Chapitre 22: … And save me from the dark.
Il semblait que le temps s'était arrêté pour certains, qu'une éternité était passé pour d'autre. Qui était le plus proche de la vérité, ça nul ne le sait. À l'infirmerie, Madame Pomfresh avait fait déplacé le lit du professeur intérimaire dans une petite chambre adjacente qu'elle gardait pour des cas graves et pour lesquels un isolement était requis. Ainsi, elle évitait que les élèves ne se montre trop curieux et elle palliait à la demande expresse de Dumbledore de garder la jeune femme dans les murs de l'école. Ce qu'elle trouvait particulièrement absurde, si vous vouliez son avis. Miss Devonshire, selon elle, serait bien mieux surveillée et prise en charge à Sainte Mangouste et ce même si plusieurs spécialistes avaient depuis été dépêcher à Poudlard à la demande même d'Albus. Tout cela pour s'assurer que le maître des potions assurerait ses cours au lieu de rester planter devant le lit de la jeune femme jour et nuit. Au lieu de quoi, la terreur de Poudlard se montrait encore plus désagréable qu'à l'ordinaire avec ses élèves et séjournait à l'infirmerie à chaque pause et toutes les nuits depuis presque un mois entier, quand on ne l'obligeait pas à renflouer le stock de potion de la médicomage. Le vieux fauteuil inconfortable à côté d'Edelweiss semblait être devenu sa seconde demeure et il fallait parfois faire appel à beaucoup de tact pour l'en faire partir. Ensuite, il y avait le fléreur que la vieille guérisseuse de l'école avait bien tenté de refiler aux parents de la jeune femme pour ne pas qu'il soit constamment enfermé et puis, par question d'hygiène surtout. Rien n'y avait fait. Le jour de la tentative d'enlèvement, l'animal avait déployer toutes ses forces et sa hargne pour qu'on le laisse en paix veiller sur le corps statique de sa maîtresse. Enfin, il y avait également les parents de la jeune femme qui venaient presque tous les jours, espérant sans doute un miracle et qui repartaient toujours avec les larmes aux yeux. Poppy avait vu Artémis Devonshire fondre en larmes et se jeter dans les bras du professeur Rogue pour le remercier d'avoir tenté de sauver sa fille. Il avait fallu beaucoup de retenue à l'ancien mangemort pour ne pas violement la repousser et ne pas fondre en larmes également. Il avait maudit jusqu'aux os le vieux Dumbledore d'avoir osé révéler son implication dans l'affaire. Monsieur Devonshire s'était contenter de lui serrer la main en le remerciant silencieusement avant d'emmener sa femme hors des murs de l'infirmerie. Depuis, Severus Rogue évitait l'infirmerie aux heures où ils savaient que les Devonshire se montraient au grand soulagement de madame Pomfresh.
Ce soir-là, le locataire des cachots ne se rendit pas au dîner dans la grande salle et quitta ses quartiers avec une petite caisse contenant les potions demandées par le vieux cerbère de l'infirmerie, un air las parcourant ses traits. Il avait effectivement évité la mort à la jeune femme ou l'avait-il plutôt retardé. Il n'avait lui-même plus tellement d'espoir de revoir les yeux bleus de la jeune femme se posé à nouveau sur lui. Pénétrant dans l'antre du dragon, il posa son chargement sur le large bureau de la médicomage et l'observa un instant écrire dans son énorme registre.
« Vous tombez à point nommé, j'avais justement une potion à donner à miss Devonshire. » lui dit-elle sur un ton tout à fait neutre.
« Vous m'envoyez ravi… » grinça-t-il avant de soupirer, ses yeux noirs diriger vers la porte en chêne close.
« Vous devriez me laisser l'envoyer à Sainte Mangouste. » Le lourd registre se referma dans un bruit sourd et mat. Le professeur sentit alors le regard de glace de la médicomage se fixer sur lui.
