Chapitre 8 : Under the trees

Octobre se terminait déjà, le parc de Poudlard s'était peint des couleurs de l'automne. Le rouge profond côtoyait l'orange chatoyant et le jaune pimpant. Devant pareil couleur, bien des yeux restaient émerveillés, mais pas ceux du jeune professeur. Cela faisait près d'un mois que le diagnostic était tombé quant à son état qui n'allait pas aller en s'améliorant, mais empirer surtout si elle ne parvenait pas à trouver une solution. Assise sur son lit, elle relisait ses travaux sur une potion calmante qu'elle tentait d'améliorer pour qu'elle agisse au mieux sur son propre problème. Elle entendait encore la voix de madame Pomfresh qui raisonnait à ses oreilles.

-Flashback-

« C'est votre sang de vélane le problème, miss. Il semble que les traits de caractère propre à cette créature aient été trop brimer par votre sang humain et qu'il tente de faire valoir ses droits sur vous. Je ne peux rien y faire, il va vous falloir apprendre à faire la paix avec la vélane en vous. » avait dit la vieille médicomage d'un air désolé.

« Je ne vois pas bien comment je pourrais faire ça. Qu'est-ce qu'elle veut au juste ? »

Poppy prit un air grave et observa d'abord les alentours avant de se rapprocher de la jeune femme comme pour lui faire des confidences.

« Miss Edelweiss, depuis que je vous connais, je ne vous ai jamais vu vous intéresser aux garçons, ni aux filles si votre préférence va vers elles. Ce n'est pas à moi d'en juger. N'avez-vous jamais eu de relation amoureuse ? » Le joue de la rousse virèrent au rouge cramoisi et elle se tassa sur elle-même, donnant ainsi sa réponse à l'infirmière de l'école. « Peut-être devriez-vous reconsidérez votre célibat comme étant la source du problème. Les vélanes sont faites pour plaire et jusqu'ici vous l'avez brimée pour faire totalement l'inverse. »

« Je ne peux pas faire ça… Je ne veux pas ! » s'était-elle emporter en se levant du lit où elle était installée. « Dites-moi qu'il y a une autre solution. »

Madame Pomfresh soupira avant de prendre une fiole dans son armoire. « Vous pouvez essayer la potion calmante que voici, mais je doute qu'elle soit efficace longtemps dans votre cas. »

De retour dans le présent, la sorcière posa son regard sur le petit flacon qui trônait sur sa table de nuit avant de s'en saisir et d'en boire une bonne rasade. La médicomage avait raison, déjà la potion ne faisait plus assez d'effet et les sautes d'humeur revenaient inlassablement, surtout lorsqu'elle était fatiguée et plus prompte à ne plus se contrôler. Durant ce mois, elle avait consacré son samedi à tenter d'améliorer sa potion, alors qu'elle aurait dû prendre des cours de légilimancie, mais Severus avait été compréhensif et l'aidait même dans cette tâche ardue. Le reste de la semaine, elle donnait ses cours et recevait le soir l'enseignement de son maître en matière de potion. Elle réservait le dimanche à se détendre et à voir Alesto avec qui elle avait lié une franche amitié. Elle devait d'ailleurs le voir bientôt ce qui lui rendit un peu d'espoir. L'absence d'Amour éveilla ses soupçons quant à l'heure qu'il était et elle daigna enfin quitter son lit pour se rendre au petit déjeuner sans entrain et le regard dans le vide, symptôme de la prise de la potion. Elle prit sa place habituelle entre le professeur McGonagall et le professeur Rogue avant de poser ses yeux sur le contenu de son assiette. Sans un mot, elle repoussa son assiette et se contenta de boire son jus de citrouille du matin. Quelqu'un cependant ne l'entendait pas de cette oreille et lui saisit brusquement le poignet sans se soucier du fait qu'il pouvait lui faire mal.

« Manger au moins quelque chose, Edelweiss, ou je vous assure que je vous donnerais la becquée. » tonna discrètement la voix du maître des cachots.

« Je n'ai pas faim, Severus ! » siffla-t-elle en tentant vainement de lui reprendre son poignet enserrer dans ses doigts semblables à des serres de rapaces. Il en avait d'ailleurs toute l'apparence en y repensant, son nez crochu, ses doigts serré autour de son poignet et sa cape qui ferait office d'ailes.

