Chapitre II. GELLERT
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- Au moins ont-ils pensé à un plan pour lui, ce qui n'est pas notre cas! jugea Harry.
- Tu ne vas pas encore t'en vouloir aussi à ce sujet? lui demanda Jim en levant les yeux au ciel.
- Si! c'est une négligence de ma part impardonnable.
- Calme-toi, Harry. fit Pierre-François en posant une main sur son épaule.
Où-est-il, Cloud? poursuivit-il.
- Eh bien, il n'a pas dix-sept ans, il n'a pas le permis de transplaner et ne peut pas faire de magie donc il ne pouvait pas aller bien loin. Il est dans le monde moldu. Je lui ai expliqué comment prendre le bus et je lui ai donné l'adresse d'Hermione. Tout le monde le cherchera en premier vers Poudlard. Aucun autre endroit n'était sûr... Ils ont des contacts partout, au ministère, au magenmagot...
- Mais comment as-tu eu mon adresse?
- Par ton frère. Je suis désolée, Mione, c'est un peu osé de ma part mais on n'avait pas le choix. Si il n'y arrive pas, on a prévu une autre solution...
- Inutile de discuter! on va déjà là-bas! Munissez vous de vos armes, de vos capes et de vos masques. On transplane à Astor's Lodge dans cinq minutes. Mione, ma grande, fit-il en se tournant vers sa meilleure amie,...
- Je sais! le coupa-t-elle, je reste ici avec Sarah pour la sécurité des jumeaux.
- Oui! Ma mie, c'est plus prudent. confirma Sylas en souriant tandis que Draco lui caressait doucement l'épaule en passant.
Ils s'habillèrent et s'équipèrent rapidement. Bientôt vêtus de la cape noire, de leur masque de cuir, munis du ceinturon-holster garni du Glock et de plusieurs chargeurs, ils furent prêts. Les trois karatékas complétèrent leur tenue par un étui de cheville garni d'un poignard. Pierre-François accroupi devant Harry et Jim ajustait l'arme blanche pour qu'ils ne risquent pas de se blesser. Quelques minutes plus tard, Sirius, Draco, Sylas, Pierre-François, Jim, Cloud et Harry se retrouvèrent dans le petit chemin devant la bastide et transplanèrent au milieu du parc de la maison de Sylas du côté sorcier. Elle semblait bien vide sans eux, presque abandonnée. Harry appela Valis un des elfes de maison, lui demanda où étaient Jareth et Violaine et l'envoya les chercher.
- Harry pourquoi veux-tu rassembler tout le monde? Il suffit d'aller prendre ton gamin et de rentrer. Nous sommes sept c'est largement suffisant. demanda Sirius dont on sentait l'impatience.
- Si c'était si simple! François-Marie a la déplorable manie de mettre des puces électroniques sur tous ses partisans. Je suppose que dès qu'O'Reilly a eu des soupçons sur Justin il a pris la même mesure. Moi, c'est ce que j'aurais fait.
- Si j'allais chercher mon père?
- Si tu sais où il est, Dray, parce que le temps presse.
- J'en suis conscient. fit-il en disparaissant dans la cheminée.
- Tu es inquiet pour Justin mais il y a plus. questionna Pierre-François.
- Erwin et Jimmy se sont établis chez Hermione en attendant d'avoir leur appartement. J'ai essayé de leur téléphoner, ils ne me répondent aucun des deux.
- Ça ne veut rien dire, peut-être qu'ils sont sortis et dorment encore! tu les connais... intervint Jim qui regardait le visage de Sylas devenu livide à la mention de son meilleur ami et de son beau-frère.
L'arrivée de Violaine et Jareth interrompit leur discussion. Avec son habituel instinct, ce dernier s'était déjà équipé ainsi que sa femme. Joshua, leur vieil instructeur moldu, les accompagnait. Lucius et Narcissa atterrirent dans la cheminée dans une lueur verte.
- J'ai relié celle des Granger au réseau de cheminette sécurisé du ministère. Nous pourrons ainsi arriver de plusieurs côtés à la fois.
- Très bonne idée, Lucius. Toi et Narcissa, Joshua, Jareth et Violaine allez vous y rendre de cette manière. Nous allons transplaner du parc derrière la maison d'Hermione sous sortilège de désillusion, dès que tu nous vois faire, tu attends cinq minutes avant de nous rejoindre.
Lucius regarda les deux amants jeter le sort à Jim, puis se désillusionner eux-même. Quand il ne sentit plus leur aura magique il se mit à compter les minutes, il échangea un regard avec sa femme avant de prendre un peu de poudre verte, d'entrer dans la cheminée et de donner l'adresse. Les autres suivirent le ministre et atterrirent dans le living des Grangers. Seuls les membres de la Fraterie les y attendaient. La maison était déserte et nulle concentration anormale de magie ne dénonçait un quelconque affrontement.
Harry sortit son portable et essaya une nouvelle fois d'appeler leurs amis, c'est avec soulagement qu'il les entendit à l'autre bout du fil.
- Par la barbe de Merlin, où êtes vous?
- ...
- Vous sortez du restaurant? Et vous aviez coupé votre portable...
- ...
- Nous vous attendons chez vous.
- ...
- C'est pressé.
- Qu'ont-ils dit, mon agneau?
- Qu'avec moi, c'était toujours des urgences.
Un petit sourire moqueur fut la seule réponse de Pierre-François. Ils n'avaient pas tort.
- Cloud! Quel est votre fameux plan de rechange?
- Ben comme toutes les maisons sont sous sortilège de Fidelitas, nous n'avions pas vraiment le choix. Je l'ai envoyé à Cambridge, à l'Université sorcière dans la crypte. Si il doit se défendre comme l'accès est limité, il aura plus facile.
- Mais comment connais-tu la crypte de la chapelle? interrogea Harry étonné.
- Jimmy nous a raconté la tentative de meurtre dont tu as été victime par les partisans d'Ombrage et qui a échoué.
- La peste soit des serdaigle trop bavards! pesta Sirius.
- Ta précaution risque de se retourner contre nous si ils l'ont à leur merci et qu'ils nous attendent. expliqua L'Elu en se tournant vers le garçon.
- Il fallait faire un choix. Dad? fit-il en quêtant l'approbation de ce dernier.
- Tu as fait au mieux, Cloud. le rassura son père. La prochaine fois que vous avez ce genre de problème, venez nous en parler. soupira-t-il en mettant une main rassurante sur l'épaule de l'adolescent.
Ils attendaient depuis dix minutes quand un ronronnement de moteur se fit entendre, ensuite un bruit de clefs dans la serrure et deux jeunes gens en tenue de motards, pantalon serrant et blouson de cuir, casque à la main firent leur entrée. Harry ne put s'empêcher de penser qu'Erwin vêtu dans cette tenue avait tout d'un ange déchu et séducteur. Ses traits doux, son regard très clair d'enfant sage, ses longs cheveux châtains clairs ondulés tranchaient avec son corps moulé dans le cuir noir, il était la tentation incarnée. Une main possessive qui se referma sur sa taille le rappela à l'ordre. Ah, les mains de Jim et leur éternel langage. Celle-là voulait dire : « Tu es à moi! Ne l'oublie jamais! », il se tourna vers lui avec un sourire tendrement moqueur. Ensuite il accrocha le regard de son loup et lut dans ses yeux plein d'orage un message semblable. Il ne put s'empêcher de rire doucement. Jimmy et Erwin faisaient partie des invités qu'ils recevaient dès le lendemain, ça promettait de l'animation.
Ils redescendirent quelques minutes plus tard portant eux aussi la tenue de la Fratrie maintenant connue dans le monde sorcier. Harry leur résuma la situation. Jimmy lui posa quelques questions auxquelles il répondit le plus brièvement possible.
- Quelles sont tes intentions? interrogea Erwin.
- Nous allons transplaner directement dans les jardins de l'université, je vais appeler Ballic et ses elfes et leur demander si ils ont vu Justin. Selon leur réponse, j'aviserai.
- Bien.
- Oui? l'interrogea Harry qui le voyait hésiter.
- Justin est loin d'être stupide. La crypte est peut-être un endroit facile à défendre mais une fois que tu y es tu ne peux plus en sortir, ça m'étonnerait qu'il s'y soit enfermé. analysa Erwin.
- Je ne sais vraiment pas quel a pu être son raisonnement.
- On y va ou on continue de discuter? coupa sèchement Pierre-François.
- Nous y allons, mon loup. lui répondit Harry aussi tendre que l'autre était abrupt.
Une fois en dehors de la maison, il fit monter son aura magique pour jeter le sort de désillusion sur Jim, il attrapa Pierre-François par l'avant-bras, l'approcha d'eux, puis Cloud pour transplaner enlacés à quatre. Une fois dans l'allée du jardin de Cambridge, il appela Ballic et mit fin au sortilège les rendant pratiquement invisible. Pierre-François, Draco, Sylas l'imitèrent, suivis des autres.
- Maître Harry Potter, je suis si content de vous voir.
- Bonjour Ballic. Tu as vu un tout jeune homme qui essaie de se cacher? il doit être dans la crypte de la petite chapelle à l'entrée ou dans le domaine universitaire.
- Je les ai fait entrer dans votre logement, maître Harry.
- Les? Dans notre appartement?
- Oui! Le jeune homme et sa compagne. Ils ont demandé après vous. J'ai pensé que vous alliez arriver.
- Tu as vu quelqu'un d'autre?
- Oui! Ils sont au moins six sorciers qui fouillent le bâtiment principal. Je n'en ai pas vu dans l'aile des logements mais je ne peux rien certifier.
- Bien. Merci beaucoup Ballic. Une fois de plus deux sorciers te devront la vie.
- Maître Harry! La jeune fille n'est pas une sorcière.
- Une vie est une vie, Ballic. Merci de ton aide.
- C'est ce qu'aurait voulu Dobby, conclut simplement l'elfe.
Harry divisa le groupe en deux, il prit avec lui ses compagnons de vie et Cloud. Les dix autres se dirigèrent vers le corps de logis à la recherche des sorciers de la Loge.
Devant la porte de leur appartement, Harry murmura le mot de passe qui l'ouvrait. Ils pénétrèrent prudemment ne sachant pas ce qui les y attendait. Des bruits les guidèrent vers la chambre d'Aymeric. Un cri leur fit craindre le pire. Pierre-François et Harry se précipitèrent ouvrant la porte à la volée. Ils la refermèrent aussi vite, se fixèrent avec ahurissement puis éclatèrent de rire, Harry en avait les larmes qui lui coulaient sur les joues. Les deux autres les observaient abasourdis. Pierre-François récupéra le premier son sérieux.
- Il y a une bande de sorciers dangereux qui le cherchent pour le tuer juste à côté de lui et il se paie une partie de jambes en l'air avec sa petite-amie! Il est vraiment inconscient!
Jim et Cloud les regardèrent incrédules.
- Que faisons-nous? interrogea le second.
- On se fait un petit café en attendant qu'ils aient fini... suggéra Harry.
- Tu es sérieux? Un café?
- J'en connais qui ne savent pas s'en passer, répondit-il avec un coup d'œil tendre vers Jim.
- C'est vrai que ça ferait du bien, renchérit celui-ci.
- Les autres viendront nous retrouver ici quand ils auront terminé leur opération de nettoyage. A mon avis, ceux-ci sont à la fin de leurs ébats. Le timing est bon! ironisa Harry.
