Salut à tous, me revoilà !

Désolé pour ce nouveau retard, la vie réelle m'a rattrapé et m'a obligé une fois de plus à réviser mes priorités. Heureusement, la plupart de cela est maintenant réglé. Un rythme un peu plus régulier (toutes les deux semaines) devrait donc revenir sous peu.

Sur ce, je vous ai déjà assez fait attendre, alors bonne lecture !


Chapitre 4 : Introduction au monde magique, enfin !

« Le temps est enfin venu… » Songeai-je avec un mélange d'impatience et d'appréhension alors que je regardai la lettre en parchemin jauni qui venait juste d'arriver.

C'était sans doute juste mon imagination qui me jouait des tours, mais j'avais l'étrange sensation que cette enveloppe était lourde. Je ne parlais pas d'un poids dans le sens physique, mais plutôt dans le sens de ce qu'elle représentait. C'était une passerelle, une porte vers un nouveau monde dont je n'avais pas d'autre choix que d'en faire partie. Parce que Dumbledore et Voldemort.

La lettre toujours en main, je ne l'ouvris pas tout de suite. Je pris encore quelques instants pour l'observer comme je le ferais d'une créature potentiellement dangereuse, voire mortelle. Je ne savais pas vraiment ce que j'attendais, peut-être était-ce simplement l'hésitation qui me retenait. Ce n'était pas comme si des réponses ou des secrets allaient m'être révélés si je continuais à repousser l'inévitable. Finalement, je pris une profonde inspiration et me résolus à en lire le contenu, même si je le connaissais déjà.

COLLÈGE DE POUDLARD, ÉCOLE DE SORCELLERIE

Directeur : Albus Dumbledore

Commandeur du Grand-Ordre de Merlin

Docteur ès Sorcellerie, Enchanteur-en-chef, Manitou suprême de la Confédération internationale des Mages et Sorciers

Cher Mr Potter,

Nous avons le plaisir de vous informer que vous bénéficiez d'ores et déjà d'une inscription au collège Poudlard. Vous trouverez ci-joint la liste des ouvrages et équipements nécessaires au bon déroulement de votre scolarité.

La rentrée étant fixée au 1er septembre, nous attendrons votre hibou le 31 juillet au plus tard.

Veuillez croire, cher Mr Potter, en l'expression de nos sentiments distingués.

Minerva McGonagall

Directrice-adjointe

Il y avait également une seconde page contenant les fournitures scolaires attendues.

COLLÈGE DE POUDLARD - ÉCOLE DE SORCELLERIE

Uniforme :

Liste des vêtements dont les élèves de première année devront obligatoirement être équipés :

1) Trois robes de travail (noires), modèle normal

2) Un chapeau pointu (noir)

3) Une paire de gants protecteurs (en cuir de dragon ou autre matière semblable)

4) Une cape d'hiver (noire avec attaches d'argent)

Chaque vêtement devra porter une étiquette indiquant le nom de l'élève.

Livres et manuels :

Chaque élève devra se procurer un exemplaire des ouvrages suivants :

Le Livre des sorts et enchantements (niveau 1), par Miranda Fauconnette

Histoire de la magie, par Bathilda Tourdesac

Magie théorique, par Adalbert Lasornette

Manuel de métamorphose à l'usage des débutants, par Emeric G. Changé

Mille herbes et champignons magiques, par Phyllida Augirolle

Potions magiques, par Arsenius Beaulitron

Vie et habitat des animaux fantastiques, par Norbert Dragonneau

Forces obscures : comment s'en protéger, par Quentin Jentremble.

Fournitures :

1 baguette magique

1 chaudron (modèle standard en étain, taille 2)

1 boîte de fioles en verre ou cristal

1 télescope

1 balance en cuivre

Les élèves peuvent également emporter un hibou OU un chat OU un crapaud.

IL EST RAPPELÉ AUX PARENTS QUE LES ÉLÈVES DE PREMIÈRE ANNÉE NE SONT PAS AUTORISÉS À POSSÉDER LEUR PROPRE BALAI.

… Je n'étais honnêtement pas très impressionné. J'étais bien conscient qu'il s'agissait du minimum attendu, ou du moins j'espérais vraiment que c'était le cas, mais même ainsi cela me semblait peu. Ce que je trouvais le plus dommageable était l'absence totale de toute forme d'introduction au monde magique. Les émetteurs de cette lettre s'attendaient à ce que le récepteur connaisse le sujet. Je savais que les sorciers de première génération recevaient par la suite la visite d'un professeur pour leur expliquer plus en détail ce qu'était le monde sorcier. Tom Jedusor avait par exemple reçu la visite de Dumbledore. Cela n'avait pas été le cas pour Harry, dont tout le monde s'était attendu à ce qu'il connaisse déjà le monde magique alors que, clairement, ce n'était pas le cas. La présence d'Hagrid n'était due qu'à l'absence de réponse d'Harry aux centaines de lettres qu'il avait reçues et, même alors, il ne s'était présenté que le dernier jour, à la date limite. Qu'il s'agisse de l'anniversaire d'Harry n'était donc qu'une coïncidence fortuite et pratique.

Mais revenons sur le sujet des lettres…

De ce que je savais du monde sorcier, le statut du secret était gardé de façon très stricte, de nombreuses sanctions étant prévues pour les contrevenants. Sachant cela, comment l'envoi de centaines de lettres à une même adresse respectait-il le statut du secret ? Parce qu'on parlait là de lettres envoyées par des hiboux, et non par la poste, comme en témoignait le fait qu'il n'y avait pas de timbre sur celle que j'avais moi-même reçu aujourd'hui, tout comme il n'y en avait pas eu sur celles envoyées à Harry. En fait, même si cela avait été envoyé par la poste, cela aurait attiré l'attention. Des centaines de lettres, toutes adressées à la même personne et provenant du même destinataire, envoyées en même temps et ce sur plusieurs jours… Non, ce n'était absolument pas discret !

