Chapitre I. JUSTIN
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- Mia? Tu es prête?
- Nooon..., mon ange... s'exclame Hermione en passant en trombe devant son mari pour s'enfermer dans les toilettes.
- Elle est encore malade? demande Draco.
- Comme tous les matins...
- Madame Pomfresh dit que ça devrait aller mieux dans une quinzaine de jours...
- Tu ne peux rien faire?
- Sy! Tu comprends bien que si c'était le cas, ce serait déjà fait... Une blessure, des côtes cassées, une baisse de magie, des brûlures, je sais, mais des nausées de femme enceinte, je ne connais pas...
- Désolé, tendre ami... C'est juste que... fit Sylas
- Chut! Je sais! Moi non plus je n'aime pas la voir comme ça mais après l'échec de la potion et des pilules de Madame Pomfresh, nous avons tout essayé : le grand verre d'eau froide au réveil, le petit déjeuner au lit, un repas léger et se recoucher à nouveau, un toast une demi-heure avant le lever, le massage des poignets, tous les trucs de bonne femme que nous a soufflés Molly...
- Ce qui est incompréhensible c'est que avant que nous ne soyons ici à Toulouse, elle n'avait pas de problème.
- Précédemment c'était les aspics et elle était concentrée là dessus. fit Draco en haussant les épaules.
- Tu crois que c'est psychologique?
- En partie...
- Peut-être que chez les garçons, ça ira mieux?
- Je suis content de les retrouver! Ils m'ont manqué. dit Draco avec un sourire.
- Nous ne sommes là et loin d'eux que depuis deux semaines. protesta Sy qui avait particulièrement apprécié ces moments détendus passés seuls avec ses deux amours, il lança un coup d'œil à son mari et amant le trouvant particulièrement séduisant dans ce jeans clair et ce tee-shirt noir un rien moulant.
- Je sais, Amour, mais avoue qu'en dehors de nos nuits c'est un peu calme... fait Dray avec un sourire en coin vers son homme qui lui répondit d'un air tendrement moqueur.
- Si j'ai bien compris ce que Harry a dit au téléphone il y a deux jours, ils sont ravis de leurs vacances, en solitaires.
- Oui! mais cette semaine, ils ont invité Pierre, sa femme Hélène, Sarah, Mahaut et Florian, le père et le frère de Jim.
- La bastide doit être grande, constate Sylas.
- Je crois qu'ils ont aménagé d'anciens communs pour recevoir comme ça leurs invités disposent d'une certaine intimité. expliqua Draco.
- Et eux aussi!
Le premier eut un sourire moqueur en pensant à Jim et Pierre-François qui avaient dû se résigner à emmener Sirius avec eux dans leur bagages. Depuis que l'amant du Survivant avait sorti le parrain de celui-ci des limbes lors de la bataille à Stonehenge (1), il n'avait plus quitté son filleul et ne manifestait aucune intention de le faire. Il y avait donc à la bastide "Les Tamaris", Harry Potter, sorcier et vainqueur de Voldemort, ses deux compagnons, Jim, jeune moldu de vingt trois ans et fiancé très officiel de l'Elu et Pierre-François Vassier, sorcier de trente cinq ans, ancien serpentard, actuellement directeur de l'école sorcière de Poudlard, Cloud, le fils adoptif de ce dernier, Lily, fille du même, Aymeric, le pupille de Harry et enfin Sirius, l'éternel maraudeur.
Ce soir l'arrivée de Pierre, sa femme et leurs trois enfants augmenterait le nombre des habitants du mas. Ils avaient rencontré le secrétaire d'état français aux affaires européennes, lors des négociations avec l'Union Européenne qui voulait se mêler de la politique du monde sorcier. Elles s'étaient déroulées en Belgique et leur avaient permis de rencontrer des délégués de plusieurs pays dont certains faisaient maintenant partie de leurs familiers. Il y aurait aussi les meilleurs amis de Harry, Hermione, Draco et Sylas avec leur fils Teddy c'est-à-dire eux-mêmes. Il était prévu qu'ils arrivent le matin pour s'installer avant le déjeuner.
- Voilà! je suis prête.
- Ça va mieux, ma mie? demanda Sylas en prenant Hermione dans ses bras et en posant son front contre le sien.
- Oui. fit-elle encore un peu pâle avec un sourire contrit.
- Ils créent déjà bien des problèmes à leur maman nos deux petits rois... poursuivit-il tendrement faisant rire sa femme.
- Voilà, nous pouvons partir! Fiane a rassemblé nos bagages en bas! intervint Draco.
La présence des deux elfes de maison du quartier général pour entretenir le castel rose, cuisiner, s'occuper du linge avait failli provoquer la plus grosse de leurs disputes depuis qu'ils étaient ensemble. Harry avait demandé à Draco de ne pas faire appel au personnel de l'hôtel Saint-Maur Depuis les photos prises au castel et parues dans le Independent Wizard pour leur nuire, Dray se méfiait de tout le monde. Il n'avait donc pas voulu passer outre les recommandations de son meilleur ami qui devait avoir ses raisons. Hermione ne l'entendait pas de cette oreille, deux si petites créatures ne pouvaient faire tout ce travail. Le fait qu'ils utilisent un pouvoir magique peu commun semblait lui échapper complètement. Sylas avait trouvé la solution en engageant une troisième elfe qui s'occupait de la lessive et du repassage de toute la maisonnée.
Ils descendirent joyeusement dans le hall, réduisirent les bagages et les glissèrent à l'intérieur de leur poche. Ils se dirigèrent vers le jardin, Sylas la main sur la taille de Mia, Draco portant Teddy. Ils transplanèrent sur un chemin carrossable à proximité d'une pinède. Cloud vint à leur rencontre et les guida, leur faisant lire, notée sur un papier par Harry devenu le gardien du secret, l'adresse des Tamaris, qui leur apparut alors. Ils empruntèrent à leur gauche une allée de gravillons et se trouvèrent devant un grand jardin à la pelouse impeccable et où les roses et la lavande occupaient une place importante. Une terrasse faisait toute la largeur de la maison. Sur la droite deux anciens bâtiments semblaient avoir retrouvé récemment une nouvelle jeunesse.
- Dad, Harry et Jim ne sont pas encore rentrés du marché. Vous voulez voir vos chambres ou je vous installe sur la terrasse devant une boisson glacée?
- Je déposerai les bagages à votre bungalow bien entendu, intervint un inconnu d'une quarantaine d'années qui venait au devant d'eux. Je m'appelle Robert et je suis le majordome. C'est la jeune Fanny qui s'occupera de vous pendant le temps de votre séjour. Elle loge aux tamaris et gardera aussi Monsieur Teddy en cas de sortie.
- Bien. Merci Robert. Nous prendrons donc ce verre devant la mer en attendant leur retour. fit Draco avec un sourire.
- Ils ne devraient plus tarder. leur fit Cloud moqueur. Le cuisinier est déjà dans tous ses états car il n'a pas ses légumes pour préparer le déjeuner.
Ils suivirent le garçon, traversant les pièces fraîches de la bastide pour arriver à l'arrière de la maison sur la terrasse abritée du soleil par un large auvent. Une jeune fille vint aussitôt leur apporter un seau à glace rempli, des verres et des bouteilles de limonade ainsi qu'un pichet de jus de fruits.
- Superbe vue, Cloud.
- Oui c'est un petit coin de paradis loin de toute agitation et de toute rumeur du monde sorcier enfin presque... précisa-t-il.
Draco lui lança un coup d'œil interrogateur. Le jeune serpentard lui fit un signe négatif de la tête. Harry le mettrait au courant.
- Et Sirius? Où est-il? demanda Hermione curieuse.
- Il est sorti hier soir, il dort encore, répondit le garçon avec un sourire goguenard. Il leur en fait voir! Même Harry parfois ne sait plus où donner de la tête.
- Et nos trois amoureux?
- Toujours fourrés ensemble sous les moqueries de notre infernal maraudeur. Ils s'entendent parfaitement, jamais un mot plus haut que l'autre. Je suppose qu'avec trois personnalités fortes comme les leur, ça éclatera un jour mais ils s'aiment tellement... de plus en plus! Ah! les voilà j'entends le break!
Bientôt en effet, ils entendirent des voix joyeuses qui approchaient puis une course légère dans la maison et Lily se précipita vers Teddy qui lui avait manqué.
- Elle est toute brune! s'émerveilla Hermione.
- Nous sommes à la plage tous les après-midi, expliqua Cloud.
Bientôt s'encadra dans la porte fenêtre leur hôte, Pierre-François, la trentaine dynamique, bien découplé, blond aux yeux bleus très clairs, des traits fins mais virils et des cheveux longs attachés en catogan. Il était aussi bronzé que sa fille et ça lui allait bien mais plus que tout ce qui frappa ses invités, c'est ce nouvel air épanoui que lui apportait l'amour des deux jeunes gens qui surgissaient à ses côtés aussi différents que possible.
Le premier était un homme très jeune presque encore un adolescent, pas vraiment beau, mince sans être maigre. Un visage aux traits réguliers, un sourire séduisant attiraient le regard, des cheveux noirs indisciplinés revenaient sur des yeux vert émeraude impérieux. Le second était un éphèbe d'un peu plus de vingt ans, au profil grec, au regard rêveur bleu foncé, à la bouche boudeuse, aux boucles blondes très courtes, aux traits qui auraient pu sembler féminins sans le menton un peu trop carré qui affichait une forte volonté.
Harry semblait ravi de retrouver ses amis qu'il étreignit tour à tour. Il s'assit à côté d'Hermione et attira sur ses genoux le jeune blond qui s'appelait Jim et qui était son fiancé. Il posa un tendre baiser sur sa bouche. Pierre-François s'installa à côté de lui, la main posée sur son poignet, réunissant les bracelets elfiques qu'ils portaient tous deux, témoignage indéfectible de son amour et de la protection qu'il s'était engagé à apporter, à son jeune amant. Harry échangea avec lui un regard complice, les saphirs du bijou-lien visibles à leurs seuls yeux brillaient d'un éclat bleu profond, preuve de son immense attachement envers l'aîné. Il noua ses doigts aux siens et resserra sa pression sur la taille de Jim qui avait niché sa tête dans son cou.
- Fatigué mon tout-beau? demanda-t-il tendrement, inquiet pour le garçon qui avait été blessé lors de leur bataille à Stonehenge.
- Non! ça va. fit ce dernier en posant un baiser sur sa tempe.
Deux jeunes filles apparurent et commencèrent à dresser la table du déjeuner. Elles se ressemblaient. Manifestement elles appartenaient à la même famille.
- Fanny! appella Pierre-François.
- Oui, Monsieur?
- Viens que je te présente. Mes amis, voici Fanny. Elle et sa sœur Marine sont les nièces de mon cuisinier. Etudiantes à Paris, elles travaillent pour nous cet été afin de financer leur année à l'université. Fanny, c'est à toi à veiller sur le confort du logement du comte de Saint Maur, de Lady et Lord Malefoy ainsi que de Teddy, leur fils.
- Bien Monsieur. Je ferai de mon mieux, fit la jeune fille intimidée.
- Lady Malefoy attend un heureux évènement ou plutôt deux, je compte sur toi pour bien la soigner.
- Pierre-François, tu vas lui faire peur avec tous ces titres pompeux, protesta Hermione.
- As-tu des nausées le matin? demanda le sorcier.
- Oui! malheureusement. J'ai tout essayé sans résultat.
- J'ai peut-être ce qui arrangera ça. Ma femme avait le même problème et seule cette tisane glacée a supprimé ces malaises. Tu demanderas à ton oncle de préparer chaque soir la décoction de gingembre et de sépia dont je lui ai donné la recette, fit-il en se tournant vers la jeune fille, tu la mélangeras à un demi verre de jus de citron frais et tu amèneras ça chaque matin à Lady Malefoy avant son lever. Tu t'arrangeras avec elle pour l'horaire.
- Je ne compte pas me réveiller très tôt. Pour neuf heures ce sera très bien. Ne te tracasse pas, nous nous entendrons très bien, surtout si à la place de me donner du Milady, tu m'appelles Madame Hermione..
