Chapitre 16 : Dancing with the devil
« Ne bouge pas ! » tonna la voix sévère de Minerva McGonagall dans la pièce qui lui servait de chambre, alors qu'elle approchait dangereusement la brosse d'un tube de mascara du visage de son ancienne élève. Cette dernière louchait et reculait petit à petit sa tête, peu encline à faire confiance à quelconque produit de beauté et surtout à celui-là.
« Plus facile à dire qu'à faire ! Tu vas me crever un œil ! » plaida-t-elle en enfonçant ses doigts dans le bois du tabouret capitonné de velours sur lequel elle était assise en sous-vêtement, les cheveux encore emballer dans une serviette de bain. La doyenne du duo empoigna l'arrière du crâne de la jeune femme pour qu'elle se tienne tranquille et coinça ses pieds entre ses jambes.
« Ne m'oblige pas à te pétrifier, Edelweiss. » Cette dernière râla pour la forme et ferma l'un de ses yeux pour essayer de voir le moins possible de cette fichue brosse qui allait lui tartiner les cils de la mixture noire dont toutes les femmes semblaient raffolées. Ce fût moins compliqué qu'elle voulait bien l'admettre et cela conclu la séance atroce de maquillage que Minerva lui avait fait subir. Une paire de bas jarretière de couleur chair apparu dans son champ de vision et elle soupira. Elle avait toujours eu horreur des bas collant, du coup elle avait opté pour le porte-jarretelle, mais cela comportait d'autres complications. Pendant qu'elle enfilait consciencieusement ses bas et les fixait aux bandes qui les tiendraient par traction avec son corset, le professeur de métamorphose retira la serviette de ses cheveux et commença à les peigner avec soin.
« J'ai l'air d'une… » commença la rouquine en se voyant ainsi en sous-vêtement particulièrement aguicheurs à ses yeux.
« Je ne veux pas entendre ce mot ! » trancha l'aînée faisant taire immédiatement la jeune femme qui se recroquevilla un peu sur elle-même. « Et puis, on ne les verra pas sous ta robe, que je sache. »
« Oui » pensa-t-elle « Sauf si la jupe s'envole un peu trop haut ! Je suis une gourgandinne !»
Il en faudrait plus que les paroles rassurantes de la plus âgée pour qu'elle décide d'oublier ce qu'elle porterait sous sa robe. Elle repensa à la culotte gainante qu'elle avait mis l'année dernière et qui l'avait bien ennuyé toute la soirée, mais au moins elle ne s'était pas sentie l'âme d'une nymphomane. Elle soupira longuement avant de prendre le petit flacon de verni et de méticuleusement en étaler sur ses ongles parfaitement manucurés avec l'aide de la plus âgée. Les soins de beauté ce n'était décidément pas son truc. Elle termina sa petite peinture sur doigts au même moment où Minerva en terminait avec sa longue et épaisse chevelure rousse ramenée en une grande tresse qui reposait à présent sur son épaule gauche et maintenue dans cette position par un certain nombre de pince bec –et probablement un peu de magie aussi-. Sa longue mèche cachait en partie son front et disparaissait dans ses cheveux au-dessus de son sourcil gauche. Elle chercha longtemps après ses tâches de rousseurs qui de base étaient peu visible, mais qui avait désormais totalement disparu sous le fond de teint.
« Eh bien, je ne suis pas peu fière du résultat. » S'émerveilla McGonagall en plaquant ses mains l'une contre l'autre et les yeux pétillants d'étoile de fierté. Edelweiss devait le reconnaître, si on faisait exception de sa tenue inappropriée, elle se trouvait plutôt jolie. Ses cheveux étaient impeccablement disciplinés pour une fois et le maquillage était tout ce qu'il avait de plus simple, mais lumineux. « La robe maintenant, comme ça tu cesseras ton air d'enterrement. »
« Hey ! Je n'y peux rien moi, si je ne suis pas habituée à me balader avec des sous-vêtements pareil. On ne peut pas dire que ce soit pratique pour donner cours. Je suis serrée là-dedans. » La jeune sorcière se leva et tira un peu sur son corset noir pour tenter désespérément de le décoller de sa peau en se regardant dans le miroir. « Par les parties de Merlin ! Mes seins sont énormes !» s'étouffa-t-elle en voyant sa poitrine beaucoup trop remontée et mise en avant à son gout. Elle ressentit une tape sur sa cuisse droite et elle sursauta.
