Chapitre 23: Walk in the night
Le square était calme et paisible, seul le bruit du vent dans les arbres troublait le presque silence. Tout était fait de teintes grises et quelques perles d'eau reflétaient la lumière de la lune. Lune qui était bien présente en cette soirée du mois de mars, douce compagne des promeneurs nocturnes en tous genres. Soudain, un craquement sonore retentit, brisant le calme et la torpeur dans laquelle certains animaux s'étaient retranché. Un bruit sourd à leurs petites oreilles, mais qui ne sembla nullement déranger les habitants de cette petite rue de la banlieue londonienne. Des pas assurés et rapides firent crisser les gravillons du petit chemin et la barrière s'ouvrit dans un grincement métallique avant de se refermer exactement sur le même ton aigu. L'homme en noir se dirigeait à présent vers la maison au fond du cul de sac, une petite maison familiale à un étage entourée d'un jardin au gazon anglais. Une petite allée de gravier s'arrêtait devant la porte d'entrée de la demeure et une Ford de couleur grise trônait ainsi garée au milieu. Une fois parvenu sur le seuil de la maison, Severus Rogue actionna la sonnette pour faire savoir qu'il attendait sur la rue. Il prit son mal en patience, s'empêchant de taper le sol de son pied. Depuis qu'Edelweiss était revenue des limbes, elle avait rejoint la maison familiale, incapable de continuer à assurer ses cours. Et à juste titre.
La porte pivota sur ses gonds et à la grande surprise du sombre maître des potions, ce ne fût pas l'un des parents Devonshire qui lui ouvrit, mais l'une de ses anciennes élèves. « Miss Zaidi… c'est un plaisir inattendu que de vous revoir en ces lieux. Comment allez-vous ?» Il est vrai que l'obscure chauve-souris de Poudlard n'avait jamais chercher à savoir si sa chère et tendre s'était fait des amis lors de son cursus académique.
« Professeur Rogue, il était temps que vous arriviez. Encore un peu et vous seriez resté dehors. Ce n'est pas une heure pour se présenter chez les gens, après tout. Quant à moi, je me porte comme un charme. Et avant que vous ne le demandiez, mes études aussi se passent bien. » répondit Nassima sur un ton sec, mais empli de sarcasme. Le directeur de Serpentard ne releva pas la remarque. Il connaissait suffisamment ses anciens élèves pour savoir que le reproche était lancé sur un ton sarcastique. Il finirait par se demander s'il ne dépeignait pas sur ses élèves. Pénétrant dans la demeure, il retira sa longue cape noire, qui échoua sur le porte-manteau. « Monsieur et Madame sont déjà parti se coucher ? » questionna-t-il en regardant la jeune femme qui s'apprêtait, elle, à quitter les lieux. Cette dernière acquiesça tout en enroulant son écharpe aux couleurs de Serpentard autour de son cou. « À l'instant. Madame Devonshire est épuisée. Je pense qu'elle ne doit pas dormir correctement ou pas toute sa nuit. J'aimerai faire plus, mais… seul le temps peu faire quelque chose, n'est-ce pas ? »
Severus acquiesça à son tour et soupira largement. Edelweiss était sauvée, certes, mais à quel prix ? Elle n'était plus que l'ombre de ce qu'elle eût été. Entre ses terreurs nocturnes et son dépérissement continu en journée, elle s'était murée dans un silence dont seul quelques personnes pouvaient la sortir. Il s'estimait heureux de faire partie de ceux-là et visiblement, Nassima en faisait également partie. Cette pensée le soulagea grandement, la rouquine avait au moins une amie chère à son cœur qui ne se trouve pas outre-Manche. « Elle vous a parlé ? » s'enquit-il tout de même afin de confirmer ou d'infirmer ses pensées. « Un peu, oui. Je n'aborde pas le sujet qui fâche, bien sûr. J'essaie un peu tous les sujets, mais il y a toujours un moment où elle se déconnecte de la réalité. Je n'imaginais pas à quel point elle était devenue si… différente. Est-ce permanent ? » Les larges épaules du potioniste se haussèrent de concert et un nouveau soupire lui échappa. Il aurait aimé avoir quelque chose de concret à répondre à ça. Rien ne permettait de savoir si l'état de l'ancienne Serdaigle serait permanent ou passager. Peut-être même qu'ils devaient tous s'estimer chanceux que cet état ne soit pas pire encore. Il savait ce qui était arrivé aux gens qui avaient été soumis trop longtemps au sortilège Doloris et au final, Edelweiss s'en sortait plutôt bien. Selon Poppy Pomfresh, elle devait ce sauvetage au fait qu'elle s'était évanouie très rapidement, verrouillant ainsi ses centres nerveux et protégeant son cerveau. « J'aimerai vous dire, sincèrement, que ce n'est que passager, mais personne ne peut l'affirmer. Ni l'infirmer d'ailleurs. La seule chose qui est sûre, c'est que cela aurait pu être bien pire. C'est difficile à dire, mais nous devons nous estimer heureux qu'elle soit encore parmi nous, dans une certaine mesure. » Nassima acquiesça à nouveau avant d'enfiler son manteau et d'ouvrir la porte. « Bonne nuit, professeur. » Et elle s'évanoui dans la nuit noire, en direction du square, d'où monta un moment un craquement sonore, signifiant qu'elle était partie pour de bon.