- Merci, Madame Hermione. répondit la jeune fille qui se remit au dressage de la table manifestement soulagée.
oOo
- Grand-frère, dis-moi que tu as encore une de ces petites fioles comme celle que tu m'as donnée l'autre jour... j'ai un troupeau d'hippopotames dans la tête! fit un jeune homme châtain clair qui se laissa tomber lourdement sur une chaise longue.
- Tiens! fit Pierre-François au garçon qui venait d'arriver. J'avais prévu ton réveil difficile.
- Merci. Harry, mon petit beau-frère chéri, plus jamais je ne sortirai avec ton parrain!
- Je t'avais prévenu, Peter. fit Jim d'un ton mécontent.
- Je sais grand-frère, je sais! Bonjour vous trois, fit le jeune homme après avoir pris la potion. Je ne vous avais pas vus! soupira-t-il.
- Bonjour, se marra Draco. Le gai maraudeur a encore frappé!
- Lui était en pleine forme! pourtant il a bu plus que moi. D'ailleurs je crois qu'il n'est pas rentré seul. finit-il sans voir le sursaut de Harry.
- Je suis rentré seul! fit une seconde voix railleuse celle-là. Les Black savent se tenir. Je t'ai ramené d'abord, puis je suis ressorti.
Bonjour tout le monde! Comment vas-tu Hermione?
- Bien Sirius. Merci.
Le parrain posa un regard sur son filleul qui n'avait rien dit. Même si il avait en ce moment une expression contrariée, il était indéniable qu'il était épanoui comme jamais il ne l'avait vu. Depuis quinze jours qu'il vivait avec eux, il devait admettre que Jim et Pierre-François le rendaient heureux. Il avait remarqué qu'il éprouvait toujours le besoin de les toucher comme si il avait peur de les perdre, peur qu'ils ne soient pas là réellement. Le jeune homme avait manqué de tendresse c'était indéniable et ses deux compagnons s'efforçaient de lui en donner autant qu'il en réclamait à longueur de temps. Discrètement, il les observait et apprenait à les connaître. Ils étaient fous de lui. Oh! ils avaient des défauts, personne n'est parfait, Harry en avait aussi, mais leur amour le rendait rêveur. Bien sûr, il était choqué de leur situation et avait peur de ce qu'en dirait la société sorcière car ils ne pourraient qu'en souffrir.
Le déjeuner fut animé. Draco était manifestement ravi de retrouver de la compagnie et discutait de l'université sorcière avec Peter qui s'était inscrit aux cours d'histoire et politique sorcières destinés aux moldus. Hermione donnait ses instructions à Fanny et aménageait avec elle leur planning de telle façon à laisser à la jeune fille du temps libre pour sortir ou aller à la plage. Sylas discutait avec Sirius et notait le regard de celui-ci posé très souvent sur son filleul. Comme ils avaient acheté le matin un filet et des piquets, ce dernier expliquait à Cloud et Aymeric les règles du beach-volley.
Il était déjà tard quand ils descendirent par le petit sentier dans la pinède sur la petite étendu de sable privée. Ils installèrent parasols et tapis de plage en quelques minutes puis Harry et Cloud tentèrent d'enfoncer les poteaux pour tendre le filet sous l'œil un peu narquois de Pierre-François qui au bout d'un quart d'heure sorti sa baguette et les enfonça d'un sortilège en deux secondes. Il éclata de rire en recevant un coup d'œil ulcéré de son agneau qui se précipita toutes griffes dehors sur lui, sous le regard atterré des nouveaux venus. Jim quant à lui souriait et se mit à encourager tour à tour les deux combattants. Il leur fut vite évident que la rixe n'avait rien de sérieux. Il finit par se retrouver immobilisé sous Pierre-François assis sur lui et qui le contemplait avec satisfaction.
- Dis-moi que j'ai gagné!
- Jamais!
- Oh! oh! et que vas-tu faire mon agneau chéri?
- Te tourner le dos ce soir si tu ne me libères pas de suite.
- Tu sais ça ne me dérange pas vraiment, j'aime être de ce côté là! se marra le vainqueur sans voir le sursaut du parrain choqué par le sous-entendu grivois.
Mais Pierre-François en avait perdu le peu d'attention qu'il portait au combat et Harry en profita pour l'attirer par la nuque vers lui, puis d'un coup de hanche le fit basculer et se retrouva au dessus.
- Il ne faut jamais baisser sa garde trop tôt, mon loup. fit-il en caressant le visage de son amant avant de l'embrasser.
Peter fixait son frère. Arrivé hier soir, il avait été troublé de ce qu'il avait cru surprendre entre son futur beau-frère et Pierre-François, mais il était sorti avec Sirius et n'avait pas eu l'occasion d'en savoir plus. Là il était profondément choqué de la scène qui venait de se dérouler sous ses yeux. Il savait à quel point Jim aimait son fiancé et supporter de le voir avec un autre devait lui arracher le cœur. Il eut une bouffée de haine pour les deux autres qui venaient enfin de mettre fin à leur baiser.
Son beau-frère se releva, tendit la main à son amant qui se leva en riant puis il attira Jim qui se blottit contre lui. Il lui parla tout bas, Jim lui sourit avant d'acquiescer et de nicher sa tête dans le cou de son fiancé, non sans lancer un regard en coin vers le sorcier blond. Peter ne comprenait plus l'attitude de son frère. Pierre-François les regardait comploter avec un léger sourire moqueur. Il s'approcha doucement, enlaça Jim par derrière et posa ses lèvres tendrement dans la nuque offerte par sa position. Autour d'eux, personne ne semblait étonné de leur attitude.
- Alors on essaie ce filet? interrogea Cloud?
- Oui! Qui veut jouer? maximum quatre par équipe. demanda Pierre-François qui fit signe à Aymeric de les rejoindre.
Draco et Sylas rejoignirent Cloud de l'autre côté du filet. Peter refusa d'un signe de la tête et c'est Sirius qui complèta leur équipe. Ils jouèrent un long moment, le score était serré. C'est Jim qui marqua le point gagnant offrant la victoire à son équipe. Pierre-François le souleva contre lui et tourna sur lui-même avant de le reposer sans le lâcher. Peter vit alors son frère se presser contre le sorcier, passer ses bras autour de son cou et l'embrasser passionnément, puis tous les trois se dirigèrent vers la mer pour aller nager.
- Ils ont l'air encore plus amoureux qu'avant si c'est possible, commenta Draco.
- Ils ne se lâchent pas en tout cas. confirma Cloud. Quand ils s'éloignent ainsi tous les trois, c'est qu'ils ont envie d'être seuls un moment autrement ils auraient pris Aymeric et Lily avec eux. Ils ne manquent jamais de les faire nager tous les deux. Il ne faut pas croire qu'ils perdent la réalité de vue, il y a une salle d'entraînement au sous-sol et tous les jours nous nous exerçons, même mon petit cousin. Nous faisons du karaté sous la direction de Jim. Ils obligent aussi Sirius à participer, fit-il en lançant un coup d'œil narquois au maraudeur qui lui fit une grimace.
Au début comme Jim devait récupérer de notre bataille à Stonehenge, Harry et Dad s'entraînaient seuls pendant qu'il faisait des petites siestes réparatrices comme disait Harry jusqu'à ce qu'il éclate il y a une semaine. Je ne l'avais jamais entendu crier. Là toute la maison a su qu'il en avait marre d'être traité comme un objet fragile, qu'il voulait s'entraîner, faire du karaté et surtout faire l'amour qu'ils n'avaient plus fait depuis quinze jours! Les filles et moi, à la cuisine, étions pliés en deux en écoutant les autres essayer de le convaincre que c'était pour son bien. En tout cas, c'est Jim qui a gagné. se marra le jeune serpentard. Et si parfois, je vois Harry lui lancer des regards inquiets il le fait discrètement de peur de se faire rabrouer.
- Je vérifierai tantôt si tout va bien, fit Draco.
- Tu es content de voir arriver Sarah? demanda Hermione en souriant.
- Oui, ça fait presque deux mois que nous ne nous sommes pas vu. Pourquoi n'avons nous plus été à l'hôtel Saint-Maur, Sylas?
- Je ne sais pas. Chaque fois que j'en parle, Harry s'arrange pour que nous allions ailleurs et je me suis déjà posé la même question plusieurs fois.
- Il ne fait jamais rien sans raison, Sy. lui répondit son mari.
- Pourquoi ne pas le dire franchement?
- Peut-être n'a-t-il que des soupçons? Depuis les photos prises à Toulouse, il n'a jamais plus été à l'hôtel, quand ils vont à Paris c'est chez Pierre-François et c'est lui qui m'a demandé de ne pas faire venir Françoise et Gauthier cet été au castel.
- C'est pour ça que tu as pris les elfes du quartier général?
- En effet.
- Pourquoi le dire maintenant? lui reprocha sa femme en se rappelant les scènes qu'elle lui avait faites.
- Parce que je vois que ce conflit nous rattrape une fois de plus et je compte bien lui poser quelques questions.
- Il reçoit la Gazette du Sorcier, le Chicaneur et le Independent Wizard chaque jour et suit tout se qui se passe en monde sorcier. On lui envoie des rapports tous les matins du ministère et ses informateurs ou devons-nous dire espions ne sont pas en reste. Leur matinée est consacrée au monde sorcier. Toutes les informations sont triées, encodées, puis c'est l'entraînement jusqu'au déjeuner. Aujourd'hui était une exception. Pierre-François adore aller au marché.
- Ce sont les filles qui entretiennent le mas? demanda Hermione.
- Non! ce sont les elfes de notre maison de Weymouth. Pendant ce temps, ils font faire quelques transformations qui devraient être terminées pour que nous puissions l'habiter à la rentrée. C'est parce que vous n'avez pas été dans la cuisine mais ils sont traités comme des coqs en pâte depuis leur arrivée. Didier et Robert s'entendent très bien avec eux et les filles les trouvent mignons. fit-il d'un ton qui laissait deviner que ce dernier point lui semblait tout à fait incompréhensible.
- Les voilà! constata Sylas.
En effet, ils remontaient vers la plage, Pierre-François avait une main posée sur leur taille et ils discutaient joyeusement.
- Qu'ils sont beaux ensemble! murmura Sylas. J'avais un peu peur au début de leur jalousie mais ils ont très bien dépassé ça.
- Ça dépend envers qui! railla Cloud. Nous sommes allés ensemble acheter le bateau que Pierre-François nous avait promis pour l'été. Le vendeur avait l'air de trouver Jim très à son goût et le lui a fait comprendre de façon assez peu discrète. Dad l'a remis à sa place à voix haute devant toute la clientèle.
- C'est étonnant, ce n'est pas son genre. Je l'aurais plutôt vu sourire de ce genre de chose.
- Il a estimé que la façon de faire de l'homme était injurieuse pour Jim. C'est vrai que c'était loin d'être subtil.
- Et pour finir, vous l'avez acheté?
- Oui mais pas là. Nous sommes sortis et avons été à la concurrence. continua-t-il avec un rire railleur.
- Il est où? demanda Hermione curieuse.
- Dans le sac de plage, ironisa Sirius. On le trimballe chaque jour et ils ne l'ont utilisé que trois ou quatre fois.
- Tu exagères, rouspéta Cloud. C'est vrai qu'on ne s'en sert pas tous les jours.
- Avec le prix qu'il a coûté, vous devriez même y passer les nuits pour l'amortir.
- Moi j'adore ça et j'en ferais volontiers plus souvent, intervint Aymeric.
- Dad! fit le garçon à son père adoptif, Ay voudrait faire du bateau!
Le sorcier jeta un coup d'œil à sa montre avant d'opiner. Il sortit du plus gros des sacs un bateau Zodiac miniaturisé.
- Qui est partant?
- Il peut nous contenir tous?
- Oui sans problème! C'est le gros "Sea-hawk", il peut accueillir treize passagers.
