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Chapitre III. HARRY

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Ils venaient d'achever de prendre le petit déjeuner. Jim une ultime tasse de café en main attendait ses élèves. Pour le troisième matin consécutif il allait faire ce qu'il appelait, avec humeur, son animation club Med! Depuis leur arrivée, Jan et Adriaan participaient déjà à leur séance d'entraînement de karaté le matin. Helmut avait fait part de son désir d'y assister lui aussi avec sa famille, bientôt suivis de Chi et Michel. Justin les avait rejoints ainsi que Joris qui ne quittait pas Aymeric, mais encore Jimmy, Erwin et Jareth. Ils avaient donc préféré la terrasse pour réunir tout le monde plutôt que de sur peupler la salle du sous-sol.

Harry et Pierre-François le contemplaient l'œil moqueur. Depuis trois jours, il n'arrêtait pas de ronchonner pour la forme. Il avait horreur qu'on lui force la main et aussi d'enseigner, disait-il. Ses compagnons n'étaient pas dupes. Si il n'aimait pas le rôle de professeur, il appréciait les multiples "Senseï Jim" que lui donnaient les adolescents et les dames de la maison.

Mais la nervosité de Jim était provoquée par une tout autre raison. Ce n'était pas un jour habituel, aujourd'hui, 31 juillet, c'était l'anniversaire de son amour. Pierre-François et lui avaient soigneusement mis en place la soirée, acheté les cadeaux, tout était prêt. Il voulait que tout soit parfait. Seulement, depuis qu'il était fiancé, il savait que, pour des raisons parfois mystérieuses, les choses ne se déroulaient jamais comme elles étaient prévues.

Les premiers arrivés furent Jimmy et Erwin qui avaient revêtu une tenue sportive. Il jeta un coup d'œil sur ce dernier, Harry avait raison il avait non seulement un corps à damner un saint mais une grâce nonchalante des plus séduisantes. Il tourna son regard et rencontra celui railleur de Harry. Il se sentit coupable. Depuis leur arrivée, son fiancé n'était jamais resté seul avec eux, s'était efforcé de ne pas être trop proche, avait même évité toute discussion ou tout jeu commun afin de ménager leur jalousie. Heureusement, comme il y avait beaucoup d'invités, ça passait inaperçu sauf à ses yeux attentifs. Leur loup l'avait certainement remarqué aussi, ainsi que Jimmy et Erwin eux-mêmes.

Il se leva pour aller s'asseoir contre lui même si le mot d'ordre était discrétion. Il n'y resterait que deux minutes, voilà tout. Harry noua ses doigts aux siens.

- Tu peux me dire où tu avais les yeux, il y a un instant, mon tout-beau?

- Harry, je suis désolé, c'est juste en passant je...

- Calme-toi! Je voulais seulement te montrer que ça peut arriver à tout le monde et que la différence est dans l'intention. Je vous aime, toi et Pierre-François et même si je trouve Erwin beau et craquant, ça ne va pas plus loin que toi.

- Pourtant tu te rappelles après l'exposition d'André? le taquina Jim. Tu n'étais pas aussi indulgent.

- Et toi encore plus possessif! se moqua Harry. Mais c'était notre loup et c'était différent. Il est magnifique notre amour! Et déjà les sentiments s'en mêlaient et nous le savions tous les deux. poursuivit-il avec un sourire à ce dernier qui écoutait leur conversation.

- Déjà la première soirée à la discothèque tu en étais fou! fit Jim avec une grimace. Et c'est vrai que j'étais jaloux et j'avais raison, l'avenir nous l'a montré.

Si Pierre-François était heureux de découvrir au fur et à mesure de leurs conversations que dès le premier contact Harry avait ressenti une attirance vers lui par contre la tournure que prenait à chaque fois la conversation entre eux l'inquiétait. Il s'empressa d'y mettre un terme.

- C'est de toute façon moi qui vous ai aimés en premier, il n'y a aucun doute là-dessus! Au point d'aller à Poudlard vous voir.

- Un détail me revient sur lequel j'aimerais quelques éclaircissements. Le grand-duc qui est venu ce jour là n'avait pas tes yeux bleus mais des bruns pourtant c'est une particularité des animagi, ils gardent les yeux de leur forme humaine.

- De simples lentilles colorées avant la transformation en animagus.

- Voyez-vous ça! Et les barrières de protection de l'école?

- Je ne vois pas de quoi tu veux parler! railla le directeur.

- C'est peut-être à cause de ça que tu les as si bien vérifiées avant de fermer pour les vacances. se moqua Harry.

- Tu t'étais déjà chargé de les renforcer avant.

- Tu as voulu revenir?

- Non, j'ai eu peur que cette fois tu sois moins indulgent envers celui que tu avais accueilli sans le dénoncer mais dont tu ne connaissais pas les intentions. J'ai vérifié quand je suis venu te voir jouer au quidditch.

- Je ne pouvais pas laisser de pareils lacunes dans les défenses de Poudlard. C'était impensable. Le jour même nous avions remédié au problème.

- Ils sont en retard, maugréa Jim.

- Nous avons été dormir tard cette nuit, mon agneau. Ils vont arriver.

- Oui! ben moi aussi, je serais bien resté au lit et il a fallu que je me lève. On ne m'a pas laissé le choix! fit-il en jetant un coup d'œil rancunier à son fiancé.

- Nous ferons une sieste cet après-midi, mon cœur. Arrête de faire ton ronchon. fit Harry amusé.

- Tu sais le pas que tu as montré avant hier à Sylas, j'aimerais que tu me l'apprennes pour ce... pour la prochaine fois! demanda-t-il à l'aîné en sautant du coq à l'âne.

Pierre-François leva les yeux au ciel. Harry qui savait que quelque chose avait été prévu pour son anniversaire sans savoir quoi, s'efforça de faire comme si il n'avait pas entendu la petite indiscrétion involontairement commise. Jim se détourna conscient de sa bourde. Alors Harry ne résista pas et d'une douce pression de la main, complice, le rassura. Les deux minutes d'intimité projetées devinrent une grosse demi-heure en attendant sa petite troupe et lorsque tout le monde fut là, c'est enlacés que les deux fiancés les rejoignirent.

Le temps s'égrenait paisiblement. Ils avaient passé l'après-midi à la plage et Jim avait pu rattraper son manque de sommeil pendant qu'il jouait avec les plus jeunes au badminton, puis faisait nager Teddy et Lily avec Pierre-François. Une fois de plus ils reprirent le petit sentier vers les Tamaris, ivres de soleil et d'air salin.

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Dans la baignoire immense, Harry se détendait dans un bain parfumé que son fiancé lui avait fait couler. Il se laissait guider par ses deux amours dans son emploi du temps se doutant que celui-ci leur permettait de préparer sa soirée. Il se sentait doucement, irrésistiblement, plonger dans une agréable torpeur. Les yeux fermés, il revit par flashs sa vie tellement changée depuis Jim. Six mois qu'il n'était plus seul pour affronter l'avenir...

Jim, beau dans sa détermination lorsqu'il leur avait fait confiance à Cambridge pour guérir son bras cassé, Jim, curieux de tout qui, au restaurant universitaire, n'avait pas eu peur de s'installer aux côtés de ces sorciers qu'on leur présentait comme démoniaques, Jim, à qui ils devaient en partie le succès de leurs négociations avec les dirigeants de la très sérieuse université... Jim et son regard bleu, profond, posé sur lui...

Il avait su que même si il décidait de ne pas revoir cet étudiant brillant et anticonformiste, cette rencontre l'avait obligé à voir en lui quelque chose qu'il avait refusé d'admettre jusque là, un garçon pouvait lui plaire bien plus qu'une femme. Et il avait décidé de saisir sa chance et discrètement, tout fait pour rencontrer à nouveau et séduire ce jeune homme calme, tendre, qu'il avait découvert avec bonheur, au bout de quelques semaines, amoureux, prêt à tout laisser pour lui. C'est ce que Jim avait fait. Il avait entièrement revu ses projets de vie pour le suivre en monde sorcier et être à ses côtés toujours. Il était proche de lui comme d'aucune autre personne, son âme sœur, sa moitié.

Quand il y pensait il ne comprenait plus son engouement pour Pierre-François trois mois plus tard. Pourtant, c'est de nouveau le regard qui l'avait immédiatement frappé, captivé, ces yeux si bleus, si clairs, parfois douloureux, qui démentaient le masque arrogant et la réputation de libertin. Il avait voulu à tout prix découvrir l'homme qui se cachait au delà de l'apparence hautaine. Peut-être était-ce là la différence, le regard d'Erwin pourtant fort beau ne lui parlait pas, ne lui inspirait rien alors que celui de ses deux amours parlait à son âme. Draco, en lui montrant ce qu'il avait surpris par légilimencie dans l'esprit du beau sorcier, les viols subis, la mort de son fils, la flagellation l'avait rendu tellement humain, tellement vulnérable.

Quand effrontément, sous sa forme animagus de grand-duc, portant le pectoral d'argent avec les armoiries des Lauzun, il était venu à Poudlard lui porter ce carton d'invitation pour le vernissage d'André, becquetant entre ses doigts les miettes de gâteau ou le coin de sa bouche avant de s'envoler, il avait été séduit par son audace au contraire de Jim qui ne l'avait été qu'à l'exposition lorsque de Lauzun avait laissé place à un Pierre-François Vassier ému devant les toiles représentant son fils.

Ses deux amours se ressemblaient plus qu'ils ne le pensaient, même hardiesse, même courage, même volonté, même solidité, une personnalité différente mais complexe tellement riche. Extraordinaires, tels ils étaient... Si le devenir du monde sorcier restait sa préoccupation principale et qu'il y travaillait quotidiennement, si il construisait son avenir de telle manière à servir cette maîtresse exigeante qu'était la politique, il devait admettre que son amour pour ses deux compagnons enrichissait sa vie et qu'il ne pourrait jamais y renoncer.

L'eau du bain refroidissait, il tendit la main vers le robinet d'eau chaude, soupira de bien-être quand elle fut revenue à une tiédeur lénifiante et baissa les paupières. C'est un parfum enivrant, une bouche douce et experte qui le réveillèrent. Il ouvrit les yeux et se perdit dans les deux lagons clairs qui le contemplaient. Un remous à sa gauche lui fit tourner la tête vers le second corps nu qui le rejoignait et se pressait contre lui chaud et avide. Avant d'oublier tout ce qui n'était pas eux, il pensa que cette soirée d'anniversaire promettait.