Severus referma la porte et tourna la clé dans la serrure. Il retira ses chaussures, comme le lui avait expressément demander la propriétaire des lieux. Puis, il prit le chemin de la chambre de la jeune fille, tout en éteignant les diverses lampes derrières lui. Sur la pointe des pieds, il poussa la porte de la chambre aux tons bleus et la referma dans le même religieux silence. Un certain fléreur ouvrit un œil, observant le nouvel arrivant avec attention. Rassuré, il poussa un petit miaulement, puis referma sa paupière pour retourner dans son sommeil de félin. L'homme en noir glissa ses doigts sur la tête de l'animal en passant près de la chaise sur laquelle il prenait son repos. Enfin, il chercha du regard la silhouette émacié de la jeune femme. Edelweiss était assise sur une méridienne, installée sous l'appui de fenêtre. Tout en elle respirait la détresse. Ses longs cheveux roux avaient perdu de leur lumière et reposaient mollement sur ses épaules et le long de son dos. Ils n'étaient pas emmêlé, sans doute par la grâce d'Artémis Devonshire qui s'occupait de les peigner minutieusement chaque jours. La jeune fille avaient également perdu plusieurs kilos et sa peau, déjà clair d'ordinaire, était désormais blafarde. Malgré tous les efforts déployés par son entourage pour la stimuler, la jeune femme restait des heures entière immobile face à cette fenêtre à regarder le paysage. Parfois, elle daignait ouvrir la bouche pour répondre à une question ou l'autre ou parce qu'elle en avait simplement envie.
Le professeur de potion vient s'asseoir aux pieds de la demoiselle, posant l'une de ses mains sur sa cheville gauche. Son pouce se lançant dans une série de gestes circulaires contre la peau nue, mais pas un mot ne quitta sa bouche. Ses yeux d'obsidienne étaient fixé sur le visage mit de profil de la jeune femme, toujours absorbées par le paysage nocturne. En vérité, il ne savait pas quoi dire, ni quoi faire. Pourtant, il avait toujours une idée brillante qui traînait dans un coin de sa tête ou une phrases pleines de sarcasmes prêtes à s'envoler, mais dans cette situation il ne savait même pas quoi dire. Cela le dépitait profondément, en plus de lui laisser un goût amer dans la bouche. Détournant son regard sombre, il observa la pièce qu'il visitait régulièrement en ce moment. Un bureau en bois clair avec une chaise à roulette dans un coin, surmonté d'une bibliothèque bien remplie, se trouvait à côté d'eux. En face, on avait monté un lit de camp pour la personne désignée pour veiller sur Edelweiss la nuit. Aujourd'hui, c'était son tour. La penderie était encastré dans le mur en face de la fenêtre, à côté de la porte et jouxtant le lit double de la jeune femme. La chambre était certes étroite, mais non moins confortable.
