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CHAPITRE VIII : Le Bleu de France

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Rappel chapitre VII :

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— Je suis de taille à combattre O'Reilly, Hermione, fit-il en prenant l'escalier tournant.

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— Je voulais te dire que Sylvain a choisi Serpentard non pour me suivre mais parce que le choixpeau lui a révélé qu'il était un Saint-Maur.

— Jimmy a parlé d'une nouvelle prophétie qui avait été faite suite à la bataille de Stonehenge et au fait qu'ils avaient changé l'avenir en ayant les jumeaux trop tôt. Il n'a pas voulu expliquer ce qu'elle contenait.

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Harry resta stupéfait par la dernière révélation faite. Il lança un coup d'œil à Jim qui avait saisi sa main.

— Explique, Ay !

— C'était le jour de la dernière soirée autour de la plancha, ils discutaient de vous.

— Qui ? l'interrompit Jim.

— Hermione, Draco, Sylas, Jimmy et Erwin. Il disait, Erwin, que vous vous aimiez et que c'était beau. Hermione leur a demandé pourquoi ils étaient si souvent là depuis quelques temps. Jimmy a répondu qu'ils avaient changé le sens de la vie en concevant les jumeaux trop tôt, que faire revenir deux sorciers des limbes n'était pas sans conséquence et qu'une seconde prophétie avait été faite depuis la bataille de Stonehenge. Draco a demandé si elle les mettait en danger de nouveau et Jimmy a répondu qu'elle vous concernait et qu'ils avaient choisi d'être à vos côtés.

— C'est tout ? demanda Harry le visage dur, impassible.

— Non ! Dray a dit qu'il serait là aussi et Sylas a dit la même chose. Jimmy leur a répondu que le chemin serait long avant d'atteindre la lumière.

— Ainsi j'avais bien deviné, murmura-t-il pour lui seul, ils sont là afin de nous protéger.

— Le "page de son chevalier" prend tout son sens, compléta Jim.

— Merci, Ay. Pour Sylvain, je vais essayer de trouver plus de renseignements dans les papiers découverts.

— Tu vas leur dire, Pa ?

— Je ne sais pas ! Jimmy est un langue de plomb, il ne peut pas révéler certaines informations, ça ne servirait pas à grand chose, pourtant je pense qu'ils auraient pu m'avertir sans aller plus loin. De toute façon je ne te trahirai pas, mon grand, finit-il en ébouriffant les cheveux du gamin. Il est temps d'aller aux cours non ?

— Oui, j'ai vol avec tonton Sirius, se marra le garçon.

— Oh oh, j'ai l'impression que vous aimez ça ! se moqua-t-il.

— Il y a les doués et ceux qui ne le sont pas et ceux-là, il ne les épargne guère. On se marre bien !

— Par Merlin ! Il fait rire aux dépens des gosses ! s'exclama Harry contrarié.

— Tu ne dois pas te moquer des autres. Toi, en quoi n'es-tu pas doué ? demanda Jim.

— Je ne peux pas dire que la métamorphose soit mon cours préféré !

— Voilà qui va faire plaisir à Pierre-François ! commenta Harry avec une grimace.

— Et si Fleur riait de toi avec les plus avancés, ça te ferait plaisir ?

— Non ! mais ça me pousserait à vouloir y arriver.

— Certains réagissent autrement et le cours où on se moque d'eux devient très vite leur hantise, leur donne des cauchemars et ils y sont pires encore, expliqua Jim.

— Ils sont faibles.

— Je ressentais ça en potions. Je détestais Severus qui ne m'épargnait jamais. Son cours était la pire des choses pour moi et j'y perdais tous mes moyens. Tu estimes que je suis quelqu'un de faible ?

— Non ! mais Severus te détestait et était injuste. Tonton les aide malgré tout.

— Réfléchis-y, Ay, conclut Jim.

Quand ils entendirent la porte se refermer sur l'adolescent, ils échangèrent un long regard soucieux.

— Il faut le dire à p'ti loup !

— Qu'est-ce qu'il faut me dire ? fit celui-ci en entrant dans la pièce.

— Tu as fini tes visites ? s'exclama Jim surpris.

— Non ! je suis venu prendre un café avec mes amours, en attendant la mère des fameuses jumelles. J'ai croisé notre petit bonhomme, c'est à cause de lui cet air morose ?

Harry résuma tout ce que venait de leur dire le jeune garçon.

— Ça ne change pas grand chose ! vous saviez déjà que tu avais un rôle dans la prophétie concernant le trio et il était très peu clair. Je crois que le fait que tu as deux compagnons peut aussi avoir changé des choses.

— Il nous faut redoubler de prudence.

— Ne crois pas que je néglige tes mises en garde, Harry. précisa Pierre-François en se rappelant la remarque d'Hermione. J'y fais très attention. J'ai reçu les parents d'Andrew avec ma baguette dans ma manche pour m'en servir au cas où. J'ai été mal à l'aise tout l'entretien, j'avais l'impression qu'ils la voyaient ! Fichue baguette ! Enlève ce sourire moqueur de là, mon amour, tu vas ressembler à Sirius !

— …

— On va prendre ce café ?

— Je vais le faire, fit Harry en allant vers la cuisine.

— Jim ?

Seul un soupir lui répondit. Il s'assit à coté de lui passant son bras autour de sa taille, son agneau posa sa tête sur son épaule, jouant nerveusement avec le ruban des lettres.

— Je ne vois pas ce que ça modifie, ma tendresse. Nous savions déjà que nous devions affronter O'Reilly, mon frère et éventuellement mon grand-oncle.

— Pourquoi éventuellement ?

— D'après Albus, il avait beaucoup changé pendant son emprisonnement à Nurmengard et il regrettait ses erreurs. Il avait réalisé que ses idées l'avaient éloigné de son unique amour qui, lui, avait évolué, bien plus que le problème de la sœur d'Albus. Il n'est pas dit qu'il s'entendra si facilement avec mon frère. Harry, pour lui, reste le petit protégé d'Albus, son élève, son disciple, presque un prolongement de lui-même, ils en parlaient souvent dans leur échange épistolaire ainsi que de Voldemort et de la souffrance du monde sorcier.

— …

— Si nous n'avons pas le texte de cette nouvelle prophétie nous avons la chanson du choixpeau. Rappelez-vous, fit-il en prenant la tasse que lui tendait Harry.

"Oyez les augures, lisez les présages,

Des prophéties respectez scrupuleusement les usages

Car notre monde n'est point hors de danger.

Ne négligez nulle aide apportée de l'étranger.

Ruse et courage seront enfin réunis

Et intelligence et honnêteté indissociablement liées

Guerriers des quatre maisons enfin rassemblées,

Compagnons du fils du serpent tellement unis.

Le septième élément a ouvert notre esprit

Mais n'a pu empêcher le retour de l'ennemi.

Frères dans le combat et dans la vie,

Ils devront une fois de plus lutter pour la survie.

Féroce adversaire, maintenant incertain allié,

Par les Reliques éternellement tenté,

La prophétie guidera les guerriers

Vers les joyaux et l'inespérée liberté. "

On y trouve bien des choses. " Des prophéties respectez scrupuleusement les usages", par exemple.

— Ce qui veut dire qu'on doit éviter d'interférer dans cette nouvelle comme on l'a fait avec l'autre car il faut qu'elle s'accomplisse, analysa Jim.

— Exact !Ce qui n'empêche pas de se protéger, confirma l'aîné. "Compagnons du fils du serpent tellement unis", je suppose qu'il s'agit de nous à moins que ça englobe la Fratrie.

— Je ne crois pas, il serait dit alors "frères du fils du serpent", d'autant plus qu'il parle de la Fratrie à la strophe suivante. " Frères dans le combat et dans la vie,
Ils devront une fois de plus lutter pour la survie.
" finit Jim.

— Enfin la dernière strophe est la plus intéressante car elle parle clairement de Grindelwald. "Par les reliques éternellement tenté", c'est peut-être dans ce but que mon frère a voulu faire copier la baguette de sureau. "Incertain allié" semblerait indiquer qu'il ne sera pas vraiment notre ennemi mais que nous ne pourrons pas compter sur son aide pour quoi que ce soit.

— Si il croit que Grindelwald va se laisser avoir par une imitation ! railla Harry.

— Tout dépend de ce qu'il peut percevoir pour le moment, analysa Pierre-François.

— Par contre, fit Jim, je me demande bien ce que ce sont "Vers les joyaux et l'inespérée liberté"

— Ça c'est encore un mystère ! soupira Harry. Je ne vois pas ce que des joyaux ont à voir avec notre liberté.

— Peut-être ne s'agit-il pas de bijoux, or et autres possessions matérielles, suggéra Jim, mais de connaissances par exemple.

— La clef de l'université de Cambridge était un joyau, fit Harry, et elle a permis à notre monde d'avancer.

— Faisons au fur et à mesure avec ce que nous avons. Commençons par la famille Saint-Maur qui est notre seul point de départ.

— Jusque maintenant nous n'avons rien trouvé, il faut dire que c'est écrit en vieux français, ça ne nous facilite pas la vie.

— Je viendrai vous aider dès que je le pourrai.

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— Et toi ? Raconte !

— J'avais senti les réticences du père au téléphone. Il lui a fallu un quart d'heure pour m'expliquer que manifestement Andrew, son fils, était plus attiré par les garçons que par les filles. Il s'est fait surprendre en fâcheuse posture avec un élève plus âgé. Ils ont été renvoyés illico presto tous les deux, ce qui est tout à fait dans la mentalité de Durmstrang. Et bien entendu le père a certainement choisi Poudlard et non Beaux-Bâtons parce que je suis gay, c'est au moins ce qui ressortait de l'entretien.

— Il aime son fils, commenta Jim.

— Oui ! mais je préférerais que l'école soit choisie pour son enseignement plutôt que pour l'orientation sexuelle de son directeur. Enfin, il est en cinquième à Serdaigle avec Maxime.

— P'ti loup, crois-tu franchement que si il avait pensé l'école mauvaise, il y aurait inscrit ce garçon. Ta visite suivante est dans combien de temps ?

— J'espère que non ! Dans dix minutes, il faut que j'y aille.

— Pierre-François …, l'interpella Harry.

— Oui, mon agneau, je sais. Je ferai attention, fit-il sans le laisser terminer mais en soulevant son visage de son index et en y posant ses lèvres. Tu sais, je suis capable de vaincre O'Reilly sans problème, oublie cette inquiétude qui finira par te ronger. Sans vouloir paraître présomptueux, le seul que je ne pourrais pas vaincre, c'est toi. Pour le reste...

Il embrassa Jim au passage avant de disparaître.

— Tu le crois ?

— Nous ne l'avons jamais vraiment vu dans ses derniers retranchements. Lorsque nous l'avons aidé devant l'Aigle Noir, il s'agissait non d'une histoire de puissance mais du nombre d'agresseurs. Personne ne peut tenir seul devant quinze sorciers chevronnés. Ce qu'il a montré à Stonehenge était stupéfiant, pourtant nous ne connaissons pas ses limites parce que lorsque nous avons donné toute notre puissance pour refermer le portail sur les limbes nos magies étaient conjuguées.

— Alors pourquoi as-tu peur ?

— Ce qui m'effraie chez O'Reilly, c'est sa ruse. Quand tu n'as rien vu venir et que tu es sous sortilège de petrificus totalus ou d'imperium, c'est trop tard. Rappelle toi quand ils l'ont enlevé, il n'a rien pu faire. Lorsqu'il s'est rendu compte que ce n'était pas de vrais membres de la fratrie, il était désarmé, affaibli par les doloris. Peu seraient parvenus à actionner le portoloin sans leur baguette. Il a aussi beaucoup de volonté et ça c'est toute sa vie qui nous le dit.

— C'était un petit coquin ce comte, fit en souriant Jim qui pendant ce temps continuait à lire.

— Oui, mais je ne crois malheureusement pas que ça va nous apporter autre chose que de la littérature érotique. railla Harry, et ce n'est pas ce que nous cherchons.

— N'empêche, cette Héloise a un joli brin de plume et elle décrit des choses très plaisantes. On aurait presque envie d'être à la place de son séducteur, continua-t-il avec un regard en coin vers son fiancé dont le visage s'allongea à sa grande satisfaction.

Il lui était tellement facile d'attiser son irrationnelle jalousie envers les femmes, à son amour. Il l'attira contre lui par la taille avec tendresse.

— J'adore quand tu fais cette moue fâchée et que tes yeux lancent des éclairs dès que tu crois que je ne m'en aperçois pas, ils ne sont jamais aussi verts que lorsque tu es en colère ou lorsque tu jouis.

— Jim !

— Oui, mon amour ?

— Tu t'amuses à mes dépens ! protesta-t-il avec une grimace.

— Non, je te taquine simplement, fit-il en posant un bisou sur son nez, et je t'aime.

— Redis moi ça ! J'ai mal entendu !

— Je t'aime, fit Jim avec un petit rire.

— Dans ce cas, je pardonne à Héloise d'avoir essayé de détourner de moi, mais uniquement parce qu'elle a échoué, se moqua-t-il.

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Ils étaient dans la cuisine en train de faire prendre son goûter à leur petite princesse quand ils entendirent les voix de Draco et Sylas se rapprocher. Ils s'installèrent et Harry refit de la pâte à crêpes, puis d'autres s'invitèrent. Hermione et Pierre-François retrouvèrent une grande tablée réunie autour de crêpes blanchies de sucre ou tartinées de marmelade. Sylvain, Aymeric, Gauthier, Justin avaient l'air de moines repus un jour de mardi-gras. Harry accrocha le regard du directeur, interrogatif.

— Oui, tu avais raison. fit-il. Je ne crois pas que nous verrons jamais les jumelles de cette femme, si elle en a.

— Explique !

— Je ne sais pas qui elle est, elle ne m'a donné aucun prétexte de le découvrir mais quand tu dissimules ton aura magique c'est qu'il y a une raison. Elle m'a raconté une histoire très convaincante, m'a demandé des formulaires d'inscription sans les remplir parce qu'elle devait encore y réfléchir étant donné l'orientation pédagogique de l'école. Nous avons discuté un long moment sans que je lui en dise plus qu'il ne faut.

