Chapitre 12 : Oh dear we are in troubles

En ce matin de décembre, la grande salle de Poudlard avait commencé à se parer des couleurs qui serait les siennes pour les fêtes de fin d'années. Un subtil mélange d'argent et d'or avait été choisi cette année. À la table des professeurs, Severus Rogue s'amusait à narguer Amour en lui faisait balancer devant le nez une tranche de bacon. Le dos tourné aux grandes tables des élèves, le seul témoin de la scène étant Filius Flitwick qui s'était glissé discrètement à sa place. La porte de la salle des professeurs s'ouvrit à la volée et il laissa tomber la nourriture d'un air totalement innocent. Entra alors une nuée entière de professeur dont la propriétaire du dit félin qui vient prendre sa place auprès de son professeur et ami. « Bonjour, cher Severus. » lança cette dernière en se servant de la nourriture avant de jeter un regard à sa voisine, qui fuit son regard comme tous les jours depuis la fameuse histoire du philtre d'amour.

« Bonjour, Edelweiss. » répondit l'homme des cachots avant de regarder dans la même direction qu'elle. « Toujours pas plus de réaction de la part de Minerva, je vois. »

« Non… ça en devient pénible et vu ce qui se prépare pour notre petite organisation, il faudrait sans doute que je prenne le taureau par les cornes et que je crève l'abcès. Sort de là, tout de suite. » Elle le fusilla du regard avant de mordre dans son toast du matin.

« Prit en flagrant délit. Je n'ai plus rien à t'apprendre en Occlumencie, je le crains. » Soupira ce dernier avant de reposer son regard sur les élèves qui mangeaient à belles dents dans un brouhaha de conversation.

« Mais, tu pourrais m'enseigner l'autre pendant de cette science de l'esprit. » Elle prit la théière et remplit leurs deux tasses.

« Sans aucun doute, si tu n'en as pas encore marre de m'avoir sur le dos. Merci, miss. »

« Le jour où ça arrive, je te le ferais savoir, n'en doute pas. » La sorcière se pencha alors pour prendre son animal de compagnie sur ses genoux et le forcer à avaler un bout de bacon préalablement trempé dans une potion. « Avale, Amour ! Sinon, je te jure sur la tête de Merlin que je passe à une autre méthode mettant en scène ton postérieur. » Devant la menace, l'animal se dépêcha d'avaler son médicament contre le rhume. Le fléreur tourna ses yeux suppliant vers Severus qui manqua de s'étouffer devant la comédie qu'il jouait.

« Cela n'arriverait pas si tu ne te promenais pas jour et nuit hors du château. » lui assura se dernier. « On peut commencer cela dans les jours à venir… Conservons-nous le samedi ? »

« Cela me semble bien. » Conclu-t-elle en reposant l'animal au sol pour qu'il puisse terminer son copieux repas du matin.

« Cela ne dérangera pas, notre bien-aimé… » commença Severus avec l'intention non dissimuler de faire monter Edelweiss sur ses grands chevaux.

« Ne recommence pas, Severus… » siffla-t-elle entre ses dents avant de relever brusquement la tête en direction d'Albus Dumbledore.

Le directeur de Poudlard réclama le silence en martelant son verre du bord de sa petite cuillère. En quelques minutes, toute l'assemblée se trouvait dans un silence presque religieux, prêt à écouter les paroles du vieux sage. « Chers élèves et professeurs, j'ai l'immense plaisir de vous annoncer que la grande inquisitrice et moi-même, avons décider qu'un bal de Noël se tiendra en ces lieux en date du 22 décembre. » Un mouvement d'appréciation passa à travers les élèves, masquant ceux qui désapprouvaient. Parmi les détracteurs de cette idée, se trouvait Edelweiss et Severus. La première parce que sa première expérience en la matière était désastreuse. Le second, simplement parce qu'il ne supportait pas l'idée de se trémousser au milieu des élèves. Autant dire qu'ils avaient tous deux envies de disparaître sur le champ. Dumbledore réclama à nouveau le silence pour reprendre son petit discours. « Il va sans dire que la bienséance devra être respecter et que les tenues les plus affriolantes se verront bannie de la fête. Pour terminer, tout le monde devra participer, sans exception. » Le directeur balaya la salle du regard pour terminer sa course en fixant les deux professeurs qui avaient eu l'espoir une fraction de seconde de pouvoir éviter la fête. « Merci de votre attention et une excellente journée. » Le brouhaha reprit de plus bel, le bal étant après tout un sujet qui méritait amplement de figurer sur toutes les lèvres. « Bon, ben ça s'est fait… » marmonna la rouquine avant de voir le professeur McGonagall vidé les lieux. « Bonne journée, Severus. Je vais régler le problème une fois pour toute. »

« Bon courage. » Soupira-t-il conscient que ce ne serait en rien une partie de plaisir pour elle.

