Chapitre 21 : Call my name…
La terreur des cachots n'avait sans doute jamais aussi bien porté son nom qu'en ces derniers jours. Aucun élève n'osait cependant se plaindre et remisait la mauvaise humeur permanente du maître des potions sur le compte d'un mauvais Noël ou simplement sur l'idée même qu'il devenait encore plus mauvais avec l'âge. Ceux qui pouvaient se vanter de bien le connaître cependant, trouvaient une toute autre explication. Albus n'avait pas cessé de lui rabâcher les oreilles sur le fait qu'il s'était mis à la torture tout seul. Après tout, qu'attendait-il pour réparer les dégâts ? Il avait beau clamer haut et fort qu'il ne voulait pas de cette relation, au plus profond de lui c'était bien évidemment le contraire. Rogue pensait également que la jeune femme ne voulait plus rien avoir à faire avec lui, jusqu'à ce qu'il ait reçu un cadeau d'anniversaire. Alors, tout c'était chamboulé dans son cerveau déjà durement mis à mal par ces derniers mois. Sacro-sainte torture… Il devait agir, mais il l'avait fait avec du retard d'après le directeur, préférant utiliser une voie détournée et attendre la fin de la session d'examens de la rouquine. Il n'avait plus qu'à espérer avoir réussi à convaincre le fléreur avec assez de persuasion pour que ce dernier remplisse sa mission. Alors qu'il y repensait, il trouva soudainement que cela avait été l'idée la plus stupide qu'il ait eu de sa vie. Certes, au moins elle pourrait voir par elle-même la vérité, sans artifices, ni vaines tentatives de dissimulation, mais elle verrait également que sa faiblesse était bien plus ancienne qu'il ne l'avouerait jamais. Oui, il en avait marre que le vieux fou de directeur ait toujours raison ! Elle pourrait tout aussi bien se mettre davantage encore en colère en apprenant que c'était d'abord sa ressemblance –aussi mince soit-elle – avec Lily qui l'avait poussé à s'intéresser à elle. Edelweiss restait une demoiselle fière et indépendante quoi qu'on en dise, alors se faire comparer à quelqu'un qu'elle ne connaîtrait jamais pouvait la mettre hors d'elle.
Quittant ses noires pensées, il tomba nez-à-nez avec un élève de Poufsouffle passablement terrorisé de la présence de son professeur honni. Severus fronça les sourcils en remarquant l'endroit où ses pas l'avait mené sans s'en rendre compte, c'est-à-dire devant les cuisines. Il n'avait jamais fait sa ronde avec aussi peu de sérieux, pour peu il s'engueulerait lui-même s'il n'avait pas justement une pauvre victime à martyriser. « Peut-on savoir, ce que vous faites encore debout et dans les couloirs par cette heure tardive, monsieur Johnson ? » questionna-t-il avec la ferme intention de retirer un beau petit nombre de point dès que le jeune homme se serait justifier, bien qu'il n'en ait pas besoin. Le garçon en question tenait encore dans ses mains les reliefs d'un repas tardif et les traces de chocolat autour de sa bouche en disait encore plus long.
« Je… je… » bégaya le jeune jaune et noir, ce qui exaspéra grandement le maître des cachots qui l'arrêta d'une main impérieusement levée.
« Vingt points en moins pour Poufsouffle et maintenant retourner dans votre dortoir… Au pas de course ! » Et le garçon disparu aussi vite que ses petites jambes courtes lui permettaient au grand plaisir de l'ancien mangemort. Lui-même décida de reprendre le chemin des cachots, l'esprit désormais plus serein. Il fit même un léger détour pour éviter de croiser Argus Rusard, peu envie de l'entendre encore se plaindre des élèves ou ses éloges concernant Ombrage. Ce dernier point surtout lui serait particulièrement insupportable et gâcherait sa petite satisfaction personnelle d'avoir retiré des points à un élève.
« Ah vous voilà ! » commenta le portrait de Salazar Serpentard, jeune et fringuant, qui gardait depuis des lustres l'entrée de ses appartements. « Je ne voudrais pas parraître discourtois, mais je ne suis pas un hibou ! Vous direz à votre amie que c'est la dernière fois que je me charge de vous délivrer un message. Cette jeunesse n'a plus aucun respect pour les anciens. De mon temps, on n'aurait jamais… »
« Amie ? Qui vous a donné un message à me transmettre ? » Severus haussa un sourcil particulièrement perplexe. Non, recevoir des messages n'était vraiment pas quelque chose de commun pour lui et encore moins par le biais de son tableau.
