Salut à tous ! Comment ça va ?

Surpris de me revoir si vite ? Moi oui. Je me trouve particulièrement inspiré par cette histoire.

Donc, en attendant un chapitre de mes plus anciennes fictions, voici de quoi vous faire patienter un peu.

Bonne lecture !


Chapitre 2 : Enfance, première partie !

Les métamorphomages possédaient un don véritablement incroyable. Je ne savais pas si Nymphadora Tonks en avait réellement conscience. Dans les livres, même si elle ne le disait jamais, il était clairement montré qu'elle était fière d'en être une… Un ? Pouvait-on même classer les métamorphomages comme homme ou femme en sachant qu'il leur était possible de changer de sexe à volonté ?

Le simple fait d'avoir à me poser la question montrait à quel point cette capacité était absurdement impressionnante… Et franchement sous-estimée ! Après tout, que savait-on vraiment des métamorphomages ?

D'après ce que prétendaient les livres, un métamorphomage était un sorcier ou une sorcière ayant la capacité de modifier son apparence physique à volonté, sans l'usage de potions ou de sortilèges contrairement au reste de la population magique. Il s'agissait également d'une compétence innée. On naissait métamorphomage, on ne le devenait pas.

Pour cette raison, ils étaient considérés comme extrêmement rares. En fait, seulement deux étaient connus dans l'univers Harry Potter : Nymphadora Tonks et son fils Teddy Lupin ! J'en suspectais également un troisième, mais j'y reviendrai plus tard.

Un métamorphomage pouvait prendre une grande variété de formes. En plus de donner la possibilité de changer de sexe à volonté, cette capacité permettait à son possesseur de modifier la structure de son corps, sa taille, la couleur de sa peau et de ses cheveux. Même modifier son âge ! En fait, la seule chose que l'on ignorait était si oui ou non le poids pouvait changer. Cela dit, si l'on faisait un parallèle avec un animagus, c'était une possibilité très réelle.

Peter Pettigrow en était le meilleur exemple. Il pouvait se transformer en rat et son poids changeait en conséquence !

Certes, il y avait de grandes différences entre un animagus et un métamorphomage, mais la base était la même. Il s'agissait après tout dans les deux cas d'auto-métamorphose. En fait, on pourrait même aller jusqu'à affirmer qu'un métamorphomage était une version plus complète et évoluée d'un animagus. D'une part, contrairement à un animagus, un métamorphomage n'était pas limité à une seule forme prédéfinie lorsqu'il se transformait et, d'autre part, Nymphadora dans le tome 5 avait montré qu'elle pouvait donner à son nez l'apparence d'un bec de canard ou d'un groin de cochon.

La question était alors de savoir s'il s'agissait d'une simple ressemblance ou d'une véritable transformation en une partie de l'animal en question. Puisque les humains étaient techniquement aussi des animaux, je supposais personnellement qu'il s'agissait d'une véritable transformation. Pour moi, un métamorphomage n'était pas juste un animagus de type humain mais avait réellement la capacité de devenir n'importe quel animal, humain inclus. Nymphadora ne se transformant pas en animal dans les livres n'était donc rien de plus qu'une simple préférence personnelle à mes yeux.

Un point qui semblait confirmer ma théorie était Teddy Lupin. Son père, Remus, était un loup garou, dont la malédiction se transmettait par morsure lorsque la salive du loup garou entrait en contact avec le sang de sa victime, ne contaminant que les humains bien que les animagi semblaient y être immunisés. Or il n'y avait aucun lien direct entre la salive et le sang dans le corps humain, ce qui signifiait que la malédiction se propageait dans tout le corps de la victime. Cette malédiction était donc logiquement comparable à un virus, ou plutôt à une maladie sexuellement transmissible. La lycanthropie devrait donc se transmettre des parents aux enfants.

Or, Teddy Lupin était un métamorphomage, comme sa mère, mais pas un loup garou, contrairement à son père. Cela signifiait deux choses. La première était que les capacités d'un métamorphomage étaient héréditaires. La deuxième, et le plus important, était qu'un métamorphomage semblait immunisé à la lycanthropie. Or, comme je l'ai mentionné plus tôt, les animagus étaient les seuls humains immunisés à la lycanthropie, comme l'avait prouvé le tome 3 avec Sirius Black affrontant un Remus transformé en loup garou.

Suivant cette logique, un métamorphomage était donc un sorcier né animagus et, étant une capacité innée plutôt qu'apprise, n''était pas limité à une forme unique ni à un animal en particulier. Humain inclus. Il convenait également de noter qu'un autre avantage d'un métamorphomage par rapport à un animagus, était qu'un métamorphomage n'avait pas de signe distinctif lorsqu'il se transformait

Le plus grand mystère concernant les métamorphomages était de savoir s'ils possédaient une véritable forme comme apparence de base ou si leur nature changeante faisait de leur apparence du moment leur véritable apparence.

Pourquoi est-ce que je parlais tellement des métamorphomages ? Parce qu'il semblerait que j'en sois un. Eh bien, pas tout à fait. Encore une fois, tout était compliqué avec Harry Potter. Pourquoi rien ne pouvait jamais être simple ? Je ne pouvais que supposer que c'était une conséquence d'être un personnage principal… Si seulement cela ne s''étendait pas à moi désormais…

Enfin bref...

Avec l'apparition des métamorphomages dans l'univers Harry Potter, à partir du tome 5, il a été spécifié qu'eux seuls étaient capables de modifier leur apparence sans l'utilisation d'une potion ou d'une baguette. Et pourtant, c'était un exploit qu'Harry avait accompli dès le tome 1. Cela n'avait été qu'un détail, une simple mention, mais cela avait été le cas. Chaque fois que Pétunia Dursley lui avait coupé les cheveux, ceux-ci retrouvaient toujours leur longueur initiale dès le lendemain.