Dans la cuisine, Harry avait préparé le breuvage à la manière sorcière. Pierre-François et Cloud exploraient leur appartement avec Jim pour guide. Le premier revint seul dans la cuisine, les deux autres s'étant attardés autour du matériel informatique relié au réseau universitaire l'un des plus puissants d'Europe.
- Harry? Qu'est-ce qu'il y a eu entre toi et Erwin?
- Rien, mon loup. Et il n'y aura jamais rien. J'ai juste pensé qu'il était magnifique et infiniment attirant dans sa tenue de cuir. Vraiment pas de quoi fouetter un chat.
- ...
- Et surtout pas de quoi allumer dans tes yeux la tempête que j'y ai vu tantôt.
- Tu le dévorais du regard. Ça n'est pas passé inaperçu de Jim non plus.
- J'ai été à Poudlard avec Erwin pendant huit ans, je ne l'ai jamais remarqué.
- Tu ne voyais que les filles à cette époque.
- Quand nous avons commencé à fréquenter Sylas et Erwin, je l'ai trouvé beau, tentant mais c'est tout, ça n'a pas été plus loin.
- ...
- Tu penses que je suis quelqu'un de volage?
- Non mais... c'est bien ton petit page?
- Oui, c'est vrai, c'est le surnom que je lui ai donné en raison de son physique androgyne et de sa façon habituelle de s'habiller. Pas par tendresse, mon amour.
- ...
- Tu penses que je ne tiens pas à toi? fit-il doucement en posant sa main sur la sienne.
- Je sais que tu m'aimes.
- Alors pourquoi as-tu peur?
- ...
- Pourquoi avez-vous peur? Car j'ai vu la jalousie de Jim aussi.
- Je ne peux pas répondre à sa place. Je t'aime et je crains de te perdre pour des raisons tellement nombreuses que les énumérer me semblerait fastidieux.
- Surtout très inutile, mais je t'écoute...
- Harry, laisse...
- Non, je tiens à ce que ça soit réglé une bonne fois pour toute.
- Mon âge, mes origines, le milieu où tu m'as trouvé et le fait que peut-être tu te lasses de ne pas avoir ce dont tu as envie. jeta son compagnon en vrac.
- C'est de Lauzun le magnifique qui me dit ça? Tu connais le regard des autres sur toi! tu sais leur concupiscence, leur envie dès que tu apparais, pourquoi es-tu si incertain quand il s'agit de moi?
- ...
- Regarde tes doutes pour un malheureux regard un peu trop appuyé sur quelqu'un d'autre? Je t'aime Pierre-François, avec ta maturité qui te va si bien, avec la famille que tu n'as pas choisie, avec ton douloureux passé que tu es arrivé à surmonter... J'aime tout de toi. Ton courage en sus!
- ...
- Quant au reste, je te l'ai dit, nous avons toute la vie et celle des sorciers est longue.
- ...
- N'oublie pas, nous avons dit jamais de mensonge. Tu n'as rien à craindre d'Erwin ou de qui que ce soit d'autre. Ton café sera froid, mon loup. finit-il tendrement.
Pierre-François attira son amant contre lui, enleva son masque et le sien, posa ses lèvres sur les siennes pour un long baiser passionné et emporté. Un cri étranglé les sépara. Une jeune fille en sous-vêtements les regardait les yeux exorbités. Elle fit demi tour et s'enfuit en courant vers la chambre. Ils entendirent ses cris puis le bruit de pieds nus sur le carrelage et Justin leur apparut souriant.
- A la description, ça ne pouvait être que vous! Il y a longtemps que vous êtes là?
- Assez pour savoir que tu n'es pas prudent pour deux sous. Tu as des sorciers dangereux qui te traquent et toi tu t'envoies en l'air!
- D'après ce que m'a rapporté Joyce, je ne suis pas le seul à avoir des envies en mission!
- Il rendrait des points à ton fils! commenta Harry goguenard.
- Je vois. On se prépare de beaux jours. confirma son amant.
- Bon tu racontes? Qui est Joyce d'abord? Ta petite-amie?
- Non! je l'ai rencontrée ce matin, elle prenait le même train, elle m'a aidé. Elle fait ses études ici à l'université moldue.
- ...
- Je la remerciais! conclut-il avec un clin d'œil.
- Tu sais que plusieurs sorciers pas vraiment bien intentionnés à ton égard sont en train de fouiller les bâtiments?
- Oui! L'elfe m'a prévenu mais il m'a dit aussi que les protections que tu as mises sur ton appartement étaient telles qu'ils n'arriveraient jamais à entrer, alors j'occupais le temps en attendant votre arrivée.
Harry se laissa tomber sur un canapé. Il savait qu'il devait se fâcher mais il n'avait qu'une idée : s'empêcher de rire! Il vit dans l'encadrement de la porte Jim et Cloud sidérés par ce qu'ils venaient d'entendre. Pierre-François lui tournait le dos et se servait une autre tasse de café mais aux légers soubresauts qui agitaient ses épaules, il comprit qu'il n'arrivait pas plus que lui à garder son sérieux.
L'arrivée de l'équipe qui cherchait les partisans de la Loge fit retomber la pression. Il vit de suite le visage pâle et la grimace de douleur de Draco appuyé contre Sylas.
- Dray? demanda-t-il inquiet.
- Rien de grave! intervint Lucius. Une balle dans l'épaule. Violaine a été plus touchée par des sorts de découpage.
En effet, derrière eux, Jareth faisait léviter sa femme. Il la déposa dans la chambre d'amis que lui indiqua Jim. Lucius s'y précipita. Sylas entreprit de dénuder le bras de son mari, n'y arrivant pas il découpa le vêtement d'un sortilège. Pierre-François s'approcha.
- Tu veux le faire toi-même, Sy?
- Non. Je prépare seulement pour Lucius.
- Draco tu préfères attendre ton père?
- Vas-y.
Le sorcier frotta les paumes de ses mains l'une contre l'autre puis sans baguette les posa sur le haut du bras de l'ancien serpentard. Les yeux fermés, concentré, il sondait la blessure grâce à sa seule puissance magique.
- La balle n'est pas ressortie et a été se loger dans l'omoplate... couche-toi dans le canapé et ne bouge pas, Dray! Ce ne sera pas sans douleur. Sylas, tiens-le.
- Ça va aller, fit Draco en rassurant ce dernier.
Doucement il passa sa main dans la mèche qui tombait sur les yeux d'ébène, la repoussa avant de poser ses lèvres sur celles de son homme puis essaya de se concentrer pour communiquer via le pacte. Bientôt, il fut en symbiose avec lui et se détendit en sentant son amour.
Attirant un pouf, Pierre-François s'y assit pour être à la bonne hauteur. A quelques centimètres de la blessure, une légère aura d'un vert délicat enveloppait les mains du descendant des Sindar que regardaient avec fascination le blessé et ses compagnons. Bientôt le nimbe entoura la plaie et Pierre-François se concentra plus que jamais. Harry sentit une chaleur au niveau de son poignet. Les pierres du bracelet avait complètement changé de couleur, elles étaient devenues d'un blanc laiteux. D'instinct, il sut que son compagnon avait besoin d'aide. Il régula sa respiration l'approfondissant puis il monta sa puissance magique et posa ses mains sur ses épaules.
La lueur verte devint intense et légèrement dorée, Draco poussa un cri de souffrance et la balle se retrouva dans la main du sorcier. Il la posa puis à nouveau analysa la blessure, ne trouvant aucun autre corps étranger, il entreprit de reconstituer les tissus abîmés et de refermer la plaie en profondeur. Quelques minutes plus tard c'était chose faite. Il appliqua un moment ses mains à plat sur la zone de la blessure, lorsqu'il les retira, il n'y avait plus trace d'une quelconque plaie, même pas une cicatrice.
Harry pensa à l'analyse d'Hermione sur l'origine elfique de son amant. Les Sindar avaient toujours eu de grands pouvoirs de guérison dont il semblait avoir hérité. Il était temps qu'il se penche sur cet aspect de son compagnon. Il laissa redescendre sa puissance magique. Jim lui fourra une tasse chaude dans les mains et un baiser au coin des lèvres, il eut la même attention pour Pierre-François. Ce dernier avait l'air épuisé, guérir et faire appel à cette lointaine hoirie semblait lui demander beaucoup d'énergie. Il noua sa main à la sienne et fit se toucher les bracelets, si il arrivait à l'apaiser peut-être pouvait-il aussi lui apporter de la force? Il ne fut conscient d'aucun transfert ou communion mais il semblait mieux et lui même se sentait rasséréné.
- Justin?
- Oui?
- Viens avec moi, nous allons voir pour le tracker.
Il l'entraîna vers la troisième chambre. Au passage, il ouvrit doucement la porte derrière laquelle, Lucius soignait Violaine. Jareth au chevet de sa femme, lui tenait la main.
- Harry! j'ai besoin de ta puissance!
- J'arrive Lucius.
- Va, mon agneau! Je m'occupe de la puce. lui murmura Pierre-François.
- Merci.
Pendant quelques minutes, Harry l'aida à soigner Violaine apprenant des gestes simples mais demandant une très grande puissance. Lucius épuisait peu à peu la sienne et préférait la conserver pour les opérations plus complexes.
- Mon fils? demanda-t-il à Harry.
- Je suis là, Père.
- Ton épaule?
- Pierre-François s'en est occupé.
- Bien! Tu te sens capable de refermer les coupures du visage pendant que je m'occupe du reste?
- Si je le fais il restera des cicatrices. fit Draco après avoir regardé la face ensanglantée de la jeune femme. Une ou deux ce n'est pas grave mais là c'est lacéré. Je vais appeler Pierre-François. poursuivit-il sans même attendre la réponse.
- Je n'ai jamais fait ce genre d'opération, murmura ce dernier devant le figure de Violaine inconsciente, tout en lançant un coup d'œil interrogatif à Jareth qui lui répondit de la tête affirmativement.
Et une fois de plus, il les stupéfia. Une légère brume opalescente entoura le bout de ses doigts qu'il passait doucement sur les profondes lacérations, il fit ainsi tout le visage une première fois. Il recommença une seconde, quand Harry vit les pierres du bracelet commencer à changer de couleur et virer vers le blanc, il le tint par les épaules et développa son aura. Quand le deuxième passage fut fait sur chaque déchirure, Pierre-François apposa ses mains sur les traits de Violaine pendant un long moment, quand il les retira nul n'aurait pu dire qu'elle avait été blessée.
Il était blême, Harry attira son dos contre sa poitrine, il se laissa aller sur lui à bout de force. Alors une nouvelle fois il unit leurs bracelets jusqu'à ce que les pierres soient de nouveau bleues.
- Ça va, mon loup?
- Oui!
- C'est très bien la magie de soins elfique malheureusement ce n'est pas fait pour les sorciers, Pierre-François. commenta Lucius. Utilise-la le moins souvent possible car tu auras de plus en plus difficile de récupérer tes forces vitales et ta propre puissance de sorcier. Celle de Harry se mêle à la tienne pendant un moment mais un mélange de deux magies n'est pas sans risques et à la longue tu l'amoindriras lui aussi.
Au sursaut de son compagnon, Harry comprit que seul avait compté pour lui ce dernier argument. Il voulut l'apaiser une nouvelle fois par les bracelets mais il tressaillit et se libéra brusquement. Il s'attendait à cette réaction. Avec un sourire, il reprit son poignet et cette fois le retint d'une poigne de fer. Il savait que Pierre-François était plus fort que lui et si il le désirait vraiment... cependant le pouce qui caressa doucement le dos de sa main le rassura. Il acceptait de tout partager avec lui, les bonnes et aussi les moins bonnes choses.