« Ce n'est pas moi qui vous l'ai interdit, il me semble. » répondit-il sur un ton des plus glacial. Bien sûr qu'il préférait également que la jeune femme reste ici et pas uniquement par soucis de facilité. Il ne l'avouerait jamais volontairement, mais il avait bien plus confiance dans les capacités de Poppy Pomfresh que dans celles de n'importe quel médicomage de Sainte Mangouste. Sans compter sur le fait que c'était lui qui fournissait les potions que la malade ingérait et cela le réconfortait un rien.
« Non, mais c'est en partie à cause de vous, si Albus exige qu'elle reste ici. » La médicomage se saisi sèchement de la caisse amenée dans le but dans inspecté minutieusement le contenu.
« Et l'autre partie de la faute revient à qui selon vous ? » La questionna-t-il en la regardant enfin. Madame Pomfresh l'observa un long moment, les sourcils froncés et le regard sévère. « Moi, je parierais que l'autre partie vous revient. Albus a confiance en vous, plus qu'il ne veut bien le dire. » Et dans une envolée de cape, il se dirigea vers la porte de la chambre isolée en marmonnant les dents serrées : « Et il n'est pas le seul. ». Il ne vit pas Poppy Pomfresh se retourner effarée par ces paroles, car si elle n'était plus toute jeune, elle avait toutefois conservé une ouïe bien affutée.
Rogue s'approcha de la porte en chêne massif et l'ouvrit alors après avoir poussé un nouveau soupire et ne s'attendant pas à trouver une quelconque présence autre que celle du fléreur au chevet de la patiente à cette heure de la journée. Pourtant, se trouvait encore là les parents de la jeune femme qu'il s'était promis de ne plus recroiser après l'incident d'ordre affectif avec la mère de celle-ci.
« Navré, je venais simplement m'assurer que les potions de nutrition faisaient leur travail. Je vous laisse. » Arriva-t-il à mentir, malgré sa légère contrariété passagère et bien vite réprouvée. Les Devonshire avaient après tout plus de légitimité à se trouver là que lui. Il amorça son demi-tour lorsque Richard, le père de la jeune femme, se leva pour le rejoindre.
« Professeur, un mot en particulier, je vous prie... » demanda ce dernier en posa sa main sur la poignée de porte en bronze. L'intéressé cacha sa surprise et acquiesça en silence, s'éloignant quelque peu de la chambre, dans l'intimité du fond de l'infirmerie à l'abri des oreilles de Poppy et de madame Devonshire.
« Que puis-je pour vous, monsieur Devonshire ? » Lança à brûle pour poing l'homme en noir afin de ne pas éterniser cette entrevue qui ne lui disait déjà rien qui vaille.
« J'aimerais savoir quels genres de sentiments vous lie à mon enfant, monsieur. » Le quadragénaire qui lui faisait face avait dit cela sur un ton des plus sérieux, mais particulièrement détacher également. Réprimant un hoquet de surprise et dissimulant cette dernière derrière son masque habituel, Severus se sentit très mal à l'aise face à cette question et ne savait pas réellement sur quel pied danser, se demandant ce qui avait bien pu le trahir.
« Plait-il ? » Finit-il par argumenter faute de mieux et sachant pertinemment que cela n'était pas la réponse franche attendue. Lui qui n'était pas un coutumier de tourner autour du pot, voilà qu'il commençait à le faire. Richard soupira un grand coup, ce qui fit comprendre à la chauve-souris des cachots que si les géniteurs de la Serdaigle étaient encore là à cette heure, c'était uniquement parce que le paternel voulait lui parler.