Enfin bref…

Les lettres avaient donc été apportées par des hiboux. Or, de manière générale, un hibou ne transportait qu'une lettre, parfois deux. Sachant qu'une lettre était accrochée à la patte du hibou, il était très rare de dépasser deux lettres par hibou, le maximum théorique étant quatre lettres, soit deux par patte. Même ainsi, il faudrait au minimum plusieurs dizaines de hiboux pour apporter ces centaines de lettres à destination. D'un point de vue extérieur, cela donnerait probablement l'impression d'un exode massif et inhabituelle de la population des hiboux, surtout que, dans les livres, cela s'était produit pendant plusieurs jours. Et c'était en partant du principe que personne ne voit les hiboux déposer du courrier.

On pouvait difficilement faire pire en matière de discrétion.

Même maintenant, je n'arrivais tout simplement pas à comprendre ce qu'avait bien pu penser Dumbledore pour penser que c'était une bonne idée de faire une telle chose, parce que cela ne pouvait être que lui. Minerva McGonagall, la seule autre personne à pouvoir écrire légitimement ces lettres, aurait plutôt pris la peine de se déplacer personnellement pour comprendre pourquoi un élève n'avait pas prise la peine de répondre, surtout Harry Potter. Elle n'aurait définitivement pas envoyé des centaines de lettres à un enfant. Ce genre de comportement était plus digne d'un contrôleur des impôts que d'un directeur d'école, sans parler du caractère intimidant de la chose. En toute honnêteté, quelle famille normale accepterait d'envoyer leur enfant dans une école qui était littéralement prête à les harceler de centaines de lettres juste pour une réponse de quelques mots ? C'était totalement contreproductif !

La seule « bonne » raison que je pouvais trouver était que cela avait pour objectif que d'exacerber encore davantage la haine déjà bien violente des Dursley à l'égard d'Harry et de la magie en général. Si c'était le cas, alors Dumbledore était soit un adepte du plus grand bien soit un seigneur des ténèbres qui se faisait passer pour son contraire. Cela pourrait également être un Dumbledore qui voulait juste faire la bonne chose et qui faisait simplement un très gros excès de zèle. Je n'y croyais pas vraiment mais la possibilité existait.

Cela ne changeait cependant rien au fait qu'Harry avait été harcelé par des centaines de lettres, une première dans l'histoire et quelque chose qui n'aurait jamais dû se produire.

Plissant les yeux, mon regard dériva vers le couloir, à la porte entrouverte de la cuisine d'où les voix étouffées des Dursley étaient audibles. Le plus dur restait à faire. J'allais devoir les convaincre que je devais aller à Poudlard, pas qu'ils aient réellement le choix en la matière. Même moi, je ne l'avais pas. Le problème était que Pétunia et Vernon pensaient le contraire, et ils n'hésiteraient pas à utiliser leur autorité illusoire pour tenter de m'interdire de me rendre à l'école des sorciers.

Soupirant, je me rendis dans la cuisine, le courrier des Dursley dans une main et ma lettre dans l'autre.

Sans un mot, je plaçai le courrier devant Vernon, qui se contenta de grogner avant de continuer à manger son petit déjeuner, ne me jetant même pas un regard. M'installant également à table, je me contentai de placer ma lettre devant moi, bien en évidence, et attendit patiemment que quelqu'un la remarque. Cela ne se fit pas attendre. Dès que Dudley eut fini son propre repas, il se mit à lorgner dans ma direction et remarqua immédiatement le document suspect.

« Papa ! Papa, regarde ! Harry a reçu une quelque chose ! » S'exclama-t-il, essayant de prendre la lettre pour la montrer à son père. Malheureusement pour lui, je fus plus rapide. Attrapant son bras en vol, je le forçai à prendre du recul.

« C'est à moi. » Me contentai-je de dire, mon attention toujours sur le couple Dursley.

Comme attiré par le bruit, le regard de Vernon glissa dans ma direction avant de se poser sur la fameuse lettre. Un étrange phénomène se produisit alors, assez étrange et presque fascinant à regarder. Le visage de l'homme se figea soudainement, devenant de plus en plus blanc jusqu'à ce que, finalement, toute couleur en disparaisse. Il lui fallut plusieurs secondes avant de se souvenir de comment respirer et, même alors, son souffle était tremblant et incertain. Pétunia n'était pas mieux loti, son propre visage figé en une expression d'horreur absolue alors qu'elle semblait sur le point de s'évanouir.

« Il faut qu'on parle. » Annonçai-je alors, ce qui eut pour effet de reporter leur attention sur moi.

« Garçon, donne-moi cette lettre. » Ordonna Vernon, faisant de son mieux pour empêcher sa voix de trembler et se montrer sévère. Sans grand succès.

« Bien sûr. » Acceptai-je avec un hochement de tête. Pourtant, je ne bougeai pas. « Mais avant ça, nous devons vraiment avoir une discussion concernant certaines choses que vous essayez de me cacher. »

« H-Harry, nous ne te cachons rien. Rien du tout. » Essaya de m'assurer Pétunia, clairement peu habituée à mentir. « Cette lettre doit être un canular, une mauvaise blague. »

« Une blague ? » Répétai-je pensivement, gagnant un hochement de tête un peu trop rapide de la femme. « C'est amusant que tu penses ça alors que tu ne l'as même pas encore lu. Je trouve également que tu penses tout de suite que je parle de cette lettre quand je dis que vous me cacher des choses. On dirait presque que vous savez déjà ce qu'elle contient. »

« Ne prends pas ce ton avec nous, mon garçon ! » S'exclama Vernon, commençant déjà à élever la voix.

« Et je remarque que tu ne nies pas mes propos, Vernon. » Répliquai-je, mes yeux se posant brièvement sur lui avant de recommencer à observer Pétunia.

Contrairement au Harry original, je n'avais jamais considéré Vernon et Pétunia comme mon oncle et ma tante et ne les avais jamais appelé comme tel. Cela avait eu pour effet secondaire imprévu, mais pas indésirable de rendre ces deux-là plus tolérables lorsqu'ils étaient à peu près de bonne humeur puisque je ne leur rappelais pas constamment que j'étais membre de leur famille. Maintenant, cependant, cela se retournait contre eux. Refuser de les appeler oncle Vernon et tante Pétunia signifiait que je n'acceptais pas leur autorité. Et à en juger par leur expression constipée, ils commençaient aussi à s'en rendre compte.

