EN arrivant dans la cuisine, Lance se questionne sur un moyen de suicider sans faire de peine à sa mère.

On ne peut pas dire qu'il ait passé une soirée exceptionnelle. Pourtant, elle avait tout pour :
Il était venu avec assez de sachets pour combler une assemblée entière et à l'heure, qui plus est. Mais, par on ne sait quel malheur, aucune filles voulaient passer une minute de plus avec lui. Sachant que les filles en question étaient bien celles qui lui avait gentiment demandées de risquer la prison pour deux ou trois petits sachets. De quoi le déprimer et le mettre en rogne.

Il aurait bien voulu quitter cette soirée le plus rapidement possible, mais comment faire quand les seuls personnes en qui il porte une certaine sympathie semblent s'éclater comme des fous ?

- Il n'y a plus de bols...?

- Nope. Le lave-vaisselle est cassé. Lui répond Hunk en tournant la page d'un magazine quelconque.

Lance roule des yeux en prenant un verre. Il se demande réellement si Dieu ne veut pas lui faire passer un message. Un message rempli de haine et de mauvaises choses...

- Hunk, est-ce que tu te rends compte qu'on a un examen de fin de période dans 24 heures. Et que je suis super stressé ? Et que j'ai envie de mourir ?

- Avant de te donner la mort Lance, ça serait super si tu pouvais m'écouter deux secondes !

Les deux jeunes hommes tournent leurs tête et voient débarquer Allura avec (comme toujours depuis trois jours) une pile de feuilles entre les mains. Et même à sept heure du matin, elle a toujours ce demi sourire plaqué sur le visage. Mais Hunk n'est pas bête, il la suspecte encore de quelque chose. Et pour info, il sera le dernier être humain de cette maison à se faire embarquer dans un millième plan tordu.

- Tiens.

Lance lève un sourcil mais par manque de motivation il s'avoue vaincu et prend la feuille qui lui est tendu. Sa vision est immédiatement aveuglé par tout le rouge qu'il y a dessus.

-Wouah. Murmure t-il en se frottant les yeux.

- Oui effectivement, "waouh". Voici l'accumulation de toute les fois où tu n'as pas payer ton loyer. Ça vaut pour toi aussi, Hunk.

Le prénommé entasse sa facture sous la pile de magazine à côté de lui.

- .. Oh. Mais devinez quoi ? Ça vaut pour toute les personnes de cette maison. Sauf moi et Shiro, bien sûr.

- Je l'ai payé mon loyer. Y a... plusieurs... mois ?
Répond Lance en ouvrant une bouteille de Baileys.

- Écoutez. J'ai voulu fermer les yeux sur ça, en pensant que vous étiez des êtres vivants civilisés et que vous payerez vos dettes tout seul comme des grands. Mais là...

Allura prend une des factures et la secoue doucement devant ses yeux.

- ... Il y a vraiment trop de rouge.

Le fait qu'elle s'engage aussi soudainement dans les problèmes financiers de chacun n'est pas surprenant. C'est vrai que si l'un d'entre eux venez à partir de la maison, faute d'avoir payé, l'a rendra assez triste. Mais c'est surtout après que ça fera mal. Le prix du loyer va logiquement augmenter et la seule solution sera d'accueillir un nouveau colocataire. Ce qui est infaisable vu le temps et le peu de motivation qu'elle possède.

- J'ai risquai ma vie pour rien, la soirée d'hier était complètement merdique, j'ai l'impression que tout le monde m'abandonne et le lave-vaisselle est cassé et j'ai un exam dans 24 heure et... et j'ai un putain de loyer que je dois re-payé. Désolé mais... je ne suis pas en condition.

- Tout le monde t'abandonnes ? Questionne Hunk en voyant du coin de l'œil son ami s'assoir en face de lui.

- Yep. Totalement. Toi et Shay, Allura et son club de badminton et... et les autres.

- Pour ma défense, le club était vachement sympa hier soir. Ils m'ont fait boire dans des volants !

Hunk plisse ses yeux en reposant son magazine.

- Des volants ? Avec des trous ? Ils... Ils ont amenaient des volants ?

-C'est justement ça qui est drôle, ils ont un super sens de l'humour...

La jeune femme se fait longuement dévisager. Légèrement mal à l'aise, elle tourne la tête en allant vers le canapé.

- En tout qu'à, aillez la grande amabilité de payer votre foutu loyer. Et rapidement si possible !

Sa dernière demande est de trop. Personne dans cette maison est capable de payer une somme pareille dans les heures qui suivent.
Ça reviendrait presque à du miracle.

Dans un timing parfait, Pidge descend les escaliers et arrive dans le salon. Enfin, " Pidge " est un bien grand mot. Plutôt une nouvelle personnalité d'elle même complètement inconnue ayant prit son identité.

- Euh... Pidge ?

En entendant son prénom, la prénommée relève enfin la tête du sol et manque de trébucher contre le frigo. C'est que... comprenez la, ce n'est pas facile de marcher avec des talons de 3 centimètres. Enfin, probablement.