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Disposées sur le lit trois tenues les attendaient. Harry ne risquait pas grand chose en pariant que celle du milieu, pantalon noir à pinces, tee-shirt et chemise gris clair, cette dernière avec revers et pattes de col doublées de vert cobalt, lui était destinée. La tenue de Jim était la même mais d'un gris plus soutenu avec un tee-shirt et les parements d'un beau bleu profond. A son habitude, Pierre-François avait opté pour le noir mais exceptionnellement un tee-shirt bleu Nattier, la patte de col de la même couleur égayaient sa tenue.

Une fois habillé, Jim lui tendit un petit paquet en papier cadeau raffiné. Sous l'emballage une boîte rouge portant le sigle d'une maison parisienne de haute couture aussi connue pour son célèbre n°5. A l'intérieur une bouteille noire, de lignes dépouillées.

- Nous aussi nous aimerions associer ta présence à une douce odeur. P'ti loup et moi l'avons choisi en accord. A toi maintenant d'apprécier ou non.

Harry vaporisa un petit jet sur un poignet, le frotta sur l'autre avant de le sentir. Il fut étonné, ils lui avaient choisi un parfum musqué, riche, somptueux, là où il avait cru découvrir un parfum frais et éthéré. Si c'était la première impression qu'offrait la fragrance, très vite elle s'étoffait et débouchait sur une senteur capiteuse qui devait être entêtante voire plus si on en abusait.

- Simple au premier contact mais tellement profond et insaisissable quand on essaye de te découvrir et de t'aimer, murmura Pierre-François.

- Il me plaît. Votre choix m'étonne mais il me plaît. Anteus... L'idée de sentir comme une divinité grecque est somme toute assez attirante.

- Tu t'attendais à quoi? demanda Jim qui savait déjà la réponse.

- Un parfum dans le genre du tien, léger, citronné.

- Et qui ne te conviendrait pas du tout car si l'Eau Sauvage me correspond elle est bien loin de ta personnalité.

Harry sourit puis renifla une fois encore son poignet. Décidément, il le séduisait.

- Je me demande si on n'a pas eu tort de le lui offrir, p'ti loup, murmura Jim pourtant assez haut pour que Harry l'entende, il va se respirer lui-même et c'est nous qui allons y perdre.

Son fiancé eut un petit rire moqueur, attira Jim dans ses bras et nicha son visage dans son cou pour le respirer.

- Tu sais très bien que sans ça, je ne vis pas.

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Dans le bastidon des Malefoy-Van Neeren, régnait une animation inhabituelle.

- Mia, tu n'as pas vu ma chemise noire?

- Tu avais dit que tu mettais la verte!

- Ben j'ai changé d'avis...

- Tiens Dray.

- Merci Sy. Montre-toi! tu es superbe. Je suis surpris, cette chemise grège n'est pas terne sur toi, elle te va très bien! fit-il en passant ses doigts dans la mèche noire qui revenait sur les yeux d'onyx.

- Il est beau c'est vrai, mais toi tu es en retard. le tança sa femme.

- J'y vais! soupira-t-il en se dirigeant vers la salle de bain.

Sylas s'assit à côté de sa mie en train de se coiffer devant le psyché. Elle portait une tunique à bretelles en voile d'un camaïeu de beiges et un pantalon léger et souple en crêpe. Un léger maquillage rehaussait seulement ses yeux, son teint bruni n'avait besoin d'aucun artifice. Il la contemplait épanouie dans sa grossesse maintenant que ses nausées la laissaient en paix. Elle venait de relever ses cheveux en un chignon serré en haut de sa tête, dégageant un cou mince et des épaules rondes juste ce qu'il faut. Doucement il posa ses lèvres sur sa nuque là où de petits cheveux fins bouclaient.

- Tu es très belle, ma mie.

- Merci mon ange.

- Et moi, on ne me dit pas que je suis magnifique? fit une voix moqueuse.

- Tu le sais déjà tellement, tendre ami, qu'il n'y a plus besoin de te le dire! s'exclama son mari gentiment moqueur en se levant pour caresser les cheveux si clairs et si disciplinés.

- Hè! protesta Draco.

Mais Sylas éprouvait un vrai plaisir sensuel à passer ses mains dans les mèches douces. Il finit par l'embrasser passionnément.

- C'est beaucoup mieux comme ça! Tu as un petit côté sauvage très excitant.

- Voyez-vous ça! s'exclama Draco en se collant plus étroitement à lui.

- Continue comme ça et on ne va pas dîner du tout! répliqua Sylas avec un petit air aguicheur qui fit sourire son amant.

- Je me demande pourquoi Pierre-François veut faire la soirée dans un club et pas ici. intervint Hermione.

- L'ambiance en discothèque n'est jamais la même qu'à la maison, Mia. Tu n'as pas envie de sortir? Il y a très longtemps qu'on ne l'a fait. Depuis l'anniversaire de Dray à L'Aigle Noir d'ailleurs.

- Il sait que Harry estime ça dangereux et pour sa fête il fait le contraire de ce qu'il désire. Je me demande si Jim a encore un rôle dans leur trio.

- Tu ne vas pas recommencer Mia! grogna Draco déjà impatient.

- Jim a la place qu'il veut. Il est toujours aussi proche de Harry même si ils font un effort pour ne pas se toucher tout le temps pour ne pas choquer les enfants, comme nous d'ailleurs. Et Pierre-François le regarde avec toute la tendresse du monde. Ils mettent leur vie entière en commun. Si tu as remarqué ils commencent aussi à diriger la maison ensemble. commenta Sylas avec patience.

- Il a retenu cette table VIP au BORA Club lors de leur premier séjour ici il y a presque deux mois. Harry n'avait pas exprimé ses craintes à ce moment là! La bataille de Stonehenge n'avait même pas eu lieu.

- Au prix de la réservation et surtout pour autant de personnes, il a intérêt à l'honorer. commenta Lucius qui entrait son épouse à ses côtés.

- Justement nous ne passerons pas inaperçus. renchérit Hermione avec agacement.

- Tu crois qu'ils échappent aux regards curieux quand ils vont ensemble au marché de la Tamarisière? Pour y avoir été avec eux, je peux t'assurer que non! Ils ne sont là que depuis un mois et tous les commerçants les connaissent.

- D'autant plus que Pierre-François est un client très exigeant préférant payer le prix mais avoir une marchandise irréprochable. opina Sylas.

Draco contemplait ses parents. Il était toujours étonné des changements intervenus en son père et qui manifestement rendaient sa mère très heureuse. Dans une fine tunique vert d'eau d'inspiration orientale, adaptée pour elle par la créatrice moldue Elie Saab et qui ressemblait étrangement à la robe de Rania de Jordanie (1) une autre de ses créations, Narcissa avait rajeuni de dix ans. Lucius vêtu d'une chemise en soie bleu marine à col Mao n'avait rien à lui envier! Un très beau couple sans l'ombre d'un doute.

- Fils! arrête! on dirait que tu vas me demander en mariage! railla son père.

Draco éclata de rire. Une fois de plus son esprit s'égara du côté de son meilleur ami et de ce que lui devait sa famille. En suivant Voldemort, son père n'avait obtenu que haines, désillusions et séjours à Azkaban. De sa période en tant qu'espion pour l'Ordre du Phénix, il savait peu de choses et n'en saurait à l'évidence pas plus. Depuis que Harry avait décidé de lui donner une autre chance, il avait réalisé toutes ses ambitions. Il était un ministre de la magie puissant et respecté.

Pourtant il soupçonnait le dirigeant de la Fratrie, tout comme lui même d'ailleurs, de ne pas lui faire entièrement confiance et de craindre le côté manipulateur de Lucius. A son insu, celui-ci devait très certainement être tenu à l'œil par certains de ses proches collaborateurs. Arthur Weasley, Kingsley Shacklebolt faisaient partie de l'Ordre du Phénix mais coopéraient avec la Fratrie dont ils endossaient à l'occasion le costume. Harry avait sûrement au ministère d'autres espions inconnus de son paternel.

- On verra à quoi ça mènera, conclut Hermione sur un ton un peu pincé.

- Ne peux tu comprendre qu'ici, pour eux c'est la liberté, Mia. Dans le monde sorcier, le Survivant, son fiancé, le directeur de Poudlard ne peuvent agir comme ils le veulent. Ils font déjà bien des choses inconcevables pour certains sorciers de sang-pur. Leur union à trois est un secret de polichinelle. Ils ne le tolèrent que parce que c'est l'Elu et l'héritier de Salazar Serpentard et que tous les sorciers des nés moldus aux Sang-Pur mettent en lui leurs espoirs et leurs attentes, mais au moindre faux pas ils lui tourneront le dos et ce jour là il ne pourra compter que sur ses vrais amis.

- Dont tu seras!

- Dont je serai sans l'ombre d'un doute. Quoi qu'il fasse! Harry c'est une partie de ma vie. Je serai à ses côtés quoi que je doive sacrifier.

Sylas posa doucement sa main sur l'épaule de Draco pour le calmer. Comme sa haine avait été irraisonnée, l'amitié de son mari pour Harry était inconditionnelle et il en perdait son sens critique. Et par dessus tout, il ne supportait pas que sa femme qui se disait la meilleure et la plus ancienne amie du Survivant remette en cause ses choix amoureux alors que lui avait admis de suite Draco dans la vie d'Hermione pour son bonheur.

Cette dernière regardait son mari pâle de colère, ses yeux gris chargés de tempête, ses poings serrés... Quand avait-il cessé d'être sien pour être leur? Elle n'était plus la première dans sa vie, elle devait le partager avec eux. Sylas d'abord, Harry ensuite, elle en dernier, tel était le tiercé le gagnant. Quelle place auraient les jumeaux? Il l'aimait bien sûr elle le savait, elle le sentait grâce au lien unique qui les unissait, ce pacte d'alliance qu'ils avaient voulu tous les trois.

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- Tu es prêt?

- Non! Je ne sais pas quoi mettre!

- Ce n'est pas les vêtements qui te manquent! Dad n'a pas lésiné sur les achats!