C'était certes de la magie accidentelle, mais c'était également une preuve qu'Harry avait le potentiel d'être un métamorphomage, ce qui n'était pas logique. Encore une fois, on naissait métamorphomage, on ne le devenait pas. Harry aurait donc dû présenter des signes de tels exploits dès sa naissance. Or cela n'avait pas été le cas. Dans le cas contraire, Sirius aurait été au courant. Comment expliquer alors l'utilisation d'une capacité métamorphomage chez quelqu'un qui ne l'était pas. La magie accidentelle n'expliquait pas tout.

Après tout, la magie accidentelle signifiait littéralement qu'il s'agissait d'une utilisation accidentelle de la magie. Les règles habituelles de la magie s'appliquaient toujours, même s'il semblait y avoir une plus grande souplesse dans ces cas-là. Je m'avançais probablement, et j'avais sans doute tort, mais c'était presque comme si la magie elle-même faisait preuve d'indulgence envers ceux qui avaient un accès de magie accidentelle.

Toujours était-il qu'Harry n'aurait pas dû pouvoir être capable de faire repousser ses cheveux, pourtant, il l'avait fait. Malgré cela, il n'était pas un métamorphomage. Il y avait donc paradoxe. J'avais cependant une théorie à ce sujet qui pourrait expliquer les choses. Oui, encore une. J'en avais encore plusieurs en stock que j'expliquerai en temps voulu.

Un métamorphomage, donc, possédait une capacité magique rare qui était à la fois innée et utilisable sans baguette. Par un heureux hasard, je connaissais justement une autre capacité qui répondait à ces critères : le Fourchelang ! Eh oui. De plus, le Fourchelang avait une autre particularité. C'était une compétence héréditaire. Quelle coïncidence, la métamorphomagie l'était aussi !

Oui, j'avais décidé d'appeler métamorphomagie la capacité d'un métamorphomage à se transformer puisqu'il semblait que cela n'avait pas de nom. C'était clair, précis, et tout le monde comprendrait de quoi je parlais. J'étais juste surpris que personne n'ait pensé à le nommer avant que je ne le fasse… Ce n'était même pas si compliqué.

Pour en revenir au sujet principal, les similitudes entre le Fourchelang et la métamorphomagie étaient trop nombreuses pour qu'il n'y ait pas de corrélation. Les deux étaient rares, exotiques, méconnus et héréditaires. Le Fourchelang était une preuve d'appartenance à la lignée de Salazar Serpentard. Sur le même principe, la métamorphomagie devait donc également être une magie familiale. Restait à savoir laquelle...

Que savais-je d'autre de la métamorphomagie ? J'avais déjà théorisé que la métamorphomagie permettait d'être immunisé à la lycanthropie. J'osais même aller jusqu'à affirmer qu'aucune forme de maladie, magique ou non, ne pourrait affecter un métamorphomage en raison de la nature particulièrement changeante et adaptable de son organisme. En conséquence, aucune forme de contamination n'était possible.

Le corps d'un métamorphomage, et par conséquent son sang, était donc toujours sain et pur.

Il était désormais temps de parler généalogie. Que savait-on des parents des métamorphomages ? Inutile de parler de Teddy puisque Nymphadora était sa mère, mais cette dernière ? Son père, Ted Tonks était un sorcier né-moldu, et je n'utiliserais plus ce terme à partir de maintenant parce que je le tout simplement trop péjoratif. Du vrai racisme banalisé ! Quant à sa mère, il s'agissait d'Andromeda Tonks, née Black.

Je devais à présent parler de la troisième personne que je suspectais d'être métamorphomage dans les livres. Et non, ce n'était pas Harry. Il s'agissait en réalité de Delphini Jedusor, fille de Voldemort et de Bellatrix Lestrange, née Black. Eh bien, elle n'était que présument leur fille, mais cela ne faisait aucun doute à mes yeux. Ce qui m'avait décidé de la considérer comme un métamorphomage potentiel était sa chevelure, naturellement argentée avec des pointes bleues.

Ce n'était pas du tout une couleur de cheveux naturelle à moins d'être dans un manga. Or, l'univers Harry Potter n'était pas issu d'un manga et les gens n'avaient pas les cheveux naturellement bicolores, encore plus si l'une de ces couleurs étaient le bleu. C'était comme avoir les cheveux naturellement roses, ça n'existait pas. Seule Nymphadora, une métamorphomage, en était capable. D'où ma conjecture que Delphini était également une métamorphomage.

Deux métamorphomages et chacune avait une mère issue de la famille Black… Il semblerait que l'on ait trouvé une piste. La famille Black était une vielle et puissante famille de sang-pur. Quelle était sa devise déjà ? Ah, oui : Toujours Pur ! Oui, c'était mon hypothèse que la métamorphomagie était une magie familiale provenant à l'origine de la famille Black.

Mais dans ce cas, pourquoi n'y avait-il pas plus de métamorphomages ? Draco Malfoy avait également une mère née Black et pourtant il n'en était pas un. Ce n'était pas une erreur de ma part. Il y avait une autre condition à remplir pour devenir naitre métamorphomage, avoir un parent né Black n'était que la première. Il fallait également un apport de sang neuf. Ted Tonks, le père de Nymphadora, était un sorcier de première génération, terme que je préférais à né-moldu. Voldemort, naturellement, était un sang-mêlé malgré ses prétentions contraires.

Ce dernier point étant un peu confus, je vais l'expliquer plus en détail.