Allura croise ses bras en froissant légèrement le paquet de feuilles entre ses mains et dévisage lentement sa colocataire de haut en bas. La jeune femme apprécie les changements. Et c'est sûrement la dernière personne ici à juger qui que ce soit sur son look vestimentaire, mais là... Disons que ce n'est pas tout les jours qu'elle peut contempler Pidge Holt en robe à fleurs et collant blanc.

- Qui êtes vous ? Demande (sérieusement) Lance en mâchant son mélange de Baileys et de Weetabix.

- Ok ! Si vous continuez à me dévisager comme ça, je vous assure que le peu d'attachement que je vous porte disparaît. Totalement.

Pidge se redresse alors et essaye de placer plus de trois pas sans paraître ridicule. Vous savez, cette sensation horrible d'avoir l'impression de marcher sur des échasses mais d'essayer, tant bien que mal, de tout avoir sous contrôle : c'est exactement ce qu'elle ressent, dans les moindres petits détails.

- C'est qui ?

Suite à la question de son ami, Hunk se cache à nouveau derrière un magazine en évitant de dévisager Pidge. Ce n'est pas tout mais le jeune homme tient à garder un contact assez sympathique avec chacun de ses colocataires.

- Tu m'fous la honte Lance. Chuchote t-il ensuite.

- Pidge, une seconde !

Allura arrive à l'interpeller avant qu'elle ne puisse quitter le salon. En s'approchant d'elle, la jeune femme évite de trop grimacer en abordant un joli petit sourire.

- Tu.. tu en as un peu là.

Pidge suit des yeux son geste et se frotte ensuite le coin de la bouche, en roulant des yeux. Des heures qu'elle essaye de mettre ce foutu rouge à lèvres sans dépasser.

- En passant, ça serait pas le mien que tu portes ?

Pidge ravale sa salive en secouant vivement la tête.

- Quoi ? Bien sûr que nan... Je... Je l'ai acheté.

- Hm.

- Ouais, " hm ".

Quand sa mission sera terminée, Allura se promet d'aller volé au secours de sa pauvre boîte à maquillage qui est sûrement dévalisée à l'heure qu'il est.

- Bref, j'ai quelque chose à te donner.

En cherchant quelques secondes, la jeune femme tend une nouvelle fois une feuille à sa colocataire.

- À payer dans les plus brefs délais.

- Ok mais... je l'ai déjà payé mon loyer.

- Oui, je sais. Comme tout le monde dans cette maison !
Répond Allura avec ironie.

Pidge aurait bien aimée rentrer dans un débat passionnant (elle adore ça). Mais l'heure défile et de plus, quand elle est immobile, ses pieds lui font horriblement mal.

- Cool... ce soir t'auras l'argent.

Allura secoue la tête, satisfaite. Si Pidge lui donne l'argent en main propre, elle n'aura qu'à regrouper la somme de tout le monde et ensuite la donner à -

- Attend..? Ce soir ? Le murmure de la jeune femme ne parvient malheureusement pas aux oreilles de Pidge puisque la porte d'entrée claque enfin en laissant un léger courant d'air dans la pièce.

Allura ne veut pas paraître paranoïaque mais en réfléchissant bien, les idées les plus tordues lui viennent rapidement en tête.

- Euh, les gars. Nous avons un problème avec Pidge.

- Quoi. C'est bon ? J'peux lever les yeux ? Demande Hunk, toujours cloîtré derrière son magazine.

- Pidge ? Hun. Non, non. Je peux vous assurez sur tout c'que j'ai de plus précieux que cette fille n'était pas Pidge.

Allura se positionne devant ses deux amis la tête pensante.

- Elle... elle vient de me dire qu'elle allait ramener de l'argent ce soir... puis, regardez comment elle est habillée ! Arg, si j'avais pas eu ce foutu cours de badminton...

- Quoi, tu l'aurais suivie tel un stalkeur ?

Allura lève automatiquement la tête vers Hunk en roulant des yeux.

- Non mais... Oh, ok. Désolé de m'inquiéter pour mes amis ?

- A-attendez... C'était vraiment Pidge...?
Murmure Lance en baissant sa tête comme si la jeune femme était toujours présente.

Il a toujours était ce genre de personne à être prévenu des choses importantes à la dernière minute. Mais là, il préfère croire au fait qu'ils ont une nouvelle colocataire (ou que Shiro à ramené une fille à la maison) que... Pidge est son nouveau style vestimentaire peu valorisant. Lance prendrait ça pour une trahison. Pire, un poignard dans le dos.

- Vous ne savez pas où est Keith ? Il est presque huit heure… Demande Allura, pratiquement lassée. Pas qu'elle soit fatiguée, mais elle aimerait bien finir cette histoire de loyer pour enfin partir à son cours.

Pile quand t-on parle du loup, une lourde musique résonne dans toute la maison : un mélange de rock et de métal signé Kogane.

- J'espère sincèrement que Keith est assez pauvre pour ne pas payer son loyer et qu'il se barre enfin de cette baraque.