Lucius avait terminé de soigner Violaine et lui administrait une goutte de cette infecte potion de sommeil, noire et nauséabonde, que les deux Malefoy appréciaient et administraient un peu trop souvent à son goût. Il avait eut maintes fois l'occasion d'en faire la connaissance. Il lui lança un regard interrogatif.
- Ses jours ne sont pas en danger, ceux de l'enfant non plus. Pourtant étant donné sa grossesse, il lui faudra un moment pour récupérer. Elle pourra transplaner avec escorte à son réveil pourtant évitez de le faire à plusieurs reprises ses prochains jours.
- Pourquoi n'as tu rien dit? Sa place était à Astor's Lodge ou avec Hermione et les enfants! fit-il glacial à Jareth.
- Je l'y aurais volontiers laissée si j'avais été mis au courant. Ce qui n'est pas le cas!
Un silence embarrassé suivit l'aveu du jeune homme.
- Elle est enceinte de combien de temps? demanda ce dernier à Lucius.
- Une douzaine de semaines.
- ...
- C'est une petite fille. Le développement est correct, il ne semble pas y avoir de complication en vue.
- Merci. soupira le futur père.
Tous quittèrent la chambre sauf Harry.
- Jareth, tu restes ici le temps que tu veux. Si tu as besoin de quelque chose tu peux appeler Ballic, si il peut t'aider, il le fera. Nous vous attendons comme prévu dès que tu le peux.
- ...
- Je suis sûr qu'elle allait te le dire, Violaine t'aime.
- Je ne voulais pas d'enfant maintenant alors que nous ne sommes nulle part et elle en voulait un. Il semblerait qu'elle se soit passée de mon avis.
- Un enfant c'est un cadeau du ciel, Jareth. Tu ne connais pas ta chance.
- Harry, tu le savais en te fiançant avec Jim que...
- Je sais, fit-il en le coupant, se demandant pourquoi il s'était laissé aller à cette demi confidence alors qu'il n'était pas tellement proche du langue-de-plomb.
- Ils t'aiment, vous adopterez. Pierre-François est un père merveilleux. Quand je vous vois tous les trois avec la petite Lily, je me dis que j'aimerais connaître pareil bonheur mais les temps ne s'y prêtent guère et mon métier encore moins.
- Tu peux changer de département au ministère, tu sais très bien que Lucius ne sera pas contre.
- Je crois que je n'aurais pas tellement le choix. Sans enfant, j'avais déjà des problèmes avec Violaine. Jouer les enquêteurs et les infiltrés m'obligent parfois à des actes incompatibles avec l'état d'homme marié et c'est vrai qu'elle le supporte de moins en moins.
- Je vais en dicuter avec Lucius quand tu lui en parleras il sera déjà prêt.
- Merci. Harry?
- ...
- Tu n'es pas heureux?
- Si. Vivre sans eux est impensable.
Jareth sourit puis l'accola, Harry se baissa vers Violaine, posa un baiser sur son front avant de sortir.
Il retrouva tout le monde dans le living. Les aurors étaient venus chercher les membres de la Loge qui étaient en réalité au nombre de huit, Pierre-François avait enlevé la puce que Justin portait sous la peau dans le pli de l'aine, il ne restait que le problème de la jeune Joyce. Pendant que les autres transplanaient des pelouses, Harry, Jim et Pierre-François enlevèrent leur cape et masque et accompagnèrent Justin et la jeune fille du côté moldu de l'université. Après l'avoir conduite dans un couloir proche de son studio, l'Elu lui lança un sort de confusion puis d'oubliette, quand Joyce reprit ses esprits elle était seule et se demandait comment elle était arrivée là.
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Le mas bourdonnait de bruits malgré le nombre restreint d'invités. Lorsque le trio était rentré avec Justin, les réactions n'avaient pas tardé et c'est Harry qui avait remis les choses en place.
- Ça suffit! C'est vrai que c'était un peu léger de sa part de ramener une fille et de l'emmener ensuite au lit... mais ça n'a rien changé à la donne.
- C'est toi qui dit ça? fit Hermione.
- Oui c'est moi qui le dit! Et tu sais pourquoi? J'y étais et j'ai pu le constater. Si les partisans de la Loge l'ont retrouvé c'est parce que, sans qu'il le sache son beau-père lui avait mis une puce sous la peau. Et ça il ne pouvait rien y faire.
- Alors il a fait preuve de sagesse?
- Je n'ai pas dit cela et je m'en expliquerai avec lui en tant que dirigeant de la Fraterie. Justin nous a fourni de très précieuses indications, notamment pour la bataille de Stonehenge et ceci avec beaucoup de courage malgré son jeune âge.
- L'Héritier défend ses serpentards... gouailla Sirius.
- Je défends nos combattants quelle que soit leur maison d'origine. Les griffons n'ont pas toujours l'apanage du courage!
- Je dois avouer que là, il a été plus gryffondor que vert et argent, se moqua le maraudeur amusé.
- Nous avons d'autres problèmes. Quand seras tu majeur, Justin?
- Le 16 août!
- Tu as un tuteur autre que ta mère?
- Non.
- Il faut que je trouve une solution pour les trois semaines restant. Cloud?
- Oui.
- Tu vas lui montrer comment changer son apparence. Amusez-vous mais ne lui donnez pas un look extravagant qui attirerait trop l'attention.
- Bien, Harry, fit-il en entraînant son camarade et sa petite amie.
- Tu vas devenir son tuteur à lui aussi?
- Non, Aymeric! Un seul garnement comme toi me suffit amplement. fit-il en serrant l'enfant qui arbora un large sourire.
- Sylvain va venir quand?
- J'irai le chercher dans quelques jours, il passera ici le reste des vacances.
- Tu crois qu'il ira à serpentard?
- Je crois que serdaigle ou griffondor lui conviendront mieux. Mais ça n'a plus la même importance qu'avant, les maisons ne sont plus ennemies et sous le directorat du très sérieux professeur Vassier, fit-il avec un regard amusé vers son amant, elles deviendront plus amies encore. Si le tournoi des trois sorciers est organisé une fois de plus à Poudlard, toute l'école s'unira autour de son champion.
- Il y aura aussi des dragons?
- Nous n'en sommes pas là. répondit Pierre-François. L'école de Beaux-Bâtons n'a pas donné son accord. Madame Maxime a ouvert pour la première fois l'année dernière son école aux garçons et cela ne s'est pas fait sans mal. Poudlard n'a pas vu la différence mais Durmstrang a perdu une partie de ses élèves et les relations entre les deux écoles sont plutôt tendues.
- Aïe! s'exclama Harry avec une grimace.
- Oui, si nous mettons sur pied la compétition, il nous faut prévoir qu'il y aura ce conflit sous-jacent à gérer en plus de la rencontre en elle-même.
- Avec Karkarof comme directeur nous savions où nous allions.
- En effet, avec celui-ci nous l'ignorons, je n'en avais jamais entendu parler avant.
- On peut se renseigner. suggéra Jim qui, paresseusement appuyé contre Harry, n'avait rien dit jusque maintenant. C'est toujours mieux quand on sait qui on a en face de soi.
- Tu es sûr que tu veux te mettre ça sur le dos pour ta première année en tant que directeur? interrogea Hermione.
- La tradition... Il faut que je prouve que si je fais des changements, je sais aussi respecter nos coutumes.
- Mais l'usage est de faire le tournoi dans chaque école à tour de rôle. intervint la jeune femme.
- En effet, mais ce qui complique tout c'est que si nous remontons dans le passé et calculons, Albus n'aurait pas dû accueillir le tournoi il y a cinq ans! C'était le tour de Durmstrang et cette année le nôtre, argument dont se sert le directeur Palliotov.
- Quelle mauvaise foi! s'indigna Mione en secouant ses boucles brunes.
- Si on l'organise, on prendra le personnel nécessaire. Tu n'auras pas plus de travail.
- Je ne m'inquiète pas de ça.
- Je sens d'ailleurs que je vais devoir demander à certains des professeurs qui enseignent à temps partiel de prester plus d'heures...
Jim et Harry éclatèrent d'un rire moqueur, avant que le second lui tire une langue espiègle!
- Bon... ben alors, je vais devoir prendre un adjoint qui passera les soirées avec moi à mettre tout ça sur pied... Dean Thomas, peut-être? fit Pierre-François faussement soucieux.
- Pour ne pas te déranger ces soirs là, nous resterons à l'appartement de Cambridge tous les deux, le nargua à son tour Harry.
- Voyez-vous ça! se marra l'aîné. Ne va pas trop loin, mon agneau... Tu as déjà un certain regard à te faire pardonner...
- Ce n'est pas vrai! tu en es toujours là? Leur séjour ici risque d'être éprouvant si je comprends bien... Erwin est si tentant! c'est bien difficile de poser ses yeux ailleurs, soupira Harry.
Ses amis le regardaient avec ahurissement, Jim avec un air plus que mécontent. En un instant, ils retrouvèrent le de Lauzun de "L'Aigle Noir", provocateur, hautain, affichant un désir dévorant pour eux... mais il y avait au fond de ses aigues-marines une lueur que Harry ne connaissait pas, dangereuse, menaçante lui rappelant que son amant n'était pas n'importe qui mais un sorcier d'une grande puissance à la réputation sulfureuse. Il savait qu'elle n'était pas sans fondement, il n'avait pas hésité à tuer à plusieurs reprises de sang-froid pour venger son petit ange, ce chérubin aussi blond que son père qui avait regardé de ses mêmes yeux d'azur la mort en face. En ce moment, il aurait fait peur à n'importe qui.
Pierre-François vit le désarroi inscrit sur les visages qui les entouraient; Harry quant à lui portait son verre à sa bouche d'un geste nonchalant. Il effleura du regard les pierres elfiques qui brillaient d'un bleu aussi insolent que le vert des émeraudes de son agneau. Il l'aimait, ça, il le savait!
Dans quel duel s'était-il engagé? Que cherchait-il? La mesure de sa jalousie? Les limites de sa patience? La profondeur de son amour? Sans cesser de l'observer, il se servit un verre de cognac et en but une gorgée calmement. Il avait failli le conduire au point de non retour, avec une simple provocation. Quelle emprise, il avait sur lui!
Il avait commencé à le provoquer avec Dean et ça c'était retourné contre lui. Il se rappela le regard qu'il avait posé sur Erwin et de nouveau son sang commença à pulser, il eut l'impression d'avoir subitement de la fièvre et il dut poser ses mains sur la table pour qu'il n'en voit pas le tremblement. Pendant quelques minutes, il les écouta vaguement discuter d'épreuves possibles pour le tournoi, puis il se leva et quitta la terrasse pressé de mettre entre ses yeux et lui le plus d'espace possible.
- Qu'est-ce qui t'a pris? souffla Jim.
- Rien! J'ai répondu à sa provocation.
- Harry! Pas à moi veux-tu! Tu l'as mis en rage volontairement.
- Il va se calmer.
- Tu l'as blessé!
- Ce n'était pas mon intention!
- Tu nous avais déjà heurtés tantôt par ton regard sur Erwin, pourquoi a-t-il fallu que tu insistes en public? Pour te plaire, doit-on oublier toute fierté?
- Jim, je...
- Une fois de plus tu n'as pas réfléchi. ragea son fiancé.