Au début, l'apport de sang neuf n'était pas une condition obligatoire, pas même une pensée. Comme je l'ai précisé plus tôt, la métamorphomagie accordait une immunité aux maladies en tout genre, même les cicatrices causées par la magie noire pouvaient être effacées grâce à cette capacité, quelque chose qui n'était normalement pas possible. L'apport de sang neuf n'était donc ni une nécessitait ni même une pensée pour la famille Black. Tous les Black étaient des métamorphomages et les métamorphomages étaient tous des Black. Cette réciprocité était absolue, et également un secret très bien gardé. Qu'importe que l'enfant soit un sang-pur, un sang-mêlé ou un nouveau-sang, un métamorphomage était pur parce qu'il pouvait devenir ce qu'il voulait.

C'était selon moi la vérité originelle derrière la devise de la famille Black. Ce n'était pas la pureté du sang qui était prise en compte, mais la pureté de la magie.

Sauf qu'à un moment donné, cette devise fut corrompue par l'idéologie sang-pur. Et cette idéologie était selon moi ce qui avait causé la disparition lente mais progressive de la métamorphomagie au sein de la famille Black. Et la cause était aussi simple qu'ironique : la consanguinité. Petit à petit, le manque de diversité dans le pool génétique avait provoqué la déchéance des familles de sang-pur, avec des effets tels quel la diminution du nombre de naissance, une augmentation du nombre de cracmols et, en l'occurrence la disparition de la magie familiale des Black.

Mais puisque la métamorphomagie immunisait à toute les formes de maladies, n'aurait-ce pas dû faire de même avec la consanguinité ? Oui, en effet, ça aurait dû. Et on en arrivait au plus gros défaut de la métamorphomagie : l'imagination. La capacité d'un métamorphomage n'était limitée que par son imagination. Malheureusement, en raison de leur sectarisme et de leur obsession de la pureté du sang, les sangs-purs n'avaient tout simplement aucune connaissance de ce qu'était la consanguinité. Or, la métamorphomagie ne pouvait pas protéger de quelque chose que son utilisateur ne connaissait pas.

Et ainsi, inévitablement, les Black cessèrent d'être des métamorphomages et devinrent la famille belliqueuse et haineuse que l'on connaissait désormais, prétendant que tout était de la faute des moldus. Ironiquement, c'était le refus de se mélanger à eux qui empêchait la famille Black de retrouver leur métamorphomagie. Tout ce qu'il fallait était un peu de sang neuf, rien de plus. Nymphadora Tonks était donc à l'heure actuelle la seule véritable Black existante à l'heure actuelle, alors qu'elle n'était même pas reconnue par la famille parce qu'à leurs yeux elle était une sang-mêlée.

Et puis il y avait Harry…

Comme je le disais plus tôt, rien n'était jamais simple avec lui. Sa situation était extrêmement complexe et le résultat de la rencontre d'un certain nombre de variables en un même point. Pour commencer, aucun de ses parents n'était un Black. Cependant, la mère de James était née Black. Ainsi, James aurait pu devenir un métamorphomage mais, en raison d'un manque de sang neuf, cette capacité était resté scellée. De plus, n'étant pas lui-même un Black de naissance, la métamorphomagie n'a pas été transmise à Harry. Seule une petite trace de ce potentiel demeurait dans la génétique d'Harry, inutile en soi et si insignifiant qu'il ne serait pas transmis à ses propres enfants.

Mais le potentiel était là, faible mais existant !

Et puis vint l'attaque de Voldemort. Lily se sacrifia pour protéger Harry, bannissant le mage noire et détruisant son corps. La chose intéressante était que le sacrifice de Lily existait sous une forme pseudo-physique. C'était littéralement dans le sang d'Harry. La magie de la mère coulait dans le sang de son fils. Il y avait quelque chose de poétique là-dedans, mais c'était ce que cela impliquait qui était important.

La magie de Lily était dans le sang d'Harry. Or, la métamorphomagie était une magie du corps. Ces deux magies étaient donc étonnamment compatibles. Evidemment, cela ne signifiait pas qu'elles pouvaient s'influencer mutuellement, surtout qu'Harry n'avait que le potentiel pour la métamorphomagie et pas la métamorphomagie elle-même. Cela ne suffisait pas à provoquer une quelconque forme d'interaction entre ces deux formes de magies… Du moins, ç n'aurait pas dû.

Sauf qu'un troisième élément vint s'ajouter au mélange.

Durant la guerre contre Voldemort, Sirius, dernier porteur du nom Black et parrain d'Harry, avait fait de son filleul son héritier. C'était une simple mesure préventive dans le cas où il mourrait au combat. Cependant, cela avait été consigné par écrit sous la forme d'un contrat magique. Autrement dit, la Magie elle-même reconnaissait Harry Potter comme un héritier de la famille Black. Devenu apparenté aux Black par magie, une situation inédite et incroyable se produisit. La magie de Lily présente dans le sang de son fils entra en une sorte de résonnance avec le potentiel métamorphomagique dans le corps d'Harry, l'activant accidentellement en raison de leur forte compatibilité !

La boucle ainsi bouclée, c'était ce qui permettait à Harry de faire repousser ses cheveux. Du moins était-ce ma théorie. Un peu complexe, il fallait bien l'avouer, mais j'en étais très fier. En fait, la théorie sur les Black était l'une de mes préférées… Avec celle sur l'instinct, dont je parlerai une autre fois.

Cela dit, parce que le potentiel métamorphomagique d'Harry avait été activé, cela ne faisait pas de lui un métamorphomage… Et je devrais vraiment arrêter de parler de mon corps comme s'il s'agissait d'une personne différente. Cela faisait maintenant 2 ans que j'étais devenu Harry Potter. Enfin bref… Je ne disposais que d'un minuscule fragment de la capacité d'un véritable métamorphomage et, contrairement à un véritable métamorphomage, ma capacité n'était pas innée. Je ne pouvais pas encore changer mon apparence instinctivement en fonction de mon humeur, il me fallait du temps, de la volonté et de la concentration pour chaque modification. Même alors, j'étais limité dans ce que je pouvais faire. Je ne pouvais pas me transformer en animal, même partiellement, pas plus qu'il ne m'était possible de modifier mon poids, la couleur de mes cheveux ou de ma peau…

Distraitement, je jetais un coup d'œil au miroir en face de moi, fixant mon reflet âgé de trois ans et vit mes cheveux s'allonger de plusieurs centimètres et devenir bouclés.