Suite à la remarque de Lance, Allura s'empresse de monter à l'étage.


- Au début j'pensai mettre des bougies ou un truc du genre mais c'est vraiment pas mon truc...

Presque assourdit par la musique, Shiro se penche un peu plus sur Keith.

- Quoi ?

- J'disais que j'voulais mettre des bougies.

Le jeune homme hoche timidement la tête en acquiesçant.

Keith fait tout se qu'il peut pour rendre l'atmosphère un minimum "romantique". Enfin, romantique pour lui.

Parce que pour Shiro, c'est une autre histoire. Le jeune homme ne veut pas paraître mal poli, ou quoi que ce soit, mais il est terriblement mal à l'aise. De plus, il est conscient de l'effort que fournit Keith, ce qui le gêne encore plus.

Il doit sûrement penser que cela vient de lui et qu'il est beaucoup trop " exigeant". Mais il n'arrive définitivement pas à se concentrer avec la musique qui est cent fois trop forte et un peu trop... inappropriée ? C'est vrai que Shiro n'est pas un expert dans ce domaine, mais lors de ces situations là il n'est pas préférable de mettre une jolie petite musique relaxante et sensuelle et puis pleins de petites pétales de rose disposés partout avec de l'encens à la citronnelle ?

Oui, Shiro est un cliché sentimental à lui tout seul.

En sentant la main de Keith passer sous son t-shirt, celui-ci sourit poliment en se décalant.

- Hum Keith-

Interrompu dans sa phrase, Shiro se sent soudainement poussé vers l'arrière. Il atterrit ensuite contre le lit défait et en désordre de son colocataire.

Plus les minutes passent et plus les paroles et la musique deviennent intenses et rapides, tout comme Keith. Ce qui ne rassure évidemment pas Shiro, lui qui se sent totalement palpé et embrassé de toute part.

- Je sais pas où tu te crois, mais ici on le fait pas avec des habilles. Susurre Keith en affichant un mauvais sourire.

Son colocataire rapproche ses sourcils en semblant être perdu. Alors c'est vraiment là, maintenant et comme ça qu'il va le faire ?

- Ah. Ha ha... C'est... C'est une blague, c'est ça ? Ricane t-il ensuite en fermant les yeux.

Keith se met alors sur lui en levant un sourcil et en agrippant le bas de son t-shirt.

- Non.

Pile au moment où Shiro s'entait déjà de frais courants d'airs caresser sa pauvre et innocente peau, de violents coups contre la porte retentissent.

Il faut bien attendre quelques longues minutes avant que Keith arrête de faire le têtu et se lève ensuite de son lit.

- Si c'est Lance, je-le-tue. Murmure t-il ensuite en coupant la musique et en se dirigeant vers la porte.

Au loin, Shiro remercie doucement les Dieux d'avoir suent préserver ses inoffensifs oreilles... et aussi sa virginité. La porte s'ouvre donc sur une Allura presque à bout de nerfs.

- Merci Keith d'avoir enfin compris que tu n'étais pas la seule personne habitant ici.

- Hein.

- La musique..! Réplique Allura en levant les yeux.

- Ah.

La jeune femme ne s'attendait pas à autre chose que le peu de réaction de son colocataire. À deux doigts de franchir la ligne d'arrivée, elle s'apprête à tendre la dernière facture à Keith mais est rapidement interrompu par une silhouette passant non loin.

Surprise et surtout intriguée, elle observe avec étonnement Shiro se faufiler entre la porte, Keith et elle même.
Celui-ci affiche un sourire désolé à son colocataire et en serrant son t-shirt contre son torse nu.

- Shiro ? Murmure Allura en croissant les bras.

Le jeune homme passe rapidement à côté d'elle en mimant un léger " merci " avec ses lèvres, puis se volatilise aussi vite qu'il est arrivé. Allura, toujours aussi surprise, se tourne et se retourne entre Keith et les escaliers qui sont maintenant vides.

- J'ai... j'ai manqué un truc ?
Demande t-elle enfin, en ricanant.

Keith pose sa main sur le haut de sa porte en s'adossant à celle-ci.

- T'es venus ici juste pour m'faire la leçon ?

Allura perd rapidement son petit sourire devant l'air ingrat de son ami.

- Non. Répond t-elle en lui tendant son bout de feuille.

Un mouvement beaucoup trop habituel qui est pratiquement devenu mécanique. Keith essaye de faire abstraction sur le changement d'humeur d'Allura et lui prend la feuille des mains.

- À payer rapidement !

Le jeune homme lève les yeux en brouillant la feuille. Il n'aura qu'à la jeter dans sa poubelle remplie à ras bord ou bien la flanquée sous son matelas ou est disposé sa magnifique pile de factures impayées. En faisant un bref signe de main, le jeune homme s'écarte pour fermer la porte mais est rapidement interrompu par Allura.

- Et euh... il s'est passé quelque chose ? J'veux dire, hier soir... Vous avez -

Elle est finalement coupée par le claquement de la porte.


PIDGE s'arrête subitement à l'entrée du restaurant.

