Chapitre 14 : Kiss from a rose
Blanc. Les deux protagonistes se fixaient en silence. L'un, le visage peint d'incompréhension. La seconde reprenant son souffle et les yeux déjà mouillée par les larmes de colère et peut-être un peu de honte. « Je ne l'aime pas… je… j'en aime un autre. Une chimère plus exactement… » Ses doigts se crispèrent davantage sur le col de la chemise immaculée et elle fixa ses yeux lapis lazuli sur le premier bouton. « Ce n'était qu'une passe, que le besoin profond de la vélane en moi qui cherchait la stabilité, à plaire et à se sentir désirée, mais je ne peux pas… Je ne peux pas… » Une larme roula sur la joue de la jeune femme et elle lâcha enfin l'homme qu'elle agrippait pour passer à côté de lui. « J'ai assez vu la violence pour encore la supporter. Tu le sais… tu n'as vu qu'un dixième de ce que j'ai vécu, mais je ne peux pas croire que tu puisses ne pas comprendre. Je ne peux pas croire que tu ais pensé une seconde que je lui pardonnerais d'avoir lever la main sur moi, même qu'une seule fois. » Elle retrouva la sécurité du canapé de cuir noir, celle du fléreur qui était sorti de sa torpeur, alertez par les cris et la dispute des deux sorciers. Ses jambes contre son torse, la jeune femme fixait ses pieds nus.
« Excuse-moi… ma haine pour lui a pris le dessus. Je suppose… qu'il était inévitable que je ne finisse pas par exploser. Pardonne-moi… » Severus Rogue était à présent accroupis face à son élève, ses mains entouraient délicatement les chevilles de la rousse et il cherchait un contact visuel avec elle. Lorsqu'il le trouva, il reprit la parole. « Est-ce que tu arrives encore à faire confiance aux hommes après tout ça ? »
« C'est difficile. Je me méfie de tout le monde de toute façon. » Elle haussa les épaules puis détourna le regard avant de soupirer. « Les humains m'ont trop souvent déçue pour que ce soit encore facile. Je pensais qu'il était différent, je voulais le croire plutôt… mais j'ai compris la dernière fois, que je n'étais qu'un objet, qu'un nom en plus à son tableau de chasse. » Discrètement, Amour se déplaça vers l'autre extrémité du canapé pour laisser la place au Serpentard qui prit la place sans se faire prier. « J'aurais dû écouter, Amour. J'aurais dû t'écouter. »
« Dans ta situation, je pense qu'il est normal de faire des erreurs. Je ne sais pas… je n'ai pas la malchance d'être embourbé avec des sangs aussi différents qui se font la guerre. Tu ne dois pas t'en vouloir, Edelweiss. Regarde-moi. » Elle s'exécuta docilement et l'obsidienne rencontra l'azur. Un instant, la possibilité de capturer les lèvres de la jeune femme traversa l'esprit du potioniste, qui la chassa d'une main invisible pour reprendre le cours de la discussion. « Ne laisse pas un garçon gâcher tout. Encore moins ce crétin manipulateur. Pense à cet autre jeune homme… »
« Ah… lui… » soupira-t-elle avant de laisser retomber son front sur l'épaule de Severus. « Faudrait que je l'oublie, mais il faut croire que dame nature m'en veut. »
« Ne me dit pas que tu vas laisser Alesto gagner ou je… » commença-t-il en optant pour son ton professoral qui ne souffrait en général aucunes protestations.
« Non ! C'est juste que je ne sais même pas qui il est. » Elle releva la tête en voyant l'air surpris de Rogue et elle ne put s'empêcher d'arborer un sourire défaitiste. « Tu te souviens du bal l'année dernière où je me suis retrouvée seule comme une pauvre idiote ? Eh bien, un jeune homme m'a 'sauvé' la mise en m'invitant à danser. Et avant-même que je ne puisse lui demander son nom, il s'était évaporer et mon cœur avec lui. Depuis, je tâche de récupérer cet idiot de palpitant et d'oublier le fuyard. Pathétique n'est-ce pas ? » Conclu-t-elle avec un rire jaune en reposant sa joue sur l'épaule amicale offerte.
