisse et des tomates bien grillées. Amour monta sur ses jambes tout en souplesse avant qu'elle ne le redépose autoritairement au sol. « Non ! Tu restes par terre, morfale. » Elle remarqua alors placer au sol, une petite gamelle dorée dans laquelle apparu une quantité plus que suffisante de bacon. Ces elfes de maisons, quel talent !

« Bonjour, miss Devonshire. » La sorcière concentra alors son attention sur son voisin de table et fronça les sourcils.

« Ah non, vous voulez que je vous appelle Severus, alors vous m'appelez par mon prénom aussi ! Il n'y a pas deux poids, deux mesures. » Le ton était sans doute un peu plus autoritaire qu'elle ne l'avait prévu. Ce pourquoi ses joues prirent à nouveau une teinte rosée de gêne.

« J'avais pourtant cru comprendre que cela vous dérangeait. » La jeune femme haussa un sourcil, invitant par là son interlocuteur à continuer. « Vous aviez l'air complètement épouvanter hier soir, lorsque je l'ai utilisé. »

La jeune femme remercia le ciel de ne rien avoir en bouche à ce moment-là, car cela aurait été une nouvelle épreuve pour ne rien recracher. Son non-verbal avait-il réellement été aussi expressif hier soir ? Visiblement. Pour quoi devait-elle passer maintenant… Au moins pour quelqu'un qui ne savait pas ce qu'elle veut et encore pire pour une fieffée menteuse. « C'est-à-dire que… non, enfin… j'étais surprise c'est sûr, mais…pas au point d'être épouvanter. » bredouilla-t-elle en s'attaquant à son petit-déjeuner, qui lui faisait moins envie d'un coup.

« Pourtant, n'importe qui aurait cru qu'au mieux je venais de vous verser de l'eau glacé sur la tête ou au pire que je vous avais menacer de mort. » Le professeur de potions restait calme, terriblement calme, ce qui n'aidait en rien la jeune femme à se sentir à l'aise. Comment faisait-il pour rester aussi tranquille dans cette situation de malentendu ? Peut-être qu'elle prenait tout cela trop à cœur aussi.

« Avouez que venant de vous surtout, c'est assez étonnant d'entendre le prénom d'une ancienne élève sortir de votre bouche. » marmonna-t-elle plus pour elle-même que pour envenimé la situation et en se concentrant sur la prise de son repas.

Severus Rogue n'avait rien manquer de ce que la jeune femme venait de dire et il ne pouvait pas vraiment la contre dire. Il aurait cependant voulu se défendre, après tout il avait de bonne raison d'agir de la sorte, mais sa nouvelle collègue ne lui en laissait pas l'occasion. Son attention plongée dans son assiette, elle ne lui laissait que le luxe d'admirer son profil harmonieux et délicat. De plus, elle lui avait mentit, il le savait et il désirait savoir pourquoi. Il aurait pu d'un informulé utiliser la légilimancie, mais si elle l'apprenait ensuite la discussion n'en serait que plus houleuse. Jugeant que ce n'était pas le moment d'aller lui rappeler leur petite discussion nocturne plus avant, il se clos dans le silence et continua son maigre repas du jour, non sans observer du coin de l'œil l'avancée de sa voisine. Elle venait de terminer lorsqu'il reprit la parole.

« Pourquoi m'avez-vous mentit hier soir ? » À nouveau, le visage de l'ancienne Serdaigle se peint de cette expression d'horreur qu'il avait déjà observer la veille. Si, elle avait amorcé son mouvement de départ, elle venait de se rasseoir pour lui faire face. La fuite n'était pas vraiment un trait de caractère qu'on attribuait à la maison des bleus et bronzes et il espérait bien qu'elle n'allait pas trouver une parade intelligente cette fois.

« Je n'ai pas envie d'en parler. » Ce n'était pas la réponse qu'il attendait d'elle, allez savoir d'ailleurs pourquoi il s'entêtait de la sorte à vouloir absolument savoir. Peut-être parce qu'elle avait semblé extrêmement mal à l'aise, comme terrifiée de lui révéler cette chose.