- Justement! Je n'ai jamais eu une garde-robe pareille et je connais encore mal les vêtements moldus contrairement à vous tous qui évoluez dans ce monde sans problème. J'essaie d'habitude de copier ce que vous faites pour ne pas me tromper mais je ne suis jamais sorti en discothèque.

- Pas de jean's! trancha Cloud en reprenant des mains de Justin celui qu'il avait pris. Choisis un pantalon! regarde ce blanc là, si tu l'aimes, ferait l'affaire. Et ce tee-shirt gris clair à l'encolure tunisienne ira parfaitement avec. Tu mettras cette veste gris souris toute légère dessus! Essaie!

Justin soupira avant d'enfiler la tenue choisie par son compagnon de chambre. Il jeta un coup d'œil vers le grand miroir et se trouva à son avantage. Les filles ne pourraient que lui tomber dans les bras.

- Laisse ouvert si tu veux leur donner des idées... fit l'autre garçon en déboutonnant l'encolure de son tee-shirt.

- Comment fais-tu pour toujours deviner mes pensées.

- Ce n'est pas compliqué les filles c'est un peu ton obsession... donc j'ai nonante neuf pour cents de chance d'être dans le bon! railla Cloud.

L'autre lui tourna ostensiblement le dos. Il haussa les épaules.

- A t'entendre, je suis superficiel.

- Là, c'est toi qui extrapole.

- Si j'étais comme tu le crois, je ne me serais jamais impliqué dans cette lutte. Je serais tranquillement chez moi.

- Arrête de te plaindre! tu es mieux ici! Tu as été accueilli les bras ouverts.

- C'est vrai mais ma mère et ma petite sœur me manquent. soupira-t-il. Depuis la mort de mon père nous étions très proches tous les trois.

- Tu la retrouveras à Poudlard à la rentrée.

- Je n'ose pas imaginer ce que mon beau-père lui a fait subir pour essayer de savoir où je suis.

- Rassure-moi! elle ne sait rien?

- Comment voulais-tu que je lui dise ce que j'ignorais moi-même?

- Tu n'as pas tort sur ce point là! admit Cloud.

Il n'avait jamais été très proche de Justin à Poudlard, de personne d'ailleurs. Il était relativement solitaire. Il étudiait beaucoup, il voulait réussir. La confiance que sa nouvelle famille lui accordait l'y poussait même si il aimait encore jouer au rebelle parfois. Justin était un bon élève mais dissipé, passant plus de temps à courir le jupon que plongé dans ses parchemins. Ses devoirs étaient toujours rentrés dans les délais et corrects mais sans plus. Il aurait pu être brillant, il n'était que bon.

Pourtant à plusieurs reprises, il avait cru entre apercevoir en son compagnon de chambre, comme en cet instant où il venait de parler de celles qu'il avait laissées derrière lui, une blessure, une fêlure qui l'avaient interpellé mais il n'aborderait pas le sujet. Justin se confierait quand ils seraient plus amis. Leur situation respective les rapprochait, leur promiscuité aussi. Jusqu'à présent ils s'entendaient bien, même si le sujet de discussion de prédilection de Justin semblait encore et toujours les filles ce qui agaçait Sarah mais elle ne serait pas toujours à ses côtés. Dès la fin des vacances de celle-ci et plus encore à la rentrée à Poudlard, ils deviendraient plus proches et peut-être amis.

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Quand ils arrivèrent sur la terrasse, Harry se crut transporté dans un autre lieu. L'auvent avait été replié et, comme à Poudlard, dans la grande salle, ou à l'université, dans le majestueux hall, des centaines de bougies en suspension illuminaient le lieu qui en devenait féérique. De grands candélabres en argent garnis de bougies bleues opalescentes faisaient rutiler la vaisselle et l'argenterie des grandes occasions. Appuyé contre Pierre-François, il contemplait l'œuvre de ce dernier.

- Ouah! Vraiment époustouflant, mon loup. souffla-t-il tendrement.

Ce n'est pas l'expression éblouie des moldus qui arrivaient qui allait démentir cette impression. Pourtant c'est le visage émerveillé des enfants qui le marqua le plus.

- Content que ça te plaise. Il est temps de passer à table. fit-il en le poussant doucement de sa main sur sa taille vers sa place.

Didier s'était surpassé et leur avait préparé un dîner digne des plus grandes tables. Les invités semblaient avoir oublié tous leurs soucis et Harry entre ses amours et ses amis avaient relégué bien loin, l'espace d'une soirée, le monde sorcier. Les conversations étaient insouciantes, les rires nombreux. La bonne chair et les bons vins faisaient pétiller les yeux. Une fois les bougies soufflées sur le gros gâteau au chocolat, ce fut le moment des cadeaux.

Chacun avait essayé de faire plaisir à Harry selon ses moyens. Aymeric, Justin et Cloud s'étaient associés pour lui offrir un très brau sac en cuir pour transporter les parchemins de ses élèves mais aussi ses livres de cours, le trio quant à lui avait choisi une très belle montre Santos de chez Cartier, Erwin et Jimmy les boutons de manchettes assortis (2), Jareth et Violaine un nécessaire à écrire... Lucius créa la surprise en lui offrant son inscription et des heures d'auto-école pour passer son permis de conduire en monde moldu. Le cadeau de Michel provoqua l'hilarité des convives et la moue contrariée de Jim qui se rappelait les quelques kilos pris par Harry pendant leur semaine passée à Liège. Il consistait en un énorme panier rempli de spécialités belges et de ce chocolat qu'il avait tellement apprécié lors de son séjour à Haultepenne. Les protestations du jeune moldu qui prétendait qu'on voulait lui engraisser son fiancé comme une oie pour Noël déchaînèrent les moqueries surtout celles d'un certain maraudeur. Redevenu sérieux celui-ci tendit à son filleul un album contenant des dizaines de photos sorcières des maraudeurs contant mieux que des mots leurs années à Poudlard.

L'instant le plus émouvant fut sans aucun doute celui où une fillette brune, haute comme trois pommes, grimpa sur les genoux de son tonton pour lui offrir un petit présent enrubanné. Harry, Lily installée contre lui, découvrit sous le papier coloré un vieil écrin en cuir avec la lettre V gravée et à l'intérieur, un médaillon sans aucun doute très ancien en forme de livre (3). Réalisé en or gris, gravé d'un dessin très fin il simulait un grimoire miniature avec un minuscule loquet que Harry ouvrit d'un sort, à l'intérieur du côté gauche la lettre V gravée de la famille Vassier, de l'autre la photo de Lily. Au delà du présent, il y avait toute la symbolique de Pierre-François offrant les bijoux de sa famille à son compagnon. Il embrassa l'enfant mais ce sont ses yeux trop brillants qui remercièrent son amant.

Après avoir reçu tous ses cadeaux, Harry coupa le gâteau au chocolat que leur avait fait Didier. Après sa dégustation et celle d' un digestif ou d'un café, les invités commencèrent à se disperser la plupart pour aller coucher les enfants.

- Viens, mon amour. Viens voir notre cadeau. souffla Jim à Harry qui le suivit sans protester dans leur chambre.

Trônant au milieu de celle-ci un solide chevalet portait une grande toile recouverte d'un tissu.

- On attend p'ti loup.

- Je suis là. fit Pierre-François.

Il les rapprocha de lui, Jim mit sa tête sur son épaule attendant une suite que lui connaissait.

- Vous aviez semblé tous les deux aimer mon portrait lors du vernissage de l'exposition d'André, fit l'aîné d'un air moqueur, nous avons utilisé ici le même procédé. Le jeune peintre très prometteur qui a réalisé cette toile a fait ses études aux Beaux-Arts en monde moldu mais est sorcier. Il a lu par légilimencie ce que j'ai voulu lui montrer de nous. J'ai expliqué à Jim comment ne livrer que ce qu'il voulait que l'autre voit mais je ne suis pas sûr qu'il y soit vraiment arrivé. fit le sorcier avec un regard tendre vers la tête blonde contre lui. Je trouve en tout cas que c'est une réussite même si ce portrait devra rester dans notre chambre à coucher à Weymouth.

D'un geste, il dévoila le tableau. Celui-ci les représentait tous les trois sur ce qu'on devinait être leur lit. Harry fut stupéfait de ce que révélait cette acrylique. Manifestement, les instants choisis étaient ceux qui succèdent immédiatement à l'acte charnel comme celui de son loup peint par André. Le peintre avait parfaitement rendu cette passion dévorante qui habitait Pierre-François quand ils venaient de faire l'amour et que la communion de leurs corps nus ne lui suffisait pas et qu'il voulait aussi celle de l'âme, l'expression satisfaite de chat gourmand de Jim comblé par la volupté ressentie et le plaisir, ensuite il y avait lui vu par ses amants, le visage enfin apaisé avec un regard encore voilé par la jouissance, rêveur, absent, presque extatique.

Si ces amours étaient tournés vers lui, son absence semblait presque une offense à leur beauté sensuelle mais ses gestes démentaient cet oubli d'eux, sa main était nouée à celle de Jim et son bras passé en dessous de Pierre-François venait se refermer autour de la taille de celui-ci. Leurs corps alanguis, aux trois quarts nus dans les draps bouleversés, seuls remparts pour préserver leur intimité, étaient parfaitement représentés dans leur plénitude satisfaite, il retrouvait celui mature et superbe de leur loup, celui souple et parfait de proportions de Jim et enfin le sien plus mince avec encore des attaches fines d'adolescent. Même leurs habitudes étaient là, la tête de Jim posée sur son épaule, légèrement en arrière, le visage levé vers lui, dégageant son cou fin, sa main posée sur sa hanche, le genou de Pierre-François remonté sur son corps qu'il enserrait comme si il craignait sa fuite pendant le sommeil qui allait le prendre.

Et toujours cette apparente défaillance... Etait-il ainsi? Insaisissable? quasi inaccessible? En tout cas, c'est ainsi qu'ils le voyaient.

- Il est magnifique, murmura-t-il ému, ne trouvant rien de plus à dire.

- Mais?

- Il n'y a pas de mais, mon loup. Il est réellement superbe et c'est un cadeau exceptionnel. Je vous remercie tous les deux. fit-il tendrement en les embrassant.