Son corps est à la limite de l'épuisement et ses lèvres vont finir par être totalement mâchées, à ce rythme là. Il était hors de question pour elle qu'elle prenne un quelconque transport en commun. Elle est déjà assez inconfortable, manquerait plus qu'elle soit genée à cause des autres. Il est vrai que, d'habitude, Pidge n'est pas du genre à se préoccupée du regard des gens. Elle n'est pas non plus comme Keith, ni même Hunk. Peut être entre les deux ? Un mélange de rebelle de la société et de grande froussarde.

Mais là, c'est totalement autre chose. Elle n'est pas à l'aise et ça ce voit sur son visage. Ce qui déteint légèrement sur les personnes se trouvant à proximité d'elle.
Pourtant son plan était infaillible, elle ne pensait vraiment pas que ça aller aussi mal tourné.

Tout était clair et précis : son père aurai la magnifique surprise de découvrir que sa fille est toujours aussi... coquette ? Resplendissante et... épanouis qu'à son premier jour. Ça le rendra extrêmement heureux et ce dîner se finira sur une magnifique note: un gros et splendide ravitaillement, en liquide de préférence. Ce plan est peut être fourbe, mais Pidge passe totalement au dessus de ça. Et puis, si tout se déroule à la perfection, elle n'aura qu'à faire de même en achetant un cadeau super ringard et immonde à son père (sachant qu'il va obligatoirement l'adorer).

Mais malheureusement, Pidge percute quelques obstacles qui n'était pas prévues. Comme le fait que son frère se trouve ici et que ses chaussures sont plus horribles qu'elle ne le pensait. Un mental en béton et quelques pas maladroits plus tard, Pidge se trouve finalement au fond du restaurant. Son look atypique n'a pas tardé à attirer plusieurs regards vers elle. Particulièrement celui de son frère et de son père.

- Salut... papa.

Matt lève les yeux vers sa sœur en faisant lentement glisser ses lunettes contre son nez. Il est conscient que entre lui et sa sœur, Pidge est la plus imprévisible. Mais à ce moment précis, le jeune homme se demande réellement à quoi elle joue. Il est vrai que ça fait un bon moment qu'ils ne s'étaient pas vu, mais tout de même. Changer physiquement de façon radicale aussi rapidement c'est toujours un peu louche. Matt n'est pas bête, sa petite sœur cache encore un plan assez tordu.

- Pidge... ! Tu as...

Son père reste indécis quelques secondes. Mais il se lève finalement de sa chaise et s'approche de sa fille en ne manquant pas de l'enlacer tendrement.

La jeune femme aime ses parents, mais le problème n'est pas là. Elle a juste l'impression que ses géniteurs sont des clichés ambulants et terriblement gênants. Ça ne fait que quelques mois qu'ils ne se sont pas vu et Pidge est littéralement entrain de crever entre les bras de son père. Ne parlons même pas de sa mère. Si elle aurait été présente son plan se serait littéralement transformé en torture.

- Tu as grandement grandit !
Reprend son père, le sourire aux lèvres.

- Ouais...

Pidge affiche un léger sourire en détournant ses yeux.

Quelques fois, ses parents sont vraiment vieux jeu. Ce qui les rendent un peu stricts. Ils ont toujours connus Pidge comme " la petite fille adorable au long cheveux et en amour devant chaque chevaux " (elle l'ait toujours d'ailleurs. C'est une sorte de passion secrète). Partir pour Stowe l'a alors, en quelque sorte, ouvert les yeux sur " le vrai monde " et sur son nouveau mode de vie. Ce qui rime vachement avec nouveau style vestimentaire aussi. Il serait alors dommage de bouleverser le quotidien de ses géniteurs en arrivant avec des lentilles de contact, les cheveux court et un vieux jean à l'hygiène plus que douteuse. Puis, entre nous, tout le monde est près à tout pour avoir un peu plus d'argent par mois non ?


LANCE maudit Pidge de ne pas être venue aujourd'hui.

Le jeune homme a dû se coltiner un fichu examen de deux heures. Et pour enfoncer le couteau dans la plaie, le voila scotché à une chaise entrain d'écouter le stupide baratin de son professeur. Alors que pendant ce temps, il est sûr que la jeune femme se prélasse dans sa chambre devant un de ses stupides jeux en ligne ou quelque chose comme ça.

- Et les enfants, si vous voulez retourner à la maternelle de la géo, n'oubliez pas cette petite phrase qui aide à se souvenir de toutes les époques géologiques...

se positionne devant son tableau blanc ou y est inscrit à la suite des mots de plus en plus incompréhensibles pour Lance. Comme " Cambrian ", " Ordovicien " ou même " Silurien ". Avec son feutre, il pointe les premières lettres de chaque mots et essaye malgré tout de créer un mémotechnique.

- ... " Les Chameaux Ont Souvent Des Caries... P-Parce qu'ils Tentent de Jouer aux Créateurs ". Non. Enfin, c'est pas ça. C'est... euh. Attendez : " Les Chameaux...

