Waoh mes petits lérots, merci pour l'accueil que vous avez réservé à ce petit texte, j'en suis honorée, surprise et ébaubie, comme toujours !Oo
Mais comme toujours, je suis un boulet, donc j'avais oublié de préciser sur le chapitre 1 :
- Que la géniale et fantastique Allteas (alias Biquette) a assuré la correction *coeur*
- Que ce texte a été écrit pour la parfaite et adorable Elie (alias Merveille) pour son anniversaire 2018 *doublecoeur*
- Que le disclaimer général va Sir ACD et M. Gatiss et S. Moffat, qui détiennent respectivement Sherlock le personnage, et Sherlock la série, et qui ont l'amabilité de me prêter leurs personnages pour que je les abime un peu. Je ne possède rien sinon les quelques personnages originaux qui feront leur apparition, et je ne gagne pas un centime à publier le texte (en revanche, j'y gagne de la joie en écrivant, et de la joie de vous savoir heureux de le lire, et c'est probablement ce qu'il y a de plus beau au monde)
Réponses aux anonymes :
Guest 1 : Merci beaucoup ! Je gage que Mycroft ne va pas rester éternellement mignon à tes yeux, vu que les choses vont évoluer, mais enfant, il est mignon... un peu flippant, mais mignon ;p Merci pour la review :)
Guest 2 : Le traumatisme arriver ? Faut pas être si pessimiste voyons xD Imperial n'était pas fait pour rendre les gens émotionnellement instable si cela peut te rassurer (je dirige plutôt mes lecteurs vers Crabe ou Être Humain pour ça... et vers Titanic et Vieillesse, un peu ;p), ce texte là non plus est pas fait pour vous faire pleurer... Mais j'peux pas promettre que tout va être heureux, hein. C'est la vie de Mycroft xD Merci pour la review :)
Neko : Tu laisses autant de reviews que tu en as envie tu sais, je ne te le reprocherai jamais :) Et la suite est quand même relativement prévisible, dans ce texte, il n'y a aucune originalité au scénario puisqu'on va suivre Mycroft à différents stades de sa vie ;) Merci pour la review :)
Morgane-bzh : Merci pour la review, et les compliments ! J'espère que ce petit Mycroft, qui ne sera pas éternellement mignpn (je le trouve déjà un peu flippant perso) continuera de te combler ! :)
Personne inconnu : Merci beaucoup pour la review et surtout pour les compliments ! :) J'espère que je ne vais pas vous décevoir et bien respecter le caractère de Mycroft en grandissant ! Bienvenue à toi sur cette publication et parmi mes lecteurs, et encore merci pour la review :)
Emiliz : Merci pour la review, et pour les compliments ! Pour le titre "l'aîné", c'est Allteas qu'il faut remercier... Comme d'habitude, je ne trouvais pas de titre, mais elle a été là, géniale comme toujours ! J'espère que la suite te plaira :)
Guest 3 : Merci ! J'espère que la suite te plaira :)
Bonne lecture !
Avril 1981 – Mycroft, sept ans bientôt huit
Depuis que Mycroft avait décidé que son anniversaire n'était plus le jour le plus important de l'année, il trouvait que globalement, le monde tournait beaucoup plus rond. Il s'était pardonné à lui-même cette erreur d'égoïsme. Après tout, il était enfant unique jusqu'à présent, il n'avait aucune chance de savoir que le jour le plus important de l'année, c'était celui de la naissance de son petit frère, et donc de son anniversaire.
Mais il était heureux d'avoir rectifié cette erreur. Maintenant qu'il avait quelqu'un à protéger, Mycroft vivait beaucoup mieux. Le monde extérieur, si terrible et inhospitalier, lui paraissait bien plus faible, désormais. Mycroft pouvait désormais aller à l'école sans en souffrir. Il savait que son petit frère l'attendait, en rentrant.