« Je vais être franc avec vous et j'en attends autant de votre part. » Le plus âgé croisa les bras sur son torse d'un air de défi qui n'offrait pas la moindre échappatoire. « Il y a quelque chose qui ne colle pas dans cette histoire et cela vous concerne. Edelweiss a toujours soutenu que vous étiez particulièrement désagréable avec elle en cours, ce qui d'après ce que je sais ne lui était pas exclusivement réservé, mais voilà que vous lui sauvez la vie tel un preux chevalier. Sans douter de votre... sens des responsabilités, vous auriez très bien pu vous décharger de ce sauvetage sur quelqu'un d'autre, ce qui somme toute vous ressemblerait mieux. » Le Serpentard se mordit férocement l'intérieur des jours pour ne pas répliquer face à cela. Non, mais le prendrait-il pour un lâche ? « Et je ne parle pas de lâcheté, je ne vous crois pas être ce genre d'homme ou tout du moins je l'espère. Je pose là le fait que vous ne repreniez jamais que pour vos élèves et que vous auriez pu demander à un de vos autres collègues de se charger du cas d'une Serdaigle. J'ai appris également que vous aviez accepté d'être son maître pour la poursuite de ses études et après m'être renseigner sur ce que cela implique, j'avoue être profondément perplexe. Vous, qui la harassiez tant en cours au point qu'elle en ai les larmes aux yeux de rage quand elle en parlait, vous avez accepté un tel engagement ? » Une fraction de seconde, le maître des potions voulu baisser les yeux, mais se ravisa pour continuer de fixer son vis-à-vis, les onyx contre les émeraudes. « J'en viens au fait, que non content de sauver ma fille, je sais que vous veillez également sur elle la nuit, comme en témoigne la cape noire dont vous l'avez recouverte hier soir et qui est toujours là à l'heure où nous parlons. Détails insignifiants s'il en est, certes. Ma femme est persuadée que vous faites cela pour soulager madame Pomfresh ce qui serait vraisemblable vu votre qualification, mais pas quand on fait la somme de toutes ces coïncidences qui n'en sont probablement pas. N'oublions pas qu'Amour semble particulièrement vous tenir en haute estime. Alors, répondez-moi franchement, est-ce que par le plus grand des hasards, je me tromperais en supposant que vous nourrissez des sentiments pour ma fille ? »
Pendant un instant, le sinistre professeur de potion se sentit redevenir un petit enfant prit la main dans un sac remplis de bonbons et baissa les yeux presque honteux. Il acquiesça en regardant le mur avec une grande attention, n'osant plus croiser le regard du père de l'être aimé de peur d'y lire le dégoût qu'il devait probablement lui inspirer en se demandant comme un homme aussi peu avenant, acariâtre et de sinistre réputation pouvait avoir des sentiments aussi déplacés.
« Je suppose que vous êtes également l'homme qui l'a rendu morose durant toutes les fêtes de fin d'année ? »
« Elle vous a parlé de ça ? » Répondît-il sur un ton neutre en tâchant de rester maître de lui-même. Richard Devonshire haussa les épaules avant de répondre.
« Elle a seulement dit qu'elle s'était disputé avec l'homme qu'elle aimait et que c'était trop compliqué à expliquer. Edelweiss est une jeune femme très secrète, même avec nous vous savez. » Le cœur de pierre de la terreur de Poudlard se serra en entendant sous quelle dénomination elle l'avait présenté secrètement à ses parents. Mélange de joie et de tristesse.
« Sachez, monsieur, que je n'ai jamais chercher à séduire de quelques façons que ce soit votre fille. J'ai fait au mieux pour ne pas céder mes sentiments que je juge particulièrement déplacés. Mais en cette heure, j'ai beaucoup de mal à le faire et quand j'y succombe c'est à l'abris des regards. Je comprends tout à fait votre désapprobation et je ferais en sorte que tout reste parfaitement platonique avec votre fille à son réveil. » Fût tout ce qu'il trouva à dire sur un ton parfaitement monocorde en écrasant à grand coup de semelle de chaussure son cœur qui hurlait son désaccord.