Lance tape sa tête contre sa table. Désespéré, il se retourne vers Hunk en levant les yeux.

- C'est putain de ridicule. J'suis sûr que ses cours sont remplis d'erreurs.

- Je suis d'accord. Il est aussi exécrable que peu fiable.

Le jeune homme se relève légèrement en continuant de chuchoter.

- C'est une honte. Et c'est un connard. Hunk après on s'casse.

- Oh, et si vous êtes dans le groupe B et que vous venez à la sortie de demain, n'oubliez pas que c'est... demain !

Lance préfère mourir que d'y aller. En voyant son ami et ses quelques camarades se lever, Hunk fait de même en rangeant ses affaires.

- ... Je viens de me rappeler que c'est demain, donc on se voit demain. Je n'oublierai pas de venir comme avec le groupe A. Ça ne se reproduira pas, je vais vous dire pourquoi : j'écris les détails sur ma main !

Dans un brouhaha amplifiant de plus en plus, la salle de cours se vide.

- Si Pidge aurait été là, elle nous aurait demandé d'aller se plaindre.

Lance pousse une chaise en se tournant légèrement vers Hunk.

- Mec, sérieux. On a pas besoin d'elle pour aller faire ça.

Pendant une seconde, Hunk à vraiment cru que son ami était sincère. Mais en le voyant diriger ses pieds vers la sortie en affichant un léger sourire à son professeur, celui-ci comprit finalement que Lance n'est pas du genre à entreprendre ce qu'il dit.

- Hé, " H-bombe ".

À deux pas de la sortie et de la liberté, Hunk s'arrête soudainement devant son professeur. C'est le visage gêné et intrigué qu'il lui fait face.

- ... Au sujet du stage d'été chez Shell sur lequel tu voulais des informations.

- Oui ?

se met subitement à serrer les dents en pêchant légèrement la tête.

- Ça va être difficile. Gros dossier de candidature...

Hunk détourne légèrement le regard et se retient de ne pas lever les yeux en voyant Lance imiter une fellation.

- ... Et une des causes de l'échec de maintes carrières prometteuses de géologie : un test de personnalité.

Le jeune homme semble un peu hérité. Son professeur penserait-il que Hunk est une sorte de cellule vivante refusant tout contact extérieur et étant qualifiés " d'asocial " ?

- Oui... ce sont des questions pièges après d'autres.

- Exactement. Mais, entre nous, j'ai réussi à faire avancer les choses pour toi en disant que tu es... très sociable.

Hunk à totalement vu juste.

- Ah... hum, waouh. Oui, si j'étais plus sociable, je dirais... " merci ". Vous voyez, mais...

Le professeur continu d'hocher la tête en affichant un petit sourire légèrement inhumain pour Hunk, pendant que Lance continu d'agiter sa main de plus en plus vite vers sa bouche.

- Merci.


DANS une cuisine toujours aussi sale et bordélique qu'au premier jour, Shiro souffle une millième fois devant le lave-vaisselle.

- Wouah. Voici un dîner typiquement anglais à ce que je vois. Génial.
Dit subitement Allura en arrivant dans la salle et en s'accoudant sur une des chaises.

Keith lève ses yeux des vingtaine de bouteilles de bières se trouvant sur la table et fixe longuement la nouvelle venue.

- Ouais. Ça met en forme pour la journée.

Allura sourit ironiquement en hochant la tête. L'état de la maison devient de plus en plus déplorable. La résidence ressemble plus à un taudis qu'à autre chose, ce qui a le don de l'exaspérer. Mais par on ne sait quel miracle, la jeune femme a réussi à garder son calme. Peut-être bien parce que Shiro aide à réparer le lave-vaisselle, ce qui prouve qu'elle n'est pas la seule à s'inquiéter de l'avenir de cette maison. Mais surtout parce-qu'elle à d'autres problèmes en tête.

- Vous voulez boire quelque chose ? Thé ou... ?

- Une bière, s'il te plaît !
Répond rapidement Shiro, la tête fourré dans la grosse machine.

Allura se dirige donc à droite du comptoir, vers le frigo. En ouvrant la porte de celui-ci, elle ne peut s'empêcher d'égarer son regard vers son colocataire assit plus loin.

- Tu devrais peut-être... ralentir un peu, Keith ?

Celui-ci aspire longuement la fumée avant d'hocher des épaules, totalement désinvolte.

- Non, c'est que de la beuh. Classe C.

- D'accord...

Allura se dirige vers le plan de travaille en posant la bière fraîche à proximité de Shiro.

- De la Classe C le matin, Classe B l'après midi et Classe A le soir. C'est pour ça le classement.

La jeune femme n'avait pas vraiment besoin de plus d'explications, mais elle hoche quand même la tête en s'asseyant en face de lui.

Par dessus les centaines de bouteilles vides, elle fixe minutieusement Keith qui lui est beaucoup trop concentré à aborder une bataille de regard avec une mouche. Ses cernes sous les yeux sont beaucoup plus marqués que d'habitude, il a laisser ses cheveux détachés et ses oreilles sont alors complètement nues et dépourvues de piercings en tout genre. Puis depuis le matin, aucun contact n'a était fait entre Shiro et lui. Oui, effectivement, Allura peut être très observatrice quand quelque chose l'intrigue vraiment.