Bien sûr, l'école en elle-même n'avait pas changé. Il était toujours le gamin trop petit, trop gros, trop intelligent. Ce n'était pourtant pas de sa faute si ses camarades étaient un tel ramassis d'imbéciles, si Mycroft avait trois classes d'avance, et s'il aimait un peu trop les gâteaux, au goûter. Les placards de la maison familiale de Musgrave débordaient de sucreries en tout genre depuis toujours, et Mycroft avait toujours eu un penchant pour le sucré. Il n'avait jamais été vraiment capable de résister à un paquet de bonbons.
Pour l'instant, il n'en souffrait pas plus que cela. Ses condisciples auraient pu trouver n'importe quel prétexte pour le harceler, et son poids supérieur à la moyenne n'était qu'un exemple parmi tant d'autres, il le savait. Aurait-il été maigre qu'il aurait entendu des « sac d'os ! » sur son chemin plutôt que des « gros tas ! ».
Il n'en avait cure. Ces stupides gamins pouvaient bien dire ce qu'ils voulaient, Mycroft avait Sherlock. Son joyau précieux à protéger.
Et Mycroft était bien content d'être le souffre-douleur de tous ces imbéciles. Ainsi, il apprenait. Les langages, les codes, les réactions en chaîne, les réflexes de sauvegarde de la foule. Il apprenait à lire qui étaient les meneurs, qui pensaient vraiment ce qu'ils disaient, ceux qui répétaient simplement les mots de leurs parents, ceux qui transposaient bêtement sur lui des insultes entendues dans la bouche des adultes qui n'aimaient pas ses parents, ceux qui ne le pensaient pas mais qui n'avaient pas le courage de s'opposer. Ceux qui étaient lâches, ceux qui détournaient le regard. Ceux qui, plus tard, frapperaient les premiers. Ceux qui insultaient par peur de se faire insulter.
C'était désagréable, mais nécessaire, Mycroft le savait. L'école était un mal nécessaire. Et plus Mycroft récoltait d'informations sur le genre humain, plus il serait capable de défendre Sherlock du monde extérieur. Car Sherlock était différent. Sherlock serait différent. Mycroft le sentait.
– Tu l'aimes, ton petit frère, hein mon Canard ? lui demanda Maman.
Comme toujours en rentrant de l'école, Mycroft s'était précipité vers son frère. Sherlock avait bientôt onze mois, et il adorait quand Mycroft rentrait le soir. Son visage s'illuminait, il battait des mains. Et essayait de se mettre debout et de faire des pas maladroits, sous le regard attentif et tendre de leur mère. Il n'y avait pas meilleur moyen pour pousser Sherlock à se mettre debout que de faire entrer Mycroft dans une pièce, et que l'aîné appelle le cadet.
Si Mycroft aimait son frère, celui-ci le lui rendait bien. Et Papa et Maman aimaient les voir s'aimer. Rien n'aurait pu être plus parfait. Le bonheur de Mycroft était entier et total. Lui, Sherlock. Papa et Maman. Comment pourrait-il manquer quelque chose ?
– Bien sûr, Maman ! rayonna-t-il en se précipitant pour rattraper son frère chancelant. C'est mon petit frère ! Et il est intelligent, hein, pas vrai ? Il est intelligent, il est spécial, comme moi !
Mycroft savait qu'il était spécial. Papa et Maman le lui avaient dit depuis très longtemps. Et il l'avait toujours su, au fond de lui. Être en avance à l'école n'était pas spécialement une fierté. Des tas de gens l'étaient. Maman l'avait été. Papa aussi, mais que d'une seule classe.
Mais Mycroft était un peu plus qu'intelligent. Maman lui avait demandé s'il voulait continuer à voir le pédopsychiatre qui l'avait diagnostiqué comme « précoce », mais Mycroft avait dit non. Ça ne l'intéressait pas spécialement. L'homme était inintéressant. Il disait des choses que Mycroft savait déjà, à propos de lui-même. Il n'avait pas besoin de ça. Et ce qu'il disait d'autre, Mycroft n'aimait pas l'entendre. Alors ne plus voir l'homme résolvait complètement le problème.
– Il est intelligent oui, murmura Maman en réponse en prenant Sherlock dans ses bras, sous les rires de l'enfant qui regardait toujours son frère. Comme toi, ça je ne sais pas, en revanche...