« Tu arrêtes maintenant, oui ? » Elle lui présenta la robe en écartant le tissu du haut. La jeune femme glissa ses longues jambes dedans et laissa la vieille dame remonter le vêtement pendant qu'elle passait ses bras dans les manches. « Cela ne t'arrive donc jamais d'avoir envie de te sentir sexy rien que pour toi-même ? »
La jeune femme fit une grimace en réfléchissant, avant de se rendre compte qu'en réalité, elle ne valait pas mieux que Severus. Elle le critiquait de ressembler à un prêtre à longueur de temps, alors qu'elle même se comportait comme une none en refusant catégoriquement de sortir des sentiers battus. Toutefois, à sa décharge, elle avait été si souvent brimer enfant et adolescente par les autres, qu'elle ne se trouvait ni jolie, ni attirante et par voie conséquente, elle ne se sentait pas le droit de se mettre en valeur. Toutes les fois où elle avait eu un petit coup de cœur pour quelque chose de plus osé que ses tenues habituelles, elle avait eu cette réflexion et s'était résigner à rester dans son carcan de petite fille modèle.
« Si, mais je n'avais jamais osé… Pas si fort ! J'ai déjà un corset, je vais mourir si tu sers davantage. » Elle avait presque oublié que l'arrière de sa robe se laçait également.
« Oh, j'en connais un qui se fera une joie de venir te sauver tel un preux chevalier. » La directrice des rouges et or desserra un peu les lacets de la robe et puis fit le tour de la jeune femme d'un air sérieux, à la recherche de la moindre imperfection.
« Plait-il ? » demanda alors la jeune femme en se tenant les bras écartés tant que le professeur de métamorphose ne lui donnerait pas l'autorisation de bouger.
« Allons, tu ne vas pas me dire que tu ne l'avais pas remarqué… » Devant la moue déconfite de la jeune femme, elle soupira et lissa davantage la jupe de la robe. « Severus. Il a bien changé depuis que tu le côtoie. En bien cela-dit et crois-moi je le connais depuis qu'il a onze ans. »
« Il a changé, je n'en disconviens pas, mais de là à supposer qu'il ressente quelque chose pour moi… » Elle avait encore un souvenir trop frais de s'être fait « rejeter » par lui en quelque sorte. En repensant à son comportement ce soir-là, ses joues s'empourprèrent et elle remercia le ciel que Minerva soit trop occupée à observer sa tenue pour le remarquer.
« Il est amoureux de toi et ça se voit comme le nez au milieu du visage. » McGonagall planta ses pupilles d'acier dans les yeux de la jeune femme.
« Mais ? » demanda la jeune femme en recollant ses bras lentement contre son corps.
« Mais… je pense qu'il n'a pas encore réussi à oublier son premier amour… Il lui faut du temps. Toutefois, je pense qu'il commence doucement à entrevoir la possibilité d'un renouveau affectif. » Minerva prit alors la boite en velours noir contenant le collier offert le matin même par la personne dont elle faisait mention. Elle l'ouvrit et le posa contre la gorge de la jeune femme. « Sinon, pourquoi t'aurait-il acheté ceci… Il a peur c'est tout. La jeune personne dont je faisais mention lui a briser le cœur et il est normale qu'il craigne que tu ne fasses pareil. »
« Oui, il faut dire que c'est totalement mon genre de jouer ce genre de jeu… » La jeune femme leva les yeux au ciel. « Je ne pourrais jamais lui faire de mal ou du moins, pas consciemment. » La jeune femme se reposa sur le tabouret capitonné et se saisi des boucles d'oreilles qu'elle avait achetées et entra en conflit avec ses oreilles pour les y accrocher. « Après, ce ne sont que des suppositions. Ce collier n'est qu'un collier après tout… entre amis, on peut se faire des cadeaux sans que cela ait une quelconque connotation. »
« Bien sûr, de cet acabit là c'est totalement innocent… » Elle leva les yeux au ciel à son tour et disparu derrière le paravent pour se changer, retirant sa robe de chambre à motif écossais. « Tu ne me fera pas croire que tu ne ressens rien pour lui. » Ses protestations s'étranglèrent dans sa gorge et elle soupira, à la fois parce qu'elle ne pouvait pas dire l'inverse et également parce qu'elle avait fini par venir à bout de ses boucles d'oreille.