— The Independent Wizard ! fit Jim.

— J'y ai pensé, fit Pierre-François.

— Tu ne l'as pas laissée seule dans ton bureau ? demanda Harry.

— Non !

— Elle n'a pas pu t'approcher ? te toucher ?

— Encore une fois non ! Pourquoi veux-tu que je me laisse tripoter par une femme ?

— Ah ! Parce que si ça avait été un homme ? railla son amant.

— Harry !

— Ses mains étaient sur ton bureau ?

— Par Salazar ! Où veux-tu en venir ? fit-il manifestant son agacement d'un mouvement de tête impatient.

— Ton frère, essaie, nous l'avons encore vu ce week-end, par tous les moyens de savoir où nous trouver en dehors de Poudlard. Il ne peut t'atteindre lui même, tu connais son aura magique. Il ne peut savoir si ….

— Pour qu'un micro, un traceur fonctionne, il faut que Poudlard soit équipé de ce fameux follixe, le petit module qui permet à la technologie moldue de fonctionner correctement dans notre monde plein d'ondes magiques et d'un réseau quelconque, les interrompit Draco.

— Ce qui est le cas depuis plus d'un an, confirma Pierre-François. Nous avons une installation téléphonique, un réseau informatique, l'électricité.

Jim se leva pour aller répondre au visiteur qui frappait. Il revint avec Sirius.

— Sorti de ta retraite ? lui fit gentiment son filleul.

— J'avais besoin de faire le point, fit le directeur de la maison Gryffondor pour une fois grave. Revenir ici a fait resurgir bien des souvenirs et aussi créé bien des regrets. Désolé de vous avoir négligés pendant ce temps. Où en sommes nous ? interrogea-t-il.

Les heures suivantes les virent tous en train de rattraper le retard pris depuis deux semaines. Les lettres s'étaient accumulées. Les journaux non lus aussi. Rien ne retint leur attention dans les rapports reçus. Tout semblait calme et parfait dans le monde sorcier britannique. Mais tous savaient que paraître ne veut pas dire être.

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Impatients, ils se réunirent ensuite autour du coffret à bijoux découvert et du tube en cuir. Pierre-François, la baguette à la main, essaya plusieurs incantations avant d'entendre le léger déclic du couvercle. Harry, se tenant le plus loin possible et les mains couvertes de gants épais, souleva celui-ci. A leurs yeux médusés apparut un collier de diamants composé de deux pièces très reconnaissables.

— Mon Dieu ! C'est impossible ! s'exclama Hermione. Donne ton portable Pierre-François !

Pendant que celui-ci allait le chercher, elle passa des doigts craintifs sur les pierres.

— On dirait le collier de Marie-Antoinette fait par les joailliers Boehmer et Bassenge, enfin celui qu'était censé avoir acheté le cardinal de Rohan pour elle et qu'elle n'a jamais porté, et pour cause, puisqu'elle n' a pas été en sa possession. Pourtant, c'est impossible, il a été amené ici en Angleterre par le mari de Jeanne de la Motte et revendu en pièces.

— Il n'est pas très discret mais les pierres sont splendides. railla Jim.

— Encore faut-il voir si il est vrai. fit Draco.

— Tu crois que c'est un faux, tendre ami ? Tu as vu les précautions prises ? lui fit valoir son mari. Je me demande ce qu'on va trouver dans les compartiments en dessous.

Harry enleva le petit casier recouvert d'un velours bleu frappé de fleurs de lys en relief révélant des bijoux divers, montres de gousset, bracelets, colliers, bagues de facture manifestement ancienne posés sur un fond tout pareil au précédent. Enfin le dernier étage révéla des pierres non montées disposées dans des petits casiers, de couleurs et grosseurs différentes et d'une pureté incroyable, toutes taillées en facettes. Deux gros diamants l'un bleu en taille royale légèrement triangulaire, l'autre jaune taillé en poire occupaient à eux seuls deux des petites cases.

Conscients d'avoir devant eux une énorme fortune, tétanisés, ils n'osaient plus se regarder.

— "Vers les joyaux et l'inespérée liberté" ! murmura Jim pour lui-même.

Hermione leur montra, sur l'ordinateur, les reconstitutions faites du collier de la reine, objet du scandale qui avait fait définitivement tomber la monarchie française. Manifestement, malgré quelques détails différents, il s'agissait bien de la même pièce. Après quelques recherches, elle poussa un petit cri avant de fixer Sylas.

— Vu les fleurs de lys et le bleu du coffret, supposer que celui-ci appartenait à la maison royale ne semble pas déraisonnable. Les autres bijoux et les pierres pourraient faire partie des joyaux de la couronne volés dans la nuit du 16 au 17 septembre 1792, à l'hôtel du Garde Meuble Royal et dont une grosse partie n'a jamais été retrouvée. Il y avait notamment le Grand Diamant Bleu ou Bleu de France. Une pierre lui ressemblant a été retrouvée vingt ans plus tard en Angleterre appelée le Hope. Elle n'a jamais pu être identifiée formellement. Taillé, le premier diamant faisait soixante-huit carats au XVIIIème siècle au moment du vol, le Hope lui pesait ses quarante-quatre carats au XIX ème siècle lors de son apparition à Londres et semblait plus foncé que celui de la couronne. La taille était différente, on en a tiré la conclusion qu'il avait été retaillé pour dissimuler sa provenance. Il y avait aussi le Miroir du Portugal l'un des plus anciens joyaux du Royaume de France. Il n'y a aucune description si ce n'est qu'il était jaune, fit-elle en se replongeant dans ses recherches sur le web.

— Mione, c'est impossible !

— Le Hope a été offert au Smithsonian American Art Museum de Washington en 1958 et y est toujours. poursuivit-elle sans tenir compte de l'interruption de Sylas.

— Les autres bijoux retrouvés sont où maintenant ?

— Dispersés dans les musées, vendus à l'étranger... Le Régent et le Sancy sont au Louvre dans la galerie d'Apollon avec les autres pièces encore en possession et qui constitue la collection appelée "Les diamants de la couronne".

— Et le bâtiment où ils ont été volés était situé où ?

— L'hôtel du Garde Meubles est place de la Concorde, il est devenu celui de la Marine. C'est dans le huitième arrondissement.

Harry n'avait rien dit depuis la découverte, il se remémorait leur discussion avec Aymeric, celle qu'ils avaient eue ensemble sur la chanson du choixpeau le matin même. Etrange coïncidence ! il cherchait ce qui clochait. Tout s'enchaînait trop bien, excepté qu'ils ne savaient pas à quoi tout cela menait ni même si cela avait à voir avec le monde sorcier. Pour le vol, il y avait prescription ça ne faisait pas l'ombre d'un doute. Du point de vue moral c'était plus tendancieux. Sylas était un lointain descendant des Bourbon, soit, en tant que tel il avait un droit moral sur les bijoux mais l'Etat français aussi.

Il lui était difficile de préjuger de l'importance de cette découverte pour leur univers.

— J'aimerais que cette trouvaille reste secrète pour tout autre que nous, fit-il soudain.

— Tu veux dire que même nos amis de la Fratrie ne doivent pas être au courant ?

— Ceci est une affaire privée qui ne regarde que Sylas qui est le propriétaire de ce qui est chez lui. Et puis la rétention d'informations est très à la mode ces derniers temps. ricana-t-il. Il est juste qu'elle ne soit pas à sens unique.

— Que veux-tu dire ? demanda Hermione.

— Que Jimmy n'est pas mon seul informateur au ministère et au département des mystères ? Que j'ai appris récemment qu'une prophétie nous concernant avait été faite. Vous ne semblez pas très surpris à vrai dire, fit-il sèchement.

— Harry ! fit Draco désapprobateur.

— Nous pourrions discuter de ça à un autre moment, mon amour, fit doucement Jim en posant une main discrète sur sa cuisse. Nous avons d'autres problèmes pour le moment.

— Il est l'heure d'aller manger dans la grande salle, c'est notre jour aujourd'hui. Nous étions déjà absents ce midi, confirma Pierre-François.

— Nous en reparlerons, de toute façon, car tout est lié. Tant que nous ne connaissons pas le contenu de cette nouvelle prophétie nous ne pouvons pas bouger, termina-t-il sans voir le regard préoccupé qu'échangeaient son amie et ses hommes.

Pourtant ce soir là, tout à leur devoir de parents, ils n'eurent plus le temps de se lancer dans des explorations, autres que celles des polissonneries du comte de Saint-Maur, dixième du nom qu'ils continuèrent à lire sans y trouver quoi que ce soit d'utile.

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Ce n'est que le lendemain avant le dîner qu'ils allaient prendre en commun qu'ils reprirent place autour du bureau et devant l'étui cylindrique en cuir. Une fois de plus muni de gants, Harry brisa le sceau de cire et retira le capuchon qui fermait le boitier. Il sortit plusieurs grands parchemins roulés ensemble. Un bruit sec attira son attention. Deux baguettes avaient glissé des documents sur la surface du bureau, l'une semblait un bijou, l'autre à ses côtés paraissait bien terne. Ils reconnurent de suite, le bois presque blanc, les entrelacs d'or et le rubis qui ornaient la poignée de la première, ce ne pouvait être que celle de Camelia de Saint-Maur. La seconde n'avait rien de particulier, simple, longue, d'un bois foncé, elle portait juste un petit dessin gravé à la base de la poignée qui était la signature que chaque baguetier apposait sur ses œuvres.

— Une réalisation de Gregorovitch, constata Pierre-François en l'examinant.

Les deux mains étendues quelques centimètres au-dessus de l'objet, concentré, il semblait essayer de la percevoir, ses lèvres murmuraient des mots incompréhensibles. Ils sentirent monter son aura.

— Une baguette voulue très offensive, commenta-t-il. Son propriétaire devait être quelqu'un de très incisif. Trente deux centimètres, bois de cormier très dur, nerf de magyar à pointes, le plus dangereux des dragons, sous son apparence simple et commune, une arme de combattant.

— De sa présence, on peut déjà déduire que les derniers comtes de Saint-Maur n'ignoraient rien de cette cachette et des biens qu'elle contenaient. Gregorovitch est mort de la main de Voldemort peu de temps avant la bataille de Poudlard lorsqu'il cherchait les Reliques de la Mort. Malgré les dénégations de l'artisan soumis aux doloris, il n'a pas voulu croire qu'il n'avait pas la baguette. Par légilimencie, il a revu, dans l'esprit de l'autre, le vol de celle-ci bien des années auparavant par un jeune homme blond qu'il a reconnu immédiatement. Il savait tout ce qu'il voulait, il a tué Gregorovitch et a ensuite rendu visite à Grindelwald dans la prison de Nurmengard pour la suite tragique que nous savons. Cette baguette ne peut donc être là depuis des siècles.

— Comment sais-tu tout ça sur Gregorovitch, mon agneau ?

Harry se contenta de fixer son amant sans répondre. Celui-ci comprit qu'une fois de plus il l'avait vu ou vécu avec Voldemort, il soupira et voulut nouer sa main à la sienne, mais il portait toujours les gants protecteurs. Il sursauta en voyant des taches décolorées qui mangeaient la paume et le bout des doigts des épais gants de peau.

— Ne touchez aucun l'intérieur de l'étui, avertit-il en montrant aux autres les mains de Harry. Et toi, enlève ces gants avant que le poison ne traverse le cuir et ne t'atteigne, fit-il en les lui enlevant lui-même avant de caresser amoureusement les mains libérées.

— Mais comment faisaient mes ancêtres ? interrogea Sylas étonné.

— L'art des poisons est complexe, très certainement ils se transmettaient avec la formule du produit, la façon de s'en protéger.

— Mon grand-père a disparu pendant des mois, il était parait-il aux Etats-Unis, il n'était plus pareil à son retour. Je l'avais trouvé vieux ; je devais avoir environ huit ans. Il est mort deux ans plus tard. Quand il était là, il m'emmenait avec lui à l'hôtel des Saint-Maur, il aimait me raconter le faste du côté moldu de notre famille. Pourtant après être revenu d'Amérique, je ne l'ai vu que rarement, il n'est jamais retourné en France et forcément, je n'en ai plus rien appris. Il a fait un testament et m'a tout laissé. Il y avait une liste de ses biens mais rien ne concernait l'Amérique, il n'y avait aucune instruction, juste cette liste impersonnelle au possible dont se moquait l'enfant que j'étais. J'aurais voulu autre chose, un mot, une lettre, la preuve de son amour que je n'avais pas retrouvé à son retour, mais non rien. Juste une liste de biens !

En silence, sans oser regarder leur ami ému, ils déplièrent les parchemins. Harry sentit l'aura de Draco légèrement monter, il lui jeta un discret coup d'œil. L'épaule de son ami était appuyée contre celle de Sylas, son regard fixe ne voyait rien tout occupé qu'il était à sa seule tâche, rassurer par leur lien son mari et certainement lui dire combien lui l'aimait. La main caressante de Jim vint le rappeler à la réalité. Ils échangèrent un sourire tendrement complice puis revinrent aux documents qui comme ils l'avaient supposé représentaient des arbres généalogiques, celui des Saint-Maur, mais aussi ceux des Noailles, des Bourbons, des Lauzun et plus étonnement encore celui des Black. Bientôt Harry désigna un nom calligraphié en rouge comme tous les sorciers mentionnés.

— Regarde, amour, tu es repris là. fit-il à Pierre-François. Tu t'es pourtant marié après que le grand-père de Sylas soit parti en Amérique, par contre le petit n'y est pas.

Pierre-François se pencha vers le parchemin pour cacher sa soudaine émotion. Dès qu'il s'agissait de Henri-James, il était trop sensible. C'était stupide, mais entendre Harry appeler son fils affectueusement "le petit" le rendait vivant au sein de leur trio comme si il avait été leur enfant alors que son compagnon ne le connaissait qu'en photo, comme si tout ce qui était lui était Harry et vice-versa mais c'était impossible. Pourtant, il avait tellement mal quand il imaginait son jeune amour impuissant, vivant les tortures, les meurtres de Voldemort. Une fois de plus, il rencontra le regard d'Hermione. Souvent ces derniers temps, elle l'observait sans qu'il puisse déterminer ce qu'elle pensait.