La réponse fit froncer les sourcils du garçonnet. Sherlock était intelligent, c'était évident. Mais il n'était pas sûr de comprendre ce que Maman voulait dire par 'pas comme toi'. On était intelligent ou on ne l'était pas. Papa était intelligent. Le monde était stupide. Maman et Mycroft étaient très intelligents. Il n'y avait que des degrés d'intelligence, pas des formes d'intelligence, non ?
– Tu peux prendre ton frère avec toi quelques instants, Canard ? Je voudrais finir cette analyse.
Sa mère travaillait de la maison depuis la naissance de Sherlock. Elle œuvrait comme mathématicienne et statisticienne, et pouvait parfaitement faire ses calculs et rendre ses études depuis son bureau de la maison, et envoyer ses résultats à son laboratoire par voie postale express, ou bien Papa allait les déposer.
La seule chose à laquelle Maman avait dû renoncer depuis la naissance du cadet Holmes, c'était les cours qu'elle donnait, et qu'elle ne pouvait plus dispenser, mais elle n'excluait pas de recommencer quand Sherlock serait en âge d'aller à l'école.
En attendant, elle travaillait de chez elle, et usait de la maturité de son fils aîné pour garder le cadet. Mycroft s'était impliqué dans absolument tous les aspects de la vie de Sherlock. Le bain, les doses de lait dans le biberon, la stérilisation des tétines et des biberons, les couches, les crèmes, les médicaments, les réveils la nuit, les pleurs à cause des dents, les histoires à lire le soir, les vêtements et le casse-tête des bodys à boutons, les jeux autorisés et ce qu'il ne fallait surtout pas lui donner sans peine qu'il l'avale et s'étouffe. (Mycroft, lui, pourtant, aimait bien les billes et les galets, surtout sur la plage en contrebas de la maison, pour faire des ricochets)
Il n'y avait aucun risque à laisser l'enfant de presque un an avec son grand frère de plus de sept et demi. Les connaissant, Mycroft allait lire des histoires de pirates à son cadet, en mettant un large chapeau de corsaire qui faisait beaucoup rire Sherlock à chaque fois. Il allait probablement déclencher soit une pulsion malsaine pour la piraterie, soit au contraire un dégoût entier et total de tout ce qui allait sur l'eau, à force. Mais comment les en priver ? Le petit lac en contrebas de leur maison, et la plage de galet, offraient un terrain de jeu fantastique aux deux garçons. Quand Sherlock aurait grandi, il y verrait une mer en furie, des flots déchaînés par l'orage, et Violet Holmes avait hâte d'en arriver là. Ses fils étaient son plus précieux trésor. Elle les aimait plus qu'elle n'aurait su le dire.
Lentement, dans un geste machinal, elle passa une main sur son ventre, le caressant doucement, enfoui et caché sous plusieurs couches de vêtements, en raison de l'hiver s'approchant. Une légère pointe d'inquiétude la saisit, tandis qu'elle se remettait à calculer un écart-type de la série de données qu'elle devait traiter.
Noël arrivait à la fin du mois. Sherlock allait avoir un an. Ce n'était pas prévu, et ils ne l'avaient pas dit à Mycroft. Violet aimait ses deux fils. Elle aimait plus que tout les voir ensemble. Mais parfois, elle s'inquiétait de la réaction de Mycroft. Son exclusivité pour son petit frère était parfois si surprenante...
Elle se reprit et calcula une variance.
À Noël, Sherlock déchira les paquets avec beaucoup plus d'enthousiasme qu'il n'en eut pour les jouets cachés sous le papier coloré. Cela n'avait aucune importance. Musgrave était décoré et illuminé dans chaque recoin, et la maison fleurait bon la cannelle, le chocolat chaud et le vin chaud aux épices. Noël était une période merveilleuse.
Ce fut à ce moment-là que Papa et Maman mirent Sherlock au lit, et demandèrent à parler à Mycroft.
Il avait désormais sept ans et demi, et il était circonspect de cette étrange réunion de famille.
– Il y a un problème avec Sherlock ? J'ai... j'ai fait quelque chose de mal ?