« Je confesse qu'il me plait, oui. Malgré son sale foutu caractère et son aptitude à avoir l'air plus vieux qu'il ne l'est. Toutefois, j'ai de bonnes raisons de croire qu'il ne voudra jamais d'une gamine de dix-sept ans sa cadette. Raisons que je n'évoquerais pas. » Elle enfila alors ses chaussures à talons et attendit sagement le retour de son amie.
« Depuis quand l'âge est une barrière… » soupira la plus âgée en quittant son abri vêtu d'une robe éternellement noir, mais d'une distinction absolue qui seyait fort à McGonagall.
« Il y en a pour qui s'en est une et je n'ai plus envie de débattre à ce sujet. Nous allons finir par être en retard. » Elle fourra sa baguette sous sa jupe, coincée contre sa cuisse par une jarretière prévue à cette effet. Mesure de sécurité nécessaire selon Dumbledore.
« On se retrouve à la grande salle alors. » Conclu la plus âgée en posant son éternel chapeau pointu sur son indémodable chignon. Quant à Edelweiss, elle demeura un instant devant le miroir pour ajuster son étole sur ses bras nus et soupira en repensant aux paroles de Minerva. Il fallait peut-être qu'elle prenne les choses en mains après tout, elle doutait que Severus fasse quoi que ce soit dans ce sens. Son cadeau était peut-être un premier pas discret, mais vu ce qu'elle savait maintenant, la partie n'était pas gagnée d'avance !
Le directeur de Serpentard attendait patiemment au bas de l'escalier qui menait au premier étage, lieu donné du « rendez-vous » avec sa cavalière du jour. Il se demandait encore ce qui lui avait pris, mais au moins cela lui épargnait que Sinistra le lui demande encore une fois. Toutefois, les récents événements ne jouaient pas en la faveur de la frivolité de la situation, sans parler du fait que plus d'un risquait de se poser des questions en particulier parmi les élèves et le professeur de potion avait une réputation à tenir. Par Morgane, qu'est-ce qui lui avait pris de faire ça !
« Severus, vous m'épatez là ! » le surpris la voix de sa collègue directrice de la maison adverse. Il se retourna dans un mouvement de manteau noir et la fixa en levant un sourcil. Ce faisant, Minerva pu d'avantage apprécier le changement de tenue provisoire de son ancien élève. Elle restait somme toute très sombre, un grand manteau noir qui lui descendait aux genoux, sur une chemise blanche attachée au col haut par un foulard bleu nuit et un gilet dont elle ne savait s'il était bleu nuit ou noir. Pour le reste, ses cheveux demeuraient lâchés sur ses épaules, sans doute dans une volonté de faire un effort, mais pas trop quand même. Toutefois, ils n'avaient pas l'air graisseux habituels. « Très classique, mais au combien changeant ! » s'émerveilla encore la plus âgé, provoquant un soupire de frustration chez l'ancien Mangemort. « Qu'est-ce qui vous a décidé ? La probabilité qu'Ombrage vous fasse remarquer que vous n'étiez pas dans le thème ou la volonté d'impressionner une jeune personne en particulier ? » Elle s'approcha de Rogue et ajusta un peu sa tenue, lissant quelques plis à peine visible.
« Je ne vois pas de quoi vous voulez parler, Minerva. » siffla-t-il entre ses dents serrées. S'il y avait bien quelqu'un dont il se fichait de l'avis, c'était bien Dolores Ombrage. Cependant, cela le reconnaître signifiait qu'il devait admettre la seconde hypothèse et il n'était pas prêt à cela, pas encore. Bien sûr, qu'il avait fait un effort pour plaire à Edelweiss, pour quoi d'autre sinon ? Cela aurait été mentir de dire qu'il avait aussi songé à venir vêtu exactement comme à son habitude, mais de quoi aurait-il eut l'air à côté de la jeune femme finement apprêté ? McGonagall lui adressa un regard amusé couplé à une petite lueur malicieuse dans les yeux, qui signifiait qu'il ne fallait pas la lui faire à l'envers. Terminant de balayer les épaules de son ancien élève, elle conclut.
