Chapitre quatre : Perturbations

Elle tournait et se retournait devant son miroir sur pied, admirant sa tenue de professeur de soins aux créatures magiques. Hagrid lui avait conseillé de prendre des vêtements pratiques et solides, dans des matériaux qui supporteraient bien les mauvais traitements. Elle avait ainsi fait l'acquisitions d'un pantalon en cuir brun, d'une chemise blanche en fil d'Acromentule dont les manches avaient été retournée jusqu'aux coudes et d'une jaquette ouverte sur la poitrine également en cuir brun. Elle avait chaussé une paire de botte noir en cuir de dragon et dépassait de sa poche arrière droite une paire de gant dans le même matériel. Manipuler des créatures pouvait s'avérer dangereux, mais les vêtements qu'elle portait avaient été ignifuger et un sort les protégeait au mieux des mauvais traitements. Elle avait réussi à discipliner ses cheveux pour qu'ils restent en arrière, simplement retenu par une demi-queue de cheval. Pour une fois, elle se trouvait jolie dans son miroir. Pour une fois, elle était à l'aise avec son physique au point qu'elle était presque tenter de laisser apparaître son œil vert, mais les moqueries de ses camarades lui revinrent en mémoire et elle abandonna cette idée. Elle jeta négligemment son manteau tout de cuir et doublé de fausse fourrure en travers de son bras, prête à aller se sustenter à nouveau avant d'attaquer sa demi-journée de cours. Parcourant le couloir, elle surprit Amour à marcher avec une dignité peu commune, avec un air de m'as-tu vu et émettre quelques petits bruits dans l'intention non dissimulé d'attiré l'attention. Sur lui ou sur sa maîtresse ? Un peu des deux, si on considère que les félins sont des créatures extrêmement fières et avec une tendance à se pavaner extrême. Encore plus lorsqu'il s'agit d'un fléreur visiblement. « Il semblerait que tu te sois rapidement accommodé à ton nouveau lieu de vie. » Observa la jeune sorcière avant de voir son animal se frotter outrageusement contre un pilier. « Veux-tu bien te comporter correctement oui ! » Un sifflement d'admiration se fit entendre, mais elle eut beau en chercher la provenance, elle n'en vit pas la provenance. « Allez dépêche-toi un peu. »

Lorsqu'elle apparut sur l'estrade des professeurs pour prendre place près de son voisin habituel, elle ne remarqua pas qu'une bonne partie des regards masculins se tournait vers elle. Edelweiss n'avait après tout jamais à sa connaissance susciter leur attention et encore moins hanter leur fantasme. Cela étonnait d'ailleurs beaucoup Sophie qui était au courant de son ascendance de vélane et qui comparait sa situation à celle de Fleur Delacour. La jeune Serdaigle avait à l'époque hausser les épaules en disant que le sang moldu de son père avait dû contrecarré les pouvoirs de la créature qu'était sa grand-mère maternelle. La jeune française quant à elle avait une autre interprétation de la situation, elle pensait que son amie se cachait trop dans ses robes sobres, ne cherchant nullement à se faire remarquer et par conséquent ne se mettait jamais en valeur. Cédric avait coupé court à ce débat en affirmant sur un ton qui ne souffrait aucun commentaire que les deux filles avaient des points de vue complémentaire. Sophie en avait éclaté de rire, Edelweiss avait simplement hausser les épaules, se fichant au final pas mal d'attirer les garçons. Et pourtant, si elle avait été consciente de l'effet qu'elle faisait à ces messieurs actuellement, elle aurait sans aucun doute admis que Digory n'avait jamais eu autant raison que lorsqu'il avait dit cela. Une fois un peu plus apprêter, moins négligée que lorsqu'elle était élève et plus sure d'elle avec son corps, elle en faisait tournée des têtes. Des élèves évidemment, cette bande d'ado échauffé par leurs hormones encore tempétueuses, mais dans les professeurs aussi. Et s'il y en avait bien deux que cela avait l'air d'amuser, c'était Dumbledore et Amour. Pour le premier, cela se voyait comme le nez au milieu du visage, son visage était certes peu expressif, mais ses yeux riaient à la place de ses lèvres. Pour le second, un initié aurait rapidement pu identifier la même lueur de malice ironique au tréfonds de ses pupilles de félin. Absorbée par le remplissage de son assiette, la rouquine sursauta lorsqu'elle entendit le professeur McGonagall toussoté avant de prendre la parole. « Rogue, faites attention ! »

Edelweiss se tourna vers le maître des potions et ne put que constater que ce dernier venait de renverser une partie du contenu de son verre sur sa redingote foncée. Elle fronça les sourcils, se questionnant sur la maladresse de son voisin, chose insensée pour un potioniste.