— Regarde Mione, tu es sur celui des Noailles dans la branche éloignée, Sirius sur celui des Black bien entendu...

— Et Sylas sur celui des Saint-Maur, et aussi Sylvain, acheva Jim.

— C'est impossible ! s'exclama Sylas.

— Il est rajouté là en annotation, descendant de Théodore de Saint-Maur et de Catherine Habran, tu as le grand-père de Gauthier ici, puis son fils Simon, lui, son fils Féodor, sa petite-fille Françoise et enfin Sylvain.

— Si ton grand-père n'est plus revenu à l'hôtel qui a mis à jour ces documents ? Depuis des siècles, tous les descendants sorciers ou moldus sont indiqués à la différence des arbres généalogiques des Sang-Pur. Qui les a annotés et précisé qui était sorcier ou pas ? demanda Harry.

— Il faut croire qu'il y est revenu quand même mais qu'il ne voulait plus t'emmener avec lui pour une raison que nous ne connaissons pas. Il est mort quand et en quelles circonstances ? fit à son tour Pierre-François.

— Je l'ignore.

— Bon, fit Harry, je vais demander des informations à Kingsley et à Pierre.

Il prit note dans un agenda avant de se replonger dans les documents.

— Voilà Ambre, Draco Black, Pierre-Marie de Saint-Maur et leurs enfants, fit-il en désignant sur l'arbre généalogique des Saint-Maur.

— Ils sont aussi sur celui des Noailles et sur celui des Black. compléta Jim.

— Il y a ici quelque chose qui m'intrigue fit Pierre-François. Helie de Noailles est le dernier duc en date, je le connais de réputation, il s'est lancé dans la politique après avoir été PDG d'entreprises dans laquelle l'état avait son mot à dire. Il a trois enfants tous repris ici, mais je vois qu'il a un frère sorcier dont je n'ai jamais entendu parler dans le milieu de la noblesse française et je ne comprends pas pourquoi.(1)

— Un fils légitime ou naturel ?

— La mère n'est pas la même, elle est reprise sur l'arbre généalogique c'est tout ce que je sais, mais Pierre devrait en savoir plus. Voilà ici Camelia de Saint-Maur, elle est morte en 1794 avant la fin de la terreur, continua Pierre-François.

— Guillotinée tu crois ?

— C'est très possible, ma tendresse ! On en saura certainement plus en lisant les carnets rouges.

— Il est peut-être l'heure de dîner qu'en pensez-vous ? suggéra l'aîné.

— ...

— Tu ne dis rien, mon agneau ? s'étonna-t-il.

— Je ne suis pas fou, mon loup, fit Harry avec un rire bas. Dès que j'aurais dit avoir faim, je vais voir apparaître sur ta bouche un petit sourire carnassier qui va me donner envie de t'embrasser passionnément et là, mon ami va encore jouer les voyeurs... Je trouve qu'il en a vu assez de mes amours ces derniers temps ! termina-t-il en attirant Pierre-François d'un geste possessif contre lui.

Celui-ci éclata de rire, vite suivi par Jim et Sirius moqueurs.

— Alors nous passons à table ? interrogea Sirius. Je suis sûr que celle du directeur est mieux fournie que celle du pauvre professeur que je suis.

— Tu te sens négligé, pauvre de toi? Je crois pourtant que tu n'es pas le dernier à appeler Kreattur à toute heure, le nargua le directeur en question.

Sirius préféra ne pas répondre tout en adressant une grimace à Pierre-François à qui rien ne semblait échapper.

Il était tard quand ils quittèrent la table. Longuement, ils avaient discuté faisant des suppositions au sujet des bijoux. Ils ne voyaient pas comment les faire expertiser sans attirer l'attention. Ils finirent par décider de présenter seulement une pièce secondaire à un expert moldu. Il resterait toujours la possibilité de lui lancer un sortilège d'amnésie si un problème se présentait.

La dernière semaine de Harry et Jim avant la rentrée universitaire passa bien trop vite à leur goût. Le vendredi fut là avant qu'ils aient eu le temps de dire quidditch. Dès la fin des cours, ils transplaneraient à Toulouse où ils passeraient le week-end. Aucun n'était vraiment enchanté d'y aller même pas Pierre-François, ils avaient envie de se retrouver tous les trois. Ils avaient pourtant un emploi du temps assez chargé. Harry avait pris rendez-vous avec un expert londonien pour le lendemain après-midi. Ensuite ils viendraient rechercher Gauthier et les enfants à Poudlard pour fêter l'anniversaire de Cloud. Puis enfin, ils avaient prévu de sortir au club parisien avec Pierre, sa femme et Sarah.

Leurs soirées avaient été consacrées à lire les documents trouvés sans succès, des lettres de fermage, des actes de vente et d'achats de biens qui n'étaient plus en la possession des Saint-Maur. Il leur restait les carnets d'Ambre de Saint-Maur et les rouges trouvés dans le secrétaire. Les pages étaient couvertes d'une écriture fine et manifestement féminine.

Le jeudi avant d'aller dormir, ils avaient jeté un vague coup d'œil sur ceux-ci avant de les emballer dans leur sac.

— Tu as vu chaque carnet couvre un an.

— Le dernier correspond à l'année où ont été guillotinés les souverains, 1793.

— Le premier porte la mention 1787, fit Pierre-François. Nous les commencerons à Toulouse tous ensemble. Frédéric pourra nous aider il est parfaitement bilingue, sa grand-mère était anglaise et il a été élevé par elle.

Il vit la petite moue contrariée de Harry mais ne dit rien, il se contenta de lever un sourcil, Jim lui sourit, complice. Les amis de leur loup avaient tout intérêt à se tenir loin de celui-ci. Pendant que Jim était encore sous la douche, il décida d'en parler avec son amour confortablement installé dans ses bras pour dormir.

— Depuis plusieurs mois, j'ai toujours accepté la présence de tes amis, mon agneau, j'aimerais que tu en fasses autant pour Frédéric et Gaby. Je ne suis pas aussi lié avec eux que tu l'es avec le trio, mais il y a entre nous un passé commun de galère qui fait que nous sommes proches. Si les circonstances ne nous avaient pas réunis, je ne les aurais peut-être plus vus pendant longtemps mais ce n'est pas le cas. Je n'aimerais pas les entendre me dire, une fois de plus, que tu ne m'aimes pas et que tu es juste un gamin capricieux.

— C'est comme ça que tu me vois ? fit-il en se reculant légèrement et en cherchant sur son visage la réponse à sa question.

— Bien sur que non ! Crois-tu que je t'aimerais si c'était le cas ? Tu es seulement un peu possessif et en général, j'adore ça, fit-il avec un petit rire tendre. Je t'aime pour tes qualités et je t'adore pour tes défauts ! J'adore mon despote qui se tracasse toujours pour moi, mon gourmand en tout, en nourriture comme en amour, mon papa poule qui s'occupe de Lily comme si c'était sa fille, ...

— Despote ? l'interrompit-il, faussement indigné.

— Nous dirons légèrement autoritaire ! railla son amant.

— Voyez-vous ça ! ça se plaint alors que je fais des efforts surhumains pour être le plus doux et le plus conciliant des compagnons !

Pierre-François éclata de rire. Jim se glissa à coté d'Harry, se pressant contre lui.

— J'aime t'entendre rire, fit-il.

— On finira par le savoir, se moqua le plus jeune en se tournant pour l'enlacer et en caressant doucement le dos son fiancé.

A son habitude, il enfouit son visage dans son cou avec un petit soupir de satisfaction, retrouvant cette odeur qui lui remuait les sens. Jim attira le visage de Harry vers le sien, pour un baiser plein de volupté et de désir, il le prolongea, explora sa bouche de d'une langue indiscrète et experte qui donna à son amant l'envie de soupirer de plaisir. Il frotta lascivement son bassin sur son corps ne faisant pas mystère de l'envie qu'il ressentait, tandis que les mains de Pierre-François caressaient ses flancs et que son désir érigé se pressait contre ses fesses.

— Gourmand en amour, hein ? se moqua-t-il.

— Nous le sommes tous à nos heures, mon chéri, chuchota Pierre-François les lèvres tout contre son oreille ce qui le fit frémir. Tu nous reproches le désir que nous avons de toi?

Mais Harry, leurs mains, leurs lèvres sur son corps, n'avait plus envie de leur reprocher quoi que ce soit...

.

oOo

.

Frédéric et Gaby regardaient leur ami gravir le petit sentier qui menait au castel, tenant par la taille ses jeunes compagnons. Une fillette brune les devançait puis revenait vers eux en courant pour repartir aussitôt vers le château. Ils entendaient leurs voix dans l'air doux du soir toulousain.

— Je veux aller voir les poissons !

— On ne dit pas « je veux », Lily ! la gourmanda son père. On demande la permission et on dit « j'aimerais » ou « je voudrais ».

Ils virent l'enfant regarder son père avant de se tourner vers Harry.

— Pa ? on ira voir les poissons ?

— Si Papa veut bien et quand tu auras dit le mot magique !

— S'il vous plait !

— C'est mieux !

— Où est Teddy ?

— Ils vont arriver chérie.

Ils embrassèrent les exilés parisiens avant de s'asseoir à leurs côtés. Un des elfes de maison vint leur demander ce qu'ils voulaient puis apporta les boissons demandées dont un grand verre de limonade. Harry se leva et alla chercher la paille qu'avait réclamée Lily.

— Une petite maline ta fille ! Ce qu'elle n'obtient pas auprès de toi, elle sait à qui le demander, commenta Gaby.

— Harry s'en occupe beaucoup et très bien. répondit Pierre-François pendant que celui-ci se réinstallait. Il sait être ferme quand il le faut. Il n'a jamais connu ses parents, il essaie de lui apporter tout ce qu'il n'a pas eu. Jim l'aime autant même si il est un peu plus distant, ses caresses il les réserve plutôt à ses hommes, fit Pierre-François en échangeant un regard complice avec ce dernier.

— Tu t'en plains ? railla le jeune moldu.

— A ton avis ? se moqua-t-il tendrement.

Ils entendirent des bruits de pas sur les gravillons qui terminaient le sentier là où il abordait le parc. Le trio ne tarda pas à apparaître en compagnie de Sirius et Gauthier. Sylas portait Teddy tandis que Draco le bras passé autour de la taille de sa femme, lui facilitait la montée. Sa silhouette trahissait maintenant son état.

— Je n'avais pas remarqué que ton amie était enceinte, fit Fréderic à Harry.

— Des jumeaux, précisa Pierre-François, je serai parrain du petit Henri-James et Jim de Severus James. Harry est déjà celui de Teddy, fit-il en désignant le petit garçon qui accourait

— Henri-James ? Mais c'est le prénom de ton fils.

— En effet ! Ils m'ont fait cet honneur. conclut le sorcier avec un sourire tranquille. Alors cette semaine ? Elle s'est bien passée ?

— Un peu calme, railla Gaby. Nous qui avons l'habitude d'être plus souvent en dehors qu'à l'appartement.

— C'est vrai mais c'est reposant, fit Frédéric, et ce castel est une merveille. Moi, je m'y sens bien !

— Où est Sirius ? demanda Harry.

— Parti en cuisine saluer Françoise.

— Ça c'est la meilleure, elle passe avant son filleul maintenant ! se moqua ce dernier.

— Toi, je te supporte tous les jours, héritier du serpent, railla le maraudeur qui arrivait.

— Tu es toujours sur ton balai par monts et par vaux. Et de nouveau tu manques de prudence, fit le directeur.

— Avec mes souvenirs, j'étouffe à Poudlard.

— Il faut que tu en sortes, fit doucement Harry. Ils ne sont plus là, tu dois l'accepter, Sirius. Ils nous manquent aussi.

— J'ai perdu ma jeunesse, Harry, j'ai passé trois ans de ma vie dans les limbes et avant douze ans en prison pour un crime que je n'avais pas commis. Entretemps, j'ai perdu tous mes amis, ton père qui était un frère pour moi. Comment verrais-tu la vie à ma place ?

— Chacun a eu ses malheurs, te morfondre ne t'avancera à rien. Vis la comme si tu devais mourir demain, intervint Frédéric. Aime, ris, danse, fais l'amour, pour ne rien regretter, tu as déjà perdu trop de temps.

Sylas apparut les bras chargés de bouteilles, Draco suivait avec deux seaux à glace. Pierre-François sourit et examina les flacons qu'ils déposaient devant lui. L'aîné expliquait à Harry, venu se poster derrière lui et penché par dessus son épaule, les alcools et chaque vin remonté de la cave. Deux bouteilles de champagne étaient déjà en train de rafraîchir. Il lui montra les précautions à prendre pour déboucher un vin ancien. Le plus jeune ne le quittait pas des yeux.

— Ouvre celui-là !

— Mais...

— Essaye de ne pas le remuer, de ne pas mélanger la lie. Tu vois ces vieux vins, on n'en boit pas la moitié, le reste est parfaitement imbuvable. Là, voilà, tu te débrouilles très bien. Mets le dans un berceau qu'elle respire un peu maintenant. Superbe ! Tu viens d'ouvrir une bouteille digne d'une vente de chez Christie's, mon amour !

— Et tu me le dis seulement maintenant ! Si je l'avais gâchée ! tu... tu... ! fit-il en le fusillant des yeux.

— Ce n'est qu'un vin Harry, fit-il en éclatant de rire. Un excellent vin, même extraordinaire, mais c'est tout !

Il attrapa son agneau, le serra contre lui, appuyant sa tête sur sa taille. Du revers de la main, Harry leva son visage vers lui, se baissa, l'embrassa puis le mordit cruellement… Avant de se sauver poursuivi par le loup !

— Le retour du chiot hirsute ! se moqua Jim en riant.

— Jim, tais-toi ! ordonna Harry qui vint se cacher derrière lui et se désillusionna.

— Tu crois franchement que ça marche, avec moi, mon agneau ? fit Pierre-François en ricanant et en mettant fin au sort d'un léger coup de baguette. Même si tu la dissimules je te repère rien qu'à ton aura.

— Madame Françoise dit qu'il faut finir les apéritifs, le dîner sera servi dans quelques minutes ! vint prévenir un des elfes.