« Nous dirons donc que c'est pour éviter les foudres de la grande inquisitrice. » Elle réajusta le nœud du foulard en soie qui enserrait le coup de l'homme. « Toutefois, j'espère que vous allez vous décider, avant qu'elle ne vous refile entre les doigts. Vous êtes impossible lorsque vous êtes jaloux. » murmura-t-elle pour que lui seul l'entende. Ce qui eut pour effet de faire grincer des dents le professeur de potions qui s'apprêta à répliquer, mais Minerva le coupa dans son élan. « Ah, la voilà. Je vous laisse. À tout de suite. » Et la sous-directrice s'en fut sans un mot de plus dans un froissement de robe et en arborant un sourire des plus satisfaits.
Severus détourna alors son regard vers l'escalier en haut duquel le professeur intérimaire de soins aux créatures magiques venait d'apparaître. Son cœur manqua réellement un battement devant cette vision toute divine à ses pauvres yeux de mortels. Il aurait jugé de fou toute personne ayant osé dire qu'elle n'était pas radieuse. Edelweiss était vêtue d'une longue robe de bal à col bateau en satin vert émeraude, couverte de broderie argenté à motifs floraux à partir de la taille, s'étendant sur les courtes manches et surchargeant le col, les manhes de façon à ce qu'on ait l'impression que c'était une robe à bustier. La jupe était recouverte d'une couche de tulle aussi verte pour donner au tout un effet plus vaporeux. Le vert était décidemment une couleur qui seyait parfaitement à la jeune femme, rehaussant la couleur de ses flamboyants cheveux, pourtant sagement discipliné et le teint de porcelaine qui lui était naturel. Presque parvenue au bas des escaliers - ce qui était un exercice périlleux avec ses escarpins en mue de serpent qu'elle portait en dessous de sa robe – le Serpentard du duo lui tendit une main pour l'aider à franchir les derniers obstacles. Il porta ensuite celle-ci à ses lèvres et les y déposa en parfait chevalier servant.
« C'est tellement… Serpentard cette tenue. » finit-il par dire en décrochant un vrai sourire à la jeune femme, presque charmeur.
« C'est ce que j'ai dit à Minerva, qui m'a rétorqué qu'on s'en moquait bien. Tu doutes encore de tes goûts en matière de robe de bal ? » Severus haussa un sourcil interrogateur, ce qui fit rire la jeune femme. « Tu m'avais conseillé, la verte, la bleue ou la rouge bordeaux. » Revoyant la scène, il leva les yeux au ciel avant de se joindre à son hilarité.
« Tu es… magnifique. Et je ne dis pas ça parce que tu as du sang de vélane. Tu es aussi magnifique à l'intérieur qu'à l'extérieur, Edelweiss. » La sorcière piqua un fard sous son fond de teint et fixa ses pieds invisibles sous sa robe. Les compliments n'étaient pas chose commune dans son passé et même dans le présent, elle avait du mal à s'y faire. Encore plus venant d'un homme qu'elle admirait autant et dont elle était certainement en train de tomber amoureuse. Et c'était bien là, tout le drame. « Tu l'as mis… » constata l'homme en désignant du doigt le collier offert un peu plus tôt dans la journée. Edelweiss releva alors la tête et serra sa main autour du pendentif en cristal.
« Bien sûr… malgré que je désapprouve ta façon de faire et la valeur de ce bijou… » Elle étouffa sa question dans le fond de sa gorge, jugeant au regard noir qu'il lui lançait que ce n'était pas le moment de faire la moindre réflexion quant à son inclination pour elle, soi-disant visible comme le nez au milieu de la figure d'après McGonagall. Elle remonta sur une marche et lui intima de lui tourner le dos, sur un ton qui ne souffrait aucune protestation. Elle resta cependant surprise qu'il lui obéisse aussi facilement. La jeune femme lui glissa alors autour du cou la chaine avec le serpent en argent qu'elle avait acheté une paire d'heure avant le bal. « Il n'y a aucune raison valable à ce que tu sois celui qui offre sa protection uniquement. Tu n'auras qu'à le caché. » Elle posa un baiser sur la joue offerte et la frotta ensuite pour effacer toute trace de rouge à lèvre. Le Serpentard posa les yeux sur le bijou avant de le rentrer sous sa chemise avec un léger sourire en coin.