Après avoir rendu au zodiac sa taille normale d'un sortilège et enfilé des gilets de sauvetage, ils naviguèrent pendant presque deux heures. Fouettés par les embruns, ils s'enivraient de l'odeur du large, des sensations grisantes de vitesse, de liberté. Lily serrée dans les bras de Harry avait les yeux brillants de plaisir, Cloud et Aymeric, les deux cousins postés à la proue se prenaient pour des pirates sorciers. Sur les trois sièges arrière, Draco et Sylas avaient mis, entre eux, Hermione avec Teddy sur les genoux. Enfin Pierre-François désigna sa montre. Leurs invités français n'allaient pas tarder à arriver et il fallait rentrer. Il barra vers la plage.
oOo
Une heure plus tard, le temps de remonter à la bastide, de prendre une douche et de se changer, c'est sur la terrasse devant un verre qu'ils accueillirent les arrivants. Cloud ravi de retrouver sa petite-amie était tout sourire. Invité par Harry, Pierre avait été surpris de revoir de Lauzun, encore plus d'apprendre qu'ils étaient chez lui. Il leur fit visiter leur logement, leur présenta Marine qui les aida à s'installer. Ils retrouvèrent tout le monde pour un dîner tardif sur la terrasse. Pierre félicita son hôte pour le talent de son chef. Ils en étaient au café et Didier en avait terminé avec la préparation de son repas, Pierre-François le fit venir pour recevoir les félicitations du secrétaire d'état.
Au vu de sa présence aux fiançailles et des rapports d'enquêtes qu'il avait fait faire sur eux, Pierre savait que le sorcier blond faisait partie de leurs familiers. Depuis il avait interrompu toute surveillance et ignorait l'évolution de leurs relations. Il ne tarda pas à comprendre. A la fin de la soirée Jim, fatigué, s'installa dans une chaise longue. Harry prit place dans le fauteuil voisin et enlaça ses doigts à ceux de son fiancé. Terminant sa conversation avec Draco et sa femme, de Lauzun s'accroupit à côté d'eux, manifestement soucieux. Pierre le vit embrasser doucement Jim et mêler ses doigts aux leurs avant de se relever et de rentrer dans la maison. Il revint avec un drap léger qu'il posa sur le jeune moldu. Il passa une main caressante dans les courtes boucles blondes avant de baiser son front ce qui amena un sourire doux sur le visage du jeune moldu à moitié endormi.
- Pourquoi est-il inquiet pour Jim? demanda-t-il à Sylas?
Celui-ci lui fit un résumé de la situation politique actuelle dans le monde sorcier britannique, de la bataille de Stonehenge, du résultat et de l'état d'épuisement de Jim qui avait défendu ses amants en supportant de trop nombreux sorts. Pierre et Peter, qui n'avait pas perdu un mot du récit fait au français sur son frère, lancèrent un coup d'œil à Sirius qui, charmeur, discutait avec Hélène. Ils trouvèrent que pour un miraculé sortant de l'antichambre des limbes il se portait plutôt bien. Sylas confirma leurs pensées en leur disant que sous le dilettante se cachait quelqu'un à la volonté de fer.
- En résumé, vous pensez que votre mage noir est revenu lui aussi des limbes?
- Ce n'est pas si simple. Sirius n'était pas mort, expliqua Sylas, en lui expliquant l'affrontement entre Voldemort et l'Ordre du Phénix.
- Tu veux dire que c'est la tante de Draco qui a voulu tuer le parrain de Harry?
- En effet.
Pierre jeta un coup d'oeil sur les deux amis et Hermione qui justement discutaient ensemble.
- Mais c'est aussi la propre cousine germaine de Sirius. Voldemort a divisé ainsi bien des familles dont les membres se sont retrouvés dans les camps opposés. Il faut avouer que Bellatrix Lestrange, qui est comme tu l'as compris la sœur de Narcissa Malefoy, avait tout de la folle sadique. C'est elle qui a assassiné avec ses mangemorts le fils de Pierre-François et plusieurs de ses petits camarades, Henri-James avait cinq ans. C'était une fête d'anniversaire, ils ont tué tout le monde sauf le jeune père qui était la personne visée. Impuissant, il a dû assister à toute la scène. Il ne s'en est jamais remis, il vivra toute sa vie avec ce souvenir, il n'arrive toujours pas à regarder une photo de son fils sans pleurer.
- Mon dieu! murmura Pierre.
- Toute la bonne société sorcière qui le tolérait malgré qu'il était le descendant d'un autre mage noir qui a fait autant de mal que Voldemort lui a fermé ses portes. Il est devenu un paria. Il s'est enfermé dans son manoir le temps de régler la succession de son père décédé puis il a disparu en monde moldu et est devenu de Lanzun. Lui aussi a une volonté peu commune pour s'être rebâti une vie ailleurs.
- Je me rappelle, fit le français rêveur, le premier soir où il a vu Jim et Harry à sa discothèque. Quelle envie il avait d'eux!
- En effet, fit Sylas moqueur. je m'en rappelle aussi.
- J'avais dit à cette époque qu'ils ressemblaient à deux agneaux acculés par le grand méchant loup.
- Ça leur est resté, c'est comme ça qu'ils s'appellent entre eux souvent... Pourtant leurs rapports ont bien évolué. Il en est amoureux fou, je crois qu'ils pourraient obtenir de lui n'importe quoi. En tout cas, pour être avec eux, il a complètement changé de vie.
- Passer de coqueluche de la jet-set parisienne à directeur d'une école de sorcellerie en Ecosse, c'est en effet un changement radical, railla Pierre.
- Affronter son passé n'a pas dû être quelque chose de facile à faire. Ils ne sont réellement ensemble que depuis trois semaines. Jim et Harry ont beaucoup réfléchi avant de se lancer dans cette relation hors norme mais ils tiennent trop à lui. Ils n'ont pas voulu affronter la bataille de Stonehenge sans être réunis.
- Comment vont-ils s'organiser?
- En tant que directeur de Poudlard, Pierre-François a un très bel appartement de fonction. Jim et Harry, tout en enseignant à temps partiel à l'école vont suivre les cours à l'université sorcière de Cambridge, ils y ont un appartement de professeurs. Je suppose qu'ils partageront leur temps entre les deux pendant la semaine. Ils viennent aussi d'acheter une très belle maison sur la côte anglaise à Weymouth.
- Vous qui avez toujours eu l'habitude de vivre ensemble, ça ne va pas vous manquer?
- Nous n'avons pas l'intention de nous séparer. Notre chambre est déjà prête chez eux. Nous serons ensemble à l'université. Hermione sera sous directrice à Poudlard sous les ordres de Pierre-François. Comme Harry est déjà parrain de Teddy, ce sont Pierre-François et Jim qui seront ceux des jumeaux.
- Je vois que vous avez déjà tout prévu. fit le secrétaire d'état amusé. Mais revenons en à notre mage noir. Est-il revenu ou non?
- Il est certainement là mais, étant lui réellement mort, il ne peut être ici que sous une forme inférieure. Il n'a pas de corps humain.
- Donc il est inoffensif?
- Il ne faut pas voir ça de cette manière, même sous forme non charnelle il reste sa grande puissance magique. Nous pensons que celui qui l'a fait revenir a l'intention de fusionner avec cet esprit, cette âme... je ne sais comment appeler cette chose et devenir avec lui une seule personne avec deux âmes et une puissance magique doublée. Encore faut-il qu'il arrive à faire fusionner les auras magiques ce qui ne sera ni facile ni sans danger.
- Et qui est ce fou?
- Le frère jumeau de Pierre-François!
Ses deux interlocuteurs fixèrent le jeune sorcier avec une expression incrédule et horrifiée.
- Oui! confirma Sylas, ces derniers mois il s'est retrouvé à combattre son propre frère.
- Vous êtes sûrs de lui?
- Oui!
- Et pour le moment le conflit en est où?
- Lui, Harry et Jim sont les cibles de prédilection de François-Marie. Il a créé un quotidien d'opposition appelé The Independent Wizard et organisé une campagne de dénigrement contre eux. Ils ont beaucoup de mal avec les deux journaux qui leur sont favorables à redresser la barre. C'est pour l'instant la seule manifestation de la Loge sorcière mais bien entendu ils ignorent où nous trouver.
oOo
Tous avaient enfin déserté la terrasse pour aller dormir. Après avoir donné ses instructions à Robert pour le lendemain, Pierre-François revint contempler ses deux chéris assoupis sur la terrasse. Il caressa doucement le poignet de Harry.
- Mon doux amour? réveille-toi... on va dormir!
- Jim?
- Je m'en occupe, ne crains rien. Ma tendresse, mon agneau... mets tes bras autour de mon cou...
Jim tout en dormant fit ce qu'il lui demandait. Il le souleva sans difficulté. Le jeune homme nicha sa tête dans son cou, serra les jambes autour de ses hanches en se collant à lui et en poussant un petit soupir de bien-être quand Pierre-François referma ses bras autour de son corps. Cela fit sourire le sorcier. Il se dirigea vers leur chambre suivi d'un Harry qui traînait les pieds. Il déposa Jim sur le lit, lui enleva son tee-shirt, son jean et le glissa dans les draps. Il se déshabilla à son tour avant de se tourner vers Harry qui s'était assis sur le bord tout sommeillant. Il s'installa à ses côtés et le dévêtit lentement, déposant de tendres baisers sur les épaules qu'il avait dénudées.
- Lève-toi! ordonna-t-il gentiment.
Il s'attaqua à la ceinture puis aux boutons du jeans qu'il enleva et plia, avant d'attirer son jeune amant contre lui et de le coucher entre Jim et lui. Harry se lova dans ses bras à son grand plaisir. Il fit voyager ses mains sur son cou, sur ses épaules, son dos, le creux de ses reins, lui arrachant un « encore » qui le fit rire doucement, il refit les mêmes gestes sensuels. Il posa un baiser sur les paupières fermées, puis lui souffla tendrement de dormir.
oOo
Avant d'ouvrir les yeux, le monde de Jim se résumait aux sensations et aux odeurs et ce qu'il percevait pour le moment c'était un corps chaud et une odeur familière qui l'engourdissait de bien-être. Depuis qu'il était avec Harry se réveiller dans ses bras ou contre son corps était un de ses plaisirs et en tout cas, la meilleure façon de commencer la journée.
- Bonjour, mon tout-beau... fit Harry en se retournant doucement vers Jim sans réveiller leur amant qui inconsciemment resserra son étreinte.
- Déjà réveillé, mon amour?
- Oui, mais ça ne veut pas dire que je veuille me lever de suite. De toute façon, Pierre-François dort toujours. C'est lui qui nous a couché comme des bébés hier soir. Nous nous sommes endormis sur la terrasse.
- Je m'en souviens vaguement.
- Il t'a même porté au lit.
- Dire que mon père arrive tantôt... Ce n'est plus notre bastide, c'est un club de vacances...
- Jim... fit Harry avec des reproches dans la voix.
- Je sais que tu es content de voir tes amis mais on était si bien seulement nous trois avec les enfants...
- Cloud avait envie de voir Sarah, ce qui est bien normal et après avoir eu Pierre au téléphone, je me suis vu contraint de les inviter quelques jours, si je voulais qu'il la laisse venir. Ce n'est que pour peu de temps, mon cœur.
- ...
- Dis plutôt que la venue de ton père t'inquiète un peu.
- C'est certain que cette fois ci il va avoir dur de s'y faire.
- Il a toujours voulu ton bonheur.
- Je sais.
- Je peux rester à l'écart, si tu le juges préférable. intervint Pierre-François.
- Bonjour, toi, fit tendrement Harry en tournant la tête pour poser un baiser sur ses lèvres.
- Si j'avais voulu lui cacher notre relation, je ne l'aurais pas invité, p'ti loup!
- ...
- Je suis fier de mon bel amant! fit-il taquin.
- Je crois de toute façon qu'il s'en doute, poursuivit Harry. Ton père n'est pas du genre naïf. Peut-être sera-t-il surpris parce que nous l'affichons, mais c'est tout.
- Il était préférable d'inviter tout le monde à la fois. Non seulement c'est plus agréable pour eux mais de cette manière nous préservons le reste de nos vacances. Si nous allions remplir nos obligations de la matinée? conclut l'aîné.
oOo
Une demi-heure plus tard après une douche, ils se retrouvaient devant un petit déjeuner copieux. Ils avaient eu, en arrivant, la surprise de trouver Draco et Sylas qui les attendaient.
- Vous êtes bien matinaux?
- En fait nous vous attendions, nous avons des questions sérieuses à vous poser. Nous avons parlé avec Cloud et j'ai l'impression qu'il y a beaucoup de choses que nous ignorons.
