Chapitre 11 : If… I will kill you
La neige était tombée en masse annonçant dans son sillage l'arrivée de l'hiver et pourquoi pas un Noël blanc. Dans les rues de Pré-au-Lard encore engourdie du frais sommeil, un homme seul avançait. Le noir de sa tenue jurait avec le blanc immaculé du paysage, rendant sa venue indiscrète. Cependant, si Severus Rogue avait un jour souhaité être discret, il aurait probablement mis de côté ses tenues d'ébène. Silencieux et fugace comme une ombre, il entra aux trois balais pour s'y réchauffer en attendant l'ouverture des magasins. Il avait choisi de venir aussi tôt pour éviter la foule d'élèves qui viendrait dès dix heures tapantes envahir les rues du petit village. Une fois à l'intérieur de la salle commune de l'auberge, il jeta un regard froid et austère aux gens déjà présent et qui le dévisageait avec trop d'insistance à son goût. De son pas souple et rapide habituel, il gagna l'un des coins de la salle où il pourrait avoir la paix et retira sa longue cape dans un léger tournoiement. À peine fût-il assis que Madame Rosmerta vient à lui. « Qu'est-ce que je vous sers ce matin, professeur ? » L'ancien Mangemort planta son regard d'obsidienne dans celui de la tenancière avant d'annoncer son choix de sa voix rauque et puissante. « Du thé. Surprenez-mois, pour une fois. Merci, Athéna. » Il fit venir à lui la Gazette du Sorcier du jour et s'y plongea à corps perdus. Son esprit se mit seul à divaguer vers des sujets totalement opposé au contenu de son journal. Il avait entre aperçu que Fudge soupçonnait que les disparitions étaient liées à Sirius Black, ce qui le fit rire dans sa barbe inexistante. « Pauvre imbécile… Il a toujours été incompétent, mais là ça frise le ridicule. » avait-il pensé avant de se mettre à réfléchir au matériel qu'il devait se procurer pour son stock. Ainsi réfléchir à cela le fit dérivé vers la rousse qui occupait de plus en plus ses pensées. Il ne devait pas, il le savait, c'était chaque fois une nouvelle épreuve pour lui, mais il ne pouvait faire autrement. Depuis ce cours d'Occlumencie, leur relation avait pris un tournant en tête d'épingle. Il appréhendait chacun des nouveaux cours avec elle autant qu'il les attendait avec impatience. En sa présence, il n'avait plus besoin de se comporter comme l'austère professeur de potion, il pouvait sourire lorsqu'elle jurait, rire aux traits d'humour qu'elle faisait et parler librement de choses et d'autres. La vie semblait nettement plus douce lorsqu'elle était à ses côtés et dès qu'elle disparaissait de son champ de vision, il replongeait dans les ténèbres parce qu'elle ne serait jamais à lui comme il aurait voulu qu'elle le soit. Condamné qu'il était désormais par sa propre raison à n'être pour elle rien de plus que l'ami le plus fidèle qu'elle n'aurait jamais. En y repensant, voilà bien quelque chose de terriblement Poufsouffle !
La porte s'ouvrit dans un tintement de clochette et les têtes-sans-cervelles se mirent à lancé des insanités sur le passage de l'inconnu. Rogue ne leva pas les yeux de son journal, toujours absorbé par ses plus noires pensées. La voix masculine et chaude raisonna alors dans la salle, une voix qu'il avait déjà entendue auparavant. « C'est le jour les amis, je le sens bien ! » lança l'individu d'une voix goguenarde en direction d'un groupe d'hommes assis au comptoir qui faisaient les yeux doux à madame Rosmerta. « Quoi ? Tu vas demander ta rouquine en mariage, Al' ? » questionna le plus âgé avant de retourner à sa chope de bièraubeurre. « N'importe quoi, Nigel ! Je parle de chose plus… terre-à-terre… » répondit le concerner sur un ton trahissant ses intentions et terriblement sensuelle.