« Harry… Il n'est pas trop tard. » Déclara prudemment Pétunia, me regardant comme si j'étais sur le point de la mordre à tout moment. « Donne-nous cette lettre et nous pouvons oublier tout ce qui vient de se produire et passer à autre chose. »

« Hum… Non. » Refusai-je après avoir fait semblant de réfléchir pendant un instant. « Je crois que je vais continuer. Il y a des choses que je veux savoir et que je vais savoir. Vous n'avez pas vraiment le choix en la matière, il s'agit de mon héritage. »

« Maintenant ça suffit, mon garçon ! » Grogna Vernon, se levant lourdement de sa chaise pour se donner l'air plus imposant. « Cette petite rébellion a assez duré. Donne-nous cette lettre et va dans ta chambre ! Nous ne voulons pas de ces monstruosités et de ces bizarreries dans cette maison. Nous sommes une famille parfaitement normale et cela restera ainsi ! »

« Une famille normale, hein ? » Répétai-je, ma voix dégoulinant de sarcasme. « Parce qu'avoir assez de graisse corporelle pour nécessiter d'acheter des vêtements faits sur mesure est totalement normal ! Tout comme il est absolument normal de faire d'un placard à balais une chambre pour un enfant. Et le fait de rejeter un membre de sa famille parce qu'il est différent est également parfaitement normal. Soyons sérieux, votre désir pour une vie normale est si fort et obsédé qu'il en est anormal. »

Le visage de Vernon devint rouge de colère, une veine se mit à battre sur sa tempe et une autre sur son cou, donnant ainsi l'impression que sa tête allait exploser. Contournant la table, il s'avança vers moi et leva la main dans une tentative de me gifler ou de me frapper. J'étais prêt, cependant. D'un geste fluide, j'interceptai le bras en mouvement, l'attrapant par le poignet, et le forçai à s'arrêter. Malgré la force du coup, je ne bronchai pas, ne tremblai même pas.

En dépit de ma maigre constitution, je possédais une forte et dense musculature, largement supérieure à la moyenne d'un adulte alors que ce corps n'avait que 11 ans. Naturellement, je le devais à mes capacités métamorphomagiques et à plusieurs années d'une formation si intense que mon corps se serait brisé sans mes dons. Les vêtements de Dudley que je portais, beaucoup trop larges, dissimulait ce fait. Cela ne le rendait pas moins vrai. Vernon ne le savait cependant pas, aucun Dursley ne le savait. Les résultats de mon entrainement, outre l'aspect mental, avaient été un secret que j'avais férocement caché justement pour prévenir une situation comme celle-ci, quelque chose qui heureusement ne s'était jamais produit auparavant.

« Frapper quelqu'un dont les opinions sont différentes de vous… Je suppose que ça aussi, c'est un comportement normal ? » Commentai-je, encore une fois avec sarcasme. Alors seulement je relâchai son bras.

Vernon recula comme s'il avait été brulé, frottant son poignet en me fixant d'un air hébété. Son visage avait repris une teinte un peu pâle, bien que pas autant que la première fois. Jetant un coup d'œil à Pétunia, je vis qu'elle me fixait avec un mélange d'horreur, de prudence et d'hésitation, comme si j'étais une bête sauvage prête à me déchainer à tout instant. Honnêtement, je me fichais de ce qu'elle pensait. Pétunia n'était rien pour moi, elle ne l'avait jamais été. Le seul dont je me souciais ne serait-ce qu'un peu, c'était Dudley, et uniquement parce qu'il n'était techniquement pas responsable de ses actes. Son comportement n'était que le fruit de son éducation. Je ne l'aimais pas mais je ne le blâmais pas non plus pour l'incapacité de ses parents à élever correctement un enfant.

Maintenant, s'il pouvait juste arrêter de me regarder avec ce regard stupide et ahuri…

« Alors, pouvons-nous discuter comme des gens civilisés ou allez-vous continuer à montrer à quel point votre raisonnement sur la normalité est ridicule et faussé ? »

« … D'accord. » Accepta finalement Pétunia, clairement la plus raisonnable du couple, peut-être parce qu'elle avait déjà une expérience préalable avec le monde magique sous la forme de Severus Rogue et de Lily Evans, sa propre sœur. « Que veux-tu savoir ? »

« Je suis tenté de dire tout, mais c'est un sujet dont vous ne voulez clairement pas parler et dont vous avez sans doute voulu en savoir le moins possible. Je vais donc me contenter de poser trois questions qui me tiennent à cœur. Première question… » Mon regard se posa alors sur Dudley et je m'interrompis, hésitant à continuer. « … Avant de commencer, êtes-vous sûr de vouloir laisser Dudley entendre ce dont nous sommes sur le point de parler ? »

Clignant des yeux, le couple se regarda avant de se tourner vers leur fils, ayant visiblement oublié qu'il était encore là.

« Duddy, mon chéri, peux-tu aller dans ta chambre ? » Demanda gentiment Pétunia. « Il y a quelque chose dont nous devons parler avec… Harry. »

« Non ! » Refusa Dudley en secouant la tête, ce qui fit onduler la graisse de son visage de façon aussi dégoutante que fascinante. « Si Harry peut rester, alors je veux rester aussi ! Je veux savoir ! »

Je jetai un regard discret au garçon, me retenant de soupirer de dépit. L'enfant gâté venait de se manifester. D'ordinaire, lorsque Dudley était comme ça, ses parents avaient tendance à céder. Malheureusement, parce que nous étions sur le point de parler de magie, un tabou dans cette maison, il était peu probable qu'ils acceptent de le laisser écouter. Vernon, au moins, ne le permettrait pas. Le pire était que Dudley n'était même pas intéressé par la conversation, il n'appréciait simplement pas de ne pas être le centre de l'attention. Et le fait qu'il doive partir alors que je restais était une injustice absolue à ses yeux.