— Finir ? mais on n'a pas commencé ! s'indigna l'Elu sous les rires des autres convives.

.

Installés dans le living, ils étaient devant une émission de variétés que voulait absolument regarder Gaby. Harry échangea avec Jim une moue désabusée que vit leur loup. Il se leva et leur tendit les mains, enlacés, ils sortirent et descendirent vers le chemin de halage.

— Toi, tu restes là ! fit Sylas en riant à son mari.

— Ce n'est pas la plage, railla celui-ci.

— Comme si ils avaient besoin du sable, l'herbe est tout aussi douce, fit-il avec un clin d'œil. Chut ! Hermione ! continua Sylas en attirant Draco entre ses bras.

— Elle est allée prendre un bain, fit ce dernier en haussant les épaules.

— Il faudrait d'ailleurs dire à Harry que depuis qu'elle est enceinte le lien s'est relâché. En cas de problème, nous serions moins puissants.

— Où sont ses garde du corps ? plaisanta Draco.

— Ils ne vont pas tarder. Demain ils ont un rendez-vous avec l'expert puis il y a la sortie à L'Aigle Noir, il n'est pas question qu'ils y aillent seuls. Jimmy et Erwin ne les lâcheront pas, poursuivit-il sans voir que Frédéric les écoutaient attentivement.

— Mia a invité Ginny et Liam aussi, ils devraient être là dans une demi-heure environ, ça va faire moins plaisir à nos amoureux, soupira-t-il en passant une main caressante dans la mèche sombre qui s'obstinait à lui cacher les yeux de jais de son homme.

— Il faut la comprendre elle est toujours la seule femme, nota Sylas.

— Cette fois il y aura quand même Hélène. Choisir Ginny ! Elle ne supporte pas Jim et Pierre-François et eux le lui rendent bien parce qu'elle est l'ex de Harry.

— Si au moins elle n'était pas jalouse !

— Pourtant elle n'a plus aucune chance, il les adore.

— Ce n'est pas à moi qu'il faut le dire ! On le lui a assez répété ! soupira Sylas.

— Tu crois qu'une fois de plus ils font l'amour ?

— Dray !

— Jaloux ?

— Bien sûr, tendre ami, fit le brun en embrassant doucement son mari blotti dans ses bras, caressant sensuellement ses épaules et son cou. Mais je sais tes sentiments par le lien et...

Une petite toux sèche les rappela à l'ordre. Appuyé contre Jim, Harry les regardait avec un sourire tendrement moqueur.

— Il pleut ? s'enquit Sirius goguenard.

Harry lui tira la langue, avant de lui adresser une grimace mécontente.

— C'est la meilleure ! s'exclama son parrain hilare. J'ai raison !

— C'est une petite ondée, fit Frédéric, il y en a eu souvent ces deux derniers jours. Ça ne dure que quelques minutes.

— Oui ! mais l'herbe sera mouillée, précisa Draco.

Ce qui eut le don de réjouir tout ce petit monde que le trio regarda passablement interloqué. Un bruit de porte que l'on ferme, celui de talons que l'on frotte sur le paillasson, puis le martellement des pas sur les grosses dalles du hall prévinrent de l'arrivée de nouveaux venus. Harry lança un regard incrédule à ceux-ci puis à Draco et Sylas qui haussèrent les épaules d'un air fataliste. Ils discutaient tous ensemble depuis un moment quand Erwin et Jimmy firent une entrée beaucoup plus discrète mais mieux accueillie.

Frédéric observait mais ne disait rien. Il avait vu les yeux de son ami se plisser de mécontentement à l'arrivée d'une jeune femme rousse, pétulante et sensuelle dont le regard se posait fréquemment sur Harry qui n'en avait cure. Il discutait avec son compagnon, un jeune homme brun et athlétique au regard perçant qui mit familièrement une main sur l'épaule de Jim.

— Tu as difficile de t'y retrouver, fit une voix amusée à ses côtés. Liam est un auror, un policier du monde sorcier. Lors de l'arrestation d'un opposant au pouvoir actuel, il a été gravement blessé et transféré dans un hôpital sorcier. Il y aurait été assassiné sans l'ombre d'un doute car il en savait trop. C'est Harry et son groupe qui l'ont sorti de là. Il a d'ailleurs ramassé une balle dans le poumon dans l'histoire. Jim avait été voler une ambulance en monde moldu et était au volant. Liam leur doit la vie. Je n'étais pas encore là.

— Erwin et Jimmy ?

— Erwin est le meilleur ami de Sylas, le mari d'Hermione et de Draco. Il est à l'école avec eux depuis huit ans et ils vont continuer ensemble à l'université, il a un dévouement sans borne pour Harry, acheva-t-il avec une grimace. Jimmy est son petit-ami depuis un peu plus d'un an, c'est aussi le demi-frère d'Hermione. Officiellement, il est langue-de-plomb au ministère, c'est-à-dire employé aux services des mystères, on sait peu de choses sur ce qu'ils font car ils ont un devoir de silence. Officieusement, ils font tous partie du groupe que dirige Harry, la Fratrie.

— Toi aussi, je suppose.

— C'est exact.

— Qui est la personne la plus importante en monde moldu ?

— Le ministre de la magie. Le père de Draco, Lucius Malefoy.

— Il s'entend bien avec ton petit-ami ? demanda-t-il en notant que le terme ne semblait pas plaire à son vis-à-vis.

— C'est lui qui l'a mis là où il est. Il fait aussi partie de notre groupe.

— Donc si je comprends bien c'est un garçon de dix-neuf ans qui fait et défait le pouvoir sorcier ? fit-il stupéfait.

— Si c'était aussi simple, nous ne serions pas en danger et en train de combattre des factions opposées. Harry, officiellement, n'a aucun pouvoir et n'en veut pas. Il désire finir ses études et se consacrer à la justice sorcière, la réformer. Et parfois même, si je l'écoutais, il se contenterait d'un emploi de professeur et de nos bras.

— Pourquoi le pousses-tu ?

— Parce qu'il doit accomplir son destin. Depuis son enfance, il est marqué par celui-ci. L'Elu, le Survivant l'appellent les sorciers. Nous ne pouvons, Jim et moi, que l'aider à l'accomplir, finit-il en souriant à son amour qui le cherchait des yeux.

— Vous l'adorez tous les deux !

— ...

— D'accord, concéda Frédéric en voyant l'air moqueur de son ami, il vous le rend bien.

— Quand j'ai été enlevé il y a quelques mois, avant que le père de Draco soit choisi comme ministre, il avait accepté d'oublier le monde sorcier anglais et sa politique définitivement, de s'exiler pendant dix ans contre ma vie. Chez nous il y a ce qu'on appelle les serments inviolables, si tu manques à ta promesse, tu meurs. Il oubliait son devoir et livrait notre univers à une dictature d'extrême droite sans espoir de pouvoir y remédier. Et ça je ne suis pas prêt à l'oublier.

— Que n'es-tu pas prêt à oublier, mon loup ? fit Harry en l'enlaçant.

— Mon enlèvement par Ombrage !

— Moi non plus, s'exclama Jim.

— Je sais ma tendresse, fit Pierre-François en le serrant contre sa hanche.

— Jim ! appelait Hermione.

— Je reviens, soupira-t-il.

— Quel est son rôle dans tout ça ?

— Futur ambassadeur du monde sorcier avec l'extérieur. Spécialisé en politique étrangère, il sort de Cambridge avec très grande distinction. Pendant trois ans il va suivre les mêmes études que Harry à l'université sorcière. Il est aussi ceinture noire de karaté, il enseigne le close combat à notre groupe. Harry est sa raison de vivre, il ne m'a, au début, toléré dans leur vie que par amour pour lui.

— Ne dis pas ça. Il t'aime, Pierre-François.

— Je sais, mon amour. Je sais. Il t'appelle.

— J'arrive, fit-il en passant une main caressante sur la sienne.

— C'est vrai qu'il a l'air très épris mais il est si jeune.

— Frédéric ! Gaby n'a que huit ans de moins que toi, si il y avait eu une plus grande différence, tu ne l'aurais pas aimé ?

— Je sais, je te comprends, crois-moi. Jim a quel âge ? Vingt-cinq ans ?

— Bientôt vingt-quatre ! Mais, pour certaines choses, Harry est plus mûr que lui. Il a eu une telle vie depuis son enfance qu'il a grandi très vite. Tu comprendras petit à petit.

— Je ne suis pas sûr qu'on va le connaître mieux, il n'a pas l'air de nous apprécier! intervint Gaby dont l'émission était finie.

— Tu ne lui as donné aucune raison de te trouver agréable. Le premier soir tu lui as mis les mains aux fesses ce qui a provoqué ce dédain qui t'a blessé et la fois suivante tu t'es frotté sur moi comme si nous étions amants.

— ...

— De toute façon avec toi à côté de moi, il ne va pas tarder, fit Pierre-François en souriant.

— C'est la meilleure ! râla Gaby. Vous ne vous quittez donc jamais ?

— Tu laisses Frédéric toi ?

— Pas souvent mais ça m'arrive.

— Toute la semaine, j'ai enseigné, eux aussi ou alors ils s'occupaient des enfants, les soirées nous les avons passées à lire les documents trouvés à l'hôtel Saint-Maur. Nous n'avons qu'une envie, être ensemble. Demain c'est l'anniversaire de Cloud, mon fils adoptif. Sa petite-amie arrivera le matin ainsi que ses parents.

— Il y a encore plusieurs personnes dont tu ne m'as pas parlé, demanda Frédéric calmement. D'abord les femmes ! Hermione ?

— C'est la meilleure amie de Harry, elle est très possessive. Elle était avant notre arrivée la personne la plus importante dans sa vie.

— Tu t'entends bien avec elle ?

— Il a fallu le temps mais ça va.

— La rousse ?

— C'est l'ex-petite amie de Harry. Je la crois toujours amoureuse de lui malgré qu'elle soit avec Liam. En tout cas, elle nous jalouse Jim et moi.

— Et toi aussi !

— Elle est son premier amour.

— Il l'a aimé comme il pouvait aimer une fille, p'ti loup. Ses deux autres brèves aventures avec la gente féminine ont été des échecs et pour cause. Sa relation avec Ginny a duré plus longtemps parce qu'elle était la sœur de son meilleur ami, elle était folle de lui depuis des années, les parents n'attendaient qu'une chose, les marier, intervint Jim revenu entretemps.

— Et tu es arrivé, beau prince sans peur et sans reproche sur ton destrier blanc ? se moqua Gaby.

— Non, il était libre, se força à répondre Jim calmement. Et après elle, il y avait eu Mara, fit-il en terminant son verre de champagne.

— Que boit Harry ? fit Pierre-François les yeux sur la flûte.

— Sylas a remonté une bouteille toute poussiéreuse, il a dit que c'était un vieux marc.

L'aîné plissa les yeux de mécontentement puis chercha son amant qu'il découvrit appuyé sur Draco. Tous les deux étaient penchés sur ce qui semblait être un livre moldu et riaient aux éclats très complices. Sans même se rendre compte qu'il avait quitté ses amis, interloqués, Pierre-François se retrouva derrière son agneau.

— Très jeune ! Très beau ! constata-t-il en contemplant le garçon nu dans le magazine. Un regard troublant et un sourire provocant. Une véritable invite à l'amour.

Harry sursauta, toisa son compagnon d'un œil noir.

— Vraiment ? Alors regarde le bien. J'espère qu'il te tiendra compagnie cette nuit !

Draco essayait de cacher son hilarité, pendant que Harry quittait la pièce.

— Qu'est-ce qu'il t'a pris ? Ce n'est qu'une image !

— Laisse tomber Dray ! fit-il en secouant la tête.

— Tu peux bien aller éteindre l'incendie que tu as provoqué maintenant.

— Je sais !

Il le retrouva immobile au bord de l'étang légèrement éclairé et voulut le prendre dans ses bras.

— Non !

— Harry !

— Je t'ai dit non !

— C'est ridicule, on ne va pas se disputer pour ça !

— Ce n'est pas moi qui ai commencé ! fit-il avec rage.

— Je sais ! mais ce n'était qu'une provocation ! Je sais que ce n'était qu'un magazine pourtant ça ne m'a pas fait plaisir non plus !

— C'est ridicule ! tu crois que je vais baiser l'image glacée ?

— Et toi ?

— Draco et moi ont plaisantaient seulement. Tu l'as fait pour me blesser ! C'est la différence !

— Non ! par jalousie !

— C'est en effet, parfaitement ridicule ! Tu peux me dire ce que tu as à lui envier ?

— Sa jeunesse ?

— Tu devrais arrêter d'écouter tes soi-disant amis ! Où est-il de Lauzun le magnifique, si sûr de lui, de son charme ? Et où est-il mon homme sûr de mon amour ?

— Viens ! fit-il en le fixant, se perdant dans le vert de ce regard coléreux qui lui retournait les sens.

— Non !

— Tu as bu, fit Pierre-François en le saisissant par les poignets.

— Oui ! juste pour oublier que tu as passé la soirée de l'autre côté de la pièce comme si tu avais honte d'être le compagnon d'un gosse capricieux ! ricana-t-il.

— Ce n'est pas ta sortie maintenant qui va les faire changer d'avis sur toi !

— Qu'ils pensent ce qu'ils veulent et toi aussi d'ailleurs ! Le gosse, il sera loin de toi ce soir ! il en a assez, le gosse ! cria-t-il. Assez !

Il l'attira à lui mais trop en colère il se débattait. Il sentit monter son aura d'une façon anormale.

— Maîtrise toi, Harry.

— ...

— Maîtrise-toi ! répéta-t-il en le plaquant contre lui et en le serrant ! retiens ta magie, hurla-t-il en se tordant de douleur sans pourtant le lâcher.

— Je... je... fit-il avant d'éclater en sanglots.

— Chut ! ça va ! c'est fini ! fit-il pendant que son aura décroissait, caressant son front et sa nuque baignés de sueur.

.

— Que se passe-t-il ? demanda Jim en désignant la lumière orangée qui trouait l'obscurité.

— Harry ne maitrise plus sa magie.

— Par Salazar ! fit Jim ce qui fit rire les sorciers.

