Me revoilà une fois de plus avec cette charmante histoire !

Vu l'heure, et comme je suis un peu en retard, je ne vais pas m'étendre sur un long monologue sans intérêt et vais plutôt vous laisser profiter de ce chapitre.

Bonne lecture !


Chapitre 3 : Mon enfance, deuxième partie !

Ma gorge était douloureuse, horriblement. Mes poumons brulaient. Ma respiration, difficile et irrégulière, produisait un bruit sifflant à chaque inspiration et expiration. Mon corps, rougi par l'effort, dégoulinait de sueur. De grosses gouttes de transpiration étaient projetées à chacun de mes mouvements, brusques, et éclaboussaient le sol autour de moi. Mes muscles tremblaient visiblement, à la limite de la tétanie. Je tenais à peine debout, ne tenant sur mes deux jambes que par la seule force de ma volonté. « Epuisé » ne suffisait plus à décrire l'état dans lequel je me trouvais actuellement. J'avais atteint et repoussé mes limites depuis longtemps déjà.

Ce n'était que grâce à la magie en moi, qui continuait à m'alimenter en énergie, que je pouvais continuer à me mouvoir avec la même force, la même intensité et la même stabilité qu'à mon début. Même ainsi, je pouvais sentir que la fin était proche. Mon corps n'en pouvait tout simplement plus. Ce n'était qu'une simple question de temps. Pourtant, je continuais à repousser l'inéluctable, forçant mon organisme à continuer malgré tout.

Finalement, ce qui devait arriver arriva. Glissant sur le sol trempé de ma propre sueur, je m'effondrai brutalement sur le dos. Je restai là, sans bouger ou plutôt incapable de bouger. Mes limites m'avaient finalement rattrapé alors que mes dernières forces m'avaient abandonné. Tout ce qu'il m'était possible de faire désormais était de reprendre mon souffle, quelque chose d'horriblement plus facile à dire qu'à faire. C'était pratiquement une torture. Je ne pouvais pas vraiment m'en plaindre, cependant. Je l'avais demandé, après tout.

« Je suppose que cela conclut cette séance d'entrainement. » Remarqua une voix féminine, aussi amusée qu'exaspérée, dans mon esprit.

« Pour l'instant seulement. » Nuançai-je, les yeux rivés sur le plafond. C'était la seule chose visible dans mon champ de vision et j'étais trop épuisé pour même tourner la tête.

« Un jour, tu finiras par aller trop loin et te tuer à la tâche, littéralement. »

« Je sais ce que je fais, Calla. »

« Clairement… »

Je me contentai de soupirer mentalement à cet échange devenu récurrent ces derniers temps. Tout avait commencé quand j'avais commencé à m'entraîner, deux mois plus tôt Après plusieurs années de préparations, dont une intense préparation mentale, j'étais parvenu à convaincre Vernon Dursley de m'inscrire à divers cours d'arts martiaux. En clair, j'avais usé d'un mélange de legilimancie et de confusion pour lui faire croire ce que je voulais. Il était maintenant persuadé que pratiquer les arts martiaux m'empêcherait d'avoir des crises de bizarrerie, comme il les appelait. Un esprit sain dans un corps sain, et tout ça…

En un sens, il n'avait pas tort, mais pas pour les bonnes raisons.

Grossièrement, et de manière assez philosophique, les arts martiaux permettraient d'harmoniser et de manipuler le chi, ou énergie interne. Cela générerait ainsi de nombreux bienfaits au corps aussi bien qu'à l'esprit et pourrait permettre à l'utilisateur de produire des actes considérés comme miraculeux pour des non-initiés, tels que… C'était de la magie ! C'était tout ce qu'il y avait besoin de comprendre à ce sujet. Entrer dans les détails serait aussi pénible qu'inutile.

Donc : Chi = Magie !

Cette théorie s'était très vite confirmée après que j'aie commencé à pratiquer les arts martiaux. Je pouvais sentir ma magie devenir plus fluide, plus facile à manipuler. Les limites imposées par le fait de n'avoir que quelques caractéristiques superficielles d'un métamorphomage avaient été contournées. Cela aurait été un raccourci utile, un métamorphomage ayant la capacité innée de manipuler sa magie dans son corps, mais pas une nécessité en soi. De plus, comme un muscle, ma magie se renforçait et se densifiait à mesure que je l'utilisais, la rendant progressivement plus puissante et me permettant de repousser encore plus mes limites.

Et pour la petite anecdote amusante, le chi était ce qui avait inspiré la Force dans Star Wars. En d'autres termes, j'étais devenu un putain de jedi ! Il ne m'avait pas fallu longtemps pour tenter de reproduire certains de ces pouvoirs, avec de bons résultats. Ce n'était pas un succès total, probablement parce que j'avais de meilleures affinités dans certains domaines que dans d'autres, mais c'était définitivement un succès. En y réfléchissant, c'était logique, de nombreux parallèles pouvaient être faits entre l'univers de Star Wars et l'univers d'Harry Potter. Attraction, répulsion, lévitation, divination, télépathie… Sans parler des foutues prophéties ! Les exemples ne manquaient pas. Et si ces pouvoirs étaient les mêmes, ou au moins similaires, alors pourquoi pas les autres ?

Ce que j'avais fait à Vernon, que je refusais de considérer comme l'oncle qu'il n'était certainement pas à mes yeux, était donc l'équivalant magique de la Persuasion de Force. Ce ne sont pas ces droïdes que vous recherchez et que la force soit avec toi, motherfucker ! Celle-là était pour toi, mon cher Samuel L. Jackson. C'était actuellement l'année 1987, ta première apparition dans la prélogie ne se produirai donc pas avant encore 12 ans, mais tu avais tout mon soutien. Puisque les trois premiers films existaient dans cet univers, il n'y avait aucune raison pour que ce ne soit pas également le cas de la prélogie. J'espérais juste être encore vivant à ce moment-là pour les voir… Non, je serai définitivement encore là pour les voir au cinéma !