Le silence ambiant le dérangeait désormais fortement, lui rappelant les douloureux jours passé à attendre le réveil de la jeune femme, dans la petite chambre sombre de Poudlard. C'était d'ailleurs la sensation qui lui oppressait la poitrine. L'impression qu'elle ne s'était pas encore réellement éveillée et qu'une partie d'elle volait encore en dehors de son corps, que tout n'était pas revenu à la normale. Et il avait peur, que cela perdure encore dans le temps et peut-être même pour toujours. Il commençait à regretter même, qu'elle se soit ainsi à moitié sortie de sa chrysalide. Quelle vie cela était pour elle ? Cela les soulageait tous de la voir encore en vie, respirant, ouvrant les yeux et le cœur battant. Mais que ce passe-t-il donc dans la tête de la demoiselle en ce moment ? Il aurait pu le savoir, il n'avait qu'un mot à prononcer pour cela, mais il ne le ferait pas. Il refusait de le faire, par pure lâcheté et il le reconnaissait aisément. Il ne voulait pas savoir, persuadé qu'il ne le supporterait pas. Mais il ne supportait pas plus la situation actuelle, c'était là tout le paradoxe de son existence à cet instant précis.
Un soupire quitta ses lèvres et il se remis sur ses jambes, retirant sa longue redingote sombre pour la déposer sur le bureau. Il détacha méthodiquement les boutons de ses manches pour les retournée en suite sur ses coudes. « Il est temps d'aller te coucher, Edelweiss… ». Il se pencha vers la jeune femme, pour la soulever dans ses bras, sans peine aucune. « Non. » répondit-elle en plantant ses yeux vairons dans ceux de son ancien professeur, devenu l'homme le plus important de son monde. Elle posa sa main fine sur son épaule pour l'arrêter et qu'il la repose sur son siège de fortune. Rogue fronça ses sourcils, mais obtempéra néanmoins et se posa à nouveau à côté d'elle. Edelweiss ne le lâcha pas des yeux, elle s'était détournée pour de bon de son paysage nocturne et n'avait plus d'intérêt que pour le professeur de potion. « Il n'y a plus de neige. » dit-elle d'une voix sans forme et sans ton. L'homme acquiesça sans énergie, savourant simplement les quelques mots porté à ses oreilles, qui lui rappelait les jours où il ne pouvait l'arrêter de parler.
« Non, il n'y a plus de neige. Le printemps arrive doucement. Hagrid est revenu à l'école, d'ailleurs, mais Ombrage à l'intention de le chassé séance tenante. Dumbledore ne la laissera pas faire, mais… pour peu qu'elle parvienne à le chasser lui aussi… Cette vieille harpie est capable de tout.» Il soupira de nouveau et laissant ses épaules s'affaissé sous le poids des responsabilités. Lundi, il retournerait à Poudlard pour la semaine. Elle resterait ici avec ses parents et cela ajouterait à la fatigue psychologique de ceux-ci. Il avait donné toutes ces informations à la jeune femme, uniquement pour qu'elle reste un minimum connecté à la réalité qui l'entourait. Même si cela ne devait pas avoir une grande importance pour elle, dans son état actuel. Pourtant, un lueur passa dans les yeux de la jeune femme. Une lueur qu'il n'avait plus vu apparaître depuis trop longtemps maintenant. Comme si la partie manquante d'elle-même venait de refaire brusquement surface.
« C'est à cause d'elle… » murmura-t-elle avant de regarder ses mains qui tremblait sous l'assaut des émotions qui la submergèrent. « Il l'a dit… elle sera contente d'être débarrasser de moi…» Tout le corps devenu frêle de la jeune femme se mit à trembler. Les souvenirs de sa nuit d'horreur lui revenant par vague en mémoire, alors que son cerveau s'était appliqué à les cloisonné loin de la réalité. La déconnectant de celle-ci pour ne plus qu'elle en souffre. La peur noua l'estomac du professeur, craignant sans aucun doute qu'elle ne s'efface à nouveau dans l'obscurité de la souffrance qui fût la sienne. Alors, il tendit ses bras pour la serrer contre lui, dans un geste protecteur quelque peu désespérer. Était-il possible qu'il y ai un lien entre Dolores Ombrage et ce petit con d'Alesto… Tout restait à prouver, mais le plus urgent n'était pas là pour lui. La tête d'Edelweiss reposait à présent sur l'épaule de Severus. Ses bras encerclaient la taille de ce dernier et elle avait fermé les yeux pour chasser les images qui défilaient lorsqu'elle les gardait ouvert.