Et c'est un peu la même chose pour Shiro. Il est restait silencieux le reste de la journée et a décidé de s'occuper l'esprit en réparant le lave-vaisselle qui a, sûrement, déjà vendu l'âme. Mais il s'obstine toujours. Tout est mieux que d'engager un dialogue très gênant avec son petit tourtereau.

- Alors Keith ? Euh... quoi de neuf ?

Celui-ci se gratte la tête en rotant.

- J'ai besoin d'un verre d'eau. Mais pas froid, ni frais, ni glacé. Genre... pas chaud. Juste... tiède.

- Hm hm. Et la soirée d'hier ? C'était bien de ton côté ?

Le jeune homme aspire à nouveau dans son joint en plissant des yeux.

- Ouais... je crois.

" Je crois ". C'est sûrement la pire réponse que peut recevoir Allura. Cela montre combien Keith est indifférent par rapport à ses actes ou à quel point il est complètement dans les vapes. Dans les deux cas, ça ne fait pas avancer la jeune femme dans sa petite enquête.

- Et tu as vu ! Hunk et Shay sont restaient ensemble la moitié de la soirée. C'est... c'est pas trop mignon ? Tu penses qu'ils sont allaient plus loin et qu'ils -

- Shiro et moi on s'est embrassés, aussi.

Allura ravale sa salive en levant ses sourcils. Keith aurait-il deviné ses intentions bien avant qu'elle vienne lui parler ? Complètement shooté, mais pas dupe.

- Mais attends... C'était trop drôle.

- Ah ?

Keith sourit (très très très bizarrement) en hochant de la tête comme un demeuré.

- J'avais l'impression de l'agresser.

Allura rapproche ses sourcils en étirant ses lèvres. Ce n'est pas avec cette phrase que sa réputation de violeur risque de prendre fin. La jeune femme se demande réellement si c'est une bonne idée d'avancer ce genre de discussion avec Keith dans l'état ou il est. Mais après tout, Shiro est occupé et c'est bien le seul moment de la journée qu'elle possédera en tête à tête avec lui.

- Il était pas... à 100% dans le même délire que toi ?

- Nah... j'sais pas.

Keith s'allonge sur sa chaise en grattant sa tête.

- ... C'est venu comme ça enfaite. Genre... plusieurs fois. La première était sacrément nul. La deuxième pareil. La troisième j'ai vomi et la quatrième on s'était retrouvés derrière les canapés.

Allura essaye de trouver le moindre aspect "mignon" d'un premier baiser dans tout ça mais... mais rien ne vînt. Peut être parce qu'elle à beaucoup trop regardait Love Actually. Ou bien parce que l'amour n'est pas vu du même œil pour Keith que pour elle.

- Mais... mais vous n'avez pas plus discutés que ça ?

- Y avait de l'alcool, Allura. On allait pas engager une putain de discussion sur nos sentiment alors que j'allais dégueuler si je le galochais pas dans les minutes qui suivaient.

La jeune femme souffle en tenant sa tête entre ses deux mains.

- Et après ?

Keith ferme ses yeux en rapportant à nouveau le joint à ses lèvres.

- J'ai pisser sur le froc de Lance.

- Non. Je veux dire après ! Le lendemain ! Ce matin...

- Ouais...

Le jeune homme se penche vers la table, le regard vide. Il repense soudainement aux événements précédent et se revendique mentalement d'un mal de crâne.

- ... J'sortai d'une gueule de bois. Il m'a proposé si il pouvait dormir avec moi. J'veux dire, ouais ? C'est plutôt claire non ?

- Que quoi ? Il veut directement passer un moment torride avec toi ?

- Moi j'ai forcé personne... il est juste... pas clair putain.

- Pas clair dans quoi ?

Keith lève les yeux pendant qu'Allura se retrouve penchée de plus en plus vers lui, pendu à ses lèvres.

- Dans c'qui veut.

- Ok... mais c'est quoi le problème, réellement ?

- Le problème c'est qu'il veut pas enfoncer sa bite dans mon cul.

Un bruit sourd résonne subitement. Allura et Keith retournent automatiquement leurs têtes vers le lave-vaisselle. Shiro y sort rouge, le chiffon sur l'épaule et sa main contre son front en boitant légèrement. Soit il a l'oreille fine, soit les sens vocaux de Keith sont plus développés quand il est dans les vapes.

Un silence quelque peu pensant semble prendre de plus en plus de place dans la salle de vivre. Allura, elle aussi gênée, se rassoit comme il faut en fixant les garçons tour à tour. Alors que Keith à détourné le regard depuis longtemps en affichant son fameux air " m'en foutiste ", Shiro bégaye quelque chose en laissant tranquille son pauvre front meurtrie.

- Je je... je vais chercher un... une... un truc... un chiffon.

Puis le jeune homme fuit le plus rapidement possible.