Comment lui dire sans passer pour un menteur. Comment lui dire sans qu'elle ne lui rit au nez. Le regard d'obsidienne se perdit dans la contemplation du feu qui brûlait dans la cheminée. À cet instant, il maudissait la vie d'être si compliqué et surtout de se l'être compliquée de la sorte. Une petite main se faufila dans la sienne, il resserra ses doigts autour de celle-ci et goûta le plaisir de sentir la peau de la jeune femme en contact –si fugace soit-il – avec la sienne. Finalement, il se décida à répondre : « Non, c'est plutôt romantique comme idée. » Il posa sa joue contre la tête de la jeune femme, humant discrètement l'odeur d'eucalyptus que dégageait ses cheveux, ce qui le fit sourire. Elle avait utilisé son shampoing sous la douche et pendant un instant, il eut simplement l'impression qu'elle lui appartenait un peu. « Tu m'accompagne au bal ? » murmura-t-il comme une prière silencieuse, un vœux secret inavouable. D'ailleurs, il regretta un instant toutes ces paroles. Que ce soit l'énonciations du romantisme ou son invitation non dissimulée.
« D'accord… » fini-t-elle par répondre en serrant à son tour la main de l'homme qui lui était semblable à une bouée de secours à laquelle elle s'accrochait désespérément.
« Mais ? » Questionna alors l'homme sombre, ayant perçu comme une pointe d'appréhension dans la voix de la jeune femme et cela lui d'ailleurs comme un pincement au cœur.
« Je ne sais pas danser… » Elle se redressa et le regard avec une petite moue désolée. « Je serais absolument ridicule. Heureusement, ça ne tue pas. »
« Ce n'est pas grave, je peux t'apprendre… »
« Tu sais faire ça, toi ? » Puis se rendant compte de ce qu'elle venait de dire, elle s'excusa. « Désolée, je ne mets pas en doute tes talents de danseurs, en fait… plus ceux de professeur de danse. » À ces mots, Severus se mit à rire et se leva pour lui tendre la main pour l'inviter à se lever.
« Bien sûr, je pourrais bien t'épater à ce sujet. On a encore le temps de faire un premier essai avant que ta potion ne soit prête. »
Il pointa sa baguette sur la radio qui trônait dans un coin du salon pour qu'elle s'allume, puis sur la table basse pour qu'elle libère l'espace en allant se glisser entre le bureau et le mur. La radio cracha un moment avant de s'arrêter sur une station moldue qui passait un morceau lent qui se prêtait assez bien à un slow. Il prit délicatement les mains de la jeune femme pour les positionner sa main gauche sur son épaule puis, plongeant ses yeux dans les siens avant d'aller plus loin. « Tu me fais confiance ? » lui demanda-t-il alors que ses mains restaient en suspens dans l'air.
« À toi oui… toujours… » Il posa alors sa main gauche sur la hanche gracile de la sorcière et serra sa main droite dans la sienne, avant de se rapprocher d'elle. Oh oui, il aurait pu profiter de la situation, mais il ne le fit pas, ce n'était après tout pas son style.
« Ton pied entre les miens et laisse-moi te guider. Détends-toi et laisse-toi aller. »
There used to be a greying tower alone on the sea.
You became the light on the dark side of me.
Love remained a drug that's the high and not the pill.
But did you know,
That when it snows,
My eyes become large and,
The light that you shine can be seen.
Baby, I compare you to a kiss from a rose on the gray
Ooh, the more I get of you, the stranger it feels, yeah
And now that your rose is in bloom
A light hits the gloom on the grey
Le pied de la jeune femme se retrouva malencontreusement sur celui de son partenaire de danse et elle se raccrocha à lui avant de grimacer. Elle se fit mentalement la remarque que c'était heureux qu'ils soient tous les deux pieds nus. Elle n'était déjà pas bien grande, son menton atteignant à peine l'épaule de Severus, mais avec ses souliers ça aurait été encore pire. Et si, elle avait laissé son pied traîner sous le sien…
« Je suis parfaitement ridicule… » soupira-t-elle en fixant à nouveau le premier bouton de la chemise blanche qu'elle avait en face de ses yeux.