« Il faut toujours que tu te vante, Alesto. » Soupira la tenancière. « Laisse-lui le temps de se faire à votre relation, tu ne crois pas ? »
« Ma chère Rosmerta, après plus d'un mois de relation, je me sens en droit d'attendre plus que quelques baisers de sa part. » Railla-t-il avant de prendre sa chope en main. « Vu sa nature, je m'attends à une véritable tigresse, grrrr… »
Les doigts du professeur de potions se crispèrent autour de son édition de la Gazette du Sorcier lorsqu'il comprit de qui l'homme parlait ainsi. Il lui avait suffi d'un regard par-dessus le papier journal pour qu'il se mette à voir rouge. La jalousie consumait son âme aussi sûrement que le feu réduirait en cendre le quotidien qu'il lisait, lorsqu'il l'y jetterait. Le pire étant sans doute d'entendre le jeune homme parler ainsi de la jeune femme qu'il disait aimer. Jamais, il n'aurait employé ce genre de parole si elle était sienne ! Il n'avait donc aucun respect pour la jeune sorcière ? Foi de Severus, ce jeune-homme méritait qu'on le ramène sur terre et il allait s'y employer. Il se leva soudainement, remit sa longue cape et se dirigea vers le comptoir où le jeune homme continuait de parler de ses espérances envers sa dulcinée. L'homme en noir se racla la gorge sous l'œil amusé de la tenancière et il déposa le montant dû pour sa théière de thé. À cet instant, il fût remarqué par Alesto Bagman, ancien élève à Serpentard. « Tiens, professeur, ça vous arrive de sortir de vos cachots ? »
« De toute évidence, monsieur Bagman. Cela ne vous arrive en revanche jamais de vous taire… » Trancha-t-il avant de couler un regard de biais à son ancien élève et petit ami d'Edelweiss. « Toute la salle a eu droit à un rapport détailler de vos espérances pour la journée. »
« Oh… vous aurais-je choqué, monsieur ? » railla-t-il avant d'ajouter : « Cela devait être rude pour vos chastes oreilles. » Un concert de rire en provenance de ses petits camarades se fit entendre, mais cela était loin de démonter le sinistre professeur de potions. Au contraire, un étrange sourire ironique naquit sur les lèvres trop fines de Severus Rogue.
« Vous savez ce qu'on dit, Bagman, c'est ceux qui en parle le moins qui en font le plus. Je suis donc en droit de me poser des questions vous concernant… » conclu-t-il glacial. Un ange passa, personne n'osant répondre ou ne trouvant à répondre à ce trait verbal. Rogue reprit alors : « Quant à ce que vous attendez de la part de votre chère et tendre, que je devine être notre nouvelle enseignante, je suis de l'avis de madame Rosmerta, la patience est une vertu. Mais, suis-je bête, la vertu n'est certainement pas quelque chose que vous comprenez, alors je ne devrais pas être surpris que la patience ne fasse pas partie de votre vocabulaire. Enfin, laissez-moi vous éclairer sur les femmes une fois pour toutes, monsieur Bagman, puisque visiblement vos connaissances dans le domaine sont à la hauteur vos anciens résultats scolaires, autrement dit bien piètre, voir quasiment trollesque. » Il appuya son coude gauche sur le comptoir, croisant ses longues jambes ainsi que ses doigts devant son buste. « Vous n'avez rien à attendre d'elle. Elle ne vous doit absolument rien. J'en viendrais à parier que même si vous estimez qu'elle n'est qu'un jouet à vos yeux, elle retrouvera plus vite chaussure à son pied que vous. Si, tel est le cas, permettez-moi donc de douté de vos sentiments. Quant à savoir pourquoi, il se pourrait bien qu'elle retrouve quelqu'un avant vous, je vais vous éclairer sur la question… » Il planta son regard d'onyx dans les pupilles claires du jeune homme. « Je me chargerais personnellement de faire de votre vie un enfer, si jamais vous osez lui faire le moindre mal. Vous pourrez dire adieu à votre visage d'ange et à la possibilité de procréer, monsieur Bagman. Ce serait tellement dommage, vous qui avez l'air de raffoler de la dites choses. Athéna, puis-je avoir un verre de Whisky Pur Feu, je vous prie. » conclu-t-il en reportant son intention.