La jeune femme prit la suite de son ancien professeur de métamorphose au pas de course et en évitant quelques élèves qui se pressaient vers leurs salles de cours. « Minerva ! Minerva attendez-moi ! » Elle évita de justesse un élève qui n'avait pas décidé de se bouger de son chemin. Parvenue à sa classe, la respectable dame s'arrêta et Edelweiss eu le loisir de la rattraper. Elle posa une main au niveau de sa gorge et repris son souffle. « Il faut… que je vous parle… c'est important. »

« Cela doit effectivement l'être, miss, pour que vous me coursiez dans les couloirs. Dans ce cas, donnez-vous la peine d'entrer. » Trancha la vieille dame en ouvrant la porte de sa salle de classe, par laquelle elles entrèrent ensuite. Edelweiss suivit la femme aux robes vertes jusqu'à son bureau en observant la salle de classe. Une fois à destination, elle s'adossa à une table d'élève et observa son interlocutrice. Cette dernière retira son éternel chapeau pointu pour laisser apparaître son célèbre chignon et enfila ses petites lunettes rectangulaires avant de s'asseoir. « Je vous écoute, Edelweiss. »

« Je crois que vous savez très bien pourquoi je suis là, madame. J'ai conscience que ce qui s'est passé doit vous peser sur la conscience, mais je tenais à vous dire que vous n'êtes pas la seule dans ce cas. Je comprends votre malaise, je le vis également, mais j'ai décidé de passer au-dessus de tout ça. » Les lèvres du professeur de métamorphose tressaillir et elle posa la plume qu'elle tenait en main depuis seulement quelques secondes. « En outre, puisque vous ne semblez pas disposée à me parler, je ne peux pas avec l'aide de notre maître des potions rechercher le responsable pour le punir. Alors, une fois pour toutes Minerva, vous n'avez rien à vous reprocher ! Je ne vous en veux pas. En fait, je devrais peut-être même remercier Merlin et tous les dieux que cela ait été vous. D'autres aurait sans doute réagis de manière plus violente. »

La jeune sorcière croisa les bras sur sa poitrine pour observer son ancien professeur en silence, ayant fini sa litanie, elle attendait quelques réactions de la respectable directrice adjointe. Réaction qui selon elle tardait à venir. Minerva McGonagall avait son regard plongé dans le vide, elle analysait les paroles de la jeune femme avec attention, tentant sans doute de trouver une parade pour protester. Sans relever les yeux, rongée encore par la honte que son comportement sous philtre d'amour lui imposait, elle répondit : « Vous ne m'aviez pas dit que je vous avais embrassé. »

« En effet. » Edelweiss n'avait pas hésité avant de répondre, car elle ne se trouvait rien à se reprocher pour son silence. « Je n'ai pas jugé utile de vous ébranlé davantage ce soir-là. J'avais l'intention de vous faire le compte rendu de ce qui s'était produit, si vous me l'aviez demandé le lendemain. Cependant, je pense que la mémoire vous est revenue avant qu'on ne se revoit, me tromperais-je ? » La directrice des rouges et ors lui répondit par la négative et la rousse haussa les épaules. « Je suis désolée, si vous avez vécu ça comme une trahison, mais je n'ai pas pensé mal, bien au contraire. Il devait déjà être assez pénible pour vous d'imaginer une fraction de seconde ce qui avait pu se produire, pour que je vous assomme encore avec des détails plus pousser. » La Serdaigle s'approcha du bureau et fit face à Minerva McGonagall. « Je ne vous en veux pas, Minerva. Pour rien du tout. Essayez de voir le bon côté de la chose, essayez de rire de ce malheureux événement. Avouez… ça aurait pu être Rusard que vous embrassiez. » Elle lui lança un petit sourire ironique et la Gryffondor fini par lâcher les prémices d'un éclat de rire. Edelweiss la rejoignit dans son hilarité, des larmes venant jouer au coin de ses yeux. Au bout de longues minutes et quelques douleurs aux côtes plus tard, Minerva reprit la parole :