Allura affiche un sourire désolé en soufflant légèrement. Quelle situation catastrophique. Elle qui a pourtant son nez dans toute les histoires d'amour à proximité d'elle, voila que celle là la remplie sur elle-même plus qu'autre chose. Shiro est coincé et Keith est con.

À moins que ça soit plus compliqué que cela.


- Le père noël est arrivé !

Lance défonce littéralement la porte en enlevant ses chaussures dans le couloir. Hunk le suit plus calmement en fermant celle-ci mais en restant tout de même excité comme une puce.

En relevant d'une épaule le léger rideau, Lance et Hunk entrent dans le salon le sourire aux lèvres. Le jeune cubain s'attendait à une véritable assemblée l'accueillant à bras ouvert et en l'applaudissant (comme un gentil chien à la venue de son maître) mais à la place, il est reçu par un Keith totalement défoncé, allongé sur le canapé et d'une Pidge entrain de s'arracher le visage avec un simple petit coton.

- J'ai dis : " Oh oh oh ! Le père noël est arrivé " !
Reprend Lance en secouant le paquet dans ses mains.

Hunk avance en enlevant sa veste et inspecte la pièce qui est drôlement silencieuse et sombre. Bien qu'il fasse déjà nuit, d'habitude à cette heure la maison est toujours animée. Pidge relève la tête vers ses deux colocataires en se décalant un peu des pieds de Keith.

- C'est quoi ce truc ?

Lance, toujours aussi fière de lui, s'approche vers ses deux amis en posant l'énorme paquet sur la table basse. Le visage à moitié peint de fond de teint et d'autre substances chimiques, Pidge se penche vers l'objet avec prudence.

- Avec Hunk on a raté le dernier bus. C'est là où on s'est arrêté devant c'qui est, littéralement, " l'Entre De Dieu ". Une console assez cool et assez potable pile dans nos moyens ! Bon... on va pas manger pendant 4 semaines mais ça en vaut la peine.

La jeune femme fait défiler ses yeux entre Lance et la soit disante console de jeux posée devant elle. Même si un léger doute s'installe, elle relativise et s'engouffre à nouveau dans le canapé en gênant, encore une fois, les pieds de Keith.

- Mouais. Bof. C'est gentil, mais vous pouvez garder votre marchandise bas de gamme pour vous.

- Hein ?

Lance fronce son nez en reprenant violemment son précieux contre lui. Quand il pense à toute la joie qu'il avait ressentit en l'apercevant dans la vitrine... Il se voyait déjà combler de compliments par la demoiselle tel un dieu descendu sur terre.

Pidge se relève alors -encore une fois- du canapé toute joyeuse. Droite et fière comme si elle allait annoncer la chose la plus importante au monde, elle s'exclame :

- Je suis riche.

À l'annonce de cette phrase (et plus particulièrement du mot " riche ") Keith réouvre les yeux comme un mort revenant à la vie. Manque de réaction, la jeune femme croise ses jambes en reprenant fièrement :

- J'ai un QI surdéveloppé, ce n'est pas étonnant. Et grâce à ça... l'argent coule comme de l'eau de source dans mes poches. Donc ta console Lance... je suis désolé. Mais devinez qui ne va plus manger de pâtes au ketchup ce soir !

- Ma console et mes pâtes au ketchup t'emmerdes, Pidge.
Répond Lance, outré.

- T'façon elle sert plus à rien ta console de merde. Plus de courant... le noir complet... le silence... l'apocalypse... le dernier jugement... la fin.

Les deux colocataires et même Hunk qui est au fond entrain de chercher quelque chose de comestible dans un placard se retournent vers Keith.

- Gneu ?
Murmure le jeune cubain en desserrant son emprise sur sa boîte.

- Keith à raison. Trop de factures impayés. Je viens d'aller vérifier et effectivement : plus d'électricité, ni d'eau chaude, ni plus rien.
Reprend Shiro en arrivant dans le salon.

Lance et Hunk virevoltent leurs têtes vers lui pendant que Pidge qui est déjà mise au courant reprend ses passionnante activités. Shiro à l'air un peu essoufflé mais il aborde quand même un air aimable en essayant de ne pas trop froncer les sourcils. Ses cheveux sont en batailles, son t-shirt blanc taché de toute parts (un miracle qu'il ne l'est pas enlevé) et un peu près une cinquantaine de chiffons sur ses épaules ou autour de la taille.

Sentant les regards sur lui, il ricane maladroitement en se grattant la tête.

- Hm... J'ai passais la journée à essayer de réparais le lave-vaisselle. Et les placards du haut... puis la penderie... et j'ai nettoyai le garage aussi.

Hunk s'abstient d'applaudir mais il reste quand même bouche bée devant tant d'efforts pour un seul être humain.

- Mais j'peux pas rester sans électricité... J'ai des choses hyper importantes à faire, moi. Comment... comment je vais faire pour me secouer le manche maintenant !?

- Bon, tout le monde !