- Mais je t'aime. D'accord j'ai été trop loin mais je ne voulais pas t'humilier, tu sais bien que ce n'est pas mon genre, ça...
- Tu essaies de l'apprivoiser depuis des semaines, tu crois que tu vas y arriver de cette manière? quand tu auras semé le doute ce sera trop tard!
- ...
- Ne fais pas cette tête! J'ai compris depuis un moment que nos relations n'étaient pas celles que tu voulais. J'ai toujours été dominant et pour vous je l'ai oublié, pour toi par amour, pour lui parce que je sais qu'il ne peut pas faire autrement. Mais il te faut plus! Avoir plus d'emprise...
- Tu te trompes. Ce qui a amené ça c'est qu'il m'a demandé des comptes ce matin.
- Et il n'a pas ce droit? Tout comme moi?
- Il n'avait pas à revenir dessus!
- Ce n'est pas toi qui disais que la jalousie est le plus irrationnel des sentiments?
- ...
- Va le chercher.
- Il va me tuer...
- Débrouille-toi! ça t'apprendra!
- Viens nous retrouver, mon cœur. fit-il à Jim qui détourna la tête en soupirant.
Harry passa par la cuisine tout en sachant qu'il ne le trouverait pas là mais il avait besoin d'un peu de temps pour comprendre comment ça avait dérapé. Jamais il n'avait eu l'intention d'aller jusque là, il voulait seulement le taquiner. Il n'était pas dans leur chambre, il le trouva enfin dans la sienne qu'il n'occupait plus depuis un mois. Les persiennes étaient tirées et la pièce dans une demi pénombre. Il était étendu sur le lit, fermé, le corps raidi par la tension.
Il s'assit au bord du lit et caressa le visage volontairement indifférent qui le touchait, lui faisait mal. Il s'en voulut.
- Excuse-moi! Je n'ai pas voulu te blesser.
- Après ce que je t'avais confié ce matin... Pourquoi?
- Je ne sais pas vraiment... Parce que tu ne me fais pas confiance peut-être et qu'inconsciemment j'ai voulu te punir.
- Si tu me voyais regarder quelqu'un de la même façon, ça ne te ferait rien?
- ...
- Un peu de courage, Harry que diable, réponds-moi?
Il imagina la scène. Il se rappela quand il avait appris qu'il avait ramassé un inconnu dans un bar et avait passé la nuit avec lui, puis le soir, au club, où Kevin était collé à son corps comme une sangsue, ensuite le matin où il avait trouvé à ses côtés André qui s'était glissé dans son lit pendant qu'il dormait... Ils n'étaient pas encore ensemble, mais la possessivité était déjà là...
- ...
- Tu te rappelles de ta jalousie alors que je n'étais encore rien pour toi?Regarde-moi au lieu de détourner la tête, tu étais tellement fier tantôt de me provoquer de tes émeraudes devant tout le monde!
- Sais-tu seulement depuis quand tu es quelqu'un pour moi? Si tu t'intéressais à un autre, je crois que j'aurais envie de te briser. fit-il d'une voix sans timbre.
- ...
- Pierre-François?
- Ce que j'ai lu sur ton visage ce matin, Harry... Jamais plus! intima-t-il.
- ...
- Avant qu'on soit ensemble, ici même dans la mer, tu m'as demandé mes pensées...
- Je me rappelle.
- Et tu m'as prévenu que tu ne tolérerais aucune infidélité. Il en est de même pour moi. Ni en fait, ni en intention.
- ...
- Moi le libertin, je n'avais jamais éprouvé ça, je me suis découvert d'une jalousie dévorante.
- ...
- Je ne veux pas de ce pouvoir que tu as sur moi! fit-il en fermant les yeux, une expression douloureuse sur les traits.
- Ce n'est pas un pouvoir, c'est l'amour. Et j'éprouve la même chose, parce que je suis fou de toi. Tellement!
- Ce que tu m'as fait ressentir devant Erwin tantôt... souffla-t-il en fermant les yeux.
- Venge-toi... lui murmura-t-il en se rapprochant de lui et en posant ses mains dans sa nuque.
- Quoi?
- Venge-toi! répéta-t-il avec une moue et un demi-sourire provocateurs tout en mettant un genou de chaque côté de la taille ferme de ce corps dont il connaissait les petites imperfections, les chérissant chaque jour un peu plus parce qu'elles étaient siennes. Il s'appuya en arrière sur ses bras tendus, le corps offert à son amoureux stupéfait.
- Tu crois que tu vas t'en tirer comme ça? souffla Pierre-François d'une voix erratique.
Mais déjà redressé, il remontait le tee shirt et posait le front sur la poitrine presque imberbe, ses mains montaient le long des cuisses, une devant effleurait la bosse formée par le jean, l'autre flattait les deux rondeurs et le creux des reins. Quand il l'entendit soupirer de désir, il eut tout le mal du monde à ne pas lui répondre de la même manière. Il détacha les boutons du pantalon sans pourtant aller plus loin, continuant ses caresses mais effleurant seulement la zone sensible du bout des doigts.
- Jim? chuchota-t-il.
- Je suis étonné qu'il ne soit pas là... fit-il en passant son tee-shirt par dessus sa tête. Je lui ai dit de venir nous retrouver.
- Tu étais bien sûr de toi!
- Non! J'étais sûr de toi, mon amour! murmura-t-il en ployant la nuque pour prendre ses lèvres.
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Ça n'avait rien de tendre ou de doux c'était un baiser emporté, violent, passionné. Il libéra ses cheveux, mêla ses doigts aux longues mèches et tira sa tête en arrière, son autre main maintenant son menton, il ravagea sa bouche, mordillant, léchant, investissant en conquérant. Quand il sentit une morsure dans son cou, il gémit. Il attendit le tendre baiser qui ne manquerait pas de suivre, souffler le chaud puis le froid et inversement, Jim faisait ça très bien.
- Tourne-toi mon amour! lui souffla Pierre-François.
- Me tourner?
- Oui étends-toi sur moi maintenant...
Harry une fois couché sur lui, le dos contre sa poitrine, il l'entoura de ses bras, se décala légèrement pour l'embrasser. Il l'enserrait, caressait ses bras, ses épaules, lui murmurait force mots doux. Jim sourit, il savait où leur loup voulait en venir. Il ôta le jean et le boxer de son fiancé qui se retrouva nu contre celui de Pierre-François et émit un grognement de frustration. En le cajolant, il déshabilla aussi ce dernier, flatta doucement l'intérieur de ses cuisses, remonta le long de sa hampe érigée.
Il abandonna son loup, pour se consacrer à Harry, il effleura son désir de la langue provoquant un gémissement qui le fit frémir, remonta le long du corps de son fiancé jusqu'à sa bouche. Il se fit enjôleur, doux, suave même si il sentait son désir de passion, puis il passa d'une bouche à l'autre finissant dans une le baiser commencé dans l'autre, recommençant encore et encore, il mélangea leur salive, leur saveur jusqu'à les entendre geindre.
Pierre-François avait discrètement lubrifié ses doigts et du bout de ceux-ci il massait doucement l'anneau lui interdisant le centre de plaisir de Harry que l'envie assouplissait déjà, son agneau en demanda très vite plus. Il positionna celui-ci juste au dessus de son membre, jusqu'à butter contre la rosace close et tout naturellement d'un léger coup de rein, Harry le fit pénétrer dans son étroite moiteur, les faisant, de concert, gémir de plaisir.
Jim répondit au tendre appel de leur amant qui le prépara d'une main experte avec délicatesse, tout en douceur, introduisant à peine les doigts mais caressant, massant la prostate d'un léger touché, lui procurant une sensation qui devint vite exaspérante, lui donnant une folle envie d'être possédé. Affolé de cette volupté nouvelle, il poussa une plainte qui fit réagir Pierre-François qui le poussa vers son plus jeune agneau. Jim se souleva et doucement s'empala sur le désir tendu de celui-ci dans un soupir rauque de plaisir qui fit frémir ses amants. L'aîné fléchit les jambes, ses genoux aidèrent Jim à se maintenir, ce dernier s'appuya dessus pour commencer un balancement lascif qui les fit s'emboîter profondément.
Harry, blotti dans le parfum doucement épicé, dans les bras de son amant qui l'enserrait, qui lui murmurait des mots d'amour, se sentait étrangement euphorique et quand Jim accentua son mouvement, il suivit et vint buter de plus en plus énergiquement contre le bas-ventre de Pierre-François qui se déplaça légèrement jusqu'à atteindre ce point qui amènerait son amour à la félicité. Harry regardait devant lui son fiancé les yeux clos, le souffle erratique, le visage extatique perdu loin d'eux dans sa volupté. Il était beau, simplement beau. Il tendit les mains l'attirant un peu plus vers l'avant, il connaissait le corps de l'aimé.
- Penche toi un peu en arrière, mon cœur.
Le gémissement rauque qui lui répondit l'informa qu'il avait atteint son but, presque au même moment Pierre-François atteignit le sien et il ne put retenir un cri de jouissance, cherchant sa bouche avec rage et passion. Pourtant sa main se fit douce et câline pour saisir la hampe dressée de Jim et l'amener vers la jouissance finale.
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Quand ils revinrent sur la terrasse après une douche, seuls les attendaient les plus jeunes, Cloud, Justin, Sarah, Aymeric et les deux petits qui construisaient des murs interminables avec des briques colorées en plastique autour de figurines d'animaux. Ils avaient changé l'apparence de Justin qui avait maintenant des cheveux longs noirs, un visage allongé, des yeux très foncés, un nez retroussé et une bouche plutôt mince. Ils n'avaient pas modifié sa taille mais lui avait fait perdre son aspect longiligne en rajoutant quelques kilos. L'ensemble lui apportait un charme espiègle qui lui allait comme un gant.
Cloud et Aymeric de leur côté regardaient ces hommes qui étaient devenus toute leur famille. Ils avaient senti la tension entre eux et même plus... Cloud plus averti en avait compris la raison même si l'attitude de Harry l'avait dérouté. Maintenant, ils guettaient sur leurs visages leur humeur du moment. Les trois s'installèrent côte à côte. Cette journée qu'ils avaient attendue avec impatience depuis huit jours tiraient déjà à sa fin, bien différente de ce qu'ils en attendaient. Toutefois, assis là ils étaient bien, ils avaient retrouvé leur sérénité et profitaient du moment présent.
- Dad?
- Oui, Cloud?
- Nous aimerions aller en discothèque.
- Tu sais que ce n'est pas possible sans nous et franchement aujourd'hui nous aimerions profiter de notre soirée à trois et rester tranquillement ici.
- Nous avons prévu d'y aller quand Jan, Michel et les autres seront ici. acheva Harry gentiment.
- C'est chouette une sortie avec des gosses de maternelle aux basques! railla son parrain qui jouait aux échecs sorciers avec Peter au bout de la terrasse.
- Ils n'ont que deux ans de moins que moi. Si ils ont l'âge de combattre, d'espionner, de tuer, ils ont aussi celui de s'amuser! conclut l'Elu.
- Je croyais que ça Justin l'avait déjà fait ce matin... lança taquin Sirius.
- Jaloux, le maraudeur? répartit le jeune serpentard nullement impressionné par la réputation du nouveau professeur de vol.
- Allons Justin... ce ne sont pas les jeunes biches qui manquent, je t'en laisserai quelques unes... répliqua Black ravi de cette petite joute oratoire.
- Hè hè... la chasse aux jeunes oiselles est fermée aux séducteurs qui ne sont plus de prime fraîcheur... le taquina Justin dont l'œil pétillait de malice.