« Duddy… » Pétunia semblait vouloir dire quelque chose mais s'arrêta, réfléchissant. Elle regarda brièvement son mari avant de reporter son attention sur son fils. « Duddy, et si tu allais plutôt montrer à ton père comment se servir de ton nouvel ordinateur ? »

« Pétunia ? » Entendant cela, Vernon sembla incertain et hésitant.

« Hum… » L'alternative fit réellement réfléchir Dudley. Rester écouter une conversation sans intérêt à ses yeux par fierté ou montrer à son père à quel point il était doué avec l'ordinateur qu'il venait de recevoir pour son anniversaire, également par fierté ? Le choix était évident et s'imposa également à l'esprit du garçon, bien qu'après quelques instants. « Bien. » Accepta-t-il à contrecœur, avant de se diriger vers sa chambre d'un pas lourd et trainant, suivi de son père qui s'arrêta cependant à la porte de la cuisine et se retourna pour regarder sa femme.

« Pétunia ? » Répéta Vernon, l'hésitation toujours aussi évidente dans son ton. « Es-tu sûre que tu ne veux pas que je reste ? »

« Ça ira. » Lui assura la sœur de Lily avec un faible sourire. « C'est ma responsabilité. »

Cela me fit lever un sourcil. Cette décision était une étonnante preuve de courage de la part de Pétunia. Là encore, c'était la même femme qui, dans le tome 5, avait pris l'initiative de parler du monde magique après l'attaque de Dudley par des détraqueurs. Certes, cela avait été accidentel, de parler du monde magique, je veux dire, par les détraqueurs, mais Pétunia n'avait jamais tenté de nier qu'elle l'avait dit. C'était dans des moments comme celui-ci que je me rappelais qu'elle partageait le sang de Lily, quelque chose que j'aurais presque tendance à oublier la plupart du temps.

Vernon grogna légèrement mais suivit Dudley dans sa chambre à l'étage, ses pas lourds résonnant bruyamment dans l'escalier.

« Alors… Que veux-tu savoir ? » Me demanda Pétunia avec une réticence évidente.

Je ne pus m'empêcher de sourire.


Oui, la lettre était authentique. Oui, la magie était réelle. Et oui, j'étais moi-même pourvu de magie. Telles étaient les principales réponses aux questions que j'avais posées à Pétunia. Evidemment, ce n'était pas vraiment nouveau pour moi, bien au contraire, mais obtenir ces réponses avait été nécessaire pour justifier de mes connaissances sur le sujet. Après tout, connaître le monde magique sans que personne ne m'en ait jamais parlé aurait été plutôt suspect. Or, suspicieux était la dernière chose à laquelle je voulais être, surtout maintenant que j'étais introduit officiellement à mon héritage surnaturel. Cela voulait aussi dire Dumbledore. Surtout Dumbledore. Il était la principale raison pour laquelle je devais justifier mes connaissances.

Cela dit, le choc des cultures, pour ainsi dire, s'était révélé beaucoup moins violent que je ne l'avais anticipé. Basé sur ce que je savais des Dursley, je m'étais attendu à un déni agressif de leur part, voire à une vaine tentative d'échapper à la réalité comme cela s'était passé dans le tome 1, avec Vernon essayant de fuir les lettres magiques en guidant tout le monde au milieu de nulle part. Probablement l'un des efforts les plus intenses de la vie de Vernon Dursley, également l'un des plus futiles.

Cela ne s'était pas passé ainsi.

Je ne savais pas vraiment pourquoi les choses avaient été aussi différentes de mes attentes, mais si je devais deviner, j'en étais probablement la raison. Non, c'était même un certitude. Mon comportement était très différent de celui d'Harry dans les événements canoniques. D'une part, en raison de mes longues et très nombreuses heures de méditation, je n'avais pratiquement jamais eu de cas de magie accidentelle et, les quelques rares fois où cela était arrivé, ce n'était rien de suffisamment visible pour que les Dursley le remarque. D'autre part, j'avais également persuadé le trio à plusieurs reprises grâce à de petites touches subtiles de magie.

Mon refus de les considérer comme ma famille, et donc par extension que ma bizarrerie soit liée à eux, pourrait également avoir joué un rôle.

Dans tous les cas, ma situation actuelle était clairement meilleure que celle d'Harry au même moment. Je n'allais certainement pas m'en plaindre, même si j'appréhendais légèrement la réaction de Dumbledore s'il se rendait compte de ce qu'il se passait à Privet Drive. Cela pourrait être soit positif soit l'exact contraire en fonction du type de Dumbledore auquel je serai confronté. Heureusement, indépendamment de la réaction du vieux fou, cela n'aurait pas vraiment d'impact sur moi à l'avenir parce que je n'avais pas l'intention de rester à Privet Drive beaucoup plus longtemps. Je n'avais pas l'intention de revenir chez les Dursley après ma première année.

En fait, je n'avais pas l'intention de rester chez les Dursley le reste de l'été. Je partirai probablement dans quelques jours, peu de temps après avoir acheté mes fournitures scolaires et obtenu de l'argent de mon coffre à Gringotts. Cela marquerait officiellement la fin de mon interaction avec eux. Je n'aimais pas les Dursley, mais je ne les détestais pas vraiment non plus. Ils me laissaient indifférents. Ils n'avaient jamais voulu de moi, un sentiment réciproque, mais la cohabitation forcée avait été une nécessité…

… Nécessité sur le point de disparaître puisque j'allais enfin pouvoir acquérir les moyens d'assurer mon indépendance. Et contrairement à Harry, j'avais assez de bon sens et comprenais suffisamment le monde pour ne pas croire aveuglément en Dumbledore. Ou même l'écouter du tout. Évidemment, je ferais de mon mieux pour l'éviter mais l'intérêt malsain du vieil homme pour Harry allait rendre difficile d'empêcher toute interaction. Heureusement, j'avais un plan pour repousser de telles situations pendant au moins quelques mois, voire quelques années. A tout le moins, avec ce plan, je devrais pouvoir l'empêcher de se retrouver seul en ma présence.