« Vous allez passer sous les feux d'Ombrage aujourd'hui, alors je vous conseille vivement de ne pas lui donner matière à vous coller des points négatifs. Man-ger… tout de suite ! » Il relâcha son poignet et elle soupira autant de soulagement que d'agacement.

« Vous n'êtes pas mon père, Rogue. » cracha-t-elle venimeuse avant de s'attaquer malgré tout à son petit-déjeuner. Elle savait qu'il avait parfaitement raison, qu'elle devait être en forme pour ne pas se retrouver en difficulté, comme elle l'avait promis à Dumbledore. Depuis que Minerva avait découvert que le gros bonbon rose usait de plume de sang pour punir les élèves et qu'elle avait contesté cela, Ombrage était devenue grande inquisitrice et passait au peigne fin tout le corps enseignant. Elle sentait peser sur elle le regard charbonneux de son voisin, il ne la laisserait pas se lever avant que la dernière miette de toast n'ait quitté son assiette, alors elle se forçait bouchée après bouchée à terminer tout. Une fois terminé, elle se leva précipitamment pour quitter la salle et croisa la directrice adjointe. Cette dernière posa sa main sur son avant-bras d'un signe encourageant.

« Bonne chance, miss Devonshire. » puis elle disparut au détour d'un couloir.

La matinée s'était terminée sans qu'elle ne voit apparaître le professeur de DCFM dans son champ de vision. Elle profita de son heure de fourche avant le repas de midi pour aller étudier ses cours de potions à la bibliothèque. Lors du déjeuner, elle se força d'emblée à manger pour ne pas subir une nouvelle fois les attaques vicieuses de son maître. Elle attaquait la dernière bouchée de son repas lorsqu'un petit hibou se posa devant elle avec un petit bout de parchemin dans le bec. À peine s'en fût-elle saisie qu'il quitta la salle avec tous les autres. Elle ouvrit son courrier et sourit en coin, ce qui ne manqua pas de surprendre ses deux voisins qui la voyait morose depuis près d'un mois.

Edelweiss,

J'ai pu me libérer de mes fonctions cet après-midi, je t'apporte le matériel promis pour les Félicornes. Rejoins-moi près de la cabane d'Hagrid.

Affectueusement,

Alesto.

Dès que la bienséance le permis, Edelweiss fila hors du château pour retrouver son ami qui se trouvait nonchalamment appuyer contre un arbre. Son sourire ne fit qu'augmenter à mesure qu'elle s'approchait de lui et son cœur se réchauffa alors quand il l'embrassa sur les deux joues. « On est contente de me voir, on dirait. Je prends ça comme un compliment. » la railla-t-il avant qu'elle ne lui fiche son poing dans l'épaule.

« Tu sais très bien que tu es l'un des rares amis que j'ai ici. Je serais toujours contente de te voir. » assura-t-elle avant de prendre la boite qu'il avait amené avec lui pour en inspecter le contenu. « Merci, Alesto c'est pile ce qu'il me fallait. »

« Promet moi seulement d'être prudente dans ton expérience. Ne prends pas des risques inconsidérés. »

La jeune rousse leva les yeux vers son ami, surprise, avant que ne se dessine un sourire au coin de ses lèvres. « On devient sentimentale ? Je pensais que la drague n'était qu'un jeu pour toi, du moins c'est ce que tu m'avais dit. »

Le jeune homme se frotta nerveusement la nuque avant d'émettre un petit rire contrit.

« Oui… mais ça c'était avant que je ne te rencontre. » dit-il tout à fait sérieux ce qui mit mal à l'aise la jeune sorcière qui recula d'un pas. « Edelweiss… » commença-t-il.

« Tu sais très bien que je ne suis pas… fréquentable. Avec ce qui m'arrive, je… » tenta-t-elle de se défendre avant qu'il ne lui prenne les avant-bras.