« Qui vous a dit que je désapprouvais ? » lui demanda l'homme brun en décroisant les bras. « Je ne peux pas dire que j'approuve totalement et je pense que vous le comprenez. Chaque père veut ce qu'il y a de mieux pour son enfant. Nous nous imaginons tous que notre fille se mariera avec un beau jeune homme de bonne famille qui la mettra à l'abris du besoin, qui la rendra heureuse et qui veillera sur elle comme sur un trésor inestimable jusqu'à la fin de ses jours. Vous êtes un homme raisonnable, sensé également, mais vous comprendrez sans doute mieux cela le jour où vous aurez une fille à votre tour. » L'homme sombre acquiesça à nouveau et suivit le père de famille qui entre ouvrit la porte pour regarder le corps inanimé de sa fille, ses longs cheveux auburn entourant son visage blanc comme marbre. « Depuis le jour de sa naissance, j'ai aimé ma fille d'un amour incommensurable. Je m'en suis voulu pour tout ce qui avait pu lui arriver alors, m'injuriant que j'étais un père indigne qui ne savait pas veiller sur ce qu'il avait de plus précieux. Encore une fois, je n'étais pas là... » Une larme solitaire coula sur la joue fade de quadragénaire qui sembla prendre dix années de plus en quelques secondes. « Mais vous, vous étiez là. » Severus fronça les sourcils devant ce constat qui annonçait une suite qui lui semblait tarder à venir. Allait-il réellement lui dire qu'il bénissait une relation encore inexistante, bien que réclamée à cor et à cris par la belle endormie. « Alors, tant pis, si vous n'êtes pas le fringuant jeune homme que je rêvais de voir à son bras. Celui qui correspondait à cette description l'a mise dans cet état. Tant pis, à toute ces chimères, puisque le constat s'impose que c'est vous qu'elle aime et que c'est vous qui prenez soin d'elle depuis qu'elle a quitté la maison en septembre. Aimez-la, protégez-la, mais surtout ne la faite plus souffrir avec vos états d'âmes vis-à-vis de votre différence d'âge, de votre vie passée. La vie m'a appris que lorsqu'Edelweiss se donne, il faut prendre, car elle ne s'ouvre pas facilement. La seule condition que j'y mets... » Richard se retourna et fixa Severus dans les yeux. « C'est de ne jamais lui faire du mal gratuitement. Je peux entendre que vous lui brisiez le cœur si c'est pour la protéger, mais si c'est pour jouer d'elle... Je vous trouverais et je vous le ferais payer au centuple. Cela vous convient-il, professeur Rogue ? »
« Tout à fait, monsieur Devonshire. » Trancha la voix froide et dure du professeur de potion en se raidissant face à la menace à peine voilée, mais qu'il comprenait parfaitement. Il avait fait la même promesse à ce petit enfoiré de Bagman, bien qu'il n'ait pas pu la mettre pleinement à profit. Le père de la jeune femme acquiesça d'un bref hochement de tête et pénétra dans la chambre, suivit par le maître des potions. Monsieur Devonshire s'approcha de son épouse et lui caressa tendrement l'épaule.
« Ma chérie, si nous rentrions ? » murmura-t-il en regardant les yeux bleus embué de larmes de son épouse se tourner vers lui. Cette dernière acquiesça, se leva avec une lenteur affligeante et alla poser un baiser sur le front de son unique enfant avant de quitter la pièce avec la même apathie qu'ordinaire. Une main forte se resserra sur l'avant-bras du sombre professeur et une voix lui dit alors en catimini : « Prenez soin d'elle surtout. » Et la porte claqua peu après, laissant Severus Rogue seul avec son désespoir, une jeune femme inanimée et un fléreur endormi. En silence, le maître des potions analysait ce qui venait de se passer. Pouvait-il réellement prêter foi aux paroles du père d'Edelweiss ? N'agissait-il pas sous le coup de l'émotion, comme un marchandage dans l'espoir que sa fille revienne à la vie ? Espérait-il qu'en donnant sa bénédiction à un couple qu'il jugeait hétéroclite, cela changerait la donne ? Ceci lui semblait tellement incongru, car rien ni personne ne pourrait faire ce travail à la place du temps et pourtant Merlin savait que Severus souhaitait de tout cœur que la jeune femme lui revienne. Toutefois, le constat s'imposait, lourd et sans appel, il ne pouvait rien faire de plus que ce qu'il faisait déjà pour faire avancer les choses et cet état de fait lui laissait un goût âpre dans le fond de la gorge. Planté là, droit comme un 'i', devant le lit à la peinture défraîchie de la patiente, l'homme en noir ne se rendit pas tout de suite compte que Poppy Pomfresh venait d'apparaître, les bras chargés d'une kyrielle de flacons différents. Ils échangèrent un intense regard lourd de sens, de gravité et de non-dit. L'ancien Serpentard fit demi-tour pour laisser à la médicomage la quiétude nécessaire à la réalisation des soins de la patiente, devenant pour un temps le préposé aux soins d'hypothétiques élèves souffrants.
