Après une attente de neuf petits mois, je vous présente le chapitre 3 avec mes plus plates excuses et des yeux de chiens battus que vous ne pouvez pas voir.
Merci à Akerthy, Jack Sherkock Black-Londugbat, Kloye, sebferga, potter 241, Orthon McGraw, 92000 LouLou et Amarillys pour leurs reviews.
Disclaimer : Si Harry Potter et Percy Jackson m'appartenaient, je ne serais pas sur ce site.
Hope Potter - Katherine McNamara
-Je peux vous aider ? Demandais-je en faisant comme si de rien était.
-Ouais, l'avorton. En commençant par me dire qui t'es, au juste.
Ah. En langage de brute, elle voulait juste faire connaissance.
-Je suis Percy Jackson…et tu es ?
-Clarisse La Rue. Fille d'Ares, dit-elle avec fierté.
Les trois filles derrière elle se redressèrent et je compris qu'elle venait du même bungalow.
-Arès comme…le dieu de la guerre ?
Clarisse a ricané.
-Ça te pose problème ?
-Non, ai-je répondu en me ressaisissant. Ça explique juste la mauvaise odeur.
Clarisse a poussé un grognement et dit :
-Nous avons une cérémonie d'initiation pour les nouveaux, Cerfeuil.
-Percy, corrigeais-je.
-C'est pareil. Viens, je vais te montrer.
Je n'avais pas spécialement envie de la suivre. J'avais été nouveau dans suffisamment de bahut pour connaitre toutes les cérémonies d'initiation qu'il y avait à connaître. Elles n'étaient jamais agréable et étaient souvent suivit par une humiliation, une bagarre ou les deux en même temps.
J'étais peut-être plus petit et plus maigre que ces filles, mais je n'allais pas me laisser faire sans me battre. J'avais vaincu un minotaure et survécu à madame Dodds, après tout. Cette Clarisse ne me faisait pas vraiment peur après ce genre d'expérience. Et puis, j'étais le nouveau. Il fallait que je me fasse une réputation.
Je me suis tenu prêt à me battre, mais sans que j'aie eu le temps de voir venir, Clarisse m'a empoigné par le cou et traîné vers un bâtiment de parpaings. J'ai tout de suite compris que c'étaient les toilettes.
Je donnais des coups de pied et des coups de poing. Je m'étais déjà battu plein de fois dans ma vie, mais j'avais sous-estimé mon adversaire. Cette Clarisse était immense et avait une poigne de fer. Elle m'a traîné à l'intérieur des toilettes pour filles. Il y avait une rangée de WC d'un côté, une rangée de douches de l'autre. L'odeur était exactement la même que dans n'importe quelles toilettes publiques et je me suis dit -si tant est que j'arrivais à penser, avec Clarisse qui m'arrachait les cheveux- que si cet endroit appartenait aux dieux, ils auraient pu se payer des toilettes un peu plus classe. Les copines de Clarisse riaient et j'essayais de retrouver la force dont je m'étais servi pour combattre le Minotaure, mais je n'y arrivais pas.
-Ce tocard, de l'étoffe des « Trois Grands » ? A dit Clarisse en me poussant vers un des WC. J'y crois pas une seconde. Le Minotaure a dû s'écrouler de rire en le voyant tellement il a l'air bête.
Je pensais que les noms avaient du pouvoir ? Ou cette règle s'appliquait uniquement aux nouveaux ? J'entendis les autres filles ricaner.
Clarisse m'a forcé à m'agenouiller et s'est mise à me pousser la tête vers la cuvette. Celle-ci dégageait une puanteur de tuyaux rouillés et de, comment dire... de ce qui va dans des WC. Je luttais pour garder la tête levée. Tout en regardant l'eau crasseuse, je me disais : Je ne plongerai pas la tête là-dedans. Pas question. Alors il s'est passé quelque chose. J'ai senti une tension au creux de mon ventre, j'ai entendu la plomberie gronder, les tuyaux trembler. Clarisse a desserré sa poigne. Un jet d'eau a fusé de la cuvette en traçant un arc juste au-dessus de ma tête et, brusquement, j'ignore comment, je me suis retrouvé affalé par terre sur le carrelage, tandis que Clarisse, debout derrière moi, hurlait.
À 1 'instant où j'ai tourné la tête, une nouvelle gerbe d'eau a jailli de la cuvette des WC et touché Clarisse en pleine figure, avec une telle force qu'elle est tombée sur le derrière. Le jet d'eau a continué de l'arroser comme une lance d'incendie, la poussant violemment vers une des douches.