« La rousse, qui d'autres ! Elle a d'ailleurs de la chance d'être particulièrement belle et polie, sinon croyez bien que je l'aurais envoyé voir chez Merlin si je n'y étais pas. » continua de ralé le portrait visiblement courroucé. « Vous ne voudriez pas, par le plus grand des hasards, vous décidez à vous mettre ensemble vous deux ? Non, vraiment cela n'arrangerait pas mal de monde. »
« J'y songerais, mais puis-je, ô grand fondateur de ma maison, avoir ce message ? » demanda le locataire des cachots d'une voix doucereuse et rempli de modestie qui ne lui était pas commune.
« Certes, certes… » le portrait s'éclaircit la voix en toussotant avant de poursuivre. « Mademoiselle Devonshire présente ses respects au professeur Rogue et l'informe qu'elle a bien reçu son colis. Elle passera en discuter avec vous demain. De même, elle tient à vous faire part de son absence du château pour motif urgent. Elle se trouve présentement à Pré-au-Lard avec le détestable personnage que vous savez et elle tenait à ce que vous le sachiez au cas où quelque chose de fâcheux arriverait. » Rogue haussa un sourcil, ravalant ses sentiments négatifs comme la colère et la jalousie. Se pourrait-il que la Serdaigle commette une erreur aussi stupide que de retourner dans une relation avec l'imbécile aux yeux bleus ? L'homme sombre croisa les bras sur son torse.
« Que pourrait-il bien arrivé de fâcheux ? » Lança-t-il de manière rhétorique.
« Cela par exemple... » commenta le portrait en pointant du doigt une source lumineuse à sa droite, mais à la gauche du professeur de potion. Ce dernier eu alors un mouvement de recul en découvrant un patronus en forme de loup s'approchant à grande allure. La forme fantomatique s'arrêta à quelques pas de lui et transperçant le silence latent, le cri d'une femme en détresse émanant de l'animal. L'instant d'après, le loup s'était volatilisé. À quel moment s'était-il mit à courir dans les couloirs ? Il n'avait même pas eu le temps de s'en rendre compte, comme si son corps avait décidé pour lui, tel un instinct plus qu'animal. Croisant le vieux concierge, il lui hurla quelque chose au visage qui eu au moins l'effet sans doute attendu. Rusard s'en alla en courrant vers les escaliers, alors que Rogue filait à toutes jambes en direction de la zone de transplanage de l'école.
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Edelweiss venait de transplaner avec Amour sur les épaules. Ce dernier semblait particulièrement contrarié, n'ayant pas réussi à convaincre sa propriétaire de ne pas se rendre à la boutique de soins aux créatures magiques de Pré-au-Lard. Le fléreur aurait très bien pu rester à Poudlard, mais son instinct lui avait siffler aux oreilles de ne pas laisser la jeune femme partir seule. Dans son regard émeraude se lisait encore toute l'exaspération que cette escapade nocturne faisait naître en lui. La rousse regarda tout autour d'elle avant de s'engouffrer dans la rue perpendiculaire à la grande avenue, tout le monde dormait sans aucun doute, car il n'y avait pas l'ombre d'un chat dans les parages. Le félin poussa un nouveau miaulement pour signifier son mécontentement. La sorcière passa une main dans sa fourrure pour le faire taire. « Arrête, Amour. Nous n'en avons pas pour longtemps. »
Chez Felix Creatura, une simple chandelle illuminait encore la boutique depuis le comptoir. La demoiselle poussa alors la porte et entra dans les lieux familiers. Amour, quant à lui, descendit d'un bond souple de son perchoir pour rejoindre le sol et aller se poster dans un coin sombre. « Alesto ? » Appela-t-elle d'une voix peu assurée par la demi pénombre dans laquelle, elle évoluait. Dans bruit sec d'échelle coulissante, elle le vit apparaître au sommet d'une des grandes étagères, son éternel sourire éclatant aux lèvre. « Tu m'as fait peur, idiot ! » Dit-elle en posant machinalement sa main au niveau de sa gorge, encore émue par la surprise. Une fois qu'elle eut repris ses esprits, elle le questionna : « Alors, que ce passe-t-il ? »
Le jeune homme descendit la rejoindre et lui prit la main en la tirant vers la porte. « Vient, ce n'est pas ici que ça se passe. » Le froid de l'hiver glissa à nouveau sur le visage de la Serdaigle qui tenta de dégagé son poignet de la poigne de fer de son ex petit-ami.