C'est d'ailleurs au chevet d'une jeune Gryffondor de deuxième année que madame Pomfresh retrouva son trop souvent indésirable visiteur et le soulagea de sa basse besogne du moment, qui consistait à tenir les cheveux de la jeune fille atteinte d'un sortilège provoquant un flot continu de régurgitation de limaces. Le directeur des verts et argents se retira donc dans la minuscule chambre et en verrouilla la porte pour la nuit. D'un mouvement las, il se défit de sa longue cape noire et la posa sur le vieux fauteuil de la pièce, lui aussi avait connu des jours meilleurs. Tournant le dos au lit de l'ancienne Serdaigle, l'obsidienne de ses yeux se perdit dans la contemplation silencieuse du paysage nocturne, baigné par la lumière de la lune. Tant de choses avaient changé pour lui et en lui. Il y a quelques semaines encore, il s'accrochait à l'idée que sa vie serait plus simple s'il restait à jamais seul. Il se murmurait que ces sentiments déplacés étaient pure trahison pour la seule femme qu'il eut jamais aimée. Pourtant ce soir, il était là dans cette petite pièce a veillé le sommeil non naturel d'une jeune femme en s'accrochant corps et âme au mince espoir qu'elle ouvre les yeux à nouveau, avec le sentiment de mourir un peu plus chaque jour qui passaient sans qu'un mouvement de cils ne paraisse. Comment en était-il arrivé là… Ses mains reposaient à présent sur l'appui de la fenêtre en pierre, son dos s'était vouté sous le poids des remords et des regrets. Pourquoi n'avait-il pas eu le courage d'affronter ses sentiments ? Peut-être serait-elle encore éveillée à lui tenir compagnie de la plus exaspérante des façons, mais également de la seule façon qu'il appréciait. Ah, ce soir, il n'avait plus besoin de son masque pour se sentir vieux… Ce soir, son esprit rendait les armes et la raison perdait la guerre. Les sentiments et son cœur étaient seuls victorieux. Dans un lent mouvement de demi-tour, le professeur de potion se tourna vers le lit de la belle endormie. Il s'avança à pas mesurer vers le pied du lit et saisit entre ses doigts le barreau transversal en métal. Le froid métallique s'insinua dans ses mains, comme au plus profond de son âme. Ses yeux vides fixaient le visage de marbre de la jeune femme, il en détailla chaque trait. De son nez droit et discrètement retroussé, ses pommettes hautes autrefois rosées et toujours parsemée de taches de rousseurs, ses lèvres légèrement pulpeuses dont il se souvenait de la couleur purpurine, désormais trop pâles à son goût. Ses paupières closent qui lui barrait l'accès aux deux azurs qu'étaient ses yeux, douceur tranchant avec le feu de ses cheveux. Edelweiss même dans une semi-mort, lui paraissait d'une beauté irréelle, dont il n'acceptait pas encore d'être l'heureux détenteur. Pourtant la clé de son cœur, elle la lui avait bien donnée. « Tout cela est ma faute… » commença-t-il en serrant d'avantage la barre métallique entre ses doigts. « Si, nous ne nous étions pas brouillé pour des broutilles découlant de mon incapacité à oser t'aimer… j'aurais été là et il n'aurait jamais levé la main sur toi… Pardonne moi, Edelweiss… pardonne moi. » Tous ces jours à veiller en silence, étranglant ses sanglots et étouffants ses larmes, le maître des potions en était trop las pour les réprimander encore. Lentement, il fit mouvement pour contourner le lit d'hôpital. « Il est temps de faire un choix… ne nous torture plus d'avantage. Si, j'ai mille fois mérité mon tourment, tes parents ne peuvent en supporter plus, Edelweiss. Je t'en supplie, met fin à ce cauchemar d'une façon ou d'une autre. Reviens à nous… » D'un mouvement souple, il s'assit au bord du lit et s'empara avec délicatesse d'une des mains de la sorcière. « Reviens emplir nos vies de la joie de te contempler. Eclaire à nouveau mes jours, apaise mon âme comme toi seule