Elle se débattait, hoquetait, et ses amies se sont précipitées à sa rescousse. Mais alors les autres WC ont explosé, eux aussi, et six nouveaux jets d'eau ont refoulé les arrivantes. Puis les douches se sont mêlées à la partie, et à eux tous, les jets d'eau ont balayé toutes les filles en veste de camouflage hors des toilettes, les ballottant comme des détritus emportés par un courant.
Dès qu'elles ont eu franchi le seuil, j'ai senti la tension au creux de mon ventre se calmer, et l'eau s'est arrêtée aussi vite qu'elle avait déferlé. La salle de bains était inondée.
Baissant les yeux, je me suis rendu compte que j'étais assis dans le seul endroit sec de la pièce. Je me trouvais au milieu d'un cercle de sol sec. Je n'avais pas une seule goutte d'eau sur mes vêtements. Rien.
Je me suis relevé, jambes flageolantes.
-Percy ! Entendis-je Hope crier.
Hope entra en courant, suivit d'Annabeth. Les deux filles faillirent glisser sur l'eau mais se rattrapèrent juste à temps en se tenant l'une sur l'autre.
-Qu'est-ce qui s'est passé ? Demanda Annabeth de son ton autoritaire.
Je m'apprêtais à répondre que je n'étais qu'une innocente victime dans toute cette histoire et suggérer que Clarisse aille voir un thérapeute pour apprendre à gérer ses humeurs quand je vis avec stupéfaction Hope sortir sa baguette, marmonnait « Evanesco » et l'eau disparaître comme par magie.
Annabeth ne réagit pas comme si c'était quelque chose qui se produisait fréquemment mais je n'étais pas encore vraiment habitué au phénomène qu'était Hope Potter.
-Je te laisse seul une minute seulement, soupira cette dernière.
-Ce n'est pas ma faute !
Les deux filles adoptèrent un air sceptique et s'il en avait eu la force, Percy aurait rougit.
-Je ne sais vraiment pas ce qui s'est passé, dit Percy en haussant les épaules.
-Je dois aller m'entraîner, dit Annabeth.
La blonde se tourna vers la rouquine et lui adressa un regard lourd de sens qui me passa complètement au-dessus de la tête.
-Il faut qu'il aille consulter l'Oracle.
-C'est Chiron qui décide de ces choses.
-Ne te fiches pas de moi Hope ! Il a survécu à Clarisse dès son premier jour, c'est forcément lui !
Les yeux de Hope devinrent fluorescents alors qu'elle fusillait du regard la blonde.
-Encore une fois, c'est à Chiron de décider.
-Euh…de quoi vous parler ? Demandais-je, peu sûre de vouloir le savoir.
-De rien, répondirent-elles en chœur.
Nous nous sommes tous les trois dirigés vers la porte. Clarisse et ses amies étaient vautrées dans la boue, et quelques autres pensionnaires s'étaient attroupés autour d'elles. Clarisse avait les cheveux plaqués sur la figure. Sa veste de camouflage était trempée et elle empestait les égouts. Elle m'a jeté un regard de haine à l'état pur.
-T'es mort, le nouveau. T'es carrément mort.
J'aurais sans doute dû laisser courir, mais j'ai répondu :
-Tu veux te gargariser au jus de WC de nouveau, Clarisse ? Ferme ta bouche.
Ses amies ont dû la retenir. Elles l'ont traînée vers le bungalow 5, et les pensionnaires attroupés se sont vite écartés pour éviter ses coups de pied furieux.
-Et tu dis que ce n'est pas de ta faute, soupira Hope.
Annabeth, elle, me dévisageait carrément.
-Qu'est-ce qu'il y a ? Lui ai-je demandé sur la défensive. À quoi tu penses ?
-Je pense, a-t-elle répondu, que je te veux dans mon équipe pour Capture l'étendard.
Et elle partit sans aucune explication.
-Cette fille est tellement…
Je ne trouvais pas de mot pour décrire Annabeth Chase.
-Les enfants d'Athéna sont tous comme ça, dit Hope en haussant les épaules. Ils sont intelligents et ils le savent. Malheureusement, beaucoup d'entre eux sont arrogants et aiment tout contrôler.