« Merci de m'avoir ouvert les yeux sur une situation au final pas si horrible que cela. »

« Mais de rien. Je dois avouer que je ne supportais pas l'idée d'être en froid avec vous tout le reste de l'année. » Le professeur de SCM prit une moue embêté avant de soupirer. « Je voulais profiter de l'occasion pour… vous demander si vous accepteriez de m'accompagner à Pré-au-Lard pour que je me trouve une tenue pour le bal. Visiblement, quand je me charge seule de me trouver une tenue, elle déplait à notre chère Dolores… Alors, je me suis dit qu'avec un avis extérieur, je ne risquerais pas de commettre un impair. Et puis, je confesse que je suis nulle pour me mettre en valeur et que j'aurais grandement besoin d'une main féminine secourable. » La jeune femme jouait nerveusement avec ses doigts et les yeux rivés sur ces derniers, peut-être consciente qu'elle en demandait beaucoup à Minerva et encore plus du fait que cela pouvait être prématuré après la discussion qu'elles venaient d'avoir. Elle ne vit donc pas le regard de la sous-directrice s'illuminer à cet instant. Elle qui, dans un passé maintenant révolu, rêvait d'avoir une fille et de la pomponner, venait de se voir proposer d'accomplir ce rôle au moins une fois dans sa vie. Un brin de lumière à travers son obscure vie composée de chagrin d'amour et de veuvage précoce. Sa joie était telle qu'une petite larme vient poindre au coin de l'un de ses yeux avant qu'elle ne consente à s'exprimer.

« Rien ne saurait me faire plus plaisir, miss Devonshire. » La jeune femme releva la tête et esquissa un discret sourire de gratitude envers le professeur de métamorphose. La cloche retentit annonçant le début des cours. « Peut-être pourrions-nous nous rejoindre demain matin aux Trois Balais ? »

« Avec joie. Je vous laisse, passez une agréable journée. » La jeune femme disparue au milieu de la foule d'élèves qui entraient maintenant dans la classe de la sous-directrice.

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Deux silhouettes féminines avançaient dans le blanc immaculé de la neige en ce samedi matin, se dirigeant de concert vers la boutique vers la boutique du Gaichiffon pour y faire un peu de shopping. Un exercice dans lequel la plus jeune des deux n'excellait vraiment pas, mais elle se sentait rassurer par la présence de la doyenne de leur duo. Edelweiss Devonshire pénétra la dernière dans la boutique avec son éternel compagnon à poils sur les épaules. Ce dernier quitta son douillet perchoir quelques secondes après que la porte se soit refermée. Les yeux lapis lazuli de la jeune sorcière firent le tour de la boutique et elle se dit à elle-même : « C'est ici que les Romains s'empoignent… »

« Bonjour mesdames ! Que puis-je pour vous ? » lança la voix enjouée d'une petite sorcière potelée au visage charmant et plein de bonhommie. « Oh, mais je me souviens de vous, miss. Quel dommage que vous préfériez votre austère tenue à quelque chose qui… vous mettrais plus en valeur. » La sorcière ponctua ses dires de quelques claquements de langue désapprobateur. La jeune rousse lui répondit par un simple sourire contrits avant de détourner le regard.

« Nous venons, justement, pour trouver une tenue de bal à miss Devonshire. Rien qui ne soit trop affriolant, c'est pour le bal de Noël. » Intervient Minerva, sauvant ainsi la mise à la jeune femme qui n'osait pas déserrer les dents.

« Ah oui ! Le directeur a envoyé un hibou pour prévenir les commerçant. Ah, cette bonne femme avec ses idées de bonne sœur. Transformer les jeunes demoiselles en cageot sous le couvert de la bien séance. Suivez-moi, mesdames. » Elle n'avait pas encore fini de cracher son venin qu'elle les entraînait déjà dans le fond de la boutique. « Voici, tout juste arrivée de Paris et de Londres. La toute dernière mode en matière de robe de soirée. Je vous laisse regarder à votre aise. »

Alors qu'elle s'en allait, les regards d'Edelweiss et Minerva se croisèrent avant qu'elles n'éclatent de rire. Lorsqu'elles eurent récupéré leur sérieux, la demoiselle s'approcha des robes et commença à les étudier avec un œil suspicieux.