« Il m'a glissé des mains, Minerva. »

« Glissé des mains, ben voyons… » La sorcière plus âgée leva les yeux au ciel à ces paroles. « Il y a apparemment une épidémie de verre glissant. » Ajoute-t-elle en désignant les élèves dont certains avait laissé échapper des verres, mais pas seulement.

« Peeves est peut-être en cause… ce ne serait pas étonnant. » dit innocemment le professeur intérimaire à des kilomètres de penser qu'elle était en partie responsable de tous ces accidents alimentaires et prenant une bouchée de pain. McGonagall la regarda estomaquée avant de se tourner vers le directeur comme si elle attendait qu'il réagisse. Pour toute réaction, elle vit se dernier pouffer de rire en se cachant derrière sa coupe en faisant mine de boire. Quand elle se tourna vers Severus pour qu'il réagisse, ce dernier fuit son regard. Croyait-elle réellement qu'il allait dire à la jeune femme que c'était à cause d'elle qu'il était maladroit ? Il avait encore une certaine fierté à défendre ! Devant si peu de bonne volonté, Minerva McGonagall soupira avant de retourner à son repas.

Le repas terminé, Edelweiss fût dans les premières à quitter les lieux pour prendre la direction de la forêt interdite pour son premier cours, loin de se douter qu'elle serait le centre d'attention de plusieurs discussions durant son absence. En effet, McGonagall avait finalement réussi à approcher Dumbledore pour lui faire part de sa vision des choses.

« C'est inconvenant, Albus, nous ne sommes pas à un défilé de mode ! »

« Ma chère Minerva, tel que je connais notre intérimaire ce n'était pas le but visé. Rendez-vous à l'évidence, elle n'a aucune conscience de l'effet qu'elle a eu. » Tempera le vieux sage en continuant de marcher. « Elle n'a fait que suivre les instructions d'Hagrid, vêtements solides et pratiques. Je ne peux pas croire que vous lui prêtiez des intentions de gourgandines. Pour le reste, son ascendance à fait le reste… »

« Ne serait-il pas plus sage de le lui faire remarquer que sa tenue laisse un peu trop songeur une bonne partie des hommes ? » Questionna alors le professeur de métamorphose. Le directeur s'arrêta, un air songeur sur le visage avant de hausser les épaules.

« Non, laissons-la, enfin s'affirmer, Minerva. N'avez-vous pas souvenir du bal de Noël de l'année dernière ? Voulez-vous revivre cela ? Je vous rappelle que vous étiez la première à trouver la situation détestable. Qui plus est, je pense que ça fera du bien à plus d'une personne dans ce château. Enfin, qu'elle mal fait-elle réellement ? Aucun. Sur ce, je vous laisse. » Il prit la direction avant de s'arrêter net. « S'il fallait demander à miss Devonshire de se changer, ce serait également le cas pour Trelawney et Ombrage. Je trouve leurs tenues plus troublantes encore, pas vous ? Ce sont de véritables agressions visuelles ambulantes. » Et il repartit dans un froissement de tissus laissant Minerva McGonagall songeuse un moment.