Enfin bref…

Ainsi donc, j'avais commencé à pratiquer le tai-chi, le jiu jitsu, l'aïkido, le muay thaï et même du kendo, respectivement le lundi, le mardi, le mercredi, le jeudi et le vendredi, soit cinq jours par semaine à raison de deux heures par jour. Et le week-end, comme aujourd'hui par exemple, je me faisais souvent un petit entrainement supplémentaire en solitaire de plusieurs heures pour l'un de ces arts martiaux, que j'alternais chaque semaine. Durant ces séances, j'avais pris l'habitude de porter des poids aux bras et aux pieds pour me rendre la tâche encore plus difficile.

Cela pourrait sembler dangereux, voire suicidaire, de faire ce que je faisais, et ça l'était. Repousser ses limites était une chose, les ignorer et continuer même quand ton corps te dit qu'il faut s'arrêter, en était une autre. Les conséquences pourraient s'avérer catastrophiques, sans parler des séquelles ! Heureusement, ce problème ne me concernait pas parce que je trichais. Après tout, il y avait une raison pour laquelle je répétais que les métamorphomages avaient un don extraordinaire. Même moi, donc la capacité était superficielle au mieux, pouvait faire des choses incroyables.

Réparer instantanément des os brisés et des muscles déchirés était faisable pour moi. Cela ne me demandait qu'un peu de magie et de la concentration. Beaucoup de concentration, certes, mais certains pourraient être surpris de la motivation que l'on pouvait se trouver pour ne plus avoir à souffrir… Enfin bref, tout cela était possible parce que cela entrait dans les limites de mes capacités métamorphomagiques. Tant que cela ne changeait pas ma masse corporelle et que cela respectait les quelques autres restrictions de ma capacité, je pouvais faire à peu près ce que je voulais à mon organisme.

Grâce à cette petite astuce, j'avais en outre été capable de graver mes arts martiaux dans ma mémoire musculaire, me permettant leur apprentissage beaucoup plus rapidement. Mes enseignants m'appelaient régulièrement un prodige, mon professeur d'aïkido envisageait même de me proposer un séminaire dans quelques années, lorsque je serai plus âgé et mature, pour visiter la Chine et approfondir mes connaissances. C'était si je poursuivais dans cette voie par la suite. A méditer…

Cela ne changeait cependant pas le fait que ma formation auto-imposée pouvait ressembler à un acte de folie autodestructrice pour un œil extérieur. Même Calla, qui était littéralement dans ma tête, restait mitigée à ce propos. Et justement, parlant de Calla…

Calla était une anomalie, une singularité, une divergence… Je ne voulais pas utiliser le terme « bizarrerie » pour des raisons évidentes, mais le fait demeurait qu'elle n'était pas censée exister. Son apparition, aussi soudaine que spontanée, était en grande partie le résultat de mes actions. Eh bien, peut-être pas exactement mais ma présence au moins en était responsable. Après tout, j'avais provoqué les circonstances qui avaient provoqué sa conception, quelque chose qu'Harry Potter n'avait jamais fait dans le canon et n'aurait probablement jamais fait si la possibilité lui avait été donnée.

En effet, Calla était née d'une étrange fusion entre le fragment d'âme fracturé contenant l'innocence déformée de Voldemort et la magie chargée de l'amour et de la volonté de Lily Potter. Allégoriquement, elle était donc la fille de Tom Jedusor et de la mère d'Harry. Cependant, Calla refusait d'être considérée comme tel, se revendiquant plutôt comme l'héritière spirituelle de la volonté de Lily bien qu'elle portât avec fierté le nom de son donneur d'âme.

Calla Victoire Jedusor, c'était son nom complet, celui qu'elle avait choisi de porter avec tout ce que cela impliquait. Son nom de famille, Jedusor, provenait évidemment de Voldemort, un nom que lui avait voulu enterrer mais qu'elle, par contraste, le portait avec fierté. Son deuxième prénom, Victoire, était à la fois une représentation de la fascination morbide de Voldemort pour la langue française et de sa rage de vaincre. Cela pourrait également être une subtile référence à ma vie antérieure, durant laquelle j'avais été un jeune homme français. Ou peut-être que j'interprétais trop les choses. Son premier prénom, Calla, était peut-être le plus chargé en symbolique et en intention. Calla était le nom d'une fleur, ce qui suivait donc la tradition de la famille Evans à nommer leurs filles d'après des fleurs, un peu comme la famille Black avec les étoiles et les constellations. Mais c'était la fleur en elle-même qui était importante.

Aussi appelée arum, le nom complet de la calla était calla lily. Difficile de faire plus fort comme symbolique. En choisissant de s'appeler Calla, elle indiquait clairement qu'elle était porteuse de la volonté de Lily mais qu'elle n'était pas Lily. Bien qu'elle poursuive la volonté de Lily par-delà la mort de celle-ci, elle n'était pas une simple extension de sa volonté, elle était sa propre personne. Lily, ou du moins sa magie, était une partie de Calla, mais Calla n'était pas une nouvelle Lily. Et c'était très bien comme ça. Je préférais ne pas imaginer nos réactions, et surtout notre relation, si Lily avait ressuscité ou si son âme s'était incarnée dans mon paysage mental. Malgré tout mon respect envers elle, et j'en avais beaucoup, je n'étais pas son fils et elle n'était pas ma mère. Biologiquement, c'était peut-être le cas, mais c'était tout. J'avais déjà une mère, ou du moins j'en avais eu une dans ma vie antérieure, et ce n'était pas elle.