- La jeunesse aime l'expérience et ce n'est sûrement pas mon filleul qui me contrariera... railla l'ancien gryffondor.
Le trio eut le même sursaut et les deux plus jeunes le même réflexe : protéger l'aîné attaqué, Jim noua ses doigts aux siens, Harry passa son bras autour de sa taille sans lâcher son parrain des yeux. Pierre-François eut une expression à la fois tendre et triomphante au vu de cette réaction instinctive.
- Ce n'est pas une question d'expérience mais plutôt de classe, de prestance et de sourire... fanfaronna Justin. Toutes, jeunes ou moins, elles aiment rire, s'amuser, se sentir belles pour quelqu'un...
- Il a encore du lait derrière les oreilles et croit déjà avoir tout compris des femmes... répondit l'ancien gryffondor en levant les yeux.
- D'un autre côté, ce n'est pas à Azkaban que tu as pu en apprendre beaucoup! J'y ai passé deux mois et je n'ai pas vu l'ombre d'un corps féminin. fit Draco qui revenait enlaçant Sylas.
Il s'assit en attirant son mari sur ses genoux.
- Où est Mione? interrogea Harry.
- Elle se fait belle pour dîner avec tous ses hommes, se moqua tendrement Sylas.
- En effet, ce soir elle sera la seule femme de l'assemblée... constata leur hôte.
- Et grâce à toi, Pierre-François, elle est en pleine forme. Cette décoction avalée chaque matin au réveil fait merveille.
- Pendant que mon épouse attendait Henri-James, elle l'avait grandement soulagée.
- Je suis quoi, moi? intervint la voix claire de Sarah.
- Tu es une très jolie fille en fleurs, Sarah! fit de Lauzun le séducteur, mais pas encore une femme. Et tu as bien le temps pour ça! acheva-t-il avec indulgence.
Plus rouge qu'un coquelicot mais ravie, l'adolescente sourit. Le baiser que Cloud posa sur sa bouche acheva de la déstabiliser et elle ne sut plus où se mettre. Sirius renifla dédaigneusement dans son coin. Si le directeur lui-même se mettait à avoir du succès auprès de la gente féminine où allait-on?
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Ce dernier, Jim et Harry descendaient vers la mer suivis de Draco et Sylas, les jeunes avaient refusé de se joindre à eux pour cette rêverie sur la plage. Ils les virent s'asseoir sur le sable Sylas serré contre Draco, Harry et Jim enlacés par Pierre-François, leur tête posée sur son épaule.
Sarah étant partie se changer pour dîner, Cloud pensa que c'était le bon moment pour expliquer à Justin les rapports existant entre les membres de sa famille peu banale. Le garçon connaissait, comme toute l'école le pacte d'amour qui avait uni Hermione et Draco les liant jusqu'à la mort et qui s'était transformé en pacte d'alliance officiel avec l'arrivée de Sylas leur donnant à chacun statut de mariés. Le lien spécial entre eux était palpable, leur entente qui n'avait pas besoin de paroles, puisqu'ils communiquaient entre eux par télépathie, leur puissance conjointe... tout cela était su de tous.
En ce qui concernait la liaison des trois hommes, il y avait eu des rumeurs, les photos parues dans le "Independent Wizard" mais rien de concret. Si le garçon devait vivre un moment avec eux, mieux valait le lui expliquer. Mais comment aborder le problème? Il lui jeta un coup d'œil, il avait les yeux fixés sur la plage.
- Tu vas m'expliquer les roses ou les choux, la cigogne ou les petits lapins? se moqua-t-il sans tourner la tête.
- Justin!
- Quoi Justin? Ce n'est pas parce que j'aime les filles que je ne vois pas ce qu'il se passe autour de moi. fit-il en riant. Déjà en les voyant ensemble à Poudlard j'avais compris. Encore plus, avant la bataille de Stonehenge. fit-il sérieux.
- ...
- Tu crois que je peux oublier la vision du directeur, ce sorcier beau et puissant que tous comparent déjà à Albus Dumbledore, un genou en terre devant le Survivant, en train de l'équiper pour aller combattre, ce que se hurlaient leurs yeux qui ne pouvaient se quitter sous le regard amoureux de Jim?
- ...
- Et quand ça a été le tour de ce dernier, il l'a soulevé par la taille, l'a assis sur un bureau pour ajuster son étui de cheville et de nouveau silencieusement ils se criaient, s'accordaient, s'embrasaient et en le reposant par terre, il a effleuré ses lèvres, dernier au revoir avant qu'ils aillent courtiser la mort sur le site de Stonehenge. Il n'y a rien à expliquer. Tout est dit. conclut le garçon avec un haussement d'épaules.
- Le côté pratique alors. La chambre d'amis est devenue la tienne, j'ai vu qu'ils avaient procédé à quelques changements tantôt. A mon avis après-demain, tu auras droit à une séance de shopping pour ta garde robe. Tu seras majeur le 16 août mais ne crois pas que la porte te sera fermée pour la cause, tu es ici pour le temps que tu voudras.
- Tu es avec eux depuis longtemps?
- Onze semaines.
- C'est précis! Tu comptes les heures aussi? le taquina-t-il.
- Quand tu sors de l'enfer, tu as tendance à en retenir la date!
Justin ne répondit rien. Le sérieux de son condisciple n'appelait pas de réponse. Quand il serait prêt, il se raconterait. La jeune Marine vint débarrasser leurs verres et commencer à dresser la table du dîner. Il la suivit des yeux appréciant son déhanchement sensuel.
- Tu ne t'arrêtes donc jamais? se marra Cloud.
- Tu envisages les filles comme des plats appétissants, intervint Sarah avec une grimace dédaigneuse.
Cloud posa un léger baiser sur le nez de sa femme-enfant. Lui aussi avait papillonné avant de la rencontrer et au début de leur relation on ne peut pas dire qu'il lui était particulièrement fidèle, mais il s'était attaché à cette adolescente à la fois espiègle et tendre. Il était jeune et elle plus encore, il ne savait pas combien de temps cela durerait mais il la découvrait et se sentait de mieux en mieux en sa compagnie.
Ils virent remonter ensemble Jim, Harry et Pierre-François, ils discutaient un peu moqueurs et très complices, semblant avoir oublié le différent de ce matin. Cloud leva les yeux au ciel en voyant son père commencer à courir après Harry pendant que Jim riait aux éclats.
- Qu'est-ce qu'ils font encore?
- Laisse-les, fit Sarah, ils sont amoureux et je trouve ça beau. Tout comme j'ai trouvé tantôt la jalousie de ton père adorable.
- Adorable? Il faisait peur, oui! fit Justin.
- Je crois qu'il vaut mieux être à ses côtés que contre lui! admit Cloud.
Ils le virent arriver portant sur l'épaule le Survivant dont la tête ballotait dans son dos. Jim suivait un sourire moqueur sur les lèvres. Il laissa glisser le corps sur une chaise longue.
- Tu as perdu, agneau.
- Pas grave mon loup... pas grave! fit-il avec un regard qui promettait une vengeance future.
Le dîner fut joyeux. Ils passèrent la soirée parlant de tout et de rien, de l'avenir, de temps futurs moins agités, de bonheur calme.
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La bastide retentissait du bruit des rires et des voix multiples de la nombreuse assemblée. Jan et Adriaan étaient arrivés les premiers, partis très tôt le matin des Pays-Bas puis les belges Michel et sa femme Chi, ensuite Erwin et Jimmy avaient transplané quand celui-ci avait eu fini au ministère. Jareth avait prévenu qu'ils ne les rejoindraient que le jour suivant au soir, Violaine se portait bien mais il préférait attendre avant de transplaner. Lucius et Narcissa seraient là en même temps qu'eux. Lucius devait assister à une réunion importante de la Confédération internationale des mages et sorciers.
Pour le moment donc cette nombreuse compagnie était toute à la joie des retrouvailles. Ils n'avaient plus vus Michel et Chi, Jan et Adriaan depuis les fiançailles de Harry et Jim. Jan avait emmené avec lui Joris, son neveu qui avait un an de plus qu'Aymeric et celui-ci avait enfin un camarade de jeux. Leur installation ne s'était pas faite sans mal. Jimmy et Erwin avaient pris l'ancienne chambre de leur hôte, Joris dormirait dans celle d'Aymeric. Jan, Adriaan, Michel et Chi logeraient dans la deuxième partie des communs modernisés. Sarah pour quelques jours partagerait la chambre de Lily et Justin celle de Cloud pour laisser la sienne à Violaine et Jareth. Narcissa et Lucius rejoindraient leur trio dans les dépendances transformées appelées premier bastidon. Quant à Helmut, sa femme et leurs deux filles qui arriveraient seulement le mercredi, ils occuperaient le bastidon des moldus comme l'appelait déjà les enfants.
Pierre-François, Harry, Jim et même Cloud s'occupaient de leurs invités, essayant de soulager les filles un peu débordées. Comme Pierre à son arrivée, Jan et Michel s'étaient posé la question des relations entre Pierre-François et les fiancés. Si de nouveau ceux-ci se montraient peu démonstratifs pour ne pas les mettre mal à l'aise, les regards et la tendresse de certains gestes ne pouvaient tromper. Ce fut l'aîné qui involontairement les trahit en adressant à Harry un froncement de sourcil qui se voulait discret quand celui-ci manifesta l'intention de se resservir un alcool. Le plus jeune lui adressa une grimace moqueuse mais choisit une limonade avec le sourire. Le regard tendre qui le remercia ne passa pas inaperçu des néerlandais qui observaient leur silencieux dialogue, ils échangèrent un coup d'œil entendu. Les trois hommes allèrent coucher leur poupée et Hermione, Teddy. Les adolescents s'étaient établis sur la terrasse devant la bastide jouant au ping-pong ou discutant entre eux. Les arrivants ayant conduit plus de dix heures se retirèrent tôt.
Jim se blottit entre les jambes de Harry installé sur une chaise longue, Pierre-François en poussa une tout contre et s'assit à leurs côtés. Harry posa la tête sur son épaule et ils unirent leurs mains avec un soupir de satisfaction.
- Jim? j'ai oublié de te demander quand quand arrive William? demanda Michel revenu sur ses pas.
- On doit aller le chercher mercredi soir ou jeudi matin, il téléphonera.
- Bien Merci.
Il s'éloigna le sourire aux lèvres content de la certitude obtenue, tandis que les trois amoureux échangeaient une grimace moqueuse nullement dupes du prétexte trouvé par le diplomate.
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Le lendemain ressembla aux jours précédents. Harry se réveilla dans la douce étreinte de ses compagnons et paresseusement se refusa à bouger. Son visage dans le cou de Jim, il le respirait, faisant provision de sa peau, de son odeur pour sa journée..., puis doucement il remua rien que pour sentir Pierre-François resserrer instinctivement son étreinte autour de son corps. S'apercevant qu'il l'avait réveillé il se retourna dans ses bras et couvrit son visage de baisers légers.
- Que voilà, un agréable réveil, mon doux amour.
- Il faut prendre de l'avance pour toute la journée parce qu'avec tout le monde là... soupira-t-il.
- Ce sont tes amis, mon agneau et tes invités. J'aurais volontiers passé toutes les vacances avec vous deux dans mes bras et les enfants à nos côtés.
Il le sentit se tendre.
- Ce n'est pas un reproche, calme-toi... Je les supporterais deux fois plus nombreux pour te satisfaire, mais je voudrais justement que ça te fasse plaisir.