C'était presque douloureux à contempler, cet enfant si adulte. Alors que d'habitude, lorsque Sherlock était sous la surveillance de Mycroft, il y avait toujours un adulte, un vrai, dans la maison, au cas où. Pour la première fois, il avait eu la garde de son cadet (en train de faire la sieste, mais quand même) durant une heure complète pendant laquelle ses parents étaient sortis se promener dans la froide campagne anglaise. Mycroft était terrifié d'avoir mal fait quelque chose. Il avait eu tellement peur pour son frère qu'il n'avait purement et simplement pas quitté la chambre d'enfant, où la veilleuse et le mobile allumés diffusaient une douce lumière et de la musique. Mycroft était resté planté là, à côté du lit à barreaux, à écouter la respiration de son petit frère et à vérifier qu'elle ne s'arrêtait pas.
Et puis, quand Sherlock s'était réveillé, il avait joué à un jeu follement amusant qui s'appelait : Sherlock-jette-ses-peluches-à-l'autre-bout-de-la-pièce-et-Mycroft-va-les-chercher.
Cela faisait follement rire le bambin, qui ne s'en lassait pas.
Alors vraiment, Mycroft ne savait pas ce qu'il avait pu faire de mal. Mais il en avait peur, par principe. Ses parents étaient restés absents pendant une heure, à peine. Il ne s'était rien passé, durant cette heure-là.
– Sherlock va bien, Canard. Tu n'as rien fait de mal, tu le sais bien. Détends-toi, mon chéri, l'apaisa Maman.
L'assiette de sablés de Noël poussée dans sa direction apaisa Mycroft, qui en dévora deux, un renne et une étoile de neige. Il aimait bien le glaçage blanc sur les étoiles de neige. Il était au citron, et c'était le meilleur glaçage du monde.
– Tu aimes ton frère plus que tout au monde, n'est-ce pas ? reprit Papa.
– OUI !
La réponse, si franche, si puissante et si spontanée, fit sourire les deux adultes.
– Et tu sais que ta mère et moi, nous vous aimons tous les deux plus que tout au monde, hein Canard ? Qu'il n'y a pas de préféré entre vous.
Mycroft déglutit lentement son deuxième biscuit. L'étoile lui restait dans la gorge. Il avait peur. Il ne savait pas où allait la conversation. Il n'avait pas prévu. Il n'avait rien préparé. Il ne maîtrisait rien.
– Oui… répondit-il d'une petite voix d'enfant.
– Quand il n'y avait que toi, nous n'aimions que toi, reprit sa mère. Mais quand Sherlock est arrivé, ça a été comme si l'espace dans nos cœurs s'était brusquement agrandi pour faire de la place pour lui. Il ne nous manquait pas, mais maintenant qu'il est là, nous ne pourrions plus vivre sans lui. Tu comprends ?
– Oui. Sherlock est la plus importante personne au monde.
Violet sourit. Sieger lui prit la main, la serra fort.
– Tu es un merveilleux grand frère, Mycroft. Et il va falloir que tu agrandisses l'espace dans ton cœur, toi aussi. Tu vas avoir une petite sœur. Alors tu vas devoir l'aimer très fort, elle aussi. Et être un doublement merveilleux grand frère.
Mycroft n'avait pas été spécialement convaincu. Il était même resté plutôt sceptique. Et maintenant, un peu plus de trois mois plus tard, elle était là, dans les bras de Maman, pas dans la même chambre de l'hôpital que la dernière fois, mais dans les mêmes draps gris, la même blouse bleu pâle à pois, et le même bébé dans les bras. Sauf que ce n'était pas tout à fait vrai. Ce nouveau bébé n'avait pas les grands yeux clairs de Sherlock, sa touffe de cheveux noirs si bouclés sur le haut de son crâne.
Ce bébé-là était une fille, mais Mycroft vit dans son regard le même éclat que celui qu'il avait vu briller dans les pupilles de Sherlock, à la naissance. Elle s'appelait Eurus, et c'était une fille.
Alors soit. Il avait une petite sœur. Il était deux fois grand frère, et il s'en montrerait digne.
Prochain chapitre - Juillet 1982 - Publié le Me 19/09. Reviews, si le coeur vous en dit ? :)