« Je vous avais dit que nous reprendrions cette conversation, Edelweiss et vous savez que je ne lâcherais pas l'affaire. Vous feriez tout aussi bien de me répondre maintenant. » Sa voix était dure, il avait repris le ton qu'il utilisait avec ses élèves, loin de celui dont il usait d'ordinaire avec ses collègues. Il n'était pas beaucoup plus agréable à vivre avec ces derniers, mais l'ancien mangemort faisait un tout petit effort pour être moi acariâtre. Puis qu'il lui faisait avoir des sueurs froides lorsqu'il était plus dispo à la conversation, qu'en serait-il lorsqu'il redevenait le froid maître des cachots. Il espérait que cela aurait plus d'effet. Malheureusement, les Serdaigles sont peut-être moins rusés que les Serpentards, ils n'en demeurent pas moins très intelligents et observateurs, ce qui lui permit une fois de plus de glisser entre les doigts de la chauve-souris des cachots.

« Je crains qu'il ne vous faille attendre encore un peu, j'ai un rendez-vous avec le directeur dans cinq minutes et il serait fort inconvenant que je sois en retard, Severus. » lui envoya-t-elle avec ce ton presque condescendant et un grand sourire aux lèvres avant de se lever prestement. « Vous finirez par vous lassez, monsieur, j'en suis persuadée. » Et elle disparut en quelques foulées suivie par son animal de compagnie. Quant à l'homme rester derrière, il bouillait littéralement sur place, en colère contre la répartie soudaine de la jeune femme et plus encore de ne pas être parvenu à ses fins. Elle voulait jouer ? Et bien il allait jouer lui aussi et n'était pas né celui qui pourrait dire qui gagnerait la partie. À son tour, le potioniste quitta sa place pour prendre la direction de sa salle de classe pour son premier cours qui, contrairement à la Serdaigle, commençait dans une petite demi-heure.

Un sourire satisfait jouait malicieusement sur les lèvres d'Edelweiss, heureuse d'avoir su aussi bien briser les espoirs placés par Severus Rogue dans la force de son ton professorale. Cela faisait bien longtemps que ce ton-là ne l'impressionnait plus, elle en avait même pris l'habitude après sept années à étudier les potions avec lui. Elle avait puisé dans ce ton familier la force de lui rabaisser le caquet et elle n'en était pas peu fière. Elle n'en était pas moins consciente qu'il continuerait de la poursuivre jusqu'à ce qu'elle lui livre la vérité et quelque part, elle s'amusait de ce petit jeu, se demandant ce qu'il pouvait bien avoir à faire de savoir la vérité ou pas. L'idée que le bâtard des cachots se tracasse de son avenir lui semblait parfaitement absurde et celle qu'il ait pu sentir que ce mensonge le concernait également. Quoi qu'un peu moins peut-être, elle le savait extrêmement doué pour dévisager les élèves à la recherche de la moindre émotion répréhensible. Soit, elle décida de faire fi de tout cela et de rejoindre son rendez-vous au plus vite. Parvenue à la statue qui masquait l'accès au bureau directorial, elle se place sur sa gauche et l'escalier apparu. Pas besoin de mot de passe lorsqu'on est attendu visiblement. Une poignée de seconde plus tard, elle frappait à la porte de bois ouvragé avant de pénétré dans l'antre de Dumbledore. Ce dernier faisait les cents pas allant de long en large, de large en long et parfois même en diagonale.

La porte se referma derrière elle, mais le vieux sorcier ne sembla guère avoir fait attention au fait qu'elle était présente et encore moins qu'elle ait frapper. Elle se racla la gorge une première fois, puis une seconde avant qu'Amour ne décide que s'en était trop pour lui et pousse un miaulement sonore d'animal agonisant. Façon d'attirer l'attention très réussie, puisque le directeur s'arrêta net pour trouver l'origine du bruit.

« Bonjour professeur, vous… » commença-t-elle avant qu'il ne la coupe brusquement.

« Oui, oui, bien sûr, bien sûr… je n'avais pas oublier, j'étais seulement encore perdu dans mes pensées. Venez, venez ! Prenez un siège, miss Devonshire. » Elle le suivit du plus rapidement qu'elle put en direction de son bureau et tomba presque assise sur le siège en question lorsque son fléreur décida que la plume de phénix qui venait de tomber était une proie à sa portée et fonça dans ses jambes.