savait le faire. J'ai honte… Honte de m'être ainsi accroché aux fantômes du passé alors qu'un ange me tendait les bras avec insistance et que la jalousie me consumait quand je le voyais s'éloigner de moi, que je le repoussais avec ténacité. Mais je te jure, que si tu décides de revenir, je saurais t'aimer comme nul autre ne le ferait, car sans toi j'ai l'impression que ma vie n'aura vraiment plus aucun sens, aucune saveur, aucun intérêt… S'il me faut te reconquérir, je m'y emploierais. Je me dévouerais tout entier à tout bonheur, mais pardonne d'avance ma maladresse et mes impairs, je ne suis pas doué avec les choses de l'amour et du romantisme… Mais, si tu ne peux nous revenir… » Il releva ses yeux noirs sur le visage impassible de la jeune femme. « Alors va… Va rejoindre le monde merveilleux qui t'attend de l'autre côté et daigne m'y attendre avec encore un peu de patience et je t'y rejoindrais dès que mon rôle dans tout ceci sera achevé. Soit un nouvel ange au paradis attendant l'âme damnée qui est la mienne. Quel que soit ton choix, je l'accepte, mais choisi pour l'amour du ciel, pour l'amour que je te porte… » Une nouvelle larme roula sur la joue pâle de Severus Rogue et alla se perdre dans le tissu bleu nuit de sa redingote. Il porta la main inerte de la rousse à ses lèvres et les y posa délicatement avant de la reposer à sa place. Il installa les draps blancs sur le corps de la jeune femme et termina de la border en ajustant sa cape laissée là depuis des jours pour s'assurer qu'elle n'aurait pas froid. Enfin, il prit place dans l'inconfortable fauteuil pour la nuit, se couvrant lui-même de son autre cape pour se tenir chaud. Amour quitta son trou pour venir se lover contre lui et lui apporter un peu de réconfort.
Alors que la nuit avançait et qu'on n'entendait guère plus que la respiration calme du potioniste, le miracle attendu eu lieu et la jeune femme ouvrit à nouveau les yeux pour la première fois, prenant une immense respiration. Tout ce temps, elle avait eu l'impression d'étouffer dans un étroit cercueil alors qu'il s'agissait de son propre corps. Incapable qu'elle était de parler, elle entendait néanmoins tout ce qui avait pu se passer autour d'elle. Le fléreur sursauta sur les jambes de Rogue, réveillant ce dernier qui pesta pour la forme. L'animal sauta sur le lit pour s'enquérir du retour à la vie de sa maîtresse, faisant réalisé à l'homme de la pièce que ses prières avaient été entendue.
« Edelweiss… Merlin soit loué… » dit-il en s'approchant caressant tendrement, révérencieusement la joue de la jeune femme qui le fixait désormais de ses yeux vairons. Le détail l'étonna un instant, même s'il fût balayé par l'émotion du moment.
« Ce n'est pas… ta faute… » articula-t-elle avec difficulté venant chercher la main chaude se son ancien professeur de la sienne malgré ses maigres forces. « Pas ta faute… Tu m'as sauvée… et Amour aussi… »
« Chut… repose toi, je veille sur toi… » Et il posa un léger baiser sur le front de la jeune femme avant de s'asseoir au bord du lit en lui tenant la main. Il la regarda fondre dans les bras de Morphée au son apaisant des ronronnements d'Amour qui, semble-t-il, n'avait jamais été aussi fier du nom qu'il portait. « À demain, chère ange… »
Je tenais à platement m'excuser pour les longs mois d'attentes, mais comme vous êtes nombreux à le savoir, mes études sont prenantes. De plus, je l'avoue, j'ai eu une perte d'inspiration durant ce chapitre, beaucoup d'hésitations afin de ne pas assassiner le personnage de Rogue (ça je m'en chargerais dans une autre fiction xD)
La fiction a dépassé les 2000 lues et je n'en reviens toujours pas. *_* Donc deux milles fois merci 3
La suite, vous la connaissez. N'hésitez pas à voter, à commenter! J'ai hâte d'avoir votre avis sur ce chapitre! J'espère que la suite arrivera bientôt.