« Tu es sûr qu'il parlait d'Ombrage ? » questionna-t-il sans trop d'assurance, de peur de la braquer ou d'émettre un quelconque jugement sur ce qu'elle avait compris ou subit. L'accusation était grave, mais si effectivement le délinquant avait agi sur ordre de quelqu'un, cela devait à tout prix être transmis au département de la justice magique. Alesto subirait un interrogatoire en règle, mais qui pouvait dire s'il allait oui ou non, communiquer le nom de son complice. Et s'il s'agissait en effet d'Ombrage, les accusations étaient terribles… Toutefois, cela ne le surprendrait outre mesure venant du personnage. Entre mesurer la taille du professeur Flitwick, viré Trelawney et bientôt Hagrid… mais de là, à attentez à la vie d'Edelweiss. La grande inquisitrice de Poudlard aurait-elle une dent plus prononcé à l'égard des Vélanes que des autres créatures ? Après tout, vu qu'elle ressemblait plus à un crapaud qu'autre chose, ce ne serait pas fort étonnant. Serrant un peu plus la jeune femme dans ses bras, il posa sa joue contre la chevelure sans forme de la jeune femme.
« Je ne vois pas qui d'autre… même si je sais que c'est là une terrible accusation… » La jeune femme soupira avant de se détacher des bras de son ancien professeur et de se lever enfin de sa méridienne. Elle s'étira doucement, dénouant ses muscles endoloris pas l'inaction de sa journée et se dirigea vers son lit d'un pas mal assuré. Rogue se leva d'un bond, suivant Edelweiss avec plus d'empressement, mu par la peur qu'elle ne s'effondre. Mais cette dernière parvient à son lit, sans le moindre mal. De ses doigts fins, elle défi le nœud de sa robe de chambre, le regard dans le vague, les sourcils froncé. Comme lorsqu'elle réfléchissait à un problème un peu trop compliqué. Le nœud se défi et le peignoir atterri par terre quelques secondes plus tard, laissant la demoiselle dans sa robe de nuit bleu marine. « Il faut que j'y retourne… elle ne doit pas gagner. » annonça-t-elle avec conviction et une pointe de fureur dans la voix. Elle fit un demi-tour avant de s'asseoir sur son matelas et elle reposa son regard sur la terreur des cachots qui ne pipait mot. « Tu désapprouve n'est-ce pas ? »
Rogue haussa les épaules avant de s'approcher de sa douce amie, lui prenant les mains pour les serrer délicatement dans les siennes. On ne pouvait pas dire que l'idée qu'Edelweiss revienne à Poudlard aussi vite après son accident le réjouisse particulièrement. D'autant plus, si Ombrage est réellement responsable de ce qui lui était arrivée. Ce serait se jeter dans la gueule du loup et d'une belle manière. D'un autre côté, il serait là pour la protéger, garder un œil sur elle et il ne serait sans doute pas le seul d'ailleurs. Mais la crainte l'emportait cette fois. « Je ne peux pas dire que cette idée me réjouisse en effet. Mais ne te méprend pas… je serais heureux de te voir à nouveau chaque jours, mais je ne peux ignorer la menace que l'inquisitrice fait planer sur nos têtes à tous et surtout sur la tienne. » Il soupira longuement avant de reprendre la parole, soudainement très las de sa journée, alors qu'il en était plutôt satisfait jusqu'ici. « Cela dit, je ne peux nier que cette rage en toi t'as fait revenir en moins d'une heure… ton âme crie vengeance, mais méfie-toi Edelweiss… la vengeance fait faire des choses terribles et souvent aux conséquences désastreuse. J'en sais quelque chose… » Il remonta sa manche gauche et exposa ainsi à la vue de sa bien-aimée, la marque de sa honte, inscrite à l'encre indélébile sous sa peau.