« Mais je me fiche que tu sois sujette à des crises avec ton sang ! Edelweiss, je te veux comme tu es. » Il l'attira lentement contre lui comme avec un animal qu'on ne veut pas effrayer, faisant monter la température du sang d'un cran. La dernière fois qu'elle avait été si proche d'un homme, c'était lors du bal de Noël et c'était un tout autre jeune homme. Son image lui revient, mais elle la chassa sèchement. Ce n'était plus rien qu'une chimère, Alesto lui était réel et prêt à lui donner de sa personne pour de vrai. Il était peut-être la clé de l'apprivoisement de sa vélane.

« Je ne veux pas te blesser. » murmura-t-elle consciente que dans ses sautes d'humeur, elle pouvait se montrer extrêmement virulente dans ses propos.

« Tu ne me blesseras pas plus que si tu me repousse. » Délicatement, il posa ses lèvres contre celles de la jeune fille qui se crispa sur le moment, volontaire qu'elle était d'encore tenter d'argumenter, mais qui finalement se laissa aller à cette douce étreinte. Lentement, elle lui retira ses bras pour aller les nouer autour du cou d'Alesto avant de se détacher de lui. Ils se sourirent mutuellement, scellant silencieusement le début de leur relation de couple. À quelque mètre de là, un spectateur silencieux observait la scène l'œil mauvais assis sur son postérieur. Amour battait furieusement l'air de sa queue et grognait méchamment à la vue de sa maîtresse s'épanouissant dans les bras du grand brun.

C'est une jeune prof épanouit qui se présenta à son cour de SCM avec les cinquièmes années de Serpentard et Gryffondor. Elle nota d'emblée l'absence à son cours de Drago Malefoy, ce qui accentua sa bonne humeur. Une fois séparé de leur leader, les plus revêches devenaient presque de doux agneaux, ce qui n'était pas pour lui déplaire. Elle lança les consignes aux élèves pour leur évaluation pratique de soin aux Félicornes et passa de groupe en groupe en griffonnant dans un carnet des remarques sur tel ou tel élève. C'est alors que sa bonne humeur retomba comme un soufflé sortit trop vite du four lorsqu'elle vit arrivée cahin-caha Dolores Ombrage au loin. Edelweiss étouffa elle-même un rire moqueur lorsque le chaperon rose manqua de se tordre la cheville sur le chemin qui menait aux enclos. « Madame la grande inquisitrice. Soyez la bienvenue à mon cours. » lança l'intérimaire à destination de sa collègue de DCFM.

« Je vous remercie, miss Devonshire. Le chemin est un peu tortueux, n'avez-vous jamais peur de vous tordre une cheville ou que vos élèves se blessent en venant ici ? » attaqua d'emblée le petit bout de femme rondouillard. « Mes élèves et moi ne nous aventurons pas en haut talons dans la forêt, pauvre tarte ! » pensa-t-elle.

« J'ai fait remarquer cela en début d'année au directeur, mais comme vous le savez c'est un homme fort occupé. Je suppose que des aménagements seront effectués pendant le mois de décembre, les températures ne me permettant plus alors de donner cours en extérieur. » La jeune femme rusait quelque peu, en réalité la qualité du chemin ne l'inquiétait nullement après tout, les élèves n'avaient qu'à regarder où il mettait les pieds. Ils avaient plus de chance de finir à l'infirmerie après un cours de sortilèges que le siens.

« Vous n'avez pas l'agrégation ministériel pour être professeur, il me semble ? » Un hideux sourire se dessina sur les lèvres chargé d'un rouge à lèvres roses de l'immonde bonne femme.

« J'ai réglé ce problème fin septembre, madame. » Edelweiss ne se laissait pas démonter et sortit de la poche intérieure de sa veste le dit document en règle. « J'ai passé mes examens avec succès au ministère même le trois octobre. Avec les félicitations du jury. »

« Oh ! Mes félicitations tardives alors professeur. Je m'étonne que le corps enseignant n'en ait pas plus parler. » Ombrage paraissait quelque peu déçue de ne pas pouvoir avoir à redire sur l'agrégation de sa trop jeune collègue à ses yeux. « J'ai ouï dire que lors d'un de vos premiers cours un élève avait failli être blessé… »