« Merci. » Fut tout ce qu'il trouva à dire avant de présenter son bras à sa partenaire du soir pour rejoindre la grande salle avant qu'ils ne soient attrapé par les élèves dans un spectacle qui risquait fort de mettre à mal sa réputation de la chauve-souris des cachots.
Malgré quelques appréhensions, les deux professeurs parvinrent à arriver à destination avant l'arrivée du flot d'élèves. Cela n'avait rien de comparable au bal de Noël du tournoi des Trois Sorcier, c'était plus simpliste peut-être, ce qui ne dérrangeait pas le moins du monde les gens présents. Au moins, on n'était pas écrasé les uns par les autres. La grande table des professeurs trônait toujours à sa place, bien que repousser vers le fond et couverte de mets à l'odeur alléchante. Sur les quatres tables des élèves, deux étaient présentes chacune poussée contre les murs pour faire elles aussi office de buffet. D'autres tables plus petites étaient dispersée dans l'espace entre les géantes de bois avec des chaises, pour que les élèves puissent s'asseoir entre deux pas de danse. Filius Flitwick se chargerait une fois encore de la musique cette année et la jeune femme doutait fortement qu'avec Ombrage à la tête de ce bal, les élèves aient droit à autre chose qu'à des morceaux très classiques. En parlant du chaperon rose, celle-ci se tenait auprès du directeur dans une robe toujours aussi rose et hideuse. En fait, Edelweiss reconnu la robe qu'elle avait essayé pour se divertir avec Minerva et du donc étouffé un rire en serrant les dents ainsi que ses doigts sur l'étole vers qui lui ceignait les bras. Elle n'était d'ailleurs pas la seule, puisque l'aînée en question tentait de rester parfaitement impassible, pour la même raison. La grand inquisitrice fit appel au silence pour faire son annonce de début de bal avec le directeur.
« Bienvenue à vous à ce petit bal de Noël, où nous l'espérons vous vous amuserez autant que nous. » Edelweiss leva les yeux au ciel, rien que l'aspect guindé qu'ils devaient tous prendre sous couvert de bienséance, laissait présagé que ce serait probablement un nouveau cauchemar.
« Sur ces bonnes paroles. » intervient alors Albus Dumbledore. « Que le bal soit ouvert. J'invite les professeurs et les préfets à ouvrir le bal. » Il tendit obligeament sa main à Dolores Ombrage qui la saisi avec un grand sourire hypocrite.
« Par Merlin… il va me falloir un verre après ça. » Marmonna Severus en tendant sa main à sa cavalière.
« Moi aussi… et peut-être pas qu'un. » Son sang s'était gelé dans ses veines lorsqu'elle avait entendu les paroles du directeur. Non seulement, elle avait espéré échapper à la danse toute la soirée, mais elle était maintenant catapulter au-devant la scène. Pourtant, quelqu'un la poussa gentimment dans le dos pour qu'elle réagisse et se saisisse de la main du directeur de Serpentard qui l'entraîna sur la piste de danse. Au première mesure de musique, elle comprit que l'exercice serait la valse et la nausée lui vient alors. « Je ne sais pas danser ça. » siffla-t-elle entre ses dents.
« Bien sûr que si… Laisse-toi aller. » À peine eut-il fini de parler qu'il l'entraîna dans l'enchevêtrement de pas compliquer de la valse. Se laisser aller ? Elle avait un très mauvais souvenir de ce qui s'était passer quand elle s'était laissé aller la dernière fois. Pourtant, c'est exactement ce qu'elle fit pour ne pas parraître ridicule à se battre contre son cavalier à qui revenait la tâche de mener la danse. Au fur et à mesure, la piste de danse se remplit et elle réussi enfin à se détendre, convaincu que personne ne ferait attention à elle au milieu de la foule. Elle n'était pas dupe, combien d'élèves avaient dû être surprise de voir leur aigri professeur de potions danser ? Surprise encore accentuer quant au choix de sa partenaire et que celle-ci ai accepté aussi facilement. Cela risquait de faire la une des commérages estudiatins pendant un moment. La première danse finie, elle soupira de soulagement et retourna prestement à la table de professeur pour remplir deux coupes de vins et en donner une à son partenaire. Dans sa tête, le plus dur était passé, elle pourrait passer la soirée assise sur sa chaise en attendant qu'elle passe, en discutant avec Severus ou n'importe quel autre professeur.