« Alors… » lança Albus Dumbledore en s'asseyant à son tour de l'autre côté du bureau. « Comment ça se passe ? » Edelweiss se contenta de le fixée surprise et remplie d'incompréhension.

« Euh… bien… enfin, je suppose… » Elle ne voyait pas trop à quoi devait mener cette question. « Mais, de quoi parlez-vous au juste ? »

« Suis-je bête, vous ne commencez les cours que cette après-midi. Je deviens vieux, mais pas encore sénile je vous prie de le croire. » Il ouvrit bruyamment un tiroir pour en sortir un bol en argent qu'il posa sur le tablier de son bureau. « Un malice réglisse, miss ? » La sorcière refusa poliment d'un signe de la main, se rappelant le mauvais souvenir qu'elle avait de ces sucreries. « J'aurais besoin de vous, miss… » lança-t-il finalement après avoir jeté un des bonbons dans sa bouche, laissant à nouveau son ancienne élève dans l'incompréhension. Elle avait bien compris qu'il avait besoin d'elle, sinon pourquoi l'aurait-il nommée intérimaire. « Non, vous ne comprenez pas, j'ai besoin de vous pour autre chose que les cours de soins aux créatures magiques. » Le vieux sorcier émis une grimace lorsque le malicieux bonbons lui mordilla la langue, ce qui fit grimacer l'intérimaire de même.

« Mais encore monsieur ? » se risqua-t-elle à demander, sa curiosité toute Serdaigle piquée au vif.

« Edelweiss, vous devez savoir que vous avez été l'une des meilleurs élèves de la dernière promotion de Poudlard. » Le rouge enflamma les joues de la jeune femme qui se tassa un peu plus sur son siège. « Vos résultats sont brillants et vous savez que nous vivons des heures sombres, n'est-ce pas ? » Le souvenir de l'inquiétude de son père sur le quai de la gare de King's Cross lui revient en mémoire et elle hocha simplement la tête.

« Oui, monsieur… Ma mère n'était pas très enthousiaste quant à mon retour ici par les temps qui cours. » Qui le serait d'ailleurs, elle avait entendu les rumeurs dans les couloirs et le train qui parlaient d'élèves qui n'étaient pas revenu, de ceux qui avait failli ne pas revenir. Elle continua : « Mais Poudlard est bien protéger, n'est-ce pas ? » Il n'y avait aucune inquiétude dans sa voix, loin de là même, c'était une question purement rhétorique.

« Oh ça oui, mais vous avez constaté que le ministère met son grain de sel dans nos affaires. » Elle ouvrit grand les yeux, il n'allait tout de même pas lui demander de faire amie-amie avec le gros bonbons roses ! « Miss, il se pourrait que les choses… dégénèrent à cause de cette personne. » Elle relâcha l'air qu'elle avait contenu dans ses poumons dans l'attente de sa sentence. « Je vous demande de faire le maximum pour qu'elle ne trouve rien à dire sur votre compte, afin que si par malheur il devait m'arriver quelque chose…Non, ne protestez pas, je préfère envisagé toutes les options. Comme je disais, vous devrez faire en sorte de protéger les élèves avec Severus, Minerva et les autres professeurs. Vous m'informerez également de la situation. Ai-je votre accord ? »

Si, elle s'était attendue à cela, elle ne serait pas actuellement à deux doigts d'imiter un poisson rouge hors de l'eau. Dumbledore lui faisait là preuve d'une confiance quasi aveugle. Elle comprenait pourquoi, il lui demandait cela. Contrairement aux autres professeurs elle pouvait user de bien des créatures pour lui faire parvenir des messages secrets dans le cas potentiel d'une disparition opportune du directeur. Cependant, elle n'en demeurait pas moins une très jeune fille. « Bien sûr, professeur. » Le sourire franc que lui adressait son directeur était aussi très satisfait. « J'aimerais également solliciter votre présence au sein de l'ordre du Phénix. Ne vous en faites pas ce n'est pas quelque chose de très compliqué et qui vous prendra beaucoup de temps. »

« Je sais, monsieur… Mon père a souvent eu les oreilles traînante à l'époque où Vous-savez-qui terrorisait tout le monde, mais j'étais déjà en route, il craignait pour notre vie s'il avait tenté de rejoindre ce groupe. En tant que né moldu, il se sentait assez concerné dirons-nous. » Elle avait assez de mal à croire qu'il lui proposait cela et en même temps, elle en était très flattée. « J'accepte, en souvenir de Cédric… » conclu-t-elle en baissant les yeux.