« Failli est le mot, l'animal a été stoppé à plus de trois mètres de l'élève concerné, qui est également le seul responsable de ce qui a failli lui arrivé. » Edelweiss prenait bien soin d'appuyé sur le verbe faillir à chaque fois qu'elle le prononçait. « Il s'en était pris à l'un des bébés de ces animaux, normal qu'un adulte ait voulu intervenir pour le protéger. Le professeur Rogue se fera une joie de vous confirmer mes dires. La sécurité à mon cours est primordiale, madame l'inquisitrice. »

« Je vois cela et votre tenue de gourgandine est une priorité aussi ? Je veux dire… est-il réellement primordial qu'il en montre autant ? » Un sourire mauvais difformait maintenant le visage de l'ancienne sous-secrétaire de ministère et beaucoup d'élève venait d'émettre un son de surprise. Edelweiss, elle, bouillait littéralement sur place, prête à lui sauté à la gorge pour lui faire ravaler son sous-entendu. Elle repensait aux paroles de Dumbledore, de ne surtout pas lui tendre le bâton pour se faire battre, alors elle ravala le venin qu'elle allait bientôt lui cracher au visage. « Traite moi de prostitué aussi ! Oui, ma tenue est tout à fait appropriée à mon travail ! Pauvre cruche ! Raclure de bidet ! Fiente de hibou ! » À croire que son Serpentard de maître déteignait sur elle.

« Je vous avoue que je ne la trouvais pas déplacée à ce point, personne ne m'en avait fait la remarque avant vous. J'y remédierais au plus vite, madame. » Arriva-t-elle à dire avec un ton presque enjoué en arborant son plus grand sourire.

« Fort bien, je vous laisse reprendre vos activités, professeur. » Elle mit un point final à la feuille de note qu'elle n'avait cessé de gratter depuis le début de leur entretien. Ombrage rendit son parchemin d'agrégation à la rouquine avec un sourire qui glacerait le sang de par sa fausseté. « Il nous faudrait plus de professeur aussi compréhensif que vous, miss Devonshire. » dit-elle avant de reprendre le chemin du château non sans risquer de se casser la figure une nouvelle fois. « Si tu pouvais te casser une jambe, ça me ferait bien plaisir, grosse vache ! » ragea-t-elle en elle-même avant de se tourner vers ses élèves. « Le spectacle est terminé, au travail. » Edelweiss passa la fin de sa journée à réfléchir à un moyen de rabaisser le caquet d'Ombrage pour le reste de l'année, mais elle devait bien avouer qu'elle ne voyait pas vraiment comment. Jusqu'à ce qu'elle ait l'idée improbable, reste à savoir si la personne à laquelle elle pensait lui prêterait son concours.

Severus Rogue était assis à son bureau dans ses appartements à corriger des copies d'élèves ou plutôt à envoyer une ribambelle de piètre, d'acceptable ou d'effort exceptionnel sur la plupart de celle-ci. Rare étaient ceux qui méritait le tant convoité Optimal. Il soupira longuement en reposant la dernière copie de la pile des élèves de cinquième année de Gryffondor après y avoir imposer un Désolant, puisqu'il s'agissait de monsieur Londubat. Le maître des potions allait s'emparer d'une nouvelle pile de copie lorsque l'on frappa à sa porte. Il haussa un de ses épais sourcils noirs et alla s'enquérir de la nature de son visiteur.

« Edelweiss… c'est ce qu'on appelle une surprise. » Il ouvrit néanmoins la porte plus largement pour qu'elle puisse entrer.

« Je me surprends moi-même, Rogue, si vous voulez tout savoir. » Elle jeta un regard circulaire pour observer la pièce. Elle n'avait absolument rien de l'austère cachot qu'elle imaginait qu'elle serait. Elle secoua la tête pour se reconcentrer sur son professeur. « Je viens vous demander un… service. » L'intéressé haussa à nouveau un sourcil d'un air suspicieux. « Il me faudrait une de vos austères tenue… »

L'ancien mangemort manqua de s'étrangler de surprise et pour une fois son impassibilité fondit comme neige au soleil. « Vous voulez quoi ?! » La jeune femme leva les yeux au ciel avant de designer sa tenue de la main.

« Une de vos redingotes d'un autre siècle qui vous donne l'air tout sauf sympathique et qui ne mette absolument pas votre personne en valeur. C'est assez précis pour vous ? »

« Et puis-je savoir pourquoi ? » lança-t-il acide pour le coup.