Mais je digressais…

Suite à la discussion avec Pétunia, j'avais envoyé ma réponse pour Poudlard. Cela n'avait pas été une confirmation mais plutôt une demande de renseignements. J'avais principalement fait part de mon scepticisme, teinté d'enthousiasme, à l'égard du monde magique et voulu avoir la possibilité de rencontrer quelqu'un pour en discuter plus en détails avant de confirmer ou d'infirmer ma participation à Poudlard. Cette lettre avait un double objectif. Le premier était de poursuivre la mascarade de l'enfant ignorant de la magie, sauf des quelques éléments dont sa tante avait connaissance. Le deuxième était de confirmer que mes connaissances théoriques du monde magiques, basées sur ce que je savais de ma vie antérieure, n'étaient pas erronées. En ce qui me concernait, il n'y avait pas une chose telle que l'excès de prudence, surtout en prenant en compte qui j'étais désormais.

En envoyant ma réponse, j'avais ainsi découvert que le hibou, ou la chouette, qui apportait la lettre de Poudlard avait pour mission d'attendre ladite réponse aussi longtemps que nécessaire jusqu'à la date limite. Sachant cela, le nombre croissant de hiboux envoyant des lettres à Harry dans le tome 1 au fil des jours avait encore moins de sens. Je ne pouvais que supposer qu'une nouvelle lettre devait être envoyée dans le cas où la première lettre était détruite, que ce soit de façon volontaire ou accidentelle, sans qu'une réponse n'ait été donnée. Cela n'expliquait cependant pas le nombre exponentiellement croissant de lettres envoyées, à moins que cela ne prenne en compte que celui qui détruisait les lettres n'était pas le destinataire d'origine de ces lettres et qu'il essayait activement d'empêcher ledit destinataire de lire son courrier.

Ceci justifierait cela, mais cela ne changeait pas le fait que c'était stupide. Il aurait été plus simple et surtout plus discret de simplement envoyer un membre du personnel sur place pour s'assurer de la situation, ce que ferait finalement Hagrid… Avec une semaine de retard.

Ah oui, j'avais également mentionné dans ma lettre que ma « famille » était très mal à l'aise envers tout ce qui concernait la magie, pas tout à fait au point de la peur, mais presque. J'avais donc demandé à ce que la personne qui se présenterait pour tout m'expliquer les choses soit aussi discret et, sans vouloir être offensant, aussi normal que possible. J'avais bien pris soin de rappeler à ce moment-là que je ne connaissais presque rien du monde magique et que je ne voulais en aucun cas être insultant envers quiconque. Naturellement, je l'avais écrit de façon beaucoup plus maladroite, de façon à ce que cela corresponde davantage à ce qui était attendu d'un enfant de 11 ans. Logiquement, cela devrait éliminer la possibilité qu'Hagrid soit celui qui se présente à Privet Drive.

Pour rappel, Hagrid mesurait plus de 3 mètres de haut. Objectivement parlant, ce n'était ni discret ni normal.

La question à présent était de savoir qui viendrait à ma rencontre pour m'expliquer ce qu'était le monde magique. Les choix étaient assez limités. Serait-ce Minerva McGonagall puisqu'elle se chargeait de l'introduction au monde magique de tous les sorciers de première génération ? Ou peut-être Dumbledore lui-même s'en chargerait dans l'espoir de renforcer son influence sur moi ? A moins que l'improbable ne se produise et que ce soit Rogue qui soit envoyé malgré sa haine envers Harry Potter ? Evidemment, c'était si sa lettre n'était pas ignorée et qu'Hagrid ne se présentait pas malgré tout. C'était une possibilité que je ne pouvais pas ignorer.

Soupirant, je me rendis dans la seconde chambre de Dudley, qui était devenue ma chambre depuis déjà quelques années. Tout comme pour les arts martiaux, il n'avait fallu qu'un peu de persuasion, l'habituel mélange de confusion et de legilimancie, pour convaincre les Dursley que c'était ce que faisait une famille normale. Que ce soit la vérité ne faisait que rendre l'ironie plus amusante. C'était aussi pour cela que mon commentaire à Vernon à ce sujet avait été aussi fracassant.

Distraitement, mes yeux se posèrent sur le miroir que j'avais installé dans ma chambre peu de temps après y avoir emménagé. Le reflet qui me rendait mon regard était un rappel constant de qui j'avais été et de qui j'étais désormais. Le visage que je voyais aujourd'hui m'était à la fois familier et étranger, même après l'avoir porté pendant dix ans. Je connaissais déjà ce visage de ma vie précédente, c'était celui de Daniel Radcliffe, l'interprète d'Harry Potter dans les films. Je ne m'en étais pas rendu compte les premières années, mais c'était devenu particulièrement ces derniers mois.

Eh bien, même si Daniel Radcliff me regardait dans le miroir tous les jours, il y avait quelques différences entre mon visage et celui que l'on voyait dans le premier film, la principale étant que mes joues n'étaient pas joufflues par la graisse de bébé, celle-ci ayant fondu depuis longtemps en raison de mon entraînement aux arts martiaux. Mes cheveux étaient également un peu plus longs. Et surtout, la célèbre cicatrice en forme d'éclair sur mon front était désormais à peine visible, ayant véritablement commencé à cicatriser depuis la « naissance » de Calla.

Je n'étais pas mécontent de mon visage actuel mais quelques changements étaient désormais nécessaires.

Fermant les yeux pour mieux me concentrer, je commençai à canaliser mes capacités de métamorphomage. Une légère sensation de chatouillis traversa mon visage pendant quelques secondes avant de disparaitre, signe que les changements que je désirais s'étaient produits. Alors seulement, je rouvris les yeux pour observer les résultats. Même en sachant à quoi m'attendre, il me fallut une seconde pour réaliser que le visage qui me regardait dans le miroir était mon nouveau visage.