- J'aime les avoir autour de moi mais ma joie est gâchée parce que je dois renoncer à notre intimité, à nos gestes. Je sais que ça blesse Jim pareillement.
- Notre amour tout nouveau, très fort a besoin de s'exprimer mais les autres cantonnent leurs témoignages d'amour au secret de leur chambre, à partir de septembre, malheureusement, ce devra être le cas. Nous devrons être discrets à Poudlard ou à Cambridge.
- Je le sais, mou loup. Je le sais! soupira-t-il.
- Mais dès que la porte de notre appartement sera refermée sur nous, nous aurons tout loisir de nous aimer. Il y aura aussi tous les week-ends et les vacances à la maison de Weymouth. Je me demande d'ailleurs si nous l'avons achetée assez grande, car à la vitesse où s'agrandit notre famille..., fit-il avec un petit rire.
- ...
- Tous ces gestes te sont réellement nécessaire pour croire que je t'aime?
- J'ai besoin de vos bras à toi et Jim pour me sentir bien, pas comme preuve d'amour. J'ai l'impression que c'est ma place.
- J'éprouve la même chose, intervint une voix douce et calme. C'est pour ça que nous sommes toujours collés l'un à l'autre.
- Collés? interrogea Harry après avoir tendrement embrassé son fiancé et passé amoureusement ses doigts dans les courtes boucles qui au réveil partaient dans tous les sens.
- J'avoue que le terme n'est pas élégant, admit le jeune moldu avec un petit rire.
- Si nous voulons nous occuper du courrier en retard, il est temps de se lever.
Les plus jeunes firent une moue peu enthousiaste.
- Vous devenez paresseux tous les deux!
Une petite voix résolut le problème pour eux.
- Papa, papa, j'ai faim! s'écria une petite tornade brune en sautant sur le lit au milieu d'eux le transformant en trampoline.
- Déjà levée et affamée? j'en connais deux qui vont bien ensemble, fit Pierre-François avec un coup d'œil moqueur vers son agneau.
- Viens ma chérie! Nous sommes de grands incompris! fit Harry en tendant les bras à la puce bondissante qui se jeta sur lui de tout son poids.
- Tu mettras encore du beurre et du chocolat sur mon croissant?
- Chut! Papa va dire que nous sommes des gourmands.
- Moi, ze t'aime, tonton Harry! gazouilla l'espiègle en narguant son père.
Après avoir pris le petit déjeuner; ils se consacrèrent avec Sirius, Draco et Sylas à la politique sorcière puis à l'entraînement. Jan et Adriaan se joignirent au groupe pour la séance de karaté. Ils passèrent l'après-midi à la plage entre jeux, natation et bateau. Le soir vit arriver leurs invités du jour. Ne manquaient plus que Helmut, Karen sa femme et ses deux filles Andrea et Tanja âgées respectivement de dix et treize ans.
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Ceux-ci arrivèrent le lendemain soir.
Sorciers et moldus s'entendaient parfaitement, tous étaient assis autour de la grande table sur la terrasse du jardin dans les senteurs capiteuses des roses et de la lavande. Ils regardaient Didier, le chef français, Harry et Pierre François cuire sur la plancha magiquement agrandie. Jim et Cloud s'occupaient des boissons. Les plus jeunes avaient été rassemblés en bout de table, Marine et Fanny mangeaient avec eux s'occupant des plus petits. Les moules, les coques et palourdes, les couteaux, les calamars, les crevettes et les langoustines cuites avec des herbes aromatiques, secret de Didier, s'amoncelaient sur les plateaux aussi vite dévorés accompagnés de tartines de pain aillé et de crudités qu'ils étaient cuisinés. Les cuisiniers improvisés partagèrent avec eux le contenu du dernier plat.
Didier dut aller en cuisine et Jim, une fois leur dégustation finie, prit sa place. Manifestement, Harry adorait cuisiner et il n'avait pas oublié la première leçon donnée par le chef plus d'un mois auparavant. Le visage rougi par la chaleur, les yeux brillants, il nettoya la plancha d'un sort recurvite puissant, avant d'y verser un peu d'huile d'olive parfumée. Ils commencèrent à cuire les côtelettes d'agneau, les petites brochettes de bœuf, les légumes méditerranéens, les champignons... Quand Robert et Didier apportèrent les plats de gratin dauphinois et les salades, les viandes étaient prêtes. Cloud tendit aux grillardins un grand verre d'eau qu'ils avalèrent. Pierre-François fit glisser sur sa main le reste de son eau glacée et mouilla le visage empourpré de Harry, puis sa nuque. Il eut le même geste tendre pour Jim sans s'apercevoir que les trois quarts de la tablée regardaient, émus, les attentions amoureuses qu'il avait pour ses amants. Du pouce il essuya une trace noirâtre sur la joue de Harry avant de poser un bref baiser sur ses lèvres. Il vit le regard amusé de celui-ci, se rendit compte que les conversations s'étaient tues et qu'ils étaient le centre de l'attention générale. Il se rappela qu'il avait conseillé le matin même la discrétion... ce n'était pas gagné! Il posa sa main dans le creux de son dos et le poussa doucement vers sa place, avant d'attirer Jim à ses côtés.
L'hospitalité de Pierre-François lui ressemblait, elles était généreuse et sans limite. C'est repus après une salade de fruits en dessert que ses invités changèrent de terrasse pour prendre le café et un vieil alcool devant la mer pendant que les enfants aidaient les filles à débarrasser la table. Très vite deux groupes se formèrent les hommes discutaient politique, quant aux femmes elles parlaient poupons, prénoms, chaussons, biberons avec passion.
Les sorciers écoutaient les moldus faire le bilan de leur politique internationale. Harry regardait Jim exposer calmement ses théories. Il retrouvait l'analyste efficace et précis des négociations d'Haultepenne. Les délégués discutaient avec le jeune master en science politique internationale comme avec l'un des leurs, ils connaissaient ses capacités pour l'avoir affronté lors des négociations en Belgique. Pour Pierre-François qui ne l'avait connu qu'après celles-ci, c'était nouveau, il découvrait un autre côté de son agneau si tendre, si calme, un côté passionné, sûr de lui. Erwin ne tarda pas à intervenir dans la conversation aidant par petites remarques, par légères touches toujours pertinentes l'argumentation de Jim. Sylas suivit développant certains points trop peu exploités d'après lui. Harry souriait, fier de retrouver son équipe. Quand il fit une remarque, les trois s'empressèrent de l'exploiter et Pierre-François put apprécier la cohésion de l'équipe.
- Impressionnant, n'est-ce pas? lui glissa discrètement Draco.
Il opina de la tête sans répondre.
- Ici, ce n'est qu'une simple discussion, en négociations, ils sont redoutables.
- Je suis sûr que tu n'es pas en reste.
- Je me défends, fit-il en souriant, je suis un Malefoy. Pourtant pendant les pourparlers avec le conseil de l'Europe et les dirigeants de Cambridge, mon rôle a été autre.
- ...
- Etant donné mes dons en légilimencie, pendant tout le temps des tractations, je lisais dans les esprits de ses messieurs leurs dispositions, leurs états d'âme, leur argumentation et je renseignais Hermione et Sylas par les liens du pacte. La première consignait et le second négociait. On s'en est pas mal tiré.
- Je comprends pourquoi Harry dit que tu es le meilleur des legilimens.
- A Liège, continua Draco souriant, Jim est intervenu avec beaucoup d'à propos pour parler de notre université, de Harry dont ils craignaient la puissance, mais c'est Erwin qui a fait définitivement pencher la balance en notre faveur avec son charme.
- ...
- Ne fais pas cette tête! Harry t'aime et n'a jamais rien ressenti pour lui. Beaucoup de garçons seraient volontiers sortis avec notre Survivant mais il n'en a jamais vu aucun.
- Erwin était dedans?
- Je l'ignore. Possible. Moi-même, il fut un temps, si il m'avait envisagé autrement qu'en ennemi peut-être que j'aurais oublié que j'aimais les filles... plaisanta le serpentard.
Pierre-François regarda le meilleur ami de son homme avec stupéfaction.
- Mais Hermione et Sylas?
- Nous nous connaissons depuis huit ans. expliqua Dray. Il m'a fallu du temps pour la voir autrement que comme la mégère qui suivait notre Elu. Lui, j'ai parfois l'impression qu'il a toujours fait partie de ma vie et son opinion a de tout temps été pour moi très importante... Me voir dans ses yeux a souvent mit un frein à mes stupidités, pas dans tous les cas malheureusement, j'ai aussi souvent voulu le dépasser et ça m'a conduit aux pires résultats. Mais il a toujours été là au centre de ma vie et j'ai toujours été là au centre de la sienne. Bien que d'une autre façon, je tiens autant à lui qu'à mes amours et, contrairement à Hermione, je vous apprécie Jim et toi parce que vous le rendez heureux. Le reste m'importe peu.
- Et Sylas?
- Je suis passé à côté de lui pendant huit ans en l'ignorant il était comme moi un amateur de filles, passant d'une à l'autre, et lui ne supportait pas mon arrogance et ma muflerie! C'est notre amour commun pour Mia qui nous a rapprochés. Maintenant il est tout. Nous aimons Hermione de tout notre cœur mais Sylas et moi c'est encore autre chose... acheva Draco rêveur.
Pierre-François revint aux discussions et vit de suite la tension qui habitait ses agneaux.
- Malheureusement, disait Michel, il semble que chaque mégalomane qui veut prendre le pouvoir chez vous est pire que le précédent.
- Je ne suis pas d'accord avec toi Michel, Voldemort a été le pire. fit Harry.
- Depuis notre entente, j'ai pris des contacts en monde sorcier et j'ai beaucoup étudié vos mages noirs, de Salazar Serpentard à François-Marie Vassier en passant par Gellert Grindelwald et Lord Voldemort. Et Vassier est bien parti pour les dépasser tous si il est réellement prêt à fusionner avec l'âme d'un des pires... Il suffit de voir l'explosion qui a fait dix huit victimes dans la capitale anglaise non loin du monde sorcier.
- François-Marie n'est pas responsable de cette explosion. Elle a été provoquée par une bombe artisanale que nous connaissons bien. Nous avons échappé à un attentat il y a environ dix mois, le même engin avait été employé. expliqua Harry qui se retrouvait à défendre un ennemi qu'il exécrait..
- Tout à fait exact, intervint Jimmy, c'est moi qui ai fait l'enquête à Londres avec notre spécialiste en explosifs moldus.
- Il n'est pas question de nous attribuer tout ce qui est inexpliqué en monde moldu. Même si nous le combattons, ce n'est pas une raison pour charger François-Marie de crimes qu'il n'a pas commis. Il a bien des défauts mais il a eu une enfance plus que difficile et si la folie n'est jamais loin de ses actes, il a un respect profond de l'enfance et il n'aurait pas organisé cette attaque en sachant que des enfants seraient chez eux à ce moment de la journée. Alors que Voldemort était capable de contraindre un adolescent de seize ans au crime en menaçant de tuer ses parents en son pouvoir, François-Marie n'enrôle dans ses partisans que des sorciers majeurs.
- Harry, je ne fais que reprendre quelques faits de recherches connus de tous les services de police moldus. Une enquête internationale est en cours aussi bien pour ces derniers faits que pour ses activités d'import-export. Il a été convoqué par les services de police moldus cette semaine et est resté en garde à vue le temps légal c'est paru dans tous les journaux. Il a été relaxé parce qu'il avait un bon alibi mais l'affaire n'est pas classée pour autant.