La jeune femme posa ses yeux sur la marque noire et ne parut pas surprise. Elle avait entendu les « on dit », que ce soit durant sa scolarité dans les couloirs ou en laissant traîner l'oreille aux réunions de l'ordre. Elle n'avait pas chercher plus avant, elle savait que c'était la vérité. Mais elle voulait l'entendre de sa bouche à lui, sans jamais l'y contraindre. Il n'y avait pas mis les mots, mais la façon de livrer cette part de lui en silence, par la démonstration de cette marque ô combien intime, valait tous les mots du monde. Elle posa sa main droite sur la marque des ténèbres et fixa son regard vairons dans les yeux sombres du professeur de potion. Elle ne dit mot, se contentant de le fixé de son regard polychrome. Silence invitation à la confidence, si il le souhaitait. Severus soupira en brisant la connexion visuelle entre eux et recula de quelques pas. « Au début, j'en étais fier… puis sont venues les conséquences, les remords et enfin… il ne se passe plus un jours sans que je ne regrette ce que j'ai fait. Je vis dans la peur de retomber dans ces travers, que ce soit pour conserver mon rôle d'espion, ou de mon propre fait. Ce que je sais, c'est qu'irrévocablement, je te ferais souffrir et c'est un prix très lourds à payer. » S'appuyant contre le mur, il croisa les bras sur son torse dans un mouvement de protection, avant de regarder la jeune femme à nouveau. Sa rédemption, son espoir d'une vie retrouvée et d'un futur possible. Et elle ne pipait mot. « Mais j'ai promis que je ne te tourmenterai plus avec cela et que je ne me tourmenterai plus. Je ne reviendrai pas sur ce que j'ai dit. Je veux juste que tu sache, le prix à payer pour crier vengeance et le mal que cela peut amener autour de toi. Je ne dirais pas que la justice triomphe toujours, ce serait mentir. Ne rien faire n'est pas envisageable non plus, mais il faut penser avant d'agir. Et si, c'est vraiment ce que tu souhaites, je t'aiderai à rendre la vie d'Ombrage impossible, mais tu dois d'abord confier aux autorités ce que tu sais. Ils ont déjà Bagman en cellule, alors qu'ils se servent de ce cancrelat pour trouver le commanditaire de ce crime. »
La détermination se lisait dans son regard sombre. Il ferait tout pour que le véritable coupable soit mis hors d'état de nuire et surtout pour protéger Edelweiss. Bagman ne pouvait avoir agi seul, ça il en était certains. Même Albus soupçonnait que quelqu'un d'autres tirent les ficelles de cette marionnette, car Alesto n'avait jamais été connu pour être un meneur ou pour ses prises d'initiative. Tout au plus, il était un fin manipulation, un bon exécuteur et surtout un baratineur de première catégorie. Peut-être la rousse avait-elle raison après tout… Il réprima un nouveau soupire en voyant apparaître un petit sourire au coin des lèvres de la jeune femme, ainsi qu'un véritable éclat de bienveillance dans ses yeux vairons. D'un voix douce, elle lui ordonna : « Vient te coucher, Severus. » Et il en compris pas de suite ce qu'elle voulait dire. Résigner, il acquiesça avant de se dirriger vers sa couche de fortune et d'y entreprendre de se déshabiller avant de se glisser sous les draps. Mais Amour, sauta de son perchoir pour aller prendre la place sur le matelas de fortune et la demoiselle émit un rire léger et cristallin. « Mais non. Vient te coucher, ai-je dis. »
Il se tourna de profil vers elle, ses doigts affairé à détacher les boutons de sa chemise blanche. Il la vit sous les couvertures, tapoter légèrement la place à côté d'elle et il haussa les sourcils de surprise. Tout ceci était relativement neuf pour lui. Elle n'était pas la première avec qui, il irait s'étendre dans la douceur des draps, mais le contexte n'était pas le même. Femmes de la professions ou rencontre d'une nuit, aucune n'avait percé sa carapace comme Edelweiss l'avait fait. Il ne se sentait pas digne de cette faveur, mais comment refuser ? Il en avait tant rêver en secret, que c'était un supplice de penser qu'il pouvait refuser. Elle n'y verrait même pas d'inconvénient, il le savait. Elle comprendrait, lui assurant qu'elle saurait l'attendre et qu'il pouvait prendre le temps qu'il voudrait. Mais, il le voulait là, tout de suite. Se glisser avec elle dans la douceur du sommeil, son corps frêle contre le sien, dans une étreinte toute platonique. Respirer la douce odeur du lotus dans ses cheveux, goûter la chaleur de son être et entendre le doux bruit de sa respiration qui se ferait calme et régulière au moment de glisser dans les bras de Morphée.
Alors, il finit de défaire sa chemise, l'abandonnant sur le matelas où se trouvait maintenant le fléreur, qui l'observait d'un œil ouvert et satisfait. S'approchant à nouveau du lit de sa belle, il l'interrogea. « Et si tes parents nous surprennent demain, ne crois-tu pas que ton père voudrai attenter à ma vie ? ». Mais la jeune femme haussa ses épaules et se contenta de remonter la couverture sur ses épaules, avant de fermer ses paupières alourdies par le sommeil. « Il n'oserait pas… pas après tout ce que tu as fait et je plaiderai coupable. » Elle étouffa un bâillement derrière sa main, ce qui finit d'achever l'homme sombre, offrant un sourire attendri au spectacle qu'elle lui offrait. Vaincu dans ses dernières tentatives de trouver une excuse, il s'assit sur le bord du lit pour se défaire de ses chaussures. Le reste de son accoutrement disparu également de sa personne, le laissant en sous-vêtement. Alors, il se glissa sous les couverture, profitant de l'instant qui lui était offert.