« Bien entendu, Severus. » lança cette dernière en souriant.
« Quelque chose à ajouter, monsieur Bagman ? »
Le visage du bellâtre venait de prendre une teinte cramoisie qui contrastait assez mal avec sa tignasse châtain clair et ses yeux bleus. L'homme avait sa fierté et il venait de se faire simplement humilié par son ancien directeur de maison. Il avait encore du mal à croire ce qu'il venait de se passer et encore d'avantage au fait qu'une personne aussi froide puisse se tracasser du sort qu'il réservait à sa petite amie. Cela ne le regardait absolument pas d'abord ! Il ne voyait qu'une seule raison pour que l'austère maître des potions prenne ainsi la défense de sa nouvelle collègue et cela le fit sourire d'avance de lui rabaisser le caquet de la sorte. « Mais, c'est que vous êtes amoureux d'elle, on dirait bien. C'est la meilleur ça, comment une vieille gargouille comme vous avec un physique aussi ingrat peut seulement s'imaginer avec une fille pareille ? Vous me donnez envie de vomir rien que d'y penser. »
Severus Rogue prit en main son verre de spiritueux avant de le porter à ses lèvres pendant que l'autre imbécile crachait son venin. Bien sûr qu'il avait raison sur tous les points. Il aimait Edelweiss, mais elle ne voudrait jamais de lui, il n'espérait d'ailleurs pas qu'elle s'en rende compte un jour, mais il n'allait pas se laisser démonter par un petit con prétentieux. Et puis, plutôt mourir que de lui faire le plaisir de lui avouer la vérité. Il reposa son verre et son regard sur Alesto dans le même temps.
« Une fois encore, vous avez misé sur votre esprit subtil et pénétrant, mais comme toujours vous n'êtes pas parvenu à la bonne conclusion. » Pour le coup, il serait presque fier d'avoir piquer sa réplique à ce cabot de Black, mais il lui fallait en terminer avec le jeune homme. « Je ne vois pas pourquoi je devrais me justifier, mais par excès de bonté envers votre ignorance, je vais vous éclairer, vous et votre vacuité abyssale. Comme vous devez le savoir, miss Devonshire et moi sommes en quelque sorte voisins dans le château et pour une bonne raison, puisque j'ai accepté d'être son 'parrain' lors de cette première année d'enseignement. Par conséquent, je me préoccupe effectivement de son bien-être, car il me semble que si vous lui briser le cœur, elle ne sera pas en mesure d'assurer convenablement ses cours. Ce qui pourrait être regrettable pour son avenir de professeur, mais également pour celui de ses élèves, en particulier ceux qui doivent passer leur BUSEs et leurs ASPICs cette année. Or donc, je vous invite à prendre la menace au sérieux, monsieur Bagman, car je ne serais pas le seul à vous tomber dessus dans l'éventualité d'un quelconque problème venant de vous. Pour être plus clair… » Il envoya dans le feu son édition de la Gazette du Sorcier d'un seul mouvement du bras. « Vous serez aussi griller que ce journal. Et si vous ne me craignez pas, je vous suggère de prendre la menace Dumbledore au sérieux, c'est en quelque sorte sa petite protégée. »
Les deux hommes se toisèrent alors du regard, se défiant mutuellement de trouver à ouvrir à nouveau la bouche pour répliquer. C'est ce moment que choisi la porte pour faire tinter à nouveau les cloches de l'entrée et faire apparaître une crinière de cheveux roux ainsi qu'une masse de poil gris-bleu. La sorcière tomba nez-à-nez avec cette scène étonnante qui la laissa un moment perplexe avant qu'elle ne décide d'ouvrir la bouche. « Bonjour… j'ai loupé quelque chose ? » Son regard lapis lazuli se déplaçait d'Alesto à Severus et de Severus à Alesto. Amour, pour sa part, avait ses yeux émeraudes rivés sur le petit ami de sa propriétaire et grondait d'un air mauvais en battant furieusement l'air de sa queue. Les deux hommes se lâchèrent enfin du regard et c'est Alesto qui prit la parole pour lui répondre.