« On dirait que notre chère Dolores fait l'unanimité. » Commenta la directrice des rouges et ors. « On m'a toujours dit que les roux ne devaient pas porter de rose. Est-ce vrai ? »

« En même temps, si quelqu'un devait remporter la palme de la chieuse de service, ce serait bien elle. Disons qu'on a l'air… Je ne saurais pas vous dire exactement de quoi on a l'air en rose. Ma mère à regretter une fois de m'avoir acheté une robe rose pour mes quatre. Vous voulez voir ce que ça donne ? » dit-elle en sortant une robe d'un rose bonbon de l'une des barres suspendues.

« Rions un coup. » lança Minerva sur un ton qui étonna grandement la Serdaigle. Qui aurait cru que la vieille dame était aussi joueuse. La rouquine s'exécuta et enfila la robe de bal rose bonbon à bustier dont la jupe faisait de nombreux repli. Le tout parsemé de quelques strass. Lorsqu'elle quitta la cabine d'essayage, il y eu un long blanc pendant lequel les deux femmes se regardèrent avant d'éclater de rire. Elles riaient tellement qu'elles s'en faisaient mal aux côtes.

« Vous n'allez tout de même pas porter ça ! » s'étranglèrent alors deux voix dont une masculine que les deux femmes ne connaissaient que trop bien. Severus Rogue se tenait là avec la tenancière du magasin, arborant tous deux une grimace indescriptible sur le visage, qui eut pour effet de faire repartir les deux sorcières dans leur hilarité. Edelweiss se pinca le nez pour tenter de retrouver son calme alors que Minerva s'essuyait les yeux avec un mouchoir, tant elle pleurait de rire. La plus jeune des deux inspira longuement avant de répondre aux deux chouettes qui les observaient toujours.

« Non, je montrais à Minerva à quel point le rose est abjecte sur moi. » Confessa-t-elle.

« Ah, j'osais espérer que vous ne feriez pas une faute de goût aussi monstrueuse, miss. Par pitié, changez-vous avant que mon estomac se retourne. » Elle vida à nouveau les lieux et la jeune femme regard le sinistre professeur de potion avec un air de défit.

« Et vous, monsieur, que me conseillez-vous alors pour aller avec mon teint ? »

« Tout sauf du rose. C'est vraiment une couleur à vomir, même quand elle n'est pas sur vous. » Il tourna son regard sur les robes et fit une grimace qui voulait tout dire. Il n'était certainement pas le plus à même de conseillez une femme sur la tenue qu'elle devait porter. « Vous devriez essayer la verte ou la bleu marine. Voir la robe bordeaux, même si ça m'arrache la gorge de le dire. De plus, je doute être un tant soit peu qualifier sur le sujet Sur ce, je vous laisse entre femmes. »

Les deux dames regardèrent tour à tour les robes que l'homme sombre avaient énoncées et l'aînée haussa les sourcils d'un air surpris.

« Il n'est pas si mauvais conseiller qu'il veut bien le dire. Prenons cela au sérieux, alors. » Elle décrocha les robes de leur penderie et les donna à la jeune femme qui s'empressa d'aller les essayer. Au bout d'une bonne grosse demi-heure d'essayage, il ne restait plus qu'à départager la bleue de la verte. La rouquine refit un tour dans chacune d'elle et enfin.

« C'est indéniablement celle qui est le mieux. » Approuva la sous-directrice en donnant une paire d'escarpin à la jeune femme pour qu'elle les essaye avec sa robe.

« Indubitablement. Elle a été faites pour elle, c'est une évidence pour moi. » Renchérit la patronne du magasin. « Oh et avec ça en plus ! Vraiment, miss, c'est elle qu'il vous faut. » Elle lui passa une étole en tissu extrêmement léger autour des bras. « Parfaite non, professeur ? »

« Je n'aurais pas dit mieux moi-même. Notre grand inquisitrice ne pourra rien y trouver à redire. »

« C'est-à-dire que je n'avais pas pour projet d'acheter plus qu'une robe… » commença la jeune femme avant d'être coupée.

« Sottise ! Allez, sortez de là qu'on puisse passer à la caisse. » Le professeur intérimaire obéit docilement à son ancien professeur et retourna dans la cabine pour sortir de sa robe et tendre le tout aux femmes à l'extérieur en passant sa tête.