Les deux autres se regardèrent perplexes et déçus, ils auraient aimé plus d'enthousiasme. Pierre-François ne dit rien mais se promit de revenir plus tard sur le sujet. Jim leur tendit une veste légère et les poussa vers la sortie. Pourtant au moment de sortir de la maison, Harry fit demi-tour sans un mot. Ils le retrouvèrent devant leur portrait, les larmes aux yeux.

- Tu peux nous expliquer, mon agneau chéri? fit-il doucement l'enserrant par derrière la poitrine tout contre son dos.

- Je suis réellement ainsi? absent? presque indifférent? murmura-t-il. En tout cas, c'est tel que vous me voyez.

Pierre-François se sentit soulagé, savoir ce qui le préoccupait n'était pas toujours facile.

- Tu as tendance après l'amour à t'isoler un peu oui, comme si tu n'arrivais pas à revenir de suite dans la réalité, mais ce n'est pas de l'indifférence mon doux amour, loin de là. J'ai toujours considéré ça, au contraire, comme un hommage.

- Ça ne dure jamais longtemps, renchérit Jim en venant s'appuyer contre eux. Tu donnes juste l'impression d'avoir difficile de sortir de l'orgasme. J'aime ce moment! C'est moi qui l'ai suggéré, dans mes pensées, à l'artiste. Je te trouve bouleversant, terriblement émouvant lorsque tu es ainsi. Tu es rarement aussi vulnérable.

Pierre-François le sentit se détendre.

- Je craignais de vous blesser à chaque fois.

- Ce n'est pas le cas au contraire.

- C'est un merveilleux cadeau! Je l'aime vraiment beaucoup! Vous êtes tous les deux très bien rendus, je retrouve chacune de vos attitudes, ça en est troublant.

- Harry les autres nous attendent! fit l'aîné maintenant amusé de l'enthousiasme qui remplaçait l'incertitude.

- Où m'emmenez vous?

- En discothèque, elle est ouverte depuis peu, tu vas voir c'est une des plus grandes de la côte. Je sais que tu nous as recommandé la prudence mais j'avais planifié ça et payé les réservations lors de notre première venue aux Tamaris.

- Pour ce soir pas de problème, mon loup. C'est après que ça risque d'en poser si par hasard ton frère est mis au courant et nous cherche ici en France.

- Nous renoncerons à aller au marché ou à une terrasse...

- Sûrement pas! c'est un de tes plaisirs. Nous ne sommes pas en vacances pour nous priver de ce genre de choses! Nous ferons attention, c'est tout.

- Et alors on n'y va pas? les interpella Draco impatient.

- Si Dray, fit Jim. Nous arrivons.

Sirius, Jimmy, Erwin, Jareth et Violaine avaient choisi le transplanage vers une zone discrète. Ils seraient déjà là à leur arrivée. Dans la voiture de Pierre-François, en plus des trois amoureux, il y avait Cloud, Justin et Peter. Les autres se répartirent entre les voitures de Michel, Jan et Helmut, se serrant un peu. Le Bora Club n'était qu'à quelques kilomètres de là, situé sur l'île des loisirs dans la baie du Cap d'Agde. Plusieurs discothèques et restaurants, un lunapark, un hôtel drainaient les touristes sur l'île et ils eurent bien difficile de trouver des places pour se garer.

Leur groupe se dirigea lentement vers les néons bleus formant le nom du dancing. Harry se laissait guider. Il semblait fasciné par ce qu'il percevait du lunapark illuminé de néons, la grande roue, les autres attractions, les odeurs de sucre et de graisse chaude... Pierre-François l'observait du coin de l'œil. Il le retint par le bras, l'attira contre lui, prit son menton pour tourner son visage vers lui.

- Amour? Tu n'as jamais été dans un parc d'attractions?

- C'est le premier que je vois ailleurs qu'à la télé et l'impression est très différente, je ne sais pas si c'est parce que c'est la nuit et qu'il y a toutes ces lumières...

- Quand nous serons seuls avec les enfants nous irons si tu veux, ici ou ailleurs. Parle Harry quand tu désires quelque chose. Tu peux tout vivre maintenant. Comment veux-tu que je devine ce dont tu as envie?

- Je ne le sais pas moi-même puisque je ne connais pas. Dudley y allait souvent et en revenait très excité, c'est tout ce que j'en sais.

Pierre-François, une fois de plus, maudit cette famille de moldus et Albus par la même occasion pour avoir privé son agneau de son enfance. Il poussa un soupir, posa un baiser tendre sur le bout de son nez, noua ses doigts aux siens et suivit les autres. Il rencontra le regard de Sirius qui les attendait et y vit de la compassion là où d'habitude il n'y avait que de l'ironie.

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Dès la porte extérieure franchie, il constata que, malgré le monde présent, ils étaient attendus. Il se laissa piloter par leur guide dans le dédale des cinq discothèques à l'atmosphère et à la musique différentes qui composaient le Bora Club jusqu'à leur table VIP. Il avait demandé au patron de leur réserver un endroit assez vaste que pour les mettre tous mais aussi assez proche que pour qu'ils puissent se sentir bien dans l'ambiance. Pari réussi. Il leur avait réservé toute la mezzanine. (4) L'escalier était fermé par une chaîne portant une plaque "soirée privée" leur assurant une certaine intimité. De leurs clubs confortables ils pourraient voir les danseurs sur la piste et la table de mixage du DJ.

Ils retrouvèrent déjà installés leurs amis qui avaient transplané des Tamaris mais aussi Neville, Luna, Seamus, Dean, Lavande, Charlie, Bill et Fleur, Liam et Ginny, George et Angelina qui se pressèrent autour de Harry afin de lui souhaiter un bon anniversaire. Le fait qu'un des garçons qui venaient prendre leur commande assistait à la scène et enregistrait la chose pour la rapporter à son patron leur échappa complètement.

Les amis de l'Elu savaient que la relation entre les deux fiancés et le directeur était assez étroite mais voir Harry remercier ce dernier pour sa surprise en lui roulant le patin du siècle avait de quoi en perturber plus d'un. Dean et Seamus échangèrent un coup d'œil entendu. Le premier se voyait déjà en train de consoler de très près le pauvre Jim éploré. Six mois qu'il attendait ça! Quelle ne fut pas sa surprise quand Harry administra le même traitement à l'objet de toutes ses convoitises! Et ils n'étaient pas au bout de leurs peines. Pierre-François une fois installé, Jim s'assit tout contre lui une main possessive posée sur sa cuisse, tandis que Harry se tenait de l'autre côté le bras de l'aîné autour de sa taille.

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Le patron du Bora regardait vers ses clients VIP de la soirée. Le club était nouveau et avait besoin d'asseoir sa réputation. Les transformations des bâtiments, l'achat des mobiliers et du matériel, l'aménagement, l'installation avaient coûté bien plus que prévu. Il fallait rembourser les prêts, payer le personnel, vivre. Les discothèques devaient rapporter gros au plus vite. Leur venue ce soir était une bénédiction. Il avait tout fait afin que cette soirée soit parfaite, mobilisant une partie de son personnel dans le but de les satisfaire.

Il reconnut sans peine le couple de clients que pilotait vers la mezzanine un de ses garçons, c'était leur secrétaire d'état aux affaires européennes et sa femme. Devant lui était posé le journal du jour où l'on reconnaissait aisément sur la photo de la première page un autre des invités de cette soirée, un second ministre, allemand celui-là. Ce n'était certainement pas les seuls. Et puis il y avait de Lauzun, le roi des nuits parisiennes, le propriétaire de la discothèque la plus branchée de Paris, la rumeur disait qu'il était amoureux fou de jeunes anglais ce qui semblait se confirmer puisqu'il l'avait vu arriver les mains posées sur la taille de deux jeunes gens. Apparemment, c'était l'anniversaire de l'un d'entre eux et ils le fêtaient chez lui. Une occasion unique!

Pourtant il hésitait encore à faire venir le reporter du journal régional qui lui devait un service, ça risquait de déplaire fortement à sa clientèle locale. Il eut une autre idée. Il prit son téléphone portable et se dirigea vers le jardin tropical où il serait au calme pour passer son coup de fil.

Une demi-heure plus tard, une jeune femme arrivait avec un gros sac et le patron lui expliquait ce qu'il attendait d'elle.

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Pierre-François avait choisi une formule "inclusive" comprenant une bouteille d'alcool pour quatre personnes ainsi que le soda, le coca ou le jus d'orange pour les accompagner. Ça ne l'empêcha pas de commander du champagne pour les dames et pour Jim. Il ne pouvait se retenir de garder un œil sur toute sa petite troupe vérifiant si tous leurs besoins étaient satisfaits, pourtant quand il vit le regard de Harry tourné résolument vers la piste métallique et son pied bouger en mesure, il n'hésita pas à laisser tout le monde se débrouiller. Il prit ses agneaux par la main et se jeta dans la cohue des danseurs.

Jim soupira en regardant Harry se déhancher au rythme de la musique, une fois de plus il attirait les regards et la convoitise des deux sexes. A son habitude il était indifférent à l'intérêt qu'il provoquait, perdu dans les sons et les décibels. Quand enfin se profila une période de slows, il se mit tout contre son amour avant de le retrouver dans des bras inconnus, Pierre-François avait eu le même réflexe et ils se trouvèrent enlacés à trois, ça ne les changeait pas vraiment, ce qui était différent c'était le lieu et les yeux qui les regardaient. Leur loup les poussa doucement vers les escaliers.

Quand commença une série de danses latino, Harry échangea un clin d'oeil complice avec Draco et Sylas puis tira vers la piste ses deux amours.

- Harry! ce n'est pas sérieux! tenta de protester Pierre-François.

- Viens! fit-il en posant brièvement ses lèvres sur les siennes.

Draco et Sylas avait déjà commencer à danser, quand ils virent arriver Harry, Sylas se tourna dos contre la poitrine de Draco, attira Harry face à lui et le guida. Jim se mit contre Harry et Pierre-François derrière, ils dansaient donc à cinq en ligne. Leurs mouvements étaient parfaitement synchronisés par leur sens du rythme, l'entente de leurs corps mais aussi l'habitude. Parmi leurs invités aucun étonnement, ils avaient déjà tous vus ce spectacle au club parisien. Par contre les autres danseurs commençaient à leur lancer de fréquents coups d'œil.