Mes cheveux noirs, constamment décoiffés et indomptables, s'étaient allongés, atteignant désormais mes épaules, et étaient devenus soyeux et légèrement bouclés. Mes yeux étaient restés verts, mais leur teinte était désormais véritablement celle de l'émeraude, donnant ainsi l'impression qu'ils scintillaient à la lumière. J'en avais également profité pour corriger ma vision, rendant obsolète mon besoin de lunettes. Pour finir, ma cicatrice, déjà presque invisible à moins de regarder attentivement, avait désormais complètement disparu. Ces changements étaient mineurs mais donnaient pourtant l'impression que j'étais une personne complètement différente. Mon apparence était désormais à mi-chemin entre celle d'Harry Potter et celle de Jon Snow même si, bizarrement et pour rester dans un contexte à la Harry Potter, cela me faisait davantage ressembler à Sirius Black qu'à James Potter… Juste un peu… De loin… A cause des cheveux…

Bref ! Je trouvais étonnamment approprié d'avoir basé mon inspiration sur le personnage de Jon Snow, d'autant plus qu'il était surnommé le roi corbeau, en référence à ma propre forme animagus. Et justement, parlant de ça…

Continuant à regarder le miroir, je passai distraitement une main dans mes cheveux et remarquai qu'une plume, aussi noire que ma chevelure, était restée accrochée entre mes doigts. C'était un étrange effet de ma capacité animagus, probablement combinée à ma capacité métamorphomagique. Même sous forme humaine, je pouvais spontanément transformer certains de mes cheveux en plumes, y compris ceux qui avaient été arrachés de mon corps tant que j'étais en contact direct avec eux. Il m'était d'ailleurs plus facile d'utiliser ma transformation animagus, basée sur l'instinct, que ma transformation métamorphomagique, basée sur la foi. Toute capacité basée sur l'instinct était toujours plus naturelle qu'une capacité basée sur la foi.

Cela dit, au cours des deux dernières années, j'avais eu l'occasion de tester un peu plus en profondeur mes capacités animagus et j'avais fait quelques découvertes surprenantes. J'avais déjà découvert que devenir animagus par méditation plutôt que par la méthode « officielle » rendait la capacité plus fluide et moins limitée ou restrictive. J'avais pu me rendre compte de cela assez rapidement par le simple fait que je pouvais faire des transformations partielles, ce qu'un animagus ordinaire ne pouvait pas faire. Je n'avais pas non plus de marque distinctive sur mon corps animal pouvant être reliée à ma forme humaine à moins que je ne le veuille. C'était cependant loin d'être les seuls avantages de devenir un animagus par méditation.

Ma forme animagus de base était celle d'un corbeau à plumes noires appartenant à l'espèce des Grands Corbeaux. Cependant, il m'était également relativement facile de devenir un corbeau de l'espèce des Petits Corbeaux, des Corbeaux familiers, des Corbeaux à queue courte… Bref, je pouvais devenir à peu près n'importe quelle espèce de corbeau presque aussi facilement que je le faisais pour ma forme de base. Mais je n'étais pas limité aux seuls corbeaux, je pouvais également devenir une corneille, un freux, un choucas, ainsi que toute espèce d'oiseau appartenant au genre Corvus, avec une difficulté minime.

Ce n'était cependant pas fini !

Si je me concentrais un peu plus, il m'était possible ma gamme de transformations à tous les oiseaux d'un genre appartenant à la famille des Corvidae. C'était déjà plus compliqué, mais je pouvais le faire. Au-delà, il m'était toujours possible de me métamorphoser en tout oiseau d'une famille appartenant à l'ordre des Passeriformes. Encore une fois, la difficulté augmentait, mais j'en étais toujours capable. Et cela continuait ainsi, passer de l'ordre à la classe, puis de la classe à l'embranchement, et ainsi de suite. Plus je remontais loin dans le système de classification taxinomique, plus il m'était difficile de me transformer et de conserver cette transformation sur une durée prolongée.

Pour résumer, plus l'espèce en laquelle j'essayais de me transformer était différente de ma forme de base, plus cela me demandait de concentration et d'efforts, autant sur l'instant que sur la durée. A mesure que je m'éloignais de ma forme de base, cela devenait de moins en moins une transformation basée sur l'instinct et de plus en plus une transformation basée sur la foi. Lorsque j'inversais le principe d'évolution, ma seule véritable limite jusqu'à présent était que je ne pouvais me transformer qu'en animal qui se qualifiait d'oiseau. Cela voulait donc dire que je ne pouvais pas me transformer en chat ou en chien, leurs espèces étant trop radicalement différentes et éloignées dans le système taxinomique. Un animal ailé ou à plumes, cependant ? Pas de problème… Tant que j'y mettais le temps et l'effort, évidemment.

Pour ce qui était des oiseaux magiques… Je n'avais pas encore testé. C'était une zone d'ombre sur laquelle je n'avais pas assez d'informations pour expérimenter sans danger. Malgré mes connaissances de ma vie passée, il me faudrait donc faire quelques recherches pour déterminer s'il était possible ou non de me transformer en un oiseau d'origine magique. En théorie, ça l'était. Après tout, les seules restrictions étaient la volonté et l'imagination d'une personne. Cependant, cela n'avait jamais été, et n'était toujours pas, une priorité pour moi. Je comptais cependant me pencher sur la question dans quelques semaines, une fois installé à Poudlard. Une fois passé le danger avec le choixpeau magique, tous mes autres projets pourraient aller de l'avant.

Pour le moment, cependant, je ne pouvais que laisser tout cela en attente.

Soupirant, je commençais à préparer mes affaires. Je devais encore trier ce que je comptais emmener avec moi à Poudlard. Certes, je pouvais le faire après ma visite au Chemin de Traverse, mais je n'avais pas l'intention de m'attarder chez les Dursley une fois avoir été officiellement introduit au monde magique. Il était donc préférable de faire cela maintenant pour ne pas perdre de temps. C'était la seule chose vraiment importante qu'il me restait à faire désormais.