C'était triste, mais c'était ainsi. Toute mon empathie pour Lily ne changerait pas ce fait.

Donc oui, Calla était sa propre personne, au moins dans l'esprit et dans l'âme. Elle n'avait peut-être pas de corps physique, n'existant actuellement que dans mon paysage mental, mais elle était une entité pensante et consciente, capable de réfléchir, d'apprendre et d'évoluer. Une autre preuve de ce fait était que Calla n'était plus lié non plus au reste de l'âme de Voldemort, ayant ainsi gagné son indépendance vis-à-vis de son « original ». Tout comme pour Lily, Calla n'était pas une copie de Voldemort, ou même juste de Tom Jedusor comme l'était le journal de Jedusor. Elle possédait certaines des connaissances magiques de Voldemort, mais très peu des souvenirs du mage noir et, même alors, ceux-ci étaient flous et fragmentés. Ainsi, sa personnalité, à part pour quelques traits très spécifiques, n'était en rien similaire à Voldemort. On ne pouvait donc pas non plus parler d'elle comme d'une simple version féminine de Voldemort.

Compte tenu de cela, certains pourraient penser qu'elle risquait de devenir une menace pour moi. Evidemment, ce n'était pas quelque chose que j'avais ignoré. En fait, paranoïaque comme je l'étais depuis que j'étais devenu Harry Potter, j'avais porté une attention particulière à ce genre de possibilité. Risquer de se faire posséder, un peu comme Harry l'avait été par Voldemort dans le tome 5 durant la bataille au département des mystères, n'était pas quelque chose que je souhaitais qu'il m'arrive. Cependant, malgré toute ma méfiance envers Calla depuis sa « naissance » dans mon paysage mental, j'en étais venu à la conclusion aussi rassurante qu'étonnante qu'elle n'était pas une menace pour moi. Je ne voulais pas dire par là qu'elle était inoffensive, elle ne l'était définitivement pas, mais qu'elle ne me ferait jamais de mal volontairement ou intentionnellement.

Pour le dire simplement, Calla m'aimait.

Dans les faits, Calla avait hérité de la magie de Lily un amour total, sincère et absolu pour moi. De Voldemort, elle avait également hérité l'obsession du mage noir à mon encontre. Ces deux aspects avaient fusionné ensemble pour en faire une forme d'amour aussi étrange que déformé. Ce n'était pas l'amour d'une mère, ce n'était pas fraternel ou platonique. Pourtant, dans un sens, c'était tout aussi pur. Elle m'aimait de tout son être, de toute son âme, sans condition ni restriction. Au-delà de la morale, au-delà de l'éthique, elle ne vivait que pour moi, que pour mon plaisir. C'était à quel point Calla m'aimait. C'en était presque… Religieux.

Là où Lily était morte pour Harry, Calla tuerait pour moi, et elle le ferait avec le sourire le plus sincère qui soit. En un sens, elle était ma propre Bellatrix Lestrange… C'était aussi elle qui m'avait appris le sortilège de confusion et elle avait été plus qu'heureuse de le faire.

Et si l'on mettait de côté toute l'ambiguïté d'une telle chose, je devais bien avouer qu'il y avait quelque chose d'un peu addictif dans le fait d'être aimé d'une telle façon, surtout après avoir vécu pendant six ans avec une famille comme les Dursley. C'était un sentiment grisant de pouvoir et de puissance. Je n'étais cependant pas tombé dans le piège, je ne m'étais pas laissé enivrer par la situation. Là où presque n'importe quel sorcier auraient succombé à la tentation de reproduire ce phénomène à d'autres ou seraient devenus complaisants et négligeant face à une telle attention, stagnant voire régressant dans le processus, je n'avais jamais oublié mon objectif : survivre à tous les défis et à toutes les menaces de ce monde.

… Comment étais-je sûr que Calla m'aimait vraiment ? Pourquoi ne doutais-je pas davantage de sa fidélité ? C'était très simple, vraiment. Elle n'avait tout simplement pas de secret pour moi. Et je voulais dire, littéralement. Son esprit, dans mon paysage mental, était dépourvu de la moindre interférence. Il n'y avait pas d'obstacle, pas de zone d'ombre. Tout était clair et limpide. Elle me laissait un libre accès à tout son être, s'offrant à moi avec une joie et un désir qu'il fallait voir pour y croire. Et ce que j'avais vu en elle était la preuve qu'elle ne me trahirait jamais. Elle ne voulait rien d'autre que mon bien et mon bonheur. A ses yeux, elle était à moi de faire ce que je voulais d'elle.

Calla m'était absolument et totalement fidèle. Cela ne voulait pas dire qu'elle acceptait tout ce que je faisais et ne remettait pas mes actions en question. Au contraire, elle remettait en question chacun de mes choix qu'elle jugeait comme potentiellement dangereux pour moi ou ma santé, comme mes séances de formation infernales. Elle ne m'empêcherait pas de les faire si je le voulais vraiment, mais elle faisait en sorte de s'assurer que je comprenais bien les risques et les dangers qui y étaient liés. C'était sa façon de me montrer qu'elle se souciait de moi.

Heureusement d'ailleurs, car sa présence avait révélé une faille imprévue dans mes défenses mentales. Après toutes ces années, je pouvais en toute objectivité affirmer que mon esprit était bien protégé. Blindé à tel point que l'on pouvait presque me qualifier de maître occlumens, du moins d'après les quelques fragments de souvenirs de Voldemort que Calla possédait encore, je pouvais probablement arrêter la plupart des intrusions conventionnelles. Pas toutes, cependant, et c'était bien cela le problème. Pire, une fois dans mon esprit, n'importe qui pouvait avoir accès à ma mémoire et à mes secrets. C'était quelque chose que Calla avait accidentellement fait une fois. Sans le vouloir, à cause de ma propre inattention, elle avait vu certains de mes souvenirs, pas beaucoup, mais assez pour savoir que je n'étais pas le Harry Potter d'origine.