Mais il ne les entendit pas, déjà il dégringolait le sentier vers eux.

.

Jim assistait impuissant à la colère de Harry. Quand il vit redescendre la puissance de son aura, il se précipita, les prenant tous les deux dans ses bras.

— Qu'est-ce qu'il vous prend, mes amours ! ça vous ressemble tellement peu ! fit-il tendrement, les attirant contre lui encore enlacés. Toi, chéri, de boire parce que Pierre-François est un peu avec ses amis, toi p'ti loup de faire une scène pour une telle futilité.

Ils se soudèrent en une même étreinte.

.

— Ce garçon est instable. fit Gaby dédaigneux.

— Ce garçon comme tu dis, lança Erwin, n'a fait que répondre à la scène que lui a faite son compagnon parce qu'il regardait la photo d'un jeune homme nu ce qui en temps normal n'aurait pas posé problème. Pierre-François n'a jamais eu ce genre d'étroitesse d'esprit, au contraire, il en aurait ri avec eux. Je suppose qu'une fois de plus vous n'y êtes pour rien ?

— ...

— En une semaine c'est la seconde dispute qu'ils ont à cause de vous.

— Nous n'avons aucunement critiqué Harry, rectifia le jeune coiffeur.

— Vous n'avez pas dit non plus à Pierre-François que Harry était trop jeune et que très vite il le quitterait pour un garçon de son âge ? accusa Hermione.

— Pas comme ça ! fit Frédéric. C'est vrai qu'on le lui a dit. Pierre-François est quelqu'un de merveilleux, nous avons tellement souhaité qu'il trouve un gentil garçon qui lui plaise et l'aide à profiter de tout ce qu'il a construit pendant ces trois années de galère.

— Mais pas ces deux jeunes gens dont il est pourtant fou amoureux et qui le rendent heureux. Il a tout bouleversé, changé entièrement sa vie pour eux et ça, ce n'est pas admissible, trancha Erwin.

— Si demain il est seul à nouveau, il ne lui restera plus rien !

— Il a retrouvé la place qui lui revenait dans notre monde, ce n'est pas rien, et aussi la possibilité de vivre avec Lily et de contrer son frère. Tu les as vus tous les trois ensemble ? jeta Sylas.

— On n'en parle plus ! C'est de ma faute ! j'ai été stupide d'y prêter attention ! ça n'arrivera plus !

Ils se tournèrent vers l'entrée. Pierre-François, ses compagnons à ses côtés, s'y tenait. Il serrait ses agneaux contre lui. Harry, les yeux sur lui, l'enlaçait amoureusement ; Jim, la main posée dans sa nuque, était appuyé contre lui.

— On se verra demain matin ! termina-t-il avant de les tirer par la main.

— Et voilà, avec eux ça finit toujours ainsi, se moqua tendrement Draco. Ils s'aiment tellement que je ne les ai jamais vu se bouder. Des disputes deux ou trois fois et toujours pour des futilités comme ce soir mais une demi-heure plus tard, ils font l'amour afin de tout oublier. Quand il s'agit de choses sérieuses, ils les affrontent plus unis que jamais.

.

oOo

.

Il était presque quinze heures quand ils poussèrent la porte de la joaillerie Sievens & Watson le lendemain. Ils furent introduits dans le bureau du premier des associés. Pierre-François posa devant l'homme une petite parure composée d'un collier, deux boucles d'oreilles en girandole et des agrafes, le tout en or avec des rubis et diamants sertis en clos. Sa loupe sur l'œil, le joaillier examina les bijoux pendant un long moment.

— C'est une superbe pièce, Monsieur de Lauzun que vous voulez vendre.

— Je ne veux pas m'en défaire, j'en voudrais seulement une expertise ainsi que de cette montre gousset et de sa châtelaine.

— Ce sont des bijoux du XVIIIème siècle, je suppose que vous le savez et que c'est la raison de votre présence puisque c'est ma spécialité. Yves Chasseret a été l'apprenti du joaillier Bassenge bien connu pour avoir dessiné avec Boehmer ce que l'on a appelé le collier de la reine Marie-Antoinette, il a réalisé pour la souveraine plusieurs pièces dont très certainement cette parure. Dans le procès verbal de disparition des bijoux de la couronne figure la description d'un ensemble qui pourrait bien être celui-ci. La nature et le nombre de pierres, le style de monture, le sertissage en clos, tout y est. Puis je vous demander comment il est en votre possession ?

— Il est dans ma famille, celle des Saint-Maur depuis des générations, intervint Sylas.

— Bien sûr, murmura l'expert pour lui même, famille alliée aux Noailles, …

— Je vois que vous êtes aussi savant en histoire de France, monsieur Sievens.

— Ce n'est pas tant cette période qui me passionne que la disparition des bijoux de la couronne de France, des pièces et des pierres uniques. Une théorie, très plausible, dit que les partisans de la reine ont eux-mêmes organisés le vol des bijoux de la couronne pour avoir les moyens financiers de sortir le dauphin des mains de ses geôliers à la demande de la reine Marie-Antoinette qui adorait le jeune Louis-Charles. L'hôtel de Noailles situé dans ce qui est aujourd'hui la rue Saint-Honoré était non loin du garde-meubles royal. Bien entendu, le commissaire de salut-public y a ordonné une descente qui a été effectuée avec beaucoup de zèle puisqu'ils ont saccagé littéralement la demeure et qui n'a rien donné.

Dans une lettre adressée à sa fille, la marquise de Pontin raconte que le tombereau qui conduisait la reine de la prison de la conciergerie à l'échafaud est passé lentement devant les fenêtres des Noailles (2) où elle était avec d'autres partisans de la reine pour un dernier adieu à celle-ci, que la souveraine a regardé vers eux et qu'elle a eu un bref sourire. On peut interpréter celui-ci comme on veut. La comtesse avait insisté pour que toutes les dames soient vêtues ce jour là de bleu azur, un signal ? On peut en tout cas ce demander ce qui fait sourire une mère qui va mourir. Je crois que contrairement à la croyance populaire, Marie-Antoinette ne voulait pas être sauvée, elle se savait malade d'un cancer et condamnée, elle désirait préserver son fils.

Le lendemain, le 17 octobre 1793, la famille de Noailles quitta sa demeure pour son hôtel de Saint-Germain en Laye. Il serait préférable d'ailleurs de parler des femmes de la famille car le Duc d'Ayen, né Jean Louis Paul François de Noailles, devenu duc du même nom fin août de la même année, à la mort de son père Louis de Noailles, s'était expatrié en Suisse en 1792. Sa femme, sa mère, sa fille furent toutes les trois guillotinées en 1794. Lui-même ne retourna en France qu'à la restauration.

Mais revenons à ce jour de la mort de la reine, les bijoux avaient disparus depuis treize mois. Elle est montée à la guillotine la tête haute, sans un pleur et est morte plus reine qu'elle ne l'avait jamais été. L'enfant confié à Simon le geôlier du temple et celui mort dans la prison en 1795 étaient-ils les mêmes ? (3) Une partie de la noblesse dit que non. De nombreux personnages, plus ou moins crédibles, plus ou moins extravagants ont réclamé la filiation directe des Bourbons, mais jamais rien ne vint étayer sérieusement leurs dires.

— Quels sont les autres bijoux qui ont disparu en même temps ?

— Cela signifie-t-il que cette parure n'est pas la seule en votre possession ? s'enquit le joaillier manifestement très intéressé.

— Simple curiosité !

— Il y avait plusieurs gros diamants dont, le Sancy, le Régent, le Miroir du Portugal, le Grand diamant bleu ou Bleu de France. Les deux premiers ont été récupérés et sont au musée du Louvre, les autres pas. Le Miroir du Portugal est une pierre jaune taillée en poire et le Bleu de France est taillé en triangulaire arrondi.

— Mais il y a le Hope, fit Harry prenant un air naïf.

— En effet, mon jeune ami, fit le commerçant ce qui fit froncer le nez à l'intéressé, mais personne ne peut être sûr que c'est bien la même pierre. Moi en tant que professionnel, je n'en suis pas persuadé. Si vous avez des pierres à expertiser, je vous conseille d'aller voir Van Elstein à Anvers, il est dans le quartier bien connu des diamantaires. C'est un vieux bonhomme qui ne paie pas de mine mais un maître en sa partie, traiter avec lui est toujours un plaisir. Moi, je m'intéresse seulement aux bijoux montés.

— Et en plus des pierres ?

— Beaucoup de pièces ne sont pas décrites de façon précise. Il y a une grande parure en saphir et diamants, un large collier avec de grosses émeraudes, un bijou du XVIIème siècle une vraie merveille, des perles exceptionnelles montées en ferrets, un bijou chinoiserie avec de superbes perles noires et des diamants.

— Et cette montre à gousset ?

— Il y avait des montres aussi, mais sans aucune description. Il est exact, fit le joaillier, en l'examinant qu'elle correspond à cette époque mais je ne peux pas vous en dire plus. Puis-je l'ouvrir ? Il n'était pas rare de voir certains nobles en porter plusieurs et utiliser celles-ci comme cachettes.

Ayant reçu l'assentiment de Sylas, il l'ouvrit avec d'infinies précautions pour découvrir un mécanisme complet qui occupait toute la place dans le boitier et donc aucune cachette.

— Non, rien d'autre à en dire, si ce n'est qu'elle est en or, fit-il manifestement déçu.

Sortis de la bijouterie, ils allèrent prendre une tasse de café et firent le point. Manifestement, les bijoux, tout au moins certains, étaient bien les joyaux volés lors de la révolution française. Aller voir le diamantaire anversois semblait la prochaine étape nécessaire. Ainsi que lire les fameux carnets rouges.

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oOo

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En fin d'après midi, ils atterrirent une fois de plus dans le petit chemin à côté du castel rose. Une fois de plus, leurs amis de la terrasse les virent gravir la pente herbeuse, hanche contre hanche. Cloud, Justin, Sylvain et Aymeric les accompagnaient. Jimmy et Erwin, aussi. Une fois de plus Ginny, les voyant enlacés, adressa une grimace à Hermione qui ne passa pas inaperçue de Gaby et Frédéric. Une fois de plus, Dray et Sy, mains unies les regardaient le sourire aux lèvres, complices dans l'amitié comme dans l'amour.

Pierre, sa femme Hélène, Sarah, Mahaut et Fabian arrivèrent peu après. Ils se retrouvèrent bientôt à discuter des derniers évènements de leurs deux mondes, pourtant tous gardèrent le silence sur la découverte des bijoux.

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Après un dîner d'anniversaire où Françoise et les elfes avaient unis leurs efforts pour faire plaisir à Cloud, ils transplanèrent dans la petite ruelle derrière le club voisin qui était fermé. Pierre-François laissa prudemment Erwin et Jimmy se charger de Gaby et Frédéric. La colère de Harry était encore trop proche dans son esprit pour qu'il risque d'en provoquer une autre. Pourtant c'est la nuit passée ensuite qui l'avait marqué.

Ils avaient fait l'amour, oui. Symboliquement, il s'était donné, soumis à Harry et lui, semblant le deviner, s'était oublié pour son loup, prolongeant sa jouissance encore et encore avant de le mener à l'orgasme. Etrange sentiment provoqué par ce plaisir que lui dispensait son amant tout attentif à ses besoins mais ne perdant à aucun moment sa concentration toute centrée sur lui.

Il aurait aimer voir les yeux de son jeune agneau se voiler, l'entendre gémir sous les caresses, hoqueter lorsqu'elles étaient osées et qu'il n'y était pas encore prêt. Il aimait cette odeur capiteuse d'après l'amour qu'il respirait sur son corps et qui trahissait la fébrilité de tout son être arqué par le plaisir ultime. Il aimait contempler son corps pantelant, moite et brûlant, tout alangui, rien n'était plus troublant que ce sentiment de puissance qu'il ressentait. Alors, il le testait d'une caresse, d'un mot tendre, le voyant frémir sous ses doigts, sous son souffle, enivrante sensation.

Il avait ressenti après de douces caresses, de doux mots d'amour chuchotés à trois, le besoin de le faire une seconde fois, pour que son agneau aussi jouisse pleinement. Jim et lui avaient dû déployer tout leur savoir pour lui faire oublier ce qui s'était passé et enfin l'entendre crier longuement sa volupté, sans retenue. Il dormait le plus souvent dans les bras de Jim, la tête dans son cou, lui se blottissait contre un des deux les enlaçant, de préférence contre Harry, le visage dans sa nuque. Là, ce dernier avait passé la nuit entre ses bras, cramponné à lui, le réveillant au moindre de ses gestes nerveux, de ses sursauts. Il avait eu beau le serrer contre lui, un genou remonté sur sa hanche pour le maintenir et le rassurer, Jim, de son côté, le ceinturer doucement, la tête posée dans sa nuque, son sommeil n'était devenu paisible qu'au petit matin. Il était redevenu pour lui, en un instant, de Lauzun le prédateur, le libertin. Il s'en était voulu terriblement, il avait oublié un bref moment à quel point Harry avait besoin de tendresse, d'amour, le résultat de sa puérile provocation était désastreux. Totalement hors de proportion mais désastreux !

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Instinctivement, il resserra son étreinte sur sa taille d'un geste captatif. Les émeraudes accrochèrent brièvement son regard, il sentit son corps s'abandonner contre lui et ses doigts se refermer fermement sur le bas de son dos. Il se tourna vers Jim, rencontrant ses lacs paisibles qui les guettaient, il effleura les lèvres douces et tentantes, explora l'antre chaud, mélangeant leurs langues, leur salive en un ballet érotique. La main dans sa nuque, il maintint sa bouche contre la sienne, pour un baiser devenu dur et dominateur. Il le voulait à sa merci cet agneau trop calme, trop serein, il le voulait plein de cet appétit qui dévore ! Celui qu'il ressentait tout comme Harry.