Lauzun le libertin était conscient du spectacle quasi indécent qu'ils devaient offrir. Lorsqu'il les avait vu danser ensemble à "L'Aigle Noir" la première fois, il n'arrivait pas à détacher les yeux de leurs corps qui se déhanchaient, se frottaient... rien que l'idée du feu qu'ils devaient ressentir dans les reins l'avait troublé et le troublait aujourd'hui à nouveau. Ses pensées le conduisaient inévitablement sur le chemin du désir et sans qu'il le perçoive ses gestes un peu raides au début se faisaient lascifs, il resserra son étreinte autour de la taille de Jim.

A la fin de la première danse, il vit Mione venir vers eux. Draco et Sylas les quittèrent pour danser avec leur femme, la mettant entre eux. Jim changea de position pour se mettre derrière son fiancé et Pierre-François se trouva face à un agneau aux émeraudes voilées de désir. Voulant repousser ses cheveux qui tombaient sur ses yeux, il tendit une main dans laquelle Harry posa sa joue au passage d'un geste enjôleur de félin qui cherche la caresse. Il déglutit péniblement, posa la main sur la taille fine et commença à danser guidant ses amants sur ces rythmes gitans des Gipsy Kings que Harry adorait.

Pierre-François perdit peu à peu la notion du temps et de leur environnement se laissant emporter par les percussions latines frénétiques, les accords enflammés et la proximité des corps aimés et tentateurs. Dès que la musique changea de rythme, il noua ses mains aux leurs et les ramena vers leur table. Il nota de suite les regards curieux qui l'accompagnaient même parmi leurs amis, il lança un regard interrogateur vers Dray qui lui répondit par un sourire railleur.

- Un peu de glace? lui demanda Sirius aimablement tout en lui tendant un verre rempli uniquement de glaçons.

Il comprit de suite l'insinuation et voulut lui répondre vertement mais autour du maraudeur, les visages étaient tout aussi gentiment moqueurs. Il soupira avant de se rasseoir ses deux agneaux blottis contre lui. Il vit Adriaan qui reposait sa camera vidéo et Michel un gros appareil photo avec un téléobjectif. Il sentait qu'il n'avait pas fini d'en entendre parler. Et la nuit était loin d'être finie. Il croisa le regard de Ginny et y lut de la jalousie.

- Joli déhanché Monsieur le directeur. lui souffla une voix amusée.

- Merci, Monsieur le professeur de défense contre les forces du mal, mais peut-être vaudrait-il mieux oublier cela.

- Si j'étais vous je n'y compterais pas trop! Personne n'a envie de perdre cette vision de si tôt!

- Bill!

- Oui, Monsieur le directeur? fit l'aîné des Weasley d'un air angélique.

- Rien. répondit Pierre-François découragé provoquant le rire de Bill.

Pourtant cela ne l'empêcha pas de retourner danser quand Harry en eut envie ce qui fit dire aux femmes que le plus jeune menait l'autre par le bout du nez.

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Justin, Cloud et Sarah étaient ravis de leur première soirée en boîte. De nombreux regards traînaient sur eux parce qu'ils faisaient partie des invités de cette soirée privée qui provoquait toutes les curiosités. Quand Justin invita une jeune fille pour un slow, il subit un interrogatoire en règle. Briefé par Cloud sur l'histoire de son père adoptif, il répondit que oui le bel homme blond avec les cheveux en catogan était bien de Lauzun le propriétaire de "L'Aigle Noir", le club parisien, ce qu'elle s'empressa d'aller répéter à ses amies dès la danse finie. Le garçon abandonné trouva sans aucun mal quelqu'une pour la remplacer et passa fréquemment d'une fille à l'autre.

Pierre-François cherchait ses enfants comme il les appelait. Cloud et Sarah étaient devant lui dansant le zouk collé-serré, par contre, depuis environ une demi-heure, il ne voyait Justin nulle part. Une morsure dans le cou le rappela à l'ordre, son agneau n'appréciait pas sa distraction alors qu'ils étaient ensemble. A côté d'eux, Jim qui dansait avec Luna eut un petit rire moqueur, il connaissait les manières possessives de son fiancé.

Quand il vit leur loup murmurer à son oreille et celui-ci sursauter avant de survoler la piste du regard, il comprit que la soirée risquait de se gâter. Pas besoin de parler. A la fin de la danse, il reconduisit la Serdaigle jusqu'aux escaliers et fit un signe à Draco, Sylas et Sirius qui lui emboîtèrent le pas. Harry et Pierre-François leur expliquèrent la situation, le club était immense. Chacun alla rechercher un équipier et ils se mirent à fouiller les moindres recoins des dancings. Harry et Jim cherchaient instinctivement un endroit sombre et plus calme. Ils choisirent donc de commencer par la discothèque la moins fréquentée, ils en étaient aux toilettes quand son fiancé reçut un appel sur son portable.

- Viens! ils l'ont retrouvé!

- Dans quel état?

- Blessé.

Lorsqu'ils arrivèrent dans le jardin tropical, Pierre-François déposait sur une banquette un Justin qui respirait difficilement par un nez manifestement cassé et une bouche bien gonflée, un magnifique rond bleuâtre commençait à se dessiner autour d'un œil injecté de sang. Les jointures de sa main droite saignaient preuve qu'il avait essayé de se défendre courageusement.

- Dray! Remets le sur pied...

- Si je fais ça, ils ne vont pas comprendre comment ça ...

- Ils seront trop contents d'échapper à plus grave! l'interrompit l'Elu avec son regard des jours sombres.

Pendant que Draco soignait le jeune homme, Harry prévint tout le monde qu'ils l'avaient retrouvé. Lucius ne tarda pas à arriver pour seconder son fils alors que Pierre-François et Charlie qu'il avait choisi comme partenaire faisaient le guet pour éloigner tout témoin moldu. Un recurvite nettoya enfin le sang sur le tee-shirt et le pantalon blanc. Bien que secoué le garçon ne portait plus aucune trace des coups reçus.

- Raconte! lui ordonna le dirigeant de la Fratrie.

- Ce n'est pas ma faute! Quand je suis allé aux toilettes, quatre types m'ont chopés et amenés ici. Je me suis défendu comme j'ai pu mais je ne suis pas un surhomme hein!

- Pas ta faute? questionna Pierre-François dubitatif. Tu es sûr? Je t'ai vu danser, il n'y a pas moyen que tu gardes tes mains sages. continua-t-il en regardant l'adolescent qui baissa la tête.

- ...

- Ce n'est pas une raison pour te corriger comme ils l'ont fait, mais on ne touche pas à la femme des autres, Justin. Il y aura toujours des hommes jaloux pour te le rappeler avec leurs poings ou avec leur baguette. J'espère que ça te servira de leçon.

- Quant à moi, je veux que tu me montres qui c'est!

- Harry, ne fais pas de bêtises! intervint Jim doucement la main sur son épaule.

- Ce n'est pas une manière de régler un différent, eux aussi doivent le comprendre pourtant je ne vais pas mettre à sac ce superbe club, n'aie pas peur!

Mais lorsqu'ils essayèrent de retrouver les quatre agresseurs, ils échouèrent. Manifestement ils n'avaient pas attendus les conséquences de leurs actes. On aurait pu croire que l'aventure allait calmer Justin, il fut pourtant le premier à retourner sur la piste avec le sourire. Dès le prime moment de stupeur passé, et sur un regard de Pierre-François, Cloud le suivit avec Sarah.

- Je me demande ce qu'il fait à Serpentard celui-là, s'exclama le futur directeur, il a l'inconsciente témérité des Gryffondor.

- J'espère que c'est un compliment, mon loup? questionna une voix à ses côtés alors qu'il était manifeste que ça n'en était pas un.

- Vous n'avez pas la prétention d'être parfaits je suppose? répondit Pierre-François d'une voix amusée en enlaçant son agneau.

- Pas plus que les vilains et sournois serpents... le taquina l'autre.

- Et c'est l'Héritier qui me dit ça! se moqua-t-il.

Harry lui tira la langue, ce qui rappela à son amant qu'il avait seulement dix-neuf ans ce jour-là. Il se laissa entraîner avec Jim vers la piste. La quasi totalité de leurs invités y étaient déjà. Justin réalisait que le groupe le surveillait de près, ça ne le gênait pas, au contraire, il se sentait choyé, aimé. Il continua donc de danser avec insouciance au milieu de son cercle protecteur.

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Le propriétaire surveillait d'un œil ses clients VIP. Les jeunes consommateurs commençaient à partir, la photographe aurait de plus en plus difficile de prendre des clichés discrètement. Lorsque De Lauzun et une grosse partie de ses invités furent assis à leurs table, il décida donc de frapper son grand coup, il fit un signe discret à son DJ. La musique diminua d'intensité et ce dernier déclara à quel point ils étaient fiers d'accueillir, ce soir là, Pierre-François de Lauzun, propriétaire de "L'Aigle Noir", le plus célèbre des clubs parisiens ainsi que ses invités. Ils tenaient à souhaiter un bon anniversaire à son compagnon. La mezzanine s'était illuminée d'une rampe de spots supplémentaire. Des garçons ouvrirent ensemble devant eux cinq bouteilles de champagne et servirent des flûtes à tous les invités. Derrière son bar, le tenancier voyait la jeune femme mitrailler la scène et jubilait. Si après la présence affichée d'une pareille clientèle, son club n'était pas lancé... Quelques minutes plus tard la photographe free-lance sortait discrètement du club.

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Dans la mezzanine, l'atmosphère était tout autre. Pierre-François, nullement dupe de la manœuvre, hésitait entre aller demander des comptes au patron ce qui ne servirait à rien, le mal étant fait ou prendre les choses avec philosophie en espérant qu'elles n'auraient pas de répercussions. Il se faisait de la publicité sur leur dos c'était certain tout en essayant de paraître attentif à leurs désirs, c'est un moyen que lui n'appréciait pas mais qui était utilisé par bon nombre de ses rivaux. Harry conscient de l'état d'esprit de son amant le rassura d'une pression de la main sur sa cuisse.

- Tu ne peux rien y faire, mon loup! Viens danser.

- Encore?

- Déjà fatigué?