Hope m'attrapa le poignet et m'invita à la suivre ce que je fis sans réfléchir. Jusque-là, elle avait été la seule à répondre à toutes mes questions sans me faire sentir stupide et je lui en étais reconnaissant. Une part de moi avait encore envie de rentrer chez moi, de retrouver ma mère et de réaliser que toute cette histoire n'était qu'un rêve étrange, mais une autre part de moi…une autre part savait que j'étais à ma place. Et c'était la sensation la plus étrange que j'ai jamais ressenti. De tous les endroits où j'ai été, de toutes les écoles que j'ai fréquenté, je ne m'étais jamais sentit à ma place. C'était juste…C'était juste encore trop tôt. Trop tôt pour que j'assimile vraiment toutes ces histoires de magie, de mythologie et de monstres. Mon monde venait de changer dramatiquement alors que j'étais le même Percy que j'avais toujours été.
-Est-ce que c'est pour ça que vous vous détestés ? Demandais-je pour me changer les idées.
-On ne se déteste pas ! Protesta Hope.
Ce fut à mon tour de lui adresser un regard sceptique.
-Non sérieusement, on ne se déteste pas. On est plus…rivales qu'autre chose. Quand je suis arrivée ici, j'avais sept ans, Annabeth en avait huit. Comme nous avions presque le même âge, nous étions constamment ensemble et nous nous disputions presque tous les jours. Nous sommes toutes les deux compétitives par nature, expliqua Hope. Ca a empiré quand j'ai été admise à Poudlard.
-Pourquoi ? Demandais-je curieux.
-Annabeth n'en a peut-être pas l'air, mais elle est tout aussi hyperactive que toi et moi. Elle rêve d'aventure et de quête. Mais elle n'a pas eu l'occasion de mettre les pieds hors du camp en cinq ans. En tant que fille d'Athéna, elle attirerait trop de monstres, elle ne peut pas vraiment se le permettre.
-Est-ce que ça veut dire que je suis coincé ici, moi aussi ? Demandais-je en sentant mon ventre se nouer à cette idée.
-Ça dépend. Certains pensionnaires passent seulement l'été à la colonie. Si tu es un enfant d'Aphrodite ou de Déméter, tu n'es sans doute pas une force puissante. Les monstres risquent de t'ignorer, tu peux donc te contenter de suivre quelques mois d'entraînement l'été et vivre dans le monde des mortels le reste de l'année. Mais pour certains d'entre nous, il est trop dangereux de partir. Nous sommes des permanents.
-Alors les monstres ne peuvent pas entrer ici ?
-Non. Sauf s'ils ont été placés délibérément dans les bois ou convoqués spécialement par quelqu'un de l'intérieur.
-Quelle raison peut-on bien avoir de convoquer un monstre ?
-S'entraîner au combat. Faire une farce.
-Une farce ?
-Tu n'as pas rencontré Connor et Travis ? Demanda-t-elle d'un ton sarcastique. Le truc, c'est que les limites de la colonie sont verrouillées pour empêcher les mortels et les monstres d'entrer. De l'extérieur, les mortels regardent la vallée et ne voient rien d'anormal, juste des champs de fraises. Mon école aussi a de puissantes protections et c'est pour ça que je peux y passer l'année sans problème. Avant ça, j'étais une permanente comme Annabeth.
De l'intérieur de son tee-shirt, elle a sorti un lien de cuir orné de quatre pierres d'argile de différentes couleurs qu'elle portait au cou. Il était exactement comme celui de Luke, sauf qu'une chevalière avec un rubis y était également enfilée.
-Chaque année au mois d'août, le dernier jour de la session d'été, tu reçois une perle pour avoir survécu une année de plus.
-Pourquoi es-tu venue si petite ? Demandais-je presque malgré moi.
Elle fronça les sourcils et je regrettais immédiatement de lui avoir posé la question lorsque je sentis son humeur s'assombrir.
-Lorsque mes parents sont morts, j'ai été envoyé chez la sœur de ma mère. Elle…elle et sa famille ne m'aimaient pas beaucoup. En réalité, ils me détestaient...un jour, j'en ai eu assez et j'ai décidé de fuguer.
Je la contemplais bouche-bée un instant avant de demander timidement.
-Ca veut dire que je peux partir, si je le veux ?
Hope me regarda tristement.
-Avec la permission de Chiron ou de Monsieur D, tu pourrais t'en aller à la fin de l'été mais je ne pense pas que ce soit une bonne idée, Percy.