« Bien sûr que non. » Il lâcha sa hanche un instant pour la faire tourner sur elle-même durant la partie instrumentale qui suivit pour l'étourdir un peu et l'aider à se détendre.
There is so much a man can tell you, so much he can say
You remain my power, my pleasure, my pain, baby
To me you're like a growing addiction that I can't deny
Won't you tell me is that healthy, baby
But did you know
That when it snows
My eyes become large and
The light that you shine can be seen
Baby, I compare you to a kiss from a rose on the gray
Ooh, the more I get of you, the stranger it feels, yeah
And now that your rose is in bloom
A light hits the gloom on the grey
Le plan du Serpentard avait fonctionné mieux qu'il ne l'avait escompté. Edelweiss était à présent totalement détendue évoluant dans ses bras comme si elle avait toujours su danser. En vérité, la jeune femme se sentait toujours gauche, mais elle avait plongé son regard dans les deux onyx qui formait celui de son cavalier d'un soir et elle avait ainsi quitter la réalité. Elle s'était perdu dans les ténèbres d'obsidiennes et le sol sous ses pieds lui était devenu totalement indifférent, les mouvements initiés par l'homme une seconde nature. Elle revient un instant sur terre lorsque raisonna sa voix chaude et suave : « Pousse sur tes pieds et soutiens toi à mes épaules. » Un instant plus tard, à la fin du nouveau temps instrumental, elle était dans les airs et elle riait comme une enfant soulevée par son père à bout de bras, qui aurait l'impression de voler.
I've been kissed by a rose on the gray
I've been kissed by a rose
I've been kissed by a rose on the gray
And if I should fall along the way
I've been kissed by a rose
...been kissed by a rose on the gray
L'homme sombre tourna un instant sur lui-même avant de la reposer au sol. Le sérieux initial se perdit dans un enchevêtrement de pas emprunter à différent type de danse, mais ce n'était pas le plus important. L'important c'est qu'ils s'amusaient tel deux adolescents, oubliant pour un temps les difficultés d'une vie d'adultes, les responsabilités d'un professeur, les déboires amoureux, tout cela sous l'œil très attentif d'un certains fléreur qui ronronnait doucement de satisfaction. Entre sourire complice et rire éclatant, plus rien d'autre n'avait d'importance que cette courte parenthèse hors du temps.
There is so much a man can tell you, so much he can say
You remain my power, my pleasure, my pain, baby
To me you're like a growing addiction that I can't deny
Won't you tell me is that healthy, baby
But did you know
That when it snows
My eyes become large and
The light that you shine can be seen
Baby, I compare you to a kiss from a rose on the gray
Ooh, the more I get of you, the stranger it feels, yeah
And now that your rose is in bloom
A light hits the gloom on the grey
Les cheveux roux lui caressaient parfois le visage, son cœur se serrait lorsqu'il la voyait sourire et s'épanouir de la sorte dans ses bras. Par instant, elle lui rappelait tellement une autre. Le fantôme de Lily Evans s'accrochait encore à lui, comme pour lui rappeler sa sinistre implication dans la tragédie qui s'était joué à Godric's Hollow, il y a si longtemps maintenant. Il les sentait sur ses épaules, ses doigts fantomatiques et tout le poids de la culpabilité qui faisait de pair avec eux. Un court instant, il accrocha son regard rieur et son cœur se gonfla d'une douce chaleur qui irradia alors le reste de son être. Elle n'était pas Lily, elle ne le serait jamais et il ne voudrait jamais qu'elle le soit. Elle était sa rédemption, la lumière dans le brouillard opaque qu'était devenu sa vie. Une rose en fleur, l'éclosion de la femme à l'aube d'une vie d'adulte qu'il n'avait qu'à cueillir en tendant la main et pourtant… Cela lui semblait tellement insurmontable. Comme si le bonheur pouvait être un fardeau, comme si la vie pouvait être une montagne infranchissable, il la laissait lui échapper. Il avait eu l'occasion de se déclarer, de la conquérir et de s'opposer à Alesto, mais il l'avait laissée partir. Il n'y pouvait sans doute plus rien et ça, il en crèverait. Oh oui, il en crèverait lorsqu'il la verrait avec un autre, lorsqu'elle aura oublié les chimères de cet amour pour un inconnu qu'elle ne reverrait pas…. Alors, il réduit à néant l'espace entre eux, reprenant le slow dans sa plus stricte expression. Pendant un court instant, il la serrerait aussi fort que la bienséance le lui permettrait. Pendant un petit moment, elle lui appartiendrait. Il regretta presque aussi tôt, lorsque ses courbes féminines se pressèrent contre son corps, il n'était qu'un home après tout. S'il savait encore contenir ses ardeurs pour le moins déplacée, de son point de vue, il n'en était pas moins ronger par le désir profond d'unir ses lèvres aux siennes et de parcourir son corps de ses mains avides de tendresse charnelle.