En revanche, il m'était possible de faire de petites choses. Outre le truc avec mes cheveux, je pouvais aussi rendre mes yeux plus ou moins brillants, ainsi que « sauvegarder » ma musculature. Je ne pouvais pas spontanément me créer du muscle mais ceux que j'obtenais grâce à ma sueur et à mes larmes, je les conservais à vie. Je n'avais pas besoin de les entraîner pour les conserver. Le plus était que, même avec mes faibles capacités métamorphomagique, il m'était possible d'éviter à mon corps de subir un retard de croissance en raison d'une musculation intensive.

Je pouvais également déplacer ou faire disparaître complètement des cicatrices de mon corps, ce dont j'étais en fait assez heureux, même si c'était la chose la plus difficile qu'il m'était possible de faire avec mes maigres compétences. Il me fallait beaucoup de temps et d'efforts même pour les plus petites. Au moins, le changement était permanent à moins que je ne décide du contraire.

Mais surtout, il y avait la raison pour laquelle découvrir que j'avais des capacités métamorphomagique m'avait autant excité. Même n'avoir qu'un faible talent n'était pas important pour moi, tant que j'avais ça. Certes, ne pas pouvoir me transformer en animal était dommage, mais je pourrai toujours devenir un animagus plus tard. Et mon apparence, hormis quelques petites imperfections qu'il m'était heureusement possible d'arranger à ma convenance, me convenait. Non, la vraie chose, le véritable intérêt, était la nature même de la métamorphomagie.

C'était une magie corporelle.

Je l'avais déjà mentionné auparavant, mais je n'avais pas vraiment expliqué la portée de cela. En fait, c'était exactement la raison pour laquelle je disais au début qu'il s'agissait d'un don incroyable dont la portée était sous-estimée de tous. La métamorphomagie était l'art de transformer son corps sans l'usage de potion ou de baguette. Cela voulait dire que la magie du sorcier changeait son corps de l'intérieur. Chaque cellule, jusque dans le moindre recoin de son corps était ainsi inondée de magie lors de la métamorphose. Mais si, à la place d'utiliser ma métamorphomagie pour transformer mon corps, je l'utilisais pour le renforcer ?

Rien que d'y penser, j'en tremblais d'excitation. Les possibilités étaient infinies !

Evidemment, juste parce que je voulais faire de telles choses, cela ne voulait pas dire que j'en serai capable immédiatement. Il allait me falloir beaucoup de temps et d'entrainement. Après tout, il m'avait fallu environ 2 longues années de méditation intensive pour être à peine capable d'utiliser mes capacités métamorphiques de façon superficielle. J'avais encore beaucoup de travail devant moi. De plus, l'occlumancie restait ma principale priorité, même si j'avais déjà fait de gros progrès en la matière.

Heureusement, j'avais déjà formé un plan et cela se résumait en une chose toute simple : les arts martiaux !

Grâce à leur philosophie d'avoir un esprit sain dans un corps sain, les arts martiaux fusionnaient la discipline de l'esprit et la discipline du corps en un unique exercice dont le résultat serait supérieur à la somme de ses parties. Autrement dit, c'était exactement ce dont j'avais besoin pour progresser !

Malheureusement, les Dursley n'accepteraient jamais. J'allais donc devoir les… Convaincre. Et puisque j'étais en pleine formation pour maîtriser l'occlumancie, je pourrais aussi bien consacrer une petite partie de mon temps pour son parfait opposé, la legilimancie. C'était après tout également une discipline mentale et alterner les deux devrait pouvoir m'aider à renforcer ma compréhension sur le fonctionnement de l'esprit et aider à protéger le mien. De toute façon, j'étais probablement un peu jeune pour apprendre les arts martiaux, en tout cas mon corps l'était. Dans quelques années, cela ne serait pas aussi bizarre de voir un enfant se passionner une telle chose.

Même si dans mon cas c'était moins une passion qu'un désir de mettre toutes les chances de mon côté pour survivre à tout ce à quoi je serai confronté ! J'avais bien l'intention de vivre ma vie comme je l'entendais et personne, pas même Voldemort ou Dumbledore, ne pourrait m'en empêcher !

Cela me fit sourire.

Mais pour le moment, plus d'entraînement…


« Eh bien, je dois avouer que je ne m'attendais pas à ça… »

J'étais tellement surpris par ce que je voyais que j'avais parlé à haute voix. Heureusement, il n'y avait personne pour entendre mes paroles, pas que cela aurait eu la moindre importance. Ce n'était pas comme si j'avais dit quelque chose de compromettant. Néanmoins, cela ne changeait pas le fait que ma situation actuelle n'avait définitivement pas été quelque chose que j'avais prévu. Pas que je m'en plaigne, bien au contraire.

C'était une bonne surprise ! Probablement l'une des meilleures que j'aie pu recevoir depuis que j'étais devenu Harry Potter.

Debout dans un lieu totalement inconnu et pourtant incroyablement familier, j'observais du haut de mes 5 ans le paysage autour de moi. C'était… Blanc. Tout. Partout. A perte de vue. Tout n'était que blancheur et pureté. C'était un lieu vierge et immaculé de toute présence vivante. J'étais le premier à le visiter et je pouvais sentir jusque dans mon âme même que j'y étais accueilli sans restriction.

Le contraire aurait été étonnant. Après tout, j'étais dans ma tête.