- Non! mais j'aime aussi, vous deux à mes côtés, regarder les autres danser, en profitant juste de l'ambiance.

- Alors attendons un peu. fit Harry en nouant ses doigts aux siens et à ceux de Jim qui s'était blotti contre lui.

Mais quand les accords des guitares gitanes se firent entendre, il lui adressa un tel regard que Pierre-François une fois de plus rendit les armes et se leva pour aller sur la piste sans que son chéri ait besoin de le lui demander.

- Michel! s'exclama Lucius moqueur, c'est le moment de prendre les photos que tu as manquées tantôt.

- Je suis prêt! répondit le belge en riant.

Harry leur fit une grimace avant de suivre ses compagnons.

- Pauvre Pierre-François! Il va le faire tourner en bourrique! commenta Charlie.

- C'est déjà fait! grinça Ginny.

- Vassier ne ferait pas quelque chose si il n'en avait pas envie. Il aime danser avec eux comme ça, ce qu'il apprécie moins ce sont les regards posés sur ses deux amours. fit Sirius en haussant les épaules.

- Si en plus il est jaloux, où allons-nous?

- Il l'est, fit Hermione, et Harry et Jim lui en ont donné le droit en devenant ses compagnons. Il n'y a rien là d'anormal.

- De toute façon, ils l'adorent, il n'a aucun motif de jalousie, conclut tranquillement Draco.

- Ils ont tous les deux aimé des femmes, il a de quoi avoir des craintes. protesta Ginny. Un jour ils se lasseront.

- Ni Jim ni Harry ne sont hétérosexuels, intervint Erwin calmement. Ils sont sortis avec des filles avant de savoir qu'ils aimaient les hommes et cela ne les a pas satisfait. Aucun des deux ne commettra cette erreur à nouveau surtout après avoir trouvé le bonheur qu'ils ont maintenant.

- Ça, c'est ta façon de voir les choses.

- Erwin a raison, même si ça te blesse, Ginny. fit doucement Hermione essayant de ne pas faire mal à son amie. Tu es heureuse avec Liam alors oublie que Harry ne t'aimait pas comme il les aime, cela te rend amère. poursuivit-elle. Depuis eux, je ne l'ai jamais vu regarder une femme, quand il envisage quelqu'un c'est un homme.

- Ah bon? Parce qu'il regarde les autres hommes maintenant? critiqua la jeune Weasley sans voir le sursaut de William placé derrière elle.

- Regarder n'a jamais fait de mal à personne... je me retourne sur une jolie femme dans la rue ou sur bel homme, ce n'est pas pour ça que j'ai envie d'aller plus loin. Tous les hommes font de même. J'ai déjà vu Jim le faire aussi. les coupa Draco d'un ton sec. Et que je sache leur vie privée ne nous regarde pas. Contentez-vous de ce que vous en voyez.

Hermione sentit la colère de son mari, après la discussion du matin, elle préféra s'abstenir de toute réponse. Ce fut d'ailleurs le cas de tous. L'air glacial et hautain du jeune Malefoy, ses yeux remplis d'orage et sa bouche pincée ne poussaient pas à la réplique. Lucius regardait son fils défendre l'Elu et constatait une fois encore son attachement à son meilleur ami, il avait pu vérifier à plusieurs reprises que celui-ci était réciproque. Etrange personnalité que celle de ce jeune Survivant, insaisissable, exigeant, intransigeant parfois, droit, fier, fidèle à ses principes jusqu'à l'entêtement mais faible dans ses amitiés et plus encore dans ses passions. Et paradoxalement, cet amour, c'est ce qui faisait sa force depuis sa naissance.

Il reporta son attention sur la piste. Le trio dansait une fois de plus en symbiose bien que différemment. Harry, face à Jim, avait posé ses deux mains dans sa nuque afin qu'ils restent les yeux dans les yeux. Lucius vit Pierre-François resserrer son étreinte d'une main sur la poitrine de Harry et poser l'autre sous le coude de Jim qui tenait son fiancé. Unis dans la danse comme dans la vie.

Il regarda autour de lui. Les femmes chuchotaient en regardant vers les trois amoureux, ce qui lui fit faire la grimace, Michel filmait avec la caméra d'Adriaan les danseurs dont ce dernier et Jan tout en bavardant avec William, Bill, Charlie, Liam, Jimmy et Erwin parlaient du nouveau règlement de Poudlard, les autres dansaient... Il se tourna vers sa femme avec un regard interrogateur.

- Volontiers. lui répondit-elle en se levant.

Ils restèrent sur la piste, avec les plus jeunes, jusqu'au matin.

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Il faisait jour quand ils sortirent tous épuisés. Ils se séparèrent dans le parking désert, certains transplanèrent directement vers l'Angleterre, Jareth et Violaine aux Tamaris. Jimmy et Erwin les suivirent en soutenant Sirius qui avait légèrement abusé des mélanges alcoolisés. Les derniers se dirigèrent vers les voitures. Pierre-François, sachant qu'il devait conduire, avait très peu bu, tout comme les conducteurs des autres voitures.

Assis sur les genoux d'Harry, Jim somnolait la tête sur son épaule, il inclina doucement la sienne jusqu'à le toucher. Il posa sa main sur la cuisse de son loup qui sourit. La route qui suivait la côte était déserte et le soleil se levait blafard sur la mer. Le monde semblait à portée de main, ils en étaient les rois grâce à leur amour. Malgré l'épisode de Justin maintenant endormi sur Cloud qui serrait tendrement Sarah contre lui, il savait que Harry avait passé une bonne soirée.

- Tu n'es pas fatigué? lui souffla-t-il.

- Si mais je suis en même temps excité par cette nuit. Et puis, j'ai faim.

Pierre-François éclata de ce rire mélodieux, heureux, qu'aimaient tant ses agneaux.

- Je te préparerai quelque chose en rentrant.

- Des toasts au chocolat?

- Si tu veux! fit-il avec un sourire amusé, en serrant sa main brièvement de la sienne avant de la reposer sur le volant.

Comme il était parfois facile le bonheur.

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La vie reprit au mas douce et indolente. Les affaires du monde sorcier, calmes pour le moment, les occupaient le matin ensuite l'entraînement, puis le repas et la plage, le bateau, de nouveau le repas, puis les soirées entre jeux, discussion, danses parfois... Les invités désertèrent les bastidons, il ne resta bientôt plus que Lucius, Narcissa, Peter et Sarah. Les héros du monde sorcier s'endormaient dans une apparente tranquillité. Ça ne pouvait durer! Ça ne dura pas!

Ce fut Robert qui troubla cette quiétude une semaine après la soirée d'anniversaire. Il revint du Cap d'Agde avec le journal régional, descendit dans le bureau et, interrompant leur séance de travail, le tendit sans commentaire à son patron ouvert sur un article précis. Chaque vendredi paraissait en page douze ce qu'ils appelaient pompeusement le billet mondain, il faisait d'habitude un huitième de la douze. Cette fois sur la page entière s'étalaient des photos de la soirée privée au Bora.

Le pigiste ne s'était pas contenté des clichés, il avait manifestement fait quelques recherches et les noms des divers représentants européens s'étalaient dans l'article, ainsi que celui de de Lauzun. Les photos étaient bonnes et donc très nettes. On y voyait Jan danser enlacé avec Adriaan, William tenir par l'épaule un jeune homme dont il n'était pas précisé qu'il était son fils, Michel danser le zouk serré contre son épouse, Pierre avec la sienne et enfin le trio ensemble sur les rythmes gitans. Le moment des bouteilles de champagne y figurait aussi ainsi que des prises de vue plus générales.

- J'aurais dû aller trouver le propriétaire du club, cet article ne serait pas paru.

- Ce qui est fait est fait! intervint Sirius. Ce ne sont sûrement pas les seules photos! il faut les récupérer avant qu'elles ne paraissent dans d'autres journaux.

Une grosse demi-heure plus tard, Harry, Pierre-François, Jim et Draco débarquaient au bureau du journal demandant à voir le rédacteur de l'article. Au vu de leur insistance, l'employé à l'accueil les envoya chez le sous-directeur qui les reçut très ennuyé. La politique de la direction était : pas de vague, pas de procès. Il leur donna donc tous les renseignements demandés et même un peu plus, la présence d'un legilimens parmi eux n'étant pas fortuite. Le plumitif était un petit journaliste free-lance qui leur avait vendu l'article et les photos. Récupérer le CD-rom avec ces dernières fut plus difficile. Mais à sorcier entreprenant rien n'est impossible et ils ressortirent avec un petit boîtier plat pendant que, seul dans son bureau, le sous-directeur éberlué ne se rappelait plus pourquoi il avait interrompu son travail.

- Tu devais absolument lui effacer la mémoire? demanda Jim.

- Il s'apprêtait à prévenir l'écrivaillon par téléphone dès notre sortie. répliqua Draco. Nous n'allons pas chercher après lui pendant des heures. De toute façon, il est préférable que nul ne se rappelle notre visite.

- Il reste l'employé qui nous a accueillis et la secrétaire.

- Je ne crois pas, non... affirma Dray ironique.

Jim le regarda un peu interloqué de sa réponse, parfois il n'aimait pas leurs méthodes. Ils jouaient trop facilement avec les moldus. Leur désinvolture l'effrayait. Harry avait suivi les pensées de Jim.

- Ce n'est pas à toi que j'expliquerai l'importance de retrouver ces photos, mon tout-beau, lui glissa-t-il. Une carrière politique ne tient qu'à un fil. Il est important pour nos amis que les photos ne paraissent pas dans les grands journaux et encore moins dans leurs pays respectifs. En plus nos accords passés pourraient être sujet à suspicion, il ne faut pas que ça arrive.

Si ces clichés sont rendus publiques en Angleterre puisque ton père est dessus, ça veut dire que François-Marie sera au courant que nous sommes ici et nous ne serons plus aucun en sûreté.

Nous avons très peu de temps pour arriver à les récupérer ainsi que les négatifs.

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Assis devant une tasse de café, à peine réveillé, le patron du Bora-Club exultait en regardant la page entière consacrée à la soirée du samedi précédent. Il en espérait des retombées financières dès le soir-même.