-Pourquoi ?
-Parce que tu es puissant.
Je la regardais comme si elle était cinglée. Moi puissant ? Clarisse m'aurait démoli si elle n'avait pas été attaquée par la plomberie et même Hope qui avait un an de moins de moi semblait être capable de me battre à plat de couture. Je n'avais pas de pouvoir, je ne savais pas qui était mon père et je n'étais même pas sûr d'être vraiment un sang-mêlé ! Toute cette histoire semblait trop invraisemblable.
-Je suis sérieuse, continua-t-elle en voyant mon regard dubitatif. Je peux le sentir. Qu'est-ce qui s'est passé avec Clarisse ? Demanda-t-elle.
Je fis de mon mieux pour lui décrire les évènements qui s'étaient produits et je la vis se mordiller la lèvre inférieure d'un air inquiet.
-A quoi est-ce que tu penses ? Demandais-je lorsqu'elle arrêta de marcher pour me regarder d'un air étrange.
-C'est juste une théorie mais j'espère vraiment que je me trompe, dit-elle doucement.
Elle soupira et recommença à marcher.
-Viens, je ne t'ai pas encore tout montré.
Hope me fit visiter d'autres endroits qu'elle n'avait pas encore eu le temps de me montrer : l'atelier aux métaux (où les jeunes forgeaient leurs propres épées), la salle d'art et d'artisanat (des satyres y polissaient à la sableuse une immense statue de marbre représentant un homme chèvre) et le mur d'escalade, lequel se composait en fait de deux murs en vis-à-vis qui tremblaient violemment, projetaient des rochers et des jets de lave, et s'écrasaient l'un contre l'autre si on n'arrivait pas en haut assez vite.
En fin de parcours, nous sommes retournés au lac de canoë-kayak, d'où la piste ramenait aux bungalows.
-Tu sais, c'est pas si mal ici, dit Hope en s'installant une nouvelle fois par terre.
Nous faisions face au lac et la surface scintillait sous la lumière du soleil comme un lit de diamant.
Je ne dis rien, ne voulant pas me montrer désagréable envers la seule personne qui semblait vouloir m'aider. Le silence s'installa entre nous pendant quelques minutes mais ce n'était pas désagréable. J'étais occupé avec mes pensées et Hope avec les siennes ne semblait pas pressée de combler le silence.
-C'est bientôt l'heure du dîner, dit-elle au bout d'un moment. Tu viens ?
Elle se leva avec une grâce que je n'aurais jamais et me tendit la main. Je la pris sans hésiter.
Au bungalow 11, tout le monde bavardait et s'amusait en attendant l'heure du dîner. Pour la première fois, j'ai remarqué que beaucoup de pensionnaires avaient des traits ressemblants : le nez pointu, des sourcils en accent circonflexe, un sourire malicieux. C'était le genre de mômes que les profs cataloguaient tout de suite comme des chahuteurs.
-Hope ! Cria une petite fille.
Elle semblait avoir neuf ans et se jeta avec enthousiasme sur son aînée.
-Doucement, Lou.
-Tu m'avais promis de m'aider en métamorphose, se plaignit la petite fille.
-Désolé, j'étais occupée avec Percy. Percy, je te présente ma petite sœur Lou Ellen Blackstone, Lou je te présente Percy Jackson.
-Je sais qui il est, dit la sœur de Hope d'un air pincé.
Elle avait de longs cheveux noirs, des yeux verts très clairs et un air hautain qui rappelait plus Annabeth que Hope. Elle me lança un regard scrutateur. La dernière fois que quelqu'un m'avait regardé de cette manière, cette personne qui jusqu'à présent avait été ma prof de maths, s'était transformé en monstre et m'avait attaqué.
-Sois polie, dit Hope en tapotant le front de sa sœur.
-Je suis toujours polie, protesta Lou Ellen.
Hope leva les yeux au ciel et marmonna quelque chose en grecque qui ressemblait vaguement à « mon œil ».
-Le dîner est presque prêt, on peut remettre ça à demain ?
-Mais…
-Pourquoi tu n'as pas demandé à Alabaster ou Lissa de t'aider ?
-Alabester est un crétin et Lissa était occupée avec son petit-ami. En parlant de petit-ami…
La petite fille me fusilla soudainement du regard et se plaça entre Hope et moi.
-Ma sœur est trop bien pour toi !