Eh bien, c'était un résumé un peu barbare de la situation mais c'était essentiellement ça. Naturellement, les puristes et les maîtres de l'esprit nieraient ma déclaration avec tout leur dédain et affirmeraient qu'il s'agissait en réalité de mon paysage mental. Au final, la seule différence était le choix de mots, le mien étant moins pompeux et plus compréhensible pour un néophyte.

Sémantique mise à part, je continuai à observer autour de moi. Ce lieu était étrangement apaisant et confortable. Il n'y avait rien, mais tout était là, il suffisait de le vouloir. Je ne saurais pas vraiment expliquer comment je le savais, mais je le savais. Cette connaissance était juste là, dans ma tête. C'était logique, en quelque sorte, étant donné que j'étais dans ma tête. Etait-ce ce que l'on appelait une logique récursive ? Ou peut-être une logique circulaire ? L'œuf et la poule ?

J'y réfléchissais trop, ce n'était pas si important.

En ce lieu, j'étais à peu près un dieu. Pour le prouver, je levai un bras et fit apparaître un large fauteuil particulièrement rembourré et moelleux. M'y asseyant, je fermai les yeux et pris un instant pour profiter de ce petit moment de confort. Lorsque je les rouvris, ils brillaient. Je le savais parce que j'étais dans ma tête et que je savais tout ce qu'il s'y passait ! Omniprésence divine ! Enfin bref… Je venais de comprendre où je me trouvais. Pas d'un point de vue métaphysique, on a déjà dit que j'étais dans ma tête, mais d'un point de vue narratif. Ce que je voulais dire par là était que ce lieu existait dans les livres. Une scène entière s'y déroulait même !

L'antichambre de la mort. Les limbes. La passerelle entre la vie et la mort. King's Cross. Le lieu de la dernière discussion entre Harry et Dumbledore. Tant de noms différents et tous étaient aussi vrais qu'ils étaient faux. « Bien sûr que ça se passe dans ta tête, Harry, mais pourquoi faudrait-il en conclure que ce n'est pas réel ? » Cela avait été les mots de Dumbledore. Ce n'était que maintenant que je comprenais à quel point il voulait le dire de façon littérale. Toujours aussi cryptique… Je le détestais toujours.

Je ne savais pas comment Dumbledore avait pu apparaître dans le paysage mental d'Harry à ce moment-là, probablement une combinaison d'être frappé par le sortilège de la mort et d'être le possesseur légitime des reliques de la mort, mais le lieu dans lequel je me trouvais était presque exactement comme le décrivait le livre. Et parce qu'il n'y avait pas de Dumbledore en vue, je ne le trouvais que plus appréciable !

M'installant plus confortablement dans mon fauteuil, je décidai de remettre un peu d'ordres dans mes pensées. Pour la première fois, je n'avais plus l'impression de manquer de temps. Ici, le temps était relatif. Une heure dans mon paysage mental pourrait très bien n'être qu'une seconde à l'extérieur. Je pouvais me permettre de me détendre un peu et de ne rien faire pendant quelques instants. Dans le monde réel, j'avais toujours tellement à faire. C'était nécessaire, je n'étais après tout pas en sécurité tant que mes projets n'étaient pas achevés, mais c'était aussi un peu frustrant. J'avais l'impression de ne pas vraiment vivre ma vie.

Malgré ça, j'étais plutôt satisfait de tout le chemin que j'avais parcouru jusqu'à présent.

Mon occlumancie avait plutôt bien progressé en 4 ans de méditation. J'étais désormais capable d'ériger des protections autour de mon esprit. Le tout était encore assez primitif, mais cela devrait être au moins suffisant pour détecter toute tentative d'intrusion. Cela ne me permettait pas protéger mes pensées en cas d'attaque ne serait-ce qu'un peu agressive, mais pour un travail autodidacte, c'était une réussite plus que correcte, surtout que je n'appliquais pas la méthode de Rogue qui consistait à vider son esprit.

De ce que j'avais compris de la legilimancie, cet art consistait à « s'accrocher » par magie aux fragments de pensée volatils à l'intérieur de l'esprit de la cible. Faire le vide était donc une bonne méthode pour un novice, simple et efficace pour apprendre à se défendre contre un envahisseur. Malheureusement, c'était également très difficile à garder actif sur une longue durée et une personne ayant des difficultés de concentration ou pensant constamment à beaucoup de choses différentes en même temps aurait inévitablement du mal à faire le vide dans son esprit. En raison de ma situation, j'étais dans ce dernier cas, faisant toujours des plans et réfléchissant constamment à l'avenir. Tout comme Harry, faire le vide dans mon esprit m'était donc extrêmement difficile. Initialement, j'avais perdu presque 3 mois en efforts infructueux à essayer de vider mon esprit, seulement pour me résigner au fait que cela ne menait à rien.

J'avais donc décidé de créer ma propre méthode, plus adaptée à mes besoins et à ma personnalité. Mélangeant le principe du palais mental, façon Sherlock Holmes, et de la création de murs autour de mon esprit, façon Eragon, j'avais créé quelque un style hybride qui me convenait. Cela ressemblait en fait pas mal à ce que l'on pouvait retrouver dans certaines fanfictions. Les protections autour de mon esprit étaient encore basiques et incomplètes mais je les polissais et les améliorais constamment. Je ne voulais rien de moins que la perfection pour cette compétence en particulier. Heureusement, j'avais encore six ans pour parvenir à mes fins.

Et l'accès à mon paysage mental n'était que ma réussite la plus récente en matière d'occlumancie. Cela m'ouvrait à de nouveaux horizons !