Yes, I compare you to a kiss from a rose on the gray
Ooh, the more I get of you, the stranger it feels, yeah
And now that your rose is in bloom
A light hits the gloom on the gray
Pressée contre le corps de Severus, la jeune femme n'opposa aucune résistance, ne ressentit aucun malaise. Pourtant, il y a quelques semaines encore, elle aurait tenté de fuir, elle aurait trouvé cela déplacé et malsain. Elle se souvenait encore de la surprise ressentie lorsqu'elle l'avait entendu l'appeler par son prénom, d'avoir assez mal tolérer d'être si proche de lui alors que la distance était respectable. Cela avait disparu, comme si ça n'avait même jamais existé. Elle n'avait jamais été si proche d'un homme et pourtant, ça lui semblait si naturel en ce moment. La chaleur grimpa en flèche dans son petit corps contaminé par celle de son cavalier. Elle avait appris à connaître bien des facettes de ce trop mystérieux sorcier, de cet être honni par tous ces élèves qui cachait en vérité un être complexe, mais ô combien surprenant et aimable, quand il le veut bien. Et là, elle réalisait à quel point il lui plaisait, à quel point elle était bien avec lui, contre lui, dans ses bras ou simplement à côté de lui. Elle se surprit à penser qu'à la fin de l'année scolaire, elle ne le verrait sans doute plus ou plus comme maintenant et son cœur se serra. Se satisfait-elle réellement de l'avoir pour ami ou envisageait-elle la possibilité d'une évolution ? Elle était déchirée. Entre la chimère et le réel. L'envie d'oublier et la difficulté de le faire. Sans le savoir, elle vivait les mêmes tourments que son professeur et ami, à un degré cependant nettement différent. Sa main gauche glissa de l'épaule du maître des potions jusque sur poitrine de ce dernier qui se soulevait au rythme régulier de sa respiration.
Now that your rose is in bloom
A light hits the gloom
On the gray…
La chanson mourut tout en douceur et sans un mot prononcé, la radio se tût pour de bon. Les corps en mouvement s'étaient arrêtés, les yeux se fixaient encore, dans l'attente de quelque chose qui tardait à venir. Le souffle brûlant de l'homme se répercutait sur les lèvres purpurines de la jeune femme, il hésitait. Il hésitait entre la lâcher et prolonger encore un instant cette sensation de béatitude qui le parcourrait depuis qu'elle se tenait dans ses bras. La jeune femme tergiversait également entre se détacher de lui et rester là où elle était si bien. Elle pataugeait dans la marée montante de ses sentiments qui lui hurlait d'agir et sa raison qui ramait en surface pour lui dire de rentrer dans ses appartements. Cela paraissait une éternité et pourtant ce n'était qu'une poignée de seconde, peut-être une pincée de minutes. Ses yeux bleus se posèrent sur les lèvres fines et trop clair de son partenaire. Raison… sentiments… qui allaient gagner le combat. Une tension dans sa nuque, elle la chassa d'un léger mouvement avant d'être emporté dans le torrent de la passion. Timide certes, mais la rousse venait de manière presque inconsciente de poser ses lèvres pulpeuses sur celle du grand brun.