Allura débarque à son tour dans la salle de vivre en coupant un Lance au bord des larmes. Elle est dans un pire état que Shiro, mais à l'encontre de lui, elle n'essaye pas de le cacher. Plus de trois heures que la jeune femme est littéralement en trans. Les factures de ce matin, le lave-vaisselle et maintenant la coupure de courant ? Tout ceci est de trop, comme une goûte faisant déborder le vase. La sueur au front, les cheveux détachés et le teint pâle, elle s'installe au centre de la pièce pour bien être à la vue de tous.

- J'ai trouvée une solution. Je... je vais acheter la maison.

Keith se relève alors complètement en faisant bouger Pidge. Il tourne sa tête vers la silhouette qu'il croit être Allura (il est encore trop dans les vapes et il fait beaucoup trop sombre pour bien la distinguer).

- Tu vas faire quoi ?
Murmure Shiro en s'approchant.

- Ouais... Acheter la maison !

La jeune femme passe une main devant son visage en souriant doucement. Consciente de ce qu'elle dit, elle reprend son souffle en rigolant nerveusement.

- Toute ses factures... Ses papiers... Franchement, ça serait plus facile si j'achetais la maison. J'veux dire, quand mon père payera les factures, ça nous enlèvera un sacré gros poids et comme la maison sera à mon nom on aura qu'à s'arranger pour...

Elle s'arrête soudainement en comprenant le peu d'enthousiasme que possèdent ses amis et le silence très peu rassurant rempli de jugement et d'incompréhension qu'ils leur font part.

Keith plisse ses yeux, méfiant.

- Acheter la maison.

- Euh... Oui. Mon père a... beaucoup d'argent. Je ne vous l'avais pas dit ?


LE salon est maintenant calme. La pendule affiche une heure assez tardive et seul les bougies éclaires le peu d'espace qu'elles peuvent.

Shiro commence à somnoler en pianotant sur son téléphone. Il n'a fait aucune séance de sport aujourd'hui mais, mine de rien, les tâches ménagères peuvent êtres beaucoup plus rudes qu'elles le prétendent. Ses yeux commencent alors à doucement se fermer quand il ressent soudainement un mouvement prés de lui. Son cerveau se reconnecte automatiquement et il tourne rapidement l'écran de son téléphone devant lui.

Keith lui fait face, avec une lampe dans les mains.

- Somnambule ?

Shiro cligne des yeux plusieurs fois pour bien se réveiller avant de répondre :

- Qui sait.

Keith se rapproche en posant la lampe contre le comptoir, là où est accoudé Shiro. Le jeune homme à enfin récupéré de la force - il était temps. Et malheureusement pour lui, même à cette heure si, il n'est pas près de dormir.

Il inspecte alors silencieusement Shiro avant d'attacher ses cheveux.

- Allura est super bizarre dans son genre.

- Hum... oui, sûrement. Elle est peut-être juste mystérieuse.

Shiro baille avant de se retourner vers son interlocuteur.

- On a tous, plus au moins, nous aussi des secrets.

Keith lève un sourcil en croissant les bras, intrigué.

- Enfin... moi j'en ai pas.

- Hm. Bien sûr. J'voulais juste dire que... elle se mêle trop des affaires des autres. Comme si elle était de la police ou une merde comme ça. C'est hyper bizarre, non ?

Bien que ce n'est qu'une comparaison, Keith à réellement peur pour lui. Si la jeune femme faisait partie de la police ou d'une grosse connerie comme ça, il est certain qu'il serait le premier à passer. Même avant Lance, c'est dire.

Shiro, lui, sourit doucement sous les reflets de la lampe.

- Il s'est passé quelque chose ?

- Ouais. Elle m'a littéralement agressait avec ses questions débiles, comme à un interrogatoire. Et comme un con j'y ai répondu.

À l'encontre de Keith qui se souvient à peine (il se rappelle juste d'avoir avoué qu'il avait pissé sur le froc de Lance), lui Shiro n'a que des souvenirs frais dans son esprit. Il se met à rapidement se tortiller.

- Oui... j'ai suivis. À propos de ce matin.

Keith rapproche ses sourcils en voyant son ami détourner le regard. C'est comme si une pointe de culpabilité venait d'envahir petit à petit son corps.

- Ouais... désolé. J'ai vraiment était un con.

Shiro le regarde silencieusement mais tendrement. Il ne dit rien et rapporte son attention vers le grille-pain.

- ... C'est juste que tu me plais. Du genre, vachement. T'es super clean sur toi, sympa, grand et... puis t'es pas un connard. J'pensai que ça pouvait le faire.

C'est sûrement la déclaration la plus maladroite que Shiro est entendu, mais il ne peut retenir son estomac se faire une partie de twister.

- Ça peut le faire, Keith. Je suis juste pas... pas vraiment intelligent, comme tu le crois.
Murmure t-il.

- Cool alors. On est tout les deux méga cons.

Shiro maintient alors leurs regards et observe, toujours aussi silencieusement, Keith s'approcher de plus en plus de lui. Leurs genoux se collent enfin et le plus vieux ricane doucement en laissant ses yeux se fermer.

- Ça me va.