« Auriez-vous d'autres coloris dans les manteaux que je vous ai acheté, madame ? J'aimerais renouveler un peu ma garde-robe. »

La dame soupira, mécontente que la jeune femme lui demande encore après ces horribles manteaux gothiques qui ne la mettait en rien en valeur à ses yeux. « En noir et en vert émeraude, miss. Je vous les apporte. »

Edelweiss quitta la cabine d'essayage un peu après avoir essayé les deux manteaux et ne pouvant se décider entre les deux les prit tous les deux. Lorsqu'elle arriva à la caisse, elle surprit Minerva avec deux paquets dans les mains.

« Ne me dites pas que… Minerva ! » s'indigna-t-elle en voyant dépasser un bout d'étole du premier sac.

« Je ne tolérerais aucune protestation. Voyez cela comme un cadeau à la fois pour me faire pardonner et pour vous remercier de m'avoir fait vivre l'une des plus belles matinées de ma vie. » La jeune femme soupira à s'en dépendre les poumons alors qu'elle payait ses manteaux.

« Je vous ai déjà dit qu'il n'y avait rien à pardonner… Je ne vous ai pas demander de venir pour me faire payer mes affaires vous savez ? »

« J'en suis tout à fait consciente, oui. Nous y allons ? » Elles rétrécirent leurs paquets pour les mettre plus facilement en poche et quittèrent les lieux. Après s'être éloigné de la boutique, McGonagall reprit la parole : « J'ai toujours rêvé d'avoir une fille, je l'aurais sans doute beaucoup trop gâtée, mais c'est un rêve que je ne réaliserais jamais. Grâce à vous, j'ai vécu une journée dans la peau d'une mère ou d'une grand-mère qui emmène sa fille pour se préparer à un grand jour. Merci, Edelweiss. De tout mon cœur. »

Les confessions de Minerva émurent la jeune femme qui ne s'imaginait pas que ce qui sonnait comme une corvée pour elle rendrait la dame si heureuse. Elle lui prit le bras et l'entraîna vers les trois balais. « Dans ce cas, préparez-vous mentalement. Votre travail ne s'arrête pas là, Minerva. Je suis une vraie citrouille pour me maquiller et me coiffer. De quoi parfaire votre rôle de grand-mère de substitution. »

Lorsque les deux dames entrèrent aux trois balais, elles ne s'attendaient certainement pas à tomber nez-à-nez avec Alesto Bagman encore une fois en train de glousser au comptoir avec ses amis de beuverie. Edelweiss fit le tour de l'auberge des yeux, dans l'intention évidente de vider les lieux au plus vite, mais elle surprit un visiteur silencieux dans un coin qui bouillait sur place. « Minerva… rejoignez Severus et calmez-le si vous le pouvez. Je crois qu'il est temps que j'ai une petite discussion avec Alesto. » La dame eu un mouvement de surprise en découvrant le visage décomposer par la rage de son ancien élève et acquiesça avant de rejoindre l'ancien Mangemort au plus vite. La jeune femme inspira profondément avant d'aller se planter derrière ce qui semblait être son petit ami, bien campée sur ses pieds et les points sur les hanches. Ce dernier discutait encore de ses aptitudes, de sa chance d'avoir une petite amie au sang de vélane et de ses intentions la concernant. Pas étonnant en somme que son maître des potions soit littéralement en train de bouillir. « Tu n'en as pas marre à la fin ? » finit-elle par dire pour attirer l'attention du jeune homme. « Je pensais avoir été clair sur le sujet non ? »

Le tenancier de la boutique de soins aux créatures se retourna passablement surpris de se faire prendre la main dans le sac par celle-là même sur qui il tenait la discussion précédemment. « Ma chérie ! Oh relax, ma beauté, que serait la vie si on ne peut plus discuter de choses et d'autres entre potes. » Il tenta de la prendre dans ses bras, mais celle-ci se déroba prestement.