Ironiquement, plutôt que briser sa fidélité et son amour à mon égard, cela n'avait fait que les renforcer. Si cet amour à mon égard lui avait été imposé à l'origine, cela avait été le choix de Calla de continuer à m'aimer après avoir découvert que je n'étais pas celui qu'elle avait été « programmée » à aimer. Se faisant, elle était véritablement devenue plus que la somme de ses parties. Et de mon côté, je ne pouvais qu'apprécier d'avoir enfin quelqu'un à qui parler. Même si je n'avais jamais été une personne très sociable dans ma vie antérieure, une solitude de plusieurs années, surtout à devoir protéger des secrets à tout prix, était pesante et stressante. La présence de Calla s'était donc avérée être un bienfait.

Pour en revenir à la sécurité de mon esprit, cet événement m'avait forcé à repenser entièrement les barrières entourant mon paysage mental. Il fallait que même après avoir pénétré mon esprit, l'accès à mes souvenirs et au reste soit impossible. Mais comment faire ? J'avais longuement réfléchi à la question et avait finalement trouvé une réponse. Mes défenses actuelles étaient bonnes, mais trop rigides et passives face à une éventuelle menace. Je devais aller plus loin, rendre mes protections plus performantes !

Et je savais exactement comment faire ça…

Si l'on comparait l'esprit humain à un ordinateur, alors les protections mentales étaient l'équivalant d'un pare-feu, empêchant les intrusions et les contaminations venant de l'extérieur. Mais ce n'était pas la seule chose qu'un ordinateur utilisait en matière de protection des données. Et c'était ce que je voulais que mon esprit ait. J'avais donc décidé de créer un système de sécurité semi-autonome, l'équivalant d'un antivirus, et même de rendre mon esprit incompréhensible et ininterprétable pour un intrus, soit un cryptage.

Mieux, je me basais sur des données informatiques pour créer mes défenses mentales ! Ainsi, impossible de décrypter mon esprit sans avoir de bonnes connaissances en informatique, ce que le monde sorcier n'avait tout simplement pas et était trop arrogant pour même envisager d'apprendre, la magie et la technologie étant incompatibles, ou d'autres stupidités du même genre… Mais je reviendrai sur le sujet une autre fois. Pour eux, ce serait donc l'équivalant d'une langue extraterrestre. Calla m'avait confirmé cela. Moi-même n'étais capable d'une telle chose parce que justement je possédais ces connaissances de ma vie antérieure. Je n'étais pas un programmateur, pas même proche, mais j'en savais assez pour faire de petites choses. Il ne me restait donc plus qu'à transposer cela dans la réalité de mon esprit.

C'était encore un travail en cours, mais cela fonctionnait. Calla m'avait informé que plusieurs parties de mon esprit lui étaient désormais incompréhensibles. J'avais bon espoir que mes nouvelles défenses mentales soient opérationnelles pour les 11 ans de ce corps… Mes 11 ans… Soit dans 4 ans seulement. Il fallait seulement que je fasse un peu plus de méditation. Et justement en parlant de méditation…

Soupirant, je me redressai. Mon corps était toujours épuisé de ma séance d'entrainement de l'enfer mais il s'était au moins suffisamment remis pour que je puisse m'asseoir sans trop de difficulté. M'installant dans une position plus confortable, je fermai les yeux et commençai à méditer.

Durant les six années que j'avais vécues dans ce monde en tant qu'Harry Potter, je n'avais jamais cessé de méditer. Pas un seul jour ne s'était écoulé, depuis que j'avais pris la décision de me former, sans que je ne médite au moins pendant deux heures. Durant mes premières années, j'avais même poussé cette durée à presque douze heures par jour, n'ayant littéralement rien d'autre à faire. Même après la « naissance » de Calla, deux ans plus tôt, je n'avais jamais cessé mes séances de méditation, les adaptant seulement à la situation nouvelle. Et même après avoir commencé à pratiquer les arts martiaux, deux mois plus tôt, je n'avais pas cessé malgré l'immense investissement de temps que représentait leur pratique.

En fait, grâce aux arts martiaux, j'avais pu franchir une toute nouvelle étape dans les aspects de la méditation. Dans Star Wars, c'était une technique nommée méditation en mouvement et c'était exactement ce que son nom supposait. Il s'agissait d'une technique de méditation avancée permettant de se rapprocher de la Force ou, dans mon cas, de ma magie. Et comme prévu, ma magie en était grandement stimulée, ce qui me permettait d'utiliser plus facilement la magie sans baguette dans cet état et, dans une moindre mesure la magie sans baguette en général En habituant mon corps à travers la méditation en mouvement à utiliser la magie sans vecteur ou catalyseur, comme une baguette par exemple, mon corps se conditionnait à un tel usage. Ainsi, même hors de la méditation en mouvement, je pouvais utiliser de plus en plus efficacement la magie sans baguette.

Et encore une fois, grâce à mes capacités métamorphomagiques, mon apprentissage n'en était qu'accéléré.

Naturellement, parce que j'étais paranoïaque à ce point, je n'utilisais pas de magie chez moi. En fait, je ne me servais même pas de ma magie à Little Whinging. C'était tout juste si je me permettais de le faire à Surrey et, même alors, seulement avec une extrême parcimonie et de façon aussi subtile que possible. C'était pour cela que je n'avais pas tenté d'apprendre autant de magie possible de Calla alors qu'elle en avait les connaissances et aurait été plus qu'heureuse de les partager. Ma prudence l'emportait sur mon désir.