- Il n'y a rien de nouveau. Depuis la bataille, tout est calme. fit Harry en chipant à Jim le croissant qu'il venait de se beurrer.
- Mais... voulut-il protester.
- Chut! fit son fiancé avec un petit rire et un clin d'œil.
Ils ne s'attardèrent pas autour de la table et descendirent dans la cave. Une partie de celle-ci avait été transformée en salle d'entraînement, l'autre en un bureau surprenant. Pierre-François et Harry avaient créé l'illusion d'une fenêtre sur la mer, ils reconnurent sans peine la vue qu'ils avaient de la gauche de la terrasse, la petite station balnéaire La Tamarissière et l'embouchure du fleuve... Les murs étaient très clairs, un côté était consacré à une bibliothèque bien garnie, la table carrée était manifestement prévue pour travailler à trois, un équipement informatique en occupait une partie.
Les quotidiens du monde sorcier et le courrier du matin étaient déjà posés dans une corbeille sur le bureau. Draco vit notamment une enveloppe ornée d'un cachet vert qu'il reconnut pour être le sceau des Malefoy, sur une autre qui dépassait, il aperçut l'écriture de son ancien condisciple et ami, Blaise Zabini. La couleur d'une troisième le frappa, c'était celle des envois officiels du magenmagot. Une dernière missive lui sembla être du bureau des aurors.
- Tu as fini ton inspection, Dray? lui lança son meilleur ami moqueur.
- ...
- Quelles sont ces questions que vous vouliez aborder?
- Pourquoi m'as-tu demandé de ne pas prendre Gauthier et Françoise cet été au castel? Tu m'as aussi dissuadé d'y passer le week-end précédant la bataille de Stonehenge. Tu sais qui est l'espion qui a pris les photos? interrogea Draco.
- Je n'ai aucune certitude, juste des présomptions.
- ...
- Nous avons passé une nuit à Paris dans l'appartement de Pierre-François et au matin j'ai été chercher des croissants. Sachant, pour en avoir souvent mangé chez vous, que le mari de Françoise en fait de très bons, je suis allé à la boulangerie où il travaille. Il était là. On le voyait enfourner les pains par la porte ouverte sur l'atelier. Ce qui m'a frappé c'est le fait que malgré la chaleur suffocante, il travaillait avec un vêtement qui avait des manches longues. C'était tout à fait incongru. Je n'ai pas besoin de vous préciser ce que j'en ai soupçonné. J'ai donc fait faire une petite enquête sur le monsieur et comme je l'avais supposé, il est bien un sorcier et un ancien mangemort. Ce qui explique beaucoup mieux la coïncidence d'un Sylvain sorcier. Je dois avouer Sylas qu'avant j'avais supposé qu'un de tes ascendants s'était égaré dans le lit de sa gouvernante, c'était courant dans l'ancienne noblesse. Cette version est plus inquiétante.
- Pourquoi ne l'as-tu pas dit avant?
- Françoise sait forcément que son mari est un ancien mangemort, elle ne peut ignorer la marque sur son bras. Pour Gauthier, je n'en sais rien. Quant à Sylvain je suis pratiquement certain qu'il l'ignore. Mais, même si ils ont menti, on ne peut pas affirmer que c'est lui l'espion.
- ...
- On peut aussi imaginer que François-Marie le fait chanter et s'est servi de lui afin d'obtenir cette photo sous un prétexte quelconque. C'était le complice idéal puisqu'il avait tout le loisir d'aller et venir au château rose, dans le but de voir sa femme et son fils. Le week-end où nous étions tous à Toulouse et où les clichés ont été pris, il complétait le personnel de service. C'est à mon avis la version la plus plausible. Il est en France depuis de nombreuses années, si il a été mangemort dans sa jeunesse, il peut avoir changé, il ne semble pas avoir répondu à l'appel de Voldemort lorsqu'il est revenu.
- Tu comprends aisément que je ne peux plus avoir confiance en eux et leur confier notre vie et celle de nos enfants! fit Sylas soucieux.
- Ils servent honnêtement ta famille depuis plusieurs générations, Sy. Ils se sont occupés de Teddy souvent et il ne lui est rien arrivé, au contraire c'est Sylvain qui a été enlevé par Ombrage, il n'y a pas longtemps pour nous empêcher de signer les accords avec le conseil de l'Europe moldue...
- ...
- A toi de réfléchir, mais à ta place, je serais sûr de moi avant d'agir.
- Tu l'a mis sous surveillance?
- Un moment oui. Sans résultat. Et encore maintenant je fais vérifier ponctuellement ses faits et gestes mais je ne peux pas le faire suivre pendant un long moment. Nous n'avons pas assez de personnes pour nous le permettre. Je peux si tu veux en parler avec Pierre?
- Tu as une autre solution qui permettrait éclaircir tout ça?
- Tu peux aussi aller leur demander des explications et soumettre le mari à la double légilimencie. Dans ce cas là bien sûr, il faut que tu saches à l'avance la décision que tu prendras selon ses réponses. Dans l'hypothèse d'un chantage, un simple serment inviolable peut résoudre le problème. Réfléchis-y, parles-en avec Dray et Mione. Ce n'est pas urgent. J'avais l'intention de faire venir Sylvain ici pendant le mois d'août sans donner pour autant notre localisation. L'enfant ne peut pâtir du choix malheureux de son père et Aymeric l'aime énormément.
- Et toi tu aimes beaucoup trop notre petit polisson, fit Jim avec un sourire, et ça fait quinze jours qu'il réclame son ami.
- Nous allons y réfléchir, admit Sylas.
oOo
- Blaise travaille pour toi? demanda Draco.
- Je l'ai fait entrer au ministère et oui, il œuvre pour nous.
- Et pour mon père?
- Non! Pour la "Fratrie".
- Je vois. Tu as l'intention de recruter d'autres personnes?
- Il sera en effet indispensable d'étendre notre réseau, mais nous allons le compartimenter comme le faisait Ombrage du sien. Elle n'avait pas que des mauvaises idées.
- Beaucoup ne seraient que trop contents de travailler pour le Survivant ou l'héritier de Salazar Serpentard.
- En effet mais on ne peut révéler ce qu'on ne sait pas. Tout au long de cette année ce qui nous a gêné dans notre progression c'est que les gens employés par Ombrage ne connaissaient que les ordres qu'ils avaient reçus de leur supérieur direct. Elle n'est plus là et nous avons capturé plusieurs de ses exécutants, mais justement ils n'étaient que ça et je n'en ai toujours pas appris plus sur son organisation. Son système est donc efficace. Nous serions bien bêtes de ne pas profiter de ce que nous apprenons, même si l'enseignement vient de notre ennemi.
Draco sourit, le petit griffon devenait de plus en plus serpentard. Il se rappela avoir entendu son père dire que Harry ferait un excellent ministre de la magie, il comprenait ce qu'il avait vu avant eux en leur ami. L'ambition de celui-ci n'était pourtant pas là. Modifier le code de justice sorcier était un grand dessein qui lui convenait parfaitement. Il avait un sens de la justice inné, il venait encore de le prouver en modérant le courroux de Sylas envers leur gouvernante et sa famille. Il pensa avec un frisson rétrospectif à son emprisonnement à Azkaban et à un monde sorcier sans l'île maudite.
Ils examinèrent avec Jim le contenu des trois quotidiens pendant que Harry et Pierre-François ouvraient le courrier, le classaient et saisissaient sur l'ordinateur les renseignements dignes d'intérêt. Les lettres furent ensuite miniaturisées et cachées dans un coffre dissimulé derrière un des rayonnages de la bibliothèque qui pivotait à l'énoncé d'un mot de passe.
Il découvrait un côté de son ami qu'il n'avait fait qu'entr'apercevoir à la fin de la bataille de Stonehenge, s'impliquant déjà dans les affaires de l'Etat, se permettant de donner des ordres aux aurors, recevant un double des rapports faits à Kingsley et très certainement en contact, par Severus, avec le tableau de Dumbledore qui était accroché au mur de la salle de réunion du magenmagot. Un côté qu'il aurait estimé plus qu'inquiétant si il l'avait trouvé chez quelqu'un d'autre. Dès son entrée, il avait remarqué le tableau de leur ancien professeur de potions qui au-delà de la mort, était devenu leur conseiller. Il semblait dormir dans son cadre mais il ne perdait vraisemblablement rien de leur conversation.
Jim poussa un soupir de satisfaction, il avait fini d'éplucher The Independant Wizard sans rien y trouver de spécial que les habituelles critiques sur le pouvoir en place. Il savait ce qu'il y cherchait jour après jour... La moindre allusion, le moindre message incompréhensible, sortant de l'ordinaire mais qui pourtant ne semblerait avoir aucun rapport avec leurs histoires...
- Tu veux un coup de main, p'ti loup? fit Jim à Pierre-François qui lisait le rapport des aurors sur une échauffourée qui s'était produite en monde moldu non loin du Londres sorcier et de ce qu'il pensait être le quartier général de son frère la brasserie " The Inverted Pentagram".
- J'ai presque fini mon agneau. Si tu allais chercher Sirius, Cloud et Aymeric pour l'entraînement? demanda-t-il quittant à peine sa lecture des yeux.
- J'y vais, fit Jim en soupirant.
- Harry? Je crois que ceci n'est pas anodin, dit-il en désignant le rapport. C'est le second problème dans ce secteur en quelques jours.
- Et?
- C'est à deux rues du quartier général de François-Marie.
Il était toujours choqué d'entendre son amant appeler le dirigeant de la Loge par son prénom. Lui même en pensée ne l'appelait que "l'autre" parce que l'appeler Vassier c'était encore rattacher leur ennemi à celui qu'il aimait.
- Ce ne sont que des bagarres en apparence très banales mais à chaque fois elles opposent des sorciers en monde moldu.
- Je suppose que ton frère essaie de faire main basse sur l'organisation du crapaud rose et sa prise de contrôle ne se fait pas sans heurt.
- ...
- Quand nous rentrerons, il nous faudra étudier attentivement les façons de procéder de Gellert Grindelwald. Une fois de plus, il me faudra voir Albus à ce sujet, soupira-t-il.
- Pourquoi as-tu l'air à ce point réticent?
- Tu ne sais peut-être pas que ton arrière-grand-oncle a été le seul amour d'Albus ? Jusqu'à la fin de leur vie, ils sont restés en contact par lettres.
- Je l'ignorais.
- Ça a dû être terrible de devoir le combattre et plus encore de le faire enfermer pour toute la vie dans une prison. Il a dû lui falloir bien du courage. raisonna Draco.
- Peut-être ne pouvait-il se résoudre à le faire exécuter? suggéra Sylas.
- Harry?
- Oui?
- Qu'est-ce qu'il y a? poursuivit doucement Pierre-François presque à voix basse.
- Rien! répondit-il en secouant la tête faisant comprendre qu'il ne voulait pas continuer la conversation sur ce sujet tout en sachant que ce ne serait que partie remise.
Il se crut sauvé par le retour de Jim avec Sirius et les adolescents. Ils rangèrent ce qui était resté éparpillé sur le bureau, les rapports dans le coffre, les journaux dans l'armoire des archives. Au moment de sortir, Pierre-François le retint par le bras et ils se laissèrent distancer par les autres.
- Tu m'expliques?
- Je suis très mal à l'aise avec Albus quand je vais le voir au sujet de Gellert, et je le serai plus encore maintenant.
- Pourquoi?
- Parce que lorsque tu n'étais encore pour moi que de Lauzun le prédateur, le directeur du club parisien très en vogue "L'Aigle Noir", le grand-duc au pectoral d'argent qui s'est introduit malgré les protections à Poudlard pour me voir et que j'ignorais encore de quel côté tu te situais, déjà à ce moment je te défendais et cherchais tous les prétextes pour ne pas m'opposer à toi. Je crois que même là je n'aurais pas pu.
- Tu aurais fini par faire ce qui était juste, ce qui était ton devoir, j'en suis certain... souffla-t-il en l'attirant contre lui.
- Tu ne me comprends pas!
- Alors explique moi... fit-il en caressant du pouce, avec une tendresse infinie, le creux en dessous de la joue et en remontant vers la tempe.