Edelweiss sentit le matelas s'affaissé et puis les couvertures se mouvoir. Elle se coula alors contre l'homme qui s'installait, posant sa tête au creux de son épaule et sa main gauche sur le torse de ce dernier. D'aise, elle soupira et se colla un peu plus au corps chaud qui lui était offert. Un moment, elle resta silencieuse, les yeux clos et un sourire béat sur ses lèvres fermées. Puis, elle tourna son visage vers celui qu'elle aimait et retrouva le contact visuel avec lui en ouvrant ses yeux devenu paresseux. « Je ferais en sorte d'être prudente, je te le promets. Je ne lui donnerai le plaisir de lui tendre le bâton pour me battre à nouveau. Mais si, je reste ici, elle aura gagné… je veux qu'elle voit qu'elle ne m'effraie pas et que j'aurai le dernier mot. » Elle glissa son nez contre la mâchoire de Severus, s'amusant à y trouver un début de barbe un peu rêche.
Ce dernier glissa sa main sur la joue de la jeune femme, allant la perdre pour finir dans l'épaisse crinière auburn qui coulait plus loin sur l'oreiller. Il l'embrassa sur le front qui était à sa porter et s'amusa de ses paroles, laissant échapper un début de rire. « Tu veux toujours avoir le dernier mot. C'est en partie pour ça que je t'aime. Mais cette fois, je le comprends et je le cautionne. » La tête de la jeune femme se releva brusquement à ces paroles, ses yeux allumés d'une lueur émue et adoratrice. Rogue en fût d'abord surpris, puis compris qu'en réalité, c'était la première fois depuis son réveil qu'il avouait ses sentiments aussi clairement. Émue, Edelweiss se hissa à la hauteur de son bien-aimé et captura ses lèvres dans un baiser chaste, mais tout en douceur et en amour. Sa main se crispa, possessive, sur le thorax de l'homme qu'elle aimait. Lui, répondit à cette tendre étreinte, apportant tendresse et sensualité à ce premier vrai baiser en tant que couple. Il lui fit part de sa propre possessivité en enfouissant davantage sa main dans sa chevelure rousse. Un temps passa, trop court sans doute, durant lequel ils échangèrent leur marques d'affections, avant que le sommeil ne les gagnent. Avant de sagement reprendre sa nouvelle place contre le torse de son amant, Edelweis murmura contre ses lèvres échauffée par leur baiser : « Je t'aime. »
Et alors, que le sommeil gagnait la partie pour les deux sorciers, un certain fléreur ouvrit ses deux yeux rieurs. Avec toute sa grâce féline, il se leva et fit quelque pas avant de se laisser retomber mollement à son nouvel emplacement de couchage. Il venait de faire sienne, la chemise du petit-ami de sa maîtresse, tel un trophée bien mérité et longuement espéré. Il ferma à son tour ses grands yeux émeraudes et poussa un long soupire de contentement, ronronnant doucement pour se bercer lui-même. Mais bien sûr, il ne dormirait jamais plus que d'un œil, car même si sa maîtresse ne risquait plus rien, qu'elle était en sécurité dans les bras de son ancien professeur, jamais il ne pourrait oublier, qu'un jour elle fût en danger. Et jamais, il ne pourrait oublier que, malgré toute sa détermination et son amour pour elle, il n'était qu'un petit animal qui ne pourrait jamais égalé la force d'un homme. Et Amour avait ainsi peur qu'à la faveur de la nuit, le cauchemar ne recommence.
Salutations!
Ce chapitre s'est longuement fait attendre et je m'en excuse. Je n'avais pas vraiment le temps, pas vraiment l'inspiration et ce pendant un long moment. Ce n'était pas facile de revenir à des chapitres plus joyeux après les deux précédents et j'espère que j'ai opéré la transition au mieux.
Merci encore à celles et ceux qui suivent la fiction, c'est parce qu'on me l'a réclamée et que j'ai pu voir qu'elle était apprécié que j'ai persévéré pour retrouver l'inspiration.
J'espère être plus régulière à l'avenir =)