Concernant ma legilimancie, j'avançais… à mon rythme. C'était beaucoup plus compliqué à entraîner pour plusieurs raisons. La première était que même un esprit non-formé pouvait détecter une intrusion particulièrement brouillonne, ce qu'avaient tendance à faire les novices. La deuxième était que la legilimancie était un art de l'esprit, certes, mais aussi un art magique. En ce sens, cela se trouvait dans la même catégorie que le sortilège d'amnésie. Cela voulait donc dire qu'une legilimancie mal effectuée pouvait s'avérer potentiellement dangereux pour l'esprit de la cible, surtout lorsque l'on ne savait pas ce que l'on faisait.

Je ne comptais même plus le nombre d'insectes que j'avais lobotomisés lors de mes entrainements avec ma legilimancie. Même si ce n'étaient que des animaux, cela ne changeait pas le fait que j'avais provoqué d'innombrables morts cérébrales. Encore heureux que j'avais été assez intelligent pour ne pas essayer sur des humains jusqu'à présent. Heureusement, j'avais fait de gros progrès en ce genre d'accidents n'arrivaient plus… La plupart du temps. Il arrivait malheureusement encore qu'un petit dérapage se produise lorsque je testais ma legilimencie sur une nouvelle espèce animale, mais c'était de moins en moins fréquent. Cela prouvait bien que je m'améliorais, mais les essais sur des humains n'étaient pas encore pour tout de suite…

Soupirant, j'observai distraitement les alentours et clignai des yeux. Quelque chose avait changé dans mon paysage mental. Non, ça avait toujours été là, je ne l'avais simplement pas remarqué, comme un bruit de fond dont j'étais tellement habitué que je ne le remarquais même plus jusqu'à ce que je me focalise dessus par hasard. Regardant autour de moi, les sourcils froncés, j'essayai de comprendre quelle évidence m'avait échappé jusqu'à présent.

… Là ! Et là ! Et là aussi !

Partout !

C'était si brillant ! Si beau ! Si évident ! Comment avais-je pu ne pas le remarquer ? Où que je pose mon regard, maintenant que j'en avais finalement pris conscience, je ne voyais plus que ça. C'était une fine brume, composée de particules d'or, qui flottait paresseusement au-dessus du sol. Un sentiment s'en dégageait mais je n'arrivais pas à déterminer de quoi il s'agissait, juste que c'était agréable… Et légèrement malaisant. Ce n'était pas censé l'être, j'en avais la certitude, mais c'était pourtant le cas. Pour moi au moins, ça l'était.

Me levant de mon fauteuil, je fis quelques pas et me mis à genoux, caressant la brume dorée au ras du sol. Il n'y avait pas de sensation physique, pas même de sensation d'humidité, mais la brume dorée sembla se condenser autour de ma main et de mes doigts. Le sentiment agréable s'intensifia, tout comme le malaise que je ressentais. Maintenant, cependant, je savais pourquoi je le ressentais.

Cette brume dorée, c'était la magie de Lily Potter ! C'était ainsi qu'elle se manifestait dans mon paysage mental. C'était beau, non, c'était magnifique. Tant d'amour… Si pur… Si sincère… Si inconditionnel… Si écœurant !

Cette magie était la cristallisation de l'amour et du sacrifice de Lily Potter pour son fils. Le problème était je n'étais pas Harry. J'habitais son corps, certes, mais c'était tout. Mon âme, mes expériences, toute mon existence… Je n'avais absolument rien en commun avec Harry Potter. Et pourtant, malgré cela, la magie de Lily Potter agissait envers moi comme elle agirait envers son fils. Elle ne faisait tout simplement pas la différence.

Et c'était ça qui m'écœurait. La magie de Lily Potter était capable de faire la distinction entre l'âme de Voldemort de l'âme d'Harry et était même capable de contremesures pour protéger son fils du le mage noir. Elle aurait dû avoir remarqué que ma propre âme était différente de celle de son fils, mais ça n'avait pas été le cas. Seule une magie immensément plus puissante qu'une magie sacrificielle aurait pu ainsi induire en erreur l'amour d'une mère…

Tout était de la faute de la prophétie !

Luttant pour ignorer le dégoût de soi qui m'avait envahi, je cherchai désespérément quelque chose pour me distraire. Comme en réaction à mes désirs, logique lorsque l'on prenait en compte les propriétés du paysage mental, la brume dorée se mit à onduler légèrement, comme poussée par un vent inexistant. Suivant le mouvement du regard, il ne me fallut pas longtemps pour comprendre que la brume me montrait une direction. Lentement, presque à contrecœur, je me rendis là où la magie de Lily voulait me mener. Instinctivement, je savais que c'était quelque part dans le lointain, à une distance considérable. Si l'horizon existait dans cet endroit, ce serait au-delà.

Heureusement, le temps et l'espace étaient relatifs dans mon paysage mental, me rendre sur place ne prit ainsi pas plus de quelques secondes.

Arrivant sur place, je remarquai immédiatement quelque chose d'étrange. La magie de Lily y était beaucoup plus dense. Alors que partout ailleurs dans mon paysage mental la brume dorée était fine au point qu'il était facile de voir au travers, ce n'était pas le cas ici. Au contraire, j'avais l'impression de faire face à un épais brouillard, rendant le sol en dessous complètement invisible. Si cela n'avait pas été pour son immatérialité, je l'aurais probablement pris avec une rivière d'or liquide.

Consciente ma présence, la magie de Lily, particulièrement dense ici, commença à s'agglutiner sur moi, rampant le long de mes pieds puis de mes jambes, remontant le long de mon corps jusqu'à me recouvrir complètement dans une douce et chaude étreinte. Au-delà de mon dégoût pour moi-même pour être la cible de l'affection d'une mère persuadée que j'étais son fils alors que celui-ci était mort depuis longtemps et qu'une stupide prophétie m'avait fait prendre sa place, je ne pouvais que ressentir de la pitié pour Lily Potter. Elle avait sacrifié tellement pour qu'Harry puisse lui survivre…

Et puis Dumbledore était passé par là, réussissant à faire ce dont Voldemort avait toujours été incapable : tuer Harry Potter. Il ne l'avait même pas fait exprès… Probablement. C'était d'autant plus absurde et cela ne faisait que rendre le sacrifice de Lily d'autant plus dépourvu de sens. Et pourtant, même après sa mort, sa magie continuait à protéger ce qu'elle pensait être son fils alors qu'il ne s'agissait en réalité que d'un inconnu.