Jim lui répondit d'un lent sourire provocant, pressant le bas de son corps contre le sien, son envie contre la sienne. Il ferma les yeux pour ne pas gémir. Comme il le connaissait bien, son bel amant ! Une tendre guerre pour la domination de l'autre ! Excitante, perturbante ! le jeune moldu gagnait du terrain lentement, jour après jour. Il caressa le bas de ses reins, s'appuyant sur son bas-ventre pendant qu'il détournait son visage pour embrasser Harry. Baiser avide, frénétique qui le fit geindre dans sa bouche. La passion de son agneau répondait tellement bien à la sienne, elle réveillait ses instincts primaires, un besoin de les prendre là, sur place. Quand Harry s'agrippa à ses cheveux dans sa nuque avec emportement, ravageant sa bouche âprement, cela ne fit que satisfaire son propre besoin de violence.

Le bruit d'un plop sonore les rappela à la réalité et ils se séparèrent, pas assez vite toutefois pour donner le change aux arrivants. Jimmy leur adressa un sourire moqueur tandis que Ginny ne les lâchait pas des yeux. Erwin, Gaby et Frédéric restèrent impassibles tandis que Liam faisait un petit claquement de langue impatient.

— C'est gentil de nous attendre, se moqua Sirius. Fallait pas ! On connait les lieux !

Ils débouchèrent dans l'artère animée à cette heure et passèrent devant le portier qui salua son patron et ses amis.

— Harry ! l'appela Erwin en lui tendant un mouchoir en papier, tiens, essuie ta bouche, tu saignes.

— Merci ! lui dit-il en souriant avant de rejoindre ses deux compagnons qui l'attendaient.

— Désolé, mon amour, fit Pierre-François en passant un doigt tendre sur ses lèvres.

Seul un regard lumineux lui répondit. Manifestement, son agneau lui ne l'était pas. Ils descendirent au sous-sol et se dirigèrent vers le petit coin qu'ils connaissaient bien maintenant. Une fois de plus c'était Kevin qui présentait la soirée.

— Que lui as-tu préparé, mon loup ? demanda Harry curieux car il n'avait rien voulu leur dire.

Déjà la lumière diminuait jusqu'à n'être plus qu'un rond qui illumina Kevin cette fois en costume sombre. Cet homme semblait avoir une multitude de facettes. Harry constata avec dépit qu'il lui allait aussi bien que sa tenue provocante et aguichante lors de la séance de striptease. Le public ce soir était restreint. Il voyait Cloud se tourner vers eux, il attendait avec impatience cet anniversaire exceptionnel.

— Il a monté son premier spectacle à quatorze ans. À l'âge de seize ans, il enseignait la prestidigitation à l'université Fordham à New-York. Ensuite il a créé les illusions de la comédie musicale The Magic Man et ce fut le début d'une extraordinaire carrière dans les pays du monde entier. Globalement on peut dire que son œuvre est marquée par une constante recherche scénographique. On lui doit des spectacles grandioses dédiés principalement au rêve, à ce qu'on pourrait appeler « l'abandon du refus de croire », c'est-à-dire l'acceptation de l'existence de la magie. La sensualité a toujours sa place dans ses numéros où la magie n'est plus une fin en soi mais un moyen d'aboutir à un spectacle complet.

Ses numéros d'évasion ne sont plus à présenter. Aussi talentueux qu'Houdini, il ne déçoit jamais. Il a fait disparaître l'Orient Express, la statue de la liberté, il a traversé la muraille de Chine... Faites un triomphe à Monsieur David Copperfield !

— Un magicien moldu ! chuchota Harry stupéfait.

— Cloud rêvait de voir comment ils font. J'ai décoré son appartement, il me devait un plaisir pour un service rendu...

L'illusionniste ne sembla pas se focaliser sur le fait que son public était restreint, lui qui avait l'habitude de milliers de spectateur, il fit pour les personnes présentes un vrai spectacle. De la lévitation de ses deux assistantes en passant par la manipulation des cartes pour aboutir à un numéro d'évasion des chaînes qui le ligotaient, le personnage charismatique, en plus d'une heure, leur esquissa toute la palette de ses talents. Il fut applaudi à tout rompre par tous les invités présents. Quand, pour l'anniversaire de Cloud, il lui fit cadeau de l'explication d'un de ses tours de cartes, il conquit l'admiration de celui-ci, redevenu pour un instant un enfant.

Le spectacle terminé, ils remontèrent au le club. Pierre-François percevait l'impatience d'aller sur la piste de ses agneaux. Il les emmena ainsi que leurs invités dans le coin qu'il avait demandé à ses employés de leur réserver. Assis entre eux, le regard errant sur sa clientèle, sur leurs amis en train de danser, il était bien, mais il sentait contre lui la jambe de Harry remuer en rythme et les doigts de Jim frémir sur sa cuisse. Avec un petit rire, il finit par les tirer vers la surface de danse sous les yeux étonnés de Frédéric et Gaby .

— Il va danser ? ici ? s'étonna ce dernier.

— Bien sûr ! Harry et Jim adorent ça, je ne vois pas ce qu'il y a de bizarre.

— Il a toujours eu pour principe de ne pas le faire avec sa clientèle, je ne l'ai jamais vu qu'en extérieur et rarement d'ailleurs.

— Il ne danse pas avec la clientèle mais avec ses compagnons et aussi ses associés dans la direction du club puisqu'ils partagent tout.

— Ils ne se sont pas trop fait prier, je suppose, railla Gaby.

— Ils n'ont aucun des deux besoin de ça. Ils ont des moyens conséquents et participent au frais de leur vie commune.

Ils regardaient les trois hommes. Comme d'habitude, Harry fermé à tout ce qui n'était pas la musique se déhanchait en rythme, provocant sans le vouloir. Jim avait cette grâce nonchalante dans la danse comme dans tout ce qu'il faisait. Les yeux remplis de désir, il ne lâchait pas ses amours d'une semelle. Quant à Pierre-François, il mettait dans ses gestes cette sensualité et cette élégance qui lui étaient propres et qui attiraient l'attention partout où il allait. Il passa derrière Harry, posa sa main sur son estomac, sa poitrine contre son dos et ondula en accord avec lui, son regard ne quittant pas Jim.

— Il me semble que Pierre-François fait monter la pression ! se moqua Sirius.

— Je ne l'ai jamais vu se conduire comme ça ! fit Gaby stupéfait voire choqué.

— Tu voulais qu'il le fasse avec qui ? André ? Kevin ? Avec qui a-t-il formé un vrai couple ? Il n'a eu que des aventures le plus souvent sans lendemain, railla Draco appréciant peu les critiques du jeune coiffeur. Là il les aime et ils sont beaux ensemble, infiniment sensuels.

— Moi, je ne l'ai jamais connu que comme ça ! intervint Pierre. Fou d'eux et ne le cachant pas. Aimant leur corps autant que leur âme.

— Avant eux, il n'avait pas encore aimé. Juste pris du plaisir quand il en rencontrait, analysa Hélène.

— Jamais il n'a trompé André, rectifia Frédéric, il n'avait pas de sentiments pour lui mais il l'a toujours respecté, même quand ils ne s'entendaient plus.

— La vie privée de mon père n'a nul besoin d'être débattue en place publique. Le principal c'est qu'ils soient heureux. C'est ce que nous voulons tous non, le bonheur pour eux trois ? lança Cloud afin de clore le débat.

Prudemment, personne ne répondit. C'est bien connu, chacun a sa version du bonheur. Draco, Sylas et Mione ne tardèrent pas à les rejoindre sur la piste avec les plus jeunes et les deux coiffeurs se retrouvèrent bien vite seuls à la table avec Jimmy et Erwin. Kevin, au bar, ne quittait pas des yeux son ex-amant et ses compagnons. C'est ce qui attira l'attention de l'ancien serpentard sur lui mais aussi sur l'homme qui était à côté de lui sans qu'il y ait un lien entre les deux. Le seul point commun était la haine adressée à leurs amis qui brillait dans leurs yeux. Il se pencha vers Jimmy, semblant lui murmurer des mots tendres. Nul sursaut de la part du langue de plomb qui ne tourna même pas la tête vers l'inconnu. Toutefois dès que Hermione et Draco revinrent à la table, il leur parla avec le sourire.

Le legilimens essaya de s'introduire dans l'esprit de l'homme sans y parvenir, il fut aussitôt rejeté. Il insista. Le sorcier était un très bon occlumens. Il lui fallut la puissance d'Hermione et celle de Sylas, qu'ils avaient rappelé près d'eux en catastrophe, pour voir dans l'esprit de l'autre une scène de mariage, celui de Pierre-François avec une très jolie blonde à l'air éthéré, dans une salle somptueuse remplie d'invités. Le marié pourtant ne semblait pas à la fête. Il vit ensuite un cortège funèbre que suivait bien peu de monde. En tête marchait un Pierre-François plus jeune qui semblait accablé, accompagné de son frère et d'un sorcier plus âgé au visage sévère et glacial. Avant que l'homme se détourne et sorte du club, il eut le temps de voir un baiser passionné pris et consenti entre cet homme et l'épouse de leur ami. Manifestement, cette image était postérieure au mariage, la jeune femme avait mûri et semblait triste.

Draco raconta aux autres la cérémonie, l'enterrement et tut le baiser, ça ne regardait que l'intéressé. Personne n'aime avoir le rôle du mari trompé, même si il n'est pas amoureux.

— Tu vas leur en parler ?

— Pas maintenant. Il n'a pas de mauvaises intentions immédiates mais ferait une très bonne recrue pour François-Marie ou O'Reilly.

— Vous prenez votre rôle très au sérieux, se moqua une fois de plus Gaby.

— A dix-neuf ans, nous avons vécu huit ans de guerres intestines, nous y avons tous perdu des proches, Harry plus que n'importe qui. A chaque fois, il est le premier visé à cause de ce qu'il représente, mais aussi parce qu'il est lui, pur, incorruptible, intervint Erwin.

— Sauf quand la vie de son amant est en jeu !

— Il était prêt en effet à sacrifier la paix du monde sorcier pour Pierre-François et nous savons tous quel déchirement cela représentait pour lui, admit Draco. Qui vous a raconté ça ?

— L'intéressé lui même !

— Comme vous avez du le blesser pour qu'il éprouve le besoin de prouver que Harry l'aimait vraiment ! rétorqua Hermione.

Ils la regardèrent interloqués n'ayant pas vu les choses sous cet angle. Les premières mesures d'une musique latino se firent entendre. Draco reporta son attention sur la piste. Sylas dansait à présent avec Pierre-François tandis que les deux fiancés étaient ensemble. Il interrogea Hermione des yeux.

— Vas-y, Dray. Je suis fatiguée. Mais j'aime vous regarder, fit-elle avec un petit sourire complice ce qui réjouit son mari.

Il choisit de se coller contre son meilleur ami que cela fit rire. Harry retourna dans le temps, à ce moment où le beau sorcier blond n'était pas encore son amant, son amour, à cette première soirée où le prédateur de Lauzun les regardait avec un désir brut sur le visage. Il rencontra ses yeux clairs et leur sourit. L'envie y était encore et toujours, inépuisable mais plus douce, plus amoureuse et c'était parfait comme ça.

— Il va lui falloir combien de temps pour venir te récupérer, à ton avis ? chuchota Draco.

— Il tiendra jusqu'à la fin de la danse ! Il est poli ! fit Harry moqueur en regardant tendrement son loup.

Mais quand il voulut venir les retrouver, un corps s'interposa entre eux et Harry ne put que supporter la vue de Kevin se collant contre l'aimé pendant que Draco retrouvait les bras de Sylas. Manifestement, Pierre-François ne tenait pas à faire d'esclandre dans l'établissement et le disc-jockey en avait profité. Il les voyait discuter âprement mais de façon plus qu'évidente ce n'était pas sur la conversation que comptait le garçon pour le ramener à lui mais sur l'effet de son corps contre le sien qui essayait de lui rappeler des jouissances passées.

— Calme-toi, mon amour, lui murmura Jim. Ce n'est pas en se frottant sur lui comme une chienne en chaleur qu'il va arriver à ses fins.

— Je ne vais pas me mettre en colère, mon cœur. Hier m'a suffit ! fit-il avec un haussement d'épaules.

Mais quand Pierre-François vint les retrouver enfin débarrassé, il eut difficile de prendre la place du gêneur. Son amant vit très bien son léger recul involontaire et eut un sourire tendre.

— Tu veux que j'aille brûler de suite la chemise et le pantalon qu'il a touchés et que je finisse la soirée à moitié nu ? souffla-t-il à l'oreille de Harry.

Celui-ci éclata de rire.

— Si tu fais ça, je vais devoir lutter contre la moitié des clients présents pour préserver ton superbe corps, je ne suis pas sûr d'y arriver sans dommage pour le club ! plaisanta-t-il.

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Ils dansèrent longtemps, jusqu'à l'aube, oubliant pour une fois leurs soucis et leurs ennemis. Ils avaient pourtant demandé en partant à Sven si il avait lui aussi été importuné, c'était le cas. Harry se fit la remarque que l'enquête était très peu discrète et qu'il devait y avoir une bonne raison à la chose. Ils s'échouèrent au petit matin dans le salon du castel. Harry regardait ses amis proches rassemblés autour de lui. Cloud était aux anges, Sarah contre lui, il rêvait d'essayer ce tout nouveau balai que son père adoptif et ses compagnons lui avaient offert. On en disait des merveilles.

— Tu ne dormiras pas, ma tendresse, fit Pierre-François qui contemplait Jim en train de prendre sa seconde tasse de café.

— Je ne vais pas au lit avant de savoir ce qu'il se passe, rétorqua-t-il en regardant vers Hermione, Draco et Sylas avec un sourire ironique. J'attends de connaître ce que ces cachottiers nous taisent depuis tantôt.

Draco soupira. Quand ce n'était pas Harry qui les devinait, c'était Jim. Tous les regards étaient tournés vers eux, pourtant c'est Erwin qui prit la parole.

— Un peu après le spectacle, j'ai remarqué que Kevin ne vous quittait pas des yeux et son regard était loin d'être aimable. Ce faisant j'ai noté qu'il n'était pas le seul à vous fixer. Assis deux tabourets plus loin, il y avait un homme brun qui doit avoir sensiblement le même âge que toi, fit-il en se tournant vers Pierre-François. La haine qu'exprimait son regard m'a poussé à demander à Draco de lire dans son esprit.