« Pour ne plus ressembler à une pute ! » Gronda-t-elle en le regardant fixement dans le blanc des yeux. « Personne ne m'a fait de remarque jusqu'ici, mais apparemment ma tenue pose quelque problème à l'inquisitrice. »

« Et vous avez l'intention de lui rabattre le caquet en vous transformant en moi ? » continua-t-il sur son ton naturellement glacial.

« Pas exactement, j'userais d'un sortilège pour en changer la couleur. Avouez que j'aurais l'air d'une parfaite bonne sœur avec ça… »

L'homme sombre soupira avant de se pincer l'arête du nez. « Edelweiss… par Merlin, vous n'avez rien d'une prostituée ! Et je ne pense pas que ce soit une brillante idée. »

« Vous avez une meilleure idée ? Je vous rappelle qu'en tant que maître vous devez m'aider. Et c'est exactement ce que je vous demande. » Elle croisa les bras en le défiant du regard. Un instant, il se demanda si c'était son sang de vélane qui changeait son comportement ou si c'était le fait d'être trop souvent en sa compagnie à lui. « Outre cela, je pensais que vous étiez mon ami, Severus. »

Rogue se redressa et prit la direction de sa chambre sans un mot, dans une parfaite neutralité. Un instant, elle crut qu'elle avait poussé l'affrontement trop loin, mais elle respira lorsqu'elle le vit réapparaître avec ce qu'elle lui avait demandé. « Allez donc enfilez ça, qu'on voit ce que ça donne. » dit-il en désignant sa chambre d'un mouvement de tête. La jeune femme déglutit alors difficilement, n'osant croire qu'il était réellement en train de marcher dans son plan foireux.

Une fois seule avec les vêtements de Severus dans sa chambre, elle hésita un moment. Elle se sentait mal à l'aise dans l'intimité de son professeur. Elle inspira un grand coup puis changea la couleur de la redingote pour le bleu roi et le pantalon en noir de jais. Elle quitta ses vêtements, ne gardant que sa chemise blanche, pour enfiler le tout. Un nouveau sortilège et elle ajusta les vêtements à sa taille. « Alors ? » demanda la voix de Severus derrière la porte. « Eh bien… » Elle avait beau se regarder dans le miroir, elle ne se trouvait pas si stupide que ça. Un coup de baguette et ses longs cheveux se nouèrent en chignon serré, ne laissant qu'une petite mèche lui retomber sur la joue droite. « Montrez-vous, comment voulez-vous que je vois à travers la porte ? » Elle prit une grande inspiration de nouveau pour quitter la chambre et se présenta devant son professeur. Il tomba des nues et n'émit cependant aucun son, aucun mot. « J'ai l'air ridicule pas vrai ? » rougit-elle comme une tomate.

Le maître des lieux dû se faire violence pour cesser de la détailler comme il le faisait précédemment. La jeune femme lui semblait loin d'être ridicule au contraire, la redingote lui donnait un air austère, mais elle marquait si bien ses formes de femme qu'il ne pouvait lui rester indifférent. « Loin de là… » fini-t-il par lui répondre. « Un rien vous habille on dirait. Je suppose qu'avec le sang que vous avez ça n'a rien d'étonnant. » Les joues de la sorcière s'empourprèrent et elle fit demi-tour, décidée à arrêter cette mascarade sur le champ. « Où allez-vous ? » demanda alors celui qu'elle pouvait pleinement considérer comme un ami.

« Me changer, je ne vais pas vous mettre dans l'embarras. Je devrais peut-être essayer le col rouler… »

« Je ne pense pas. Restez comme ça et allons manger, au moins nous pourrons rire en silence de la tête des autres. » Elle put lire une lueur de malice dans les yeux d'onyx de Severus Rogue, ce qui la fit pouffer de rire.

« Terriblement Serpentard. »

« Excentrique comme une Serdaigle. »

Elle passa devant lui pour quitter les appartements en souriant. « Je vous rendrais tout cela demain. »

« Inutile, ils étaient trop petit pour moi. » mentit-il à la perfection en prenant la direction de la grande salle en compagnie de la jeune femme.