« Juste une petite mise au point entre hommes, rien de plus, mon cœur. » Dit-il en s'approchant d'elle pour la serrer dans ses bras, mais il recula d'un pas lorsque le fléreur lui souffla au visage. « Charmant, Amour, comme toujours. Je t'attends à la boutique, d'accord ? Au revoir, professeur ! » termina-t-il sur un ton acide, ce qui ne manqua pas de surprendre la jeune rousse. Une fois que son petit ami eu disparu, elle posa son regard sur Rogue qui lui tournait à présent le dos et terminait son verre de Whisky pur feu. Un autre fit son apparition devant lui et il haussa alors un de ses épais sourcils noirs. « C'est pour avoir enfin rabattu le caquet à cet impudent. Croyez-moi, je vous offrirais bien la bouteille rien que pour ça. » murmura alors madame Rosmerta.
« Merci, Athéna. Cependant, je ne suis pas sûr que Dumbledore apprécierait que je rentre en état d'ébriété. »
« C'est ce que je me suis dit. » conclu-t-elle en appuyant ses dires d'un clin d'œil avant d'aller s'occuper d'autres clients. L'homme en habits sombres s'empara de son verre et s'en retourna à sa table, suivit de prêt par un certain fléreur descendu de son perchoir et sa maîtresse qui venait de commander son chocolat chaud, chantilly, marshmallow et pointe de cannelle. Cette dernière s'invita sur la chaise en face de Severus et croisa ses bras devant elle.
« Alors, je peux savoir ce qui s'est passer pour que je retrouve les deux hommes que j'apprécie le plus en train de s'entretuer du regard ? » questionna-t-elle en ne le lâchant pas des yeux.
« Je crains que tu n'apprécies pas de le savoir. » répondit Severus en replongeant dans un nouvel exemplaire de la Gazette du Sorcier. Le silence s'étant installé, uniquement troublé par le petit bruit sec du mug de chocolat chaud que Madame Rosmerta venait d'amener à Edelweiss. Severus regarda un instant par-dessus son journal, intrigué par l'odeur de cannelle qui se dégageait du breuvage de la jeune femme. « De la cannelle ? »
« Oui, j'adore ça. Bon, si tu crachais le morceau ? » trancha-t-elle avant de faire glisser un peu de chantilly vers Amour qui se pourléchait déjà les babines. La chauve-souris des cachots soupira et tourna la page de son quotidien.
« Je ne l'aime pas. Il a été très inconvenant et impudent avec ça. »
« Et ? c'est censé justifier ton comportement envers lui ? Pourquoi ? »
« Je viens de te le dire… je ne l'aime pas. » Il tourna une nouvelle page, sans aucun regard pour la jeune femme qui était en train de s'énerver, persuadé qu'il lui cachait quelque chose d'important.
« Tu ne l'aime pas ? Bon sang, Severus, tu as quel âge pour me sortir une réponse aussi puérile ?! » tonitrua-t-elle en levant les yeux au ciel.
« Trente-cinq ans… » répondit-il en posant la Gazette du Sorcier et en prenant une gorgée de son breuvage. En relevant ses yeux charbonneux vers sa disciple, il remarqua alors sa surprise. « Quoi ? Je sais, je ne les fais pas. »
« C'est le cas de le dire ! Je te pensais beaucoup plus vieux que ça ! » Elle prit une gorgée de sa propre boisson avant de reprendre le fil de la conversation. « Non, mais il faudra un jour que tu m'explique comment tu fais pour assumer à ce point d'avoir l'air d'avoir au moins quinze ans de plus… »
« Que voudrais-tu que je fasse ? Je suis très bien comme ça. » lança-t-il sur un ton égal.