La douleur de la perte d'un ami tel que le fût le jeune Digory resterait à jamais une plaie béante quelque part dans son cœur et il aurait été mensonge de croire qu'elle n'avait pas envisager la vengeance, mais ça c'était avant d'apprendre qu'il avait été tué par Voldemort. Elle avait depuis abandonné cette idée, mais Dumbledore venait de lui permettre d'au moins œuvrer pour mettre en échec le responsable de cette douloureuse perte. Les paroles de la sorcière rousse touchèrent un petit point dans le cœur du vieux mage qui n'eut pas de sourire cette fois, mais bien un air grave.

« Il n'y a pas de plus noble choix, que celui fait pour honorer la mémoire d'un ami. Je vous contacterais pour les prochaines réunions de l'ordre. Vous pouvez aller vous préparer pour vos cours, Edelweiss et bonne chance. »

La jeune femme ne se le fit pas dire deux fois, pressée à la fois de retrouver le confort de ses appartements pour revoir son plan de cours de la journée et également afin de mettre de la distance entre elle et le directeur, des fois qu'il aurait encore quelque chose à lui demander. La porte était presque atteinte lorsque la voix du vieux sorcier se fit à nouveau entendre. « Miss… vous ne devriez pas mentir au professeur Rogue. » Elle s'arrêta net et fit volte-face

« Quoi ? » croassa-t-elle, car oui cela produit exactement le même son que s'il avait s'agit d'une véritable grenouille. Pour toute réponse, elle eut droit à un énigmatique sourire d'Albus Dumbledore. « Je vois… vous avez fait un tour là-dedans. » grogna-t-elle en désignant avec son majeur et son index de sa main gauche sa boite crânienne. « Ce n'est pas très fair-play, ça monsieur. »

« Je me dis simplement, que vous pourriez profiter de cette année pour améliorer vos connaissances dans certains domaines et ainsi vous décidez dans vos choix d'avenir. Je ne doute pas qu'il pourrait se montrer d'une aide précieuse pour vous. » lança-t-il non sans un petit air malicieux sur les lèvres. Elle reconnaissait toutefois qu'il n'avait pas totalement tort.

« Peut-être, mais j'en suis seule juge. Au revoir, monsieur. » Envoya-t-elle avant de quitter pour de bon le bureau du directeur. Sans un regard en arrière, ni sur les côtés, elle prit la direction de ses appartements. Elle avait de quoi cogiter un moment avant de se rendre au déjeuner et ensuite au premier cours qu'elle allait donner.

Une fois de retour dans ses quartiers, elle se laissa tomber sur le canapé moelleux et soupira. En résumé, elle allait servir d'espion au cas où Dumbledore se faisait exclure du château et de ses fonctions par extension. Elle venait également de se faire catapulter dans l'ordre du Phénix et au final, elle se demandait au final si c'était une bonne chose. Amour sauta sur ses jambes et se frotta contre son torse, apposant son museau humide contre sa joue, tel un doux baiser pour la réconforter. Elle glissa alors sa main sur le doux et gris de son petit compagnon. « Heureusement que tu es là toi. » Finalement, elle opta pour l'optimisme, se disant qu'au final elle servirait à quelque chose en protégeant les élèves. D'un accio informulé, elle fit venir à elle un tas de parchemin contenant son emploi du temps, ses cours et la liste des matières à étudier pour le fameux brevets d'enseignement. Le fléreur prit confortablement ses aises sur les cuisses de sa propriétaire, ronronnant imperceptiblement par moment, bien plus fort à d'autres, notamment lorsque Edelweiss passait distraitement ses doigts dans son pelage.