« Miss Devonshire, me ferez-vous l'honneur ? » raisonna la voix du directeur à ses oreilles. Elle hurla dans son fort intérieur, mais se contenta de sourire avant de poser son verre et de donner sa main à Albus.
« Bien sûr, monsieur le Directeur… » Alors qu'il l'entraînait à nouveau vers la piste de danse, la jeune femme fit une grimmace à Severus pour lui faire comprendre qu'elle allait mourir sous peu. Ce dernier étouffa un rire et profita de se répit pour s'asseoir en regardant d'un œil rieur la scène se dérouler.
« Si vous croyez y échapper, Severus… » Minerva entra dans son champ de vision et il soupira en se relevant.
« C'est uniquement pour ne pas ternir ma réputation. » grinça-t-il en tendant sa main à la directrice des Gryffondors.
« Bien entendu, vous pensiez que c'était pour autre chose ? » railla-t-elle en rejoignant les danseurs. « Pour vous sauver également du grappin d'Ombrage. »
La soirée se poursuivit, étonnement Albus avait réussi à convaincre l'Inquisitrice de mêler des morceaux de musiques très classiques à d'autres plus contemporain, en cachant bien sûr qu'un grand nombre venait du monde Moldu. Aucun détracteur des moldus ne fit d'ailleurs de commentaire, bien trop heureux d'avoir droit à autre choses qu'aux valses de Strauss et autres vieilleries à leurs yeux. Toutefois, Edelweiss fit tout ce qu'elle put pour échapper à la piste de danse pendant un long moment. De discussion en sustentation alimentaire en passant par quelques verres, elle y réussissait plutôt bien pour le moment. Elle n'était pas la seule à user de ce stratagème d'ailleurs, Severus œuvrait de même arguant à de nombreuses reprises qu'il devait aller surveiller les élèves dans le couloir. Au fur et à mesure du temps, la grande salle se vidait de ses invités, élèves et professeurs comprit. La jeune rousse se leva de sa chaise pour récupérer son étole qu'elle avait déposé un peu plus loin lorsque quelqu'un lui prit la main et la força silencieusement à se retourner.
« Tu m'accorde cette danse ? » lança la voix suave et chaude du maître des potions, telle une douce caresse presque trop sensuelle sur sa peau. Ou alors c'était à cause de l'alcool qu'elle avait ingurgité durant la soirée.
« Oui… » fût tout ce qu'elle trouva à répondre encore sous le charme de la façon dont il le lui avait demandé. Attirée vers la piste presque déserte, ses yeux se promenèrent sur l'assemblée où ne se tenait plus que Minerva avec Albus et quelques autres professeurs qui pour l'occasion avait pu convié leurs maris ou partenaires de vie. De rares élèves plus âgé se trémoussaient encore sur la piste, mais souvent bien plus occupé à s'étreindre romantiquement qu'à se préoccuper de ce qui les entourait. La sorcière se laissa entraînée dans cette nouvelle danse et fût surprise par le choix de la chanson en elle-même. La voix rauque du chanteur raisonna dans le vieux tourne disque et elle s'accrocha désespérément à ses paroles.
Regarde dans mes yeux, tu verras
Ce que tu représentes pour moi
Cherche dans ton coeur, cherche dans ton âme
Et quand tu m'y trouveras tu ne chercheras plus
Ne me dis pas que ça ne vaut pas la peine qu'on essaye
Tu ne peux pas me dire que ça ne vaut pas la peine qu'on
meurt
Tu sais, c'est vrai
Tout ce que je fais, je le fais pour toi
Sa main posée sur l'épaule de Severus se resserra sur le tissu de sa veste, le souffle semblait lui manqué. Ses prunelles lapis lazuli ne décrochait pas des obsidiennes de son partenaire, veine tentative de faire passer le message de la détresse de son cœur. Comme une réponse, comme un écho à cela, la main de l'homme posé sur sa taille glissa dans son dos, possessive et jalouse d'avoir été laisser si sagement là en spectatrice alors qu'elle en espérait plus.