- Albus a bien des défauts, il a menti, il a bafoué son amour, pendant des années il m'a manipulé pour atteindre ses objectifs, au mépris parfois de l'estime de soi-même, mais toujours, il a œuvré pour ce qu'il pensait être le bien du monde magique. Si je me retrouvais en position de devoir choisir, pour toi et Jim, je serais résolu à tout laisser.
- En fait tu te sens coupable d'une situation qui ne s'est même pas produite.
- Quand tu as été enlevé par Ombrage et que j'ai cru te perdre, j'étais prêt à tout, à m'exiler du monde sorcier et à le laisser entre ses mains pour te retrouver.
- Tu savais que j'étais vivant et que je rentrerais par le portoloin de secours dès que je le pourrais. Tu n'étais pas encore vraiment devant l'alternative.
Pierre-François se rappelait les recommandations d'Albus sur son obligation de mener l'Elu sur le chemin du sacrifice au monde sorcier et sa propre promesse qui était de le laisser faire ses choix.
- Ecoute-moi, mon doux amour, fit-il les mains posées sur sa nuque, son front appuyé contre le sien, si un jour tu es devant ce dilemme, quoi que tu décides, je sais que tu l'auras fait selon ton âme. Jamais je ne t'en voudrais même si tu choisis le monde sorcier.
- Je t'aime.
- Je le sais! chaque fois que je regarde l'éclat des pierres elfiques que tu portes, je le sais. Viens maintenant, Jim va s'inquiéter de notre aparté.
oOo
La petite plage était très animée cet après-midi là, trop pensaient certains. La sieste sous les parasols était terminée et les enfants courraient en criant et riant autour des grands qui faisaient contre mauvaise fortune bon cœur. Jim poussa un soupir agacé en recevant pour la dixième fois du sable sur lui, envoyé par Aymeric qui poursuivait Mahaut.
Quand ils n'étaient qu'eux trois sur la plage avec les enfants, ils dormaient enlacés et se réveillaient doucement de leur sieste bercés par le bruit ténu de la mer, les bavardages des plus jeunes ou les bisous mouillés de leur petite princesse. Fils adoptif de Pierre-François, Cloud, même si il n'avait que deux ans de moins que Harry et Aymeric, pupille de son fiancé, étaient devenus par les circonstances de la vie leurs enfants au même titre que Lily, leur poupée chérie, accessoirement la fille de leur amant. Harry avait une patience infinie avec eux, Pierre-François l'autorité d'un père aimant mais Jim avait parfois plus de mal à accepter leur présence.
Par respect pour leurs invités, ils évitaient d'afficher leur amour hors norme, limitant leurs contacts physiques en public, et ça le mettait sur les nerfs. Ils ne put s'empêcher d'attraper Ay au passage par le poignet.
- Ay, tu te calmes, tu veux! ou tu vas jouer un peu plus loin! J'en assez de recevoir du sable à chacun de vos passages.
- Tu es de mauvaise humeur? interrogea avec raison le polisson ce qui eut le don d'agacer encore plus le jeune homme qui n'eut toutefois pas le temps de répondre.
- Fais ce que Jim te dit sans répliquer, Aymeric. intervint son amour d'un ton sec. Il a raison.
- Tu nous mets le filet de beach-volley? On vous laisserait tranquille si on avait une occupation.
Harry éclata de rire pendant que Jim levait les yeux au ciel, le petit diable du haut de ses onze ans voulait toujours avoir le dernier mot et son jeune père adoptif, chaque fois, était séduit par son don de répartie, ce qu'avait très vite compris le jeune serpentard, il en usait et même en abusait allègrement. Il chercha le filet dans leur sac de plage, lui rendit sa dimension initiale avant d'aller l'attacher aux piquets restés en place. Aymeric quant à lui s'occupa du ballon sous l'œil attentif de Pierre-François.
- Plus brève ton intonation, Ay! Tu traînes sur la seconde syllabe de ton "amplificatum", tu n'y arriveras jamais comme ça. L'adolescent essaya de nouveau avant d'y arriver au troisième essai.
- Très bien!
- Merci, Dad!
- Non! Ay! fit le sorcier un peu surpris et un peu brusque. Je suis très flatté mais ce titre revient à Harry. C'est lui ton père adoptif.
- ...
- Je sais que tu l'adores, alors pourquoi? demanda doucement Pierre-François en regardant la tête baissée de l'enfant.
- Tu as fait les démarches pour donner ton nom à Cloud, il me l'a dit. Lui pas.
- En effet! Celui de son père était entaché par son appartenance aux mangemorts puis à la Loge sorcière et était associé aux divers procès intentés contre lui pour maltraitance, cruauté mentale, torture, viols... Ton nom est celui d'une honorable famille sorcière de Sang-Pur dont tu peux être fier et tu en es le dernier représentant Ay. Le nom s'éteindrait si Harry te donnait le sien, c'est pour cela qu'il ne l'a pas fait. Si tu te posais ce genre de questions, pourquoi ne lui as-tu parlé de rien?
- Je croyais qu'il estimait que je n'étais pas digne de porter le nom du Survivant.
- Aymeric! fit le sorcier désolé. Comment as-tu pu penser ça? Cloud est mon cousin, j'étais tout désigné pour être son tuteur. Harry n'a aucune parenté avec toi. Il a pourtant fait toutes les démarches pour devenir ton soutien. Tu crois qu'il le ferait pour tous les enfants rencontrés sur son chemin?
- ...
- Il n'a jamais connu ses parents et les quelques objets qu'il tient d'eux sont ce qu'il a de plus précieux au monde, la carte du maraudeur, une ou deux photos et la cape d'invisibilité qui lui a été rendue par son mentor Albus Dumbledore et qui lui vient de son père. Je ne crois pas faire d'erreur en disant que c'est maintenant un petit serpentard de ma connaissance qui utilise cette cape qui lui a été offerte au lendemain de la bataille de Stonehenge. Je me trompe?
- Non...
- La transmission de cette cape, c'était la plus belle preuve d'amour paternel qu'il pouvait te donner. C'est une des Reliques de la Mort, avec la baguette de sureau et la pierre de résurrection. Elle est maintenant ton bien le plus précieux, Ay. Et si tu tiens à porter son nom, discutes-en avec lui, il t'expliquera ses raisons et vous pourrez décider ensemble.
Le jeune adolescent lui lança un regard que Pierre-François ne sut comment interpréter, fit demi tour et courut se jeter dans les bras d'un Harry plus que surpris. Les deux amants restés sur place échangèrent un regard complice en le voyant soulever le gamin et tournoyer avec lui en riant.
- Je ne m'attendais pas à ça! avoua Jim. Il est toujours si impertinent. Là il avait l'air tellement fragile.
- Il est fier. Il ne veut pas admettre ses faiblesses! Comme son père! fit l'aîné avec un sourire plein de tendresse, les yeux sur le jeune homme aux cheveux noirs toujours en pleine rébellion.
- Que s'est-il passé ce matin? Albus?
- Oui. Il a beau savoir qu'il l'a manipulé, qu'il lui a caché des choses, il reste son mentor, celui qui l'a guidé depuis qu'il a onze ans. Il a peur de ne pas être à la hauteur de ce qu'il attendait de lui. Il est inconscient de ce qu'il est en train de bâtir.
- Que veux-tu dire?
- A peine est-il un homme, qu'il prend petit à petit le contrôle du monde sorcier, Jim. fit-il gravement en regardant le jeune moldu et sa réaction.
- Mais...
- Il ne le fait pas sciemment, l'interrompit Pierre-François. Tout le monde se tourne vers lui, il prend donc de plus en plus part à tout. Il n'a pas demandé à Lucius, à Kingsley ou au responsable des aurors de lui envoyer des rapports réguliers, ils le font parce qu'il est l'Elu et que personne n'est mieux à sa place que cet élu là! Qu'en cas de coup dur, c'est vers lui qu'ils se tournent et c'est lui qui agit au mieux pour le monde sorcier.
Rappelle-toi la tentative de prise en main du ministère par Ombrage. On ne peut pas dire qu'au moment même Lucius, qui l'avait pourtant appelé au secours, ait été ravi de le voir prendre tout en main et donner les ordres à sa place pourtant en moins de deux heures le ministère était sécurisé, les visiteurs continuaient à être reçus et les services exceptés celui du Magenmagot fonctionnaient. Il a énormément changé en peu de temps, il a pris beaucoup de maturité. L'autorité, il n'en a jamais manqué, quand ils étaient dans leur groupe de trois, Hermione prenait souvent le dessus et il laissait faire.
- Question autorité, je suis au courant, se moqua tendrement Jim. Au début de notre relation, j'ai dû souvent le freiner mais dès qu'il s'en apercevait il ne savait plus quoi faire pour se rattraper.
- Pour lui, il dirige seulement notre groupe, la Fratrie, seulement dans la fratrie, sous ses ordres, il y a tous les grands d'aujourd'hui et tous les grands de demain.
- ...
- Nous sommes trop près de lui pour avoir clairement vu le changement se faire, il m'a sauté aux yeux quand j'ai vu le regard étonné de Draco et Sylas sur le courrier de ce matin. Il y avait dans la corbeille représentés dans ces envois : le pouvoir législatif, le pouvoir exécutif et le pouvoir judiciaire. Tous faisaient rapport à Harry.
- Mon Dieu! Quelle tâche! murmura Jim. Cependant il ne veut pas la place de ministre de la magie!
- Je le sais mon agneau chéri, je le sais, néanmoins on ne choisit pas toujours. Ne me regarde pas avec cette panique dans les yeux! il n'a même pas encore dix-neuf ans. Pendant longtemps encore il ne fera que traiter les choses en sous-main.
- Et nous?
- Nous?
- Quelle sera notre place?
- A ses côtés. Tu crois franchement que ça le changera? Fais-lui confiance ma tendresse... murmura-t-il en regardant Harry courir vers eux dans le sable.
oOo
La fin de l'après-midi se déroula dans les jeux et les rires, ils firent du bateau emmenant d'abord les enfants puis les parents. C'est ivres de soleil et d'air marin qu'ils se retrouvèrent sur la terrasse devant un apéritif. Jim regarda avec appréhension Harry répondre à son téléphone portable.
- Ton père est arrivé, tu viens le chercher? Mon loup, tu nous accompagnes?
- Trois ce serait trop!
Harry en passant caressa sa main du bout des doigts pour le rassurer. Il ne vit pas le regard lumineux le suivre jusqu'au fond du couloir. Pierre avec qui il parlait sourit de la distraction de son interlocuteur.
- Tu les aimes vraiment beaucoup...
- Trop pour ma tranquillité, admit le sorcier avec un soupir.
- Saurais-tu maintenant vivre sans eux?
- Avant que nous vivions ensemble, je n'arrivais déjà plus à me passer de leur présence, alors maintenant...
- C'est extraordinaire. Quoique Harry fasse, il a toujours un œil sur toi et Jim et ce dernier a bien du mal à s'empêcher de vous toucher. Quant à toi, tu les suis aussi du regard mais plus Harry que Jim.
- Harry c'est du vif-argent et souvent, lorsqu'il a une idée, il n'éprouve pas toujours le besoin de la partager et ça me fait peur. Il est très secret.
Il a échappé de peu à un empoisonnement il y a environ un mois. Quand on te dit que celui que tu aimes vient de prendre un poison mortel et qu'il n'y a pas d'espoir, tu n'as qu'une envie : le suivre. Jim et moi étions anéantis, désespérés. Mais avec le Survivant, rien ne se passe jamais comme c'est prévu.
Un petit garçon de onze ans s'approche, te dit qu'il ne peut pas mourir parce que tous les matins depuis des années il avale une quantité infime de poison pour y habituer son corps et l'immuniser. L'enfant fouille dans une poche secrète et tend au sorcier qui le soigne une boîte en argent avec des petites boulettes de substances mortelles à hautes doses. Ce dernier fait les tests pour ne pas augmenter la dose d'alcaloïde, lui donne la potion adéquate et il est debout une heure plus tard. Tu croyais connaître ton amant sur le bout des doigts et tu t'aperçois qu'un gamin en sait plus que toi. Tu le pensais nul en potions et tu apprends qu'il est capable de maîtriser l'art des poisons. C'est ça aimer Harry.
- L'enfant, c'était son fils adoptif?