Je ne savais toujours pas à quel type de Dumbledore j'étais confronté mais, dans tous les cas, je ne voulais lui donner aucune raison de venir me rendre visite avant que je ne sois prêt. Cela ne pourrait que mal finir pour moi. Et je ne doutais pas qu'il me surveillait de loin. J'avais déjà rencontré Arabella Figg, mais elle n'était probablement pas la seule mesure mise en place pour m'espionner. Il devait y avoir de nombreux enchantements dans et autour de la maison des Dursley, probablement reliés aux fameux instruments en argent dans le bureau du directeur, dont je me méfiais également.

Pour cette raison, lorsque j'avais convaincu Vernon de me laisser m'inscrire à divers cours d'arts martiaux, je l'avais fait à Londres, où la population magique était suffisamment importante pour que, si mon usage magique avait été détecté, personne n'aurait pu le relier à moi. Heureusement, cela n'avait pas été le cas. De plus, Calla, sur qui j'avais utilisé la legilimancie à plusieurs reprises avait comparé cette expérience à avoir son esprit caressé par une plume. Encourageant, mais je voulais être encore plus discret et subtil, si c'était possible.

« Je suppose qu'on peut rentrer, à présent ? » Suggéra Calla, avec un étrange mélange d'espoir et de résignation dans la voix.

« Bien essayé ! » Répliquai-je, amusé, en me relevant. « Je ne suis même pas à la moitié de mon entraînement. »

« Mais tu t'es déjà effondré d'épuisement… » Gémit-elle, son ton boudeur dissimulant difficilement son inquiétude pour moi.

Je ne pris pas la peine de répondre. Elle savait que ce n'était pas pertinent, je le lui avais déjà expliqué. Non seulement mes capacité métamorphomagies me permettaient de guérir toutes les blessures qu'un tel entraînement pourrait me causer, mais cela accélérait également la vitesse de récupération de mon corps en optimisant par exemple l'absorption de l'oxygène dans le sang ou en dilatant les vaisseaux sanguins. C'était dans les limites de mon imagination donc cela m'était possible. Ainsi, même si mon corps était toujours aussi luisant de sueur, j'étais presque aussi frais que lorsque j'avais commencé en seulement quelques minutes.

Reprenant position, je commençai un nouvel enchaînement de katas, m'immergeant une nouvelle fois dans ma méditation en mouvement. Distraitement, je me suis fait la réflexion que je n'aurais jamais suivi une telle formation draconienne dans ma vie passé, même si j'avais eu les mêmes capacités. Physiquement, j'avais toujours été un peu paresseux. J'avais aimé tout ce qui était compétition mais ma motivation s'était toujours limitée à l'instant présent. La même chose s'était appliquée pour le sport. C'était différent à présent. Ma vie passée avait été douillette et abritée, aucun danger réel ne m'avait jamais menacé. En tant qu'Harry Potter, cependant, j'avais un seigneur des ténèbres, potentiellement deux, qui me voulaient mort à tout prix, et c'était sans compter les mangemorts. Ajouté à cela un gouvernement corrompu qui me ferait passer de héros à martyr, puis à danger, selon son bon vouloir, je n'avais vraiment pas le luxe de me permettre d'être paresseux.

Je vivrai !

Je leur survivrai !

Empli d'une détermination renouvelée, je me plongeai complètement dans ma méditation en mouvement, mon rythme s'accélérant.


Les sorciers étaient des idiots paresseux.

En soi, ce n'était pas vraiment une nouveauté pour moi. En fait, j'avais toujours plus ou moins considéré cela comme un fait. Naturellement, certains d'être eux, comme Dumbledore, pouvaient être considérés comme intelligents comparé à la moyenne sorcière, mais c'était à peine quelque chose dont on pouvait être fier. Être plus intelligent que des gens globalement stupides ne voulait pas dire que quelqu'un était réellement intelligent. Cela faisait juste qu'une personne était un peu moins stupide que les autres.

Cependant, récemment, mon point de vue sur la question avait légèrement changé. Alors que je considérais toujours les sorciers comme des idiots paresseux, le contexte avait changé. Dans un sens, leur stupidité chronique n'était pas de leur faute… Enfin, pas totalement. C'était leur mode de vie qui avait provoqué cela. Donc oui, c'était un peu de leur faute en un sens. Pourtant, lorsque l'on regardait les choses de plus près on se rendait compte que ce n'était que la conséquence des sorciers étant magique.

La magie était donc la cause de base, l'élément déclencheur qui avait provoqué le début de la déchéance du monde sorcier, leur arrogance et leur condescendance ayant fait le reste. Si l'on y réfléchissait, peut-être que cela avait été inévitable. La façon dont le monde sorcier avait évolué n'aurait pu aboutir qu'à un tel résultat.

Dans le monde non-magique, les humains avaient été forcés d'apprendre à s'adapter pour survivre et avaient inventé la technologie pour les assister dans cet objectif. Certes, de nos jours, c'était moins la survie et plus le confort qui était privilégié, mais cela restait cohérent. Une fois la survie de l'humanité assurée, il ne restait plus qu'à améliorer la vie elle-même, ou plutôt les conditions de vie. C'était une suite logique des événements. La technologie s'était donc naturellement développée et renouvelée à intervalles réguliers pour permettre cela. C'était un phénomène qui avait pris des siècles à se produire et qui se répétait de plus en plus rapidement.