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Ils discutaient garés dans la rue devant l'immeuble où habitait le journaliste, situé dans un quartier modeste, loin du luxe tapageur des hôtels pour touristes et yachts des plaisanciers de la marina. Pierre-François voulait y aller seul avec Draco estimant que leur présence serait déjà assez remarquée comme ça. Harry et Sirius protestaient vigoureusement, le premier parce qu'il ne voulait pas laisser son compagnon y aller seul, le second parce que rester dans la voiture n'avait rien d'amusant. Jim et Sylas attendaient calmement la fin de leurs palabres.

- Nous allons faire ça discrètement en y allant tous sauf un sous sortilège de désillusion. fit Harry fermement.

- En plein jour et au soleil? intervint Sylas dubitatif. Que fait-on des ombres?

- Nous n'avons que la rue à traverser.

- Pourquoi sauf un?

- Parce que les portières de voiture ne s'ouvrent pas toutes seules?

- Bon allons-y! Nous perdons du temps. fit Pierre-François d'un ton plus sec que remarqua de suite son amant.

Mais il sortait déjà de la voiture. Harry eut juste le temps de désillusionner Jim puis lui-même avant qu'il ouvre la seconde porte, et enfin celle de derrière. Après avoir vérifié le numéro et l'étage sur les boîtes aux lettres, ils prirent l'ascenseur qui les mena au sixième. Ce sont six hommes bien visibles qui arpentèrent le couloir de gauche pour arriver devant le 603. Un pas traînant se fit entendre en réponse au coup de sonnette, la porte s'entrouvrit, l'homme bedonnant, torse nu, une serviette posée sur son cou s'éloignait déjà dans l'appartement sans avoir vérifié qui était derrière lui.

- Déjà toi? Il faut chaque fois que tu oublies tes clefs! T'es vraiment pénible, fillette!

- Je ne savais pas que nous étions attendus! fit Pierre-François railleur.

- Qui êtes vous? fit le pigiste en sursautant au son de la voix masculine comme si il avait été piqué par un scorpion.

- Vous avez la mémoire courte, Monsieur Woodstein. Vous avez pourtant écrit un article sur nous il n'y a pas si longtemps.

- ...

- Une certaine soirée au Bora Club. Vous situez mieux?

- Et?

- Nous voulons toutes les photos et les négatifs. Tout de suite.

- Ça va être difficile, railla l'homme. Je ne les ai pas! Tout ce que j'avais a été remis au journal.

- Donnez-nous l'adresse de la photographe et vite! intervint abruptement Draco ayant collé sur son visage son masque dur et hautain de sang-pur.

- Je ne l'ai pas.

- Nous n'avons pas le temps de jouer, Carl! menaça Draco.

- Qu'allez-vous faire? railla l'écrivaillon. Vous êtes des personnages publics, je peux tout raconter aux flics ou aux médias.

- Je ne crois pas! fit Harry méprisant en se concentrant.

Quand les autres virent l'homme grimacer de douleur puis se plier en deux, avant de se relever haletant mais soulagé, ils fixèrent l'Elu stupéfait.

- L'adresse de cette photographe?

- Je ne l'ai pas!

- Je vois que tu n'as pas compris! C'est regrettable. Plus tu mets du temps à me donner ce que je veux, plus tu souffriras mais sache que tu me le donneras de toute façon. fit Harry glacial.

La sueur se mit à perler sur le visage de Carl Woodstein et il ne put retenir un gémissement de douleur avant de s'effondrer dans la position du fœtus ultime défense contre la souffrance. Quand il se redressa enfin, tremblant de rage et d'amertume, la crainte avait envahi sa figure.

- Comment faites-vous ça? Vous n'avez pas le droit! C'est de la torture!

- L'adresse!

- Pourquoi la voulez-vous?

- Tu n'es pas naïf à ce point! Pour un article minable sur une soirée dans un club tu risques de ruiner la carrière d'hommes politiques appréciés et de mettre un monde à feu et à sang. Tel est l'enjeu, donc, sache que je n'hésiterai pas. assena Harry. La sécurité de l'Etat prime tout.

- Ce n'est qu'une question de temps, nous la trouverons de toute façon. Des Catherine Malempré, photographe free-lance dans la région il ne doit pas y en avoir beaucoup. intervint Draco.

- Elle n'a fait qu'exécuter une commande.

- Quelles en étaient les conditions?

- M'apporter de quoi rédiger un article sur votre soirée au Bora Club. Elle a été payée pour les clichés qui sont parus dans le journal et que nous avons choisies ensemble, les autres elle pouvait en faire ce qu'elle voulait.

- Et toi tu as été payé pour rédiger l'article puis tu l'as vendu au quotidien local.

- Même pas! fit l'homme amer, j'avais une dette de jeu envers Flora la propriétaire du cercle 21, la compagne de Carlos le patron du Bora.

- Je vois! Alors pourquoi ne pas me donner l'adresse de cette reporter free-lance?

- Il est contraire à notre éthique de révéler nos sources.

- Ne me fais pas rire veux-tu! Tu n'as pas autant de scrupules avec Carlos et Flora. Et ça vaut la peine de mourir pour la couvrir? fit Harry très calme.

- Je ne vous dirai rien!

- Comme tu veux!

Carl Woodstein regarda la main du Survivant du monde sorcier se tendre une nouvelle fois vers lui pour lui infliger ce mal terrible, inévitable qui lui tordait les tripes et contractait horriblement tous ses muscles.

- Quai du Bosc, 12 à Sète. cria-t-il avant de s'évanouir.

Draco fit léviter le corps et le déposa sur son canapé. Après lui avoir lancé un sort d'oubliette, il se tourna vers ses compagnons. Harry, blême, appuyé sur Pierre-François qui doucement caressait son visage, semblait prêt à rendre son petit-déjeuner. Jim aussi blanc que son fiancé le regardait avec encore un peu de cette horreur qui l'avait saisi lorsqu'il l'avait vu infliger les doloris au journaliste. L'aîné lui lança un coup d'œil impératif. Ce qu'il avait fait avait assez marqué son agneau sans qu'il lise la réprobation sur le visage aimé. Il vit Jim essayer de se ressaisir.

- Mon ami, il est temps d'y aller avant que sa copine ne revienne, fit Draco en posant une main sur l'épaule de Harry.

- Tu as raison, fit ce dernier redevenu parfaitement maître de lui. Allons-y.

Jim avait réussi entretemps à récupérer de ses émotions. Le voir dans le rôle du tortionnaire l'avait remué au plus profond de lui-même, c'était tellement loin de ce qu'il était et il avait fallu le rappel à l'ordre de Pierre-François pour le ramener à la réalité. Il s'en voulait. Il aurait dû dépasser sa répugnance pour seconder Harry mais il n'avait pas pu. Il le prit contre lui pendant qu'il le désillusionnait. La sensation de ce froid qui coulait sur lui allait de paire avec celui qui s'était insinué dans son cœur quelques instants plus tôt. Il éprouva le besoin de sentir sa chaleur, de sentir que malgré ce qu'il avait vu il était toujours son amour, son amant, sa vie.

Et c'est Harry qui sembla comprendre ce qu'il ressentait. Doucement il prit ses lèvres dans cette intimité que leur procurait leur quasi invisibilité, avec tendresse, amoureusement, il explora sa bouche pour enfin lui murmurer : « Je t'aime, mon amour! ». Et comme leur premier soir où il avait vu, son parrain mourir sous les coups des sbires d'Ombrage, Jim pleura dans ses bras, silencieusement.

- Il faut y aller mes agneaux. fit leur loup avec tendresse. Nous perdons du temps.

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Ils mirent une grosse demi-heure pour atteindre l'adresse indiquée. La maison était située en bordure du canal de Sète qui rejoignait le port de plaisance. Le quai du Bosc était nettement plus fréquenté que le quartier du journaliste mais était plus cosmopolite, sa population était faite en grande partie de touristes ayant leur bateau ancré dans la marina, ils passeraient donc facilement inaperçus. Ils se garèrent à environ deux cents mètres avant la demeure de Catherine Malempré. Elle ouvrit dès le premier coup de sonnette, ne sembla pas surprise de les voir et les fit entrer dans un living cossu qui dépassait de loin les moyens d'une simple photographe free-lance.

- Entrez Messieurs, je vous attendais.

- Je vois. répondit Pierre-François.

- Je ne doutais pas que vous réussiriez à remonter jusqu'à moi. Vous avez une certaine réputation Monsieur de Lauzun, peut-être surfaite mais qui doit s'appuyer au départ sur du tangible. railla la jeune femme.

- Que nous proposez-vous?

- J'ai des photos et des négatifs à vendre aux plus offrants. Certains partis politiques des pays auxquels appartiennent les ministres et secrétaires d'état qui étaient à cette soirée seraient certainement prêts à me les acheter très chers. Dans votre métier, le fils d'un secrétaire d'état dans votre lit ou un jeune homme d'à peine dix-neuf ans entre vos bras ne peuvent qu'alimenter votre réputation sulfureuse et vous apporter une publicité appréciable! Le monde est ainsi fait. Mais pour les hommes politiques il en est tout autrement. Ces photos valent leur pesant d'or.

- Et si, tout simplement, nous vous assommions pour récupérer ces photos? Vous n'oseriez pas, de toute façon, prévenir la police car toutes ces jolies choses, ce mobilier luxueux qui nous entourent peuvent difficilement avoir été achetés avec ce que vous gagnez comme photographe. Je crois que le chantage vous apporte la majeure partie de vos revenus.

- Vous pensez bien que j'ai pris mes précautions et que si les photos sont ici à disposition pour être consultées, les négatifs eux sont en sécurité.

- Et si pourtant nous décidions, là, de fouiller cette belle demeure? Seriez-vous toujours aussi sûre de vous? intervint Sylas ce qui donna à réfléchir à ses compagnons.

Draco, très certainement, lisait dans l'esprit de la femme et transmettait les renseignements à Sy par le lien du pacte d'alliance.

- Je vous en prie faites! fit l'autre sur un ton sarcastique.

- Ce n'est pas sage de nous recevoir seule alors que nous pourrions vouloir récupérer ces négatifs par la force! C'est même très imprudent! railla Sirius à son tour.

- Dans ce cas je ne traiterais pas avec vous et ils seraient vendus à d'autres. Votre mission serait alors un échec, monsieur de Lauzun. poursuivit-elle en fixant Pierre-François.