Rouge comme une tomate et la mâchoire tombante, je sentis mes yeux s'ouvrir comme des soucoupes. Avant que je ne puisse me défendre, la petite fille attrapa sa sœur par la main et l'éloigna de moi avec force.
-Ne prend pas ça personnellement, dit une voix derrière moi. Lou Ellen a un sister complex et fusille du regard quiconque s'approche un peu trop près de sa soeur. Tu devrais voir ce qu'elle a fait à un fils d'Apollo quand il a tenté de flirter avec Hope.
Je me retournais pour faire face à Luke le conseiller. Lui aussi avait l'air de famille Hermès, bien que gâché par la balafre à sa joue gauche. Son sourire, en revanche, était intact et je me suis sentit tout de suite un peu mieux.
-Je t'ai trouvé un sac de couchage, a-t-il dit. Tiens, je t'ai aussi volé quelques affaires de toilette dans la réserve de la colonie, aussi.
Je ne savais pas s'il plaisantait ou non, pour le vol.
-Merci, ai-je dit.
-Pas de problème. Rude première journée ?
-Je…Hope m'a expliqué, elle a répondu à toutes mes questions mais…je ne crois toujours pas aux dieux. C'est toujours trop dingue.
-Ouais. On a tous commencé comme ça. Et tu sais quoi ? Une fois que tu commences à y croire, ça ne te simplifie pas les choses.
L'amertume que j'ai décelée dans sa voix m'a surpris parce que Luke avait l'air d'un type assez cool. Le genre de type qui peut s'adapter à pratiquement n'importe quoi.
-Alors ton père, c'est Hermès ? Lui ai-je demandé.
Il a sorti un couteau à cran d'arrêt de sa poche et j'ai cru une seconde qu'il allait m'étriper, mais il s'est contenté de racler la boue de sa semelle de sandale.
-Ouais. Hermès.
-Le messager aux pieds ailés.
-C'est lui. Messagers. Médecins. Voyageurs, marchands, voleurs. Tous ceux qui prennent la route. C'est pour cette raison que tu es là, que tu bénéficies de l'hospitalité du bungalow 11. Hermès n'est pas regardant, il parraine n'importe qui.
Je me suis dit que Luke n'avait pas voulu me traiter de n'importe qui. Il était sans doute préoccupé.
-As-tu jamais rencontré ton père ? Lui ai-je demandé.
-Une fois.
J'ai attendu, pensant que s'il voulait me le raconter, il le ferait. Apparemment, il ne le souhaitait pas. Je me suis demandé si l'histoire avait un rapport avec sa balafre.
Luke a levé la tête et a souri.
-Ne t'inquiète pas, Percy. Les pensionnaires d'ici, pour la plupart, ce sont des gentils. Après tout, c'est la famille élargie, pas vrai ? Nous veillons les uns sur les autres.
Il semblait comprendre à quel point je me sentais perdu et je lui en étais reconnaissant car, normalement, un gars plus âgé comme lui -même s'il était conseiller- aurait évité un collégien bourré de problèmes comme moi. Mais Luke m'avait accueilli au bungalow. Il avait même volé des affaires de toilette pour moi. J'ai décidé de lui poser ma dernière grande question, celle qui m'avait tracassé tout l'après-midi.
-Clarisse, de chez Arès, s'est moquée de moi en disant que je ne pouvais pas être de « l'étoffe des Trois Grands». Et puis Annabeth a parlé d'Oracle ou de je ne sais quoi. Qu'est-ce que ça signifie, tout ça ?
Luke a replié son cran d'arrêt.
-Je déteste les prophéties, soupira-t-il.
-Qu'est-ce que tu veux dire ?
Son visage a tressailli, tirant sur sa cicatrice.
-Disons juste que j'ai gâché les choses pour tout le monde. Ça fait deux ans, depuis que mon expédition au jardin des Hespérides a mal tourné, que Chiron n'autorise plus aucune quête. Annabeth meurt d'envie d'aller dans le monde. Elle a tellement asticoté Chiron qu'il a fini par lui dire qu'il connaissait déjà son sort. Qu'il avait reçu une prophétie de l'Oracle. Il a refusé de tout lui raconter, mais il a dit qu'Annabeth n'était pas encore destinée à partir en quête. Elle devait attendre que... quelqu'un de spécial arrive à la colonie.
-Quelqu'un de spécial ?
-T'inquiète pas, mon grand, a dit Luke. Chaque fois qu'un nouveau pensionnaire arrive, Annabeth s'imagine que c'est le présage qu'elle attend. Maintenant viens, c'est l'heure du dîner.