« Pardon ? On dirait un prêtre avec ta redingote surannée ! »
« Ne recommence pas avec ça ! Je ne reviendrais pas là-dessus ! » cracha-t-il en la fusillant du regard, ce qui eut pour effet que la jeune femme se tasse sur elle-même en croisant les bras sur sa poitrine et détournant son regard. L'ancien Mangemort reprit sa lecture avec beaucoup d'intérêt. Un temps mourut avant qu'elle ne reprenne la parole.
« Tu pourrais au moins faire un effort. » Il rabaissa à nouveau son journal assez sèchement. « Ne fut-ce qu'avec tes cheveux… Ils sont obligés d'être constamment aussi gras ? On pourrait presque faire de la friture avec ce que tu as sur la tête. »
« Ils sont compliqués. » Persiffla-t-il. « Chose que tu devrais comprendre avec la masse indisciplinée que tu as sur la tête. »
« D'accord, j'abandonne les cheveux, mais les dents qu'est-ce que tu as comme excuses ? » Envoya-t-elle en haussant un sourcil de la même manière qu'il le faisait lui. Rogue se rembrunit et ne s'abaissa pas à répondre à cette question, laissant donc la jeune femme gagné la partie. Il soupira avant de replier son journal.
« Tu te rends compte qu'on est parti d'une discussion sur ton précieux petit ami et qu'on a dérivé sur tes talents d'esthéticienne ? »
« Qui sont aussi grandiose que le talent du tailleur de Dumbledore… Autrement dit, ils ne valent pas grand-chose. Mais puisque tu relance le sujet de ta prise de bec avec Alesto, j'attends. » Sourit-elle en buvant à nouveau une rasade de chocolat chaud. Tel est pris qui croyait prendre se dit alors Severus en soupirant largement. Il n'avait aucunement l'envie de voir réapparaître le sujet qu'il avait tenté d'éloigner. En vérité, s'il avait sacrément envie de lui dire que son petit ami était un goujat, mais dans un autre sens il ne voulait pas lui faire de peine. Nonobstant cela, c'est elle qui insistait après tout.
« Il est arrivé ici en se vantant de votre programme de la journée ou tout du moins de ce qu'il espérait de ta part lors de votre entrevue du jour. » Il prit son verre et fit tourner le liquide ambré en son sein.
« C'est-à-dire ? »
« Des choses qui ne se disent pas en publique généralement… Quelques inconvenances en résumé. »
« Severus, par pitié, soit clair… » soupira-t-elle en posant son front sur la table, fatiguée par la tournure que prenait la discussion.
« Bon très bien, mais ne vient pas te plaindre après si ça ne te plait pas ! Il a dit qu'il estimait normal que vous passiez à quelque chose de plus charnel après plus d'un mois de relation et qu'il espérait bien que vu ton ascendance que tu serais particulièrement performante au lit ! » cracha-t-il alors amer avant de retourner à son journal. Alesto ne l'avait peut-être pas dit de cette façon, mais le sous-entendu était clair pour lui du moins et probablement pour n'importe qui d'expérimenté dans la salle.
Edelweiss avait relever la tête au moment où Rogue était passé du calme à la tempête et elle fixait à présent la photo qui faisait la une de la Gazette du Sorcier sans la voir, passablement surprise des révélations concernant son petit ami et ses espérances, qu'elle jugeait un peu démesurée pour le coup. Elle, performante au lit ? Il rêvait grandement là. Elle ne put lâcher qu'un petit « Oh… » après plusieurs minutes d'un long silence durant lequel Amour avait fini par se rouler en boule sur un coin de la table. « Je vois… » finit-elle par dire plus distinctement en se grattant nerveusement la tempe gauche de son index. Severus lui bouillait littéralement sur place, dans ses veines son sang s'était fait lave de jalousie et il tentait de dissimuler son mal être en fixant un article vantant les mérite d'une nouvelle laine révolutionnaire pour les adeptes du tricot. « Petit con… » se marmonna-t-il mentalement en pensant de nouveau à son ancien élève. Enfin, il tenta un nouveau regard vers Edelweiss qui semblait absorbée dans la contemplation du mur à côté d'eau, le menton posé sur le poing de son bras accoudé à la table. Visiblement, elle était mal à l'aise, il le sentait et cela le fit longuement soupirer.