- Je crois que c'est pourtant la solution que nous allons adopter après avoir bien entendu neutralisé votre amant qui attend patiemment dans la chambre que nous soyons partis. fit Draco glacial tout en sortant sa baguette et en lui lançant un stupéfix.

Aussitôt Harry, Sylas et Draco se précipitèrent à l'étage dont ils redescendirent presque immédiatement en poussant devant eux un homme taillé en armoire à glace qui leur lançait des regards assassins. Bousculé par Sy, il se retrouva assis à coté de sa copine, stupéfixé puis ligoté grâce à un incarcerem. Dray, avec un sourire des plus ironiques, écarta le panneau en textile, peinture abstraite, d'environ un mètre cinquante de hauteur et un mètre de largeur, pendu au mur devant eux. Derrière ils découvrirent une petite porte située à environ cinquante centimètres du sol. Il leur fallait trouver le mécanisme d'ouverture.

Un alohomora prononcé par Sirius résolut le problème, d'un collaporta il scella la porte d'entrée de la maison pour être sûr qu'ils ne seraient pas dérangés, d'un second incarcerem il garrotta à son tour la jeune femme avant de regarder les jeunes avec un sourire narquois. Ils enjambèrent le muret pour se retrouver dans une pièce presque vide. Une table, deux chaises, un ordinateur en constituait tout l'ameublement mais une porte dans le fond semblait plus intéressante. Ils découvrirent la chambre noire où elle développait. Au mur, des dizaines de petits casiers avec des photos déjà tirées. Jim saisit une boîte en carton emplie de bidons de produits, la vida et commença à la remplir de tous les clichés trouvés sur les étagères.

Il manquait le plus important : les négatifs.

- Dray? Où sont-ils?

- Dans un coffre au premier étage. Il est dissimulé dans le sol sous un tapis.

- Je comprends pourquoi elle n'avait pas peur d'une fouille.

- Mais elle ne connaît pas mon expérience en cachettes diverses, se moqua Draco. Quand on a vécu au manoir Malefoy, on ne peut qu'être maître en la matière.

Ils montèrent et ouvrirent trois portes avant que Dray reconnaisse la pièce vue dans l'esprit de la jeune femme. Ils écartèrent la chaise de bureau et soulevèrent le tapis. Sur le parquet mosaïque, il leur fallait trouver les bonnes lames qui formaient un rectangle soudé d'environ trente centimètres sur soixante et ensuite un mécanisme sur un des petits côtés.

Un nœud dans le bois d'une lame située presque sous le bureau intriguait Jim, il était le seul, le reste du parquet était parfait sans aucun défaut. Il appuya dessus sans résultat, c'était compter sans son entêtement. De ses doigts fins, il se mit à palper, à pousser la surface du nœud, sur un bord, puis sur l'autre, sur le centre, sur l'ensemble, il s'acharnait depuis un moment sous l'œil des autres qui avaient interrompus leurs recherches pour l'observer. Enfin il entendit un déclic et le panneau bascula sur un axe révélant une cachette contenant cinq petits coffrets à combinaisons de couleurs différentes. Ils n'avaient pas le temps de les ouvrir. Chacun en prit un, Jim quant à lui se chargea des quelques fardes cachées et de ce qui semblait être un livre de compte, avant de refermer la cachette et de remettre tout en place.

Une fois redescendu, Sirius fouilla dans la cuisine, y découvrit un cabas et vint les retrouver dans la pièce secrète. Ils réduisirent magiquement tout ce qu'ils avaient trouvés, ainsi que la tour de l'ordinateur et les entassèrent dans le grand sac de vannerie. Pour faire bonne mesure, Sirius ajouta sur le tout une botte de poireaux et un céleri qu'il avait découverts dans le frigo avant de tendre le tout à Pierre-François.

- Tiens! Tu aimes faire le marché! lui lança-t-il goguenard.

Agacé, ce dernier leva les yeux au ciel, tout en prenant la banne remplie. En revenant dans le salon, ils virent le regard de la femme se charger de désespoir en voyant le sac, pourtant elle ne savait pas qu'ils avaient vidé entièrement ses cachettes et avec un peu de chance ne le découvrirait pas de suite. Draco lui lança un sort d'oubliette ainsi qu'à son compagnon et Harry un de confusion avant de les délivrer d'un finite incantatem et de ressortir dans la clarté et le soleil qui inondaient le quai. Après l'antre du maître-chanteur, le contraste était flagrant et ils eurent l'impression d'une délivrance.

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oOo

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Ils rentrèrent aux Tamaris juste à l'heure pour déjeuner. Ils retrouvèrent avec soulagement Hermione et les enfants qui les attendaient. Lily sur ses genoux, Harry réalisait à quel point avoir un chez soi était important et rassurant. Tout à ses pensées, il ne vit pas le départ de Jim de la terrasse. Quand il le réalisa, nul ne sut lui dire où il se trouvait.

Assis seul sur la plage, devant la mer, il ruminait ses pensées. Il ne s'aperçut pas de la présence à ses côtés avant que Harry passe sa main autour de sa taille et pose sa tête sur son épaule.

- Je suis désolé Harry.

- De quoi mon cœur?

- De ne pas avoir été à la hauteur.

- Qu'as-tu été te mettre en tête?

- Je sais que tu n'as pas terrorisé cet homme par plaisir et que ça t'a blessé. J'ai été tellement choqué que je n'ai pas su t'épauler comme Pierre-François ou Draco. C'est si peu toi.

- Chacun réagit avec sa sensibilité propre et son vécu. Tous les deux ont déjà vu et subi bien des souffrances. Ce n'est pas ton cas.

- ...

- Ne crois pas qu'on s'habitue ou qu'on devient indifférent à la douleur des autres, pourtant on s'y résigne quand il n'y a pas d'autres solutions. Je lui ai infligé trois doloris mais j'ai très fortement modéré ma puissance. Draco et Pierre-François ont enduré bien pire. Ils sont à la fois préparés et révoltés à la vue de ce genre chose.

- Toi aussi tu as en a subis?

- Oui, moi aussi. Mais ce n'est pas ce qui m'a marqué le plus. Vivre dans la peau même de Voldemort certaines de ses actions voilà ce que je ne peux oublier et ma plus grande crainte est de devenir comme lui.

- Tu ne seras jamais comme ça!

- Je prends pourtant à l'occasion les mêmes manières et la Fratrie parfois me fait penser aux mangemorts.

- Notre but est le bien du monde sorcier et aussi préserver le monde moldu.

- Même si nous jetons un peu trop de sortilèges d'amnésie?

- Même dans ces cas-là, fit Jim en retrouvant un sourire timide.

- ...

- Je ne veux pas être faible et t'être inutile.

- Tu ne l'es pas, mon cœur... Tu ne l'as jamais été! Tu as tous les courages, toutes les audaces! Je te revois ce premier jour quand tu défiais les recteurs de Cambridge en nous faisant confiance pour guérir ton bras, puis quand tu es venu t'asseoir près de nous au restaurant universitaire, lorsque tu t'es installé à nos côtés dans l'amphi. Ce jour-là, tu m'as obligé à réaliser qu'un garçon me faisait plus d'effet que m'en avait jamais fait une fille...

- ...

- Je te rappelle que tu m'as sauvé la vie plusieurs fois, Monsieur l'inutile. Que tu t'es battu jusqu'à épuisement de tes forces à la bataille de Stonehenge pour nous protéger Pierre-François et moi! Et tu étais tellement concentré sur ce but que tu les as affrontés toi aussi les doloris, mon amour, sans férir.

- Harry, je t'aime.

- Je n'en ai jamais douté. Je t'aime aussi. fit-il doucement en baisant tendrement ses lèvres. Ils doivent nous attendre pour manger, il faut qu'on y aille.

Ils remontèrent enlacés le petit sentier qui sinuait dans la pinède jusqu'à la terrasse du mas. Ce fut le regard aimant de Pierre-François qui les accueillit. Ils passèrent à table aussitôt. Le repas fut plutôt silencieux, ce n'est qu'à sa fin que les langues se délièrent. Les plus jeunes faisaient des projets de plage que les aînés écoutaient en souriant heureux que la menace soit éloignée.

- Moi, j'attends ce soir avec impatience! s'exclama Sirius.

- Pourquoi?

- Pour aller rendre une petite visite à notre ami Carlos.

- Je ne suis pas sûr que ce soit une bonne idée! asséna Harry.

- Il mérite une petite leçon.

- En effet, mais qui dit leçon dit souvenirs autrement elle ne sert à rien! et notre but est de passer inaperçus. raisonna Pierre-François.

- Il fallait peut-être y penser avant d'aller vous trémousser en boîte collés comme des moules à un rocher. railla le maraudeur.

- Je vous suggère plutôt quelques jours en Andalousie pour oublier tout ça.

- Il nous faut d'abord examiner le contenu des coffrets et du disque dur puis détruire ce qui ne nous concerne pas.

- Nous devons aussi aller chercher Sylvain à l'hôtel Saint-Maur et éclaircir cette histoire d'espion. raisonna Harry en se tournant vers Sylas. Nous pourrions faire ça ce soir.

- Je crois en effet qu'il est temps. opina Sy.

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(1) : la robe de Rania de Jordanie :

http: / / www . purepeople . com / media/rania-de-jordanie-en-1999-et-2009-elle_m229666

(2) : la collection Santos de Cartier :

- la montre :

http: / / www . cartier . fr / les-collections/accessoires#/les-collections/horlogerie/w20056d6-montre-santos-de-cartier-galb%C3%A9e-petit-mod%C3%A8le?tab=2

- les boutons de manchettes :

http: / / www . cartier . fr / les-collections/accessoires#/les-collections/accessoires/t1220294-boutons-de-manchette-santos-de-cartier

(3) : Je me suis inspirée pour ce bijou de ce médaillon conservé au musée de Compiègne :

http: / / www . bijoux-malmaison-compiegne . fr / html/13/selection/page_?Ident=S&myPos=10&NoticeId=95

(4) : Une petite visite virtuelle du Bora Club? C'est ici :

http: / / www . boradisco . ?p=p_3

Il n'était peut-être pas ainsi à son ouverture en 1999 mais ça donne une idée... ^^

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