— Il m'a rejeté dès que j'ai essayé de m'y introduire. J'ai du faire appel à la puissance du pacte pour arriver à franchir ses barrières mentales. Ce que j'ai vu te concernait, Pierre-François. Je t'ai vu le jour de ton mariage avec ton épouse, puis à ce que je suppose être ses funérailles, tu étais en compagnie de ton frère et d'un homme plus âgé.

— Que faisait un sorcier à "L'Aigle Noir" ? fit Harry perplexe. Tout le monde sait où nous trouver dans le monde sorcier.

— J'ai l'impression que ce dernier saura bientôt que le directeur de Poudlard et le propriétaire du club ne font qu'un, commenta Hermione.

— On voit cet homme dans ces souvenirs Dray ? demanda l'intéressé.

— Oui.

— Tu peux mettre ce que tu as vu dans une pensine ?

Quelques minutes plus tard, ils visionnaient les pensées du sorcier.

Harry et Jim revoyaient une fois de plus leur amant dans une période importante de sa vie moins dramatique que les premières, pourtant il n'avait l'air particulièrement heureux en cette journée de noces. Ils retrouvaient cette élégance des mouvements, la souplesse du corps moins mature, plus gracile, il était superbe dans une robe bleu nuit. La jeune femme à ses côtés était souriante, gracieuse et semblait fragile comme un joli bibelot. Elle avait un air ravi et heureux qui contrastait avec celui sombre et éploré de son mari. Quand on savait les moyens employés par son père pour le contraindre à cette union, ce n'était pas étonnant.

— Je ne me suis pas rendu compte à ce moment là qu'elle était aussi heureuse de m'épouser, murmura Pierre-François. Elle n'a pas tardé à déchanter et à comprendre que je ne l'avais épousée que sous la contrainte. Elle ne méritait pas ça.

— Tu sais très bien que tu n'étais pas responsable de la situation, fit Jim tendrement.

— Etait-ce une raison pour accepter de gâcher sa vie ? lui répondit-il en secouant la tête.

Le second souvenir de l'homme apparut et se précisa. Ils suivirent pendant quelques instants le cortège funèbre.

— C'était son enterrement, quelques jours après la naissance de Henri-James.

— Qui est l'homme à côté de ton frère ? demanda Gaby.

— Mon père.

— Le mien était là aussi, constata Cloud.

— Tu as l'air tellement triste, fit Hermione.

— Je ne l'aimais pas en amant, en mari, mais je la respectais infiniment et j'avais beaucoup de tendresse pour elle. Je m'en voulais de ne pas lui donner ce qu'à vingt ans elle était en droit d'attendre de la vie. Je n'honorais sa couche que dans le but de procréer, soupira-t-il. Je n'ai pu que lui offrir mon amitié et ma fidélité. J'ai regretté plus encore, après ses fausses couches, de la mettre une nouvelle fois enceinte. Je me disais que j'obéissais à mon père qui ne nous lâchait pas, mais j'avais en moi l'envie d'être père. Chaque erreur que j'ai faite, je l'ai payée chèrement.

D'un même geste, ses compagnons prirent sa main. Il porta les leur successivement à sa bouche posant ses lèvres sur le bout de leurs doigts. Témoignage de tendresse infinie que de coutume il gardait pour leur intimité et qui choqua ses propres amis, peu habitués à le voir aussi démonstratif.

— Draco ! continue !

— Il y a encore un souvenir mais je préférerais que tu le voies seul.

— Je n'ai aucun secret pour mes amours, ni pour mes amis.

— Pierre-François, tu devrais...

— Non ! Vas-y !

Le troisième souvenir défila sans que personne dise un mot.

— C'était lui qui était au club ?

— Oui. Tu le connais ?

— C'est un de ses cousins, un français comme elle. Peut-être était-il là, aujourd'hui, par hasard et m'ayant aperçu... Comme le destin qui vous a menés à moi, fit-il à ses amants.

— Tu n'as rien vu dans son esprit qui puisse nous dire son but ou la raison de sa présence ? demanda Harry.

— Non ! fit Draco en secouant la tête.

— Bon ! on verra ça demain. Il est temps d'aller dormir. Notre petite princesse ne se lèvera pas plus tard parce que nous sommes sortis toute la nuit. On y va?

— Si tu veux, acquiesça Jim.

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oOo

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Ils tirèrent Pierre-François vers la sortie. Erwin et Jimmy, Cloud et Sarah ne tardèrent pas à les suivre laissant le trio seul avec les amis de Pierre-François. Ils restèrent muets un moment.

— Dire qu'il venait justement de dire que pendant les cinq ans de leur mariage, à défaut de l'aimer, il lui avait au moins été fidèle.

— C'était peut-être une erreur. Un baiser unique ! avança Hermione.

— Elle n'avait pas l'air surprise et y a mis beaucoup de cœur, je trouve, soupira Sylas.

— Manifestement, ils étaient amants. Heureusement que son fils lui ressemblait beaucoup, fit Frédéric.

— Si Harry a désiré l'emmener c'est qu'il a vu que ça l'avait atteint. Il ne voulait pas qu'il montre sa faiblesse et le regrette après, fit Hermione.

— Tu crois qu'il a pensé à ça ? fit Gaby perplexe.

— Attends de le connaître ! Harry est quelqu'un d'exceptionnel, fit Draco.

— Tu en parles avec tellement de tendresse que je me demande pourquoi tu es avec Sylas et pas avec lui.

— Tout ça se résume en un mot : amour ! J'aime Sylas d'amour. Je n'ai jamais été épris de Harry ni lui de moi, fit Dray en regardant Gaby d'un air ironique.

— Jamais, tendre ami ? fit avec un sourire Sy.

— Jamais ! J'ai pu être tenté par lui à une époque mais amoureux non ! Tu le sais, nous l'avons déjà évoqué.

— Oui, mais ce perturbateur l'ignorait, fit Sylas railleur et en se tournant vers le coiffeur. Tu aimes semer la discorde, je ne sais quel plaisir tu y trouves mais c'est un fait, tu adores ça. Tu peux oublier ton petit jeu avec nous trois, nous avons un lien unique qui nous permet de ressentir ce que les deux autres éprouvent. Tu peux oublier aussi en ce qui concerne Harry, Jim et Pierre-François, ils ne s'y laisseront plus prendre. Tu n'as jamais pensé que tu pouvais provoquer des catastrophes, marquer des vies avec tes idioties ? Frédéric, tu n'es pas comme ça, pourquoi le laisses-tu faire ?

— Au début que nous étions ensemble, j'ai essayé, soupira ce dernier, mais ça n'a mené qu'à des disputes entre nous.

— Ne t'attaque pas à nos amis, Gaby ! prévint Sylas. Trouve d'autres amusements.

— Tu me laisses Cloud et la gamine ? se moqua-t-il.

— Cloud t'a jugé avant nous tous ! Quant à Justin, tiens toi loin ! tu y laisseras des plumes, il est féroce.

— Vous avez des amis ? questionna Mione curieuse.

— Peu, soupira Frédéric. Ils le connaissent depuis longtemps et il n'arrive plus à semer la zizanie.

— Charmante la façon dont tu parles de moi ! s'exclama son compagnon vexé.

— Ce n'est que la vérité et tu le sais. Nous ne voyons plus certains que j'aimais beaucoup parce que tu as réussi à provoquer des mésententes, ce qui se retourne souvent contre nous.

Gaby quitta la pièce dans un envol digne des caprices d'une grande diva. Frédéric soupira.

— Vous êtes ensemble depuis combien de temps ?

— Huit ans ! qui n'ont pas toujours été faciles. Il avait un an de moins que Harry quand nous avons commencé à sortir ensemble et moi vingt six ans. Ses parents l'avaient mis à la porte quand il leur avait appris son homosexualité. Nous l'avons hébergé mon copain et moi. Nous n'allions pas laisser un gosse tel que lui à la rue, c'était impensable. Il ne pouvait que lui arriver malheur et il y en a dont on a difficile de se libérer après. Trois semaines plus tard, Nicolas m'a quitté. Il avait réussi à nous brouiller.

— Tu étais tombé amoureux ?

— J'aimais Nicolas, j'en étais fou. Il était trop fier et n'a rien voulu entendre. Ce n'est qu'après, en vivant avec Gabriel, que j'ai appris à le connaître et à l'aimer.

— Mais tu n'as jamais oublié Nicolas, fit doucement Mione.

— C'était un autre amour, un amour fou, passionné, comme Pierre-François et Harry.

— Ne néglige pas Jim. Regarde les bien et tu t'apercevras que si il est plus discret, il est très présent dans leur trio. Leur amour est profond. Hermione est la première à avoir compris ce qu'il se passait, à voir qu'ils tombaient amoureux de Pierre-François. Lui ne s'en est pas caché depuis le premier jour, il regardait leur petit couple comme la huitième merveille du monde, se moqua Dray. Dès le départ, Harry a fait des choses folles pour ce beau sorcier qui n'avait pas dissimulé le désir qu'il avait d'eux au point que ça en était indécent. Il a commencé à se mêler de sa vie, à le protéger, à s'occuper de sa fille, à risquer la vie du groupe pour intervenir devant des ennemis, communs c'est vrai, puis il a accepté le bracelet elfique qui les lie. En quelques semaines ils avaient décidé de vivre ensemble, avant même d'être amants. Lorsque Pierre-François a été enlevé, il était allé chercher au dehors une aventure, un plaisir, supportant difficilement de les voir ensemble devant lui. Cela n'a pas changé les sentiments de Harry et c'est à ce moment en le voyant entre la vie et la mort que Jim a réalisé les siens.

— Il les aime aussi, je sais, fit Frédéric. Il me l'a dit et répété.

— Alors fais attention à Gaby.

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oOo

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Les deux moldus furent réveillés par des cris martiaux vers onze heures. Frédéric n'étant pas du matin, se leva en maugréant et se pencha à la fenêtre. Sur la terrasse, son ami, ses compagnons, une partie des invités, Pierre et sa fille, Justin, Cloud, les enfants, bref les trois-quarts des habitants du castel, étaient réunis en kimono ou en survêtement pour une séance de karaté sous l'œil attentif de Jim et de Pierre-François. Ce dernier rectifia une position de Cloud avec le sourire, à une réplique du jeune homme, il lui ébouriffa les cheveux en riant, avant de s'intéresser aux mouvements exécutés par Aymeric. Frédéric regardait les deux trios. Le premier était au service de tous, Draco et Sylas se consacraient à Hermione qui faisaient des étirements tout doux. Au bout d'une demi-heure, elle s'assit regardant ses hommes reprendre le cours normal de la séance. Enfin, vers midi et demi, ils s'arrêtèrent tous, pourtant ils ne quittaient pas la terrasse.

Le trio s'équipa de nunchaku et commença un entrainement particulier. Frédéric ne put s'empêcher de les observer.

— Tu fais quoi, Fred ?

— Je les regarde s'entraîner.

— Je vois ! fit-il aigrement en s'accoudant à ses côtés.

— Quoi ? Tu ne les trouves pas beaux tous les trois ?

— Tu vas faire partie du fan-club Harry Potter ?

Ferédéric ne répondit pas tout en pensant qu'il ferait plus vite partie des admirateurs de Jim qu'il trouvait magnifique. Sur un signe de Pierre-François, ils arrêtèrent les mouvements préparatoires pour se lancer dans des figures compliquées qu'ils accomplissaient tous les trois en même temps. Il entendait les échanges entre eux.

— Ta concentration, Harry ! Tu te relâches ! faisait Jim.

— Méfie-toi du retour du huit tu sais bien que...

— Je fais attention, mon loup.

Il avait remarqué les ceintures différentes, avec sa noire, le senseï était Jim, alors que Harry était le plus novice.

— Frédéric, tu vas rester là encore longtemps ? Nous allons prendre une douche et puis nous déjeunons, lui lança Pierre-François sans même bouger la tête.

Malheureusement Harry lui la leva et c'est son ami qui dut arrêter d'un sort l'arme qui se dirigeait droit sur son visage.

— Harry !

Il obtint juste un sourire éclatant qui lui fit lever les yeux au ciel. Les fléaux retrouvèrent leur place dans le sac et ils désertèrent la terrasse.

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L'après-midi était superbe, Jim s'était installé sur une chaise longue pour profiter du soleil. Son fiancé vint s'asseoir entre ses jambes, son dos contre sa poitrine, les bras se refermèrent autour de lui et, sans s'en rendre compte, il eut un air de chat gourmand satisfait qui amena un sourire sur les lèvres purpurines.

— Que je suis bien, mon cœur ! Où est Pierre-François ?

— En train de se faire couper les cheveux.

— Ils vont encore lui bourrer le crâne, râla Harry.

— Ne te tracasse pas pour ça ! Il connait Gaby et Frédéric est plus raisonnable.

— Qui est plus raisonnable, mes amours ?

— ...

— Celui-là ? Vous êtes sûrs ? se moqua-t-il. Ne me cachez pas ce que vous pensez, même si ça ne me plait pas. Frédéric vous trouve très agréables, il déplore juste le fait que vous soyez si jeunes. Il a peur pour moi, c'est tout. Gaby adore semer la zizanie, c'est son sport favori. C'est à toi, mon agneau. J'ai demandé à Frédéric de s'occuper de toi, je savais que tu le préférerais à Gaby. Après ce sera ton tour, fit-il à Jim en s'asseyant à ses côtés.

Sans un regard, Harry se leva avec un soupir et rentra laissant son amant perplexe. Il adressa un coup d'œil interrogatif à Jim.

— P'ti loup, il n'est pas ton fils mais ton compagnon. Tu as de la chance qu'il n'a pas protesté, pourtant ce n'était pas l'envie qui lui en manquait. A aucun moment, tu ne lui as demandé son avis. Malgré toi, tu te laisses influencer par tes amis et tu le vois à travers leurs yeux, trop jeune et, pour certaines choses, un peu immature, si il est si impatient, si déraisonnable quand il s'agit de nous, c'est parce qu'il a peur de nous perdre, parce qu'il aime et est aimé d'amour pour la première fois. Il est tout ça mais il est aussi notre compagnon et nous savons à quel point il est adulte et mûr lorsque les choses sont plus sérieuses. Il est celui qui partage notre couche, qui nous protège de son mieux, qui fait tout pour nous rendre heureux, qui aime et élève ta fille comme si c'était la sienne. Pense à tout ce qu'il est et considère-le en tant que tel autrement j'ai bien peur que nous courions au désastre.