Fouillant ma chambre, je récupérai rapidement les diverses choses évidentes. Mes vêtements furent les premiers à être rassemblés. Oui, mes vêtements, pas ceux de Dudley, c'était un autre petit détail qu'un peu de persuasion avait réglé. Je n'en avais pas beaucoup, le reste de ma garde-robe étant en effet constitué de vieux vêtements de Dudley, mais c'était suffisant pour l'instant. Je pourrais renouveler tout ça plus tard. Sans plus de cérémonie, je les rangeai rapidement dans ma malle, temporairement, puisque j'avais l'intention d'acheter une nouvelle malle, magique cette fois-ci, au Chemin de Traverse.

Poursuivant ma tâche, je fouillai rapidement parmi les bibelots éparpillés dans la chambre, anciennes possessions de Dudley qu'il avait brisées puis abandonnées sans plus de cérémonie. Je ne comprenais pas vraiment pourquoi il n'avait pas tout simplement jeté ce qu'il avait cassé, peut-être une façon pour Dudley de montrer sa superficialité, collectionnant ce qu'on lui offrait et refusant de s'en séparer parce que, même détruit et rendu inutile, cela restait à lui. Oui, c'était probablement ça. Il avait eu une deuxième chambre juste pour stocker ses jouets cassés, après tout, du moins jusqu'à ce que je la récupère.

Cela ne l'avait cependant pas empêché de continuer à stocker tout ce qu'il cassait dans ma chambre, juste pour éviter d'encombrer la sienne. Même si je logeais dans cette chambre, cela restait officiellement la seconde chambre de Dudley.

Ces réflexions, bien qu'occupant mon esprit, n'arrêtèrent pas mon corps de poursuivre ce qu'il faisait. Et même si mon esprit dérivait, une partie de mon attention était toujours concentré sur ce que je faisais. Distraitement, je fouillai chacune de mes cachettes dans cette chambre, récupérant tout ce que j'estimais pouvoir être utile. Le dictionnaire latin-anglais qui se trouvait dans l'une d'elles entrait définitivement dans cette catégorie étant donné que la plupart des sorts avaient une incantation en latin. Certains, plus rares, étaient en grec. Et ceux en langage moderne étaient si peu nombreux qu'on pourrait probablement les compter sur les doigts d'une main, peut-être deux.

J'avais justement une théorie à ce sujet, encore une. Selon moi, il était probablement que plus une langue était ancienne, plus elle s'imprégnait de magie, rendant les sorts avec une incantation dans ladite langue naturellement plus puissants au fil du temps. Inversement, plus une langue était jeune, moins elle était imprégnée de magie et donc moins un sort dans cette langue serait naturellement puissant. Encore une fois, ce n'était qu'une théorie, mais cela semblait correspondre à ce que j'avais pu déduire des livres. Le meilleur exemple de cela était l'existence des runes, dont un cours entier y était dédié à Poudlard. Les runes étaient issues d'anciens systèmes d'écriture provenant de langues mortes depuis des siècles. Littéralement, il s'agissait d'alphabets. Or les alphabets basés sur ces runes étaient bien plus utiles, magiquement parlant, que l'alphabet moderne.

Quant à la raison pour laquelle j'avais un dictionnaire latin-anglais, je l'avais acheté pas cher dans une brocante et l'avait gardé spécialement pour aujourd'hui.

Alors que je terminais de fouiller ma chambre, la découverte de quelque chose dans l'une de mes cachettes me fit froncer les sourcils. Sous mon lit, dissimulé sous une lame de parquet au même endroit où Harry avait caché les gâteaux d'anniversaire qu'il avait reçus de ses amis dans le tome 4, je venais de trouver une simple feuille de papier gribouillé de chiffres et de lettres à peine lisibles. Celle-ci m'était familière pour la simple raison que c'était mon écriture et que c'était moi qui l'avais caché là.

Cette feuille de papier n'était pas unique en son genre, loin de là. Elle n'était qu'une partie d'un ensemble que j'avais créé plusieurs années auparavant. Quelques années auparavant, lorsque mon occlumancie était encore très peu auparavant, je craignais d'oublier des éléments et des détails importants de l'univers Harry Potter. Parce que oui, l'occlumancie permettait d'organiser son esprit, favorisant ainsi la conservation des souvenirs, pouvant ainsi aller jusqu'à développer une mémoire eidétique. Je n'en étais pas encore là mais ma mémoire s'était considérablement améliorée à mesure que mon occlumancie s'était développée.

Ce qui me faisait penser que, ces derniers temps, j'avais senti que je m'approchais de quelque chose lors de mes méditations, comme si j'étais sur le point de franchir un nouveau seuil. Je n'étais pas tout à fait sur de comment le décrire, ou même de ce que c'était… Mais je m'égarais !

A l'époque, cependant, même si je m'étais douté de cela, cela n'avait pas été une certitude et, dans le cas où je me serais trompé, il avait été primordial pour moi d'archiver ces informations pour éviter d'oublier quoi que ce soit d'important. Le problème était qu'écrire ce qui était essentiellement l'avenir composait un risque existentiel, surtout si j'étais surveillé par Dumbledore comme je le pensais. Déjà qu'à ce moment-là je n'avais aucune certitude que mes pensées n'étaient pas déjà espionnées…

L'idéal aurait été que je puisse écrire mes souvenirs sur un ordinateur, le risque qu'un sorcier y accède, où sache même comment s'en servir, étant pratiquement inexistant. Il n'y avait qu'un minuscule problème au fait de posséder un ordinateur : Dudley. Sans surprise, Dudley était un garçon pourri gâté et capricieux à cause de l'éducation de ses parents. A cause de cela, il ne supportait pas qu'Harry ait les mêmes choses que lui, privilèges inclus. Evidemment, il détestait encore plus qu'Harry possède quelque chose que lui ne possédait pas, mais je digressais. Toujours était-il que le fils Dursley possédait déjà un ordinateur et qu'il ne m'aurait pas laissé en avoir un ou utiliser le sien. Ne me restait donc que l'utilisation du papier et du crayon… Mais il ne fallait pas que d'autres que moi puissent lire ce que j'écrivais !