A peine a-t-il fini sa phrase qu'une corne a retenti au loin. J'ai su qu'il s'agissait d'une conque, même si je n'en avais encore jamais entendu.
-Le 11 ! a crié Luke. À vos rangs !
Le bungalow tout entier - nous étions peu plus d'une vingtaine - est sorti à la queue leu leu dans la cour. Nous nous sommes rangés par ordre d'ancienneté ce qui a fait de moi le grand dernier, bien sûr.
Lou Ellen Blackstone était en face de moi et me tira la langue.
Des pensionnaires affluaient des autres bungalows également, sauf des trois bungalows vides du bout et du bungalow 8, qui m'avait paru normal à la lumière du jour mais qui commençait à luire d'un éclat argenté maintenant que le soleil se couchait.
Nous avons gravi la colline en direction du pavillon à colonnes du réfectoire. Des satyres ont quitté la prairie pour nous rejoindre. Quelques autres filles sont sorties des bois - et quand je dis sorties des bois, je veux dire directement sorties des bois. J'ai vu une petite fille de neuf ou dix ans surgir du tronc d'un érable et s'élancer en sautillant sur le flanc de la colline. En tout, il devait y avoir une centaine de pensionnaires, quelques douzaines de satyres et une douzaine de nymphes des bois et naïades.
Au réfectoire, des torches flambaient tout autour des colonnes de marbre. Au centre, un feu brûlait dans un brasero de bronze de la taille d'une baignoire.
Chaque bungalow disposait de sa table attitrée, recouverte d'une nappe blanche à liseré violet. Quatre tables étaient vides. En revanche, il y avait beaucoup trop de monde à celle du bungalow 11. J'ai dû me coincer en bout de banc, une moitié de fesse dans le vide.
Hope était assise en face de moi et m'offrit un petit sourire que je lui rendis malgré mes joues rouges.
Je mis un point d'honneur à ignorer le regard mauvais de Lou Ellen.
J'ai aperçu Grover à la table 12 en compagnie de Monsieur D., de quelques satyres et de deux garçons dodus qui ressemblaient beaucoup à Monsieur D. Chiron se tenait juste à côté de la table, bien trop petite pour un centaure.
Annabeth était assise en table 6 avec un groupe de jeunes à l'allure sportive, qui avaient tous ses yeux gris et sérieux et ses cheveux couleur de miel.
Clarisse était assise derrière moi, à la table d'Arès. Elle avait dû se remettre de sa douche forcée car elle riait et rotait gaillardement avec sa tablée. Au bout d'un moment, Chiron a martelé de son sabot le sol de marbre du pavillon et tout le monde s'est tu. Il a levé un verre.
-Aux dieux !
Tout le monde a levé son verre en reprenant :
-Aux dieux !
Des nymphes se sont avancées avec des plats chargés de nourriture : raisins, pommes, fraises, fromage, pain frais, et, oui, grillades ! Mon verre était vide mais Hope s'est penché vers moi et dit :
-Parle-lui. Demande-lui ce que tu veux.
J'ai dit :
-Coca cerise.
Le verre s'est rempli d'un liquide brun caramel pétillant.
Puis j'ai eu une idée :
-Coca cerise bleu.
Mon soda a viré au bleu cobalt.
J'ai goûté prudemment. Parfait.
J'ai porté un toast à ma mère.
Elle n'a pas disparu, me suis-je dit. Pas de façon définitive, en tout cas. Elle est aux Enfers. Et si c'est un lieu réel, alors, un jour...
-Tiens, Percy, m'a dit Luke en me tendant un plat d'entrecôtes grillées. Je me suis servi généreusement et j'allais me découper une belle bouchée quand j'ai remarqué que tout le monde se levait et se dirigeait, assiette à la main, vers le feu central. Je me suis demandé s'ils allaient chercher le dessert ou quelque chose comme ça.
-Viens, m'a dit Luke.
En me rapprochant, j'ai vu que chacun, son tour venu, prélevait une part de son repas et la jetait dans les flammes : la fraise la plus mûre, la tranche de
viande la plus juteuse, le petit pain le plus chaud et beurré.
Luke m'a murmuré à l'oreille :
-Offrandes brûlées pour les dieux. Ils aiment l'odeur.
-Tu plaisantes ?