Regarde dans ton coeur, tu trouveras
Qu'il n'y a rien à cacher
Prends-moi comme je suis, prends ma vie
Je donnerai tout, je me sacrifierai
Ne me dis pas que ça ne vaut pas la peine qu'on se batte
Je ne peux pas m'en empêcher, il n'y a rien que je veuille
plus
Tu sais, c'est vrai
Tout ce que je fais, je le fais pour toi
La mince distance qui les séparait fût bientôt réduite à néant, le corps de la jeune femme retrouvant la place qu'il voulait réclamer comme sienne contre celui de l'homme sombre. Il n'eut aucun geste, aucun mouvement pour l'en empêcher, il l'accueillit même avec un certain soulagement. Et pourtant, dans sa tête c'était mal, tellement inconvenant et immoral. Ses yeux cherchèrent un instant une tache rose dans le décor, ses lèvres s'entrouvrir pour retrouver l'air qu'il avait cessé de respirer un instant en découvrant que Dolores Ombrage n'était plus dans la salle.
Il n'y a pas d'amour, comme ton amour
Et aucune autre, ne pourrait m'en donner plus
Il n'existe pas d'endroit, à moins que tu y sois
Tout le temps, partout
Oh tu ne peux pas me dire que ça ne vaut pas la peine qu'on
essaye
Je ne peux pas m'en empêcher, il n'y a rien que je veuille
plus
Je me battrai pour toi, je mentirai pour toi
Je marcherai sur un fil pour toi, oui je mourrai pour toi
À son tour, Severus eut l'impression d'être mis à nu par les paroles de la chanson qui raisonnait à ses oreilles et qui trouvait en son cœur un écho, une sœur jumelle. Il n'était sûr que d'une seule chose, c'est qu'il ne la méritait pas. Ni elle, ni la rédemption qu'elle pouvait lui offrir, qu'elle lui tendait en réalité désespérément en espérant qu'il y réponde. La tête de la rouquine reposait à présent contre son cou, le menton sur son épaule et elle tenait bon pour ne pas pleurer en comprenant qu'elle était perdue dans les méandres d'un amour qu'il ne voulait pas lui rendre. Cela n'avait rien avoir avec cette pseudo affection pour le neveu du tenancier de la boutique de Pré-au-Lard. C'était chaleureux, dévorant, mais tout aussi douloureux qu'un coup de poing dans l'estomac. Oui, il la tenait aussi fort qu'elle le rendait prisonnier de son étreinte à cet instant, mais combien de temps avant qu'il ne s'enfuit de nouveau. Elle ferma les yeux, priant tout ce qui pouvait être prier pour quelques minutes encore dans ses bras.
Tu sais, c'est vrai
Tout ce que je fais, je le fais pour toi.
Et la musique mourut aussi certainement que ce moment allait s'éteindre. Persuadée qu'elle était que la vie reprendrait comme ce matin, avec cette même distance polie entre eux. Avec ses hauts et ses bas. Quelqu'un devait bien rire là-haut de la voir si vulnérable et désespérée. Peut-être que c'était pour un mieux, peut-être que c'était lui qui avait raison après tout. Que dirait ses parents s'ils savaient ? Sa mère la consolerait sans doute, mais tenterait de lui faire entendre qu'il est trop âgé pour elle. Son père en ferait de même, mais préférerait argumenter que ce n'est pas un homme pour elle avec son passé.
« Edelweiss… » la voix de l'homme caressa sans le vouloir à nouveau sa peau et fit parcourir un frisson le long de son échine. Non, qu'il se taise priait-elle.