Harry revit la dernière scène qui avait opposé Pierre-François à son jumeau, il se rappelait la haine incommensurable et les menaces de mort de ce dernier à l'encontre de son frère. Il savait qu'ils ne seraient jamais tranquilles avec ce fou en liberté mais il sentait, bien qu'il ne le lui ait jamais dit, que la disparition de François-Marie marquerait profondément son amant. Pierre-François lui avait, au contraire, toujours conseillé de mettre son frère hors d'état de nuire, il voulait le protéger lui de sa vindicte. La tentative d'empoisonnement dont il avait été victime à Poudlard, la campagne de dénigrement contre son propre frère montraient assez que les hostilités étaient ouvertes entre eux et qu'il ne ferait pas de quartiers. Par la barbe de Merlin, que tout cela était compliqué.
- Michel, en monde sorcier, rien n'est simple, rien n'est noir ou blanc. se décida-t-il à expliquer. Salazar Serpentard n'est pas un mage satanique comme vous l'entendez. Il pratiquait la magie noire et avait des idées bien précises et illusoires sur une tradition de sang-pur qui ferait l'élite du monde sorcier. La magie sombre vient de la même magie ancienne que la blanche, elle n'est pas mauvaise en elle-même, c'est ce qu'on en fait qui est discutable. Bien que sang-mêlé, il s'avère que je suis l'Héritier de Salazar Serpentard et où que tu tournes les yeux hormis Violaine, Jimmy et Jareth qui viennent de serdaigle, Hermione et moi de Gryffondor, tu ne verras autour de nous que des élèves actuels ou anciens de cette maison de notre ministre à mon fils adoptif en passant par mes meilleurs amis et Pierre-François. Ils œuvrent pourtant tous pour la Lumière.
- ...
- Gellert Grindelwald a été un jeune homme insouciant comme bien d'autres. Il voulait rassembler les Reliques de la mort et devenir invincible. Il a rencontré pour leur malheur réciproque un jeune sorcier puissant, intelligent, prometteur. Ils se sont plu, ils se sont aimés. Ils ont imaginé un monde purifié et utopique, un monde moldu asservi et dominé par les sorciers de sang-pur. Ils travailleraient « Pour le plus grand bien ». Ils se sont aimés deux mois! deux mois qui ont fait basculer leur vie.
Le second sorcier s'appelait Albus Dumbledore, il avait à ce moment dix-huit ans, son amant seize. Bien plus tard, il est devenu mon mentor. C'est à lui que je dois d'être ce que je suis, en bien, en mal.
Le frère d'Albus, Abdelforth constatant la folie des idées de son frère lui en fit reproche et la scène tourna à l'affrontement. Gellert était là. Les amants s'unirent et les sorts fusèrent des deux côtés. La sœur d'Albus, Ariana, fut touchée au passage d'un sort de mort. Je ne sais qui a lancé le sortilège, qui l'a dévié... le savent-il eux-même? Gellert s'est enfui et n'a plus revu son amant. Si il a eu ensuite d'autres amours il ne l'a jamais oublié, ni leurs ambitions communes et il a essayé de les réaliser sans lui. Albus s'est toujours senti coupable de la mort d'Ariana.
Malgré l'avenir brillant qui lui était promis, il est devenu simple professeur à Poudlard, puis bien plus tard directeur. Il a refusé à plusieurs reprises le poste de ministre de la magie qui lui était offert craignant d'être repris par ses démons et d'employer mal ce pouvoir. Sa puissance pourtant n'avait fait que croître et il est devenu évident qu'il était le seul à pouvoir arrêter la folie destructrice de Gellert Grindelwald. Il a repoussé l'affrontement pendant trois ans, puis en 1945 il s'est décidé. Pour le monde sorcier et moldu, il l'a fait et a enfermé son unique amour dans sa propre prison de Nurmengard. La devise qu'ils avaient imaginée ensemble "Pour le plus grand bien" et qui accueillait visiteurs et condamnés à l'entrée du camp pénitentiaire, l'a salué à son tour. Il y est resté cinquante trois ans sans une seule visite autre que celles de ses gardiens. Pourtant pendant tout ce temps il est resté en contact avec l'extérieur, il écrivait des lettres à Albus qui lui répondait.
- ...
- Et 1998, Tom Jedusor, alias Voldemort, s'est présenté à la prison. Il cherchait à son tour les Reliques de la Mort et notamment la Baguette de Sureau qui était devenue la possession de Gellert. Il l'a torturé longuement, il y a pris du plaisir et s'est délecté des cris déchirants du vieil homme cependant il y a longtemps que Grindelwald n'était plus un corps mais seulement un esprit et un cœur. Il a refusé de parler, de révéler qu'Albus était devenu le possesseur de la baguette en le vainquant. Il a nié l'avoir jamais eue en sa possession et il est mort dans d'atroces souffrances.
- Il l'a protégé jusqu'au bout... murmura Sylas.
- Non! Je ne crois pas! De tout temps, Voldemort savait que son ennemi serait Albus Dumbledore. Il était le plus puissant des mages et de surcroît mon mentor. Grindelwald ne l'ignorait pas. Je crois qu'il avait changé sa façon de voir le monde.
- Tu te rends compte de ce que tu dis? demanda Jim choqué.
- Oui. Je sais ce que cela implique.
- Harry? Comment sais-tu ce qui s'est passé à la prison de Nurmengard. interrogea Draco.
- Il y a toujours eu entre Voldemort et moi un lien spécial créé dès mon plus jeune âge, une connexion intermittente qui me faisait voir ce qu'il regardait, qui me faisait ressentir ses colères, ses joies, ses haines... Dès que je l'ai relaté à Dumbledore, il a voulu que je ferme mon esprit et que j'apprenne ce que nous appelons l'occlumencie qui permet d'ériger une barrière pour empêcher toute intrusion mentale. Je n'y suis pas arrivé et bien souvent je me suis servi de ce lien particulier pour savoir ce que Voldemort faisait, mais ça n'avait pas que des avantages. Parfois il prenait possession de mon esprit et je devenais l'acteur involontaire de scènes que je ne crois pas pouvoir oublier.
Ce jour là, j'étais dans le corps de Voldemort, j'étais lui! j'ai tout vu par son regard, j'ai ressenti sa joie lorsqu'il le torturait, son excitation quand il l'entendait hurler de souffrance, sa rage quand il l'a tué! Je pouvais presque sentir l'odeur écœurante du sang. Dans son visage ridé, ravagé, blessé, seuls bien vivants, ses yeux ouverts me regardaient, de magnifiques yeux bleus, très clairs, tes yeux... fit-il en se tournant vers Pierre-François, tu as hérité de ce qu'il y avait de plus beau, de plus pur en lui. Après avoir insulté sa dépouille, il l'a enfin laissé là, dans une mare pourpre, le corps lacéré, mais les yeux toujours ouverts. termina-t-il d'une voix sans timbre.
Sans un mot et se moquant de la discrétion, Pierre-François l'attira contre lui. Harry blottit son visage dans le creux de sa clavicule. Il ne vit pas le regard de pitié que lui lançait Jan, celui horrifié de Michel, celui compatissant de Lucius. Ayant uni leurs bracelets, il laissa à son amour le temps de se calmer, caressant sa nuque doucement puis il le poussa vers les bras de Jim qui l'enserra.
- Comme vous l'avez deviné à l'écoute du récit de Harry, Gellert Grindelvald fait partie de ma famille, je suis l'arrière petit-fils de sa sœur.
- Et François-Marie Vassier? interrogea Adriaan.
- C'est mon frère jumeau.
Un long silence suivit.
- Comment peut-on vous distinguer? demanda Michel.
- Il a les yeux bruns et une longue balafre dans la figure que je lui ai faite il y a très longtemps.
- Vous vous opposiez déjà tout jeunes?
- Il défendait ma mère, elle était d'origine moldue et une gryffondor. intervint Harry en liant sa main à celle du sorcier tout en restant contre Jim.
- Et ma seule amie, ajouta Pierre-François.
- Elle t'aimait beaucoup et James aussi. Ils étaient toujours inquiets pour toi. lui dit Sirius gravement.
- Je sais.
- Que sont devenues ces Reliques de la Mort qui ont fait couler tant de sang? demanda curieux Helmut.
- Je crois que personne ne le sait, fit Lucius. Selon la croyance, elles ont un maître et doivent être conquises par force ou par ruse ou léguées. On a longtemps cru que Voldemort les possédait, il l'avait laissé sous-entendre mais heureusement il n'en était rien.
- Les Reliques étaient la possession des trois frères Peverell : Antioch, Cadmus et Ignotus. Tom Jedusor n'a eu que la Pierre de Résurrection, elle était sertie dans l'anneau des Peverell, expliqua Harry. Il l'avait caché dans les ruines de la maison des Gaunt, la famille de sa mère. Il n'a jamais eu les autres. La bague a ensuite appartenu à mon mentor qui désireux de revoir sa sœur et ses parents morts l'a passée à son doigt déclenchant ainsi un terrible maléfice qui le conduisit à sa mort. Il détruisit la bague ne gardant que la pierre.
La Cape d'Invisibilité a été transmise à mon père, James Potter, descendant d'Ignotus Peverell, puis à moi et reviendra à mon fils.
- Et la troisième?
- La Baguette de Sureau aussi appelée Bâton de la Mort ou la Baguette du Destin appartenait à Gregorovitch, lorsque Gellert la lui vola après l'avoir assommé. Lors de son combat avec Albus, ce dernier la gagna, il l'utilisa jusqu'à sa mort, ensuite elle fut la possession du seul sorcier qui désarma Dumbledore. Heureusement, il ne sut jamais qu'il la possédait, il aurait signé son arrêt de mort, dit gravement Harry en fixant Draco. Je la lui ai prise et elle est mienne.
- Tu en as donc deux ... constata Cloud.
- A sa mort, Albus m'a légué un vif d'or, il contenait la pierre, je l'ai utilisée pour revoir ceux que j'aimais, mes parents, Remus et toi avant la bataille de Poudlard, fit-il en se tournant vers son parrain qui lui sourit. Je suis le maître de droit des trois reliques, annonça Harry calmement.
Pierre-François sursauta le regardant avec effroi.
- Tais-toi! intima-t-il à son amoureux.
- N'aie pas peur! Je ne crains rien, mon loup. J'en suis le maître mais je ne les ai pas. Elles sont perdues à tout jamais pour les sorciers, moi-même je ne pourrais les trouver. Je n'ai gardé que la cape léguée par le sang.
- Tu les as détruites? demanda Lucius incrédule.
- L'océan est vaste. répondit Harry avec un haussement d'épaule. Je ne suis pas suicidaire! Autant porter une pancarte : sorcier à tuer.
- Mais le pouvoir...
- Ne m'intéresse pas et surtout pas dans ces conditions! Etre un petit despote seulement préoccupé de se protéger, doutant de tous et de tout... Non! J'ai d'autres ambitions à la fois plus modestes et plus belles, conclut-il en jetant un coup d'œil à Jim et Pierre-François.
- Tu es fou! s'exclama Lucius.
- Moi? non! Albus disait : "Les Reliques, les Reliques... Réelles, dangereuses, parfait appât pour les fous." Il avait raison, c'est pourquoi je n'en ai pas voulu.
- On peut utiliser le pouvoir pour faire le bien! répartit leur ministre.