« Explique moi, bon sang ! » Mais rien n'y fit, elle était emportée à travers la rue en direction de la cabane hurlante et ce malgré ses protestations.. « Alesto, lâche-moi ! » Elle ne vit pas le coup venir avant que le poing de son assaillant ne percute sa pommette droite, lui faisant voir trente-six chandelles. Lorsqu'elle reprit partiellement ses esprits, elle comprit que quelque chose ne tournait pas rond et la peur la saisi au ventre lorsqu'elle vit l'amusement dans le regard océan qui lui faisait face.
« Tu es tellement naïve, Edelweiss... C'était presque trop facile. » Un nouveau coup la fit chancelée et tomber à genou dans la neige immaculée. Un bruit de glissement lui fit comprendre qu'il sortait sa baguette de sa manche et elle ferma les yeux. « En... » L'homme ne finit pas son incantation, interrompu par le rugissement un peu minable du fléreur hors de lui qui lui sauta au visage pour défendre sa maîtresse toutes griffes et dents dehors. Le professeur intérimaire se releva et chercha un moment comment intervenir, encore sonnée par les coups reçus. En croisant le regard de l'animal qui lui hurlait littéralement de fuir, la jeune femme fit demi-tour en direction de Pré-au-Lard en courant aussi vite qu'elle le pouvait. Le vent lui sifflait dans les oreilles et elle entendit derrière elle le bruit caractéristique de sorts lancé vers une cible. Les larmes se mirent alors à lui brouiller la vue, mais elle courrait. Machinalement, elle sortit sa baguette et la pointa en direction de l'école et invoqua son patronus qu'elle vit s'envoler vers sa destination en espérant que quelqu'un le verrait. Elle trébucha une première fois, avant de se relever et de reprendre sa course le souffle court et l'esprit encore ailleurs. Elle s'arrêta derrière un énorme chêne et referma ses doigts avec conviction sur sa baguette. La Serdaigle n'arrivait pas à croire qu'elle avait abandonné son animal aussi facilement, elle ne pouvait pas le laisser aux mains de cet abjecte personnage, il demeurait tout ce qu'elle avait de plus précieux. Elle inspira profondément et décida de retourner en arrière pour retrouver Amour, même si elle ne devait retrouver que son cadavre !
Le plus doucement possible, elle se glissa d'un arbre à l'autre l'oreille aux aguets et baguette levée vers le lieu de son agression. Lorsqu'elle fût à destination, elle ne trouva que quelques traces de sang et la couche de neige portant encore la forme de sa chute et du combat entre l'ancien Serpentard et le fléreur. « Amour...» Appela-t-elle à mi-voix une première fois. Elle se redressa en entendant la neige craquer légèrement autour d'elle. « Amour ? » demanda-t-elle maladroitement en distinguant dans la pénombre deux yeux qui la fixait. Mais ce ne fût pas le fléreur qui s'avança vers elle, mais la silhouette plus massive d'un courgar. L'animal lui bondit alors dessus, la plaquant alors au sol, labourant ses chairs de ses griffes, créant sur son corps de multiples plaies béantes pendant qu'elle se débattait en vain. Le fauve mordit alors son avant-bras qui tenait sa baguette, de façon à ce qu'elle la lâche, faisant couler son sang avec encore plus d'insistance, l'artère probablement percée. Le hurlement de la jeune sorcière déchira le calme de la nuit et quelque part au loin, son patronus disparu. Le poids du fauve changea et lorsqu'elle osa posé ses yeux sur lui, il était redevenu humain. « Tu es... » commença-t-elle effrayé par la vision d'Alesto, la bouche encore entourée de sang et de son sang à lui qui gouttait encore de par les lacérations causées par Amour.
« Endoloris ! » Et le corps de la jeune femme sembla se tordre en tous sens, elle avait l'impression que ses os se fracturaient les uns après les autres dans l'unique but de la faire souffrir. Ses cris raisonnèrent un moment à ses oreilles avant qu'ils ne cessent et pourtant la douleur était toujours là, ravageant son corps et mettant à mal sa conscience. Lorsque le mal disparu, de nouvelles larmes coulèrent de ses yeux, se transformant rapidement en traînée glacée autour de ses yeux. Incapable de se relever à cause de la perte de sang et du sortilège de torture qui lui avait imposé, elle ne voulait pas encore se résigné. Une douce caresse glacée sur le bout de son nez l'informa qu'il s'était remis à neiger et la douleur recommença de plus belle encore et encore. À mesure que son corps s'engourdissait à cause du froid et du la perte de sang, elle luttait pour rester éveillée, priant pour que quelqu'un intervienne. Avant de fermer les yeux, elle murmura : « Severus... » Elle allait mourir, de cela elle était à présent convaincue et elle ne le reverrait plus. Et la douleur la reprit encore plus violement, Alesto pesta, mais elle ne l'entendait déjà plus. Il ne restait que le noir. Un noir apaisant qui fit disparaître la douleur et le froid. Qui fit tout disparaître.