La surprise fût la première chose qu'il ressentit, rêvait-il ? La sensation de papillons voletant dans son ventre lui fit comprendre que non. Ses mains serrèrent avidement sur la taille fine de d'Edelweiss, comme pour se convaincre encore d'avantage qu'il vivait quelque chose de réel. C'était doux, tendre et trop chaste pour lui, mais il y remédia assez vide. Sa bouche se fit quémandeuse, presque conquérante et absolument possessive. Elle céda, elle ferma les yeux et se laissa partir comme elle n'avait même pas oser le faire durant leur petit cours de danse improviser. Le cœur de la jeune femme pulsait dans sa cage thoracique au point qu'elle aurait cru possible un instant qu'il la perce pour s'en échapper. Brûlante, elle en tremblait pourtant comme si elle avait rejoint l'Antarctique. Ses doigts s'étaient crispé sur le coton de la chemise blanche qu'elle malmenait, s'y accrochant comme si sa vie en dépendait. Une sensation dure et de chaleur encore plus intense dans son dos attira son attention. Un mur, la cheminée et lui collé outrageusement contre elle. Ils reprirent leurs souffles sans un mot, sans même bouger, sans se regarder. Son cerveau nageait dans la brume de ses désirs internes, perdu qu'il était dans l'analyse de la situation. Dangereuse, incongrue et surtout irraisonnable. Analyse qui trouvait écho dans le cerveau de l'autre protagoniste. Mais au diable la raison ! La sorcière replongea dans la volupté d'un baiser passionné, limite animal qui trahissait la nature des bas instincts qu'elle avait trop souvent réprimer. La vélane avait décidé qu'elle aurait son mot à dire et elle envoyait paître le reste. Des boutons blancs volèrent dans la pièce et Severus se retrouva bientôt torse apparent assis sur le canapé avec une tornade rousse assise à califourchon sur ses genoux.
Pendant qu'il bataillait encore pour analyser la situation, ses mains elles semblaient avoir revendiquer l'existence d'une vie qui leur étaient propre et s'en aller à la découverte du corps en ébullition qui leur était offerte. Tout son corps réclamait plus d'attention, toujours plus de contact, de tendresse et d'attention. Il frissonna de tout son être lorsque les délicates mains féminines commencèrent à explorer son torse parsemé de quelques cicatrices. Il en avait toujours été privé, de son propre fait d'ailleurs, mais cela ne changeait rien au manque que cela avait fait naître. Il n'était pas un petit garçon sage, il avait eu son content d'aventure sans lendemain avec des femmes de la profession ou pas, mais il n'y avait rien de commun avec ça ici. Quelque chose le dérangeait, sans qu'il ne puisse mettre le doigt dessus. Pourtant, personne n'aurait pu penser qu'il vivait une véritable lutte interne lorsqu'on voyait ses mains se perdre sous le t-shirt du pyjama noir pour découvrir le dos puis le ventre de la jeune femme jusqu'à la naissance de sa poitrine. C'est là qu'il mit le doigt dessus, au moment même où elle allait lui retirer totalement sa chemise. À cet instant précis, qu'il relâcha ses lèvres, tournant la tête et remis sagement ses mains sur les hanches d'Edelweiss. « Arrête. » finit-il par dire sur un ton des plus secs et même cassant.
Edelweiss qui avait fini par accepter de façon sûre qu'elle désirait ardemment l'homme en face d'elle, et peut-être pas qu'en tant qu'ami ou amant, reçu une véritable douche froide. Pourtant, si elle stoppa docilement ses mains au niveau des épaules de Severus et se redressa pour le regarder, ne descendit pas pour autant de ses jambes. Oui, elle l'avait embrassé, mais n'était-ce pas lui qui en avait demandé plus ? Lui qui au final avait allumé l'incendie qui l'avait consumé jusqu'au tréfonds de son être et il voulait tout arrêté sans plus d'explication. Alors, la sorcière le fixait intensément, attendant qu'il la regarde pour avoir au moins une once d'explication. Rien ne vient et finalement, elle quitta pour de bon cette étreinte et se releva pour arranger sa tenue. « Je suis désolée… » finit-elle par dire en regardant autour d'elle, les bras croisés.