- Oui! "Pour le plus grand bien"... conclut Harry en souriant sereinement.
Nul n'osa plus répondre au jeune dirigeant de la Fratrie qui songea que de là où il était Albus devait le regarder les yeux pétillants de malice! La politique n'est que jeu de menteurs!
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Appuyés contre la balustre, le visage tourné vers le large dont on ne voyait qu'une masse sombre et mouvante parsemée de quelques lumières se déplaçant paresseusement, les deux fiancés enlacés rêvaient.
- Il en met du temps p'ti loup!
- Autant d'invités dans une maison c'est beaucoup de choses à organiser et à prévoir et nous ne l'aidons pas. Nous nous laissons gâter par lui comme des enfants.
- Il aime ça!
- Pour le moment, mais un jour ça lui pèsera, je veux être à ses côtés.
- Que vas-tu faire? Donner des ordres à des employés qui ne sont pas les tiens et peut-être contraires aux siens?
- De la façon dont tu présentes les choses nous ne vivons pas chez nous mais chez lui.
La maison de Weymouth sera notre toit parce que nous l'avons achetée ensemble, nous emménagerons en même temps, nous avons tout choisi à trois, ici c'est le sien.
- Ce sera le même personnel, la même organisation...
- Je ne comprends pas pourquoi ça te blesse.
Pierre-François qui assistait depuis un moment à leur conversation se demanda où Jim avait cette fois mis ce sixième sens qu'il possédait dès qu'il s'agissait de Harry. Comment avait-il oublié qu'une des blessures de son fiancé était d'avoir toujours vécu chez les autres et jamais chez lui? Il hésitait à intervenir de peur de mettre son agneau encore plus mal à l'aise.
- Si nous sommes ensemble je ne veux pas de ce genre de considération, chez nous c'est là où il est et inversement.
- Discutes-en avec lui, c'est la meilleure des solutions, mon amour. Je te suis, tu le sais, conclut Jim.
- Avec qui dois-tu parler et de quoi? fit Pierre-François en posant ses mains sur leur taille et en s'appuyant contre eux.
- Avec toi...
- Moi aussi j'aimerais échanger quelques mots avec mon agneau décidément trop secret...
- On commence par quel sujet?
- Je suis mort alors nous débutons par une douche puis nous parlerons bien installés dans notre lit. Qu'en penses-tu?
- Adopté!
- Jim?
- Je vous suis...
Ils prirent une longue douche ensemble avant de se coucher.
- Vas-y mon agneau. Que voulais-tu me dire? demanda Pierre-François en les attirant contre lui.
- J'aimerais t'aider et participer à la bonne marche de la maison.
- C'est quelque chose que je ne refuserai certainement pas, je dois avouer que pour le moment, le soir, je suis plus que fatigué. Ce sera plus facile si on se répartit le travail tous les trois. De quoi voudriez-vous vous occuper?
- Qu'as-tu fait ce soir?
- J'ai vérifié l'emploi du temps de tout le monde avec Robert pour demain, j'ai dressé les menus des repas en compagnie de Didier. On a fait le tour des différents problèmes comme le robinet qui goutte dans la salle de bain du bastidon occupé par Draco, comme le fait que Peter s'occupe beaucoup de Fanny et Justin de Marine alors qu'elles sont là afin de travailler et non pour satisfaire la libido de nos invités. Je note ce que je dois faire éventuellement le lendemain par exemple demander à notre homme à tout faire de passer s'occuper du fameux évier. Ça c'est à faire tous les jours.
Une fois par semaine, je récapitule les dépenses. Didier fait les emplettes courantes de la cuisine et Robert celles de la maison. Ils ont tous les deux une certaine somme devant eux pour ça. Je vérifie ce qui a été utilisé et je complète la provision que j'ajuste si il y a des dépenses supplémentaires prévues comme pour l'instant. Les achats plus conséquents sont tous discutés avant d'être envisagés, par exemple une acquisition de vins chez un vigneron, de la vaisselle ou un appareil ménager.
Enfin fin du mois je fais la comptabilité mensuelle, j'établis les fiches de salaire et je verse ceux-ci, je m'occupe des paiements des charges pour ici mais aussi l'appartement de Paris et maintenant la maison de Weymouth. Je prends en compte les rentrées du club. Le tout doit s'équilibrer.
Je voudrais d'ailleurs savoir pourquoi ce mois-ci, la banque Gringotts m'a versé une belle somme que je n'attendais pas. Je suis sûr que tu peux m'expliquer ça, mon agneau. fit-il en repoussant d'une main caressante les cheveux qui tombaient sur le regard vert qui le fixait attentivement depuis tantôt.
- Tu n'as pas à supporter toutes les dépenses de la maison tout seul, ce n'est pas logique! Chacun doit y contribuer selon ses moyens. Quand nous aurons notre traitement de professeur chaque mois ce sera mis dans le budget commun, c'est normal. Et comme ce ne sera pas grand chose, je participerai aussi à tous les gros achats. Les Potter sont loin d'être sans ressources, conclut-il avec le sourire.
Pierre-François sentit une bouffée de tendresse monter dans sa gorge envers son petit homme. Il avait bien plus les pieds sur terre que Jim pourtant plus âgé mais plus insouciant. Il envisageait leur avenir à trois avec le même sérieux qu'il apportait à tout ce qui lui tenait à cœur. Il se rendit compte que Harry avait raison, il les avait jusque maintenant considérés comme de jeunes amants à gâter financièrement, à combler physiquement. Manifestement, ça ne suffisait pas au plus jeune qui voulait une place de compagnon à part entière, d'égal à égal. Rien ne le comblerait plus que de la lui donner.
- Je vous propose de m'accompagner deux ou trois soirs, de voir comment tout fonctionne et quand vous vous sentirez prêts, vous choisirez ce que vous voulez faire?
- C'est très bien comme ça. acquiesça Harry.
- Ma tendresse?
- Oui, c'est d'accord, fit une voix ensommeillée.
Pierre-François eut un petit rire amusé avant de redevenir plus grave..
- Harry? Tu sais où sont les reliques n'est-ce pas?
- Oui.
- Il faut t'en débarrasser réellement.
- Ce n'est pas utile. J'ai perdu la Pierre de Résurrection lors de la bataille de Poudlard dans la forêt interdite et je trouve qu'elle y est très bien.
- Pourquoi avoir dit que tu étais le propriétaire des trois reliques?
- Rien ne reste secret. Cela va se répandre. Celui qui aura l'idée de les chercher sait qu'il devra m'affronter d'abord, j'espère que ça fera réfléchir! ton frère en premier.
- Si j'étais toi je n'y compterais pas. On n'a jamais pensé à prendre les journaux moldus pour voir ce qu'ils disaient de cette affaire.
- Ne te tracasse pas, François-Marie aura pris ses précautions. Ils ne trouveront rien.
- Tu l'as fait prévenir?
- Oui! Pas pour ton frère et, excuse-moi, même pas pour toi. Il est important que personne ne soupçonne le monde sorcier d'être la cause de ces morts. Nous avons eu beaucoup de mal à négocier la non-ingérence dans nos affaires. Certains représentants de l'Europe étaient tout à fait contre.
- ...
- Nous avions comme principaux opposants les pays méditerranéens et très catholiques : l'Espagne, l'Italie et le Portugal. Une fois les accords conclus, nous n'avions besoin que de quelques représentants pour les ratifier, avec la complicité d'Helmut, nous en avons pressé la signature pour qu'ils ne soient pas remis en cause lors du changement de présidence. En secret, nous nous sommes réunis avec ceux qui nous étaient les plus favorables et avons entériné nos accords. Tu les as vu tous à nos fiançailles puis cet été sauf Erik le luxembourgeois dont le planning était trop chargé.
- Si je comprends bien leur séjour ici est un peu aussi une manière d'entretenir des relations plus qu'utiles?
- Je n'en suis pas fier mais oui, c'est le cas. Helmut a fini son mandat, c'est le représentant espagnol qui occupe la place pour six mois et en cas de problème, nous aurons besoin plus que jamais de nos alliés.
- Mon agneau... hésita le sorcier.
- ...
- Si j'ai bien compris ta demande de tantôt pour la maison, tu veux que nous partagions tout ce qui fait nos vies.
- Exact. Je veux être ton compagnon pleinement.
- Moi aussi. poursuivit-il prudemment.
- ...
- Si nous recevons chez nous, non des amis, mais des relations utiles, j'aimerais le savoir.
- Ils ne sont pas que ça, mon loup. Nous avons réellement sympathisé lors de cette conférence, puis nous nous sommes revus à Paris. Le jour où nous nous sommes connus à L'Aigle Noir, rappelle-toi, ils étaient avec nous.
- Je ne sais pas! Je ne voyais que vous deux! fit-il en caressant son visage du bout des doigts. Je sais que Pierre était là puisque c'est lui qui nous a présentés. Mais là n'est pas le problème, mon amour. Quand nous avons décidé de recevoir des amis pendant une partie de l'été, j'aurais préféré que tu me mettes au courant de la situation.
- Excuse-moi.
- Harry, arrête... Tu n'as pas à t'excuser. C'est simplement que j'aimerais savoir comment organiser leur séjour. On ne reçoit pas des quasi étrangers comme on reçoit des amis. Ces derniers se contentent d'un verre pris sur la terrasse parce qu'ils sauront toujours quoi se raconter, ils auront toujours des souvenirs à évoquer qui les feront rire ensemble, des taquineries à se lancer venues du passé, ce n'est pas le cas de simples relations. Il va falloir en faire un peu plus. Demain nous irons à la plage mais pour vendredi nous prévoirons autre chose.
- Je ne suis pas sûr que ce soit une bonne idée, mon loup. Une sortie de plus de vingt cinq personnes! Nous ne passerons pas inaperçus. La première expédition passera mais dès la seconde ton frère nous aura situés et nous mettrons tout le monde en danger.
- Tu as une solution?
- On verra comment ça se passe. Et si on décide de faire une sortie on la fera le plus loin possible... En les faisant transplaner dans le maquis corse on ne risque pas grand chose! se moqua Harry.
Pierre-François poussa un soupir. Il sentit son humeur chagrine, passa ses bras autour de son cou et se serra contre lui. Jim l'ayant senti bouger se rapprocha et l'enserra.
- Découragé, mon loup? lui souffla son plus jeune agneau.
- Ça fait tellement longtemps maintenant que mon frère m'empêche de vivre.
- Ne vois pas ce que tu n'as pas, vois ce que tu as.
Ce qu'il avait c'était eux et sa fille, ainsi qu'Aymeric et Cloud, la perspective d'un avenir honorable mais tumultueux avec cette famille qu'il chérissait plus que tout. Mais pour combien de temps? Quand se lasseraient-ils des ennuis qu'il traînait avec lui?
- Moi, je n'ai pas de doute. fit doucement Harry comme pour répondre à ses pensées. Je n'ai jamais été aussi bien qu'avec vous deux. Si François-Marie n'était pas ton frère, je devrais le combattre tout autant. Tu n'es pas responsable de cette situation, au contraire tu la rends acceptable.
- Nous sommes trois pour affronter ce qui vient, unis quoi qu'il arrive, p'ti loup. fit une voix calme. Maintenant on pourrait peut-être dormir? Demain s'annonce éprouvant... pas de dictateur megalo-schizophrène en vue mais plein d'enfants, de cris, de poursuites, de jets de sable... L'enfer!
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Allez ! Par review envoyée, un paquet de Chocogrenouilles offert !
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