Pour cette raison, j'avais décidé de crypter ce que j'écrivais. Pour ce faire, je m'étais basé sur le système hexadécimal, un système de notation beaucoup utilisé en informatique, en particulier pour le codage des couleurs.

Le système hexadécimal avait une base de 16, utilisant donc seize symboles allant de 0 à 9, puis de A à F. Evidemment, l'alphabet était composé de vingt-six lettres, ce qui nécessitait de crypter les dix dernières lettres de l'alphabet, ce que je faisais en reprenant l'alphabet à l'envers. Ainsi, le chiffre 0 correspondait à la lettre A, 1 à B, 2 à C et ainsi de suite. Cependant, la confusion commençait à partir du dixième symbole du système hexadécimal. En effet, A correspondait à la lettre J, B à K, et ainsi de suite jusqu'à F qui correspondait à la lettre P. Et à partir de là, Q correspondrait à Z, R à Y et ainsi de suite… De plus, chaque mot était séparé par un tiret. La ponctuation était inexistante pour éviter qu'un observateur occasionnel comprenne qu'il s'agissait d'un code mais également parce qu'une ponctuation n'était simplement pas nécessaire.

Pour l'exemple, avec mon cryptage, « bonjour » s'écrivait 1ED9EVY.

Ce cryptage, basé sur deux codages différents, sécurisait considérablement ce que j'écrivais. Et pourtant, même alors, cela ne m'avait pas suffi. Paranoïaque comme je l'étais, j'avais ajouté une sécurité supplémentaire à ce cryptage. Tout ce que j'écrivais, je l'écrivais non pas en anglais, mais en français, la langue maternelle de ma première vie. Honnêtement, qui irait imaginer qu'un enfant de moins de 11 ans, élevé par une famille ne parlant que l'anglais et n'ayant jamais appris d'autres langues que l'anglais, sache parler et écrire en français ? Même pour les sorciers, aussi crédules qu'ils puissent l'être, une telle chose était absurde.

Quant à la raison pour laquelle j'étais surpris de voir cette feuille de papier contenant mon propre cryptage, c'était tout simplement parce que cela faisait plus de deux ans que je ne l'avais plus utilisé. Plus que cela, je m'étais débarrassé de toutes les preuves physiques de ce cryptage, brulant discrètement les papiers en question. Encore une fois, paranoïaque comme je l'étais, j'avais enterré une partie des cendres dans le jardin, tandis qu'une autre partie avait été jeté dans les toilettes, à la fois chez les Dursley et à l'école.

Visiblement, j'avais oublié une page… Etrange…

Une lecture rapide me rassura quant au contenu de la feuille en question. Il s'agissait de l'une des dernières pages que j'avais écrites, le contenu n'était donc pas compréhensible hors contexte, même après décryptage. Même si c'était rassurant, je ne mais je ne pouvais m'empêcher de me réprimander pour cette grave négligence de ma part. Si cela avait été une autre page, en particulier l'une des premières, cela aurait pu s'avérer beaucoup plus problématique. Certes, il était très peu probable qu'un sorcier trouve l'une de mes pages cryptées et soit capable de la décoder, mais la possibilité existait. C'était pour éviter qu'une telle chose se produise que j'avais détruit toute preuve de mes connaissances du futur… Ou au moins ce serait le cas à partir de maintenant.

Ecrasant la feuille de papier en boule, je la mis dans ma bouche et entrepris de l'avaler, effaçant ainsi la dernière preuve physique compromettante. Ce fut… Plus difficile que je ne l'avais imaginé, mais j'y parvins malgré tout avec un peu d'efforts et beaucoup de salive. Si j'avais eu un peu plus de temps, je m'en serais débarrassé de la même façon que les autres mais, malheureusement, je n'avais pas ce temps. Selon mes estimations, il ne me restait que quelques minutes avant qu'un professeur de Poudlard ne se présente pour m'introduire au monde magique.

Et je ne voulais en aucun cas avoir une telle preuve compromettante en ma possession à ce moment-là.

Et justement, quelques instants à peine après m'être débarrassé de ladite page, quelqu'un frappa à la porte. Sans surprise, personne n'alla répondre, les Dursley se faisant particulièrement silencieux alors qu'ils restaient résolument dans leur chambre. Eh bien, Vernon et Dursley étaient silencieux, Dudley l'était déjà beaucoup moins mais jouait néanmoins dans sa chambre, ayant été ordonné d'y rester jusqu'à mon départ, puisque la réunion, à ma demande, aurait lieu hors du domicile des Dursley. Dudley avait d'ailleurs été tellement surpris d'être ordonné qu'il avait obéi sans poser de question. Je n'avais cependant aucun doute qu'il se vengerait plus tard en se montrant encore plus gâté et insupportable pour compenser.

Sans me presser, je descendis les escaliers, vérifiant au passage mon occlumancie, m'assurant que mon esprit était toujours aussi impénétrable que jamais. Arrivé devant la porte, je pris une légère inspiration, puis l'ouvrit. Là, je me figeai. Je m'étais attendu à beaucoup de choses, presque à tout en fait. Mais pas à tout, visiblement. Je m'en rendais compte à présent alors que je continuai à fixer la personne qui se trouvait devant moi.

« Harry Potter ? » La personne, une femme, cligna des yeux de surprise et de confusion. Me voyant acquiescer, elle s'en remit rapidement. « Bonjour, je suis le professeur Vector, de Poudlard. Je suis venu pour répondre aux questions que vous pourriez vous poser concernant votre adhésion à votre nouvelle école et, par extension à votre nouveau monde. »


Et voilà, ce sera tout pour ce chapitre ! Maintenant que j'ai rattrapé le canon, les choses devraient s'enchaîner assez rapidement.

J'espère que vous aurez apprécié.

Comme d'habitude, si jamais il y a des points que vous souhaitez éclaircir, n'hésitez pas à me demander.

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A bientôt !