Tout ça parce qu'un vieillard gâteux qui pensait tout savoir mieux que tout le monde avait voulu prendre les choses en main !

Secouant la tête pour chasser ces pensées, je me reconcentrai sur l'instant présent. La magie de Lily, semblant avoir détecté mon malaise, avait commencé à se rétracter. Je pouvais sentir la tristesse et timide espoir émaner de la brume dorée, comme si elle ne demandait qu'à être acceptée et à continuer de me protéger. Ces émotions étaient si fortes que cela faillit m'écraser. Je titubai pendant un instant avant de reprendre le contrôle, le choc de l'instant passé.

Ignorant de mon mieux la brume dorée face à laquelle je ne savais comment réagir, je me focalisai sur mon environnement. Pourquoi la magie de Lily était-elle si dense ici de tous les endroits ? J'aurai compris qu'une telle concentration de la magie de Lily soit en ma présence. Cela m'aurait déplu mais cela aurait été logique dans le contexte. Puisque ce n'était pas le cas, cela voulait dire qu'il y avait autre chose, quelque chose de prioritaire à être juste en ma présence.

Et puisque la magie de Lily avait pour principale raison d'être de protéger son fils…

Plissant les yeux, je commençai à distinguer une légère ondulation dans l'air, au-dessus de l'endroit où la brume dorée était à son plus dense. C'était subtil, à peine visible, mais rien ne pouvait échapper à mes sens dans mon paysage mental si je cherchais spécifiquement quelque chose. La magie de Lily semblait réagir à cette ondulation, presque plus qu'à ma propre présence. C'était toute la confirmation dont j'avais besoin pour savoir à quoi j'étais actuellement confronté.

Ma certitude fut confirmée au moment où j'agitai une main en direction de l'ondulation et que celle-ci sembla s'ouvrir, révélant qu'il s'agissait d'une sorte de minuscule dimension de poche dans laquelle se trouvait un bébé laid et légèrement repoussant avec un visage très familier. Même la magie de Lily se mit à réagir à cette présence, ne faisant que prouver davantage ce dont je n'avais déjà aucun doute.

Le fragment d'âme de Voldemort était à l'intérieur de cette ondulation !

Je m'étais toujours demandé pourquoi le fragment d'âme de Voldemort était représenté sous la forme d'un bébé dans le paysage mental d'Harry. Cela n'avait jamais eu véritablement de sens, surtout lorsque l'on prenait en compte le journal de Jedusor qui contenait également un fragment de l'âme de Voldemort et dont l'apparence correspondait à celle possédée au moment où l'horcruxe en question avait été créé. Cela ne correspondait pas dans le cas du fragment d'âme dans la cicatrice d'Harry, c'était même le contraire.

J'avais deux théories à ce sujet. Dans la première, on prenait en compte le fait qu'Harry était devenu un horcruxe involontaire. Ce fragment d'âme n'ayant pas reçu d'enchantements protecteurs comme pour les autres, son apparence s'était contentée de calquer l'âge de son hôte actuel, un Harry de 15 mois, au moment de son implantation accidentelle. Cela expliquerait pourquoi il apparaissait comme un bébé plutôt que comme un adulte mais pourquoi il conservait les traits faciaux de son lui adulte.

Dans la deuxième théorie, ce fragment d'âme représentait en réalité le peu de gentillesse et d'innocence que Voldemort avait possédé. Or, il n'y avait rien de plus innocent qu'un bébé, d'où cette apparence. Au moment où Voldemort avait été vaincu par la magie sacrificielle de Lily, il n'était plus qu'une masse de haine, de rage et de douleur sans forme physique. S'enfuyant, il ne remarqua jamais qu'un fragment de lui était resté derrière, le peu de bon qui restait en lui, et qui s'attacha à Harry non pas parce qu'il était la seule autre forme de vie présente sur les lieux mais parce qu'il représentait une innocence beaucoup plus pure et attirante.

Naturellement, cette innocence était tordue et corrompue par la cruauté et la haine de Voldemort, raison pour laquelle ce bébé était aussi laid et repoussant.

Cela semblait particulièrement évident lorsque l'on comparait le Voldemort d'avant sa mort au Voldemort d'après sa résurrection. Avant sa mort, Voldemort avait fait face à Lily et était prêt à l'épargner. C'était cruel parce qu'il comptait le fils et c'était intéressé parce qu'il avait promis à Rogue d'épargner la mère. Mais malgré ça, il y avait eu une certaine forme de gentillesse tordue et pervertie dans cet acte. Lily avait été désarmée et sans défense, il aurait pu facilement la tuer et s'en prendre à Harry, ce qu'il fit par la suite, mais il commença par négocier. Il était prêt à épargner Lily, lui donnant plusieurs chances de s'écarter, alors qu'elle était une ennemie et une née-moldu, deux raisons dont chacune était plus que suffisante pour qu'il la tue. Pourtant, il ne l'aurait pas fait si elle s'était écartée et qu'il avait tué Harry sans encombre.

Après la résurrection de Voldemort cet aspect de lui avait complètement disparu, devenant plus cruel, sadique et colérique que jamais. C'était parce que le fragment d'âme qu'il avait perdu représentait le peu d'innocence qu'il lui avait resté, la partie de lui qui avait tempéré quelque peu la partie plus sombre de Voldemort. Parallèlement, Harry se retrouvait donc avait un excédent de gentillesse et d'innocence dans sa personnalité, quoique tordu et déformé, ce qui pourrait en partie expliquer son complexe de héros et son côté souvent légèrement irrationnel pour venir en aide aux autres.