« Tu n'es pas encore en sûre avec ce que tu ressens… » lui fournit-il comme explication, sans savoir s'il parlait réellement d'elle ou de lui. Il remit sa chemise et la reboutonna à moitié avant de retourner à ses potions et de remplir un flacon d'une mixture bleue nuit. Edelweiss se sentit encore plus idiote qu'avant, si cela était possible d'ailleurs. Elle avait agi bêtement, mais sans aucune arrière-pensée, elle n'avait même pas eu le temps de pensé réellement avant de l'embrasser et maintenant…
« Je vais rentrer, je vous ai assez embêter ce soir… » Elle employait à nouveau le vouvoiement avec lui, comme une distance nécessaire qui n'aurait jamais dû être brisée. Persuadée que ça allait absolument tout changer dans leur relation. Elle craignait d'ailleurs ce qui allait se produire vendredi lors du bal avant de penser subitement que peut-être cela aussi tombait à l'eau. Severus, quant à lui, ressentit un frisson désagréable en l'entendant reprendre cette sale habitude. Il referma le flacon et le lui tendit alors. La Serdaigle le prit, mais il le retira en arrière pour diminuer la distance qu'elle venait de mettre entre eux.
« Je ne t'en veux pas pour ce qu'il vient de se passer. Cela ne change rien entre toi et moi. » Un soupir de soulagement échappa à la jeune femme qui resserra un peu plus sa prise autour de la potion. « C'est autant ma faute que la tienne… On s'est oublié un instant et c'est tout. » Sa voix rauque baissa d'un ton à la fin de sa phrase, comme s'il avait mentit et la jeune femme tentait de se convaincre qu'il mentait effectivement.
« Alors… rendez-vous vendredi au bas de l'escalier du premier étage ? » dit-elle avant de déglutir difficilement et de sourire dans la seconde d'après en voyant l'air surpris de son ami. « Oui, c'est Minerva qui m'aide à m'habiller. Et pour ceci ? Je te dois une explication…»
« Inutile. Si, tu dis en avoir besoin, c'est que c'est vrai. Je te fais confiance. » Il lâcha enfin la fiole de potion de sommeil sans rêve avant de faire quelque pas, se saisir de sa cape noire et de la lancer de façon taquine à la jeune femme. « Tu vas en avoir besoin dans les couloirs. Bonne nuit, Edelweiss. » À ces mots, il disparut derrière la porte de sa chambre.
Edelweiss et Amour quittèrent les appartements du professeur de potion après qu'elle ait récupérer ses vêtements encore humides. Marchant pied nus dans le couloir, elle prit garde à ne pas recroiser ce satané fantôme ! De retour chez elle, elle lâcha ses vêtements et se laissa glisser contre la porte en bois pour se retrouver au sol. Elle se mit à fixer la potion qu'elle avait toujours entre les mains sans réellement la voir. « Mais quelle conne quand même ! » hurla-t-elle avant de balancer une de ses pantoufles à travers la pièce en faisant peur à une araignée qui tentait de faire sa toile au coin de la fenêtre. Dans sa petite tête se fit une idée qu'elle ne risquait plus de se sortir, Rogue ne voudrait jamais d'elle parce qu'elle n'était rien de plus qu'une gamine à ses yeux et puis, pourrait-elle seulement l'aimer comme il le méritait ? Un seul constat : non, parce qu'elle ignorait simplement ce que c'était d'aimer. Jusqu'ici ses relations avec les hommes s'étaient limiter à un désir animal et instinctif rien de plus. Ne voulant plus penser, ni rêver, la rouquine se leva, avala le contenu du flacon d'une traite et alla s'écrouler dans les bras de Morphée sans plus de cérémonie. Dans les cachots, un autre sorcier aurait également bien prit de cette fameuse mixture de sommeil pour oublier les tourments qui le rongeait à présent.
Voici voilà, la suite du chapitre 13.
Concernant le choix de la chanson (Kiss from a rose de Seal), pour ceux/celles qui voudraient les explications, je l'ai choisi en rapport avec l'année de sortie (1995) qui est l'année en cours dans ce chapitre dans le monde de Mme Rowling, mais également et surtout pour le sens des paroles. Pour ceux qui ne sont pas très fort en anglais, je vous invite à consulter la traduction ;)
N'hésitez pas à aller de votre petit commentaire, comme je le dis toujours, ça me fait plaisir !
Pour répondre à la review du chapitre 13, j'ai décidé de cindé parce que ça devenait vraiment très long et puis aussi pour mettre un peu de suspense )