Dans le monde magique, c'était différent. La survie des sorciers, ou humain magiques, avait été rapidement assurée grâce à leur magie et à sa polyvalence. Ils avaient ainsi rapidement pu se concentrer davantage sur l'amélioration de leurs conditions de vie. Sur ce point, ils avaient eu des centaines voire des milliers d'années d'avance sur l'humanité non-magique. Dès l'antiquité, et jusqu'à la fin du moyen-âge, les humains magiques avaient toujours été supérieurs à leurs homologues non-magiques, étant aisément capable de surpasser les prouesses technologiques de l'époque. Un sorcier pouvait, d'un simple petit tour de magie, faire le travail de vingt hommes, parfois plus.

C'était là qu'avait commencé le début de la décadence…

Conforté dans leur supériorité et leur confort bien établi, couplés avec une isolation de plus en plus importante de la communauté non-magique, les sorciers avaient tout simplement cessé de progresser. Les sorciers ayant déjà tout ce dont ils avaient besoin depuis des siècles et leur société étant fonctionnelle et opérationnelle, le besoin de changement n'avait jamais été une véritable nécessité et était en vérité à peine plus qu'un luxe ou une curiosité. Ce n'était pas une stagnation pure et simple, mais les progrès se faisaient très rares et étaient le plus souvent amenées par le sang neuf, un fait encore plus mis en évidence après l'invention de la machine à vapeur. Ce n'étaient pas les sang-purs qui avaient imaginé des choses telles que le Poudlard Express ou le Magicobus, après tout.

L'ancien mode de vie de la communauté sorcière, instauré et stable pendant des centaines d'années, ne pouvait donc tout simplement pas s'adapter à l'évolution rapide du monde non-magique au cours de trois derniers siècles. Et de toute façon, pourquoi y aurait-il un besoin de changement ? Tout fonctionnait si bien tel que c'était actuellement ! Certes, il y avait bien quelques changements mineurs au fil du temps, mais rien de bien concret. Même les sorts, qui étaient pourtant le matériel de base du monde magique, ne subissaient pratiquement aucune forme de modernisation, demeurant résolument latine dans leur nature. Et de toute façon, c'était quoi un sort ?

Difficile à répondre à cette question sans parler de magie de manière plus général.

La magie était… Une énergie plus ou moins mystique. Chez les sorciers, elle existait sous forme de noyau dans leur âme mais avait une influence sur le corps. En effet, la magie améliorait et optimisait jusqu'à un certain point le corps des êtres magiques, sorciers ou non. La magie luttait contre les problèmes biologiques de nature non-magique. C'était la raison pour laquelle il était très rare pour un sorcier d'être malade d'une maladie non-magique. Et si les sorciers pouvaient s'empiffrer sans devenir obèses, c'était également grâce à la magie. Idem, pour les problèmes congénitaux et la consanguinité.

Dans ces derniers cas, cependant, c'était une partie constante, pour ne pas dire permanente, de la magie du sorcier qui était automatiquement attribuée pour contrebalancer le problème. Et au fil des générations, plus la consanguinité était importante, plus la magie nécessaire pour assurer un corps sain était importante… Jusqu'à ce que le problème dépasse finalement les capacités de la magie. Et paf, ça fait un cracmol !

Concernant Neville Londubat, qui était considéré comme grassouillet, je ne savais pas s'il était une exception à la règle ou si un élément extérieur étant en cause… Dumbledore, pour ne pas le citer. Neville était un sorcier puissant, ou du moins, il le serait dans le tome 7 durant lequel il perdrait justement cet excès de graisse. Avant cela, ses capacités magiques étaient globalement plutôt moyennes et il était grassouillet. Pire, sa famille pensait qu'il était peut-être un cracmol jusqu'à peu de temps avant de recevoir sa lettre pour Poudlard. Coïncidence ? Je n'y croyais pas. C'était trop commode que cela affecte spécifiquement la seule autre personne pouvant être concernée par la prophétie.

Vraiment suspicieux…

Pour en revenir au propos, c'était à peu tout ce que je pouvais prétendre savoir concernant la magie. Je n'allais pas aborder l'origine de la magie chez les humains, même si ou plutôt parce que j'avais également une théorie sur le sujet. Ce serait un aller simple pour moi à Azkaban si je ne faisais ne serait-ce que mentionner ce qui serait à peu près un blasphème et une hérésie aux yeux des sang-purs, surtout si j'avais raison. De toute façon, ce n'était pas ce qui m'intéressait pour le moment.

Alors que je ne pouvais pas dire d'venait la magie, je pouvais à peu près dire comment elle fonctionnait, ou au moins le principe derrière son utilisation. De manière générale, une manifestation magique pure pouvait être basée sur deux choses : l'instinct ou la foi. Ah oui, lorsque je parlais de manifestation magique pure, je l'entendais au premier degré, à savoir une utilisation de la magie dans sa forme primaire. Cela incluait tout ce qui était sortilèges, charmes, maléfices et autres sorts, ainsi que divers arts magiques plus obscurs basés sur la magie à l'état pur. Un art comme les potions, en revanche, qui consistait à mélanger plusieurs éléments magiques pour produire un résultat magique différent, était quelque chose que j'appelais une manifestation magique composée, de par sa nature.

Enfin bref…

Utiliser son instinct était la façon la plus ancienne et la plus obscure d'utiliser la magie. Il n'y avait pas besoin de savoir comment fonctionnait la magie, on s'en servait juste. C'était ainsi que les dragons crachaient du feu et que les métamorphomages se transformaient. Même la magie accidentelle relevait de l'instinct. Ce n'était pas quelque chose qui s'apprenait, il suffisait juste de le faire, sans se poser de question.