« Je suis désolé… de m'être immiscé ainsi dans votre intimité, peut-être que votre vie de couple est à ce point palpitante, mais ce n'est pas franchement un comportement adapté en ce genre de lieu. »
« Hein ? » finit-elle par dire en sortant de ses rêveries. « Ah non ! Non ! Il a eu tort, mais… En fait, je ne le pensais pas comme ça. Je veux dire, où je me doute qu'il espère un peu plus que… Sérieusement, je suis réellement en train d'avoir cette conversation avec toi ? »
« De toute évidence. » Il termina alors d'une traite le contenu de son verre et le déposa en silence. « Et ça ne m'enchante pas plus que toi. »
Edelweiss demeura un instant interdite et fixa son chocolat chaud qui refroidissait avec un œil nouveau. « Je ne suis pas prête pour ça… » finit-elle par marmonner dans sa barbe inexistante.
« Alors, tu dois lui dire. » Les yeux d'obsidienne de Severus étaient plongés dans le fond de son verre vide qu'il triturait entre ses doigts. « Edelweiss… ne commet pas l'erreur de penser que tu lui dois quelque chose. Surtout de cet acabit-là. Si, tu dois sauter le pas et ça arrivera forcément un jour, fait le quand toi tu es prête. » Il releva les yeux pour croiser ceux de la jeune femme. « Surtout avec lui… »
Elle esquissa un léger sourire avant de se pencher en avant : « Tu ne l'aimes vraiment pas, n'est-ce pas ? » Rogue haussa les épaules avant de lâcher son verre et de se laisser aller dans le fond de son siège.
« Il est trop poli pour être honnête, il y a anguille sous roche avec ce type. Et je ne suis pas le seul à le sentir. » Il posa ses yeux sur le fléreur endormi avant de poursuivre. « Néanmoins, je ne te dirais jamais ce que tu dois faire. Sache seulement, que je ne le sens pas. » Il regarda à nouveau la sorcière avant de conclure. « Et si jamais, il te fait du mal de quelque manière que ce soit… Il passera un sale quart d'heure. »
« Merci… » Il haussa un sourcil, étonné des remerciements qu'il ne comprenait pas. « D'être aussi prévenant. » Le sinistre professeur de potion se radoucit quelque peu.
« De rien, je suis là pour ça aussi… c'est ce à quoi sont censé servir les amis, non ? »
« Je suppose… On ne peut pas dire que j'en ai eu beaucoup. » La jeune femme se leva et enfila son manteau dont elle s'était défaite en s'asseyant un peu plus tôt. « J'y vais, je dois encore faire des achats avant d'aller le retrouver. Je te laisse Amour, comme tu l'as si brillamment compris, il ne l'aime pas non plus. Je comprends mieux pourquoi vous vous entendez si bien. » Sur ces paroles, elle s'évanouit hors de sa vue, ne laissant comme seul indice de sa venue qu'un mug de chocolat chaud vide et un résidu d'odeur de lavande. Severus soupira longuement avant de poser ses yeux sur le fléreur qui avait sur ce temps relever la tête pour le regarder. Délicatement, il glissa ses longs doigts fins sur la tête de l'animal avant de s'adresser à lui. « Toi, tu en sais plus que nous… Si seulement tu pouvais parler, tiens. Quoi que… je ne suis pas sûr de vouloir savoir ce que tu penses réellement de moi. » L'homme se leva et ajusta sa longue cape en observant les premiers élèves qui apparaissaient dans l'auberge. « Allez viens, Amour, il est temps pour nous de partir. » Il prit l'animal dans ses bras et lui murmura à l'oreille. « La prochaine fois, prend sur toi et accompagne là. Cela me ferait tellement plaisir que tu te serves de ses jambes pour faire tes griffes, si tu vois ce que je veux dire. » Une lueur malicieuse passa dans les yeux du félins, le message était bien passé.