- Oui, c'était Aymeric à qui il confie ce genre de choses à titre d'enseignement, devenant son mentor. Je me demande toujours lorsque je passe un moment loin de lui, ce que je vais trouver en rentrant, quelle angoisse ou quelle joie il va m'apporter, mais quand il est dans mes bras, j'oublie tout.
- Alors, serpentard de mon coeur? Il est où le beau-père? fit la voix narquoise de Sirius.
- Il ne va pas tarder, répondit Jim qui arrivait, il parle politique avec Harry. Viens, p'ti loup. Je crois que ton frère a fait des siennes en monde moldu.
Pierre-François posa brusquement son verre, mit sur son visage ce masque froid, orgueilleux cher aux Sang-Pur, défense illusoire contre une réalité qui finissait toujours par les rattraper. Jim retrouva sans grand plaisir le prédateur de Lauzun qui charmait déjà son fiancé alors que lui n'avait été sensible qu'à un Pierre-François dévoilé, mais en même temps il en fut attendri, il mesura combien il était sensible à tout ce qui concernait ce frère qu'il combattait pourtant pour la Lumière à leurs côtés. C'est un petit quart d'heure plus tard qu'ils revinrent sur la terrasse. Plus que jamais les regards des deux jeunes suivaient l'aîné qui remplissait son devoir d'hôte veillant avec minutie à ce que leurs moindres désirs soient satisfaits.
Lorsqu'enfin le dîner fut fini, les cafés et les digestifs servis, il les laissa. Harry ne tarda pas à le rejoindre sur la terrasse devant la maison. Assis seul à la table, il aspirait sensuellement la fumée d'une cigarette, les yeux fermés sur ses pensées. Même si il avait horreur quand il fumait, il le laissa finir la main posée sur son épaule. Pierre-François pencha la tête en arrière jusqu'à l'appuyer contre lui.
- Dix-huit victimes moldues, innocentes, dont deux enfants. Est-il devenu complètement fou? gémit-il. Il aurait dû être notre priorité à Stonehenge à la place d'Ombrage ou de l'invocateur.
- Personne ne pouvait deviner qu'il allait se retirer dès le début des affrontements. Moi en tout cas je n'y ai jamais pensé.
- ...
- Quand à cette explosion, ne l'attribue pas trop vite à ton frère, elle est inexpliquée pour le moment et s'est déroulée dans le quartier de son QG, ce sont les seuls éléments que nous ayons.
- Tu as entendu William, il a dit qu'un homme du nom de Sean O'Reilly avait essayé quelques jours auparavant de persuader différents propriétaires du quartier de vendre leurs bâtiments voisins de l'Inverted Pentagram.
- Justement. Tu as dit que ton frère était intelligent. Pourquoi aurait-il envoyé son bras droit faire des propositions d'achat une semaine avant de provoquer une pareille déflagration, ce qui le désigne immédiatement comme suspect. Jusque maintenant il n'a jamais utilisé de moyen de combat moldu, seule le crapaud rose l'a fait.
- Mais Ombrage est morte.
- Elle oui! mais était-elle la tête pensante? Je me suis toujours posé la question. Quand elle est devenue notre professeur puis notre directrice en cinquième année, je ne l'ai jamais trouvée particulièrement intelligente. Elle était dévouée à Fudge et le secondait efficacement.
- ...
- Je trouve que le nom de Sean O'Reilly est trop souvent cité quand il s'agit d'expliquer l'attitude de nos ennemis.
- On peut même pousser le raisonnement plus loin, intervint Jim dont Harry avait senti la présence derrière eux depuis un moment.
Il vint les rejoindre. Harry l'attira vers lui d'un geste possessif et Jim s'alanguit contre sa hanche.
- Si ton frère veut fusionner avec Grindelwald, O'Reilly pense certainement que ce dernier ne verra pas d'un bon œil l'influence de quelqu'un d'extérieur. Il suppose probablement qu'il va perdre sa place d'éminence grise et il a certainement raison. Si j'en crois les quelques documents que j'ai consultés à son sujet, ton arrière-grand-oncle ne faisait confiance à personne. Il n'a jamais eu ce qu'on appelle un bras droit ou un conseiller de peur de voir celui-ci le trahir. Pour O'Reilly c'est donc le moment où jamais de prendre les rennes de la faction d'Ombrage dont lui doit connaître les rouages.
Créer une diversion en attirant l'attention des autorités moldues sur ton frère peut lui apporter au moins deux résultats appréciables, le premier, il affaiblit François-Marie, le second il l'empêche de regarder autour de lui trop concentré sur les ennuis qu'il ne va pas tarder à avoir avec la police. Même si il en a l'ambition, gouverner dans l'ombre d'un personnage public ou aux yeux de tous sont deux choses différentes. Afin de réussir au grand jour il faut du charisme ou de la notoriété et il n'est pas dit que O'Reilly en a les capacités.
- Il y a un autre point qui ne colle pas. Ton frère refuse d'enrôler dans la Loge des adolescents mineurs, par respect de leur enfance. Je ne le vois pas tuer des enfants innocents.
- ...
- Une fois de plus nous nous retrouvons dans un triangle...
Pierre-François se leva, plongeant son regard vers l'obscurité il soupira. Machinalement sa main partit à la recherche de ses cigarettes, réflexe qui revenait du passé lorsqu'il était énervé. Harry l'en empêcha d'un geste.
- Je n'ai rien dit pour la précédente, là tu abuses! fit-il avec un sourire tendre.
- C'était la première depuis au moins un mois.
- Tu en auras une autre dans un mois, concéda Harry d'un air amusé.
Avec un petit rire, il contempla ses agneaux appuyés l'un contre l'autre, il tendit un bras et amena le couple à lui, le tirant par la taille de Jim que Harry tenait. Pour se calmer, avoir contre soi les corps aimés, c'était bien plus qu'un peu de nicotine et de fumée.
Il nicha sa tête dans le cou de Jim à la place préférée de Harry. Celui-ci rouspéta pour la forme et se colla contre son dos puis défit le catogan, jouant avec les longues mèches blondes avant de poser sa bouche sur sa nuque, de mordiller cet endroit d'une sensibilité exacerbée qu'ils avaient en commun. Le soupir de plaisir qu'il entendit, le fit frissonner. Il n'était que trop conscient des mains de Jim caressant le creux des reins de leur amant, passant entre lui et leur loup, l'excitant à chaque passage. Il pressa son envie contre le bas de son dos, il donnerait tout afin de posséder ce corps que ni lui ni Jim n'avaient dominé.
Pierre-François n'avait plus ce recul du début qui le blessait, simple réflexe de crainte après les viols répétés subis dans son adolescence mais il était loin de l'abandon confiant. Il l'apprivoiserait peu à peu, à grand renfort d'amour et de tendresse, même si ça devait lui prendre des mois, des années. Il savait le calvaire de son amour pour l'avoir vu via la légilimencie de Draco. Ses pensées l'avait ramené sur terre. Avec douceur et plaisir, il natta les cheveux de soie et les attacha, effleura ses lèvres puis celles de Jim.
- Il faut qu'on aille retrouver les autres.
- Harry? appela-t-il dans un murmure incertain.
- Je sais, lui souffla-t-il la bouche effleurant son oreille. J'attendrai. Nous aurons toute la vie.
La joie qu'il vit envahir les yeux du sorcier le consola de son attente présente et future. Pierre-François savait son impatience mais ne pouvait rien faire. Son rejet n'était pas volontaire. Ils faisaient l'amour tous les trois et Harry en éprouvait beaucoup de plaisir mais il voulait plus encore. Il caressa sa main, étreinte furtive avant de retrouver leurs invités sur la terrasse.
oOo
Le lendemain matin, après le petit déjeuner, ils emmenèrent dans le bureau Pierre, William, Hermione, Draco, Sylas, Sirius et Cloud. Les quotidiens et le courrier habituel les attendaient. Au dessus de la pile, une enveloppe portant la mention "urgent " attirait irrésistiblement le regard. Harry l'ouvrit et se plongea dans la lecture, Jim lisait par dessus une épaule et Pierre-François par dessus l'autre. Les autres s'étaient répartis les journaux, seul The Independant Wizard consacrait un petit article à l'explosion.
- Liam n'a pas grand chose à nous apprendre. Pour le moment il n'a pas beaucoup plus d'informations que celles que vous nous avons eues hier. résuma Harry. Une explosion inexpliquée a soufflé des immeubles occupés par des moldus faisant dix-huit morts dont deux enfants de six et neuf ans et une trentaine de blessés. Rien n'aurait attiré notre attention dans ce fait divers si ce n'est que les bâtiments détruits sont en bordure du monde sorcier et non loin du Chemin de Traverse et juste à côté d'une brasserie appelée "The Inverted Pentagram" qui est le quartier général de la Loge sorcière.
- Il ne connaît pas les vacances ton frère? intervint Sirius avec ironie.
Pierre-François sursauta et toisa le maraudeur comme si il avait devant lui un scroutt à pétard. L'habitude du Gryffondor de faire de l'humour avec tout l'agaçait profondément. La mort de dix-huit moldus n'avait rien de joyeux! Il ne retrouvait que rarement l'agréable dilettante du temps des maraudeurs, ne restait souvent qu'un homme plus ou moins aigri et persifleur.
La main de Harry disparut du bureau pour se poser doucement sur sa cuisse. Il l'entendit soupirer.
- Des aurors sont allés faire leur enquête après le passage de la police moldue. Il y avait l'empreinte magique de plusieurs sorciers au moins trois d'après Liam. Ils ont trouvé une fiole à potion sur les lieux, apparemment elle avait contenu du veritaserum. La police moldue n'a rien dit à la presse ni dans son rapport officiel, fit Harry en se tournant vers William, mais nos aurors ont identifié certains composants entrant dans la confection d'une bombe artisanale, les policiers n'ont pas pu passer à côté. Si j'en crois ce compte-rendu, elle devait être du même type que celle que nous avons découverte à Godrics Hollow lorsque nous recherchions la clef de l'université sorcière.
- Pourquoi la police moldue a-t-elle caché ces informations? demanda Cloud perplexe.
- Ils ont certainement estimé que c'était un attentat. Cela dépend alors du service de l'anti-terrorisme et de la sécurité du territoire, c'est un département très fermé. Il me sera difficile d'avoir des renseignements, fit William soucieux.
- Bien. Je vais envoyer Jimmy et Joshua sur les lieux. conclut Harry.
- Je ne vois pas le but de ce carnage, fit Sylas qui tenait dans ses mains la feuille de chou de l'opposition.
- Et bien, ce n'est qu'une supposition mais j'ai une théorie... Je crois que le bras-droit de François-Marie qui était aussi un des proches collaborateurs du crapaud rose, essaie de reprendre à son compte l'organisation de cette dernière. L'explosion ne serait alors qu'un moyen d'attirer l'attention des autorités des deux mondes sur le dirigeant de la Loge sorcière. Celui-ci sera alors bien trop occupé pour voir la traitrise de son plus fidèle collaborateur.
- Tu as des indices t'amenant là?
- Plusieurs jours avant l'explosion O'Reilley est allé faire des propositions d'achat de ces deux bâtiments à leur propriétaire. François-Marie n'est pas assez bête pour ensuite les faire sauter sachant qu'il sera immédiatement suspect.
- Je n'aime pas quand tes yeux pétillent comme ça et que ton nez frémit, on dirait James lorsqu'il préparait une bonne blague... lança Pierre-François.
- Si on prévenait ton frère?
- Hein? Tu es fou?
- Sans lui dire que c'est nous bien entendu. Il s'occupera d'O'Reilly qui a certainement prévu cette possibilité mais ça les divisera, les affaiblira et ne sera pour nous qu'une bonne chose. Avant d'aller plus loin, je vais terminer de lire les rapports, je vois là un petit message particulièrement intéressant, se moqua Harry en ouvrant une petite enveloppe grisâtre et froissée qui ne payait pas de mine.
Tous attendaient avec impatience qu'il ait fini sa lecture.
- J'ai confirmation d'une autre de nos hypothèses, ton frère est en train de faire des recherches sur la fusion entre un humain et un être inférieur. Il nous a eu en beauté à Stonehenge.
En voyant l'air perdu de deux diplomates, Harry entreprit de leur résumer que au vu de la prophétie, ils avaient très bien compris que le combat qui était évoqué devait se dérouler sur le site en réalité un ancien portail magique faisant communiquer les limbes avec le monde des vivants mais que ça ne s'était pas vraiment passé comme prévu.