Concernant la foi, c'était un petit peu plus compliqué. Grossièrement, la foi était la version « civilisée » de l'instinct, principalement utilisée par les sorciers. Un individu voulant apprendre une forme spécifique de magie et qui croyait sincèrement pouvoir le faire, finirait inévitablement par y arriver Il n'y avait pas réellement besoin de savoir comment cela fonctionnait, croire que cela fonctionnait suffisait. Et plus la foi était forte, plus il était facile d'apprendre ladite magie.

Naturellement, la foi était plus inconstante que l'instinct car, alors que l'instinct assurait un résultat certain, la foi dépendait d'un certain nombre de facteurs. L'état d'esprit de l'utilisateur, les émotions, l'environnement et beaucoup d'autres éléments indépendants de la volonté du sorcier étaient autant de détails qui pouvaient aider ou entraver à la réalisation d'une forme de magie. D'une certaine façon, on pouvait dire qu'un conditionnement mental était nécessaire pour utiliser une forme de magie de façon optimale.

Avec le temps, la foi s'était de plus en plus structurée pour faciliter l'utilisation de la magie chez les sorciers. Des éléments mnémotechniques ont été progressivement inclus pour faciliter l'apprentissage d'un aspect distinct d'une forme de magie en particulier. Des baguettes, puis des mouvements de baguettes furent ajoutés. Des formules magiques furent instaurées. Ainsi naquirent les premiers sorts. Plus tard, grâce à l'apparition de l'arithmancie, les sorts purent devenir encore plus structurés, les rendant plus « stables » et facile d'utilisation. Les sorts étaient donc autant de raccourcis pour utiliser la magie.

Alors que le but d'un sort était louable, il n'y avait rien de mal à un raccourci en tant que tel, le problème venait de la multiplication de ces raccourcis. Là où auparavant un acte de foi pouvait produire un résultat magique, il fallait désormais un dizaine de sorts différents pour produire un résultat similaire, bien qu'inférieur. Désormais, les sorciers se contentaient de la facilité, apprenant bêtement des sorts sans comprendre véritablement la magie qu'ils utilisaient. Rares étaient les sorciers qui pouvaient utiliser des sorts informulés et sans baguette. Cela nécessitait une déconstruction du sort que seuls de puissants sorciers pouvaient réaliser

Même alors, l'utilisation magique était plus proche de l'instinct que de la foi.

Ainsi, à trop se faciliter la tâche et depuis trop longtemps, les sorciers étaient devenus complaisants et orgueilleux de ce qu'ils avaient, ne faisant progresser les choses que lorsque cela devenait absolument inévitable et, même alors, ce n'était fait qu'à contrecœur. En même temps, quoi d'autre pouvait-on attendre d'une société isolationniste à tendance xénophobe ?

Un parfait exemple pouvant illustrer tout ce que je venais d'expliquer était la transformation animagus. Les sorciers avaient inventé une méthode pour arriver à un tel résultat. La première étape consistait à tenir une feuille de mandragore dans sa bouche pendant un mois entier, de la pleine lune à la pleine lune, sans jamais la retirer. Par la suite, cette feuille devait être recrachée dans une fiole sous les rayons purs de la lune.

Dans cette fiole, un cheveu du sorcier devait ensuite être ajouté, ainsi qu'une cuillère à café en argent de rosée qui n'avait pas vu la lumière du soleil ni été touché par les pieds de l'homme pendant sept jours et qu'une chrysalide d'un sphinx tête-de-mort. Le mélange ainsi obtenu devait ensuite être placé dans un endroit sombre et calme et ne devait plus être observé jusqu'au prochain orage.

En parallèle, à partir du moment où la feuille de mandragore avait été retirée de la bouche du sorcier, une incantation spécifique devait être prononcée tous les jours. Ce n'était qu'après le premier éclair de l'orage qu'il fallait enfin récupérer la fiole contenant la potion animagus et la boire d'un seul trait. Le sorcier ressentirait alors une vive douleur alors que son corps se transformait pour la première fois.

Avec cette méthode, le sorcier ne pouvait pas décider en quel animal il se transformerait. De plus, il y avait de nombreuses façons de rater la procédure, soit par des erreurs du sorcier, soit par des conditions environnementales défavorables. Je n'allais pas toutes les citer, il y en avait beaucoup trop, mais il était ridiculement facile d'échouer ou de se faire saboter. Une transformation animagus partielle n'était pas non plus possible. Et surtout, la forme animale du sorcier avait un signe distinctif qui permettait de l'associer facilement à l'animagus en question. A se demander si cela n'avait pas été fait exprès…

Ça, c'était la méthode utilisée par les sorciers. Sinon, le même résultat, en mieux, pouvait être atteint avec de nombreuses années de méditation et beaucoup de foi…

« Combien de temps encore vas-tu continuer à monologuer ? » Demanda Calla, sa voix résonnant dans mon esprit. « Mais je dois bien avouer que tu es vraiment adorable sous cette forme. Mon destiné, puis-je te caresser ? »

Je fis de mon mieux pour l'ignorer, observant mon nouveau corps. J'avais beaucoup rapetissé, ma vue était beaucoup plus près du sol qu'avant. J'étais toujours bipède, enfin plus ou moins, et mes bras n'étaient plus vraiment des bras. L'extension au niveau de mon coccyx me perturbait légèrement, mais je savais d'instinct comment m'en servir, probablement l'instinct de ma forme animale. Oh, et j'étais entièrement recouvert de plumes noires. Continuant à ne pas prêter attention à Calla qui semblait ne vouloir rien d'autre que de me prendre dans ses bras pour me câliner, j'apparus dans mon paysage mental et matérialisai devant moi un miroir, observant mon reflet.

Ma forme animagus était celle d'un magnifique corbeau !