Pendant ce temps, les élèves de troisièmes rejoignaient le lieu des cours de soins aux créatures magiques. Certains en trainant les pieds –pour faire bonne mesure et ne pas passer pour des fayots-, d'autres avec enthousiasme et pas toujours pour le cours. Le rendez-vous était donné près de la cabane vide du garde-chasse où les attendait le professeur intérimaire, une boite sous le bras. Aujourd'hui, la jeune rousse aborderait les Botruc avec les 3èmes années de Poufsouffle et Serdaigle. Un cours qui pourrait effectivement s'avérer dangereux, mais qui à son plus grand plaisir se passa pour le mieux. À la fin de celui-ci, chacune des maisons avaient gagné une vingtaine de points et Edelweiss leur avait vivement conseillé de se préparer au devoir qui ne tarderait pas à suivre. C'est avec assurance nouvelle qu'elle accueilli les élèves de cinquième année de Serpentard et Gryffondor, mais pas sans se douter un peu qu'il serait bien moins aisé et paisible que le précédent. Pour ces derniers, l'intérimaire avait préparé un cours un peu particulier sur une créature non naturelle, créée de toute pièce par un sorcier quelques dizaines d'années auparavant. Elle escorta sa classe un peu plus avant dans la forêt interdite, jusqu'à un enclos construit là avec Hagrid durant les derniers mois de cours.

« Installez-vous sur les bancs et n'hésitez pas à prendre des notes. Croyez-moi, ce ne sera pas du luxe. » lança-t-elle avant d'ouvrir l'enclos et d'y pénétrer en se tenant face aux élèves. « La créature, ou plutôt les créatures que vous allez découvrir aujourd'hui n'ont pas encore tout à fait leur place dans le bestiaire magique. Pour cause, leur création est très récente et on la doit à un sorcier éleveur pas très malin à mon sens. Quelqu'un a-t-il déjà entendu parler des Félicornes ? » Elle sonda l'assistance d'un regard pénétrant, mais même la célère miss-je-sais-tout des Gryffondor ne leva pas la main. « Magnifique, j'ai tout à vous apprendre alors. Bien, comme son nom l'indique, il s'agit d'une hybridation entre un fauve du bestiaire moldu, le tigre et une licorne. Oui, une licorne. Si ce nom vous semble niais, vous n'êtes pas les seuls. » Une rumeur fit son apparition au sein du groupe qui se mua bientôt en un brouhaha total. « Silence ! Sinon, vos points s'envoleront aussi vite qu'un Abraxan coursé par un Cerbère. Miss Parkinson veuillez me passer la boîte qui se trouve sur votre gauche, merci. »

Edelweiss enfila ses gants en peau de dragon et prit alors avec délicatesse la boite que lui tendait la vert et argent par-dessus la clôture. Elle s'avança alors plus avant en ouvrant son paquet contenant évidemment quelques douceurs à destination de ses pensionnaires. Quelques claquements de langues et rats morts plus tard, une petite colonie de dix individus de tous âges daigna se montrer aux yeux des élèves, provoquant dans leurs rang quelques murmures d'admiration. Le professeur lança quelques bestioles mortes dans leur direction avant de reprendre ses explications. « Ces créatures mesurent pour les plus grands spécimens rencontrer à ce jour la taille d'un grand chien, type Dogue Allemand. Ils sont carnivores exclusivement, ce qui les rends potentiellement dangereux malgré qu'ils aient été créer dans le but de servir d'animal de compagnie. Comme beaucoup d'hybride, on les pensait stérile, mais dame nature et dame magie étant imprévisible, vous constaterez par vous-même que ce n'est pas le cas. » dit-elle en désignant les quatre plus jeunes individus aux pelages très colorés. « Comme les licornes, ils ne se laissent pas approcher à la guise humaine. Les mâles, qui possèdent deux cornes derrières les oreilles, ne se laisse approcher que par les filles et les femelles par les garçons. Ces dernières n'ont qu'une seule corne au milieu du front. Pour ce qui est de la pureté de l'âme, cela reste à déterminer. Le ministère qui a eu quelques altercations avec ces spécimens pensent que ce n'est pas à exclure. Les adultes arborent une robe blanche lignée de noir et en de rare cas, comme le mâle dominant ici, roux ligné noir, alors que les plus jeunes sont de couleurs moins conventionnelles. » Quelques rires se firent entendre, car en effet voir des jeunes animaux verts, bleus, roses ou jaunes n'avait rien de conventionnel. Un des individus mâles vint se frotter contre la jambe d'Edelweiss qui le caressa distraitement du bout des doigts. « Sachez que le sorcier qui à 'confectionner' ces créatures ne le racontera plus… ils ne sont pas domesticables à cent pourcent. Il est possible de les approcher, de lier une relation basée sur le respect avec eux, mais leur instinct de chasseur reprend très vite le dessus. Votre travail du jour consiste à les observer à travers la clôture, de tenter de nouer ce contact avec eux afin que dans les prochaines leçons vous puissiez apprendre les soins de corps. Mesdemoiselles former des groupes de trois et messieurs également. Dispersez- vous autour de l'enclos. Et méfiez-vous… évitez de passer vos doigts pour l'instant. Bon travail. »