- Les quatre vers :
Lorsque s'éteindront les feux de Litha
Nourris de leurs peurs et de leurs folies
Des hommes se dresseront pour l'hégémonie
Brisant la nouvelle harmonie sous leurs pas
peuvent maintenant être interprétés sans difficulté, continua-t-il.
Le 21 juin lors du solstice d'été, à la tombée de la nuit après la fête consacrée à Litha, des hommes ayant peur et d'autres pris de folie briseront la nouvelle harmonie de cette paix si chèrement obtenue par la mort de Voldemort pour prendre une fois de plus le pouvoir.
Tout comme les suivants :
Se croyant les égaux des dieux anciens
Voudront briser le lien sacré du bien
Lors sur la pierre sacrificielle, un jour funeste se lèvera
Et le fracas des armes retentira
Les limbes étant, dans la mythologie, le royaume du dieu à tête de cerf Cernunnos, ils vont vouloir prendre un instant la place de cette divinité et se croire son égal. Ils ouvriront le portail des enfers pour en ramener un mort. Une bataille éclatera au dessus de la pierre sacrificielle, ça a été le cas. Le jour funeste s'est levé car nous avons cru empêcher le grand maître de la loge de faire revenir un mort parmi nous et nous avons échoué.
Au contraire, nous nous sommes fait manipuler et l'avons aidé de notre puissance magique en refermant le vortex. Plus encore nous l'avons débarrassé de ceux qui étaient au courant de ses projets. Et un tyran est revenu de l'enfer et de nouveau le monde sorcier devra combattre par les armes pour sauvegarder sa liberté.
- Je trouve que tu oublies certains points importants, mon ami. fit Draco qui le trouvait trop sévère pour lui-même.
- ...
- Le portail il fallait le refermer, eux en étaient incapables si nous ne l'avions pas fait que ce serait-il passé? As-tu senti l'aura maléfique qui entourait la pierre? Nous n'avions pas le choix. Heureusement que nous étions là, Harry.
- ...
- La perte d'Ombrage est une bonne chose. C'était un être méprisable, dangereux et nuisible.
- Pour voir O'Reilly prendre sa place? railla Harry.
- Avant, intervint Jim, il y avait Ombrage et O'Reilly.
- Maintenant à la place, nous avons un Gellert Grindewald en liberté.
- En liberté mais sans corps...
- Moi je trouve que vous avez oublié un point très important, intervint une voix moqueuse, je suis revenu aussi!
Toutes les têtes se tournèrent vers Sirius qui avait un sourire jusqu'aux oreilles. Certains éclatèrent d'un rire nerveux qui se transforma très vite en fou rire, seuls Harry et Pierre-François le regardaient d'un air désespéré. Ils se lancèrent un coup d'œil puis furent à leur tour contaminés par l'hilarité générale.
oOo
Après un déjeuner léger et frais, ils descendirent sur la plage. A la place de faire une sieste, ils s'éloignèrent de la côte en bateau avec Sylas, Draco et les garçons. Pierre-François debout à la barre s'en donnait à cœur joie, oubliant dans la vitesse les soucis du matin. Harry et Jim, de part et d'autre, avait passé un bras autour de sa taille et se laissaient griser par l'air du large. Quand il fut apaisé, il passa le relais à Draco et Sylas leur apprenant à gouverner le zodiac.
Ils passèrent une soirée calme entre discussions et jeux d'échec. Il n'avait aucun à cœur de s'amuser, la réalité du conflit qui minait le monde sorcier était là palpable, invitée indésirable mais inévitable.
oOo
Harry se réveilla dans la chaleur moite de leur lit. Comme Jim, il avait toujours aimé ouvrir les yeux sur le nouveau jour, serré contre le corps de son fiancé. Rien n'avait changé, il était toujours blotti dans ses bras, dans cette senteur faite du mélange de son effluve personnelle et de son eau de toilette citronnée, cocktail qui lui chamboulait le cœur. Il respira celle-ci au creux de son cou et resserra son étreinte autour du corps de son homme.
Pourtant depuis presque un mois une seconde odeur avait envahi son univers, il la retrouvait partout, plus capiteuse, plus mûre et elle lui retournait les sens. Un mouvement qui se fit contre son dos, une tête qui se posa contre son épaule lui en envoyèrent une bouffée. Puisqu'ils vivaient ensemble, dormaient ensemble, faisaient l'amour ensemble, elles auraient dû se mélanger, se confondre... mais ce n'était pas le cas. Elles avaient chacune une identité propre, lui parlant d'un amour différent, d'une façon d'aimer différente mais il était incapable de mesurer lequel il aimait le plus, il les aimait! point!
Avant l'arrivée de leurs amis, ils avaient passé quinze jours de rêve à s'apprivoiser, à s'aimer sans jamais un mot plus haut que l'autre, en parfaite harmonie. Il avait toujours dans un coin de son esprit un ténu regret de ce couple à deux tellement uni, tellement fusionnel qu'il formait avec Jim et qu'était venu troubler Pierre-François. Il avait été le premier a succomber au charme de ce dernier et Jim en avait souffert même si le beau sorcier ne le laissait pas indifférent. Il ferma les yeux et caressa doucement les boucles blondes, descendit le long de la pommette et de la joue puis passa un doigt sur les lèvres tentantes. Il les sentit s'étirer en un sourire. Alors doucement il l'embrassa.
- Tu ne dors plus mon cœur?
- Je dormais mais avec tes caresses ce n'est plus le cas et je suis loin de m'en plaindre.
- Je n'ai pas envie de me lever. J'aimerais rester là à paresser, soupira-t-il..
- Qu'est-ce qui t'en empêche? murmura doucement Pierre-François contre son oreille. Nous sommes en vacances. Rien ne nous oblige à travailler tous les matins. Ce n'est pas un jour qui fera la différence. Passons une journée tranquille, Pierre est reparti hier après une semaine ici et les invités suivants arrivent demain.
- Tu représentes toujours le désir, répondit Harry avec un petit sourire.
- Ça veut dire quoi cette petite phrase?
- Que pendant tout un moment tu as symbolisé notre tentation, une très belle tentation, et maintenant que nous y avons cédé, là, tu la matérialises sur un autre plan...
- Tu regrettes?
- Non, mon loup. Je t'aime trop pour ça. Il y a longtemps que nous ne voyions plus notre vie sans toi.
- Jim?
- Non! Nous avons beaucoup hésité, p'ti loup. Mais depuis que nous avons décidé de vivre ensemble, je n'ai pas de regrets. Je suis bien avec toi même si j'ai l'impression parfois que tu es plus proche de Harry que de moi.
- Est-ce que tu m'aimes de la même façon que tu tiens à lui?
- Non, murmura Jim craignant que la question suivante soit « M'aimes-tu autant? ».
- Moi non plus. Mon amour pour toi est paisible, tranquille, je sais que demain tu seras là, fort, solide, tendre. Il me suffira de t'attirer contre moi pour éprouver un bien-être jamais connu auparavant. Harry, j'ai toujours peur de ce qu'il va faire le lendemain. Je crois le connaître et soudain il me surprend dans ses choix, dans ses actions et bouleverse toutes mes certitudes... Je suis donc toujours en train de le chercher, cet insaisissable, alors que toi je sais te trouver à mes côtés et crois-moi, j'aime ça infiniment. conclut doucement le sorcier.
- C'est moi qui vais être jaloux, souffla Harry.
- Pourquoi? demanda Jim. Alors que c'est ce que tu éprouves toi-même! Aurais-tu oublié ce que tu as dit? Qu'il était toujours par monts et par vaux et que tu passais plus de temps à t'énerver qu'à l'aimer parce que tu ne savais jamais où il était et ce qu'il faisait...
- Je suis avec vous le plus clair de mon temps et tu sais que j'ai tout fait afin de me rapprocher de vous, pour que nos vies se mêlent et se confondent, fit Pierre-François, surpris et choqué.
- ...
- Harry?
- C'était il y a longtemps, nous n'étions pas encore très proches, répondit-il de mauvaise grâce, tout en cachant son visage dans le cou de Jim, mécontent de devoir avouer que, déjà à ce moment, il pensait à lui avec amour.
- ...
Malgré la joie qui l'envahissait, l'aîné ne dit rien devant l'embarras de son jeune amant. Il se pressa un peu plus contre lui dans le but de lui faire comprendre qu'il avait aimé son aveu même forcé. Il le sentit tressaillir et son bassin se colla contre le sien, il sourit doucement, il connaissait maintenant le langage corporel potterien. Peut-être pas aussi bien qu'il l'avait supposé d'ailleurs car une fois encore Harry le surprit en passant de l'autre côté de son corps et en se pressant contre son dos. Sa bouche vagabonda sur sa nuque et ses épaules puis descendit dans son dos traçant de tendres sillons jusqu'au creux des reins, de douces morsures le faisaient frissonner pendant que Jim l'embrassait, baisers de soie, baisers de miel puis baisers de feu. Leurs mains qui exploraient son corps avec sensualité lui faisaient perdre toute retenue, il s'entendit gémir. La bouche de Jim descendit pour doucement câliner sa hampe. Il avait toujours gardé le contrôle de leurs ébats, là il perdait jusqu'au sien. Puis les doigts de Harry qui erraient de sa virilité tendue par le désir à la cambrure de son dos, son envie qu'il pressait contre ses fesses, l'affolèrent.
- Chut, mon loup, mon amour, ma folie. Calme-toi, profite de nos caresses, je n'irai pas plus loin. Je t'ai promis d'attendre. répétait ardemment son amour contre son oreille. Fais moi confiance, mon grand, fais-moi confiance, je t'aime...
Il soupira de frustration, il ne pouvait vaincre cette peur panique qui l'envahissait dès qu'on s'approchait de lui de cette façon. Salazar seul savait à quel point, il avait envie de combler son attente et de lui appartenir. Il essaya de se détendre sous les gestes et les baisers passionnés de Jim, les paroles amoureuses et les caresses de Harry, bientôt de nouveau il ne fut plus qu'un geignement de plaisir. D'une voix rauque qu'il ne se connaissait pas il leur murmurait des mots d'amour, des mots fous, des mots éternels. Il prit conscience du fait que lui aussi instinctivement caressait, embrassait un corps pantelant, soumis qui s'abandonnait à ses mains expertes, qui frissonnait de volupté sous sa bouche qui errait sur le velours de la peau. Pour la première fois, Jim s'offrait à lui. Quand il l'entendit geindre son plaisir lors de son intrusion, lorsque sa chaleur moite l'envahit, ce fut à ce moment que de Lauzun le libertin sortit de toute notion de la réalité pour entrer dans celle de la volupté qui fait crier.
Il s'étira lascivement ramenant contre lui Jim qui posa sa tête sur son épaule et mélangea ses jambes aux siennes avec un soupir de bien-être. Harry qui était à présent à côté de son fiancé passa au-dessus de leurs corps enlacés et se blottit contre son flanc, attirant sa tête vers lui par la nuque pour un baiser suave et interminable avant de caresser le visage de Jim. Il le serra contre lui, son agneau chéri, bien plus fort que ne le demandait l'instant tendre mais cela ne sembla pas le gêner. Dans l'étreinte finale, au moment de la jouissance, il lui avait manqué et l'entendre crier le plaisir que lui donnait Jim l'avait presque choqué. Il était le premier surpris de cette jalousie qui lui avait serré les tripes.
D'habitude son but était de prendre du plaisir, il avait à cœur de satisfaire ses partenaires et de leur en procurer aussi, il y réussissait très bien. Avec eux, il y avait toujours eu cette différence qu'apportait l'amour mais là il y avait eu plus... Il ne savait de quelle manière exprimer ce qu'il ressentait. Comment leur dire que cet abandon de lui-même dans l'amour était quelque chose de nouveau pour lui. Que c'était la première fois qu'il faisait assez confiance que pour que tombent toutes les barrières qu'il érigeait.
Jim se leva pour aller à la salle de bain, il était trop tard pour les confidences semblait-il. Sauf que...
- Mon amour? Que se passe-t-il? chuchota Harry en l'enserrant de ses bras.
- Pour la première fois, j'ai perdu le contrôle de moi-même...