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Dans un craquement sonore et une envolée de cape, Severus Rogue apparu non loin de la boutique tenue par son ancien élève. Sans faire dans le détails, il poussa la porte et trouva l'endroit déserté de toute vie et lumière. « Lumos. » Le maître des potions entreprit de détecter une quelconque forme de vie, mais rien. La battice toute entière était apparemment vide. Il quitta les lieux d'un pas pressé et s'engagea dans la rue en direction de l'avenue principal quand un bruit attira son attention à l'autre bout de la petite rue. Baguette à la main, il s'approcha prudemment du renfoncement sombre, paré à contrer une attaque quand il étouffa de justesse un cri de stupeur. « Amour ! » Il rangea sa baguette et s'agenouilla auprès du fléreur blessé qui l'appelait avec la force du désespoir. Retira sa cape, il en arracha un morceau pour faire un pansement de fortune autour de la plaie béante à la cuisse du félin. « Ça va aller... » Il enveloppa ensuite le petit corps dans le reste du tissus et le prit dans ses bras, serrant l'animal contre sa poitrine. « Où est, Edelweiss ? » Le petit animal tourna la tête dans la direction qu'il savait la bonne et poussa un miaulement rauque qui ne cachait pas sa douleur. Machinalement, le maître des potions se mit en route, marchant le plus vite qu'il le pouvait, gêné par la neige au sol et celle qui s'était remise à tomber. « Pour une fois, Albus, dépêchez-vous d'apparaître ! » maugréa-t-il.
Combien de temps avait-il marcher dans la neige ? Trop selon lui. Chaque seconde qui le séparait de son but était autant de couteaux qui lui transperçaient le cœur. Le froid, l'humidité, cela il pouvait le supporter, mais l'idée de ce que ce fils du diable faisait subir à la jeune femme pendant qu'il se battait contre les éléments lui était détestable. Soudain, il entendit une voix. « C'est pour lui que tu m'a largué ! Tu es à moi, tu m'entends ! À MOI !» Rien de plus qu'un murmure porter par le vent, paroles sans doutes hurlées au loin. Le professeur redoubla d'efforts dans son combat et parvient à distinguer au loin la silhouette massive d'un homme à travers les arbres, tournant tel un fauve autour d'une proie en hurlant son mécontentement.
« Tu croyais vraiment que j'allais prendre ça avec le sourire ? Répond-moi ! On ne me jette pas aussi facilement et surtout pas sans conséquences. Si, tu ne veux plus être à moi, tu ne seras plus à personne, tu entends ? » Un coup de pied vola et fit remuer quelque chose au sol. « Est-ce que tu vas me répondre salope ! » Un éclair jaillit d'une baguette faisant sursauté la chose au sol, mais aucune réponse. Severus compris avec effroi de quel sortilège il se servait et son sang ne fit qu'un tour. Devant le peu de coopération de la jeune femme qu'il devinait être à terre, il sentit ses genoux flancher. Et s'il arrivait trop tard ? Allait-il réellement perdre une deuxième fois un être aimé ? « Reste là, Amour... » murmura-t-il à l'animal qu'il tenait encore contre lui et qu'il posa à l'abris derrière un arbre avant de s'approcher en catimini par derrière un Alesto bouillonnant de rage. « Ma récompense sera grande, quand elle saura que je t'ai enfin ôtée de son chemin. Dommage, j'aurais tellement aimé qu'il en soit autrement... J'aurais aussi voulu m'amuser un peu plus avec toi, mais tu n'es pas très solide. Tu aurais dû rester mienne et en être heureuse, mais tu n'es qu'une idiotes et tu vas en payer le prix.» Le grand blond soupira et leva à nouveau sa baguette. « Avada... »