Edelweiss quitta alors l'enclos après avoir vidé sa boite de rats et referma minutieusement la porte. Tout semblait se passer dans le calme le plus total que ce soit du côté des élèves ou des félicornes, certains n'hésitant pas à se frotter contre la clôture face aux élèves admiratifs. « Vous semblez bien partie, mesdemoiselles, Arcturus semble sous votre charme. Tenez-vous pouvez lui donner ceci. » Elle confia une nouvelle friandise poilue à Miss Bulstrode et passa au groupe suivant.

« Professeur ! » Quémanda alors la voix d'une élève n'étant autre que Miss Granger en personne.

« Oui, miss ? » répondit alors la rouquine en se dirigeant vers le groupe qu'elle formait avec Parvati Patil et Lavande Brown.

« Je voulais savoir pourquoi on n'en parlait pas encore dans les bestiaires magiques. » L'intérimaire se retient de lever les yeux au ciel avant de répondre.

« Les premiers spécimens n'ont qu'une quinzaine d'années et jusque très récemment, le ministère les pensait incapable de se reproduire. Les individus que vous avez sous les yeux font partie de la seconde et de la troisième génération. Les spécialistes n'ont commencé à s'intéresser à eux qu'après avoir découvert des groupes vivants à l'état sauvage et avoir constater leur reproduction naturelle. L'étude des spécimens a donc été autorisée et puisqu'ils ne manifestent aucune agressivité lorsqu'on ne s'en prend pas à eux, ils ont été autorisé dans le cadre de ce cours et… MALEFOY !»

Un mouvement sur sa gauche venait d'interpeller la jeune femme qui ne put que constater avec horreurs que le prince des Serpentards avait trouvé hilarant de faire voleté un jeune fauve qui criait de peur après sa mère. D'ailleurs, il n'était pas vraiment le seul à trouver cela amusant dans son petit groupe d'ami vert et argent. Si, la farce n'était déjà pas au goût du professeur, elle ne l'était pas non plus au goût du mâle dominant du petit groupe d'animaux. Edelweiss n'eût que le temps de sortir sa baguette pour stopper l'animal enrager dans sa course. « IMMOBILUS ! » hurla-t-elle avant de pousser un tout petit soupir de soulagement en constatant que cela avait fonctionner. En moins de temps qu'il ne fallait pour le dire, elle avait rejoint la bande de jeunes crétins et avait attraper leur leader par la manche de sa robe de sorcier. « Imbécile ! Cela vous amuse donc de vous mettre en danger ? Qu'avez-vous donc à prouver, Monsieur Malefoy ?! » Questionna-t-elle.

Le visage de l'élève de cinquième année se décomposa en une multitude de grimace qui masquait mal son malaise que ce soit face au danger auquel il avait échappé de peu ou de la honte de se faire ainsi sermonner par son nouveau professeur.

« Lâchez-moi ! » cracha-t-il sur un ton venimeux. « Vous n'êtes pas professeur de toute façon, vous n'êtes qu'une intérimaire ! »

La jeune femme vit rouge, littéralement, au point qu'elle aurait bien été tenté de lui retourner sa main en plein visage. Ce qu'elle n'aurait certainement pas manquer de faire si elle avait encore été élève. Au lieu de quoi, elle maintient sa prise sur le jeune homme, saisissant maintenant son poignet. « Vous voulez vous si je ne suis pas professeur ? Je retire cinquante point à Serpentard pour avoir mis vos camarades en danger, pour maltraitance d'une créature et manque de respect à un professeur ! De plus, je vous colle en retenue pour le reste de la semaine ! Je ne saurais trop vous conseiller de ne pas aggraver votre cas, jeune homme ou je me verrais dans l'obligation d'en référer à votre directeur de maison. Vous commencez bien l'année, il me semble. »