- Ça te dérange? demanda son agneau avec un sourire plein de tendresse devant le désarroi de son compagnon.
- Je ne sais pas. avoua-t-il franchement. Depuis que je suis en âge de penser, j'ai toujours tout fait pour maîtriser mes pensées, mes actes et considéré que ne pas y arriver était une faiblesse. Avec mes sentiments pour vous, j'avais déjà perdu une partie de cette faculté.
- Je m'oublie bien dans tes bras, parce que je t'aime. Je sais que je peux te confier ma vie.
- J'ai toute confiance en vous, ce n'est pas ça. J'ai éprouvé à la fois un soulagement immense à me laisser aller à mes pulsions et à la fois une perte, la perte d'une partie de moi-même qui devenait vôtre. Ce n'est pas très clair. fit-il rêveur.
- En effet. Mais je sens qu'il n'y a pas que ça...
- ...
- Mon loup?
- ...
- ...
- Je t'ai entendu crier de plaisir dans les bras de Jim. Depuis que nous sommes ensemble, tu avais toujours joui dans les miens et là tu étais loin.
- Je l'aime et c'est dans ses bras que j'ai appris la jouissance. Il y a longtemps que je ne lui avais plus appartenu, ça m'avait manqué et à lui aussi. Nous faisons l'amour à trois, non? Toi tu as fait cadeau de ton abandon à Jim et pas à moi, que dois-je en penser? souffla Harry en resserrant lui aussi son étreinte.
- Tu sais bien que ce n'est pas vrai! tes caresses y sont pour beaucoup et c'est à toi que je voudrais appartenir complètement... avoua-t-il à voix basse. Avant même qu'on fasse l'amour ensemble, j'avais déjà cette envie d'être tien totalement.
- Tu n'as pas l'impression de te contredire là? fit Harry amusé.
- Je sais, soupira-t-il.
- Nous arriverons à vaincre tes démons et tes peurs, ne te focalise pas là-dessus, ça prendra le temps qu'il faudra. Je ne t'en aime pas moins pour la cause.
Il attira Pierre-François sur lui, il noua sa main à la sienne et fit se toucher les bracelets. Il percevait le tumulte en son amant et essaya de le tranquilliser, il le sentit s'apaiser doucement. Il était certain que le bracelet elfique avait bien d'autres pouvoirs que cet apaisement réciproque qu'il leur procurait. Il faudrait qu'il fasse des recherches. Quand Jim revint encore humide, il poussa doucement son loup qui s'était endormi la tête sur sa poitrine, posa un baiser en passant sur l'épaule de Jim qui mettait une fois de plus un vrai fouillis dans la garde-robe pour trouver des vêtements qui lui plaisaient et passa à son tour dans la salle de bain.
Lorsqu'il coupa l'eau de la douche, il entendit la voix de Pierre-François qui semblait plus qu'énervé, il enroula vite une serviette autour de ses hanches et se précipita. Jim et Pierre-François se disputaient devant les armoires ouvertes.
- Tous les jours c'est pareil, Jim! Tout doit être rangé quand ce n'est pas repassé à nouveau. Tu crois qu'ils n'ont que ça à faire? passer derrière toi!
- Tes vêtements sont rangés bien tranquillement dans l'autre partie, ils sont impeccables comme d'habitude! pas un faux pli! railla Jim.
- Ai-je dit le contraire? Tu aimes mettre des tee-shirts et des jeans froissés?
- ...
- Et ça ce n'est pas à toi je crois? fit-il en prenant un pantalon et deux tee-shirts en boule.
- Si Harry veut me dire quelque chose, il le fera!
- Non, tu le sais bien! il t'adore! alors chaque jour il range au moins ce que tu as déplié à lui et parfois ce qui t'appartient aussi! tu crois que je ne le vois pas? Tu exagères!
- Tu es mon amant Pierre-François! Pas mon père!
- Justement! Quand on vit ensemble on essaye de respecter les autres, Jim. Ça fait un mois que je ne dis rien, mais tu ne fais aucun effort, au contraire. Et moi voir le peu de soin que tu prends de tes vêtements, ça m'énerve.
- Parce que c'est toi qui me les a offerts?
- Par Salazar! Jim! Pour qui me prends-tu? Non ça n'a pas d'importance d'où ils viennent, ou qu'ils soient chers ou quoi que ce soit... mais tu fais la même chose pour le reste! Tous les jours, Harry se précipite derrière toi dans la salle de bain pour ranger ce que tu laisses traîner avant que j'y aille parce qu'il a peur qu'on se dispute. Tu trouves ça normal? c'est toute la considération que tu as pour lui?
- Ne parle pas comme ça! Ce n'est pas toi qui vas me dire comment l'aimer!
- Arrêtez tous les deux! nous n'avons qu'une journée pour nous trois! Je n'ai pas envie de la passer entre vous deux en train de faire la tête... intervint calmement Harry.
- Tu te gardes bien de prendre parti pour l'un ou pour l'autre! il est beau le gryffondor!
- Jim! Quand nous étions tous les deux à Astor's Lodge nous avons eu de nombreuses fois cette discussion. Alors restons en là, mon cœur.
- Tu as mouillé partout! Tu vas te faire gronder! lança-t-il rageur en désignant les traces mouillées de ses pas avant de quitter la pièce.
Harry poussa un soupir et rentra dans la salle de bain.
- Je suis désolé, c'est la dernière chose que je voulais, fit Pierre-François en le rejoignant.
- Je savais que ça arriverait, soupira Harry. J'aurais dû le lui dire déjà, mais je sais d'expérience que ça ne sert à rien, il essaie deux jours pour me faire plaisir et puis il recommence. C'est moins de tracas de remettre quelques vêtements que de me disputer avec lui.
- Tu me donnes tort?
- Non! Sur le fond tu as raison! Je ne suis pas très ordonné moi-même mais je le remarque pourtant. Il est bordélique c'est un fait, mais tout le monde a ses défauts. Accepter les autres comme ils sont, c'est aussi ça aimer.
- Donc tu me donnes tort!
- Mais non! arrête d'en faire une affaire d'état! se moqua doucement Harry. Je t'aime aussi comme tu es et je sais que tu es très soigneux et même un peu maniaque. Il était donc évident qu'un jour vous vous opposeriez! J'aurais préféré que ce soit un autre matin.
- ...
- De toute façon, je connais mon Jim, il sait qu'il a tort et à sa manière il l'exprimera. Prépare toi tranquillement, je t'attends.
Pierre-François ne put s'empêcher de le retenir par le bras. Après ce qu'ils avaient partagé le matin même, il avait mal de ce qu'il ressentait comme une fracture dans cette entente. Il se dit qu'il devenait Poufsouffle. Harry lui lança un coup d'œil interrogatif puis sourit et l'attira vers lui. Il s'égara bien loin de leur dispute en contemplant le visage du sorcier. Il avait un grain de peau fin qui aurait fait envie à plus d'une femme, même non rasé on voyait à peine l'ombre des poils disgracieux. Les yeux paraissaient plus clairs encore dans le visage bronzé, il se trouva ridicule de penser qu'ils lui évoquaient ces eaux des lagons des mers du sud qui étaient présentées dans les publicités des agences de voyages moldues... Il aimait le front haut à peine bombé et les sourcils délicatement dessinés. Des pommettes accentuées et un menton bien dessiné enlevaient à ce visage ce qu'il aurait pu avoir de mièvre, une bouche finement ourlée et des lèvres légèrement brillantes qu'il savait douces, un nez droit ni grand ni petit harmonisaient ce visage masculin aux traits fins. Doucement, du bout de l'index, il caressa le petit pli d'expression qui se dessinait au coin des yeux dénonçant la maturité. Lorsqu'il lui rendit son sourire, une fossette se creusa au coin de la bouche remontant la joue, il y posa ses lèvres...
- Comme je t'aime, lui murmura-t-il d'une voix enrouée par l'émotion qu'avait provoquée en lui cette étude, il posa son front contre le sien.
Comme le matin, l'aîné le serra de toutes ses forces dans ses bras. Ils restèrent là soudés l'un à l'autre un moment.
- Il faut que je m'habille, il est presque midi.
- Vas-y mon loup... Je t'attends.
- Et Jim?
- Ça lui laissera le temps de penser à ce qu'il a dit. Ne te tracasse pas, je le connais, ça s'arrangera très vite. Pour te faire plaisir, il fera attention quelques jours et puis il recommencera.
Quand ils arrivèrent sur la terrasse, tout le monde les attendait en discutant ou en jouant aux échecs sorciers. Tous sauf Jim. Couché sur une chaise longue, le regard tourné vers le large il offrait aux autres le spectacle de son dos. Draco lança un coup d'œil interrogatif à son ami qui lui répondit par un sourire. Harry alla s'accroupir devant lui, une main posée sur sa hanche, il le regarda sans rien dire. Des doigts vinrent se mêler aux siens. Il le tira pour qu'il se lève et l'attira contre lui d'un geste possessif.
- Pourquoi est-ce que j'ai perdu mon calme? ce n'est pas dans mes habitudes.
- Parce qu'on venait de faire l'amour et que ses reproches t'ont blessé si tôt après. Il ressent la même chose et s'en veut aussi même si il avait raison.
- C'est la première fois qu'on se dispute.
- Ce ne sont que quelques mots un peu vifs qui n'ont aucune importance, mon cœur. Viens.
Main dans la main, il s'approchèrent des autres, Harry s'assit et attira Jim sur ses genoux sans plus de gêne. Leurs invités étaient partis, excepté Draco, Sylas, Hermione, Peter et Sarah. C'est ainsi que Pierre-François de retour de la cuisine les trouva. Jim accrocha son regard puis ne le lâcha plus, l'aîné lui sourit tendrement.
Une heure plus tard, ils mangeaient tranquillement discutant d'une éventuelle excursion en Corse ou en Espagne. Harry voulait voir Séville ou Grenade, Draco aurait aimé découvrir l'île de beauté. Quand il eut le regard attiré par un point noir qui volait sur eux, Harry sut que les ennuis allaient remplacer leur expédition. Un gros hibou foncé se posa sur la table à côté de lui, il prit la petite enveloppe grise et froissée dont il connaissait la provenance et lut la lettre. Il en leva les yeux pour les fixer sur Cloud et Aymeric.
- C'est Justin. O'Reilly a découvert son rôle d'espion, il est en danger. Il dit que nous savons où il est. Comme je l'ignore, il ne peut s'agir que de vous deux.
- Oui! confirma Cloud, nous avons établi un plan au cas où il se ferait prendre par son beau-père.
- Alors nous sommes sauvés! s'exclama Sirius avec ironie.
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(1) Voir : La course aux pouvoirs. L'unification salvatrice en est la suite mais peut-être lue seule sans problème.
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Allez ! Par review envoyée, un paquet de Chocogrenouilles offert !
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CECI EST UN MESSAGE POUR LA PROMOTION DES FANFICTIONS:
De nombreux auteurs talentueux constatent qu'ils ont des lecteurs mais très peu de commentaires (reviews). Ils sont venus sur ce site pour partager leurs histoires avec vous mais ils ont l'impression d'écrire dans le vide et, découragés, certains arrêtent de publier. On prend donc le risque de voir baisser la qualité des histoires sur ce site! Amis lecteurs, VOS commentaires peuvent faire la différence! Alors, si vous en ressentez l'envie, ne soyez pas timides, osez donner votre avis ou simplement encourager les auteurs!
Vous pouvez aussi rejoindre le FIC, le Front d'Incitation aux Commentaires sur le forum suivant (.net/myforums/Forum_francophone_ffnet/577456/) et diffuser cet appel auprès de vos lecteurs ou des auteurs que vous commentez.
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! ENFIN UN FORUM EN FRANÇAIS SUR FANFICTION NET !
Il existe désormais sur ce site un endroit où discuter librement de nos passions communes : l'écriture et la fanfiction. Envie de parler de votre fandom préféré, de vos centres d'intérêt, ou simplement envie de jouer ? Vous avez des doutes sur la qualité de votre fic, vous bloquez sur un titre ou sur un mot ? En manque de reviews, vous avez besoin d'un conseil ou d'encouragements ? Vous voulez tout simplement faire connaissance avec les autres usagers de ffnet ?
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