« Non… je ne veux pas t'entendre. » lança-t-elle dans le désespoir de sa cause perdue. Une seconde, puis une autres et elle finit par se redresser et l'accuser du regard. « Pourquoi tu ne veux pas essayer ? »
Désarçonner, l'ancien Mangemort ne sût que répondre et se contenta de l'emmener dans une nouvelle série de pas de valse alors que la musique reprenait de plus belle. Que dire ? Que faire ? Il serait tellement plus simple de céder à la tentation, mais pouvait-il réellement risquer de trouver un peu de bonheur ? Pouvait-il lui voler sa jeunesse en acceptant ? Se risquerait-il dans une folle passion qui une fois consumée lui verrait tourner les talons ? Il avait déjà souffert par amour, une fois.
« Je suis trop vieux pour toi. Ne gâche pas ta jeunesse avec moi. » trancha-t-il en tentant de fuir ses yeux lapis-lazuli qui s'obscurcissait dans un brouillard de colère.
« Dix-sept ans, Severus. C'est tout ce qui nous sépare et je m'en moque totalement ! Ce n'est pas comme si tu avais le double de mon âge et de toute façon, c'est une excuse bien trop facile ! » siffla-t-elle entre ses dents.
« Tu ne sais rien de moi… J'ai fait des choses qui te ferais frémir et te donnerais de cauchemar. » Il la fit tourner sur elle-même avant de reprendre possession de sa taille.
« J'en sais suffisamment. J'ai bien conscience de danser avec le diable et que cette passion est un blasphème, mais je préfère franchir les portes de l'enfer que de couper les liens qui me lie à toi. Tu as sans doute l'impression que tu ne franchiras jamais les portes du paradis, alors laisse-moi éclairer ton enfer. J'obscurcirais mon paradis pour toi. Je me brûlerais les ailes. Tu le sais très bien… » plaida-t-elle en ne le lâchant pas des yeux.
« Tout ce que tu fais, tu le fais pour moi… j'ai bien compris…Tes yeux parlent plus que tu ne peux l'imaginer. » Il se tût un instant, appréciant le calme de la valse avant de reprendre. « Je ne te mérite pas, Edelweiss… je te ferais souffrir un jour où l'autre… Et je ne me le pardonnerais jamais… »
« J'ai toujours trouver qu'il y avait quelque chose de beau dans la souffrance… quelque chose qui nous rend plus humain… » murmura-t-elle avant de baisser les yeux pour fixer le foulard sombre qui entourait la gorge de l'homme. C'est seulement à ce moment-là, qu'elle reconnut la musique qui se jouait dans la salle. Elle connaissait ces pas, elle connaissait cette sensation et ces mesures. La valse du bal de Noël du tournois des trois sorciers. Brusquement, elle releva la tête pour regarder Severus. Au même moment, un rayon de lumière traversa les yeux d'obsidienne de son aimé et elle eut l'impression de se noyé. Là sous ses yeux, elle vit pour la première fois que les yeux du maître des potions n'étaient pas noir, mais bleu nuit…
Ahahahaha suspens suspens!
Il est enfin entre vos petites mains ce chapitre 16, ce chapitre du bal de Noël. Qui n'est sans doute pas comme vous l'espériez n'est-ce pas? On a eu des différents lui et moi.
Soit, quelques petites mots pour vous remercier déjà de votre assiduité à la lecture de cette petite fiction qui est devenu bien grande. J'annonce effectivement que j'en suis à 101 pages sur word! *je m'évanoui* Et c'est loin d'être terminer.
Ensuite, pour la fameuse chanson du bal, je pense que certain(e)s auront reconnu la magnifique chanson de Bryan Adams : Everything I do I do it for you. Pourquoi elle? D'abord, elle est sortie en 1991 donc elle collait avec l'époque actuelle. Ensuite, les paroles parlaient vraiment pour ces deux personnages et c'était sans doute la raison la plus importante. Elle fait partie du film Robin des Bois, prince des voleurs, dans lequel Alan Rickman interprète le terrifiant shérif de Nottingham et je voulais lui rendre hommage à travers cela. C'est ce film qui m'a fait découvrir cet acteur que j'idolâtrerais toute ma vie. Pour terminer, Bryan Adams est probablement un des chanteurs que j'affectionne le plus.
Pour conclure, j'annonce qu'une nouvelle fiction verra le jour bientôt (une fois que j'aurais 2-3 chapitre) et qu'elle sera intimement liée à celle-ci. Petite indice? La team Amour va adoré!