Le visage du jeune homme venait de prendre une jolie teinte cramoisie qui jurait grandement avec sa tignasse blonde trop claire. Il la testait, comme il avait testé Hagrid deux ans plus tôt ce qui avait mener à un véritable désastre, mais contrairement au doux et paisible demi-géant, elle n'allait pas se laisser faire. « J'en parlerais à mon père, infâme sang mêlé ! Sale hybride !» Une rumeur de surprise passa dans le dos de la Serdaigle qui fronça les sourcils, bouillant intérieurement d'une rage absolue qui pourrait être dévastatrice si elle la laissait sortir. Elle se marmonnait intérieurement de garder son calme, de ne surtout pas faire quelque chose de regrettable. « Monsieur Longdubat, vous rangerez les bancs avec vos camarades Potter et Weasley. Miss Parkinson, Bulstrode et Greengrass vous vous assurerez que personne n'approche les Félicornes pendant ce temps. Le cours est terminé et vous, Malefoy, vous venez de vous mettre dans de sales draps. En avant ! » Sans prendre le temps de jeter un regard aux élèves stupéfait resté en arrière, elle tira sans ménagement l'élève en direction du château.

Le professeur Rogue se remettait doucement de l'apparition de midi de son ancienne élève, qui n'avait plus rien avoir avec la jeune fille discrète et fuyante d'autrefois. On lui aurait dit que son sang de Vélane venait de prendre ses droits sur elle, il n'aurait pas dit l'inverse. Toujours est-il qu'il n'avait pas été insensible au charme qu'elle dégageait désormais, ce qui ne lui plaisait pas vraiment, voir pas du tout. La mauvaise humeur du maître des potions s'en fit ressentir tout au long de l'après-midi, les élèves les plus faibles ayant été gratifié d'une ribambelle de remarques bien sentie, mais les meilleurs également. Vers le milieu de l'après-midi, il avait cru être débarrasser de ses réflexions et du souvenir de la jeune femme au sommet de sa féminité, quand on tambourina à la porte de sa classe. « Entrez ! » lança-t-il sur un ton froid et dur avant de voir apparaître Némésis en personne, il aurait pu le jurer. « Professeur ? Que puis-je pour vous ? » questionna-t-il toujours sur le même ton, son visage inexpressif, bien qu'intérieur il était assailli par la surprise. Son regard dévia sur la personne qu'elle avait traîné avec elle et une sueur froide lui coula le long de la colonne vertébrale. Il pesta en silence contre Drago Malefoy avant d'aboyer ses ordres aux autres élèves. « Sortez, le cours s'arrête ici. » Les élèves ne se le firent pas dire deux fois, ils évacuèrent les lieux à la hâte, la tête basse pour ne pas se faire remarquer outre mesure par la chauve-souris des cachots dont la mauvaise humeur venait d'hausser d'un cran. La porte claqua derrière Edelweiss et Drago les laissant à la merci du regard noir de Severus Rogue. Le silence s'installa un instant, lourd et pesant avant d'être rompu par le sombre maître des lieux.

« Qu'a-t-il fait ? » demanda-t-il en désignant d'un geste du menton son filleul toujours tenu d'une main de fer par le haut de sa robe par le professeur de soins au créatures magiques.

« C'est un danger public, mais ne me faites pas croire que vous ne le saviez pas déjà… » lança-t-elle plus mordante qu'elle ne l'aurait voulu, comme si toute la crainte qu'elle avait pu un jour avoir pour son ancien professeur avait disparu.

« C'est bon, je voulais juste amusez un peu les autres, il n'y a pas eu de mort ! » Couina alors le Serpentard en se tortillant sur lui-même dans le vain espoir qu'Edelweiss allait le lâcher.