Et au regard de la situation actuelle, il semblerait qu'au moins la deuxième théorie soit la bonne. Cela ne voulait pas dire que la première ne l'était pas. Après tout, bien qu'indépendantes l'une de l'autre, ces deux théories n'étaient pas nécessairement incompatibles. Personnellement, j'avais toujours privilégié la deuxième théorie. Pour le coup, savoir que j'avais raison, au moins dans les grandes lignes, ne me réjouissait pas.

Je pourrais éliminer ce fragment d'âme. Ce ne serait même pas difficile. Le détruire dans ce paysage mental revenait à le tuer puisqu'il était sans corps physique. Le problème était que ce fragment d'âme était essentiellement l'innocence de Voldemort, sauf qu'il ne lui était plus lié autrement que par un lien spirituel extrêmement faible et ténu. Autrement dit, contrairement aux autres horcruxes, ce fragment d'âme était pratiquement une existence à part.

Détruire ce fragment d'âme revenait donc essentiellement à tuer un innocent.

C'était… Honnêtement, je n'avais pas pensé à ça. Je m'étais toujours dis que dès que j'aurais trouvé un moyen de me débarrasserai du fragment d'âme de Voldemort, je m'en débarrasserai. J'éliminerai ainsi les risques éventuels les risques de l'horcruxes créant une brèche involontaire dans mes défenses mentales. Je n'avais pas anticipé le fait que cela me mettrait au même niveau que mon ennemi. Parce que oui, détruire ce fragment n'était pas différent que d'agir de la même manière que Voldemort lui-même. Tuer des innocents pour arriver à ses fins était quelque chose qu'il faisait, pas moi.

Me retrouvant ainsi confronté face à la seule partie de Voldemort que l'on pourrait qualifier d'innocente, je ne savais tout simplement pas quoi faire. J'étais en présence du fragment d'âme qui avait sérieusement envisagé d'épargner Lily Potter et l'aurait fait si les circonstances l'avaient permis. Détruire ce fragment d'âme revenait à dire que Voldemort aurait dû tuer Lily sans se poser de question. C'était grâce à ce fragment que Lily avait pu utiliser avec succès sa magie sacrificielle. Peut-être même était-ce pour cette raison qu'elle avait permis sa présence dans la cicatrice d'Harry. Une dette pour une dette.

Je… Je ne pouvais pas simplement m'en débarrasser.

Perdu dans mes pensées, grimaçant, il me fallut plusieurs minutes pour me rendre compte que la brume dorée autour de moi avait commencé à se comporter étrangement. La magie de Lily était désormais beaucoup plus dense, presque liquide dans sa nature. Je pouvais même voir quelques vagues se déplacer à sa surface malgré l'absence de vent. Non, pas des vagues, des ondes. Il s'agissait d'ondes circulaires se déplaçant vers l'endroit où se trouvait la dimension de poche abritant le fragment d'âme de Voldemort.

Fronçant les sourcils, j'observai le phénomène se dérouler. La magie de Lily essayait clairement de faire quelque chose, probablement atteindre le fragment d'âme de Voldemort, mais en était incapable. L'entrée de la dimension de poche était tout simplement hors d'atteinte. Après tout, le fragment d'âme n'était pas réellement dans ma tête mais plutôt dans ma cicatrice sur mon front. En ce sens, c'était connecté à ma tête, et donc à mon paysage mental, mais c'était tout. On pourrait presque dire que ma cicatrice n'était pas vraiment une partie de moi mais plutôt un élément extérieur qui avait été rajouté dans la tentative ratée de Voldemort de tuer Harry. C'était pour cette raison que le fragment d'âme était hors de portée de la magie de Lily

… Cela dit, cela pourrait bien résoudre mon dilemme.

Comme je le disais plus tôt, je ne pouvais pas détruire ce fragment d'âme. Cela ferait de moi une personne aussi mauvaise que Voldemort, ce que je ne voulais pas. Lily, cependant… Si quelqu'un pouvait prendre la décision de quoi faire avec ce fragment d'âme, ce serait elle. Ou plutôt, sa magie. Encore une fois, une dette pour une dette. Et de cette façon, je me débarrassais du problème. Je ne savais pas pourquoi la magie de Lily voulait absolument atteindre ce fragment d'âme et honnêtement je m'en fichais. Tant que j'en étais débarrassé, cela me convenait.

Prudemment, j'agitai une main en direction du fragment d'âme. Son apparence de bébé se dissipa, ne laissant qu'un minuscule orbe qui brillait d'un éclat terne. L'attrapant avec précaution, je l'observai. C'était plus fort que moi, une curiosité légèrement morbide m'envahissant. Cela ressemblait à un minuscule orbe, plus petit qu'une bille. D'un blanc argenté, sa surface était fracturée en de multiples endroits d'où suintait une substance noire et poisseuse.

Voilà donc à quoi ressemblait un fragment d'âme de Voldemort… Et dire que c'était censé être le fragment le plus sain !

Hésitant un instant, je fis finalement basculer ma main. J'observai sans ciller le minuscule orbe tomber lentement avant d'être finalement immergé dans la magie de Lily telle une goutte de pluie sur la surface d'un lac. Pendant un instant, rien ne se passa. Une seconde passa, puis deux. Toujours rien. Même le silence en était assourdissant. Alors que je commençais à penser que rien de visible ne se produirait, s'il se produisait quelque chose, cela arriva. La brume dorée se mit à briller, de plus en plus intensément, tandis que sa surface se mit à bouillir.

Et puis l'enfer se déchaina !


Et voilà, c'est tout pour cette fois.

J'espère que cela vous aura plu.

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