— Je sais tout ce qu'est Harry. Tu me mets en garde ?

— Oui. Il est aussi très fier.

— Je ne t'ai pas demandé ton avis non plus.

— En effet !

— Je suis désolé, souffla-t-il.

— Ce n'est pas grave, mon amour, fit-il avec un petit haussement d'épaule.

— Je t'aime, Jim.

— Moi aussi, murmura-t-il en redessinant du bout des doigts le visage penché vers lui, moi aussi.

Quand Harry revint, il trouva Pierre-François appuyé à la balustre regardant les enfants jouer dans le jardin. Sarah, Cloud et Justin, paresseusement étendus sur le gazon anglais, les surveillaient. Au bruit de ses pas, il se retourna, lui tendit la main et il se retrouva la hanche contre la sienne.

— Ça te plait ? demanda-t-il en caressant la mèche qui revenait sur son front, soufflant sur deux ou trois petits cheveux coupés qui étaient restés dans son cou.

— C'est plutôt à toi de me dire ça, tu semblais y tenir, rétorqua Harry.

— Non ! pas particulièrement. Tout simplement ça me parait naturel comme de prendre sa douche ou de se laver les dents. Tu sais comment je te préfère ?

— ...

— C'est les cheveux en bataille lorsque tu te réveilles au matin, tout contre moi, que je sens ta peau encore moite de sommeil. Je te mordille doucement la nuque, tu te retournes, je remonte mon genou sur ta hanche, encore un peu endormi, inconsciemment, tu te frottes contre moi et je pose mes lèvres sur les tiennes, c'est le moment que j'apprécie le plus de la journée. Evidemment, il y en a bien d'autres mais celui-là est particulier, celui où je retrouve mon homme au lever, à mes côtés.

— Tout comme toi, j'aime ce moment et aussi celui où tu te glisses contre moi la nuit pour dormir. Ton corps, plus ou moins alangui, me trahit tes secrets et me chuchote tes désirs. Je sais si tu as envie de faire l'amour ou si tu préfère de la tendresse ou encore si, fatigué ou d'humeur rebelle, tu veux juste dormir.

— Tu ressens Jim de la même façon ? fit-il curieux tout en taquinant du bout des doigts le bracelet elfique sur son poignet.

— Non ! Je lis tout ça dans ses yeux. Vous êtes très différents.

— Comme toi et Jim, fit-il doucement. Passion et volupté.

Un sourire erra un instant sur la bouche tentante devant lui. C'est elle qui vint à sa rencontre pour un baiser bouleversant toutes ses certitudes. Les lèvres se firent douces contre les siennes, la langue se fit langoureuse, caressant incroyablement la sienne, un baiser où la passion cédait le pas à une sensualité enivrante. Ses mains, en arabesques lascives, le frôlaient en des caresses légères et osées. Il ne put s'empêcher de gémir dans sa bouche et fut à peine surpris du geignement qui lui fit écho et de la main qui se plaça dans le creux de ses reins. Il posa sa joue contre la sienne percevant le parfum capiteux qu'ils lui avaient offert à l'occasion de son anniversaire, il le huma avec délice, baissant la tête jusqu'à son cou afin de mieux s'en enivrer. Il le sentit frémir contre lui et sa main vint jouer doucement avec ses cheveux dans sa nuque.

Jim les découvrit ainsi, Pierre-François appuyé contre Harry les yeux fermés. Quand il les rejoignit dans cette étreinte, le regard troublé de l'aîné vint se poser sur lui, tandis que Harry souriait doucement. Il rit intérieurement avec tendresse, ainsi c'était le plus jeune, sa moitié, sa raison de vivre qui avait gagné cette douce bataille là.

— Décidément je te préfère avec les cheveux courts, lui faisait justement ce dernier, en passant une main tendre dans ses boucles courtes avant de l'embrasser de tout son amour.

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Le lundi matin, Harry, Jim, Sylas et Draco atterrirent dans la cheminée de l'université sorcière de Cambridge. Il avait décidé d'annoncer la couleur dès le début et sa main nouée à celle de Jim mettait leur relation en évidence. Il retrouva avec plaisir les élèves de la septième bis qu'il n'avait plus vus depuis plus de deux mois. Bientôt il y eut au milieu du hall un groupe animé d'une douzaine d'étudiants qui entourait le jeune couple. Les étrangers à Poudlard se repéraient vite. Un peu perdus, ils erraient seuls entre les groupes ou se tenaient solitaires dans un coin, contre un mur, regardant avec un peu d'envie les jeunes gens qui plaisantaient, se racontaient leurs vacances et riaient ensemble.

Madame Mac Gonagall traversa le hall, se dirigeant vers le grand amphithéâtre. Harry lui emboita le pas suivi de ses amis. Assis au premier rang, ils écoutaient le discours de la rectrice. Elle s'étendit longuement sur le besoin qu'avait leur monde d'un enseignement ouvert sur l'avenir et le monde moldu tout en protégeant au mieux leur univers et leurs traditions. Concluant que c'est dans ce but qu'ils trouveraient des branches aussi opposées que "Etude des manipulations de l'esprit et des auras magiques", "Etude de l'histoire de la sorcellerie et des trois magies" tournées vers la tradition du monde sorcier et "La politique sorcière intérieure et extérieure" dont une partie était consacrée au monde moldu.

Ils se dirigèrent ensuite vers le sas où les étudiants prenaient note de leur horaire. Harry et Jim, ayant déjà le leur, se contentèrent de recopier les différents amphis où ils auraient cours. Ils se rendirent enfin au premier de ceux-ci. Après la prise de contact habituelle, ils écoutèrent, pendant presque deux heures, le professeur Adams leur parler de l'histoire politique du monde sorcier. Harry retrouva, comme à Cambridge côté moldu, la difficulté de transcrire rapidement ce que disait le professeur. Jetant un coup d'œil vers Jim, il vit que celui-ci, habitué à l'exercice, n'avait pas le même problème. Il aurait pu se contenter de recopier ses notes ou de les photocopier, en lieu et place, il s'entêta et continua.

A la sortie du cours, Harry eut un sourire tendre pour la silhouette élégante appuyée contre le mur un peu plus loin que l'amphi et qui les attendait. Deux élèves venant de Durmstrang suivirent son regard pour connaître la raison de l'air satisfait de l'Elu. Ce dernier avait surpris bien des coups d'œil furtifs sur lui et Jim. Certainement aussi sur Erwin et Jimmy ou Sylas et Draco qui ne faisaient aucun mystère de leurs liens. Il savait que ça ne durerait que quelques jours, très vite des flirts, des rivalités monopoliseraient leur attention. Avec Pierre-François dans les parages, ils venaient de prendre deux jours de plus d'observation et de commentaires. Il s'en moquait, il en avait l'habitude.

Le restaurant universitaire, très différent de la grande salle de Poudlard, était déjà bien rempli quand ils arrivèrent. Il accueillait les étudiants en tables de huit à seize personnes, les bancs étaient remplacés par des chaises avec des accoudoirs. Draco leur fit signe, il avait retenu deux places en face d'eux . Il se décala d'un siège, ainsi que Sylas, pour en libérer une troisième afin que Pierre-François soit assis en face de ses agneaux. Tous les élèves venant de la septième bis augmentés de Luna étaient une fois de plus rassemblés.

Pierre-François avait hésité avant de venir. D'un côté, il voulait leur montrer et surtout à Harry qu'il prendrait du temps pour eux, d'un autre il avait peur de les mettre mal à l'aise devant les autres étudiants. La joie qu'il avait lue dans leurs yeux, lui avait confirmé que son choix était le bon.

— Ça a été Harry ? demanda-t-il en voyant l'air préoccupé de son agneau.

— Il n'arrive pas à prendre les notes assez vite que pour qu'elles soient complètes, fit Jim avant que son fiancé réponde.

— Tout le monde est dans le même cas, soupira Draco.

— Il faut un peu de temps mais ça viendra. Ne vous découragez pas. Vous êtes deux, vous pourrez comparer vos notes et les rectifier, ce n'est pas le cas de tous. fit Pierre-François en lançant un coup d'œil à un Erwin soucieux. Harry qui avait suivi son regard interpella son ami.

— Erwin ?

— Ce n'est rien.

— Ce n'est pas rien quand tu as le sourire près des larmes, le gourmanda Harry.

— Mon cousin Berthram est ici en sciences politiques comme vous.

— Et ?

— Ma famille ignore tout de mon orientation sexuelle. Ce soir, ce ne sera plus le cas.

— Mais comment est-ce possible ? tu vis avec Jimmy !

— Je suis parti de chez moi dès que j'ai eu dix-sept ans, je ne les ai vus que quatre ou cinq fois en deux ans. Mon père se contente de me verser une petite somme chaque mois. Ce sont nos seuls rapports.

— Et comment crois-tu qu'ils prendront la chose ?

— Mal !

— Toutes les familles de Sang-Pur ne sont pas aussi fermées. Regarde Lucius.

— Demande à Sylas ! Ma famille ressemble à la sienne, fit-il avec un soupir.

— Où est Jimmy ?

— Il n'a pas cours cet après-midi. Il est au ministère.

— Alors cousin ! les interrompit une voix froide. Il y a longtemps qu'on ne s'est vus !

— Bonjour Berthram !

— Tu me présentes tes amis ? Bien que j'en connaisse déjà la plupart. Ils font souvent la une des journaux !

— Ernie, Terry, Luna, Seamus, Justin, Pdama, Parvati, Draco, Harry, Jim et Pierre-François. Sylas tu le connais. Mon cousin Berthram.

Harry examina le jeune homme devant lui. Il était grand et massif, le masque de Sang-Pur collé sur la figure, le regard perçant et hostile. Il lui inspira de suite une méfiance instinctive. Il sentait en lui quelque chose de malsain, de destructeur. Il toisa les différents convives. Le contraste se voyait dès le premier abord. Harry et ses amis étaient en jean moldu, Berthram en robe traditionnelle sorcière.

— Il manque quelqu'un ! Où est le jeune homme contre qui mon cousin Sang-Pur se salissait il y a quelques minutes ?

— Me salir ? railla Erwin. Jimmy te vaut cent fois.

— Tu fais honte à ton nom, Erwin Mac Feal, fit-il méprisant en élevant le ton.

— Personne ne bafoue ton patronyme mieux que toi, intervint Harry calmement d'une voix tranchante. Regarde autour de toi, tu te donnes en spectacle devant tous. Tu cries et tu insultes comme la pire des putains. Tu manques de classe, de dignité et tu n'as même pas l'excuse de l'amour, car tu envies et détestes Erwin.

— L'envier ? Pourquoi ? Parce qu'il sert de paillasson à l'Elu, au soi-disant héritier de Salazar Serpentard.

— Erwin est mon ami, ainsi que Jimmy. Il n'y a personne à mes pieds. Il a les qualités, le cœur, le courage que tu n'auras jamais. Si tu étudies ici dans cette université, c'est grâce à eux. Où étais-tu quand ils cherchaient la clef de notre université ou qu'ils en négociaient la réouverture à Cambridge ? Lors de la conférence pour la sauvegarde de notre monde à Liège ? Et lors de la bataille de Stonehenge ? Ils y étaient tous les deux !

— Parlons-en de la bataille de Stonehenge ! Supprimer Dolorès Ombrage et faire revenir Gellert Grindewald !

— Il y a tellement de rumeurs ! railla Harry.

— J'en suis sûr ! je l'ai vu ! Il avait la baguette de sureau. Il revient pour mener les Sang-Pur vers leur gloire.

— C'est impossible ! s'exclama Pierre-François.

— Ce n'est qu'une mystification ! se moqua Harry. Et je comprends bien des choses. Pour ta gouverne, il n'y a qu'un propriétaire du Bâton de la Mort ! c'est moi !

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1. : Si Helie de Noailles est bien le duc en titre, son frère sorcier est bien entendu une pure invention pour les besoins de l'intrigue.

2. : Toutes les charrettes de prisonniers passaient par la rue Saint-Honoré pour se rendre à la guillotine. L'Hôtel des Noailles était situé dans cette rue.

3. : Le mystère de l'enfant du temple n'a jamais vraiment été éclairci.

"Selon l'historien Georges Bordonove, dans son Louis XVII et l'énigme du Temple, Louis XVII est mort non pas en 1795 mais plutôt entre le 1er et le 3 janvier 1794. Sa mort aurait entraîné la révocation de Simon et le remplacement de Louis XVII par un enfant qui, lui, serait mort en 1795. Cette hypothèse, partagée par Louis Hastier, est aujourd'hui infirmée et dépassée par les analyses ADN positives effectuées en 2000 sur le cœur du supposé enfant mort au Temple en 1795."

"Une autopsie est pratiquée en prison sur le corps du jeune prince et son cœur a été conservé par le chirurgien Philippe-Jean Pelletan. Le corps est alors inhumé au cimetière Sainte-Marguerite, puis recouvert de chaux vive. Les ossements n'ont jamais été retrouvés et ceux dégagés au XIXe siècle au cimetière Sainte-Marguerite, proviennent de plusieurs squelettes, dont un crâne d'un jeune adulte d'au moins dix-huit ans.

Le cœur de Louis-Charles de France changea plusieurs fois de main avant d'être placé, en 1975, dans la crypte royale de la basilique de Saint-Denis, lieu où ont été enterrés ses parents et une grande partie des rois de France.

Des analyses génétiques par comparaison d'ADN mitochondrial, pratiquées par le professeur Jean-Jacques Cassiman de la KU Leuven (Université Catholique de Louvain) en Belgique, et par le docteur Bernd Brinkmann de l'université allemande de Muenster, sur le cœur du présumé Louis XVII, et des cheveux de Marie-Antoinette, ont démontré en 2000 qu'il appartient bien à un enfant apparenté à cette dernière, en ligne féminine." (wikipédia)

Toutefois rien ne démontre qu'il s'agit bien la du cœur de Louis XVII. Après bien des controverses, le coeur en question a été déposé seulement le 8 juin 2004, dans la chapelle des Bourbons de la basilique de Saint-Denis.

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