« Silence, Malefoy ! Donc, votre petit protéger ici présent, s'est amuser à utiliser le Wingardium Leviosa sur un jeune félicorne de quelque semaine, déclenchant ainsi la fureur de son paternel. Lequel n'est ni plus ni moins que le dominant du groupe qui, si vous avez bonne mémoire, est le plus virulent et le plus agressif. Mais, si ça ne s'était arrêter qu'à cela… Dois-je répéter les injures que tu as lancées ou tu le feras toi-même ? » Le jeune homme se tortilla davantage alors que son directeur de maison le fusillait encore un peu plus du regard. Sa situation venait de devenir encore plus inconfortable qu'il ne le pensait.

« Drago ? » Cette fois, ce fût la voix de Rogue qui intervient pour l'inviter à parler et révéler la nature des insultes envoyer à la figure de son professeur. Se retrouver face à son parrain devait éveiller en lui une sorte de courage ou d'inconscience aller savoir.

« Je ne lui ai dit que la vérité, ce n'est pas un professeur, ce n'est qu'une intérimaire et je refuse d'écouter les inepties d'une sale hybride de sang mêlé ! Mon père… »

« En entendra parler, effectivement Drago. » coupa alors le potioniste en gardant un calme olympien. « Mais selon ma version des faits, pas la tienne qui ne serait que par trop édulcoré. Professeur, quelle a été votre punition ? » Cette fois les yeux onyx rencontrèrent les yeux azur de son interlocutrice.

« Une semaine de retenue et cinquante point en moins, mais je trouve cela bien trop léger vu l'offense occasionnée et le danger auquel il s'est exposé, mais également auquel il a exposé ses camarades. »

« Très jute, je retire également cinquante point à ma maison et rajoute une semaine de retenu à ce jeune idiot. » Le visage rougit de Malefoy venait de viré au blanc pâle et sa moue était des plus déconfite.

« Par ailleurs, professeur Rogue, je ne souhaite pas me charger de ses retenus, pourriez-vous vous arranger avec Monsieur Rusard ? »

« Tout à fait, je ferais le nécessaire. Maintenant, monsieur Malefoy, dégagez-moi le plancher. » Edelweiss relâcha sa prise sur son élève et ce dernier vida les lieux non sans pester contre les deux professeurs. La porte refermer, le professeur de potion soupira avant de retourner vers son bureau dans un tournoiement de cape et d'un pas vif.

« Je vous félicite, miss Devonshire, vous avez parfaitement réagit. Il vous a testé et vous ne vous êtes pas laisser démontée. » Il s'asseya sur son siège avant de prendre une pile de copie. La jeune sorcière s'approcha alors un peu en observant autour d'elle puis haussa les épaules.

« Je ne supporte pas qu'on insulte ma famille, monsieur Rogue. Je m'attendais cependant à plus de clémence de votre part vis-à-vis de lui. » Elle le transperça de ses yeux bleus ce qui le cloua dans le silence un moment. Son regard devient aussi dur que l'acier et il posa sa plume.

« Puis-je savoir ce que vous insinuer ? »

« Que je me dois de vous remercier d'avoir été aussi impartiale face à la situation. Cela faisait un moment, je pense que Malefoy méritait une bonne punition. » L'ancien mangemort se détendit légèrement.

« Peut-être bien… Il risque néanmoins de continuer de vous en faire baver un moment, Edelweiss, il n'aime pas se sentir humilier. »

« Moi non plus. Mon cours est optionnel, je ne l'oblige nullement à continuer à le suivre et s'il le faut je n'hésiterais pas à le viré à coup de bottes aux fesses. »

« Et vous n'auriez pas tort, enfin éviter les châtiments physiques c'est assez mal vu. » Il reprit son ustensile d'écriture pour avancer dans ses papiers. Le frottement du cuir lui indiqua que la jeune femme s'apprêtait à vider les lieux. « Edelweiss. Nous avons une discussion à terminer, auriez-vous l'amabilité et la politesse de venir la terminer ici après le dîner ?»

La jeune femme s'était arrêter sur le chemin qui menait à la sortie et se figea. Elle soupira en son for intérieur avant de répondre d'un ton calme et presque joyeux. « Entendu, Severus. À ce soir. » Et elle quitta les cachots pour se rendre à son dernier cours de la journée en espérant que les septièmes années seraient moins idiots que leurs prédécesseurs.