« Ma parole, tu es saoule de si bon matin ?! Ne me touche pas ! Lâche-moi ! » Alesto n'avait pas dit son dernier mot et entraîna la jeune femme à l'autre bout du comptoir pour finalement la collée contre le mur. Sur sa chaise, Severus venait brusquement de se lever, mais fût tempérée par Minerva qui lui assurait que la jeune femme saurait se débrouiller. Pour une fois, la jeune femme aurait voulu que la rouge et or ait raison, mais elle ne maîtrisait au contraire pas du tout la situation. Les relans d'alcool absorbé par le jeune homme lui chatouillait désagréablement les narines et lui donnait envie de vomir. Son visage trop prêt du sien, elle était bien forcée de le regarder dans les yeux.

« Il faut bien que je compense le manque d'action dans notre couple par quelque chose non ? Entre ton travail qui ne nous laisse pas le temps de nous voir et toi qui me repousse constamment, excuse-moi, mais j'ai le droit d'espérer plus ! » Siffla-t-il en lui serrant le poignet si fort, qu'elle crut un moment qu'il allait se casser.

« Cela ne justifie rien, Alesto… je t'ai dit que… » tenta-t-elle de se justifier.

« Que tu n'étais pas prête, oui… mais tu pourrais faire un effort ! Je suis un homme, j'ai des besoins aussi, mais tu ne sembles pas t'en rendre compte. » La pression sur son avant-bras s'accentua et la jeune femme commença à vouloir se débattre.

« Lâchez-la, monsieur Bagman. Je doute que cela règle votre querelle d'amoureux que vous lui brisiez le poignet. » Le concerné lâcha brusquement sa proie pour faire face au directeur de Poudlard en personne, qui se tenait derrière lui. « Tout va bien, miss Devonshire ? » Cette dernière acquiesça en se massant le poignet, elle passa à côté de l'homme émécher qui lui lança un regard qui semblait dire qu'il n'en avait pas fini avec elle. « Venez. Quant à vous, monsieur Bagman, je vous suggère de rentrer chez vous pour dégriser. » Le vieux sage passa un bras autour des épaules de la sorcière et l'entraîna vers le reste de ses collègues présents.

À peine fût-elle assise que Rogue lui saisit le coude pour inspecter son poignet encore rougit de la maltraitance imposée par le jeune homme. Edelweiss n'ouvrit même pas la bouche pour protester, ni ne réagit encore sous le coup de ce qui venait de se passer. Ses yeux fixaient le vide avec insistance, comme si le monde autour d'elle n'existait plus, comme si elle était seule au monde. Pourtant, autour d'elle les trois professeurs de Poudlard se faisaient par les uns aux autres de leurs impressions, mécontentements ou encore de certaines choses qu'ils rêvaient de faire subir à ce petit crétin. C'est finalement Albus Dumbledore qui attira l'attention des autres sur le fait que la jeune femme ne réagissait plus. « Severus ? » Demanda-t-il d'un air inquiet. Le concerné sortit sa baguette et la pointa discrètement vers la tempe d'Edelweiss, murmurant la formule qui lui permettait d'entrer dans la tête de la jeune femme. Il n'y avait pas de mur, il n'y avait pas de flamme. Ses défenses étaient inexistantes, pourtant il savait qu'elle les avait consolidés avec force ces dernières semaines. Ce qu'il y vit en revanche le fit sortir de là très rapidement, l'estomac noué, le visage tordu par une grimace d'horreur. Avait-elle sentit qu'il s'était introduit dans son esprit ? Peut-être. Toujours est-il que la sorcière rousse revient à elle et fixa le vert et argent d'un regard encore embrumer par le vide. L'échange fût terriblement intense, comme si le temps s'était suspendu, comme s'ils communiquaient par télépathie, alors que ce n'était qu'un échange de regard. Soudain, elle se leva et vida les lieux, sans un mot et sans plus de bruit que la chaise qui avait racler le sol. Un temps mourut de nouveau avant que Minerva ne prenne la parole : « Qu'avez-vous vu ? » sa voix trahissait sans mal son inquiétude. L'ex-mangemort déglutit avant de desserrer les dents. « Une ruelle. Une bande de jeune hilare. Principalement des garçons. Une adolescente meurtrie au sol. » Il osa alors regarder Albus Dumbledore. « Il n'obtiendra jamais rien d'elle, ça je peux vous l'assurer. »

« Ne faites rien qui puisse vous nuire, Severus. »

« Oh, mais je ne compte pas m'en prendre à lui. Il va se l'aliéner tout seul comme un grand comme il est parti là. » À son tour, le maître des cachots vida les lieux pour retourner à ses occupations du jour.