« STUPEFIX ! » Un éclair zébra dans le noir et atterrit sur le jeune homme qui vola dans les air pour atterrir contre un arbre. Son corps émit un craquement sinistre avant de retomber dans un bruit étouffé et sans grâce dans le coussin neigeux. L'auteur du sort quitta la couverture de l'arbre et se jeta littéralement au chevet de la sorcière étendue inconsciente dans la neige. « Edelweiss ! EDELWEISS ! Réveille-toi, allez !» Machinalement, l'homme en noir secoua le corps inerte de la jeune rousse avant de la serrer contre lui en constatant qu'elle était glacée et que la neige autour d'elle n'avait plus rien de blanc. Il posa une main dans la flaque poisseuse et compris que c'était du sang. Retournant son visage vers la jeune femme, il reprit de plus belle. « Reviens, je t'en prie... je t'en supplie... ». Un temps sembla mourir durant lequel, Severus Rogue n'était plus que désespoir et sanglots muets, avant qu'il n'entende quelqu'un ricaner dans son dos. Ses yeux noirs charbons se changèrent en tempête maritime, prenant une teinte dur qu'ils n'avaient que rarement arborés et il se releva d'un bond, animé par la rage. « Incarcerem ! » Il s'approcha alors du tortionnaire de la Serdaigle, plus sombre que jamais et pointa sa baguette vers le centre du crâne de ce dernier. « Je t'avais promis la souffrance, si tu lui causais le moindre tord... il est temps que je tiennes parole, on dirait, Alesto... Endolo... »
« SEVERUS ! » tonna la voix du vénérable directeur de Poudlard derrière lui, pourtant la terreur des cachots ne bougea pas d'un cil. « Ne faites pas quelque chose que vous pourriez regretter. »
« Vous voyez ce qu'il a fait ! Et vous voudriez que je le laisse entier ?! » Tonna-t-il sans lâcher Alesto des yeux et sans accordé le moindre intérêt supplémentaire à son mentor. « Il le mérite... Il l'a... »
« Miss Devonshire a encore besoin de vous, Severus... Il n'est pas encore trop tard, malgré ce que vous pensez. Les aurores sont en route et je suis persuadé qu'ils lui trouveront un traitement à la hauteur de son crime. » Une main glissa sur son épaule et Rogue tourna vivement la tête vers son origine, découvrant également avec stupeur la présence de Minerva McGonagall.
« Il faut l'emmenée à Poppy, toute de suite, Severus. » Lui dit-elle et il acquiesça. Se détournant momentanément de sa possible victime, il fit volte-face lorsque ce dernier se remit à rire.
« Muselé par le directeur, comme toujours, professeur. » gloussa l'homme à terre avant de ravaler un hoquet de surprise en voyant son ancien directeur de maison faire volte-face, le visage déformé par la haine et la rage.
« Sectum Sempra ! » Et Alesto se mit à hurler, puis à hoqueter alors que Rogue chargeait dans ses bras le corps inanimé de l'être aimé. « Vous n'avez qu'à le soigné si ça vous chante. » Et il transplana aussi sec.
« J'emmène le fléreur, Albus. Est-ce que cela ira ? » demanda la sous-directrice en serrant contre elle le dit animal toujours emballé dans sa protection de tissus noir et qui avait fermé les yeux fatigué par ses efforts pour sauver sa bien-aimée maîtresse.
« Je sais parfaitement quoi faire Minerva... Allez-y. Severus aura besoin de soutien aux vues de la gravité de la situation... Il pourrait faire des bêtises et nous ne le voulons sûrement pas. »
« Allez-vous le laisser souffrir un peu au moins ? » Murmura-t-elle en confidence au vieil homme avec gravité. Minerva se découvrit soudainement des élans de sadisme, mais remisa cela sur le fait qu'on venait de porter atteinte très gravement à un être devenu cher.
« Je ferais ce qu'il doit être fait... » répondît-il sur un ton énigmatique avant que le bruit familier du transplanage ne résonne. Rester seul avec le jeune homme qui se tortillait en tous sens, le directeur s'approcha de la baguette d'Alesto rester au sol et s'en saisit.
« Pitié... » marmonna le blond toujours en sang et ligoter comme un paquet.
« En avez-vous seulement eu pour cette jeune femme ? Pourquoi en aurais-je pour vous ? »
« Vous êtes Albus Dumbledore... » articula-t-il entre deux gémissements.
« Et j'ai fait des choses qui vous ferait frémir, croyez-moi... Endoloris ! »
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« Dehors, j'ai dit ! » Cria la médico mage en poussant le maître des potions hors de son infirmerie, aidée par McGonagall qui tentait de raisonné son collègue.