Son regard m'a averti de ne pas prendre cela à la légère, pourtant je ne pouvais pas m'empêcher de me demander pourquoi un être immortel et puissant aimerait l'odeur d'aliments brûlés.
Luke s'est approché du feu, a penché la tête et jeté une grappe de gros raisins noirs :
-Hermès.
C'était maintenant mon tour.
J'aurais tellement aimé savoir quel dieu nommer.
Alors j'ai prononcé une prière silencieuse : qui que tu sois, dis-le-moi. S'il te plaît. J'ai jeté un beau morceau d'entrecôte dans les flammes.
Lorsqu'une bouffée de fumée m'est parvenue aux narines, je n'ai pas suffoqué. Elle n'avait pas du tout une odeur d'aliments brûlés. Elle sentait le chocolat chaud et les gâteaux sortant du four, les hamburgers au barbecue et les fleurs des champs, ainsi qu'une centaine d'autres bonnes choses dont les parfums n'auraient pas dû aller bien ensemble, mais qui pourtant se mélangeaient délicieusement. J'aurais presque pu croire que les dieux se nourrissaient de cette fumée.
Je vis Hope murmurait plus d'un nom et je me demandais vaguement qui elle remerciait.
Une fois que tout le monde eut regagné sa place et fini de dîner, Chiron a de nouveau tapé du sabot.
Monsieur D. s'est levé en poussant un gros soupir.
-Bon, je crois qu'il faut que je vous dise bonjour à tous, les marmots. Alors bonjour. Notre directeur d'activités, Chiron, annonce que le prochain Capture l'étendard aura lieu vendredi. Actuellement, c'est le bungalow 5 qui détient les lauriers.
Des acclamations stridentes ont jailli de la table d'Arès.
-Personnellement, a continué Monsieur D., je m'en moque, mais félicitations. Et puis je dois aussi vous dire que nous avons un nouveau pensionnaire à partir d'aujourd'hui. Peter Jackson.
Chiron a murmuré quelque chose.
-Euh, Percy Jackson, a rectifié Monsieur D. C'est ça. Bienvenue, hourra. Maintenant filez à votre stupide feu de camp. Allez.
Tout le monde a applaudi malgré le manque évident d'enthousiasme de Monsieur D et je vis avec amusement Hope retenir un éclat de rire. Nous nous sommes tous dirigés vers l'amphithéâtre, où le bungalow d'Apollon a animé la soirée de chants. Nous avons chanté des chansons sur les dieux, mangé des marshmallows grillés au chocolat, ri et plaisanté, et ce qui était marrant, c'est que je n'avais plus l'impression qu'on me regardait. Hope avait raison, ce n'était pas si mal ici…En parlant de Hope, elle réussit à semé sa sœur et à passer la soirée avec moi.
Plus tard dans la soirée, alors que les étincelles du feu de camp fusaient dans le ciel étoilé, la conque a retenti de nouveau et nous avons tous regagné nos bungalows en rang.
-Bonne nuit Percy.
-Bonne nuit.
Je ne me suis rendu compte de mon degré d'épuisement qu'à l'instant où je me suis effondré sur mon sac de couchage d'emprunt. J'ai refermé les doigts sur la corne du minotaure. J'ai pensé à maman, mais c'étaient de bonnes pensées : son sourire, les histoires qu'elle me lisait le soir dans mon lit quand j'étais petit, sa façon de me dire « Ne te fais pas mordre par les punaises de lit ».
À la seconde où j'ai fermé les yeux, je me suis endormi.
Telle fut ma première journée à la Colonie des Sang-Mêlé.
J'étais loin de soupçonner, alors, que mon séjour dans mon nouveau foyer serait si court.
Je vous aime, ne me tapez pas ? Encore une fois, je m'excuse de mon retard c'est inadmissible, je sais. Je suis en train de faire de mon mieux pour écrire autre chose que des fanfictions de Naruto depuis quelques jours et je voulais à tout prix poster un nouveau chapitre de Hope.
Personne n'a deviné qui était l'ancêtre divin de Hope et comme a dit Akherty, je ne vous ai pas donné suffisemment d'indice pour que vous le deviniez. Alors, voici un indice : ça a un rapport avec les Peverell.
Est-ce que vous avez aimé ? Détesté ? Vous avez pensé quoi de Percy, Hope, Annabeth et Lou Ellen ?
Le prochain chapitre est en cours, je le posterais le plus tôt possible.
Bises,
LS.