C'était… Cool. Les animagi de type oiseau étaient censés être rares. De plus, je ne pouvais pas nier que l'idée de pouvoir m'envoler à tout moment, sans support, était quelque chose qui me fascinait grandement. Observant distraitement mon corps sous différents angles, je cherchai d'éventuels marques distinctives, en vain. Pas d'yeux verts ni de cicatrice sur le front. Rien. Je ressemblais en tout point à un corbeau normal, à part peut-être pour la lueur d'intelligence qui brillait dans mon regard.

Satisfait, je repris forme humaine.

Le reflet me montra alors un enfant de neuf ans aux yeux verts et aux cheveux noirs désordonnés. Une fine cicatrice en forme d'éclair, décolorée mais encore assez facilement perceptible, était visible sur son front. Son corps était fin mais dissimulait une puissante musculature. Aucune graisse de bébé n'était visible. Voilà à quoi je ressemblais désormais, hit ans après être devenu Harry Potter. Mon apparence était assez similaire à celle de Daniel Radcliff, mais les différences s'accumulaient petit à petit.

Plissant les yeux, je me concentrai. Deux ailes noires surgirent alors de mon dos, à partir de mes omoplates.

Ignorant une fois de plus Calla qui faisait des petits bruits excités derrière moi, je m'observai à nouveau et réfléchis à ce que je venais de faire : une transformation partielle ! C'était quelque chose que la méthode de transformation animagus ne permettait pas de réaliser. Pourtant, par la seule force de ma volonté et à certes beaucoup de méditation, j'y étais parvenu. Le pire était que ce n'était même pas quelque chose que j'avais essayé de réaliser. Pourtant, c'était logique. La méditation m'avait permis de me rapprocher de la nature et, se faisant, de l'animal en moi.

Le plus intéressant était que ma forme animagus n'avait pas les limitations habituelles des autres animagus. Je n'avais pas de marque distinctive et je pouvais faire des transformations partielles. Etait-ce parce que ma méthode était meilleure ou parce que mes capacités métamorphomagiques avaient sublimé la transformation ? Je ne pouvais vraiment pas dire quelle réponse était la bonne, peut-être les deux… En tout cas, mes capacités animagus et métamorphomage étaient compatibles. Cela ne faisait que confirmer ma théorie selon laquelle les métamorphomages étaient des animagus de type humain.

Souriant avec satisfaction, je reportai finalement mon attention sur Calla en me tournant vers elle.

« Alors, à quoi est-ce que je ressemble ? »

« Diaboliquement séduisant, mon destiné. » Affirma-t-elle avec passion et dévotion. « Tu ressembles à un ange déchu… »

Cela me fit sourire, bien que j'étais légèrement agacé par sa façon de m'appeler son destiné. Certes, la prophétie nous destinait l'un à l'autre jusqu'à ce que la mort nous sépare, mais j'estimais qu'elle prenait un peu trop de plaisir à me le rappeler. C'était sa façon de me taquiner.

« Un ange déchu ? » Répétai-je pensivement. « Je pensais plutôt à un ange de la mort, mais je supposes que cela marche aussi… »

Ces deux types d'anges, d'après le folklore, étaient souvent représentés sous forme humaine avec des ailes noires. Je préférais cependant être comparé à un ange de la mort plutôt qu'à un ange déchu pour une raison très simple : cela correspondait mieux à Harry Potter. L'homme qui deviendrait le maître de la Mort devenant lui-même un ange de la mort, il y avait là une certaine poésie.

« Oh~ ! » Les yeux de Calla se mirent à briller, ses pensées allant sans doute dans le même sens que les miennes. « Oui, j'approuve totalement ! » Déclara-t-elle en hochant la tête.

« Le contraire m'aurait étonné. »

Après un dernier regard à mon reflet, je fis disparaître mes ailes. Alors que ma nouvelle capacité animagus avait ses utilités, ce n'était à l'heure actuelle qu'un heureux effet secondaire de mes longues heures de méditation. Ma priorité était cependant toujours de renforcer mes défenses mentales. Tout le reste n'était que secondaire à moins que cela ne puisse contribuer à cet objectif.

Méditer m'avait permis de faire d'énormes progrès, de même pour les arts martiaux. Mon esprit était plus aiguisé et concentré sur mon objectif que jamais. Même Calla m'aidait de son mieux. J'avais fait à peu près tout ce qu'il était possible de faire pour rendre mon esprit impénétrable et ininterprétable. La seule chose qu'il me limitait désormais était le temps. Il me restait seulement deux ans avant de recevoir ma lettre pour Poudlard. A ce moment-là, je devrais mettre mes défenses mentales à l'épreuve contre le plus puissant legilimens du monde. Et non, pour une fois, il ne s'agissait pas de Dumbledore.

Je parlais du choixpeau magique.

Cet artefact, créé par les quatre fondateurs de Poudlard, allait être mon plus grand défi. Qu'il puisse ou non lire dans mon esprit, tout dépendrait de ce seul fait. Je ne voulais vraiment pas me confronter au choixpeau, mais c'était un choix que je n'avais pas. Tout ce que je pouvais faire à l'heure actuelle était de me préparer et d'espérer que cela suffise…


Bien, ce sera tout pour ce chapitre !

Avec ça, le mini-arc de l'enfance est terminé. Le prochain chapitre rattrapera le canon et l'on pourra vraiment commencer à me voir interagir avec les personnages de l'univers Harry Poter.

Petite question : que pensez-vous de Calla ?

Comme d'habitude, si jamais il y a des points que vous souhaitez éclaircir, n'hésitez pas à me demander.

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En outre, merci à Flavien Donnet, à Alexis Cassaigne et à Naxedim pour leur contribution !

A bientôt !