« Ne m'obligez pas, Severus, à user de la force ! » Les lourdes portes se refermèrent sur eux et plusieurs déclics indiquèrent qu'elles étaient désormais closes à quelconque visiteurs. Le potioniste se libera de la poigne de Minerva et mit un coup de pied rageur dans les portes avant d'arpenter l'espace tel un lion en cage. « Calmez-vous ! Elle est entre de bonnes mains... »
« Non ! Vous ne comprenez pas ! Je ne veux plus... je... » tenta-t-il de se justifier avant de se laisser tomber sur un des bancs en bois bordant les murs de l'infirmerie.
« Vous l'aimez oui, je sais, mais vous ne serez d'aucune utilité là-bas.» La vieille dame empoigna le visage de l'ancien mangemort pour qu'il la regarde. « Allons, réveillez-vous mon garçon ! Vous voulez l'aidée, alors faites ce que vous savez faire le mieux... Il faut des potions à Poppy, alors qu'attendez-vous ? »
Lentement, l'homme s'apaisa et soupira avant de retirer les mains de son ancienne enseignante et maintenant collègue de son visage. « Vous avez raison, Minerva...mais, je n'y arriverais pas... »
« Seul » termina la doyenne « Mais je vais venir avec vous. Je n'étais pas si incompétente en potion à mon époque, vous savez. Et puis, je veux garder un œil sur vous. Allons-y. » Avec délicatesse, elle entraîna l'homme au cœur brisé jusqu'à son laboratoire où dans le plus grand professionnalisme, ils commencèrent à préparer quelques potions et cela dura toute la nuit.
Au matin, ils quittèrent les cachots les bras chargés de potions pour l'infirmerie et y trouvèrent Dumbledore en train d'attendre également. McGonagall fût la plus rapide pour prendre la parole : « Quelles nouvelles, Albus ? »
« Monsieur Bagman est actuellement écroué à la prison du Ministère, où il fait l'objet d'une surveillance très rapprochée en attendant l'enquête, le procès et son jugement. Il risque déjà l'allée simple pour Azkaban pour usage de sortilège impardonnable sur un autre être humain. Les aurores souhaitent interroger miss Devonshire dès que possible et je leur ai dit que... » raconta Albus.
« Qu'elle se trouve dans le coma. » Trancha la voix de la médicomage qui surpris tout le monde en ouvrant les portes, le front encore couvert de sueur. « Son fléreur s'en sort mieux qu'elle. » Elle arrêta la marche du groupe d'une main impérieuse. « J'ai fait tout ce que j'ai pu sachez-le, mais je crains qu'il ne faille l'emmenée à Sainte Mangouste. Elle a subi pas moins d'une quinzaine de Doloris et la dernière fois que quelqu'un a survécu à ça... Enfin... Il se peut qu'elle ne soit plus jamais dans son état normal et si, cela se faisait, elle ne sera plus jamais la même. Elle en gardera des séquelles, c'est certains.»
« Quel genre de séquelles ? » Osa demandé la directrice des Gryffondors.
« Je ne sais pas... peut-être des troubles du sommeils, peut-être des pertes de mémoire ou des peurs irrationnelles... voir pire. Tout ce que je peux espérer, c'est qu'elle soit tombé inconsciente suffisamment vite que pour que son cerveau se soit protégé et ai limité les dégâts. » Une vague noire bouscula la médicomage et vient s'écrouler à genoux au chevet de la patiente allongée sur le dos, les bras repliée sur sa poitrine et le visage aussi figé que le marbre. À son chevet, collé contre sa hanche, un autre convalescent au pelage gris posait sur elle un regard bienveillant et attentif, mais pas dénué du même désespoir que le maître des cahots désormais devenu la proie de larmes incontrôlables. À tâton, il chercha la main inerte de la jeune femme et la serra avec la force du désespoir.
« Je suis désolé… tellement désolé… J'avais promis qu'il ne t'arriverait rien… » Le cri plaintif du fléreur accompaga ceux du potioniste dévasté. « Ne me laisse pas… s'il te plait… »
L 'air sévère, Poppy Pomfresh fit mine de retourner dans son domaine pour faire revenir à la raison son collègue, mais fût arrêté de concert par Dumbledore et McGonagall.
« Non, laissez-le… laissons-les… » Et d'un geste de la main, le vieux sorcier fit se refermer les portes sur le triste spectacle avant de repartir l'air songeur vers son bureau.
